16 avril 2024
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Libye : la conférence de réconciliation pourrait être compromise

Sassou Nguessou et Abdellah Lafi
Sassou Nguessou et Abdellah Al Lafi

En Libye, pays en crise et divisé depuis la première guerre civile de 2011, des représentants du camp de l’est menacent de quitter un Comité national chargé de préparer une grande Conférence inclusive de réconciliation. En cause : leurs griefs envers celui qui dirige ce Comité national, Abdullah al-Lafi. 

Cela fait de longs mois que le Comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye multiplie les efforts, en vue de l’organisation de la conférence nationale inclusive pour la réconciliation libyenne.

Ce comité présidé par le chef de l’État congolais, Denis Sassou-Nguesso, a arrêté une date pour cette conférence qui se tiendrait à Syrte, le 28 avril prochain.

Un comité national composé des représentants de l’est, de l’ouest et du sud libyen est chargé de la préparer. Elle est menée par le vice-président du Conseil présidentiel Abdullah al-Lafi.

Un différend entre les représentants de l’est libyen et le président de ce comité pourrait cependant menacer ce processus de réconciliation.

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Les treize membres qui représentent le camp de l’est libyen au sein du comité national chargé de préparer la Conférence inclusive de la réconciliation menacent en effet de se retirer.

Une situation qui pourrait entraver les efforts de l’Union africaine pour apaiser la situation libyenne avant l’organisation des élections.

Ces représentants ont adressé, le 20 mars dernier, une lettre à Denis Sassou-Nguesso lui réclamant de remplacer Abdullah al-Lafi.

Le camp de l’est libyen entend ainsi protester contre la décision récente d’Abdullah al-Lafi d’exclure les morts, les blessés et les disparus de l’Armée nationale libyenne (ANL) de ce qu’on appelle la Commission générale des martyrs et des disparus en Libye, ce qui prive leurs familles des indemnités de l’État. Selon ses détracteurs, Abdullah al-Lafi montre, par cette décision, qu’il ne respecte pas le principe de la neutralité.

Le camp de l’est libyen lui reproche également d’avoir annulé plusieurs réunions du comité préparatoire, ce qui – mentionne la lettre adressée à Denis Sassou-Nguesso – « menace les efforts de réconciliation de l’Union africaine et pose des obstacles au travail du comité préparatoire ».

Il n’y a pas eu encore de réaction à cette lettre ni de la part du Conseil présidentiel libyen, ni de la part du comité de haut niveau de l’UA.

À noter qu’en décembre dernier, les représentants de Saïf al-Islam Kadhafi, un des fils du défunt dictateur Mouammar Kadhafi, ont annoncé leur retrait du processus de la réconciliation jugeant le Conseil présidentiel « pas sérieux » pour n’avoir pas libéré les caciques de l’ancien régime, emprisonnés et sans jugement depuis 2011. La réconciliation devait passer par leur libération.

Pour rappel, le Congo-Brazzaville a abrité le 5 février 2024, la neuvième réunion du sommet des chefs d’État des pays membres du Comité de haut niveau de l’Union africaine sur la Libye, dernière étape avant l’organisation de la conférence nationale inclusive pour la réconciliation nationale. Mais les Libyens, minés par les divisions, les ingérences étrangères, la présence des milices et de deux gouvernements rivaux qui se disputent le pouvoir, ne semblent pas encore prêts à prendre le chemin d’une vraie réconciliation.

Avec Rfi

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