23 février 2024
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La main étatunienne : hier le Chili, aujourd’hui l’Iran

Tribune

La main étatunienne : hier le Chili, aujourd’hui l’Iran

Les Etats-Unis ont joué un rôle déterminant dans le coup d’État du 11 septembre 1973 au Chili.

Le coup d’Etat fasciste au Chili le 11 septembre 1973 était aussi un coup de force contre les progressistes du monde et un arrêt à l’influence soviétique en Amérique latine, un défi à l’URSS, à l’image du renoncement par Trump, ce 8 mai 2018, du traité nucléaire avec l’Iran pour contenir l’expansion de la Chine dans la région, faisant fi de traités internationaux pour affaiblir l’Europe jusqu’à la maintenir pratiquement sous son joug.

Donald Trump semble, aux yeux du monde, réactualiser un retour aux méthodes du Ku Klux Klan d’antan, l’équivalent de l’actuel National Riffle Association (NRA) ou de ses équivalents de par le monde, à l’exemple des plus connus par les Algériens cette Organisation de l’armée secrète (OAS) dont la direction était composée des généraux français, des plus étoilés et autres mains rouges (service annexe de la police politique française) qui marquent l’histoire par leurs crimes racistes, à l’image de Tsahal, de Daech et leurs gourous occidentaux, leurs monarques , leurs harka. Si le harki a eu belle presse en France des décennies après les indépendances, ce n’est pas parce qu’il était à leur solde mais parce que la France de la Résistance et des anticolonialistes était, depuis, mise à mal par la droite et l’extrême-droite.

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Le film BlacKkKlansman, présenté à Cannes ce lundi 14 mai, raconte l’histoire du premier officier de police afro-américain qui s’est infiltré dans l’organisation raciste du Ku Klux Klan et réussit à l’empêcher de prendre le contrôle de la ville. Cette fiction est certainement tirée d’un fait réel mais, en caricaturant, je suis tenté de dire que le scénariste a juste inversé une réalité de fait au quotidien pour faire de son film un produit commercial, présentable à Cannes, car la réalité est Trump et ses électeurs que le cinéma hollywoodien n’a cessé de camoufler à ce jour, pour faire croire que le KKK d’hier et le National Riffle Association, la NRI, d’aujourd’hui sont en marge de la société politique, alors qu’ils ont toujours été des maillons forts de l’establishment.

Ceux qui prétendent que Trump n’est qu’un électron libre oublient que tout ce qu’il décide est inscrit dans son programme électoral et a parfois même l’aval du Congrès comme l’exécution du transfert de l’ambassade étatsunienne à Beyt El-Qods. Pour plaire à Netanyahou, le président étatsunien coïncide le transfert avec le soixante-dixième anniversaire de la création d’Israël qui est aussi celui de la Nakba, la débâcle des anticolonialistes de la région, qui avait pour conséquence immédiate l’expulsion de tout un pan du peuple de sa terre.

Trump et ses électeurs ne sont rien d’autres que les représentants de la politique des Etats-Unis, pourvue des deux volets classiques. Si celle de l’intérieur est obligée de prendre compte du rapport de force, tout en étant pragmatique, celle de l’extérieur a, par contre, une constante dans la lutte sans merci à toute force étrangère qui pourrait être en mesure de lui ravir la suprématie politique dans le monde. Sa démocratie et son anticommunisme étaient des masques appropriés pour faire tomber l’URSS. En utilisant la légitimité de son rôle de première puissance, elle tente d’affaiblir l’Europe en lui dictant sa loi, à commencer par celle qui régit le commerce. Sa constante n’est pas seulement de briser toute alternative au capitalisme mais aussi de baisser le caquet à tout autre leadership que le sien.

Le Mouvement de la paix et le Mouvement de libération national laissaient entrevoir une évolution de la justice dans le monde malgré la guerre froide, mais ils n’ont été que de courte durée. C’était la période où les étasuniens et leurs acolytes français, britanniques, allemands semblaient respecter les lois internationales, en prônant la démocratie bourgeoise dans le monde. On s’aperçoit vite que cette démocratie était maniée comme une arme de guerre braquée sur l’alternative au capitalisme. Elle était une arme de propagande efficace jusqu’à faire croire que la propagande était du ressort exclusif des communistes et des pays socialistes. Le premier acte assumant la droitisation franche de l’establishment et qui a fait tomber les masques était l’assassinat du président chilien Salvador Allende, qui avait été élu démocratiquement en novembre 1970. La Maison-Blanche va jusqu’à utiliser le général fasciste Augusto Pinochet pour bombarder le palais présidentiel et tuer le dirigeant socialiste, le président Salvador Allende qui résistait les armes à la main, le 11 septembre 1973.

La preuve était faite que le pouvoir étasunien n’était démocratique que par tactique. Ce n’était pas l’avis de tout le monde comme aujourd’hui. Ce n’est, certes, pas une raison de continuer à se mentir et à s’offusquer des attitudes de Trump et ignorer l’histoire pourtant récente. Leur démocratie faisait office de carotte. Cette carotte semble avoir été digérée par plusieurs pays dont les pays de l’Est et les pays arabes qui ont reconnu Israël. Le renoncement au traité nucléaire avec l’Iran est un nouveau défi lancé à l’Europe qui a la même envergure que celui lancé à l’URSS et à toutes les forces progressistes du monde par l’assassinat du dirigeant socialiste chilien Salvador Allende le 11 septembre 1973.

Auteur
Saadeddine Kouidri

 




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