14 avril 2024
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Les femmes algériennes ont-elles une âme ?

TRIBUNE

Les femmes algériennes ont-elles une âme ?

À chaque fois que je consulte le Code de la famille algérien pour rédiger un article ou un post dans un réseau social j’ai l’impression d’une montée de nausée qui m’assaille. En ce jour du 8 mars, il nous faut encore et encore affronter et dénoncer l’insoutenable.

Il m’est impossible de commenter le texte dans son ensemble tant chaque ligne fait saisir d’horreur n’importe quel être doté d’un minimum d’humanité et d’instruction.

Un simple échantillon suffit. 

L’article du troupeau

Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que sa numérotation la place au début, je suis fasciné que dans un texte juridique il puisse y avoir encore une disposition pareille au 21e siècle.

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C’est mon  article fétiche, mon rappel à la vigilance que tout n’est jamais encore gagné et que l’humanité a encore du chemin devant elle.

Art. 8. – Il est permis de contracter mariage avec plus d’une épouse dans les limites de la « chari’â » si le motif est justifié, les conditions et l’intention d’équité réunies. L’époux doit en informer sa précédente épouse et la future épouse et présenter une demande d’autorisation de mariage au président du tribunal du lieu du domicile conjugal. Le président du tribunal peut autoriser le nouveau mariage, s’il constate leur consentement et que l’époux a prouvé le motif justifié et son aptitude à offrir l’équité et les conditions nécessaires à la vie conjugale. 

Jusqu’à quatre épouses, c’est franchement pas encore un troupeau mais ce n’est déjà plus de l’humanité. Bien entendu, allez demander à une femme, dans un tel contexte de terreur de la législation et d’insécurité financière, avec enfants, si elle est consentante. 

Pour prendre une telle décision, l’homme doit avoir un ascendant terriblement dissuasif et ce n’est pas les autres articles du Code qui ont des chances de pouvoir infléchir son assurance.

Mais on va plus loin dans le cynisme, il faut une égalité de traitement entre les épouses. En clair, en Algérie, avec toutes les difficultés de survivre décemment, seul l’argent permet l’autorisation légale.

Un statut de mineure

Cela a déjà été dit mille fois par l’opposition démocrate, le femme Algérienne est placée totalement sous la tutelle d’un homme, le mari, le frère.

Elle ne serait pas capable d’avoir une personnalité juridique entière et ne peut par conséquent prendre des décisions avec son propre sens de discernement et de liberté. 

Un enfant de quatre ans, s’il est un mâle aurait plus de droits. Ce n’est pas seulement ubuesque, c’est contraire aux bases de l’humanité depuis des millénaires.                                                                                               

Une demi-part d’humanité

Un vol organisé légalement, un scandale institutionnalisé et rien ne fait reculer ceux qui ont l’affront de légitimer une telle ignominie.

Après l’un de mes articles, une dame m’avait écrit et m’avait dit qu’en l’absence de mâles dans la fratrie (puisque c’est le mot qui convient à la situation) elle devait partager l’héritage de son père avec les oncles.

Comment ce pays ose-t-il encore se regarder dans la glace sans avoir honte ?

Un objet de science vétérinaire

Ce n’est pas seulement moi qui le prétends, de très nombreux démocrates et militants des ligues pour l’égalité des femmes l’ont rédigé mainte fois.

On la pèse, on l’analyse, on la passe sous le microscope dans tous ses aspects. La description de ses dispositions à être femme, à enfanter, à obtenir des droits, tout y passe dans un récit absolument fascinant de barbarie.

A-t-elle une âme ?                                                                             

Finalement, nous revenons à ce célèbre procès de Valladolid au XVIème siècle en Espagne car nous en reconnaissons la même controverse. Il était question, à cette époque de domination de la couronne espagnole sur le nouveau monde, de décider, en présidence d’un envoyé du Pape faisant office de juge, si les indiens des territoires occupés avaient une âme.

Malgré la défense acharnée du moine Bartolomé de Las Casas, il fut jugé que ces êtres n’avaient pas la conscience suffisante de l’existence d’un Dieu et n’avaient pas les mœurs assez civilisés pour entrer dans son royaume.

Et bien entendu, dépourvus d’âme, l’esclavage était légitimé et pouvait les traiter en animaux.

J’embrasse toutes les femmes et les encourage à tenir bon, on les aime profondément. Et si elles étaient une demi-part, c’est avec certitude que c’est la meilleure. Elles sont nos vies et nos âmes.

 

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant

 




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