19 juillet 2024
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Khader Adnan, prisonnier palestinien, mort suite à sa grève de la faim

Figure du Djihad islamique, Khader Adnane était en grève de la faim depuis près de trois mois. L’annonce de sa mort a été suivie par des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza vers Israël.

Des roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza vers Israël ce mardi matin 2 mai, suite à la mort en détention d’une figure du Jihad islamique, groupe armé palestinien. Khader Adnan observait une grève de la faim depuis 86 jours. Il devait être jugé en Israël pour « appartenance à un groupe terroriste ». Les autorités israéliennes ne l’ont pas transféré vers un hôpital civil, car lui-même ne le souhaitait pas.

Khader Adnan a « refusé toute assistance ou tout examen médical », indique son épouse. S’est-il volontairement laissé mourir ? Il est en tout cas devenu, à travers sa grève de la faim, le symbole de la résistance palestinienne.

Khader Adnan 45 ans, est le premier détenu palestinien à mourir d’une grève de la faim, indique le Club du prisonnier palestinien, une organisation civile de défense des détenus palestiniens écroués en Israël.

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Pourquoi avait-il entamé cette grève de la faim ? Pour dénoncer ses nombreuses détentions administratives. Cette mesure controversée permet à la justice militaire de l’État hébreu d’incarcérer des suspects sans accusation formelle. Sa durée maximale est de six mois. Mais elle est renouvelable indéfiniment.

L’administration pénitentiaire a choisi délibérément « de le laisser mourir »

Le droit international autorise le recours à la détention administrative, si elle est justifiée par « d’impérieuses raisons de sécurité ». Mais selon Qaddura Fares, président du Club du prisonnier palestinien, contacté par RFI, « les forces d’occupation israéliennes y ont recours de manière totalement abusive ».

Pour l’ONG israélienne Physicians for Human Rights, les droits de Khader Adnan ont été bafoués : une grève de la faim de plus de 80 jours, radicale, sans vitamines, sans suppléments. Cette ONG israélienne a pu rendre visite à Khader Adnan avant sa mort, et a alerté à plusieurs reprises sur la détérioration de son état de santé.Je m’abonne

« Il était très très faible, et perdait conscience, raconte Dana Moss, responsable chez Physicians for Human Rights. Il souffrait de douleurs, il a vomi à plusieurs reprises. Il a même vomi du sang. Il avait des difficultés d’audition à l’oreille gauche. »

Khader Adnan était derrière les barreaux, en attente de son procès pour « appartenance à une organisation terroriste et incitation à la violence ». Mais durant les vingt dernières années, il a été emprisonné une dizaine de fois. Des détentions administratives, décriées, car sans charges et sans accusations formelles. Cette ultime grève de la faim était la cinquième. Il a mené un long combat contre l’occupation, rappelle Dana Moss : « Khader Adnan a mené cette grève de la faim contre un système légal très injuste, et dans un contexte d’occupation à long terme, et un régime d’apartheid. Cela empêche un procès équitable ».

Khader Adnan a certes refusé tout examen médical, mais il n’a jamais refusé d’être réanimé, explique l’ONG israélienne. S’il avait été transféré à temps vers un hôpital civil, il aurait pu être sauvé. Mais l’administration pénitentiaire israélienne a choisi délibérément « de le laisser mourir », conclut Dana Moss.

Dans la foulée de l’annonce de la mort de ce prisonnier, des roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza vers le territoire de l’État hébreu. Elles sont tombées dans des zones inhabitées, indique l’armée israélienne.

Avec RFI/AFP

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