8 février 2023
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CNES Tizi-Ouzou : la reprise des cours en présentiel s’impose d’urgence

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CNES Tizi-Ouzou : la reprise des cours en présentiel s’impose d’urgence

Le Conseil national des enseignants du supérieur de Tizi-Ouzou (CNESTO) a rendu publique la déclaration suivante.

Les différentes communications de la tutelle au sujet de l’organisation et de la gestion de la reprise des activités pédagogiques à partir du 23 août 2020, traduisent, le moins qu’on puisse dire, à la fois la peur et l’ignorance, qui vont naturellement ensemble, mais aussi la manière autoritaire et hyper centralisée, qui prévalent dans le fonctionnement en vigueur dans le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et dans sa gestion, et que la pandémie du Covid-19 ne justifie pas mais rend plus saillants et plus acérés.

La référence aux autorités sanitaires, représentées par le ministère de la santé, mise en avant en parade par anticipation à toute critique ou en confortation à son égarement, l’autorisation donnée aux petits contingents (inférieur à 30) pour subir des évaluations et aux étudiants en master et doctorat pour soutenir leurs mémoires, tous en présentiel, et l’exemption des étudiants de certains paliers de médecine de l’interdiction de reprise en présentiel, sont autant d’éléments qui laissent penser que la raison pour laquelle la tutelle refuse réellement de rouvrir l’université n’a rien à voir avec les considérations sanitaires. Ce qui rend d’autant plus plausible cette thèse est la levée du confinement sur les entreprises, les administrations, les usines, les transports de voyageurs terrestres, aériens et maritimes, les cafés, les restaurants, les bars, les mosquées,…, pratiquement sur tout.

Toutes les propositions qui ont émanées de la base, les seules à avoir concilié entre les exigences sanitaires et les exigences pédagogiques, parce que pensées et formulées par des enseignants, auxquelles le secrétaire général du ministère a fait allusion dans le mémorandum daté du 16 août 2020, qu’il a adressé aux chefs d’établissement, semblent n’avoir pas produit la sensibilisation espérée des pouvoirs publics sur les exigences pédagogiques qui sont tout aussi intraitables que les exigences sanitaires. A moins qu’elles eussent fait l’objet de censure et eussent été balayées dédaigneusement d’un revers de mains au niveau du ministère et n’eussent jamais été soumises au débat.

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Autant la santé publique est du ressort et prérogatives des autorités sanitaires, autant l’enseignement est du ressort et prérogatives du couple enseignant et enseigné. Autant l’étudiant n’est pas légalement tenu d’accepter en milieu de contrat qu’on lui impose le statut d’autodidacte  qu’il n’a jamais choisi, autant l’enseignant n’est pas légalement tenu de produire de la bibliographie et encore moins de veiller à ce qu’elle parvienne ou soit accessible à l’étudiant par n’importe quel moyen. Cette dernière mission incomberait à l’établissement et/ou à la tutelle qui sont tenus d’assurer l’accès à toute la bibliographie et la documentation existantes sous toutes leurs formes (papier ou électronique) et ce, que ce soit aux étudiants qu’aux enseignants.

En cours, en TD ou en TP, l’enseignant est tenu de décrire, d’expliquer, de démontrer et de décrypter les phénomènes, les processus, les objets, les montages, les mécanismes, les techniques, les méthodes, les théorèmes, les textes, œuvres et ouvrages, établis, documentés et inscrits dans les programmes. Il a à le faire de toutes les façons et sous tous les angles possibles et imaginables de sorte à aider au mieux l’étudiant à les saisir, les comprendre et entrevoir leurs possibles applications.

Obliger l’étudiant au statut d’autodidacte, c’est le déclarer arbitrairement n’avoir plus besoin d’enseignants. Ce qui ne peut être le cas  pour l’université qui en aura toujours besoin pour organiser des évaluations qui sont indispensables à la crédibilité de ses diplômes voire à sa survie. Or, il n’y a pas que les évaluations qui sont des gages pour la crédibilité des diplômes.

Les interactions de l’étudiant avec l’ensemble de ses enseignants, de ses camarades de promo et d’autres des divers parcours et profils, les manifestations scientifiques et culturelles, et tous autres échanges socioculturels, sont autant de déterminants de la crédibilité des diplômes mais aussi de la qualité de la formation du futur cadre de la nation.

C’est tout cela qui fait du présentiel un incontournable. Par conséquent, la question de la reprise des activités pédagogiques suspendues depuis le mois de mars, avant même l’entame du deuxième semestre et ce dans la majorité des établissements, des facultés et des départements, ne se ramène pas à un choix entre l’enseignement présentiel et un pseudo enseignement appelé arbitrairement : « télé-enseignement » ou « enseignement à distance ».

Elle se ramène à un choix entre une vraie reprise (c’est-à-dire en présentiel) de toutes les activités pédagogiques suspendues, et une non reprise travestie ou différée à une date perpétuellement repoussée parce que liée arbitrairement à l’évolution imprévisible de la pandémie.

Or, tout le monde sait maintenant que la Covid-19 est là et a pris sa place parmi les maladies respiratoires humaines et dont personne et rien ne peuvent arrêter la propagation du virus causal et sa conquête d’habitats vierges. Mais depuis sa survenue en décembre 2019 à Wuhan, en Chine, on ne cesse d’accumuler des données sur sa symptomatologie, son diagnostic, son traitement et sa prévention.

Si au début, la prévention était axée sur l’infection virale, aujourd’hui, elle l’est plus sur le temps de réaction entre le moment de l’apparition des premiers symptômes et celui de l’entame du traitement, qui doit être le plus court possible afin d’éviter les formes graves. Par conséquent, différer la reprise à une date ultérieure est une erreur et une perte de temps gratuite et inadmissible puisque la maladie et sa cause ne sont pas prêtes de disparaitre et la seule façon de l’endiguer est d’empêcher qu’elle fasse des formes graves.

Ainsi donc, la reprise, en présentiel et maintenant, s’impose si l’on veut vraiment sauver l’année universitaire 2019/2020 et les suivantes voire sauver l’université ou ce qui en reste des différents plans de bradage qu’elle a subi successivement durant ces dernières décennies. Au lieu d’en rajouter, il faudrait s’atteler à réparer les dégâts occasionnés. Au lieu d’obliger les étudiants à être, sans le savoir, ni le vouloir, des autodidactes, il faudrait autoriser à l’être ceux qui le souhaiteraient.

Au lieu d’empêcher les enseignants de reprendre leurs activités pédagogiques, il faudrait accompagner ceux qui ne souhaiteraient pas le faire dans et pour leur faciliter les procédures légales de dispense pour motif de co-morbidité.

Au lieu d’obliger au port du masque, il faudrait l’autoriser par souci de protection. Au lieu d’infantiliser les enseignants et les étudiants, il faudrait les responsabiliser et compter sur leur grand sens des responsabilités.

Au lieu de centraliser l’opération de réflexion sur et d’organisation de la reprise des activités pédagogiques, il faudrait s’en tenir à l’exhortation des responsables locaux à le faire et en concertation avec tous les concernés sans exclusion d’aucune partie, d’aucun enseignant et d’aucun étudiant.

Seuls le respect, la sincérité, la concertation et la solidarité entre tous, peuvent permettre de vaincre la crise engendrée et d’apprendre à vivre avec ce nouveau membre de la famille des maladies respiratoires humaines : la Covid-19. 

Tizi-Ouzou, le 18/08/2020.

P/Le CNESTO

 




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