4 décembre 2022
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Néron a-t-il incendié Rome ?

TRIBUNE

Néron a-t-il incendié Rome ?

Quelques extraits pris dans le Figaro-Histoire (Néron tyran ou mal-aimé? 30-11-2018) sur le légendaire incendie de Rome (*). 

“De tous les incendies que Rome a connus, celui de 64 fut le plus dévastateur. Il éclate le 18 juillet, se propage pendant six jours, est circonscrit, puis reprend le 24 juillet. Sur les quatorze régions qu’a créées Auguste, seules quatre sont épargnées. Des milliers d’habitations, des édifices publics, des temples, des monuments anciens sont détruits, le nombre des victimes est sans doute élevé (aucune source ne donne de chiffres).

S’ils fournissent des informations concordantes sur l’ampleur de la catastrophe, Suétone et Tacite divergent sur ses origines et le comportement de Néron. Selon le premier, celui-ci aurait incendié volontairement sa capitale pour en remodeler l’urbanisme et fonder une Néropolis, chanté la fin de Troie du haut de la tour de Mécène sur l’Esquilin, puis ramassé autant de butin qu’il le pouvait.

Tacite est beaucoup plus prudent; il écrit qu’on ne sait pas si le désastre est dû au hasard ou à la malignité du prince, précise que le feu éclata une nuit de pleine lune dans les boutiques attenantes au Grand Cirque, que Néron était alors absent de Rome – il était à Antium (Anzio) d’où il ne revint que lorsque sa résidence fut touchée par les flammes – et ajoute que certains défendirent de combattre le sinistre soit pour se livrer au pillage, soit parce qu’ils avaient reçu des ordres. Selon lui, c’est la reprise de l’incendie dans une propriété d’un de ses proches, Tigellin, le préfet du prétoire, qui est à l’origine de la rumeur selon laquelle il recherchait la gloire de fonder une ville nouvelle et de lui donner son nom. Néron prit une série de très sérieuses mesures pour secourir les victimes, mais le bruit se répandit qu’il avait chanté la ruine de Troie sur son théâtre privé.

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De ces informations contradictoires, la tradition séculaire a retenu celles de Suétone en les amplifiant avec beaucoup d’imagination. Mais il existe aujourd’hui un large consensus pour considérer que les origines du feu sont accidentelles. Fréquents sont dans l’histoire de Rome les incendies qui partent des feux allumés dans les boutiques, et la chaleur de l’été 64 était propice à une rapide extension des flammes, contre laquelle les moyens de lutte étaient inefficaces.

Que Néron ait choisi une nuit de pleine lune pour commettre son forfait, ait fait brûler sa domus familiale à laquelle il était très attaché et ait erré seul et désespéré dans le Palatin calciné ne correspond pas vraiment à ce qu’on peut attendre d’un criminel qui a froidement préparé son coup… Tacite est clair: les accusations lancées contre lui sont des rumeurs. La question «qui les a lancées?» est condamnée à rester sans réponse”.

Nonobstant l’avertissement ci-dessous, on ne peut s’empêcher de relever certains parallèles troublants avec la situation qui prévaut en Kabylie. L’histoire qui se répète? Allez savoir! Le MAK a-t-il vraiment brûlé la Kabylie ? Ferhat Mehenni est-il un Néron Kabyle des temps modernes ? 

Non content de brûler SA Kabylie, a-t-il froidement fomenté avec des alliés contre-nature (un jour après les faits semble-t-il ?) Le lynchage d’un innocent ? Pour quel motif ? À qui profite le crime ? Quand il y a crime, c’est la première question qui doit venir à l’esprit.

Une Kabylie dévastée profite-t-elle au MAK de quelque façon que ce soit ?

Bien sûr que non. Les instigateurs de cet odieux crime contre la Kabylie et qui jubilent sous cape du résultat de leur forfait sont pourtant connus de tous. Est-ce là le premier acte de l’opération “Zéro kabyle”? Ça en a tout l’air. 

Malgré les nombreuses informations contradictoires, voire fantasques, distillées avec force insistance par des autorités aux ordres, force est de reconnaître que le Suétone algérien fait preuve de plus d’imagination et de machiavélisme que celui de la Rome antique. Ne se limitant pas à incendier le pays et en particulier la Kabylie, il va jusqu’à organiser un crime des plus abjects (le lynchage en live du regretté Djamel Bensmail) juste pour rejeter, d’une façon très maladroite d’ailleurs, la responsabilité sur ceux qui s’opposent encore à lui. Quelle déchéance du pouvoir algérien! “Ces salauds ont brûlé mon pays” (Alpha Blondy).

R. B.

[*) Avertissement : Toute ressemblance avec des personnes ou des situations ayant cours en Kabylie ne saurait être que fortuite]

Auteur
A. Belaïd

 




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