28 septembre 2022
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L’Algérie retient son souffle

REGARD

L’Algérie retient son souffle

Alors que le pétrole plonge sous les 50 dollars sur les marchés, l’Algérie est en apnée. Suspendue à la voix inaudible d’un président qui se fait terriblement absent.

C’est décidément dans une inqualifiable paralysie que les Algériens attendent. Quoi ? Que le président abdique ? Comme le suggèrent certaines analyses qui ne croient pas à un 5e mandat. Peu sûr car il ne faut pas croire que ceux qui ont profité de 20 ans de bouteflikisme vont rendre les clés de la maison Algérie. C’est mal connaître le système mis en place par le président Bouteflika en personne du temps de sa superbe.

Aussi aphone et inaudible qu’il puisse être, le président garde manifestement toute sa capacité d’influence. La preuve ? Tous ces ministres et walis qui ânonnent son nom à n’importe quelle inauguration. Comme pour faire accroire aux derniers crédules que Bouteflika voit tout et décide de tout… même de la moindre pose de pierre pour la construction d’une clinique dans le dernier coin recule du pays.

N’était la gravité de la situation, on se serait bien marré du ridicule de ces déclarations lénifiantes qui prêtent aux allégeances en cours dans les monarchies qu’à une république digne de nom.

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Pendant que les jeunes Algériens risquent leur vie à bord d’improbables barques pour traverser la Méditerranée, la poignée d’hommes qui décide fourbit d’improbables agendas pour faire croire au fonctionnement normal des institutions. Les pronostics sont ouverts : entre la candidature de l’impayable Ahmed Ouyahia et le report de la présidentielle avec l’organisation d’une conférence nationale, il y a comme un grand écart. C’est là l’une des inconséquences des courtisans : on ne peut louer le bilan de Bouteflika et appeler aujourd’hui à une conférence nationale. Car si l’Algérie est dans l’impasse c’est justement parce que Bouteflika s’est employé à l’y enfoncer. Mais ce n’est pas la première inconséquence.

Ainsi au lieu justement de rapprocher cette échéance électorale, parce que le président est dans l’incapacité de diriger le pays, ne voilà-t-il pas que les partis proches du clan au pouvoir en appellent à son report. C’est dire que le pouvoir et sa garde-rapprochée politique ne font rien comme les autres.

En l’absence d’un contrepouvoir puissant, il faut bien avouer que tout cela n’est que simples ombres chinoises pour analystes inspirés. Les jeux ne sont connus que par un cercle bien hermétique qui entoure les Bouteflika.

Roublard, le pouvoir entretient la paralysie et cette irrespirable atmosphère de non-dits. De temps à autre pour faire semblant que des décisions vont tomber, il agit par des ballons-sondes. Des signaux intermittents relayés par une certaine presse qui lui est acquise. Tout est dans l’esquive, le bluff pour déstabiliser les plus clairvoyants. Aujourd’hui comme en 2014 le scénario est presque le même, quand nombre de sérieux journalistes décryptaient à coup d’arguments que Bouteflika n’allait pas briguer un 4e mandat. Pourtant il l’a fait. Ils ont oublié que le système Bouteflika ne répond à aucune clé d’analyse hormis celle d’une monarchisation du pays.

Auteur
Yacine K.

 




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