20 février 2024
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Juges algériens, indignez-vous !

Magistrats

Je me lève ce matin en homme serein et honnête et je suis brusquement submergé par ma tasse de barbarie quotidienne concernant le pays qui m’a pourtant vu naître.

J’apprends qu’un criminel vient d’être condamné à un emprisonnement d’un an. Il a tué son voisin, volé les caisses de l’Etat, violenté une personne, chapardé quelque chose ou dégradé des biens ?

Non, pas du tout, encore plus grave que cela. Cet homme a eu la monstruosité d’écrire un livre. Il est écrivain, un métier de gangster.

Les charges qui pèsent contre Ali Belhot sont aussi impressionnantes que pour un dangereux terroriste. « Atteinte à la sécurité de l’Etat, » c’est d’une gravité extrême que les juges auraient dû châtier d’une sanction exemplaire.

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Une seule année d’emprisonnement pour atteinte à « la sécurité nationale », franchement c’est clément. Les juges algériens font preuve de beaucoup trop de clémence envers « les terroristes ». Ils sont ainsi coupables de la situation d’insécurité dans le pays.

Il faudra que je lise un jour le manuel de formation de ces juges. J’ai l’impression qu’il ne contient qu’une seule phrase, « Atteinte à la sécurité nationale » On m’avait prévenu que le niveau scolaire algérien était désastreux mais à ce point ?

Messieurs les juges algériens, j’ai dû écrire un nombre incalculable de fois ce titre dans la presse libre algérienne, « Juges algériens, vous avez mon dédain». Mais, aujourd’hui : «Indignez-vous» devant l’innommable arbitraire et la corruption qui rongent le pays.

Je ne connais pas cet écrivain, je ne connais pas ses écrits mais je trouve que les censurer est un acte criminel car il est le contraire absolu de la pensée et de la liberté humaine.

Peut-être ses écrits ne seraient pas à mon goût, peut-être les trouverais-je choquants, vulgaires ou provocateurs. Et alors ? La parole est libre jusqu’aux extrêmes qu’elle est autorisée à aller.

Je me fiche de l’opinion que je pourrais avoir sur son talent ou sur son inexistence. Dès lors qu’il ne franchit pas les limites que l’humanité et les vraies démocraties ont fixées, soit l’apologie de la pédophilie, la diffamation et l’outrage, l’appel au crime et quelques autres limites, cet homme est libre de son expression.

Il en est de même pour les éditeurs qui font un métier digne et honorable pour une majorité d’entre eux.

On s’est trompé de lieu lorsque le SILA a été organisé car celui qui convient est la prison. C’est là où se retrouvent les écrivains et éditeurs libres.

A ce rythme, un jour, ce sont les juges qui seront à la barre des tribunaux. Ils ont failli à leur mission car il y a de plus en plus de crimes contre la sécurité de l’Etat et ils n’ont pas condamné à la hauteur des peines méritées. Un an, vous rendez-vous compte, pour ce crime ?

Juges algériens, que diront demain vos petits-enfants ? L’histoire vous jugera. Réveillez-vous !

 Boumédiene, Sid Lakhdar, enseignant retraité

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