6 octobre 2022
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Présidentielle 2019: les Algériens perdus entre les thèses et les hypothèses !

DECRYPTAGE

Présidentielle 2019: les Algériens perdus entre les thèses et les hypothèses !

L’ombre de Bouteflika hante la présidentielle.

L’élection présidentielle prévue pour avril prochain suscite moult interrogations, quant à sa tenue et aux conditions de son organisation ainsi que l’architecture autour de laquelle elle s’articulera.

Elle se présente du moins déroutante, pas par rapport à son issue, mais par rapport à la confusion et le cafouillage qui règnent en absence d’une parole officielle pour infirmer ou confirmer la candidature de Bouteflika pour le 5ème mandat et pour exprimer les intentions du régime. Les rares informations ou indications qui apparaissent ici et là sont distillées sous formes d’énigmes et de rhétoriques. À court d’informations crédibles, chaque média va de sa lecture, interprétation et jusqu’à lire, pour certains journalistes, dans le marc du café.   

Les Algériens ne savent plus où mettre la tête ! Perdus entre les thèses, les antithèses et les hypothèses.

Il y a d’abord cette idée du report de l’élection tout en prolongeant le 4ème mandat de Bouteflika par l’introduction d’un aménagement constitutionnel. Une thèse qui est servie et vendue dans un emballage d’hypothétique transition sous le contrôle du régime.

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Ne se basant sur aucun fait tangible ou sur une déclaration étayant la proposition, les auteurs de cette thèse croient seulement avoir lu sur les lèvres d’Ouyahia cette volonté en allant jusqu’à imputer à Amara Benyounes, dont le parti fait partie de l’alliance présidentielle, des intentions d’ouverture vers l’opposition et de constituer un clan avec le premier ministre. Et Amar Ghoul, président de TAJ, qui se serait affranchi pour pouvoir faire des propositions dans ce sens en direction de tous les partis, dont celui d’Ali Benflis. Et pour preuve, argue l’ancien ministre de Bouteflika, le chef du parti Talaa Al Houriyat est invité au congrès de son parti. Il rassure à cet effet que ses propositions ne sont ni exclusives ni en contradiction avec celles des autres. Par les autres, il voulait dire celles de son frère ennemi, Abderrazek Makri, chef du MSP, l’homme à partir de qui tout a commencé. Ce dernier aurait fait le tour et le porte à porte avec ses propositions « de sortie de crise », à la rescousse du régime, en prétendant même avoir été reçu en haut lieu et l’on ne voyait pas d’un mauvais œil son initiative.

Cette affirmation n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd pour faire réagir par irritation ou par compétition « congénitale » Amar Ghoul, qui a à son tour lancé « son propre initiative ».  

Pendant que ces tocards jouent à amuser la galerie, le plus sérieux mouvement Mouwatana, pensant dénicher le stratagème, saisit en envol la spéculation pour pondre une déclaration dénonçant la prolongation du 4ème mandat.

L’autre thèse qui consiste à dire l’introduction du poste de vice-président en passant par une révision constitutionnelle a été évoquée hier lundi par un politologue s’exprimant sur Liberté arabe en ligne. Il n’a pas par ailleurs écarté à cet effet que la « succession se fasse dans la famille Bouteflika ». Cette éventualité a été largement développée ici, sur Le Matin d’Algérie le 27 octobre dernier dans l’article, « Coup de force de Said Bouteflika » : un petit aménagement constitutionnel permettant à l’aîné d’exaucer son souhait, celui de mourir sur le trône, en briguant un 5ème mandat « co-listé » par son frère en tant que vice-président. Il est le mieux placé puisqu’il dirige du moins depuis 2013 le pays par délégation non-écrite.   

La donne d’un deuxième fer au feu, dans ce même plan, pour parer aux réticences quant à la transmission dans la famille n’est pas à exclure.

Le nouveau président de l’Assemblée nationale, Mouad Bouchareb, est dans ce sens le mieux indiqué pour jouer le rôle de Said Bouteflika, comme vice-président.

Il a connu en l’espace de trois mois une ascension fulgurante, favorisée également par la jeunesse de l’âge, celle qui manquait cruellement au sein du clan. C’est aussi une manière de faire comme dans l’air du temps, à la manière de Macron, du neuf à la vitrine pour éclipser le vieux du regard.  

Se prenant très au sérieux dans son nouveau rôle, Mouad Bouchareb s’est vêtu déjà du costume en adoptant la même rhétorique du discours et en se voulant même à la manière du Khalife Abou Bakr Esseddik, qui annonçait le décès du prophète Mohamed. «Bouteflika a exhorté dieu à la manière d’Abraham afin de bénir le peuple algérien », a lancé il y a trois jours dans meeting.  

Enfin, quelles que soient les thèses et les hypothèses, et on ne le dira pas assez, Abdelaziz Bouteflika est Président à vie. Il y a un consensus général autour de cette option. Nul clan ne lui dispute cette position de monarque. Et son successeur ne pourrait être issu que de la famille, à la manière de la Camorra, celui qui assurera le mieux les intérêts du clan et bénéficiera de la bénédiction américaine et française.

Aussi, il n’y a que le peuple qui pourra changer le cours de l’histoire…

Auteur
Youcef Rezzoug

 




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