21 février 2024
spot_img
AccueilA la uneMémoire d'un Oranais (16) : Le coiffeur de Tlemcen et les ciseaux…...

Mémoire d’un Oranais (16) : Le coiffeur de Tlemcen et les ciseaux… tranchants !

Coiffeur
Image par jacqueline macou de Pixabay

Les coutumes et les usages sociaux vous tombent souvent sur la tête sans que n’ayez jamais demandé qu’ils vous contraignent sans votre avis préalable.

On peut concevoir qu’on ne demande pas l’accord d’un mineur lorsqu’il faut enlever un ménisque, un appendice, une dent ou des végétations. Il s’agit là d’une action de protection qui prouve la responsabilité et l’amour qu’on porte à la malheureuse victime.

Mais qu’en est-il lorsqu’on porte atteinte à l’intégrité de votre corps lorsqu’il n’y a aucune raison à le faire ? Pourtant cette coutume en donne l’autorisation à la société sans vous demander la vôtre.

Mémoire d’un Oranais (15) : Nawal et sa journée sous l’olivier

Il en était une des plus sournoises et hypocrites que l’innocent enfant devait subir. Oranais mais en vacances à Tlemcen, l’aventure du forfait va vous être racontée.

- Advertisement -

Dans la culture de Tlemcen dont était originaire mon père, la coutume en cette affaire était encore plus contestable qu’elle ne l’était ailleurs. Non seulement je n’étais ni au courant ni n’avait à donner mon avis mais les parents étaient également écartés de la confidence de l’attentat.

« Viens mon petit, je vais aller faire des courses et j’en profiterai pour t’acheter des bonbons » avait dit la Grand-tante au petit enfant de trois ans avec le sourire du criminel qui préparait son forfait. Comment et pourquoi voulez-vous qu’il résistât à cette invitation ?

El le périple vers l’échafaud commença. Les bonbons tardaient à venir et l’enfant essayait de suivre le pas de la parente qui semblait être pressée de faire les courses. Le souci est que je ne l’avais pas vu un seul instant s’arrêter devant un marchand de légumes ou de toute autre échoppe.

Et puis vint le moment où le guet-apens se mis en place. Je me suis demandé ce que faisait ma grand-tante à discuter avec le coiffeur pour hommes du quartier au pas de sa porte.  Le très jeune âge ne pouvait se poser la question des interdits sociaux mais il était averti des habitudes et celle-ci lui semblait déroger aux autres.

Puis elle quitta l’étranger et toujours pas de bonbons. Le périple pour la gourmandise commençait à être long lorsque, chose étrange, elle revint chez ce coiffeur. Ces traîtres avaient convenu d’un rendez-vous une fois que le client précédent avait fini de se faire couper les cheveux.

Jamais ce verbe « couper » n’eut autant de signification dans ma vie. L’homme me demanda de l’accompagner, la grand-tante restant au pas de la porte.

À l’âge de la maturité nous soupçonnerions ce monsieur d’un abominable penchant criminel envers un petit garçon. Surtout lorsqu’il m’emmena dans l’arrière-boutique pour être allongé sur une table.

Il me demanda de lever au ciel mes yeux pour regarder le petit oiseau au plafond (voilà encore une incrimination criminelle). Et c’est là que j’ai compris qu’il s’agissait du mien.

En droit pénal le crime d’atteinte à l’intégrité d’une personne est prescrit au bout de trente ans s’il n’y a pas de poursuite. Mais moi, plus de soixante ans après je lui exige la restitution d’un bout de mon intimité.

Lorsque j’avais été opéré du ménisque à l’âge de la quarantaine, le chirurgien m’avait proposé de reprendre avec moi la partie enlevée.

Je réclame donc à ce coiffeur de Tlemcen la restitution de ce qui m’appartient et que ce chirurgien du ciseau m’avait pris avec lâcheté et sans mon accord.

Depuis, tout au long de ma vie, lorsque je me rends chez le coiffeur, croyez-moi que j’ai toujours un œil qui surveille la paire de ciseaux.

J’ai survécu pour pouvoir vous raconter cette histoire. D’autres ne l’ont pas pu, il faut imaginer qu’une seule coupure par un bout de bois sans recours à un antiseptique avait valu bien des morts en cette période ancienne.

C’est dire le danger d’infection par une paire de ciseaux qui avait servi sur trente têtes. Surtout à une époque où la douche n’était pas quotidienne.

Finalement ces bonbons avaient eu un sacré goût…tranchant. Le lecteur a deviné en quoi cette coutume l’était.

Boumediene Sid Lakhdar

1 COMMENTAIRE

  1. Voila, maintenant tu es cilise’ ! D’apres les hadiths de Freud, c’est une facon de s’assurer que tu ne confend jamais derriere et devant. J’espere que tu t’en es remis tout de meme. Si c’est le seul malheur qui te soit arrive’, c.a.d. qu’il y a pas eut de plus terrifiant pour de l’ombre a celui-ci, alors tu peux te rejouir d’avoir eut une une vie plutot doucette. Imagine-toi les horreurs que subissent les jeunes petites filles dans pas mal d’endroits, ou mouh et d’autres chitanes ilumine’s comme lui, reignent…En fait, ca ne produit que le contraire, car, que de nerfs cour-circuite’s labas ! Fais comme le font tous les salauds religieux TOUT BORDS CONFONDUS, regouis-toi des pires qu’auraient subit les autres, disent-ils. Enfin, Faut tout de meme trouver quelque chose de positif dedans, il y en a toujours. Ca t’a fait guagner de la resilience tout de meme. Regarde comment tu as resiste’ la censure de mes autres commentaires, a propos de la Kabylie. J’allais suggerer un peu de compression dans vos textes, mais fin de compte non – l’essentiel est que ca sorte. Bon week-end.

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici