1 février 2023
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Médicaments pour la Kabylie : le cri de colère d’un président d’association

Union des berbères de Beauvais

Quel soulagement après des mois d’attente, de savoir que des personnes vont enfin pouvoir bénéficier de produits médicaux pour soulager leur douleur.

Ce sont près de 150 cartons pour un poids total avoisinant les 700 kg qui avaient été récoltés lors de notre collecte du  21 août 2021 à la mairie de Beauvais au profit des victimes d’incendies de Kabylie.

Solidarité avec la Kabylie

Les dramatiques incendies en Kabylie après les vagues de Covid-19 ont révélé le grave dysfonctionnement du système médical algérien.

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Nul ne peut rester insensible à la souffrance des humains, et dès que nous l’avons pu en partenariat avec la municipalité de Beauvais, notre association a lancé une collecte de médicaments pour répondre aux besoins urgents qui nous avaient été signalés.

De nombreux citoyens, l’hôpital et des industries pharmaceutiques de la ville sont venus apporter leur aide pour soulager la souffrance des nombreuses victimes des incendies en Kabylie.

Ces médicaments 7 mois après leur collecte sont enfin entre les mains de malades, mais malheureusement pas en Algérie mais au Liban.

Cheminement d’une administration sans âme

Après la collecte, nous sommes immédiatement entrés en contact avec une association de la région de Michelet, nous leur avons adressés la liste détaillée des médicaments collectés. Charge à eux de se procurer l’autorisation d’importer délivrée par le Ministère de l’Industrie pharmaceutique.

Cette autorisation ne nous parviendra que le 15 septembre, soit près d’un mois après la collecte mais aussi après une dizaine d’aller-retour entre Tizi-Ouzou et Alger. Chaque retour de voyage révélant toute l’ampleur du drame vécu par chaque Algérien confronté à son administration kafkaïenne. Le principe de Peter énonce que chaque poste de responsabilité finit par être occupé par une personne qui n’en a pas les compétences. En Algérie, ce principe commence manifestement dès le fonctionnaire de base.

Il n’y a pas de Tiers-Monde ou de Quart-Monde me disait un professeur de Droit, il n’existe sur terre que deux types de nations.

Les nations qui : lorsque se pose un problème cherchent à savoir comment le régler.

Les nations quoi : lorsque se pose le même problème se disent qui va nous le régler.

Je vous laisse deviner où se situe l’Algérie.

On aura tout vu durant ces mois perdus à obtenir un document pour exporter nos médicaments.

  • Tout d’abord rejet de notre liste de près de 20% des médicaments. Pas de Paracétamol ni d’antalgiques pour les brûlés qui souffrent…. J’ai alors changé l’intitulé de la composition de chaque carton. Hors de question de ne pas envoyer ces antidouleurs.
  • Puis, on nous a demandé de mesurer et de peser chaque carton. On aura encore perdu un après-midi à mesurer et peser chaque carton, lesquels étaient déjà palettisés et filmés.
  • Puis on nous a demandés de faire des listes de colisage par type de médicaments.

A chaque retour d’Alger je m’arrachais les cheveux à l’écoute des nouvelles demandes formulées par l’administration alors que l’on nous apprenait que l’on ne trouvait plus de Biafine ni de Doliprane dans les pharmacies.

J’ai alors demandé aux responsables de l’association des environs d’Aïn El Hammam (wilaya de Tizi Ouzou) de trouver la personne qui, au sein de ce sinistre Ministère, pourrait nous procurer le précieux sésame pour exporter les médicaments.

Figurez-vous que c’est un simple planton qui par pitié après avoir constaté les multiples allers-retours sur la route mortifère entre Tizi-Ouzou et Alger nous a obtenu le fameux document.

Puis arrive la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Nous pensions naïvement que le gouvernement algérien allait demander à Air Algérie de ne pas faire payer le fret pour ces dons de médicaments.

Coût du fret environ 5 000€, soit le budget de notre association avec aucune certitude que nos médicaments arrivent auprès des malades.

J’ai cherché en vain d’autres solutions d’acheminement, et puis un matin j’entends à la radio qu’au Liban le peuple souffre. J’ai contacté des amis libanais de Beauvais et les médicaments destinés à la Kabylie soignent aujourd’hui des libanais.

C’est le Lyons Club de Zahlé qui se charge de la répartition des médicaments dans les villages et hôpitaux environnant.

Hocine Rahmani, responsable de l’Union des Berbères de Beauvais (département de l’Oise, en région Hauts-de-France)

 

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