28 septembre 2022
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L’APN, changer le système de l’intérieur, oui… mais en siège confortable

REGARD

L’APN, changer le système de l’intérieur, oui… mais en siège confortable

Je viens de lire une information selon laquelle l’APN, cette pitrerie nationale, aurait commandé une flotte de véhicules pour un montant astronomique.

Lorsque nous nous sommes divisés, entre ceux qui ont rejoint les institutions et ceux qui n’avaient rien à y faire, un de mes amis du parti m’avait dit cette célèbre phrase que tous les compromis ont dans la bouche « Nous devons changer le système de l’intérieur ».

Nous n’avons plus idée de ce que représente l’argent dans ce pays qui parle en milliards de centimes mais, tout de même, le nombre de véhicules est impressionnant. Ils n’ont pas opéré un changement, c’est une révolution.

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Ils sont partis pour être députés et, surtout, arrêter de vivre chichement à Paris et ailleurs. Car je suppose que la voiture n’est que la partie immergée de l’iceberg.

C’est que militer pour la démocratie ne rapportait pas beaucoup et coûtait beaucoup. D’une seule baguette magique, les voilà propulsés du café Mahmoud, en banlieue, lieu de nos modestes réunions,  à la brasserie Lipp, version algéroise.

C’est plus confortable, la politique en berline de luxe et sur un siège en cuir.

Alors ils se sont mis à brailler, à houspiller, à s’indigner. C’est qu’il fallait montrer que le changement, ils s’épuisaient à le construire. Le chèque à la fin du mois n’est que méritée.

Si un lecteur pouvait m’éclairer en années d’existence que représenterait ces sommes commandées par rapport à un salaire de fonctionnaire moyen en Algérie, je lui en serais reconnaissant. Ces  montants monétaires algériens, je ne les ai jamais trouvés ailleurs que dans les cours de seconde, lorsqu’on convertissait les années-lumières en kilomètres.

Bien entendu, les anciens démocrates qui se sont compromis en participant aux institutions n’ont jamais fait bouger quoi que ce soit sinon leur confort personnel.

« Faire changer le système de l’intérieur », il avait osé me le dire en face à face. Ai-je l’air d’un abruti ?

Au fond, je ne leur en veux pas, les chaises du café « Chez Mahmoud » étaient peu confortables, la carte orange hors de prix et les réunions du week-end, interminables.

L’âge a besoin de confort, j’en témoigne. Moi non plus je ne vais plus au café Mahmoud.

B. S. L.

PS : le café Mahmoud n’existait pas mais chacun aura compris qu’il était bien présent dans notre vie militante, sous d’autres noms.

 

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant

 




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