10 décembre 2022
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Les cancers de l’enfant sont rares et souvent curables

Selon de nombreuses études

Les cancers de l’enfant sont rares et souvent curables

Comme chaque année, le 15 février coïncide avec la journée internationale du cancer de l’enfant. Toutefois, cette pathologie est rare, elle représente entre 1 et  5 % de l’ensemble des cancers chez l’homme. Pour autant, dans les pays développés, le cancer est la deuxième cause de mortalité chez l’enfant après les accidents domestiques.

Depuis 20 ans et grâce aux nombreux progrès, la prise en charge a permis de réduire la mortalité de 50 %.

Aujourd’hui, le taux de guérison est autour de 80% des cas et peut aller jusqu’à 100% dans le rétinoblastome, un cancer de la rétine.

Selon les chiffres publiés en 2015 dans le rapport du Groupe franco-africain d’oncologie pédiatrique (GFAOP), chaque année, environ 1200 à 1300 cas de cancers pédiatriques sont diagnostiqués chez l’enfant en Algérie, ce nombre risque d’atteindre les 1450 cas à l’horizon de 2025.

40 % des cas sont des leucémies, un cancer de la moelle osseuse connu sous le nom de cancer du sang.

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Les cancers de la petite enfance fort heureusement rares sont différents de ceux de l’adulte. En effet, la majorité des cancers de l’adulte sont des tumeurs développées à partir du tissu épithélial (muqueuse et peau), ce type de tumeur appelé carcinome est extrêmement rare chez l’enfant. Les cancers pédiatriques ont une origine embryonnaire, les cellules tumorales sont au stade immature. Elles se caractérisent par un fort nombre de cellules en division, ceci explique leur croissance rapide en quelques semaines sans que ce soit un signe de gravité. À l’opposé de cette croissance rapide, les cellules cancéreuses de certains cancers comme le neuroblastome peuvent s’arrêter de croître et régressent spontanément. Ces cancers concernent habituellement les organes comme le foie (hépatoblastome), le rein (néphroblastome), le cerveau et ses cellules périphériques (médulloblastome et neuroblastome), la rétine (rétinoblastome), la moelle osseuse (leucémie), le système lymphatique (lymphome) et le tissu osseux (sarcome d’EWING).

Chez l’adolescent, les tumeurs les plus fréquemment observées sont les lymphomes, les tumeurs gonadiques (ovaire et testicule) et le cancer de la thyroïde.

Contrairement au cancer de l’adulte, les facteurs favorisant les cancers de l’enfant sont peu connus. Dans environs 10 % des cas, il existe des prédispositions héréditaires comme la mutation du gène RB1 retrouvée dans 50 % des cas de retinoblastome. Les facteurs environnementaux tels que les irradiations ionisantes à forte dose (cas d’accident nucléaire) et  les infections virales (certains lymphomes rencontrés en Afrique) sont les seuls facteurs connus à ce jour.

Les symptômes sont peu spécifiques, le plus souvent ils sont trompeurs mais leur persistance oriente vers une investigation plus poussée qui conduit à un diagnostic de certitude. Parmi ces symptômes, on retrouve une pâleur, fatigue, fièvre, perte d’appétit, douleurs chroniques, des masses abdominales ou des douleurs osseuses. En fonction du type du cancer, le diagnostic se fait soit par un examen du sang et de la moelle osseuse, soit après l’examen microscopique d’un prélèvement biopsique effectué sur les tumeurs solides.

Les traitements des cancers de l’enfant sont bien codifiés et standardisés, ils sont basés sur la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. L’utilisation des différentes armes thérapeutiques repose sur le type tumoral et sa localisation.

Ainsi les tumeurs accessibles sont traitées par la chirurgie, ce traitement permet l’ablation complète de la tumeur et il est en général suivi de radiothérapie. Cette dernière, est le plus souvent utilisée sur les tumeurs difficiles d’accès comme les tumeurs cérébrales. Ces dernières années de nombreuses molécules de chimiothérapie très efficaces on été mise sur le marché et prennent une place importante dans les protocoles thérapeutiques. Certains patients peuvent bénéficier de greffes notamment dans certains cancers comme les leucémies.

La surveillance se fait pendant plusieurs années avec un double objectif, elle permet de détecter les récidives ainsi que les nombreuses complications provoquées par les effets indésirables des différents traitements notamment la radiothérapie et la chimiothérapie qui peuvent aussi être toxiques pour les cellules saines environnantes.

L’association du mot cancer et enfant est impensable dans l’esprit de chacun. L’annonce de ce diagnostic a l’effet d’un tsunami dévastateur qui bouleverse pendant plusieurs années la vie non seulement de l’enfant atteint mais aussi celle de chaque membre de la famille.

La prise en charge doit être globale (médicale et psychologique) sans occulter la dimension sociale et affective de l’enfant.

La prise en charges de ces enfants nécessite des professionnels spécialisés multidisciplinaires ainsi que des environnements dédiés comme des infrastructures et des espaces réservés exclusivement à ce genre de pathologie.

Auteur
Dr Tarik Yadaden

 




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