10 décembre 2022
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Les Algériens perdent en Ali Yahia un défenseur impénitent des droits humains

HOMMAGE

Les Algériens perdent en Ali Yahia un défenseur impénitent des droits humains

Abdenour Ali Yahia (1921-2021), un chêne centenaire, nous a quittés le 25 avril 2021.

Une vie remplie et active, consacrée pleinement d’abord à la lutte de libération au sein du PPA-MTLD de 1945 à 1949 puis du FLN, ce qui lui a valu la prison de 1957 à 1960, ensuite au combat démocratique et à la défense des droits de l’Homme après l’indépendance, ce qui l’a de nouveau conduit en prison en 1983, 1985 et 1987. Les Algériens ont perdu en Ali Yahia un défenseur impénitent des droits humains.

Malgré les pressions et les persécutions y compris la menace d’expulsion de son appartenant qu’il occupait depuis 1962, le pouvoir n’a pas réussi à le faire fléchir ni à le réduire au silence. Un homme épris de liberté et de justice, aux convictions bien trempées, son engagement est plénier, il ne reculait devant rien. Un exemple d’engagement militant.

Travailleur infatigable n’hésitant pas à remettre l’ouvrage sur le métier ; ainsi après sa démission du poste de ministre de l’agriculture en 1968, il a repris les études à la faculté de droit d’Alger où il a obtenu une licence en droit qui lui a permis d’entreprendre une longue et très utile carrière d’avocat. Il est non seulement un homme d’action, mais aussi un homme de réflexion ; instituteur puis avocat, Ali Yahia est un homme cultivé, il est auteur de nombreux ouvrages.

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Un travailleur infatigable, il n’est pas dans sa nature de rester l’arme au pied, ce qui l’a éloigné à certains moments de sa vie de ses enfants si bien qu’il est habité par un sentiment de culpabilité.

À l’occasion d’une soirée passée ensemble à Lyon avec des amis, après une conférence sur la crise des droits de l’homme qu’il a donnée le vendredi 15 juin 2001 à la salle polyvalente bondée de monde de la Mairie du 8e sis, (12 avenue Jean Mermoz 69008 Lyon) à l’invitation d’une dizaine d’organisations (l’UNEF-ID, le Mouvement de la Jeunesse Socialiste, Urgences Démocratie Algérie, UD-CFDT, l’association culturelle AMEDYAZ, le Front des Forces Socialistes, les Verts, la Fédération du Parti Socialiste du Rhône, SOS-Racisme…), il nous disait que la seule chose qu’il regrettait dans sa vie est qu’il ne s’était pas assez occupé de ses enfants.

Un homme avisé qui agit avec à-propos et intelligence et qui sait se faire une idée assez précise sur les hommes. Avec deux amis proches de lui, il nous a reçus le mois d’avril 2019 chez lui à Alger, les manifestations étaient au comble de la mobilisation.

Il nous a écoutés attentivement en distribuant la parole avant de la prendre pour dresser le constat partagé que le hirak est une lame de fond et de nous mettre opportunément en garde contre le risque d’une gestion très autoritaire du général Gaïd Salah : un jugement prémonitoire. Da Abdenour est un hirakiste avant l’heure et un fervent défenseur du hirak.

Paix à son âme, mes sincères condoléances à sa famille et ses proches.

Auteur
Tahar Khalfoune

 




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