1 octobre 2022
spot_img
AccueilChroniqueEt si le fleuve était encore une fois détourné ?

Et si le fleuve était encore une fois détourné ?

REGARD

Et si le fleuve était encore une fois détourné ?

Sans doute, le dialogue est le moyen le plus sûr pour désamorcer la bombe de la crise avec peu de dégâts possibles, de déconstruire les préjugés sans être plombant, d’avancer sans causer davantage de blessures à la belle Algérie.

Or, l’optique pédante, condescendante, et méchante des décideurs laisse les masses sceptiques quant à leurs intentions réelles. Comment dialoguer pardi quand la logique autoritaire de gestion continue de ponctuer une actualité nationale en perpétuel chamboulement ?

Comment dialoguer lorsqu’on se rend compte que les cinq mois de manifestations se solderaient peut-être par la reconduction de Bensalah, dont la tête est pourtant réclamée depuis le début du mouvement citoyen par la rue? Comment dialoguer quand des citoyens qui portent de simples emblèmes pour revendiquer les origines de la mère-patrie et manifester leur soif de liberté ainsi que du pluralisme dans un pays, longtemps frappé d’uniformisme, sont incarcérés? Comment dialoguer quand un vétéran de la guerre de libération fête le jour de l’indépendance nationale enfermé entre les murs de sa cellule, après avoir été injustement accusé par la télévision officielle d’usurpation l’identité et de non-participation à la guerre de libération pour laquelle il sacrifié toute sa jeunesse ? Comment expliquer qu’on n’a pas encore saisi le sens de tous les slogans hostiles, lancés à haut décibel, aux apparatchiks du régime?

Le moins que l’on puisse dire à présent, c’est que l’avenir se dessine sous des traits incertains, bien que les signes de l’espoir du départ se lisent encore, chaque vendredi, dans les visages rayonnants de ces jeunes manifestants qui battent inlassablement le pavé, pour faire bouger et changer les choses, pour avancer, pour transformer ce corps malade de la nation en locomotive moderne, dynamique et respirant de l’oxygène pur.

- Advertisement -

Les Algériens qui crient leur désarroi devraient être entendus. S’ils jettent l’opprobre sur ceux qui ont pissé sur leurs rêves, ces arnaqueurs de la pire espèce qui leur ont fourgué un faux nationalisme de bas étage alors qu’ils sont les premiers à bafouer les idéaux révolutionnaires et à vendre la patrie à bas prix, c’est qu’ils veulent tourner la page de toutes les lâchetés et de toutes les traîtrises. Ils veulent un changement concret.

En ce sens, ils n’attendent pas un quelconque Deus ex machina ou homme providentiel pour les faire sortir de la crise, mais croient à la force de leur union et surtout à la démocratie, les seuls moyens pour parvenir au changement tant espéré, sans se fourvoyer ni perdre leur patience.

Et si fleuve sera-t-il encore une fois détourné de son cours par les fossoyeurs de rêves, comme le prédisent déjà certains fatalistes ? Espérons que non! Comme cela au moins, mon compatriote feu Rachid Mimouni, sourira à l’étoile de l’espoir dans sa tombe.

Auteur
Kamal Guerroua

 




ARTICLES SIMILAIRES

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus lus

« M’hamed Issiakhem, portrait à l’encre » de Benamar Médiène

Un jour de juillet de l’année 1943, à Relizane, dans l’ouest algérien, un adolescent de 15 ans réussit à pénétrer dans un camp militaire...

Les plus populaires

Commentaires récents