27 janvier 2023
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La voiture, un luxe inaccessible en Algérie

Automobile

Voici la grave et sérieuse question qui est sur toutes les lèvres des Algériens. Autant ceux qui vivent au cœur même du pays que ceux qui vivent sous les cieux de pays étrangers: Pourquoi nos dirigeants se refusent-ils d’importer des véhicules en quantité suffisante ?

Pourquoi les autorités s’ingénient à refuser à la diaspora de rentrer, chacun avec un véhicule, et de le vendre à un prix raisonnable; de retirer cette contrainte, purement administrative et insensée,  de l’âge, de 3 ans, du véhicule pour la repousser à 8 voir à 10 ans.

La vérité amère à dire c’est qu’actuellement, un véhicule « tacot » un ORNI dit-on (objet roulant non identifié) de 20 ans d’âge, coûterait, en Algérie, pas moins de 150 millions de centimes…
Qui dit mieux ? À ce prix et dans un état général, très usé et rouillé, personne n’aura le plaisir de l’acheter. Et si par malheur on venait à en être tenté on ne pourra pas disposer d’une telle somme d’argent pour l’acheter.
L’Algérie compte aujourd’hui 6,6 millions d’automobiles, toutes marques et types confondus, dont 63% sont des véhicules de tourisme. Ce nombre est  très insuffisant au regard d’abord de l’importance de notre population « 46 millions d’habitants, soit 11 millions de ménages » et ensuite de la grandeur de notre territoire continent, beaucoup plus de 2 millions de kilomètres carrés.
Notre pays ne peut pas faire exception à la règle. Un véhicule n’est pas un produit de luxe; il est une nécessité absolue pour satisfaire mille et un besoin, à commencer par aider au développement économique et social de l’Algérie en plus d’épanouir la société.
L’Algérie court un véritable danger à vouloir occulter ce secteur de l’automobile, alors qu’il est aussi prioritaire que celui de la santé ou de l’habitat. D’autant plus que pas moins de 57% des véhicules en circulation dépassent 15 années d’âge et que près de 50% de tout le parc algérien, sont concentrés dans seulement 5 wilayas «Alger, Blida, Oran, Constantine et Tizi-Ouzou).
Il y a aussi cette complexité à mettre à la disposition des automobilistes toute une multitude et panoplie de pièces de rechange. Pas moins d’une cinquantaine de marques d’automobiles défilent chaque jour sur nos routes. Depuis Peugeot, Renault, Citroën, Fiat, Honda passant par Hyundai, Toyota, Mercedes, Volkswagen…  jusqu’au Jeep Grand Cherokee, Mitsubishi, Porsche etc. ».
Rappelons-nous que l’importation de véhicules neufs a été suspendue en 2017 pour forcer les nombreux concessionnaires et les quelques constructeurs automobiles, de l’époque, à s’engager dans l’assemblage de voitures.
Malheureusement le gain facile a pris le dessus sur la vraie politique de montage; ce qui a poussé les hauts responsables de ce secteur à tout abandonner et a reculer pour mieux sauter.
Hélas cet abandon a trop duré et aucun algérien depuis n’est arrivé à décoder ou à comprendre ce silence, cette surdité et ce désintérêt des autorités aux cris de détresse de la population, quant à ce déficit gravissime de véhicules de tourisme.
Pour finir sur une note humoristique et dramatique en même temps, je dirai qu’il est temps pour nous autres citoyens Lambda, d’opter pour l’une ou l’autre des deux solutions suivantes:
1 – Soit de demeurer patients et d’attendre l’arrivée, en 2035, des voitures volantes; et ce jour là nous serions tous servis. Chacun de nous aura la possibilité d’accéder à un véritable véhicule à la mode et de haute technologie.
2 – Soit de tout oublier et de revenir vite, comme lors du bon vieux temps, à notre cher baudet, l’âne si doux; surtout que nous pouvons le charger et le monter comme nous le voulons; et pour les plus aisés,  au cheval, au mulet et pourquoi pas au chameau.
Entretemps et en attendant de bonnes nouvelles, continuons à pousser avec nos favoris « tacots ferraille » de 15 ans et plus; puisqu’ils roulent encore bien qu’ils fument beaucoup et surtout qu’ils se vendent facilement au prix du neuf, au marché de Tidjellabine.
Hsen Moussi, économiste au Canada.
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