31 janvier 2023
spot_img
AccueilMondeMaroc : lourde condamnation du journaliste Soulaimane Raissouni

Maroc : lourde condamnation du journaliste Soulaimane Raissouni

Soulaimane Raissouni

La défense du journaliste, Soulaimane Raissouni, connu pour son ton critique envers les autorités, a décidé de se pourvoir en cassation, et dénonce les « failles » de l’accusation.

L’arbitraire sévit aussi dans le royaume chérifien. La justice marocaine a confirmé en appel, mercredi 23 février, une sévère peine de cinq ans de prison ferme à l’encontre du journaliste indépendant Soulaimane Raissouni, pour « agression sexuelle », une accusation qu’il a rejetée durant tout son procès.

« Ce jugement est la preuve qu’on veut se venger de M. Raissouni. Nous sommes très déçus, on s’attendait à ce qu’il soit innocenté au regard de l’ensemble des failles exposées tout au long du procès », a déclaré à la sortie de la cour d’appel de Casablanca son avocat, Miloud Kandil, à l’Agence France-Presse. La défense du journaliste a aussitôt décidé de se pourvoir en cassation, à l’issue d’une audience qui a duré huit heures.

Comme en première instance, la peine d’emprisonnement est assortie de dommages et intérêts de 100 000 dirhams (environ 9 500 euros) en faveur du plaignant. Le verdict a été accueilli par les soutiens de M. Raissouni – qui avaient rempli une salle d’audience comble – au cri de « procès inique »« Soulaimane, sois rassuré, nous allons continuer le combat », ont-ils promis.

M. Raissouni, éditorialiste de 49 ans, connu pour son ton critique vis-à-vis des autorités, était accusé d’« agression sexuelle » par un jeune militant LGBTQ, charge qu’il a toujours rejetée devant le tribunal, estimant être poursuivi « à cause de ses opinions ». Il encourait une peine maximale de dix ans de prison ferme. L’attentat à la pudeur avec violence « est puni de la réclusion de cinq à dix ans », selon le code pénal marocain.

De nombreuses « failles »

- Advertisement -

« Nous ne sommes pas satisfaits, même si les dommages et intérêts ont été confirmés. Cette somme ne saurait rendre justice à une personne ayant été victime d’agression sexuelle », a affirmé de son côté l’avocate de la partie civile, Aïcha Guellaâ. L’enquête avait été ouverte à la suite d’une publication sur Facebook dans laquelle l’accusateur incriminait, sous pseudonyme, M. Raissouni de l’avoir agressé sexuellement. La plainte se fondait également sur une conversation enregistrée – mais non diffusée lors du procès – et des échanges sur le système de messagerie Messenger.

Avec AFP

ARTICLES SIMILAIRES

Les plus lus

Plongée au cœur du champ artistique algérien (1)

  Raccourci pour raison éditoriale, le titre complet est : Plongée au cœur d’un champ artistique algérien réceptif à l’authenticité ritualiste du martyr-héros et des...

Les plus populaires

Commentaires récents