5 décembre 2022
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Front populaire anti-répression : l’Algérie est en danger

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Front populaire anti-répression : l’Algérie est en danger

L’Algérie est en danger et sa population fragilisée par l’actuel rebond inquiétant de la pandémie et une répression articulée sur l’instrumentalisation de la justice dans le but d’en finir avec le Hirak et ses espérances. Cette double pression impacte la mobilisation citoyenne pour la libération des détenus d’opinion comme elle affecte le mouvement populaire et les marches interdites presque partout.  

Avec cette troisième vague de contamination brutale et devant la démission des pouvoirs publics, on ne peut que saluer la décision responsable prise par le Hirak en Kabylie de suspendre provisoirement ses marches et ses rassemblements. Nous rentrons dans un cycle pandémique plus meurtrier que celui de mars 2020 et qui est exacerbée par le relâchement dans l’application des mesures de distanciation, la démission délibérée des pouvoirs publics et du gouvernement, la désorganisation totale des structures de santé publique, une vaccination encore marginale pour les plus vulnérables et par le taux de vaccination et par des bilans opaques foulant le droit à l’information. 

Plus que jamais et comme en mars 2020, la protection ne viendra que de la population qui a impérativement besoin de s’organiser partout. Dans les quartiers, dans les lieux de travail, dans les espaces publics, une auto-organisation citoyenne est indispensable pour une meilleure sensibilisation sur le respect des gestes de la distanciation, la confection de bavettes et la fabrication du gel hydro-alcoolique.  

Une mobilisation coordonnée autour de l’oxygène, dont il faut absolument dénoncer la spéculation organisée par des entreprises privées et la gestion bureaucratique scandaleuse par les opérateurs publics. Un grand nombre de vies humaines aurait pu être épargné si nous avions suffisamment d’oxygène. 

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Au lieu de pourchasser les militants, ceux venus en aide à une population en détresse, la justice aurait dû s’occuper de la spéculation organisée autour de cette matière vitale. 

Les actions citoyennes de nos jeunes Hirakistes dans les lieux publics et à l’université ont déjà montré leur efficacité et qui ont été récompensés par des poursuites judiciaires et harcèlements policiers. Malgré la criminalisation de la solidarité par le biais de l’article 87-bis, et les risques encourus (emprisonnement), la solidarité et l’implication sont des actes citoyens à renforcer et à élargir dans la société. Que nos jeunes Hirakistes se mobilisent dans ce sens, car le Hirak, c’est pas seulement marcher, mais c’est aussi construire une riposte citoyenne à la pandémie et à la répression.  

Cette dynamique citoyenne autour de la pandémie ne doit pas occulter le contexte répressif que nous vivons, aggravé par l’article 87-bis qui criminalise le Hirak, le politique et la solidarité. Encore, plus de 200 détenus d’opinion, des dizaines sous contrôle judiciaire, des centaines d’interpellations arbitraires, des chefs d’inculpation gravissimes, des jeunes de quartiers jusqu’aux enseignants universitaires arrêtés, certains violentés, des conditions carcérales détériorées ; bref l’arbitraire dans tous ses états que des collectifs courageux d’avocats essaient de contrer.  

Le Front populaire anti-répression qui a rassemblé des personnes d’horizons divers est venu pour créer une riposte unitaire à la dérive totalitaire et fascisante du régime. Malgré l’adversité, ce Front continue à se mettre en place y compris au sein de la diaspora. 

Ne parlons pas des droits économiques et sociaux malmenés par les inégalités socio-économiques mais aussi par des politiques publiques imprégnés d’un néolibéralisme destructeur. La pandémie aggrave davantage cette chaîne d’inégalités où l’accès aux soins n’est pas garanti, « marchandisé » obéissant à la spéculation et au gain facile : quand on voit les prix des respirateurs, PCR, Scanner où des profits énormes sont amassés par des opérateurs privés véreux. Le refus de la sécurité sociale d’envisager le remboursement intégral des prestations représente un acte de « non-assistance à personnes en danger ». Et là, la justice doit passer.  

Il est impératif et urgent de diminuer la pression sur les hôpitaux en prenant en charge les personnes atteintes de la Covid en amont, avant la détresse respiratoire, par la vulgarisation du test PCR et le rendre gratuit et par l’uniformisation du protocole des soins. À cet effet, un vibrant hommage est à rendre au personnel de la santé qui est à l’avant-garde du combat contre la pandémie et qui ne cesse de compter ses morts. Il devrait être écouté pour imaginer une stratégie efficace de lutte contre le virus. 

On veut faire taire les voix du bon sens, les voix du changement, les voix qui refusent la résignation. La répression du Hirak depuis ses débuts, sa criminalisation avec l’article 87-bis, la pression sur les collectifs d’avocats, sur les journalistes et médias proches du mouvement populaire, la diabolisation de la diaspora ne peuvent être des réponses à la crise systémique que vit l’Algérie.  

L’écoute des revendications du Hirak et des mouvements sociaux ne peut être occultée ni reportée. Nous ne pouvons que rappeler l’exigence d’une Algérie des libertés où démocratie et justice sociale doivent être les deux béquilles de l’Algérie de demain.  

Nous ne cesserons jamais de dénoncer la répression et la dégradation des conditions carcérales. Nous revendiquons le droit de nous défendre contre l’arbitraire et l’article 87-bis criminalisant tous nos actes de résistance. Nous soutenons toutes les initiatives autonomes de la population qui s’auto-organise pour affronter la pandémie et tous les problèmes qu’elles posent à la société. La question de la libération des détenus reste au cœur de notre mobilisation et à nous, citoyens de développer des actions de substitution aux marches en adéquation à la crise sanitaire. 

Front populaire anti-répression

Le 27 juillet 2021. 

 

 




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