13 août 2022
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Investir n’est pas « engraisser » mais « muscler » la société

Aymen Benabderrahmane
Aymen Benabderrahmane, un premier ministre sans imagination.

Le pétrole est pour la société ce que le sucre est pour l’organisme. Quand le sucre manque au corps humain, le système immunitaire  va le chercher dans la graisse ou dans les muscles mais jamais dans les os. 

En revanche, un gouvernement qui manque d’argent va le puiser dans les pensions de retraites et des handicapés et non dans les fortunes illicites et les hauts revenus des fonctionnaires de l’Etat. 

Aujourd’hui le « pot de miel » s’est renversé, le patient est dans un coma profond. Le pétrole agit sur la société et sur l’économie comme de la cocaïne. Il provoque une dépendance physique et psychique forte à la fois sur l’Etat, la société et sur l’économie. La solution médicale serait la désintoxication mais cela prendra nécessairement du temps qui fait cruellement défaut d’autant plus que le sujet n’est pas éveillé mais endormi. 

Deux techniques soit l’hypnose soit l’électrochoc. L’hypnose a fait la preuve de son inefficacité. Seul un électrochoc peut le faire sortir de son long sommeil. Un réveil qui peut lui être fatal ou salutaire. Beaucoup de gens pauvres se résignent pour une raison ou une autre et par désespoir de cause se remettent à Dieu. 

Alors que les riches « parvenus » produits par le régime se sentent souvent coupables de leurs richesses sachant qu’ils ne l’ont pas méritées, c’est  pourquoi ils sont pressés de s’en débarrasser soit en le dépensant de manière intempestive, soit en le plaçant à l’étranger de façon anonyme car une fortune acquise honnêtement ne fuit pas le pays et ne craint pas le regard de la société. Ce n’est pas la richesse ou la pauvreté qui posent problème mais l’origine de l’une comme de l’autre. 

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Le problème n’est pas de perdre la partie mais de truquer le jeu. C’est la tricherie qui fait trébucher. On recourt à l’émission de billets (la facilité) au lieu de changer de billet (la difficulté) pour résorber le déficit budgétaire de l’Etat. Le questionnement qui nous semble pertinent est de savoir ; qui a infante ses milliardaires, qui les nourrit et qui les protège ? 

Qui se cachent derrière ces fortunes ? Pourquoi ne se sont-elles pas transformées en capital productifs ? Pourquoi n’ont-elles pas créé d’emplois productifs durables ? Pourquoi se trouvent-elles à l’étranger fuyant le pays qui les a vus naître ? 

Aujourd’hui, le pays a besoin de compétences, de ressources et d’énergie pour survivre dans un monde sans état d’âme et sans boussole naviguant au gré des vents. Un peu partout dans le monde et notamment en Afrique, les dictatures militaires ont perdu toute légitimité et ne s’impliquent plus directement dans le débat politique pour ne pas endosser la responsabilité de la faillite économique et financière de l’Etat. 

Evidemment, on ne guérit pas une plaie en y retournant le couteau comme on ne peut pas la laisser en l’état,  elle risque de gangréner tout le corps d’autant plus qu’il est imprégné de miel. On peut se relever d’un traumatisme certes mais jamais  du royaume des morts. Il est vrai qu’après un traumatisme collectif, causé par deux guerres (guerre de libération et guerre civile) en l’espace de quelques années, plonge chaque algérien dans un état de choc violent. 

Après le choc, on redevient comme un enfant à la recherche d’un père protecteur. C’est la stratégie de choc, elle peut être salutaire comme elle peut être mortelle. Tout dépend de la conviction des leaders et de leurs capacités à mettre en œuvre des réformes structurelles profondes. On peut chercher les responsables sans jamais trouver de solutions. Il n’y a pas de solution individuelle à un problème collectif. 

Une cohésion sociale suppose la mise à nu des difficultés et la volonté d’y faire face sans échappatoire et sans faux fuyant, de façon solidaire en faisant appel à la raison. La survie du patriarcat a très certainement intérêt à encourager le  triomphe de la défaite. Cette mentalité qui consiste à se dire « après moi le déluge » ou « fais-moi vivre aujourd’hui et jette-moi dans l’enfer demain ne peut durer ». Elle condamne nos enfants de façon certaine. C’est dire que la situation est complexe et les causes multifactorielles.

Un conseil d’un enfant rachitique à un père obèse : «Le vélo brûle ta graisse et te fait économiser de l’argent. La voiture brûle de l’argent et te fait grossir. L’un te fait svelte, l’autre te rend diabétique. Ne cherche pas la graisse dans les os tu n’en trouveras point …»

Dr A. Boumezrag

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1 COMMENTAIRE

  1. vos articles sont intéressants pour ceux qui veulent changer l’état d’esprit d’un peuple malade d’orgueil qui refuse de reconnaitre ses erreurs. L’esprit des algérien est gangréné par le désespoir. l’algérien n’a pas plus de tête, il a un ventre à la place et c’est l’économie de pénurie qui a persisté depuis l’ère de Boumediene qui en est l’origine. Le peuple algérien est mort depuis 1962 parce qu’il n’a pas compris que l’indépendance fut un miracle même si De Gaulle en a programmé son ‘échec en bradant la décolonisation . Le clan des mafieux a continué à détruire l’espoir des algériens et ces derniers ont contribué à la situation désastreuse dans laquelle se trouve ce pays maudit depuis le départ du colonisateur

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