3 décembre 2022
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La réalité de Tebboune contre l’illusionnisme politique des clans

OPINION

La réalité de Tebboune contre l’illusionnisme politique des clans

Pour justifier le titre de ce texte je me réfère à un passage du document doctrine et information générale de Guy François « Le désordre renvoie à un imaginaire négatif: la division, l’incohérence, la désorganisation, l’erreur, la corruption, l’instabilité, l’incertitude, l’obsolescence… Dans chaque organisation – administration, entreprise, institution – on découvre un taux élevé de désordre, ou apparent, ou dissimulé, caché, souterrain, par suite inconnu: mais on préfère l’ignorer, puisque par construction une institution, une administration correspond à un certain ordre, il y a des règles, une hiérarchie, une police pour les faire respecter, des sanctions, des récompenses. »

Dans ma carrière d’éducateur, j’ai toujours conseillé à mes élèves qu’il est dangereux d’écrire sur ce qu’ils ne connaissent pas et de commenter ce qu’ils ne comprennent pas. Sous le même angle, Montaigne nous avertit : Qui ne dirait que les gloses (commentaires) augmentent les doutes et l’ignorance, puisqu’il ne se voit aucun livre, soit humain, soit divin, auquel le monde s’embesogne, dont l’interprétation fasse tarir la difficulté ? Le centième commentaire le renvoie à son suivant, plus épineux et plus scabreux que le premier ne l’avait.

L’écran de monsieur critique ou monsieur commentaire dans les réseaux sociaux est confortable disait un de mes étudiants. Il est plus facile de se cacher derrière un pseudonyme et semer le doute et les mensonges que sous un nom réel. Monsieur critique et monsieur commentaire sont payés pour semer le flou et l’incertitude sous forme de fake news. A titre d’exemple, le journal Maroc diplomatique, spécialiste dans les fake news, nous informe que ses valets dans le Parti (PT) ont tiré la sonnette d’alarme sur “l’explosion de la misère” en Algérie … drôle de mensonges et galéjades. Je me demande pourquoi ces valets ne nous ont jamais parlé de la misère noire déguisée en tourisme sexuel. Un tourisme réservé exclusivement aux vieux européens de Marrakech. Ce commerce est halal chez le délégué d’Allah au Maroc puisque le dollar de ce business n’a pas d’odeur.

Evitons, dans nos conversations, toute observation critique car il est plus facile de blesser les gens que de les corriger. Essayons de nous unir pour construire une nation respectée dans le monde et éliminons de notre discours politique les paroles inutiles qui mènent à comparer le riz chinois aux fleurs australiennes. Pour illustrer cette idée je me sers d’une anecdote rapportée par l’anthropologue Radcliffe-Brown. Un habitant du Queensland rencontre un Chinois qui portait un bol de riz cuit sur la tombe de son frère.

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L’Australien, en plaisantant, lui demanda s’il pensait que son frère viendrait le manger. Le Chinois répondit : Non, nous offrons du riz aux morts pour exprimer notre amitié et notre affection. Mais, d’après votre question, je suppose que, en Australie, vous mettez des fleurs sur la tombe d’un mort parce que vous croyez qu’il aimera les regarder et sentir leur parfum. A chacun peuple ses coutumes, à chaque peuple ses croyances comme à chaque peuple les modèles de gestionnaire qu’il mérite!

Nous avons appris dans les cours de management que dans toute institution, dans le monde ou chez nous, la fonction d’un gestionnaire dirigeant comme d’un gestionnaire intermédiaire ne consiste pas uniquement à fixer des objectifs, coordonner le travail et à contrôler l’accomplissement. Un gestionnaire doit avant toute chose gérer des individus. Il doit influencer leur comportement. En plus simple, l’efficacité de gestion dépend de capacité du manager à comprendre le comportement des individus sous son autorité et à interpréter leurs expressions. La liberté des idées et la diversité des opinions sont nécessaires pour arriver à de bons résultats. On n’enseigne pas ce qu’on connait, on enseigne ce qu’on est ! Disait un éminent professeur. Cela nous mène à une réalité amère : la personnalité d’un subalterne est une copie de la personnalité de son chef. Tel chef tel son subalterne !

Un bon manager sait que les techniques de motivation sont différents d’un employé à un autre. Un tel a besoin d’une gratitude, un autre est sensible à une récompense financière. Un troisième se tue pour décrocher d’une promotion, alors qu’un quatrième se mobilise durant toute une vie pour finir sa vie en cadre intègre.

L’exercice de management nous enseigne que pour faire améliorer la vie d’un employé, pour l’aider à accomplir ses objectifs, il faut le motiver. Sans motivation l’employé stagne et fini par devenir un fardeau pour l’administration. Son boulot se limite à rouler les pouces à longueur de journée. Il chate dans les milieux sociaux pour passer son temps et fait tout pour ne pas travailler. Rouler les pouces, converser au téléphone et raconter des anecdotes fait partie de son travail administratif quotidien. J’ai demandé à un de mes étudiants de me m’expliquer pourquoi notre administration n’est pas efficace. Il me répond : tant que tous les employés touchent le même salaire la fin du mois, il est impossible de parler d’une bonne administration. Il continue, il y a plusieurs techniques pour améliorer l’atmosphère de travail dans une administration comme il y a plusieurs méthodes d’épuiser des employés et de créer un milieu de travail pourri. La récompense et la punition sont sans doute des meilleurs moyens d’y arriver.

Les sciences modernes (entropie, chaos et complexité) partent du rejet d’un concept mathématique poli, démythifiant et simpliste pour essayer de modéliser et voir la réalité complexe et rugueuse telle que nous la percevons. Toute chose qui s’oppose à la réalité n’est autre que du néant ou de l’illusionnisme. Nous avons vécu plus de trente ans dans l’illusion, l’erreur et le désordre politique. Personne ne peut nier que durant l’époque de l’illusionnisme et du désordre certains monstres sont devenus milliardaires en un lapse de temps. En plus clair, l’illusionnisme politique nous a produit des monstres sans conscience et sans foi. Il est temps de faire face à cette réalité. Notre potentiel en forces honnêtes, intègres et compétentes existe. Il suffit d’avoir le courage de lui donner la chance et la confidence de gérer. Le discours de président Tebboune à clarifier le rôle de ces forces honnêtes qui reflète le bon gestionnaire.

J’ai suivi avec attention le discours du président Tebboune concernant les réformes à entreprendre. Ce discours était plein de bon sens et de logique. La sincérité dans ce discours montrait la réalité telle que nous la percevons. Une réalité rugueuse et amère. Une réalité dépourvue de tout maquillage et esthétique trompeur. Ses réflexions et ses analyses, précises, franches et implacables allaient droit au but. Le discours du président portait [OC1] autant sur l’Algérie que sur les pays voisins ou même africains. Ce discours a permis aux citoyens conscients de mieux saisir ce que nous vivons actuellement.

Le message du président est clair et nous oblige de nous préparer aux situations difficiles qui ne permettent aucune d’erreur de calcul dans la vision de demain. Le président a précisé qu’on ne peut pas bâtir un état fort et moderne sur les mensonges et a annoncé plusieurs décisions à caractère socioéconomique, dont le renforcement de l’arsenal juridique de lutte contre la corruption, tout en s’engageant à défendre les cadres responsables et intègres. Certes, la bataille contre la corruption est obligatoire. Mais encore faut-il connaitre contre qui la mener. Il faut avoir une bonne stratégie pour bien localiser où se trouve l’argent pillé et laisser la justice jouer son rôle. Les gens intelligents ne s’attaquent pas à des moulins, à la manière de Don Quichotte et font très attention aux gens malhonnêtes qui veulent se venger politiquement contre des idées gênantes. Le fait que le président parle des lettres anonymes démontre qu’il est conscient des batailles de vengeance au sein des clans politiques. Cette tâche n’est pas facile. Elle demande la participation de tout le peuple.

Le Président Tebboune a insisté sur la nécessité de mobiliser toutes les volontés clairvoyantes des changements dans le monde pour mener l’économie nationale à bon port, à travers la création d’emplois, le renforcement de la production nationale, la transformation du produit national et la création de richesse. En plus simple, le président a touché aux souhaits des citoyens.

Pour arriver à une Algérie nouvelle nous devons croire aux nouvelles idées et cesser de critiquer sans preuve de connaissance et de savoir.

En conclusion : Serrons nos rangs et unissons-nous pour construire la nouvelle Algérie et faisons attentions aux conseils de Jean Dutourd : Le progrès matériel doit être lent, comme l’évolution des espèces. Sinon il produit des monstres. Nous avons tous connu ces monstres qui ont dilapidé les deniers publics, accéléré la corruption dans la gestion des marchés publics. Ils se prenaient pour des dieux et se croyaient plus hauts que les lois et la justice de l’Etat ! Aujourd’hui, ils sont dans le néant et l’oubliette.

Auteur
Dr Omar Chaalal

 




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