21 avril 2024
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Les écologistes, pires ennemis de l’écologie ?!

Ecologie
Image par Iván Tamás de Pixabay

Les meilleures idées du monde et les combats les plus légitimes peuvent connaitre un chemin difficile lorsqu’elles sont accompagnées de la pire pédagogie de ceux qui les portent.

Même si la notion d’écologie avait été théorisée bien avant, notre premier contact avec elle, sans que nous en connaissions encore le mot, fut avec le mouvement hippie des années 1960.

De doux rêveurs, aussi délurés que sympathiques qui voulaient que l’humanité retrouve son lien originel avec la nature. À priori, comment ne pas adhérer à un tel projet ? Pour cela elle devait se défaire des tabous et conservatismes d’une société vivant hors de la nature et des philosophies douces.

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Sans que la très grande majorité des adolescents n’ose en suivre les attitudes extrêmes, le mouvement allait correspondre avec leur attente car il portait un souffle de liberté et, surtout, était une extraordinaire source de talents musicaux (surtout cela en réalité).

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Mais très rapidement, sans se détourner de la fascination pour ce mouvement inédit, nous allions avoir en même temps un jugement des plus sévères. Les hippies n’avaient en fait comme philosophie de retour à la nature que d’en fumer l’herbe et d’en extraire les produits les plus détestables comme les pires drogues.

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Ce fut une hécatombe, en décès, en séquelles graves mais aussi en des dérives irraisonnées. Ce soi-disant retour à la nature se devait également d’éviter de se laver, de s’offrir nu à elle dans certaines cérémonies et de se vêtir dans d’autres avec des peaux d’animaux aussi naturelles que leur odeur pestilentielle.

Mais ce n’est pas tout, leur notion de liberté les a menés vers des pratiques qui, sous le couvert de la liberté des mœurs, portaient en elles des actes répréhensibles et même criminels en direction des personnes les plus faibles que sont notamment les mineurs.

Comme ambassadeurs de la doctrine écologiste, il y avait tout de même mieux pour que j’y adhère. Tout avait donc mal démarré pour que l’idée de ce nouveau mouvement me séduise.

Puis est venu la naissance de l’écologie politique avec le surgissement de personnalités médiatisées à travers le monde. Cette fois-ci le discours semblait beaucoup plus raisonné, scientifique et pédagogique.

L’un de ces personnages médiatisés fut René Dumont, candidat de témoignage à l’élection présidentielle de 1974 en France. Ingénieur agronome, c’est lui qui inaugure véritablement l’ère de l’écologie politique.

L’homme portait toujours un pull rouge très identifiable. Je me suis dit de nouveau s’il existerait  un jour des écologistes qui ne soient pas excentriques ? Même si je savais que le but de ce pull rouge était de créer une visibilité par une image reconnaissable.

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Mais il nous avait séduits par ses paroles. L’une d’entre elles est restée historique. Dans une émission de télévision il but un verre d’eau en prononçant la phrase « Je bois devant vous cette eau précieuse », signifiant ainsi que la terre allait en manquer si nous n’y prenions pas garde.

Il est l’homme d’une vision, d’une pensée prémonitoire car à cette époque le manque d’eau ne se concevait que dans les contrées arides du monde.

Après cette rapide adhésion au message écologique du personnage voilà que la déception envers les écologistes me rendit de nouveau visite. On apprend qu’il fut un partisan du régime de Vichy et qu’il avait encensé la politique agricole du régime nazi.

Je sais, on dit qu’il faut toujours faire la part des choses entre l’individu et son œuvre ou ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Mais on ne me convaincra pas que l’idée de sauver la planète par l’écologie soit compatible avec une idéologie qui fut la pire des barbaries et qui a mené des millions d’êtres humains à la mort.

Les mouvements écologistes commencèrent à avoir une réalité électorale jusqu’à former une part non négligeable du paysage politique. Croyez-vous que ce renouveau dans un monde plus rationnel allait me réconcilier avec la très grande justesse du combat de l’écologie ?

Assurément non puisque ce mouvement va être accompagné par deux boulets qui sont très loin d’une pédagogie convaincante. Le premier est que ces partis qui devaient transformer la politique sont tombés dans ses pires travers. L’écologie politique, c’est la politique sans l’écologie dit-on souvent.

Batailles d’égo féroces, assemblées générales en guerres perpétuelles, chahut permanent et l’inévitable menace du cataclysme. Ils ne conçoivent la pédagogie que par la peur et le but de provoquer la mauvaise conscience des populations. Une attitude qui est pour moi le contraire absolu du réveil des consciences à l’écologie.

Mais plus intolérable, ces mouvements politiques ont été accompagnés et ont soutenu des organisations qui ne concevaient le réveil des consciences que par la violence et les destructions. Cette violence est pour eux le meilleur moyen d’avertir du danger. Leur rage s’est renforcée ces derniers temps et on se demande en quoi le tableau de Mona Lisa ou autres chefs-d’œuvre ont besoin d’être aspergés de peinture ou lacérés au nom du combat pour l’écologie.

Heureusement que des scientifiques, des vrais, ceux du GIEC ont compris qu’il n’était pas utile de hurler dans les rues, de susciter la peur ou de prôner la violence pour alerter les populations du danger.

Ils ont choisi l’argumentation scientifique, la parole apaisée et convaincante. Ils n’ont pas choisi l’appel à la violence, en baskets au prix pharamineux et ayant traversé la planète en un transport qui accable celle-ci d’émission en carbone. Les écologistes, particulièrement la nouvelle vague de la jeunesse, ne s’accusent jamais de vivre un mode de vie  des plus dangereux pour la planète. C’est comme si des producteurs d’alcool menaçaient l’humanité d’un danger absolu de ce produit.

Et ne parlons pas du plastique de leur smartphone qui se déverse dans les mers de ce même monde en n’ayant aucune chance de disparaître avant de nombreux siècles. Des batteries qui sont une terrible menace écologique et le Cloud, un immense émetteur de chaleur qui participe d’une manière dévastatrice au déséquilibre climatique.

Terminons par leurs habits à la mode qu’ils considèrent comme indispensables à leur identité et qui sont fabriqués par des esclaves des temps modernes dans des pays lointains qu’ils évitent de regarder en face.

 

Nous aussi nous sommes coupables de ce même comportement, à la différence qu’on ne s’amuse pas à détruire des œuvres d’art, à commettre les pires violences et à manifester au nom de l’écologie.

Non, l’écologie politique n’a pas sa place dans le combat écologique. Elle est un challenge si existentiel pour la civilisation humaine pour qu’on le laisse entre les mains de l’excentricité et des faux protecteurs, écologistes du brouhaha et de la violence champêtre.

Les esprits sérieux ont commencé un combat contre ce fléau du réchauffement climatique, la science viendra tôt ou tard à son secours. Déjà des avancées considérables sont le fait d’innovations extraordinaires. Les lois et comportement avancent dans la bonne direction.

Les écologistes politiques me font rappeler la parabole de Jonas. Il fut envoyé à Ninive (Mossul), capitale des Assyriens pour y prévenir du courroux du ciel qui s’abattrait sur les impies qui s’adonnaient aux pires péchés (une variante de la parabole de Sodome et Gomorrhe).

Oui mais voilà, Jonas sur les remparts de Ninive, à force de menacer chaque jour du châtiment n’avait pas voulu constater que son peuple s’était repenti. Il fut habité et grisé par son message et eut la prétention de penser que la rédemption n’existait pas. Il fut puni pour avoir cru détenir une vérité immuable et termina sa vie dans le ventre d’une baleine.

Il en est de même pour l’écologie politique, elle refuse de voir les avancées de l’humanité qui prend un chemin vertueux et ainsi la menaceraient. Quelle serait alors l’utilité de leur mouvement cacophonique, menaçant et violent ?

Sid Lakhdar Boumediene

1 COMMENTAIRE

  1. « 𝑺𝒂𝒏𝒔 𝒒𝒖𝒆 𝒍𝒂 𝒕𝒓è𝒔 𝒈𝒓𝒂𝒏𝒅𝒆 𝒎𝒂𝒋𝒐𝒓𝒊𝒕é 𝒅𝒆𝒔 𝒂𝒅𝒐𝒍𝒆𝒔𝒄𝒆𝒏𝒕𝒔 𝒏’𝒐𝒔𝒆 𝒆𝒏 𝒔𝒖𝒊𝒗𝒓𝒆 𝒍𝒆𝒔 𝒂𝒕𝒕𝒊𝒕𝒖𝒅𝒆𝒔 𝒆𝒙𝒕𝒓ê𝒎𝒆𝒔, 𝒍𝒆 𝒎𝒐𝒖𝒗𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒂𝒍𝒍𝒂𝒊𝒕 𝒄𝒐𝒓𝒓𝒆𝒔𝒑𝒐𝒏𝒅𝒓𝒆 𝒂𝒗𝒆𝒄 𝒍𝒆𝒖𝒓 𝒂𝒕𝒕𝒆𝒏𝒕𝒆 𝒄𝒂𝒓 𝒊𝒍 𝒑𝒐𝒓𝒕𝒂𝒊𝒕 𝒖𝒏 𝒔𝒐𝒖𝒇𝒇𝒍𝒆 𝒅𝒆 𝒍𝒊𝒃𝒆𝒓𝒕é 𝒆𝒕, 𝒔𝒖𝒓𝒕𝒐𝒖𝒕, é𝒕𝒂𝒊𝒕 𝒖𝒏𝒆 𝒆𝒙𝒕𝒓𝒂𝒐𝒓𝒅𝒊𝒏𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒔𝒐𝒖𝒓𝒄𝒆 𝒅𝒆 𝒕𝒂𝒍𝒆𝒏𝒕𝒔 𝒎𝒖𝒔𝒊𝒄𝒂𝒖𝒙 (𝒔𝒖𝒓𝒕𝒐𝒖𝒕 𝒄𝒆𝒍𝒂 𝒆𝒏 𝒓é𝒂𝒍𝒊𝒕é). »

    Ça me rappelle une blague : Son fils rentré de l’école, le père lui demande :
    – Qu’as-tu appris à l’école aujourd’hui, mon fils?
    – J’ai appris que 2 + 2 = 5
    – Aïe, c’est faux, ça. 2 + 2 = 4, mon fils.
    – Alors j’ai rien appris, papa.

    Si « une extraordinaire source de talents musicaux » est leur seul apport culturel, alors ils n’ont rien apporté du tout, car c’est plutôt l’inverse qu’ils ont fait. Ils ont pris la musique des noirs, qui était une musique qui touchait jusqu’au plus profond de l’âme et l’ont complétement détruite et fait oublier l’ancienne. Rock n’ Roll ? Un blanc qui chante du Rock n’ Roll ??? Encore pire pour le Blues. C’est une moquerie et une insulte.
    Des gens se sont fait un nom et des millions en copiant les œuvres de pauvres paysans noirs et en l’aseptisant et éliminant toute la part d’art qu’elles recelaient. Il y a plus d’émotion dans une note de Blind Willie Johnson ou Charlie Patton (et des centaines d’autres « anciens ») que dans toutes les chansons de Bob Dylan réunies. Entretemps, ce dernier imposteur a déterré le moins talentueux de tous les anciens chanteurs de blues noirs, Robert Johnson, et l’a décrété le plus grand chanteur de blues de tous les temps, alors qu’en réalité, les vrais « anciens » et vrais créateurs du blues, comme Son House, avaient conseillé à Robert Johnson de laisser tomber la musique car il n’avait vraiment aucun talent. Ses disques équivalent à écouter le bruit d’un couteau découpant du carton ou celui d’une pelle raclant le sol pour la remplir de ciment.

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