27 janvier 2023
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La dictature, c’est la démocratie de l’ignorance !

Tebboune
Tebboune ou l’incarnation de la gouvernance par la propagande

Dans l’Algérie contemporaine, la participation aux instances supérieures du pouvoir suppose comme condition préalable la participation à la guerre de libération nationale. Les pratiques de cooptation qui prévalaient durant la guerre de libération ont survécu après l’indépendance.

Ces pratiques fonctionnent toujours à tous les niveaux de la pyramide politique et économique du pouvoir. Ce comportement s’explique par la volonté des responsables militaires de trouver chez les élites intellectuelles, la compétence technique ou économique qui leur manque pour la gestion des administrations et des entreprises publiques. Cependant, cette collaboration est astreinte à une seule condition : la soumission des intellectuels à la suprématie politique des dirigeants militaires issus de la guerre de libération nationale.

L’adhésion à l’idéologie populiste et à la soumission aux chefs historiques, sont les conditions nécessaires à l’intégration dans la hiérarchie. Entre, rester en marge ou participer à la nouvelle société, la majorité choisit la seconde solution, au prix d’une mutilation d’ailleurs compensée par les « avantages du pouvoir ».

Les 1000 jours de « aami » Tebboune

Dans le comportement de cette couche au pouvoir, vont être privilégié, les réseaux des relations personnelles, de clientèle et de compagnonnage. De plus, toute position du pouvoir est indissolublement une positon d’enrichissement et des redistributions matérielles par les avantages personnels qu’elle procure.

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L’assistance et le soutien politique des périphéries, autrement dit, la pérennité du statut et de l’autorité des leaders politiques ne dépendent que de la capacité de ces derniers à mettre en circulation et à distribuer une certaine masse de commodités matérielles. Il s’agit d’un système clientéliste fonctionnant sur la base de loyautés qui ne requièrent aucune croyance dans les qualifications personnelles du leader mais sont très étroitement associés à des incitations et à des récompenses.

La concentration entre les mains de la puissance publique de la rente énergétique  et son intervention directe  dans l’activité économique au nom de l’unité et la souveraineté nationale ont permis l’élargissement du secteur public.

Pour se reproduire, le pouvoir est obligé de produire du clientélisme. Le clientélisme occupe une place importante dans les mutations sociales dont l’enjeu principal réside dans le contrôle de l’Etat. Le clientélisme ne peut être viable et notamment rétributif que s’il se greffe sur les structures étatiques. Il perpétue une situation de domination basée sur un accès inégal aux ressources et au pouvoir. Une économie rentière convient parfaitement aux régimes monarchiques et aux dictatures militaires.

Par contre elle est un obstacle infranchissable à l’instauration d’une Etat civil démocratique moderne avec comme appui une économie capitaliste autochtone affranchie du système mondial dominant et des pesanteurs sociologiques du passé immédiat et lointain des sociétés respectives (clanisme, tribalisme, fatalisme). Si la nationalisation des hydrocarbures est une décision salutaire de l’armée, la responsabilité de l’utilisation de ces ressources à des fins stratégiques incombait à l’élite intellectuelle qui en avait la charge. Malheureusement, elle n’a pas été à la hauteur de la confiance placée en elles. Elle ne veut pas le reconnaître. Pourtant, elle ne doit pas ignorer que le pays vit au jour le jour.

Nous sommes sans planification stratégique depuis la fin des années 70 livrant toute une nation aux avatars des chocs et contrechocs pétroliers. Pourtant, ni les instituts, ni les hommes, ni l’argent n’ont manqué. Le résultat est là, « nous naviguons sans boussole et sans gilets de sauvetage sur une mer agitée vers l’Europe du sud, ce miroir aux alouettes, dans une « barque en bois serrés comme des sardines pour finir soit dans le ventre des poissons soit avec un peu de chance en France.

L’Algérie a arraché son indépendance par l’emploi de la ruse elle a raté son développement par manque d’intelligence. Elle n’a pas su coudre la peau du renard avec celle du lion. Les lions retrouveront les leurs, les lionceaux les rejoindront un peu plus tard, les loups envahiront les villes désertés, les moutons apeurés les prendront pour des chiens de garde, le berger a succombé aux délices de la vie moderne et s’est mis à découvrir le monde vantant la qualité de son cheptel à la recherche de nouveaux pâturages.

L’Algérie paie ses erreurs. L’indépendance n’est pas un butin de guerre à partager mais une responsabilité à assumer devant l’histoire. Un peuple qui n’apprend pas de ses erreurs est condamné à les revivre. « La démocratie est la pire des dictatures parce qu’elle est la dictature exercée par le plus grand nombre sur la minorité » Pierre Desproges.

Dr A. Boumezrag

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