4 décembre 2022
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Elections au Québec : la victoire écrasante de la CAQ divise la province

La nuit du 3 octobre n’a pas été longue pour annoncer le vainqueur. Dès les premières minutes des opérations de dépouillement des urnes, les médias ont déjà donné le parti de la droite, au pouvoir, comme gagnant de cette élection.

La CAQ a raflé la mise en obtenant 90 sièges sur les 125 à l’Assemblée nationale du Québec. Les Québécois lui ont renouvelé la confiance avec une majorité écrasante. Sauf dans la région de Montréal qui a créé un fossé avec le reste de la province.

Sur les 27 circonscriptions, uniquement deux députés qui ont été remportés par la CAQ. Un résultat qui interpelle les observateurs sur l’équilibre entre le centre urbain et les régions. Une division qui s’est dessinée sur la carte électorale en voyant que du rouge et orange dans l’île de Montréal.

Un fait patent qui inquiète le premier ministre François Legault essayant tant bien que mal de reconnaître une telle situation provoquée par lui-même et son ministre de l’Immigration Jean Boulet.

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Par ailleurs, avec un taux de participation avoisinant les 66 %, les résultats sont décevants aux restes des formations politiques et particulièrement pour le parti québécois (PQ) et le parti libéral, respectivement avec 3 et 21 élus. Alors que le Québec Solidaire stagne avec 11 et zéro député pour le parti conservateur.  La nuit n’a pas été facile pour eux.

Contrairement à ce que les sondages ont annoncé, le prochain gouvernement ne sera pas minoritaire. Le contexte socio-économique mondiale qui touche la province et la vague nationaliste qui gagne certains pays dits de l’Occident ont donné l’occasion à la CAQ de briguer un deuxième mandant.

L’immigration qui a été au centre des débats pendant la campagne a influencé les électeurs dans une forte polémique en choisissant la prudence et la sécurité.

Le point de vue de l’invitée du célèbre animateur Paul Arcand sur les ondes de la radio 98.5, Françoise David, une militante politique féministe, au sujet des élections est sans détour. « Une victoire sur le dos des émigrées », se désole-t-elle. Mais elle tient à souligner comme le reste des analystes en politique que le pourcentage de votants pour le parti est de 41 %, donc la majorité des Québécois n’ont pas adhéré aux idées de François Legault.

En proportion, ça reflète plus ou moins les sondages sur les intentions de vote. Ce sont les règles la démocratie qui sont fixées et qui n’arrangent pas les partis qui espèrent s’ancrer dans le paysage politique québécois. Ainsi pour dire, elles ne sont pas équitables.

Dans une chronique intéressante, intitulée « sale pour quatre partis », publiée par le Journal Le Devoir de la part de Bryan Miles. Il parle du déficit démocratique qui saute aux yeux au lendemain de réélection du premier Ministre François Legault.

« C’est un sale temps pour les partis d’opposition. Au mieux, ils préservent les acquis, comme le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS). Au pire, ils constatent un décalage frappant entre les suffrages récoltés et les sièges remportés, comme le Parti québécois (PQ), avec 15 % des votes et trois sièges, et le Parti conservateur du Québec (PCQ), avec 13 % des votes et aucun siège. »

Le débat est déjà amorcé pour revoir le mode de scrutin avec l’idée d’une proportion.

Pour revenir à la région de Montréal qui n’a pas voté pour la CAQ, invraisemblablement la situation met mal à l’aise François Legault. Sa légitimité est remise en question dans l’une des grandes villes de l’Amérique du Nord où 2 millions de citoyens y habitent sur les 9 que compte la province. Avec l’étalement en périphérie, la communauté Métropolitaine de Montréal se situe aux environs de 4 millions d’habitants.

Après Toronto, Montréal est la ville la plus importante au Canada. Elle reste un poumon économique qui met le Québec en haut des provinces avec des centres industriel, commercial, financier et culturel.

Toutefois, au regard des promesses annoncées par les autres forces politiques concernant la santé, l’environnement, le transport, l’éducation et la baisse des impôts, elles sont moins convaincantes.

Dans la mémoire des Québécois, les réformes qu’avait entrepris le gouvernement libéral dirigé par Philippe Couillard (2014 – 2018) ont fait beaucoup de mal surtout dans le domaine de la santé avec Michel Barrette comme ministre. Contrairement à la CAQ qui a su mettre de l’ordre pendant son mandat dans certains secteurs comme la santé, région et agriculture, économie et l’emploi, et l’éducation. Le bilan du gouvernement Legault a le meilleur ratio de réalisation de promesses.

Deux autres faits intéressants ont été relevés de cette élection. Le nombre de femmes qui vont siéger en tant que parlementaires, 58, et l’arrivée de la première autochtone à l’Assemblée nationale.

Pour l’Histoire du Québec, c’est une avancée politique majeure pour la lutte contre toutes sortes de stéréotypes. Le fait de donner confiance aux femmes pour gérer les affaires de la province et de permettre à l’une d’elles originaire des premières nations d’accéder au poste de député, c’est l’avenir d’une société qui cherche par tous les moyens à améliorer son équité sociale.

Catherine Champagne Jourdain, originaire de la communauté innue de Uashat Mak Mani-utenam, qui est élue dans la circonscription Duplessis sur la côte nord a été la vedette de la soirée électorale et la fierté de son peuple.

Mahfoudh Messaoudene

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2 Commentaires

  1. « Contrairement à ce que les sondages ont annoncé, le prochain gouvernement ne sera pas minoritaire ». Mr Messaoudène pourriez-vous nous citer ces sondages? Tout au contraire, me semble t-il, les sondages avaient annoncé un meilleur score de la CAQ que celui finalement obtenu. « … la vague nationaliste qui gagne certains pays dits de l’Occident ont donné l’occasion à la CAQ de briguer un deuxième mandat ». Si c’était vraiment le cas, le PQ aurait été le premier bénéficiaire d’une telle vague. Ce qui ne fut pas du tout le cas, tout au contraire. « L’immigration qui a été au centre des débats pendant la campagne a influencé les électeurs … ». Pas si sûr. Encore là, les libéraux et les solidaires qui ont promis un relèvement considérables des taux annuels d’immigration (jusqu’à 80 000/an pour les solidaires) auraient dû être les premiers bénéficiaires, ce qui ne fut pas le cas. Malgré une plateforme pro-immigration, aucune des deux formations n’a réussi à améliorer son score comparativement à 2018.

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