21 avril 2024
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AccueilChronique« Monzami » : le choc culturel ! (9)

« Monzami » : le choc culturel ! (9)

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Image par Ilo de Pixabay

Hocine est tellement fatigué qu’il s’affaisse sur son lit et s’endort à 13 h pour ne se réveiller qu’à 18 h. Il descend au bar. Les villageois se disputent encore sa compagnie, chacun voulant lui offrir le repas et en profiter pour demander des nouvelles de la famille.

On lui sert une boisson au goût amer qu’il goûte pour la première fois. Ça ne lui plait pas trop mais, comme tout le monde, il en consomme gaiement. Il imite et trinque comme eux à la santé et la réussite des présents et des absents. À peine sa bière terminée qu’on lui en ressert une autre…et une autre …il est bientôt bien éméché… Il raconte quelques anecdotes qui circulent au bled et qui font rire les clients…au bout de la sixième bière, il est saoul. Il a du mal à se lever. Il tangue comme sur le bateau. On l’accompagne aux toilettes où il dégueule bière et nourriture. Revenu à table, c’est Uḥrich qui lui conseille d’arrêter de boire s’il voulait se réveiller le lendemain et commencer son dur métier de « monzami ».

 Monzami » : la France enfin ! (8)

Pour le faire dessaouler, on lui sert une citronnade. Dda Uḥrich (Dda est une particule de respect envers nos aînés) fait preuve d’une bienveillance paternelle. Il se reproche de n’avoir pas été assez vigilant et d’avoir laissé ce pauvre Hocine tomber dans le piège de la griserie et sombrer dans la bière alors que c’était la première fois qu’il goûtait à l’alcool.

On aide Hocine à monter les trois étages qui mènent à sa chambre. La pièce est sombre et froide. Nous sommes pourtant au mois de mars. Il avait laissé un temps printanier derrière lui. Dans l’Hexagone, il gèle encore par endroits. Nancy est recouverte d’un léger manteau de neige. La bière aidant, Hocine s’endort rapidement.

« Monzami » : le grand départ (7)

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Le lendemain, il se réveille et se lève avant tout le monde. Il descend péniblement au bar et retrouve les toilettes. Sa vessie est sur le point d’exploser. L’un des employés d’Uḥrich est déjà sur les lieux en train de préparer le lait et le café pour les premiers clients.

– Ah c’est toi Hocine, sbah-el-xeir ! (Bonjour !) Je suis Chabane. Je travaille pour Dda Uḥrich. Il m’a parlé de toi. Si tu veux te laver, il faut remplir ton seau et remonter dans ta chambre. Si tu as besoin de te raser, je peux te prêter un tube de mousse, des lames de rasoir et un miroir. Sinon, tu peux toujours attendre le coiffeur. Il arrive à 9 h.

– Non, je préfère le faire moi-même. Cela fait une semaine que je ne me suis pas rasé.

– Ça se voit. Attends-moi là, je vais te les chercher. Ou plutôt, viens avec moi. Je suis au troisième étage aussi. Ma chambre est voisine de la tienne.

Lavé et rasé de près, Hocine redescend. Le café est déjà servi. Il a très mal à la tête. Chabane vient encore à son secours et lui propose un cachet d’aspirine.

– Vous ne manquez de rien ici, lui dit-il.

– Si ! répond Chabane, il nous manque nos femmes, nos enfants, le soleil, le printemps et le chant des oiseaux… (à suivre)

Kacem Madani

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