20 février 2024
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Gaza, le massacre continue…

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Gaza en ruines © Mohammed Abed

Certains médias arabes et d’autres de gauche en Europe se réjouissent que le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, compte appliquer l’article 99 de la charte onusienne, lequel met l’assemblée générale et le Conseil de sécurité face à leurs responsabilités historiques devant le risque de la menace que peut peser le conflit israélo-palestinien sur la paix mondiale.

Certes, c’est une victoire symbolique pour la résistance palestinienne, mais cela n’en reste pas moins un coup d’épée dans l’eau. Pourquoi? Il y a lieu de signaler que tout l’ordre mondial est à remettre en cause dans son fonctionnement. D’abord, l’ONU et ses organismes sont financés à hauteur de 80% par les USA et l’Europe.

Ce qui influe, encore faut-il le rappeler, sur le pouvoir de décision onusien. Et puis, le Conseil de sécurité, qui est à la fois inspecteur, juge et armée, mandaté et accrédité par l’ONU, pour imposer la paix mondiale, est malheureusement entaché d’illégalité, dans la mesure où il est la résultante des équilibres de forces inégalitaires qui remontent à la fin de la Seconde guerre mondiale, soit qui datent d’au moins 75 ans.

Sous quel concept, droit ou règle juridique par exemple, aujourd’hui encore, cinq grands pays (USA, Russie, Chine, France et Grande Bretagne) réservent perpétuellement cinq sièges de ce Conseil, dit permanents, tandis que le reste du monde (plus de 180 pays), élisent chaque deux ans, les 10 autres membres du Conseil, dits non-permanents? C’est une aberration!

Le comble, c’est que n’importe quel membre permanent de ce Conseil de sécurité peut, par la force de la loi que lui confère le Veto, annuler en toute facilité, toute proposition, suggestion ou décision, même si elle est légale, venant d’un accord unanime des autres 184 pays de l’Assemblée générale. En plus, le veto peut donner, dans certains cas, une légalité « symbolique » à une action militaire menée sans l’accord de l’ONU, c’est-à-dire en dehors de la légalité internationale : le cas de la guerre de l’Irak menée unilatéralement en 2003 par les USA et la Grande Bretagne, ou de l’actuelle guerre russe en Ukraine en dit long sur le dysfonctionnement des organismes internationaux, à leur tête l’ONU et le TPI.

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Ce dernier n’a jamais engagé à ce jour, à ma connaissance, aucune poursuite judiciaire contre Georges Bush Junior pour fausse propagande de possession d’armes de destruction massive par le régime baâthiste de Saddam Hussein ni contre tortures et crimes de guerre en Irak! Cela dit, même si la proposition de Guteres à propos de Gaza, mérite considération et respect, elle n’en reste pas moins, très loin de la réalité des enjeux géostratégiques internationaux.

On ne peut, à vrai dire, qu’accorder foi à De Gaulle qui disait de l’ONU, que c’est un »machin ». A quoi sert ce « machin »? Et bien, à plus rien du tout! Quiconque entend les responsables Européens ou Américains dire : « il faut que la Tsahal épargne les civils lors de ses bombardements à Gaza et garantir à la population palestinienne la sécurité, tombera des nues.

Cela prête presque à rire. Comment épargner des civils avec des bombes à fragmentation qui peuvent tuer même à deux kilomètres à la ronde? Impossible! Et puis, à un niveau de destruction qui dépasse les 60% des infrastructures vitales de Gaza, avec un nombre de victimes civiles dépassant les 17.000, il semble quasiment irréaliste de parler de « guerre de légitime défense ».

Hôpitaux, ambulances, mosquées, écoles, etc., sont visés sans distinction ni aucun préavis ou avertissement par l’armée sioniste, dans des conditions humanitaires qui laissent à désirer. Se pose ici la question de la légalité d’une guerre interventionniste « punitive », menée sous le fallacieux prétexte de « légitime défense » contre l’attaque d’un mouvement islamiste, en l’occurrence le Hamas, qualifié de « terroriste » par Israël et la Maison Blanche. Une guerre qui s’est transformée par la suite en une sorte de « nettoyage ethnique » à large échelle! Le problème devient complexe et embarrasse les médias occidentaux « mainstream » qui ne trouvent plus quoi dire devant l’atrocité des images qui viennent de Gaza ! Un horrible carnage qui ne peut être voilé, même après une décennie ou deux, cassant tout espoir de paix au Moyen-Orient !

Tout l’édifice « droits de l’hommiste » occidental est tombé à l’eau : à ce rythme de mystification médiatique et politicienne, plus rien ne garantira ni ne crédibilisera demain une initiative de paix ou même de réconciliation, venant des USA et de ses alliés européens. Le principe de deux Etats, proposé comme solution idoine au conflit par la plupart des pays européens semble battre de l’aile, récusé par la tournure dramatique des événements post-7 octobre 2023.

Autrement dit, même les factions les plus ouvertes à l’option du dialogue du côté palestinien avec l’occupant sioniste, en particulier le mouvement modéré du Fatah, risqueront de basculer du côté de la résistance. En plein cyclone, Netanyahou et son équipe sont sur la corde raide et un enlisement dans un énième conflit ne saurait que les isoler aussi bien à l’intérieur que sur la scène internationale.

Kamal Guerroua

4 Commentaires

  1. Commencez par condamner les terroriste du Hamas et demandez ques otages soient libérés, sans condition. Ensuite, vous aurez le sroit d’accuser Iseaël de génocide, si son armée n’arrête pas la guerre.

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