3 décembre 2022
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Misogynie à l’Université de Bouira : l’administration se démarque

 

Université Mohand Oulhadj de Bouira

L’Université Akli Mohand Oulhadj de Bouira a publié un communiqué dans lequel elle dénonce le contenu polémique du communiqué du bureau de sécurité intérieure qui circule sur les réseaux sociaux depuis la fin de la semaine dernière.    

Il n’y a aucune interdiction pour les étudiantes de l’université de Bouira de circuler ou d’échanger avec leurs camarades garçons. Et pourtant il y a de quoi s’interroger quand on lit le communiqué publié par le bureau de sécurité de cet université.

La Direction de la Faculté des sciences de la nature et de la vie et des Sciences de la nature (SNVSN) de l’université Akli Mohand Oulhadj de Bouira réagit au communiqué émanant du bureau de sécurité intérieure de ladite Faculté. La direction se démarque du contenu du communiqué, présente ses excuses aux étudiants et promet l’ouverture  d’une enquête administrative afin de punir les auteurs de cet acte.

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Le document en question constitue une véritable atteinte aux libertés individuelles des étudiants, notamment des étudiantes, à qui on promet, « si elles sont prises en faute », d’être stigmatisées et désignées à la vindicte de leurs parents et de l’opinion en général, en agitant la menace de placarder les noms de toute contrevenante aux injonctions des agents en charge de la sécurité interne de la Faculté.

En effet, le communiqué stipule que dans le cas où « toute étudiante est surprise en compagnie  d’un  individu (comprendre de sexe masculin, Ndlr), fût-il un étudiant, à l’intérieur des salles de classe, des amphithéâtres, dans les allées  ou dans  tout autre endroit de la Faculté, ses parents seront convoqués sur le champ et son nom placardé sur le tableau d’affichage. Nous restons intransigeants sur la question », écrit le rédacteur du communiqué dont les termes frisent la misogynie et un sixième des plus dégradants.

Sur le réseaux sociaux, l’indignation des internautes est  à la hauteur du  contenu jugé  « diffamatoire », « attentatoire à la dignité et aux libertés des étudiants  et de l’ensemble de la communauté  universitaire  de Bouira. Un contenu qualifié de « rétrograde ». Certains commentateurs n’hésitent  pas à parler de « daïchisation de l’université », et dénoncent les dérives idéologiques d’agents sensés veiller à la sécurité des étudiants se transformer  en véritables police des mœurs, les pasdarans iraniens de triste renommée. D’autres voient dans les termes du  communiqué incriminé l’empreinte des syndicats étudiants d’obédience islamiste qui sont omniprésents, s’adonnant à leur lobbying politico-idéologique au sein de l’université de Bouira.

Réagissant au communiqué du bureau de sécurité intérieure de l’établissement, la direction de la Faculté de SNVSN s’est dit « étonnée comme l’ensemble de la communauté  universitaire de notre faculté par le contenu du communiqué émanant de la responsable  du bureau de sécurité intérieure sans en référer à la direction de la Faculté, seule  habilitée à prendre de telle décision et de prendre connaissance du contenu de chaque publication qui se fait en son nom », écrit le doyen de la Faculté SNVSN de l’université de Bouira qui « présente (ses) excuses aux étudiants et étudiantes quant au contenu de ce communiqué et dénonce avec fermeté de tels comportements  irresponsables ».

En outre, la direction affirme prendre « des mesures afin d’engager une enquête sur cette affaire et de prendre des sanctions qui s’imposent à l’encontre des auteurs de cet acte ».

 Samia Nait Iqbal

 

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5 Commentaires

  1. Pour ceux qui ne lisent pas l’Arabe ? on fait comment ?
    Plus sérieusement, ils sont majeurs ces jeunes gens, il ne faut pas se laisser faire et dénoncer ces dérives d’imbéciles. L’administration doit les passer au tribunal comme on le fait pour les journalistes. Troubles à l’ordre public caractérisé, comportement contraire aux droit des citoyens etc…Comment voulez-vous que le pays se développe avec des chiens pareils !

  2. Dans un pays où le chef d’état major fait ouvertement de la politique, reçoit des ambassadeurs, s’impose comme chef de cérémonie lors de la remise de prix aux lauréats du BAC, etc., on peut s’attendre à tout de la part de responsables de la sécurité qui se croient investis de tous les pouvoirs au sein de l’entreprise qui les emploie et même au-delà. Rappelez-vous de ce responsable de la sécurité du siège de Sonatrach qui a interdit l’accès à l’ex ministre de l’industrie himself, sur ordre de Hakkar, bien sûr, mais quand même. Dans la jungle, la loi qui prévaut est bien celle du plus fort. Alors? L’université algérienne n’est plus, depuis longtemps, ce temple du savoir et de la tolérance. C’est devenu le lieu de tous les interdits (jupes longues obligatoires, foulard obligatoire, port de baskettes interdit et que sais-je encore). Zélée comme elle doit l’être, cette responsable de la sécurité n’a fait qu’essayer de faire plus … »pire »!

  3. L’université aura-t-elle le courage de résilier le contrat de cette société de «gardiennage» ?
    Les autorités feraient-elle preuve de moins d’hypocrisie pour une fois en retirant l’autorisation d’exercer à cette «société» aux pratiques maffio-religieuses ?

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