9 décembre 2022
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Le Parti communiste sous Sadek Hadjerès

Sadek Hadjerès

Un dirigeant politique se juge non pas sur le nombre d’années de clandestinité mais sur son action politique. Sadek Hadjerès fut membre de la direction du Parti communiste algérien pendant les trente années après l’indépendance de l’Algérie.

Sadek Hadjerès était secrétaire national conjointement avec Bachir Hadj Ali puis seul secrétaire national après l’arrestation et l’emprisonnement de ce dernier en 1965. C’est de la politique menée par le parti communiste de 1962 à 1990 qu’il faut faire un bilan, un bilan sérieux basé sur ce qui s’est réellement passé.

Voici ma contribution à ce sujet. J’ai vécu ces événements au plus près.

“De 1962 à 1965, le Parti communiste apporta un soutien inconditionnel à Ben Bella. En 1964, le Parti communiste et le FLN décident de fusionner leurs  journaux quotidiens : Alger Républicain pour les communistes et Le Peuple, quotidien du pouvoir,  pour créer El Moudjahid. Le PCA a alors demandé à ses militants de prendre leur carte dans les structures du FLN. Beaucoup de militants considéraient que c’était, de fait, une dissolution du Parti communiste algérien à l’intérieur du FLN. Le coup d’Etat du 19 juin 1965, dirigé par Boumediene, fit capoter l’opération. El Moudjahid parut avec les seuls rédacteurs du Peuple.

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En juillet 1965, à la suite du coup d’Etat de Boumediene, le Parti communiste créa, avec « l’aile gauche du FLN » représentée par Mohammed Harbi et Hocine Zahouane, l’Organisation de la Résistance Populaire (ORP) et qualifia le coup d’Etat de fasciste et pro-américain. Totalement isolés, de nombreux militants et plusieurs dirigeants de l’ORP furent rapidement arrêtés, torturés pour la plupart puis emprisonnés. Sadek Hadjerès, à la suite de l’arrestation de Bachir Hadj Ali, devint premier secrétaire du Parti communiste algérien clandestin.

En 1966, le Parti communiste, créa le Parti d’Avant Garde Socialiste (PAGS), qui ne se voulait pas être un nouveau parti communiste mais comptait regrouper les militants communistes et les « progressistes ». En fait, les dirigeants furent tous communistes car, très vite les Zahouane et Harbi, décrits comme « FLN de gauche » ont rejeté la nouvelle orientation politique. Dès la fin 1966, début 1967, le PAGS entama un rapprochement avec le pouvoir de Boumediene.

Le soutien « critique » du PAGS à Boumediene se transforma rapidement en soutien sans faille alors qu’il s’agissait du même pouvoir de l’armée avec parti unique et liberté d’action à la Sécurité militaire qui arrêtait, torturait, emprisonnait sans contrôle. C’est ainsi, entre autres, que furent assassinés à l’étranger les grands dirigeants de la guerre de libération Krim Belkacem et Mohamed Khider, que des centaines et des centaines de personnes ont été arbitrairement arrêtées, torturées. Ben Bella croupissait en prison.

L’arrivée au pouvoir de Chadli en 1979 créa quelques troubles dans le PAGS mais le soutien au régime en place ne se démentit pas. Le PAGS s’était opposé aux revendications populaires les plus élémentaires. Il a refusé de lutter pour les libertés démocratiques, le droit de s’organiser librement, de créer des partis indépendants et d’en finir avec le parti unique.

De même, il a refusé de lutter pour les revendications des populations berbères et de participer à la création de la Ligue des droits de l’homme. Le PAGS qualifiait ces revendications démocratiques de « bourgeoises » et même de contre-révolutionnaires. En 1984, Chadli imposa un « statut personnel » pour les femmes basé sur les lois religieuses. Le PAGS, au lieu de combattre pour son rejet, demanda qu’on adopte de simples « amendements » dans le cadre de la loi islamique.

Dans l’Union générale des travailleurs algériens, le PAGS refusa de lutter pour que les travailleurs élisent librement leurs représentants. Petit à petit, ses militants entrèrent dans les « commissions de candidature » qui avaient pour mission de trier les candidats sous la direction du FLN. Ils en présidèrent même certaines. La direction du PAGS alla jusqu’à demander à ses militants occupant des postes dans les unions ou les fédérations de l’UGTA de prendre leur carte du FLN.

L’explosion populaire d’octobre 1988 fut suivie d’une féroce répression entraînant des centaines de morts, des milliers de blessés, des milliers de torturés et d’emprisonnés. Deux mois plus tard, le 22 décembre 1988, Chadli Benjedid, candidat unique, fut « réélu » président. Le PAGS avait appelé publiquement à voter pour lui.

C’est là le véritable bilan politique de Sadek Hadjerès qui entraîna la quasi-disparition du PAGS. Hadjerès fut d’ailleurs écarté de la direction du PAGS très peu après la légalisation du PAGS et prit sa retraite en France en 1990 à soixante-deux ans, ce qui est jeune pour un dirigeant politique. Aujourd’hui, on peut considérer que le Parti communiste n’a aucune réalité en Algérie.

Hocine Kémal Souidi 

Journaliste à Alger Républicain 1964-1965.

–  Militant de l’Organisation de la Résistance Populaire (ORP) en 1965.

– Arrêté septembre 1965. Torturé. Prison.

– Membre fondateur du Parti d’Avant-Garde Socialiste (PAGS) en 1966.

– Mis en « liberté provisoire » en février 1967.

– Recherché en mai 1967. Clandestin pendant près d’un an.

Militant syndicaliste dans l’UGTA.

– Créateur de la première section syndicale libre dans l’UGTA après 1962 à la Banque Extérieure d’Algérie (BEA).

– Membre du bureau de l’Union Territoriale d’Alger Centre (UTAC) de l’UGTA.

– Quitte le PAGS en 1974 pour désaccord sur la ligne de conduite dans l’UGTA et sur le « soutien critique » à Boumediene.

– Etudes à l’IEP Grenoble.

– Docteur en sciences politiques.

Retour en Algérie fin 1979.

– Membre de la direction de l’Organisation socialiste des travailleurs (OST) de 1979 à 1990.

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17 Commentaires

  1. Pour ceux qui douteraient de la mort de S. Hadjeres , Voilà un article qui l’enterre définitivement.

    Misère de misère !!

    Mais où sont les funéraill’s d’antan ?
    Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
    De nos grands-pères
    Qui suivaient la route en cahotant
    Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées
    Ronds et prospères
    Quand les héritiers étaient contents ?

    Ou sont les Malraux ya Boundyou pour faire entrer Hadjeres dans la Postériorité ? Cet article me repelle Personne quaand dans il a voulu faire rentrer Jacques de Beauregard dans l’histoire en le livrant à la horde sauvage. Ce n’est pas ce qu’on fait qui compte , c’est l’histoire , la façon dont on raconte , pour faire valoir, a dit un autre poète.

    Donc : la révolution, le PCA, le PAGS, le soutien critique, puis l’intrite à Paris. Comme dirait mon père zimigri à mère quand il a fini de manger : «  mitna rammassez les zoutis. ».

    Dites comme ça la messe me paraît un tantinet bâclée . Quand les snipers sur corbillards , les témoins à charge, auront fini de tirer, viendont les romanciers, les théologiens, les hagiographes, pour lui faire une mythologie.

  2. « Parti communiste » a très peu de sens dans un pays comme l’Algérie, que ce soit en 1962 ou 2022. Ça ne peut être que du communisme à la URSS, Cuba ou la Corée du Nord, c’est à dire au mieux un communisme utopique, basé sur rien d’autre que les bonnes intentions, et au pire l’emprise d’un homme ou d’une petite oligarchie sur tout le pays. Le communisme est censé être l’aboutissement inévitable d’un processus interne, pas un système imposé de l’extérieur par une minorité à la grande majorité non-convaincue du peuple. Essayer d’instaurer le communisme avant la formation d’un système de production performant et d’une classe laborieuse politisée est mettre la charrue avant les bœufs. On ne peut pas créer une idéologie d’abord et ensuite les conditions matérielles qui dans la vie réelle sont censées donner naissance à cette idéologie. On peut concevoir le succès d’une telle entreprise dans un petit pays isolé, où les gens se connaissent, où les idées peuvent plausiblement précéder les conditions matérielles, comme c’était le cas à Cuba. Mais même dans ces conditions c’est de l’utopie, car il y a un élément objectif dont il faut tenir compte: la réaction des pays capitalistes, qui vont tout mettre en œuvre, surtout la violence, pour tuer l’entreprise dans l’œuf. Et c’est ce qui s’est passé à Cuba. Les USA ont tout fait pour écraser le régime de Castro. D’un côté ils disaient que le communisme est un système terrible, voué à l’échec, de l’autre ils tremblaient dans leur culotte que ce système puisse réussir et servir d’exemple à d’autres pays. Il leur fallait donc absolument le saboter d’une manière ou d’une autre. Mais, encore une fois, la réaction violente des pays capitalistes est un élément objectif dont il faut tenir compte. Et c’est pourquoi le communisme doit arriver d’abord dans les pays capitalistes développés, là où les problèmes sont entiérement des problèmes de distribution et non de production, là où le capitalisme atteint un stade de pourrissement et d’absurdité tel qu’il doit impérativement être aboli.
    Dans un pays dont l’économie est quasi-entiérement basée sur la rente des hydrocarbures, où le mot « production » est pratiquement une blague, l’idée du communisme est encore plus utopique.

    • Tezrid a yamdakul , quand on nous assène comme ça ces grands noms loukane on n’a pas connu ce piyé , as n’ini ahet dgha ismawen agui truzun izra. La vérité c’est qu’ils ne sont pas plus vrais que Teryèl et Vughzen. Serhaven kane slekdev.

      Mais ils n’ont pas besoin d’être vrais pour faire marcher le quidam. Les chemins du Paradis sont saturés de braves gens qui se bousculent et s’entre-tuent. Tous ces noms ne sont que des abstractions ésotériques pour intellectuels hautement érudits.

      Quand on regarde l’état de notre société aujourd’hui , que valent ces grands mots. Ou ces leaders nous ont conduit? Des âniers auraient fait beaucoup mieux.

      • Je ne voulais rien dire de cet homme en particulier parce que, pour dire la vérité, je ne savais rien de lui. Par contre je sais quelque chose de l’idée du socialisme et du communisme parmi les étudiants et les intellectuels, et pas seulement les algériens, quand j’étais plus jeune et je n’ai jamais été d’accord que ça pouvait s’envisager dans les pays sous-développés.

  3. Mes Hommages a ce patriote de la premiere heure. Tellement lessive par les arabo-islamistes au pouvoir, il a quand meme survecu jusqu’a l’age de 94 ans: quelle tenacite!
    Quand a son communisme, je pense qu’il etait plutot socialiste mais pas communiste

  4. Azul @ y’imedoukal. Bien qu’ayant une connaissance limitée de la genèse de cette « idio-logie », je rejoins les analyses de Kichi sur ces fondements. Quant à la doxa du PCA et du PAGS, je penses que Hend qui m’a l’air d’avoir côtoyé de près ce mouvement, pourra nous en dire davantage.

    • Non a Urfan je n’ai pas côtoyé ce mouvma ni de près de loin. Je te pardonne de m’avoir vu en soutien-critique au plus grand despote que notre piyé ait connu , j’ai connu dans ma poufiasse de vie les pires des encanaillements mais je ne me serais jamais permis celui-là.

      Soutien-critique ? Ya latif !

      Kichi a spliké un peu l’idéal communiste comme achèvement du capitalisme et non comme alternative. Si je l’ai bien compris. C’est Lénine qui disait que l’impérialisme était le stade suprême du capitalisme, moua j’aurais dit que c’est le communisme qui est le stade ultime du capitalisme.

      Mais, si comme le dit Kichi, le communisme est irréaliste dans une société archaïque comme la nôtre , et qu’il ne serait même pas concevable comme utopie. Que faisaient ces héros, non pas ceux du PCA, parce qu’à leur ipouk il avait la maison mère : le PCF, mais ceux du PAGS, quand il ne tmenyiké pas , comme ceux du Matin-Dized, Chaylelleh bourhanouhoum, thoura?

      Mais ce n’est pas parce que le communisme est irréalisable dans une société comme la nôtre que les communistes n’ont pas existés . Le Paradis n’existe pas non plus mais il y a pourtant des imams, des mosquées , et des bigots chinou ! Pourquoi c’est l’islamisme et non le communisme qui a pris dans notre société. Pourquoi tousles brobros, les laics, les communistes de jadis ont fini par se dire que l’islamisme est un passage obligigatoire pour la transition vers la démocratie nagh vers l’apocalypse ?

      Bien sûr, pour s’inscrire dans la littérature les références bibliographiques pour documenter les historiens de demain, ils sont forts. Comment être crédible si tu ne les cites pas ? Et comment ne pas avoir l’air idiot si tu ne connais pas le PAGS, surtout parmi ceux du Matin-Dized ?

      • Salut, a y-Urfane et Dda Hend !… Dda Hend, je vais essayer de répondre à une de tes questions: « Pourquoi c’est l’islamisme et non le communisme qui a pris dans notre société. Pourquoi tous les brobros, les laics, les communistes de jadis ont fini par se dire que l’islamisme est un passage obligé… »
        Pour moi, la réponse est simple: Parce que l’islamisme, idée simpliste et à la portée de tout le monde, était déjà là, bien établie, bien ancrée depuis des siècles. Cette idéologie s’est installée petit à petit, ce que j’appelle « de façon naturelle » une fois passés les grands chocs du début. Le résultat final au bout de 10 ou 14 siècles est qu’elle est bien ancrée dans les cervelles, c’est à dire qu’elle est devenue une « ancre » psychologique à laquelle se rattachent l’individu et la société. Cette ancre donne une sensation de sécurité à l’individu. Quand on vient proposer de nouvelles idées à cet individu et à cette société, les vieilles idées ont un avantage énorme: Tu essayes de tirer quelqu’un hors de sa zone de confort en lui proposant une autre zone où son confort sera encore plus grand et plus réel, mais lui il a peur qu’en quittant celle dans laquelle il se trouve il perde les deux. Donc, pour reprendre une vieille expression kabyle, les vieilles toujours idées tfendet tasawent aux nouvelles. Elles ont l’avantage du terrain.
        Une analogie: Quand il pleut, la pluie ne se creuse généralement pas de nouvelles rigoles pour couler, elle suit plutôt le cours des rigoles et cours d’eau déjà existants. Les idées font de même dans les cervelles. Apporter de nouvelles idées c’est essayer de faire suivre à la pluie des cours nouveaux. C’est faisable, mais pas souvent et pas facile.

  5. Il y a ce coté cocasse de l’histoire « algérienne » qui fait que, par exemple, le communiste ignore jusqu’au mépris les sociétés locales qui offrent des aspects à même d’étayer … le discours communiste. Ne dit-on pas que K. Marx lui même trouvait certains aspects de la société kabyle dignes d’inspirer l’utopie socialiste ? Marx a vu ça mais le communiste algérien reste sourd, muet bouché comme soudé.
    On peut dire la même chose, sinon plus, de nos démograttes socio-libéraux. La démocratie kabyle – je parle de kabyle car j’ignore tous des autre sociétés berbères grâce à likoul aljiyenne – est presque figée sur le modèle antique méditerranéen qui inspire tous les jours les démocraties occidentales, modèle de nos démocrates … que la société kabyle n’a jamais inspiré. Aha tura af-ased ixef-is !
    Paradoxalement ce sont les démons en barbe et kamis qui ne se gènent pas de jongler avec les mots, les sémitismes notamment. Ces gens récupèrent sans état d’âme le patrimoine méditerranéen après l’avoir défiguré bien entendu. Ils n’hésitent pas à dire que tajmaâ3t c’est de l’islam. Ils enterrent du coups, sans résistance le fait têtu que le signifiant et le signifié de tajma3t ne sont rien d’autre que la traduction mot à mot de l' »eklisia » grecque qui signifie quelque chose comme assemblée.

  6. Donc , selon Kichi et War tilas, igran n’sava tsvanen. Chikh Marx aurait vu en Kabychie de son ipouk , les germes du communisme, mais horozma ce sont ceux de l’islamisme qui ont pris. En sorte si l’islam n’existait pas les kabyles l’auraient inventé .

    Moua j’ai une autre splikasyou. Les kabyles ne possédaient rien en eux qui puissent les sortir de la merde. Ils pataugeaient dedans sans pouvoir s’accrocher à une branche de salut;il auraient pu imaginer qu’un ara… non: un « arbre » allait pousser quelque part puis étendre une branche jusqu’à eux pour qu’ils puissent s’y accrocher, mais non , ils ne s’imaginaient pas s’en sortir par leurs propres moyens . Ils auraient beau trimer avec les moyens de production disponibles ça ne leur suffira pas ( un lien, a kichi, avec le livre sur les juifs que tu m’as conseillé?) . Comme c’est l’être qui détermine la conscience les pauvres kabichous tournaient en rond et végétaient dans leur état. Seul un miracle pouvait les sortir de la mouise. Alors pour ne pas dissoner complètement ils se mirent à croire au miracle et ce miracle arriva. Les Arabes vinrent et leur apportèrent des pois … heu non des canes à p… zut non plus !Ils leur apportèrent une religion .Une religion qui les aida à patienter.

    Quelle chance a Sidi ! Les Kabyles auraient pu passer leur vie à trimer pour produire leurs moyens de subsistance alors que erezq men3end rebi. C’est pour ça d’ayor qu’à Guezgata même de nos jours on dit : el3ich iqewdit rebi. Ou un truc comme ça.

    • On ne peut dire que les élites politiques algériennes depuis que ce qualificatif existe ont brillé par leurs références au terroir. Quel que soit le bord, c’est le « clef en main » idéologique qui a prévalu. Même pas une version locale frelatée. Et les usines de Boumedyen qui importaient et l’usine et les produits de l’usine ne sont pas sans lien avec cette disposition des élites algériennes : importer le problème et sa solution; pourvu qu’on ne se questionne pas.
      Non, tout n’est pas à jeter dans notre patrimoine; tout n’est pas à prendre tel quel non plus; sinon à quoi sert l’école moderne. Je ne dirais pas autant de ce qu’on nous présente comme les constantes nationales depuis un siècle, et tout ce que cela implique.
      Les seuls qui ont essayé de partir du local ont vite vu le ciel et les murs leur tomber sur la tête, de tout coté. Ce sont les animateurs du mouvement berbère qui ont au moins le mérite d’aborder la question des langues locales.

    • Ala, khati a Dda Hend, je n’ai rien dit de la Kabylie ou du « système kabyle » en particulier. La thajmaâth kabyle, premiérement ne peut pas être appelée  »démocratique » dès le départ puisque 50% de la population, les femmes, en sont exclus. Ça c’est juste pour commencer, car il y a d’autres facteurs. Je vois dans le « système kabyle » un microcosme du sytème capitaliste dit « démocratique » et ce n’est pas un compliment. Dans la réalité cette liberté apparente de la thajma3th n’est pas démocratique ou si libre que ça. Il y a, par exemple, juste un exemple, l’influence des plus riches (c’est à dire les moins miséreux, vou-thyouga, propriétaire d’une paire de bœufs, ou les rares nababs possédant plusieurs paires de bœufs) sur les plus pauvres, la crainte des plus pauvres de faire à l’opprobre du village tout entier s’ils ne se conforment pas aux désirs de la majorité ou ceux des 3uqqal n’tadderth, ou de leurs parents, etc. Il y a donc dans le système kabyle un processus de « fabrication » de consentementè c’est à dire une machine à produire de l’idéologie conformiste, comme il y en a une en France ou aux USA. Ce qui ressemble à de la liberté vu de loin s’avère être autre chose quand on y regarde de plus près.
      Quant au communisme en Kabylie, il n’a aucun sens, même pas dans le sens de communisme primitif. La Kabylie était figée pendant des millénaires dans l’agriculture de subsistence et en serait restée là jusqu’à la fin des temps s’il n’y avait eu d’interventions violentes venues de l’extérieur. Par la nature de ses moyens de production et de ses ressources naturelles, la Kabylie n’a jamais eu le potentiel d’aller plus loin.

      • Tout ce que tu dis @ Kichi sur les à côtés du système « TH’AJEMAATH » kabyle est vrai. il n’en demeure pas moins que l’élection de l’Amine par les Temmanes (singulier : T’tamene) cooptés eux-memes dans leur « Adhroum » demeure encore aujourd’hui une organisation locale (au sens non importée) qui s’exerce en marge du droit algérien en la matière. Si l’on ajoute Imgharenes, on constate que les démocraties occidentales ne font pas mieux malgré leur souveraineté effective.
        Pour répondre @ Hend : même l’islam, 14 siècles après, n’a pas réussi à ôter son caractère laïque à cette organisation dans la mesure où l’imam himself (même Ghafour de Guezgata), en dehors de la bénédiction finale, ne peut interférer dans les décisions collectives.

        • Ce que tu dis est vrai a Urfane , mais en disant ce que tu dis tu ne fais que confirmer ce que nous disions moua et Kichi dans le fond. Il mouin vrai dans la forme. Safi kamim dire:inna allahou la youghayouri ma bi ennassi hetta youghayourou ma bi anfousihim. En deviendant musulma ils n’étaenit pas obligi d’aplanir les montagnes ou de se luxer les neurones. Et d’ayor soufella kane qu’il se sont islamisés. Les kabichous étaient kamim un peu fourbes avec la religion. La religion koumtidi était plutôt l’affaire des marabouts.

          Mais en ce qui concerne Guezgata safi lonta qu’on a remplacé tajma3t par un soviet suprême dirigé par : Dda Vel3id Velqacem Ujanjel et L’Imam Ghafour pas onta qu’imam mais onta que reprizanta de son quartier.

          • « Les kabichous étaient kamim un peu fourbes avec la religion » Certes @ hend mais « imravdhenes qui ne sont pas moins kabitchous » l’étaient encore davantage au regard des avantages en nature du ‘Min-Bar’! Bref, mwa, je crois que, en matière de Jaugement (pas jugement), il s’agit de savoir si le verre est à moutyi vide ou moutyi plein. ça se discute..

    • « Moua j’ai une autre splikasyou. Les kabyles ne possédaient rien en eux qui puissent les sortir de la merde. Ils pataugeaient dedans sans pouvoir s’accrocher à une branche de salut; » – C’est justement a cause de gens comme toi, le KDS parfaits et heureux, qu’ils sont sabotés et poignardés dans le dos. Tu as fait ton travail a alg érie zaama « patriotique » et tu continues a semer ton venin chez Le Matin. Mais ton travail continu de sabotage et de découragement de tout ce que les Kabyles entreprennent contre ta Issaba est bien documenté et bien connu.

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