4 octobre 2022
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Même le Botswana peut servir de modèle à l’Algérie !!!

Développement

Même le Botswana peut servir de modèle à l’Algérie !!!

La bonne gestion de la rente n’est pas seulement l’apanage des nations développées comme on l’a vu dans la précédente chronique sur la Norvège mais aussi des petits pays tel que le Botswana par exemple.

Qui l’eût cru pourtant ? Désertique et enclavé au fin fond de l’Afrique australe, ce dernier est parvenu quand même après seulement 50 ans d’indépendance à quadrupler sa richesse nationale, en ramenant le taux de la pauvreté au sein de sa population, estimée aujourd’hui à 2 millions d’habitants, à moins de 19% contre 50% sous la colonisation.

C’est vrai que l’économie botswanaise qui se limitait, au moment du départ des Britanniques en 1966, à un rôle de réserve à bas coût pour l’Afrique du sud (le Botswana importait, en effet, la totalité de sa consommation et n’exportait que la production de son abattoir public -«le Botswana Meat Corporation»– son unique entreprise nationale), s’est beaucoup enrichie après la découverte de gisements de diamants en 1967 (le plus grand producteur mondial de diamants : 20 millions de carats qui génèrent 80% de ses recettes annuelles et contribuent à 30% de son PIB).

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Mais il n’en reste pas moins que les raisons de son décollage économique sont ailleurs : ses gouvernants ont massivement investi dans les secteurs de l’éducation, la culture, la santé, le logement, etc. Autrement dit, ils ont préparé le terrain par le biais d’une alternative citoyenne prometteuse à l’avenir des générations montantes. Un autre point important à mettre également en exergue dans cette expérience intéressante : Botswana est le pays le moins corrompu du continent noir, il est appelé au demeurant par certains analystes «la Suisse de l’Afrique». Son taux de transparence étant de 6.1% sur une échelle de 10 en 2011 contre 5.4% en 2007.

Ainsi est-il classé récemment, selon l’indice de la perception de la corruption de Transparency International, au 30eme rang sur 174 pays, un exploit africain sans aucun doute! Ce qui démontre non seulement la fiabilité et le sérieux des moyens de contrôle et de dissuasion étatique contre les détournements de l’argent public mais l’exigence morale des élites. Enfin, si ces dernières n’avaient pas constitué un fonds souverain comme dans le cas norvégien, elles pourraient tout de même s’enorgueillir de la bonne organisation économique de la rente et des ressources humaines.

D’ailleurs, les budgets du pays sont toujours excédentaires et le revenu par habitant y est aujourd’hui supérieur à 7.000 dollars par an, soit le triple du revenu annuel de plus d’un milliard d’Africains. Quelle est la différence entre l’Algérie et le Botswana alors ? : l’absence de la bonne volonté politique chez nous.

Auteur
Kamal Guerroua

 




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