1 octobre 2022
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L’indépendantisme de Lounes Hamzi et l’anti-kabylisme de Karim Tabbou 

OPINION

L’indépendantisme de Lounes Hamzi et l’anti-kabylisme de Karim Tabbou 

C’est parce que Lounes Hamzi n’est pas hirakiste comme Karim Tabou mais plutôt indépendantiste pour le garder dans l’anonymat ! Donc, il mérite d’être incarcéré ! Alors, c’est quoi l’Algérie pour laquelle les citoyens battent le pavé depuis février 2019 ? 

Ce qui a été vu à Bab-El-Oued pour le 114e vendredi de la révolution où Karim Tabbou chante dans une foule comme ces jeunes supporters de foot pour dire que : « Le MAK et le GIA sont une création du DRS », il y a de quoi s’inquiéter sur notre destinée avec cette nouvelle génération de politiciens. Ce sont des propos assez curieux à l’égard d’un mouvement politique pacifique issu de la Kabylie, enfonçant de fait le cas de Lounes Hamzi.

À saisir ses accusations sans fondement et pour le moins imaginaires, l’opinion publique doit comprendre naturellement que Naïma Salhi et Karim Tabbou prêchent pour la même chapelle : celle d’un pouvoir islamo-conservateur. Le dernier communiqué du Ministère de la Défense qui qualifie le MAK d’une organisation criminelle encourage une polémique qui risque de virer vers la confrontation et la déstabilisation. Ce sont des munitions pour un pouvoir qui cherche désespérément la moindre occasion pour étouffer tout espoir de changement, et la Kabylie fait partie dans son plan machiavélique.

Cette énième provocation contre la Kabylie par l’ancien exclu du FFS – il faut le dire qui arrange le pouvoir – a provoqué l’ire de ces citoyens. Il suffit de faire le tour dans les réseaux sociaux pour le savoir : la consternation est générale. Le refus de reconnaître le drapeau amazigh et claironner en langue arabe à partir de son propre village peuvent être considérés comme un jeu politique, mais l’accusation faite contre les militants du MAK en les comparant à ceux du GIA est grave et égale à celle de Bensdira qui a demandé de gazéifier les Kabyles.

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Dans tous les cas, Karim Tabbou s’offre un rôle de vicaire : tantôt pour les islamistes, tantôt pour le pouvoir.

Loin d’être en accord avec le mouvement indépendantiste, mais le comparer au GIA c’est inadmissible. L’Histoire retiendra cette bévue, le peuple kabyle est rancunier.

La célébration du 20 avril à Tizi-Ouzou a failli tourner au vinaigre à cause des provocations des services de sécurité. Les citoyens ont réagi avec un esprit de solidarité et dans un pacifisme exemplaire. C’est dans la pluralité politique que tous les manifestants ont marché côte à côte et pour un seul objectif : le combat identitaire et démocratique. Une leçon à retenir, un espoir à entretenir.

Pour épancher davantage là-dessus, l’islamologue laïc Said Djabelkhir, la doctoresse-militante Amira Bouraoui, où les indépendantistes-pacifistes de Djamal Azaim et Lounes Hamzi n’ont pas eu les mêmes faveurs et les mêmes soutiens que l’intégriste de Larbi Zitout de Rachad qui était en contact avec Gaïd Salah et qui veut embraser l’Algérie, et Amir dz qui est impliqué dans des affaires douteuses : d’extorsion de fonds; de chantages; les atteintes à l’honneur des familles algériennes.

Quand les autorités judiciaires avaient lancé un mandat d’arrêt international contre ces deux nervis, Karim Tabou, était très motivé devant les médias pour leur exprimer des soutiens. Mais curieusement, a-t-il des liens d’intérêts pour les défendre avec un tel acharnement? 

Pour revenir à Lounes Hamzi qui croupit en prison pour le seul motif : être un militant du MAK, c’est inéluctable qu’il soit victime d’une telle débâcle judiciaire. Avant de poursuivre, il mérite de lui présenter des excuses pour le manque de soutien. Certes, il y a eu des actions qui ont été entreprises pour dénoncer son arrestation, mais elles sont insuffisantes. D’autres qui sont structurés autour d’une organisation politique qui surfe sur la vague de la révolution ont essayé de brandir sa photo « un seul vendredi » – comme il l’a fait le RCD – pour récupérer quelques dividendes perdus en région de la Kabylie. C’est plutôt du ridicule, c’est un soutien factice.

En fin de compte, c’est sa famille qui souffre, et surtout sa mère. Sinon pour les autres, Lounes Hamzi est un objet pour faire de la politique, son incarcération est exploitée à d’autres fins. L’arrestation arbitraire de l’enfant de Makouda ainsi que d’autres militants qui ne partagent pas les mêmes valeurs politiques avec d’autres sont oubliés et exclus de la liste des victimes du système.

S’il avait reçu une vraie mobilisation, son destin aurait été autrement, il serait libre et il continuerait à militer pour ces idées. Mais, malheureusement, il n’est pas un Tabou qui a reçu presque une centaine d’avocats pour plaider sa cause, il est comme Amira Bouraoui qui a eu vraisemblablement un seul avocat. Elle aussi est victime de l’oubli, sa défense est loin d’être une sinécure. 

Il est à constater qu’une bonne partie de l’opinion publique et politique est caractérisée par l’indolence. Une forme de régression en termes de combat pour les libertés d’expression et la pluralité des idées surtout quand il s’agit de défendre le démocrate, le libre-penseur, le laïc ou ceux qui veulent en finir avec ce système de gouvernance hypercentralisé.

«Chacun pour soi » ou « fouler aux pieds les principes fondamentaux de la défense d’un individu » sont probablement les deux attitudes absurdes qui sclérosent certains activistes. La première est motivée par l’inexpérience, l’amateurisme et l’égoïsme, et la deuxième est liée à un problème sociétal ou l’islamisme et le militarisme ont endoctriné l’esprit et la pensée chez une bonne partie des Algériens. Ils sont influencés sévèrement.

D’apparence, il convient aussi de mentionner que nous sommes loin des principes et de la raison pour la défense des individus victimes d’une injustice. Cependant, honteusement ou d’une manière cauteleuse, la partialité des défenses est littéralement exprimée au mépris des valeurs communes telles que la dignité, l’équité, l’égalité, le respect et l’indépendance. Auxquels faut-il ajouter à cette déchéance le fanatisme, l’indifférence et l’égoïsme. 

Les militants indépendantistes « vivant en Algérie » endurent des situations difficiles à la suite de leurs engagements. En conséquence, ils ont pratiquement perdu leurs droits fondamentaux et le droit de cité : licenciés de leurs postes d’emplois; le refus d’avoir un passeport; l’interdiction de circuler librement; les harcèlements judiciaires; les incarcérations arbitraires; etc. La majorité d’entre eux sont jeunes, leur avenir est presque compromis. Ils sont sacrifiés.
 

Auteur
Mahfoudh Messaoudene

 




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