21 juillet 2024
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Maroc : des journalistes embastillés et empêchés d’écrire

Des journalistes et des défenseurs des droits incarcérés au Maroc sont « privés du droit de lire et d’écrire », a accusé l’ONG Amnesty International, les autorités marocaines assurant jeudi qu’il s’agit en réalité de prisonniers de droit commun. Quant aux prisonniers politiques du Rif …

L’arbitraire, le mépris souverain des libertés règnent en majesté au Maroc, comme au demeurant dans les deux autres pays voisins, l’Algérie et la Tunisie. Au royaume de sa majesté Mohammed VI, des « journalistes et un universitaire sont privés du droit de lire et d’écrire dans les prisons marocaines », a indiqué l’ONG, dans un communiqué publié mercredi, dénonçant « une atteinte délibérée à leur liberté d’expression ».

Il s’agit des journalistes Soulaimane Raissouni, Omar Radi et Taoufik Bouachrine, condamnés respectivement à cinq, six et quinze ans de prison dans des affaires d’agressions sexuelles.

Mais également l’ex-bâtonnier Mohamed Ziane, qui purge une peine de 3 ans de prison notamment pour « harcèlement sexuel » et « adultère », et le défenseur des droits humains Rida Benotmane, condamné à 18 mois de prison pour des publications critiques sur Facebook. Des accusations qu’ils ont toujours niées.

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Dans un rapport publié en juillet 2022 l’ONG Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé des « techniques de répressions », dont des procès de droit commun ciblant des opposants et « souvent entachés de graves violations du droit à une procédure régulière et équitable ».

Amnesty internationale, citant leurs proches, a affirmé que les détenus ont vu leurs manuscrits « confisqués » ou ont été « privés » du droit d’écrire.

L’administration pénitentiaire a démenti jeudi que M. Radi soit empêché d’écrire, affirmant qu’il « dispose de stylos et papiers » ainsi que « des livres, journaux et magazines », sans évoquer les autres cas. C’est dire…

Dans son communiqué, l’ONG internationale a réitéré son appel à libérer les journalistes et les universitaires incarcérés. Peine perdue ! Pour les autorités marocaines, ils ont été condamnés dans des affaires qui « n’ont rien à voir » avec la liberté d’expression. Allez les croire ! Ne dit-on pas que quand on veut tuer son chien, on l’accuse de rage ? Les arguments, la manipulation des faits et actes d’accusation ne manquent pas pour les systèmes répressifs.

En juillet 2022, l’ONG Human Rights Watch vient de sortir un rapport inédit sur le Maroc : “un manuel des techniques de répression au Maroc”, ou comment, depuis une dizaine d’années, le gouvernement marocain réprime les opposants et les journalistes critiques.

Téléphone mis sous surveillance, caméra cachée dans les logements, agression dans la rue, peine de prison. Voilà un extrait des techniques de répression marocaines dépeintes par le nouveau rapport de Human Rights Watch. Appelé « manuel », l’ONG décrit en 140 pages les différentes manières utilisées par le gouvernement du Maroc pour faire taire l’opposition depuis une dizaine d’années.

Le Maroc a glissé à la 144e place (-9) dans le dernier classement mondial de la liberté de la presse publié mercredi par Reporters sans frontières (RSF) pour l’année 2023.

Réagissant à ce classement, le porte-parole du gouvernement marocain Mustapha Baitas a affirmé jeudi que RSF était « connue pour son hostilité systématique envers le Maroc », ajoutant que « le gouvernement marocain accepte à coeur ouvert toutes les critiques à condition qu’elles soient objectives et constructives ». Un argument qu’on entend aussi à Alger, comme à Tunis. C’est dire qu’en matière de répression, ces systèmes ont été à la même école.

LM./Afp

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