3 octobre 2022
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L’ambassade du Canada à Alger menace les fraudeurs

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Un communiqué de l’Ambassade du Canada en Algérie via sa page Facebook (30/8/2022) traite, dans un ton inhabituel du langage d’une institution diplomatique, de la fraude et que « les personnes qui se permettent de délivrer de faux documents ou renseignements aux agents de l’immigration » devront subir «de graves conséquences ».

Entre un texte d’avertissement et celui d’une menace, les lecteurs de ce communiqué se demandaient s’il est adressé bien aux Algériens ou à des autochtones du « Kanada ».

Sur ce même document, nous pouvons lire une morale qui s’adresse en un ton loin de toute convenance diplomatique que « Si vous mentez dans une demande ou au cours d’une entrevue avec un agent de l’IROC, vous commettez aussi un acte de fraude ». Là, nous sommes bien loin et à des siècles-lumières de La Bruyère afin de saisir, que ce style puisse réellement refléter une noble institution diplomatique du plus grand territoire de Sa Majesté.

Fraude de quoi ? Par qui ? Et dans quel type de situation a eu cette fraude ? Le texte s’élance dans un mur de silence qui ne dit pas son nom et bien emplis de bizarreries langagières. Les rédacteurs de ce communiqué ont oubliés certainement que s’ils s’adressent aux Algériens, ces derniers ne connaissent du « Kanada » que la province du Québec.

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Pourtant, il est question de l’IROC comme seul indice présent dans le texte. C’est un organisme chargé de la réglementation du commerce des valeurs mobilières qui intéresserait peux les jeunes Algériens en situation d’immigration vers ce pays ou sur place pour des études dans cette immensité bien glaciale.

Plus surprenant encore est la question des « fraudes » sur des documents ou informations transmises au service de l’immigration canadien. C’est bien cette organisme qui accueil aux l’aéroports,  les millions de visiteurs de ce pays avec des « agents » sorties tout droit  d’un film sur la Seconde guerre impérialiste mondiale et vérifiant le questionnaire que chaque voyageur doit remplir avant sa décente d’avion. Ledit formulaire est digne d’une « approbation à la visite » d’un immense camp de concentration d’une Pologne meurtrie durant l’extermination nazie.

Au-delà des méfaits de langage, puisque la langue de Cyrano de Bergerac est en net recul face à celle des esclavagistes britanniques et autres McKenzie. De 2016 à 2021, le nombre de Canadiens dont le français est la première langue officielle est passé de 7,7  à 7,8 millions de personnes, une croissance de 1,6 % sur cinq ans. En 2016, ils étaient 22,2 % pour s’amoindrir en 2021 à 21,4 %, ce qui dénote une réelle perte du Larousse de la bienséance et de la retenue langagière dans la communication sociale du « Kanada ».

Si le texte mondialement diffusé, évoque les questions de fraudes et autres fausses déclarations vis-à-vis de l’IROC, il est bien utile de ce pencher sur les non-dits du « communiqué ». C’est sur le site du Centre antifraude du Canada que tout est presque dit. D’un simple SMS aux documents officiels touchant un héritage familiale ou une activité économique d’entreprise. Mais, nous pouvons surtout lire que ce beau pays de « bucherons» a perdu quelque 285,75 millions de dollars liés à des activités frauduleuses le touchant en plein fouet, et ce par rapport à l’année dernière où le montant était de 381 millions de dollars.

Au seul mois d’aout passé, le « Kanada » a enregistré un peu plus d’un million de dollars de pertes dû a « des activités frauduleuses » de tout genre. Ce que les rédacteurs du texte ne voulaient certainement pas laisser transparaitre.

Un tel contenu et à l’adresse des Algériens, lancé par une institution d’Etat étranger à l’encontre des citoyens du pays hôte devrait faire mouche pour une indécente dérive éthique envers le sentiment culturel et l’histoire d’une nation qui a subit de la part de ce pays d’impudente affaires de mal versassions et de détournements de capitaux durant les décennies du Chadlisme et celles du régime de Bouteflika. Il n’est certainement pas nécessaire de rappeler que ce même pays avait bénéficié dès 1910, d’un large traitement commercial de la part de la France coloniale qui lui vendait des produits Algériens sous le label de « produit en France ». Et ce n’est certainement pas un fait du pur hasard, si ce texte émane d’une institution diplomatique qui côtoie le  mur de la très « sulfureuse » SNC-Lavalin-Algérie qui a défié les chroniques judiciaires dans le pays et de part le monde pour des projets bien accablants. Du mandat d’arrêt international lancé par l’Algérie depuis 2013 à l’encontre de Farid Bejaoui aux dossiers italiens et asiatiques de malversations et autres dépassements financiers. C’est bien dans ce pays que plus de 151 millions de dollars ont été transférés frauduleusement d’Algérie en 2015, suivi de 68 millions en 2016 et de 78,6 autres millions en 2017 et ce jusqu’à 2019.

Bien que de l’ordre de la morale d’Etat, le texte tel qu’il se présente occulte un tout autre visage du territoire de Sa Majesté. Le Canada est le pays où les salaires sont impayés, où les conditions de vie pour les migrants bien dangereuses et où les entreprises passent au-dessus des candidats à l’emploi. Un pays où 1 Canadien sur 7, a entre 55 et 64 ans, un nombre élevée d’entre eux s’approchent de l’âge de la retraite et un taux qui s’aggrave par la baisse du taux de la natalité depuis 1971.

Abandonner par la France au détriment de l’Angleterre lors  du traité d’Aix-La-Chapelle en 1748, cet ancien « grand jardin de Louis XV » est aujourd’hui soumis à une fulgurante croissance envers la main-d’œuvre étrangère temporaire, développée par le programme TET (Travailleurs Etrangers Temporaires), un projet qui tente de contenir le vide de l’emplois dans les secteurs cuisiniers et ceux des superviseurs alimentaires de la restauration rapides (MacDo, KFC, etc.)

Au mois de mars dernier, le Canada a atteint un niveau recors de « postes vacants » de travail : 1 millions. A l’heure actuelle, on y quitte le marché du travail plus qu’en y rentre. Cette crise prononcée des postes vacants, touche ce qui est vulgairement appelé l’économie des soins, à savoir les emplois dans les secteurs de l’enseignement, les soins aux personnes âgées, la garde des enfants et le secteur des soins de santé. Au seul premier trimestre 2022, le secteur de la construction demandait quant à lui quelques 81500 postes disponibles.

Peut-on parler encore d’éthique économique lorsque l’on relève dans la presse canadienne spécialisée que le plus grand producteur de cerises dans la province de la Colombie-Britannique, Jealous Fruits Ltd a autorisé à lui seul quelque 640 postes pour des emplois temporaires, une sorte de khammès à la canadienne, puisque le domaine agricole de ce pays emplois, au seul dernier trimestre, 20 592 travailleurs temporaires. Un programme bien « éthique » qu’est ce TET afin de remédier au manque de main-d’œuvre dans l’ensemble du territoire de Sa Majesté. Cette dernière, continue à récolter pour son compte, une taxe royale sur l’ensemble des produits achetés, fabriqués, consommés et autres, puisque chaque Canadien est bien un « Sujet » de la reine et de ses descendants.

Selon le cabinet d’avocats d’immigration au Canada et à travers son bulletin électronique, CIC News, le ministère fédéral canadien de l’Immigration (IRCC) prend des retards dans le traitement des dossiers des demandeurs de visas  de travail auprès d’entreprises et d’établissements universitaires qui recrutent des « talents internationaux » dans divers domaines et spécialités.

Entre juin et juillet 2022, le ministère en question et après enquête menée en juin par un organisme s’intéressant aux questions de mobilité de la main-d’œuvre, le Canadian Employee Relocation Council (CERC) auprès d’employeurs qui embauchent  97 % des «talents internationaux » et faisant travailler entre 2000 et 10000 travailleurs.

Ces talents contribuent énormément au développement des entreprises canadiennes, qui se retrouve ralenti par les retards  de traitement au niveau de l’IRCC qui produisent un impact négatif touchant les 97 % des opérateurs pour les prochaines années. Aujourd’hui, environ 94 % de ces organismes économiques ont annulé ou retardé des dossiers.

Les retards entrainent des pertes de revenus et cela ont touché 55 % des organismes. Pire encore, le monde universitaire, de la recherche et du développement technologique qui signale que 29 % du secteur été obligé d’annuler ou de reporter des programmes d’enseignement, ainsi que des retards dans les projets de recherche.

A partir de ces données totalement canadiennes, on est en droit de s’interroger sur l’intérêt d’un tel « communiqué » en direction d’un pays dont sa brillante jeunesse et ses cadres les plus aguerris ont nourris depuis 1995, le savoir-faire d’un pays qui venait tout juste, en 1962, de sortir de l’emprise d’une Eglise rétrograde qui décidait encore, du sexe que devaient mettre au monde les mères canadiennes.

Mohamed-Karim Assouane, Universitaire

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11 Commentaires

  1. « Si vous mentez dans une demande ou au cours d’une entrevue avec un agent de l’IROC, vous commettez aussi un acte de fraude ». 

    Quand j’étais au collège de Guezgata , j’avais un professeur de géographie, Monsieur Amellal. Quand on faisait une interrogation il nous menaçait ainsi : Allez maintenant que le plus malinb parmi vous essaie de copier si c’est un homme . Quand il surprenait quelqu’un il lui filait une gifle qui faisait trembler les murs de la classe.

    Comme moua je n’ai fait que l’école buissonnière de Guezgata je n’ai rien vu dans cette phrase de surprenant. Beaucoup de documents à signer comportent ce genre d’avertissements qu’ils ne faut pas prendre autrement. Chez nous à Guezgata tous les documents administratifs nécessitant une signature comporte la mention : je jure ahqarbi que je n’ai pas menti. Sans qu’on ait trouvé cela insultant.

    Cependant je pense que les autorités canadiennes auraient pu le dire avec humour. Ainsi par exemple : «  si vous réussissez à mentir dans vos déclarations vous obtiendrez votre visa  et un billet en première classe».

  2. Au lieu de s’atteler à recoudre le derrière du pantalon, ça continue à tisser la grossière ficelle.
    La droiture, la correction ça vous parle ?
    Lamentablement débile.

  3. Mais quel acharnement! Universitaire?
    Waw! Comme si les petits anges Algériens sont accusés à tort « masakit », oui oui les pauvres agneaux qui ne disent la vérité rien que la vérité je le jure.

    Un Algérien en chaire et en os devant moi, j’ai déjà des doutes, alors la! lui donner la chance d’écrire son histoire. Hoooo! Cha3b Al 3adim.
    Ahya adin uqavac! 1962 tawra al3adhima, toz et retoz. La fierté mal placée. L’Algérie, Le Soleil, la Méditerranée, l’islam, le Sahara, les richesses macha allah , nif ou luxsara, redjla,…s’il te plais à monsieur l’universitaire épargnes nous cette partie.

    Un Algérien va abandonner tout ce qui est cher à ses yeux pour se trouver une place au Canada. Et il n’est pas le seul à le faire il n’y a pas de honte à ça. C’est juste que tu as mal compris, c’est quoi un peuple et un pays qui avance. Il y’a à peine 220 ans un certain lieutenant Anglais avait déposé 10 pierres symboliques sur une rive du lac Ontario, pour qu’aujoud’hui on découvre Toronto, la ville la plus cosmopolite au monde. Ce n’est pas le fait d’être méchant qui fera de toi un homme fier, s’il te plaît prends une grande inspiration et relaxe!

  4. Il y a peut-être un élément culturel qui échappe aux gens en dehors de l’Amérique du nord (Canada et USA.) Dans la culture fortement imprégnée de puritanisme religieux de ces deux pays, le mensonge n’a pas le même poids qu’ailleurs. Mentir est infâmant à un point insoupçonné ailleurs. On vous pardonnera le vol et la brutalité beaucoup plus facilement que le mensonge. Pour un américain ou un canadien, si vous êtres pris à mentir une seule petite fois, même parfois concernant quelque chose de banal, vous êtes marqué pour la vie comme un menteur, quelque chose de très stigmatisant, et personne ne vous fera jamais plus confiance. C’est comme le vol chez nous, ou l’homosexualité ou la lâcheté. Encore que le vol n’avait rien de déshonorant chez nos ancêtres; il était même admiré et encouragé tant que les victimes étaient en dehors du village ou de la tribu.

    • D’une façon générale , culturellement, tu as raison a Kichi. Le mensonge est perçu différemment en Amérique. En Europe on est plus complaisant. Surtout chez les latins. Mais Si tu veux un aveu , je n’ai jamais vu plus menteurs que les algériens .Les Américains et les Canadiens seront gâtés s’y intéressaient .

      Cependant dans les documents administratifs, en France du moins tous les documents comporte une case à cocher pour un texte certifiants que tous les renseignements fournis sont vrais. Or comme même un mensonge peut-être vrai ,les Canadiens sont plus explicites.est

      De plus l’auteur n’est complètement pas d’une bonne foi indiscutable. Si tu vois ce que je veux dire. Tous les Algériens qui ont trafiqués leurs diplômes et leurs papiers pour s’installer au Canada ne viendront bien sûr pas témoigner .

      Et j’ajouterai aussi que les Canadiens ne sont pas non plus fair-play dans cette affaire car je ne vois pas comment on pourrait obtenir leur visas sans leur mentir. Je me demande s’ils ne le font pas exprès.

      • Ce n’est évidemment pas qu’il n’y ait pas de menteurs et de fraudeurs aux USA et au Canada, car il y en a et à profusion encore, seulement la façon dont ils sont perçus est différente. Chez les méditerranéens en général c’est presque normal, comme l’a dit Marcel Pagnol des marseillais, “nous mentons, c’est vrai.”
        Il y a bien une facette de la culture qui élève le mensonge au rang d’un art, comme les exploits de Pecos Bill, qui a pris un gros nuage avec son lasso et l’a tiré jusqu’au Texas pour mettre fin à une sécheresse, ou Paul Bunyon, qui a creusé le Grand Canyon avec sa hache. Il y a même des concours de mensonges de cette sorte. C’est fait pour rire et personne, bien sûr, n’y croit. C’est comme Pantagruel, mais issu du floklore, pas l’œuvre d’un écrivain.

        • Ah non ! je ne peux pas te laisser dire que les Américains mentent aussi sinon tu vas me faire croire que Nixon, Clinton, et Powel ont menti.

  5. Cet  »article » est plein de faussetés

    Voici ce qui est écrit sur la page facebook en date du 30 août 2022 :  » Toute personne qui fournit de faux documents ou renseignements aux agents d’IRCC commet une infraction. Si vous le faites, votre demande sera refusée et vous pourriez subir de graves conséquences.
    https://bit.ly/3QXeb6G  »

    L’ambassade du Canada n’a fait que donne le lien du Gouvernement Canadien qui avise les fraudeurs en général et pas seulement les Algériens ;

    https://www.canada.ca/fr/immigration-refugies-citoyennete/services/proteger-fraude/documents-fausses-declarations.html?fbclid=IwAR2lR9-6GvIsIqI-vey7JuzUwakohdRp0Bu4oWccbiCadBAQixBr7zktS2A.

  6. Désolé mais cet article me semble pour le moins décousu d’autant plus émanant d’un universitaire. « L’ambassade du Canada à Alger menace les fraudeurs » titre l’article. Fraudeur: « personne qui agit en trompant ou abusant d’autrui, qui se livre à des actes malhonnêtes et contre des règlements ». Qu’y a t-il de malséant et de politiquement incorrect dans l’avertissement suivant: « les personnes qui se permettent de délivrer de faux documents ou renseignements aux agents de l’immigration » devront subir «de graves conséquences »? ou dans « Si vous mentez dans une demande ou au cours d’une entrevue avec un agent de l’IROC, vous commettez aussi un acte de fraude »? Le fait de prévenir les potentiels fraudeurs des conséquences qu’ils encourent n’est-il pas une bonne chose en soi? L’auteur semble en vouloir au « Kanada » d’essayer de lutter contre la fraude dans le cadre des programmes d’immigration. C’est à ne rien comprendre. Quant à la « sulfureuse » affaire SNC-Lavalin-Algérie, je ne vois vraiment pas le rapport avec ces programmes d’immigration. Le seul rapport existant est qu’il y a le mot « Algérie » qui est aussi lié à cette énorme fraude. Raison de plus donc pour avertir, quand bien même politiquement incorrectement, quant aux conséquences de tout acte de fraude en la matière. Ne dit-on pas qu’il vaut mieux prévenir que guérir? Alors Monsieur l’Universitaire?

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