20 février 2024
spot_img
AccueilChronique« Monzami » : les années bonheur (5)

« Monzami » : les années bonheur (5)

Vache
Image par Wolfgang Claussen de Pixabay

– Selon la loi d’Allah et de notre prophète, que le salut soit sur lui, je n’ai pas le droit de la reprendre avant quatre mois. C’est bientôt l’Aïd-El-Kébir. Je verrai bien à ce moment-là. Je sais que je n’aurais pas dû m’énerver de la sorte et la répudier par un accès de colère. Dehbia n’est pas responsable de la mort de notre vache. J’ai prononcé la formule de rupture sans réfléchir.  

Dans le Droit musulman, la répudiation est un droit exclusif du mari sur l’épouse. La femme obéit, baisse les yeux, se tait et s’en va.

Durée de viduité, une fois la formule de divorce prononcée :

Le Droit musulman du mariage prévoit une telle période, dite idda. Un délai de quatre mois et dix jours est imposé dans le calendrier hégirien pour les veuves, et de trois cycles menstruels en cas de divorce.

« Monzami » : les années bonheur (4)

- Advertisement -

Dans la sourate 65, verset 1, il est écrit : Quand vous répudiez vos femmes, répudiez-les conformément à leur période d’attente prescrite ; et comptez la période ; et craignez Allah votre Seigneur…

C’est bientôt l’Aïd El-Kébir, Hocine n’a pas de quoi s’acheter le mouton prescrit mais il ne se fait pas de souci. La générosité aussi est commandée par les textes sacrés. Ceux qui font le sacrifice font don d’une partie de la chair aux familles démunies. Ceux qui n’ont même pas les moyens de s’acheter un agneau de lait. Ça tombe bien, sa belle-famille n’oublie pas les enfants, et les quatre mois de répudiation arrivent à leur fin.

Dès que tonton Ahmed dépose le gigot et quelques côtes, Hocine lui fait part de sa décision de reprendre sa femme et de tenter l’aventure française dès qu’il se sera réconcilié avec elle.

Dehbia revient. Omar, le petit dernier a bien grandi et gazouille déjà. Il sait désormais dire mama et il ne tardera pas à faire de même pour baba.

La coutume veut que lorsque l’épouse est reprise par son mari, elle doit passer la première journée cloîtrée dans sa chambre. Le temps de dissiper les malentendus et le déshonneur de la séparation. C’est grand-mère Wardia qui emmène Omar à sa mère et le ramène au reste de la famille. Personne ne semble s’ennuyer avec ce bébé bien portant et éveillé pour son âge.

Les journées s’égrènent au ralenti. Avec deux nouvelles bouches à nourrir, Hocine a beaucoup de mal à joindre les deux bouts. Même si la belle-mère vient chaque matin avec un bon litron de lait, personne ne mange à sa faim. La belle-famille est riche, tonton Ahmed possède trois vaches. Le lait ne manque jamais. Mais pas question pour Hocine de se laisser entretenir. Il serait la risée des villageois. Comment pourrait-il accepter ça, lui qui était cité comme exemple même de succès.… (À suivre)

Kacem Madani

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici