1 octobre 2022
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Du lait de vache au thé à la menthe, du Boeing 747 au tapis volant ! 

REGARD

Du lait de vache au thé à la menthe, du Boeing 747 au tapis volant ! 

L’Algérie, le pays des miracles et des illusions, un gros ventre et une petite tête. Le gros ventre c’est la poche saharienne, la petite tête c’est la côte méditerranéenne. C’est un désert où on récolte du « blé » sans semer de «grains ».

Que Dieu soit loué, que la France soit heureuse, que le diable soit maudit. Pourvu qu’il pleuve en France et qu’il neige au Canada. Le blé tendre français et le lait entier canadien. De la galette traditionnelle à la baguette parisienne, du lait de chèvre au lait de vache, le pas est vite franchi à la faveur d’une manne financière providentielle que l’élite dirigeante dispose à sa guise faisant croire à la population que la providence se trouve au sommet de l’Etat et non dans le sous-sol saharien.

Résultat des courses. Une communauté « d’experts scientifiques de l’échec » recyclée doublement rémunérée qui scrute l’avenir de leur pays dans le marc de pétrole après avoir dilapidé ses revenus tirés des exportations. Un peuple nourrisson qui court derrière un sachet de lait importé. Un lait sans vache, une vache sans lait. Une économie rentière où on consomme sans produire. Une démographie galopante, en se couchant à deux le soir, on se retrouve à trois le lendemain.

Un Etat qui imprime des billets de banque sans contrepartie en biens et services sur le marché. Un environnement pollué où le pétrole coule à flots et l’eau se fait rare.

Une agriculture vivrière arrosée d’une eau usée non épurée, des hôpitaux dépourvus médicaments désertés par des médecins sans sacerdoce. Une mosquée dans un désert, un désert dans une mosquée, des prières sans tapis, des tapis sans prières, des enfants sans instituteurs ; des universités sans savoir productif, le savoir créateur prend la clé des champs, des femmes politiques présentées comme des fraises sélectionnées à consommer sans modération ; des hommes robustes à la force de l’âge assis derrière des comptoirs dotés de tiroirs caisse sans monnaie d’appoint, des banques sans liquidités, des liquidités sans banque.

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Des banques dites publiques qui n’ont de banque que le nom (des guichets du Trésor en fait), des comptes dépenses sans comptes recettes, des crédits d’exploitation sans crédits d’investissement, des importations tout azimut sans exportations hors hydrocarbures.

A la rescousse, des banques dites islamiques (« privées), des crédits sans intérêts, des intérêts sans crédits. En un tour de magie, des intérêts (illicites) sont transformés en profits (licites); comme si l’argent d’Allah se comptait avec les doigts, des terres en abondance laissées en jachère par des politiques suicidaires, une énergie solaire à profusion gratuite gaspillée inutilement, des espaces à perte de vue livrées à la sécheresse, une nappe d’eau souterraine saine unique au monde menacée de pollution par le gaz de schiste, des déchets nucléaires faisant des ravages sur les populations du sud, des bateaux de blé en rade attendant l’autorisation d’accoster ; tout cela et bien plus est-ce une bénédiction ou une malédiction ?

Nous sommes destinés à vivre ensemble sur le même sol de la même terre. La terre de nos ancêtres est arrosée du sang de nos valeureux martyrs. Ils ont payé le prix du sang, aux générations actuelles et futures de payer le prix de la sueur. De la salive à la  sueur.

La terre est comme une femme, plus on la laboure plus elle donne du blé. Elle est notre mère-nourricière et nous sommes ses enfants ingrats. Malheur à un peuple qui se nourrit de ce qu’il ne produit pas, se vêtit de ce qu’il ne tisse pas, se soigne de ce qu’il ne fabrique pas. Et cela grâce et/ou de la faute des pétrodollars, pétrole comme don de dieu, dollars comme ruse de Satan. Le pétrole, notre vache à lait, notre mère nourricière.

Si le sein maternel nourrit le bébé de la naissance à l’âge de six mois, le biberon pétrolier le prend en charge du berceau à la tombe. C’est donc le pétrole qui préside aux destinées du pays. Les hommes ne sont que des cerises sur le gâteau. C’est par l’économique et grâce à lui que la population de ce pays est tenue constamment échec par un régime politique autoritaire entretenu et soutenu par le système mondial dominé par le multinational fer de lance des puissances de l’argent. Des banques sans religion, sans patrie, sans scrupule. Seul l’argent coule dans leurs veines. Malheur à celui qui tombe entre leurs griffes. Elles n’en feront qu’une bouchée. L’argent, le dieu du monde moderne. Tous sont à sa dévotion. Il tue, il corrompt, il pollue.

L’Algérie  vit de la rente, au rythme du marché pétrolier et gazier. Lorsque le cours du brut grimpe, c’est la fête,  la grande zerda ; le régime festive, l’armée s’équipe, la société s’endort, le monde accourt, les frontières s’ouvrent, dès que le prix baisse, c’est la guerre, la grande «fitna » : le régime déprime, l’Etat se fissure, le peuple se réveille, les étrangers s’en vont, .le pays infréquentable.

C’est la panique, le sauve qui peut, la fin approche. Pourquoi avons-nous si peur ? Nous avons si peur parce que nous sommes dans les camps de la catastrophe. Que faire pour vivre dans la modernité et mourir dans l’islam ? La peur de la mort est la crainte de rendre des comptes à notre créateur. Nous sommes des ingrats. Nous fuyons la vie pour échapper à la mort. Une mort inéluctable.

Personne ne peut y échapper. Sa date est inscrite dans nos gênes. Personne ne peut la prédire, elle relève du divin. Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas moi qui parle mais le monstre qui est en moi qui parle. Ce n’est pas à vous que je m’adresse mais au monstre endormi qui est en vous que je réveille. Je m’en excuse.

Auteur
Dr A. Boumezrag

 




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