18 août 2022
spot_img
AccueilCommuniqué"Le pouvoir politique persiste dans le déni de la réalité et la...

« Le pouvoir politique persiste dans le déni de la réalité et la fuite en avant »

 Talaie El Hourriyet

« Le pouvoir politique persiste dans le déni de la réalité et la fuite en avant »

Le Bureau Politique de Talaie El Hourriyet a tenu sa réunion mensuelle ordinaire, le samedi 18 août 2018, au Siège national du Parti, sous la présidence de M. Ali Benflis, Président du Parti.

A l’entame de ses travaux, le Bureau Politique a évoqué la symbolique du 20 août, Journée Nationale du Moudjahid, que le peuple algérien s’apprête à célébrer en commémoration de deux évènements majeurs de la révolution, un fait d’arme héroïque, l’offensive du nord constantinois, le 20 août 1955 , et un des actes politiques fondateurs de la révolution, le Congrès de la Soummam , le 20 août 1956 .Il a rendu hommage aux glorieux acteurs de ces deux évènements historiques et s’est incliné à la mémoire des valeureux martyrs qui se sont sacrifiés à la fleur de l’âge pour que vive l’Algérie.  

Le Bureau Politique a, par la suite, procédé à l’évaluation de la situation politique, économique et sociale prévalant dans le pays.

- Advertisement -

I- Situation politique

Le Bureau Politique a pris note des initiatives prises par des Partis de l’opposition pour une sortie de crise. Si Talaie El Hourriyet privilégie, naturellement, les démarches communes de l’opposition, il ne sous-estime pas, pour autant, les initiatives individuelles et considère que chacune d’elles a ses propres mérites. Le Bureau Politique constate, avec intérêt, que ces initiatives convergent sur l’essentiel : le diagnostic concernant la crise de régime, la volonté de résoudre cette crise par le dialogue, et la réunion des conditions pour un scrutin régulier, transparent, et  loyal comme le passage obligé pour la sortie de crise. Il rappelle que Monsieur Ali Benflis a, lui-même, présenté, avant même la création du Parti Talaie El Hourriyet , une démarche de sortie de crise qui intègre, notamment, ces trois éléments.

Le Bureau Politique regrette que, face à une opposition responsable, soucieuse de contribuer à une sortie de crise pour épargner à notre pays des dérapages aux conséquences imprévisibles, le pouvoir politique en place persiste dans le déni de réalité et la fuite en avant, en niant l’existence même de l’impasse politique, repoussant toutes les initiatives des partis d’opposition, pour imposer son agenda, articulé, essentiellement, autour du maintien du statu quo. Ne reculant devant rien pour discréditer l’opposition, les tenants de l’ordre établi n’hésitent pas à accuser les auteurs de ces initiatives de vouloir semer la fitna  et déstabiliser le pays.

Comme à son habitude, en lieu et place du dialogue, le pouvoir politique en place réagit par, l’invective, l’intimidation, la menace et la provocation, à toute démarche qui ne s’inscrit pas dans la lignée de sa feuille de route.

Face aux partis d’opposition qui s’efforcent d’enclencher un dialogue pour une sortie de crise qui est la priorité des priorité, le pouvoir politique en place tente de faire diversion en s’adonnant ,à travers ses clientèles politiques à une certaine agitation sur la scène politique pour donner une impression de normalité de la vie politique de notre pays et faire oublier le vide politique au Sommet. Dans leur attitude arrogante, les soutiens du pouvoir ne s’embarrassent même plus des formes, affirmant qu’ils sont déjà en campagne électorale, et ne donnent aucune place dans leurs projections à la volonté populaire.

L’Etat n’est plus l’Etat de tous les algériens mais seulement l’Etat  des clientèles politiques, économiques et sociales qui gravitent autour des centres de décision et lui  donnent l’illusion qu’il est efficacement relayé dans toute la société.

Le Bureau politique a, par ailleurs, exprimé son inquiétude face au rétrécissement du champ des libertés consacrées par la Constitution, notamment la liberté de manifestation pacifique et la liberté d’expression. Il a réitéré, à cet égard, sa condamnation énergique de  la répression du sit-in pacifique organisé par le Mouvement Mouwatana, le 12 Août à la Place des Martyrs, à Alger et l’interpellation de chefs de Partis Politiques, de responsables d’organisations de défense des Droits de l’Homme et de militants du mouvement associatif, interpellation significative du mépris des pouvoirs publics pour l’opposition.

Le Bureau politique a dénoncé, par la même occasion, le harcèlement continu de journalistes de la presse électronique et de blogueurs qui usent de leur droit constitutionnel à la liberté d’expression.

II- Situation sécuritaire

Après un échange de vues sur la situation sécuritaire à partir du contenu des communiqués du Ministère de la Défense Nationale, le Bureau Politique a relevé avec préoccupation la persistance de la présence d’éléments terroristes dans plusieurs régions du pays et la reconstitution de réseaux de soutien au terrorisme. Il a salué l’abnégation, la bravoure et l’engagement  des unités de l’Armée Nationale Populaire et des services de sécurité qui traquent sans relâche les groupes terroristes pour éradiquer leurs activités criminelles et assurer la quiétude du citoyen. Evoquant les récentes opérations engagées dans la région de Skikda, le Bureau Politique a rendu un vibrant hommage à la  mémoire des membres de l’ANP, tombés au champ d’honneur.

III-Situation économique

Le Bureau politique s’inquiète de la détérioration des indicateurs économiques et s’étonne de l’entêtement du gouvernement, enfermé dans sa certitude que le recours à la planche à billets et la revalorisation relative et sans doute conjoncturelle des cours du pétrole, constituent une parade à la crise économique. Le gouvernement continue d’ignorer les mises en garde des experts nationaux et des institutions internationales sur la fragilité de l’économie nationale et les perspectives inquiétantes pour les trois prochaines années et à renvoyer à plus tard les réformes structurelles indispensables pour une solution durable à la crise économique, pour des raisons politiciennes mais également de crainte de heurter des intérêts économiques de puissants lobbies dont les fortunes colossales se sont constituées à l’abri de l’économie de rente et qui, aujourd’hui, sont partie prenante à la décision économique .

Le Bureau politique a évoqué, à cet égard, les entraves à l’investissement à l’instar du blocage du projet de l’entreprise Cevital à Bejaia qui illustre le degré de politisation de l’acte économique et la gestion antiéconomique de l’acte d’investir. Le comportement scandaleux des donneurs d’ordre occultes et de l’administration, dans cette affaire, constitue, tout à la fois, un flagrant déni de droit, une décision arbitraire, un acte de sabotage économique, une violation du principe  constitutionnel de la liberté d’investissement et de commerce et de l’obligation de l’Etat d’encourager l’épanouissement des entreprises, sans discrimination. Le Bureau Politique constate que, malheureusement, le degré  d’allégeance au pouvoir en place est devenu un des principaux critères  qu’un projet d’investissement bénéficie de l’accompagnement de l’Administration. C’est là une démarche antiéconomique qui porte préjudice à l’économie nationale qui ne peut être gérée par le fait du prince .Le Bureau politique considère, à cet effet, que l’acte économique doit être dépolitisé.

Le Bureau Politique a, par ailleurs, noté l’annonce par des responsables politiques de l’Etat de la disponibilité du pouvoir politique en place  à débattre avec l’opposition des « difficultés » économiques et sociales et  des « dangers extérieurs qui menacent notre pays ».

Il rappelle, à  cet égard, la responsabilité pleine et entière du pouvoir politique en place dans l’extrême fragilisation de l’économie nationale pour son incapacité à engager un processus de diversification de l’économie alors qu’il disposait de moyens colossaux, préférant se limiter à gérer la rente. La chute des prix du pétrole n’a fait que mettre à nu les faiblesses et les dysfonctionnements de l’économie.

Le Bureau Politique rappelle également que la crise que vit notre pays est globale .Elle est multidimensionnelle  et recouvre ¸à la fois, des dimensions politiques, morales, économiques, sociales, et culturelles intimement liées, mais elle est avant tout politique et requiert une solution politique. Continuer à l’ignorer c’est persister dans le déni des réalités et la fuite en avant et exposer notre pays à un risque de déstabilisation.

IV-Situation sociale

Le Bureau politique est préoccupé par l’ envolée des prix des produits de consommation courante, notamment les viandes et les fruits et légumes et la passivité des autorités face à la détérioration du pouvoir d’achat du citoyen se contentant de justifier cette situation par la loi de l’offre et de la demande au lieu de mettre de l’ordre dans les circuits de distribution parasités par des spéculateurs sans scrupule .

Par ailleurs, le Bureau politique comprend le sentiment d’injustice ressenti par nos concitoyens des wilayas du Sud du pays qui manifestent leur colère contre “la marginalisation et l’exclusion ”et les conditions de vie rendues encore plus  difficiles par l’extrême rigueur de la période estivale. Il considère scandaleux que des jeunes qui manifestent, pacifiquement, leur mécontentement pour dénoncer le chômage, les coupures fréquentes d’électricité et les pénuries d’eau potable, soient qualifiés de perturbateurs et accusés de vouloir déstabiliser le pays et porter atteinte à l’unité nationale !

Les manifestations récurrentes de nos concitoyens du Sud posent, inéluctablement, la problématique de l’équilibre régional en termes de développement économique et social. Force est de constater que les programmes spéciaux et les Fonds mobilisés n’ont eu que des impacts peu significatifs sur le développement et la croissance des wilayas du Sud et n’ont pas contribué  à améliorer les conditions de vie du citoyen et à mobiliser des facteurs de développement et de production, d’où la persistance d’un chômage endémique et la difficulté d’accès aux besoins fondamentaux de base. Talaie El Hourriyet considère légitime la revendication pacifique d’une mise à niveau, notamment en termes d’infrastructures et équipements publics et de développement humain (santé, éducation, habitat, formation, emploi) pour les wilayas du Sud.

Pour le Bureau politique, ce ne sont pas les revendications pacifiques légitimes  de nos concitoyens des wilayas du Sud qui peuvent déstabiliser le pays. Ce qui peut déstabiliser le pays, c’est la corruption qui ronge l’appareil politico administratif et la sphère économique. C’est la drogue qui étend ses tentacules aux différents niveaux d’institutions de l’Etat. C’est la main mise des forces de l’argent douteux sur la décision économique. Ce sont les inégalités qui se creusent .C’est l’érosion du pouvoir d’achat du citoyen. C’est le désœuvrement d’une frange importante de notre jeunesse qui ne voit de salut que dans l’aventure, souvent désespérée, du départ à l’étranger !

Enfin, le Bureau politique a exprimé sa grande inquiétude face à la montée de l’insécurité et de la criminalité, notamment dans les lieux de villégiature, du fait de la démission sinon de l’absence de l’Etat, ce qui accroit l’inquiétude du citoyen en cette période estivale. 

 




ARTICLES SIMILAIRES

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus lus

Maroc : les raisons du limogeage de Vahid Halilhodzic

Vahid Halilhodzic n'est plus depuis le 11 août le sélectionneur de l'équipe nationale du Maroc qu’il a, pourtant, qualifié à la coupe du monde. Le...

Les plus populaires

Commentaires récents