1 février 2023
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Des fossoyeurs de l’information, des mercenaires,… !

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Sorties de nulle part, des amateurs du web se sont fait des noms en exploitant tout simplement les plateformes des réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, YouTube ou Tiktok pour influencer les communautés, que ce soit à des fins politiques, idéologiques, spéculatives ou à d’autres intérêts personnels qui génèrent des profits financiers.    

Bon ou néfaste, l’usage des réseaux sociaux fait partie aujourd’hui de nos vies quotidiennes. Pratiquement impossible de s’en passer, et on y trouve presque tout. Mais ce n’est pas toujours bénéfique, car ils échappent à des règles d’influence notamment les vérifications des informations à diffuser, les obligations déontologiques, lois et règlements, etc.

À l’aide d’une catégorie d’individus vivant en Algérie ou à l’extérieur, le phénomène a pris des proportions sans retenue. Chaque soir, en navigant sur nos appareils tactiles, une multitude de transmissions directes, qu’on appelle communément les lives, de l’œuvre des amateurs du web, attirent à certains moments notre curiosité. On tombe facilement dans une situation d’interactivité pour être mis au courant sur un scoop ou un fatras d’informations qui semblent être extraordinaires pour renchérir des discussions sensationnelles.

Avec une situation politique qui tend souvent vers l’instabilité, la société algérienne est bien exposée aux rumeurs et colportages. Avec l’absence de la liberté d’expression et le manque de médias sérieux, c’est l’occasion à ces « influenceurs », plutôt des imprécateurs, d’exploiter un terrain fertile pour s’imposer comme référence médiatique avec un contenu d’information qui reste à désirer.

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Parler des généraux ou des ministres corrompus en fuite ou emprisonnés est le sujet favori. Dénigrer un homme d’affaires, une personnalité politique ou un cadre est un motif qui excite aussi. En faisant preuve de malhonnêteté, les informations révélées sont moins fiables, imprécises et partiales. 

L’essentiel est de garder les auditeurs crédules branchés pendant une heure de temps, tout en les suppliant de partager ! Partager ! Beaucoup peut-être ne le savent pas, mais il y a un intérêt financier qui rentre en jeu en atteignant un certain nombre de vues, donc, il y a des subtilités dans leur propos pour duper leurs admirateurs en leur faisant croire qu’ils sont des « pros » du dévoilement des vérités ! Ils se prétendent qu’ils ont des informateurs, des espions, des agents !

En émettant des rumeurs, voire des informations difficiles à vérifier qu’on essaie de faire penser aux autres comme des secrets bien gardés, ils s’amusent à les étaler en les beurrant avec des mensonges, approximations et des incohérences. 

Si on peut les appeler des « livistes », ils s’invitent comme des intrus ou des agents en polluant la scène médiatique et politique, biaisant le débat et déconstruisant la conscience collective. Le peu de journalistes qui restent à travailler honorablement pour informer le public sont livrés à une concurrence déloyale qui défie toutes les règles. Le métier de journaliste en Algérie est transgressé. 

En citant quelques exemples de personnes qui ont pollué la scène médiatique et politique notamment Zitout, Amir Boukhers, Bensdira, Aboud Hicham, aucun d’eux n’a fait même pas un mètre de parcours de militant. Pire, deux d’entre eux sont d’anciens agents du DRS, et l’autre ancien diplomate. Drôles de personnages qui défendent le citoyen algérien.

Dans une rude concurrence, ils étalent la vie privée des personnes et leurs familles en échange d’une somme d’argent tout en faisant du chantage et la menace. Leur cupidité a été révélée au grand public à la suite des témoignages de leurs victimes. 

On se sert d’eux pour s’en prendre à un tel clan ou rendre service à certaines organisations liées aux ramifications islamistes ou à la maffia politico-financière. D’ailleurs, les services les utilisent à bon escient ou d’une autre manière très subtile pour en faire d’eux des sujets de diversions. Avec des attitudes pusillanimes, chacun d’eux affirme avoir reçu des contacts pour un service donné, et ils sont toujours disponibles.  

D’un côté, le pouvoir mène sa politique de verrouillage. La presse est pratiquement mise sous cloche, laminée. Que cela soit les rares journaux qui ferraillent à pratiquer un journalisme de rigueur ou les sites internet qui demeurent virulent avec le régime. Un rideau de fer est tombé d’ailleurs sur ces derniers, censurés en Algérie.

De l’autre, il encourage ses relais des réseaux cités en haut à faire le reste en embrouillant toute initiative citoyenne. 

Depuis le début de la révolution, ces mercenaires à majorité d’obédiences de Rachad, héritière du FIS, ont mis en avant de la scène des personnalités politiques qui utilisent la donne populiste pour subjuguer les Algériens sur la manière d’œuvrer pour une sortie de crise. Le slogan dawla madania macci askaria (Etat civil et non militaire) est leur label pour garantir une image de marque. 

Selon certains aveux, confirmés par l’un de ces activistes, le courant militaro-islamiste du pouvoir dirigé par le clan de Gaïd Salah a établi des contacts très avancés pour conclure une entente politique avec les islamistes algériens et notamment Rachad. Donc, toute l’entreprise hirakiste et ses sponsors populistes associée à cette mouvance qui ont refusé toute idée d’organisation de la révolution citoyenne voient le projet démantelé par la mort subite du général putschiste. 

Manifestement, ces amateurs ont contribué à l’impasse dans laquelle se retrouve l’Algérie d’aujourd’hui. 

Mahfoudh Messaoudene

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