3 octobre 2022
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Ces sondages qui font peur aux gouvernants algériens

Présidentielle

Ces sondages qui font peur aux gouvernants algériens

Nombre de connaisseurs du sérail prévoient que Bouteflika IV sera remplacé par Bouteflika V en 2019.

A seize mois des élections présidentielles, personne ne connaît encore le candidat le mieux placé pour l’emporter, et ce faute de sondages seuls à même de donner une visibilité sur cette importante échéance.

Sous d’autres cieux, à une année-et-demi d’un tel scrutin, les sondages se multiplient, ce qui donne une idée assez précise sur les chances des candidats potentiels. Les uns redoublent alors d’efforts, d’autres abandonnent la course  à mi-chemin, rien qu’au vu de leur position dans les sondages. Chez nous, à la même date, on ne sait même pas encore qui sera candidat et qui ne le sera pas.

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Effectuer un sondage d’opinion est pourtant un jeu d’enfant pour les instituts algériens, mais une main invisible leur intime l’ordre de ne pas se mêler de ce qui ne les regarde pas. Ayant horreur des mauvaises surprises, les décideurs préfèrent entretenir le flou artistique pour mieux choisir leur candidat et le faire élire comme d’habitude, à la Naegelen.

Du coup et faute de sondages, les Algériens restent suspendus aux lèvres d’un Djamel Ould Abbès à qui il arrive de donner quelques bons indices, comme le dernier en date, selon lequel Saïd Bouteflika ne serait pas candidat  en 2019. Et pour faire durer le suspense tout en se prenant pour quelqu’un avec lequel il faudra compter, le même Djamel Ould Abbès affirme sûr de lui que le FLN désignera son candidat au mois de mars 2018 et que le nom de ce candidat est dans sa tête.

Djamel Ould Abbès oublie, ou fait semblant d’oublier toutefois, que le FLN a un président, Abdelaziz Bouteflika en l’occurrence, et que ce dernier peut le limoger à tout moment. Nul n’ignore aussi que Djamel Ould Abbès ne véhicule que les informations qu’on lui dit de véhiculer, et si sa langue fourche il recevra illico l’ordre de rectifier le tir, ce qu’il fera sur le champ.

Cela se passe comme ça en Algérie : ceux qui parlent en public ne décident de rien, et ceux qui décident sont des inconnus du grand public. En 1979, les Algériens avaient veillé tard pour suivre en direct le congrès du FLN qui devait désigner le candidat unique à l’élection présidentielle, en tranchant entre le ministre des Affaires étrangère de l’époque, Abdelaziz Bouteflika, et le patron du FLN, Mohamed Salah Yahioui. Mais c’est à l’ENITA, lors d’un conclave des décideurs, que la candidature de feu Chadli Bendjedid a été décidée.

Cette fois encore, il est fort probable que le FLN tiendra son congrès pour ne désigner personne, ou plutôt pour entériner seulement un choix fait ailleurs. Il est quand même impensable que Djamel Ould Abbès, qui a été désigné, puisse jouer un rôle dans la désignation de celui qui aura toutes les chances de devenir le chef de l’Etat.

Si des sondages sont effectués ces jours-ci, les Algériens auront non seulement la chance de connaître enfin le poids des uns et des autres, mais ils seront en plus tranquilles, parce que le bec de l’amuseur de foules aura été cloué.

Auteur
Ahcène Bettahar

 




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