16 juin 2024
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Création de wilayas maritimes : encore une occasion

DEBAT

Création de wilayas maritimes : encore une occasion

Excellente décision que celle d’avoir créé dix (10) wilayas de plus dans le Sud du pays, essentiellement (1), malgré le coût que cette décision va induire, en termes de budget, de ressources humaines (2), d’infrastructures, et d’équipements.

Pour avoir séjourné durant de longues années à la 6ème région militaire (Ain-Amguel, puis Tamanrasset), durant mon service national, j’ai pu mesurer, au plus près, le problème des distances des différentes villes et villages et ce que cela impliquait en termes de transports et de logistiques.

Mais il est un domaine qui ne semble intéresser personne sauf la prédation, dès lors qu’il s’agit du domaine maritime (1.200 km de façade maritime) ! Dans tous les pays au monde le domaine maritime est toujours l’objet de traitement spécifique du fait de sa complexité et des implications multiples et complexes qu’il engendre, tant sur le territoire lui-même (plages et plateforme continentale), que sur le reste du territoire terrestre national et international.

Dès lors, un découpage spécifique lui est accordé et une gestion très spécialisée, y est installée, tant en ressources humaines (3), qu’en moyens matériels, financiers et scientifiques. En outre, l’activité économique et sociale est d’une extrême fragilité (4) et nécessite des compétences avérées dans le domaine, loin de toute gestion bureaucratique, liée à l’activité administrative enseignée à l’ENA. 

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Une occasion en or nous était donc offerte, en ces temps de réaménagement territorial (10 wilayas de plus dans le Sud), de doter notre domaine maritime, qui concerne quelques 12 wilayas, d’autant de Wilayas maritimes, avec un statut spécial à l’appui, leur permettant de prendre en charge les problèmes spécifiques qu’implique ce dernier.

Que ce soit en matière de transports maritimes, d’activités halieutiques (fixe ou mobile) ou de gestion des ZET maritime  (tourisme balnéaire) et d’implantation  de résidences collectives ou individuelles, un travail immense de réglementation et de régulation est nécessaire à entreprendre afin de prévenir la prédation (5) qui ne cesse de s’étendre dans le domaine maritime.

Enfin, il ne faut pas oublier la pollution de plus en plus présente qui représente un danger silencieux mais très présent et qu’il faut protéger de manière à  maintenir intactes les ressources de la faune et de la flore que compte ce domaine.

Les investissements dans le domaine maritime sont créateurs de vrais emplois et peuvent représenter de véritables ressources, tant pour les finances publiques (impôts et taxes) que pour l’activité économique en général.

Quant au tourisme balnéaire national uniquement, les comptes sont clairs, quelques deux (2) millions d’Algériens se rendre chaque année en Tunisie, s’ils dépensent 1.000 euros chacun, c’est quelques 2 milliards d’euros annuellement (sans compter le transport terrestre et aérien), qui traverseront la frontière, alimentant, au passage, le marché au noir des devises ! Autant dire que ces 2 milliards d’euros, pourraient servir à l’investissement dans le domaine et permettre l’essor une véritable politique touristique en direction des nationaux (résidents et expatriés), dans une première étape. L’espoir est grand que les pouvoirs publics comprennent l’enjeu et rectifient le tir. 

M.G.

Notes

(1). Il s’agit des wilayas de Timimoune, Bordj Badji Mokhtar, Béni-Abbès, Ouled Djellal, In Salah, In Guezzam, Touggourt, Djanet, El-M’ghair, El-Menia.

(2) Pendant très longtemps, les mutations aux postes civils et militaires, dans le Sud du pays, étaient considérées comme des sanctions, ce qui avait pour conséquence, l’envoi des pires profils alors que c’est l’inverse qui aurait été souhaitable compte tenu de la difficulté de la mission. 

(3) Certains walis affectés dans des wilayas côtières n’ont jamais vu la mer avant cette nomination !

(4) Il s’agit essentiellement des équilibres écologiques entre le terrestre et le maritime, faunes et flores comprises. 

(5) Les formes de prédation sont multiples et variées puisqu’elles vont la privatisation du domaine lui-même, jusqu’aux activités illégales comme la contrebande, la destruction du corail, la pêche à la dynamite, la pollution plastique, minéral et chimique…  

 

Auteur
Dr Mourad Goumiri, Professeur associé

 




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