15 avril 2024
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Kamel Daoud et ses ambiguïtés : basta la division !

DEBAT

Kamel Daoud et ses ambiguïtés : basta la division !

Oui ! on peut être Algérien tout en étant bon… Français ou Américain !

Même si la dernière chronique de Kamel Daoud, sur le journal Liberté du 8 avril, vise en premier lieu l’homme de la régression féconde, le texte est jalonné de certaines ambiguïtés qu’il est impossible d’ignorer ! 

Je n’en veux pour exemple que ce parallèle dressé entre le colon d’hier et l’exilé d’aujourd’hui. Je cite « …l’on sait, de règle d’histoire, que pour l’Algérie, il y a à la fois la nostalgie des colons français algériens qui n’ont pas su/pu y vivre et la nostalgie des exilés algériens d’aujourd’hui, qui ont choisi (et ils sont libres) de ne pas y vivre. Les deux sentiments sont parfois de même nature même s’ils n’ont pas le même sens… », le reste de la phrase n’est pas plus affectueux.

La chose que ne semble pas bien avoir assimilé Monsieur Daoud est que l’on ne quitte jamais son pays de gaieté de cœur, même s’il y fait allusion avec sa propre terminologie. Cette raison à elle seule explique bien souvent le fait que l’exilé crie plus fort sa douleur. Car, au poids de la souffrance s’ajoute celui d’un trop plein de désillusions dans le pays d’accueil.

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Je ne vais pas m’étendre sur toute la chronique, cependant je relève toutefois un point positif quand Kamel énonce à notre endroit : « Sachez être de bons citoyens dans le pays d’accueil, vous n’en serez que de meilleurs Algériens ». Merci pour la leçon ! 

Voici ce que nous écrivions, en janvier 2016, quand un tollé général avait été soulevé contre l’article 51 qui prévoyait d’éliminer les Algériens binationaux de l’aspiration aux hautes fonctions de l’état :

Pêle-mêle, mes conditions pour envisager quelconque retour au bercail :

– Moi je rentrerai en Algérie quand hommes, femmes et enfants ne tourneront plus le dos à la mer !

– Moi je rentrerai en Algérie quand la « 3izza oua el karama », la liberté, la justice, la démocratie ne seront plus des slogans creux, mais des refrains consacrés entre citoyens, jeunes ou vieux !

– Moi je rentrerai en Algérie quand l’imam de la mosquée de mon faubourg, situé à 100m de mon p’tit appart, sera à l’écoute de mes problèmes d’insomnie en acceptant sans me traiter de « 3adou Allah »» de diminuer les décibels nocturnes des appels à la prière !

– Moi je rentrerai en Algérie quand me promener, seul ou en famille, de Bab-El-Oued à la rue Tanger, matin, midi ou soir, ne m’exposera plus à quelconque insanité ou danger !

– Moi je rentrerai en Algérie quand les mots courtoisie, politesse, amabilité, civilité seront déclarés synonymes formels de cette paix tombée du ciel tout en la dissociant des prescriptions qui autorisent massacres, tueries et carnages pour des élus autoproclamés !

– Moi je rentrerai en Algérie quand les barreaux fixés aux fenêtres et balcons, et qui donnent à nos immeubles des aspects hideux de prisons sinistres, seront tous arrachés !

– Moi je rentrerai en Algérie quand la propreté des rues et des immeubles deviendront la priorité de tous pour prendre le pas sur la frénésie ambiante de la course aux rak3ates et autres tawarih collectifs !

– Moi je rentrerai en Algérie quand ceux qui la gouvernent arrêteront de sceller de force le destin du citoyen algérien à celui du Soudanais, du Saoudien et de l’Afghan !

– Moi je rentrerai en Algérie quand tout le monde comprendra que si dame nature n’a pas prévu de couvrir les fleurs, c’est pour ne pas laisser périr ses jolies créatures pour le temps qui leur est imparti, et qu’envelopper la femme dans ces bâches disgracieuses que sont le voile intégral et la burqa est un comportement contre-nature et offensant à l’égard des codes de programmation de cette même dame nature.

– Moi je rentrerai en Algérie quand on invitera Enrico Macias, à titre de symbole d’apaisement fort, pour le convier à ouvrir La porte avec « les clés retrouvées ». Ces clés de la maison qui l’a vu naître à Constantine et que sa maman avait gardées pour ne pas laisser mourir l’espoir de revoir un jour sa terre natale !

– Moi je rentrerai en Algérie quand l’objectif de construire et de répartir l’emportera sur celui de réclamer une part de gâteau rétribuée pour services rendus par ceux qui s’estiment propriétaires du pays ! Une telle part ne m’attire pas, je la laisse au clan Bouteflika !

– Moi je rentrerai en Algérie quand le mot éducation ne sera plus synonyme de propagande idéologique inféconde, mais celui d’une dynamique de savoir universel, seul à même de « faire exploser l’économie » et d’initier l’émergence d’un sentiment de citoyenneté puissant et authentique.

En résumé, moi je rentrerai en Algérie quand l’Algérie deviendra un pays normal dirigé par des hommes normaux qui auront à cœur de bâtir un socle solide sur lequel s’appuieront les générations futures pour faire de l’Algérien un citoyen éduqué, en phase avec son temps, au lieu de perpétuer des constantes de la nation factices et anesthésiques.

La diaspora serait bien inspirée de focaliser son énergie pour une lutte collective contre ce pouvoir de petits chenapans en dénonçant l’illégitimité qui se perpétue depuis 1962. Quant à cette constitution illégitime, le moindre souffle de légitimité en haut lieu, avec enthousiasme la balaiera. Ce jour-là, l’article 51, on en reparlera !

Par conséquent, je trouve qu’il est pour le moins surprenant d’objecter des articles de loi qui empêchent toute participation à des postes supérieurs alors que l’on ne se préoccupe pas des textes réducteurs qui empoisonnent le quotidien du citoyen lambda, écrasé par une chape de Hogra et d’incurie, qui ne lui offre guère d’issue de sortie, contrairement à nous qui avons fui. Une élite pour contrecarrer ce pouvoir de chenapans qui a confisqué le pays, oui, mais un élitisme sournois pour lui prêter main forte, non !

Il est peut-être temps que les exilés Algériens apprennent à se vouer corps et âme à leurs pays d’accueil en faisant en sorte que leurs enfants deviennent de bons citoyens du pays qui leur a permis de s’épanouir : être un bon américain n’est pas incompatible avec le fait d’être un bon Algérien, bien au contraire !

Être un bon Français est possible aussi, bien que le roi Hassan II, dans une de ses dernières interviews accordée à la presse française, avait conseillé à la France, en plein débat sur le droit du sol, de ne pas accorder la nationalité française aux Marocains, car disait-il, ils feraient de mauvais français. Comme si la génétique à elle seule déterminait la possibilité d’intégration ou de non-intégration à une société différente de l’originale !? Mais bon, on a bien compris que cela fait partie d’une stratégie de propagande qui se donne comme objectif d’ériger des frontières infranchissables entre les élus des cieux et les damnés de la terre !

Le roi avait tort de raisonner ainsi, car seule une bonne éducation est à même de transformer un être humain en bon citoyen quel que soit le pays où les vagues de la vie le déposent ou celui dans lequel la misère chronique, souvent intellectuelle, a déposé ses aïeuls.

De ce fait, comment peut-on prétendre pouvoir donner plus et mieux à son pays d’origine si on n’a pas été reconnaissant envers son pays nourricier ? Sacré dilemme, lequel rappelle bizarrement celui d’un enfant adopté : de sa famille adoptive ou génétique à laquelle doit-il se reconnaître en premier ? La question ne peut avoir de réponse unique et générale car chaque cas est un cas particulier ! Mais dans le cas de l’article 51, concocté par un pouvoir de garnements auxquels il est impossible de s’identifier, sans la moindre équivoque, Je puis affirmer qu’en eux je ne reconnais nul lien de parenté. Par conséquent je les renie, je les ignore, je les néglige comme ils me renient et me négligent en tant que citoyen lambda depuis 1962 ! Et s’il fallait se rendre auprès d’institutions religieuses pour consommer le divorce en prononçant trois fois talagt talagt talagt à l’endroit du clan Ouyahia-Bouteflika, je le ferais bien volontiers !

De toute évidence, au-delà de ces envolées de renoncement, nous savons bien que les articles 51 et 73 sous-tendent une volonté délibérée de barrer la route du pouvoir aux binationaux des clans opposés afin de leur enlever tout espoir de réclamer leur part d’un gâteau qu’ils se refusent à partager. De ce fait, peut-on se sentir vraiment concerné par ces coups-bas entre membres de la petite famiglia ?

En conclusion, mes chers compatriotes exilés de gré ou de force, participez à la construction de votre pays d’accueil, dans une dynamique universelle qui devient de plus en plus nécessaire pour sauver la planète Terre !

Quant à l’Algérie, votre pays génétique, le pouvoir militaro-FLiN-tox qui l’a confisqué n’a que faire de compétences qui dévoileraient des insuffisances chroniques dissimulées par une agitation incessante et toutes sortes de niaiseries infantiles. Un jour qui sait, cette maffia disparaîtra. Ce jour-là, on en reparlera. Sachant que je ne serai certainement plus là, je confierai à ma progéniture ces éléments d’analyse pour les mettre en garde de ne pas s’aventurer tête baissée pour répondre à l’appel de sirènes factices. Car tant que ces petits maffieux sont aux commandes, il faudra faire preuve de méfiance pour ne pas se laisser entraîner par quelconque accointance. Il faut se rendre à l’évidence que ces gens-là ne fonctionnent pas avec des codes d’honneur, mais avec des codes d’horreur. Une horreur qui a débuté à l’été 1962. Cet été calamiteux dont les artisans sont encore aux commandes 54 années plus tard. Pensez-y, et ne l’oubliez jamais !

Vous avez fait le choix de rester, grand bien vous fasse Monsieur Daoud ! Nous avons fait le choix de partir pour protéger nos lignées ! Grand bien leur fasse ! 

Nous nous accordons au moins sur un point : Nous souhaitons le meilleur pour vous, et vous de même pour nous !

Quelques amis m’ont fait part du fait que la chronique de Kamel Daoud est un appel du pied aux élections législatives, et une façon de cautionner le pouvoir ! Et ça, je ne veux pas y croire ! Même si, dans une chronique précédente que je n’arrive pas à retrouver, Kamel avait fustigé le Hirak !?

Wait and see ! 

En mot de la fin, Jiji me susurre : basta la division ! Il n’y a ni nationaux ni exilés quand il s’agit de combattre l’injustice et contribuer à mettre en place un pouvoir au service de la population !

Auteur
Kacem Madani

 




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