7 décembre 2022
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Les illusions et les réalités de l’Algérie

Ubu roi

L’arbitraire ordinaire continue. Et Abdelmadjid Tebboune peut continuer à cancaner dans une presse qui a préféré la servilité à l’information, il en va tout autrement de la situation du pays. 

Il y a l’illusion et la réalité. Fakhamatouhou Abdelmadjid Tebboune et ceux qui l’ont coopté sont dans les apparences. En l’espèce, on ne peut pas dire qu’ils soient médiocres. Loin s’en faut. Ils ont même renouvelé en partie leur arrière-cour.

Cependant, il y a de cruelles réalités que ni les discours ronflants et patriotards, ni le tapage médiatique abrutissant ne peuvent cacher : l’Algérie est encalminée. Ceux qui sont aux affaires font montre d’un manque d’imagination particulièrement dangereux.

En décembre 2019, le système avait fait de Tebboune son candidat pour faire oublier l’ère crépusculaire de Bouteflika. Plusieurs fois ministre et premier ministre de ce dernier, Tebboune reconduit le système au grand désespoir des millions d’Algériens qui criaient : « yetnahaw gaâ ». La rue avait compris que c’est un 6e mandat à la Bouteflika qui se profilait à l’horizon de l’Algérie.

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Louisa Dris-Ait Hamadaouche qui siège désormais au Conseil constitutionnel avait déclaré à l’issue de la présidentielle de 2019 : « L’élection présidentielle est une victoire technique mais une défaite politique » et « la légitimité d’Abdelmadjid Tebboune en tant que président est non seulement à construire mais il devra aussi déconstruire le processus qui l’a mené à sa nouvelle fonction. C’est un double défi. »

Trois ans plus tard, le pays est en pilotage automatique. A deux ans de la fin de son mandat, l’homme a reconduit l’échec. Sauvé pour l’heure par les prix du pétrole qui remontent, Abdelmadjid Tebboune fourbit ses plans pour durer, maintenir la chappe de plomb et empêcher que le couvercle lui saute au visage.

« Puisqu’il y a des recettes supplémentaires cette année, je m’engage à augmenter les salaires, et même l’allocation chômage », vient de promettre Tebboune. On en est là ! Quant à la relance économique, elle peut attendre. Calcul d’épicier quand tu nous tiens ! Que fera-t-il si les cours du pétrole s’effondre ? Aucun sens de la prospective… Hyini lyoum qtelni ghedwa, comme dit l’adage populaire.

Le gouvernement chargé de sortir le pays de la paralysie est incapable d’imprimer le moindre rythme à une économie en panne. Plusieurs ministres ont été congédiés, en vain. Aucun des grands dossiers évoqués ne trouve le moindre signe de démarrage.

Comble de l’ironie ! En 2022, les rares courageux investisseurs privés font face à un système bancaire moyenâgeux. L’informel est toujours la norme économique au grand dam des épris de l’orthodoxie de la transparence économique. Quant aux rares esprits libres et hommes politiques ils sont réduits à ferrailler avec un écosystème judiciaire des plus capricieux.

Si en haut lieu, on continue de mener grand train, le peuple tire le diable par la queue. Tebboune inaugure les projets laissés par Bouteflika (stades, routes, ensembles immobiliers…).

Chômage, bureaucratie, absence de perspective, glaciation politique, arbitraire… des milliers d’Algériens réunissent leurs économies pour rejoindre l’Europe.

Demain, dans quelques années, ceux-là mêmes qui complimentent et divinisent l’actuel locataire d’El Mouradia changeront de ton avec le changement inévitable qui attend. Car il y va de la viabilité du pays et de son devenir même. Le bricolage, le mensonge, les faux semblants, la corruption, la répression… peuvent être des outils de gouvernance un temps, mais pas tout le temps.

Ceux qui dirigent le pays auront-ils le courage de saborder leur méthode actuelle pour redonner espoir aux Algériens ? Peu sûr.

Sofiane Ayache

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