9 février 2023
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« Et si vous disiez tout sur Le Matin aussi, M. Kaouane ? »

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« Et si vous disiez tout sur Le Matin aussi, M. Kaouane ? »

C’est avec tact et une ironie bien british que Djamel Kaouane, ministre de la Communication, a riposté aux déclarations de la directrice du journal El-Fadjr qui sortait d’une grève de la faim en protestation contre un boycott de la publicité publique. En huit ans, nous apprend-il, El-Fajr aurait reçu une enveloppe de 76 milliards de centimes. J’ignore si ces montants correspondent à la réalité, c’est à Mme Hazem de répondre. 

Je note, toutefois, que la réaction du ministère est, pour une fois, sobre, argumentée et rapide. D’où le bon point que s’accorde, fort légitimement, le ministre en déclarant, haut et fort : «Nous savons où est parti l’argent de l’Anep. Et on le dit en toute transparence. »

C’est de cette « transparence »-là que nous souhaiterions vous entretenir, Monsieur le ministre : elle est si nouvelle, si frappante, que nous avons envie de vous supplier de ne jamais vous arrêter d’en user et même d’en abuser. Il serait, ainsi, très instructif de dire publiquement comment Le Matin a été exclu de la publicité publique dès février 2000 jusqu’à sa mise à mort par le pouvoir en juin 2004 « pour non paiement » de l’imprimerie, de révéler qui payait et qui ne payait pas les imprimeries, de  comment a été organisée  une faillite financière du journal par divers canaux : boycott de la publicité étatique (ANEP) et « para-étatique » (telle la publicité de Djezzy, bloquée pour Le Matin par le ministre qui vous a précédé à ce poste et qui officiait alors pour la firme égyptienne de Sawiris) ; redressement fiscal de 20 milliards de centimes avec ultimatum de payement ; blocage de tous les comptes bancaires du journal… Il serait de la bonne courtoisie d’éclairer la lanterne des Algériens sur la méthode perfide et honteuse des pouvoirs publics qui, ayant réalisé que nous pouvions nous passer de l’argent de l’ANEP, ont usé de la force pour arrêter la parution d’un journal qui n’était pas sous leur contrôle. La suite, vous la connaissez : saisie des biens du journal, dont l’immeuble que l’opinion publique aimerait bien connaître le prix de cession et le nom de l’heureux bénéficiaire…

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Je pense qu’une telle initiative est largement dans vos cordes. Vous qui affirmez savoir « où va l’argent de l’Anep et notamment l’argent de l’Anep qui va au journal El-Fadjr », ne devez pas ignorer où est parti l’argent de l’ANEP qui n’est jamais allé au Matin. 

Ce serait tellement classe, comme disent les jeunes, que vous ne vous arrêtiez pas en si bon chemin, dans votre méritoire velléité de « transparence ».

Comme vous le dites si bien, « il ne faut pas tromper l’opinion publique ».

Auteur
Mohamed Benchicou

 




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