9 août 2022
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Nacer Djabi : « La contre-révolution est en marche, les Algériens doivent rester unis »

DANS EL WATAN

Nacer Djabi : « La contre-révolution est en marche, les Algériens doivent rester unis »

Nacer Djabi. sociologue, signataire d’un appel des intellectuels aux Algériens, tire la sonnette d’alarme sur les dernières manoeuvres pour détourner l’attention des Algériens et les périls qui menacent le pays.

El Watan : Vous venez de lancer, avec des universitaires, des intellectuels et des journalistes, un appel aux Algériens pour rester unis face aux manœuvres visant l’effritement du mouvement populaire. Comment est venue cette idée ?

Nacer Djabi : Nous avons constaté, depuis l’avant-dernière marche, l’existence d’un harcèlement et d’une véritable menace sur le mouvement populaire. Il y a une grave diversion menée, notamment, par l’institution militaire, à travers son insistance sur la question de l’emblème amazigh. Avec le groupe des signataires, nous avons noté que cet emblème a été accepté partout dans le pays, notamment à Alger et dans les grandes villes.

De plus, les gens ne le considéraient pas comme un danger ou comme l’équivalent ou le substitut du drapeau national. Donc, il n’y avait aucune raison pour que l’institution militaire fasse une fixation sur cet emblème et tente d’infiltrer le mouvement à travers cette brèche. C’est pourquoi, nous avons lancé cet appel aux Algériens pour qu’ils restent unis à l’échelle nationale, car on est devant un mouvement national.

Nous avons insisté aussi sur la préservation du caractère pacifique, comme nous avons appelé à sauvegarder le caractère populaire du mouvement. Pour nous, ces trois caractéristiques du mouvement doivent être maintenues. Dans notre appel, nous mettons en garde les Algériens contre toutes formes d’infiltration qui risquent de dévier le mouvement de sa trajectoire.

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Pour cela, ils doivent être vigilants et patients et aller vers l’essentiel, qui est la satisfaction des revendications politiques du mouvement, né pour le changement du système politique algérien, qui est devenu un véritable danger pour la nation et pour l’Etat national. Notre appel a été élaboré avant la marche de vendredi dernier et les faits enregistrés hier (vendredi 28 juin) ont prouvé que notre vision était juste, puisque la provocation du mouvement populaire s’est accentuée.

– Justement, le recours à la répression féroce des manifestants, constatée à l’occasion du 19e vendredi de la mobilisation populaire, n’exprime-t-il pas une volonté du pouvoir d’en finir avec le mouvement qu’il prétend accompagner ?

Je dirais qu’il y a des tentatives de contourner le hirak, notamment à Alger. Ils (les tenants du pouvoir, ndlr) veulent donner l’exemple à travers Alger à tout le pays. Pourquoi Alger ? Parce que la capitale les dérange politiquement. L’image donnée par les manifestants à Alger, qui se sont montrés unis avec leurs différences, a mis mal à l’aise de nombreux cercles de décision, qui ne veulent pas voir des Algériens soudés, pacifiques et nationalistes.

Ils ont tenté au début d’arrêter le mouvement, mais ils ont été pris de court. Actuellement, ils ont enclenché une contre-révolution qui est déjà en marche. Ils veulent mettre un terme à l’aspect pacifique du mouvement à travers les provocations des agents de la police. Mais les jeunes sont restés sereins et n’ont pas répondu à ces provocations et à ce harcèlement.

Les Algériens ont prouvé ainsi qu’ils sont conscients des dangers. Tout cela confirme nos appréhensions que les décideurs veulent traîner le mouvement vers la violence qui n’est pas l’objectif du mouvement populaire pacifique. Cette contre-révolution a commencé notamment sur les plateaux de télévision, où les débats sont menés à sens unique avec des figures connues qui tentent d’orienter l’opinion vers de fausses pistes qui ne sont pas dans l’intérêt de l’Algérie.

Cette volonté de contourner le mouvement populaire apparaît aussi à travers l’attitude affichée envers les propositions de sortie de crise faites par Taleb Ibrahimi, Mokdad Sifi, Benbitour, Hamrouche, l’association des Oulémas, la société civile, les partis politiques. Ces propositions convergent toutes vers le même objectif. Mais aucune d’entre elles n’a reçu de réponse.

L’institution militaire refuse, jusqu’à aujourd’hui, toute négociation. Et je pense qu’elle n’a pas de solution, à part celle d’aller vite vers une élection présidentielle pour sauver le régime. Cependant, jusqu’à aujourd’hui, elle a raté deux rendez-vous présidentiels et elle ne veut pas, visiblement, d’un troisième échec.

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