2 octobre 2022
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Opération de recrutements suspicieux à Air Algérie

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Opération de recrutements suspicieux à Air Algérie

Cette semaine, le personnel d’Air Algérie a vécu une agitation particulière lorsqu’il a appris par ouï-dire que leur société a lancé une opération de sélection de recrutement d’une soixantaine de Personnels navigants commerciaux (PNC).

Cette mesure prise en catimini mais aussi par la cooptation et le bouche à oreille ont été à l’origine de la création d’un vrai climat de suspicion qui fait que tout le monde savent tout bas ce qu’il ne peuvent le dire tout haut. Pourquoi ? De nombreux cadres de l’entreprise se trouvent d’une manière directe ou indirecte impliqués dans ce processus gravissime qui attise le  climat social dans tout le pays, surtout ces derniers temps avec les secteurs de l’éducation nationale et celui de la santé. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, le 7 décembre de l’année passée, le ministre des Transports et des travaux publics, Abdelghani Zaalane, a affirmé en marge de la visite d’inspection des projets et réalisations de son secteur dans la wilaya d’Alger, que la compagnie aérienne Air Algérie « n’est pas en situation de faillite « , affirmant qu’elle connaît seulement des difficultés financières et qu’elle  tente actuellement de surmonter.

Le ministre a précisé à ce propos que le plan de développement de la compagnie aérienne est en cours d’élaboration et qu’une nouvelle équipe en charge de ce dossier a été installée depuis environ 6 mois, ajoutant que la hausse  des tarifs d’Air Algérie n’est pas à écarter. Ses propos ont été rapportés par l’APS. Il est allé plus loin en précisant qu’Air Algérie connaît des difficultés financières en raison principalement de sa forte masse salariale qui représente le gros des charges d’exploitation de la compagnie aérienne nationale. Elle devrait en principe perdre en compétitivité par rapport à ses conquérants parce qu’elle est obligée pour réduire son déficit  d’augmenter ses tarifs.

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Cette masse salariale, étant une composante majeure de ses charges d’exploitation, son maintien au niveau actuel  paraît être une nécessité absolue pour tenter de freiner ses dépenses et la baisse de ses résultats d’exploitation. Selon son directeur qui l’a déclaré tout haut en demandant l’aide des pouvoirs publics : « Elle est aujourd’hui confrontée à une situation des plus délicate, marquée par des résultats opérationnels négatifs, eux-mêmes générés par des coûts en constante augmentation, une concurrence directe et indirecte qui pèse sur nos revenus, un sureffectif dans les fonctions non-productives, des sujétions de service public onéreuses et un lourd endettement ». Ajoutant plus loin : « Dans ce contexte et soucieux de la préservation des emplois et de la pérennité du Pavillon national marchand, j’en appelle à la conscience et la responsabilité de tous : travailleuses, travailleurs, cadres et syndicats, pour une mobilisation effective en direction de la maîtrise des coûts au quotidien », lit-on dans lettre qu’il a adressée à l’ensemble de son personnel.

Et pourtant sur plus de 9000 agents toutes catégorie socio-professionnelles confondues, 6000 sont considérés comme sureffectif.

Le bon sens dicte qu’il aurait fallu commencer par la reconversion des postes de travail en plus vers ceux qui sont en manque avant même de se lancer dans cette mascarade de recrutements très controversée si cette information s’avère vraie puisque depuis sa diffusion hier mardi sur les réseaux sociaux, le cellule de communication ne l’a pas contestée.

Il faut reconnaître par ailleurs que ce mode de recrutement par favoritisme et copinage n’est pas spécifique à Air Algérie, toutes les compagnies publiques notamment les plus grandes entre elles le pratiquent. Ce qui différencie cette compagnie aérienne, c’est sa capacité de disposer de nombreux postes à l’étranger dans ses agences à l’international qui restent une convoitise de la classe dirigeante pour placer leurs proches au nom du principe de « l’exception dans une situation d’exception ». En d’autres termes, l’économie n’offre pas assez de postes de travail, alors l’artifice de « tag ala man tag » est en vigueur.

En clair, l y a des harraga de luxe et ceux de fortune qui dans leur majorité se perdent dans la mer avant d’arriver à leur destination, d’autres sortent par la grande porte en y trouvant un salaire voire même une situation enviable. C’est cela l’Algérie.

Pendant que cela arrive, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, M. Mourad Zemali, a annoncé, mardi, lors de la clôture de la 7ème édition du Salon national de l’emploi – SALEM 2018-, la création de 23 000 microentreprises et placement de 400 000 recrutements classiques sur le marché du travail en 2018. Et ce, en poursuivant la politique de soutien aux projets d’investissement au profit des jeunes entrepreneurs, au travers de différents mécanismes de soutien.

On peut se demander que représente ce pipi de chat pour un pays qui en demande au moins le quintuple chaque année sans compter les 900 000 naissances de demandeurs d’emplois potentiels.

Auteur
Rabah Reghis

 




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