9 février 2023
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Où est la boussole ? 

REGARD

Où est la boussole ? 

Dans quelle direction avance notre pays ? A gauche, à droite, vers le haut, vers le bas, nulle part ? Depuis quelques mois, avec la crise sanitaire du Coronavirus, les choses se décantent et les foules en ébullition ont repris leur esprit, après une année d’agitation. Mais l’horizon reste encore flou pour les Algériens, dans un pays, rompu aux retournements rapides de situation.

Qui ne se souvient pas d’Octobre 1988 et ses rêves de démocratie, vites déçus par la guerre civile des années 1990, avec la fraude avérée des islamistes aux municipales, puis aux législatives, et le coup de force des militaires, en collusion avec quelques apparatchiks du FLN, entrés en dissidence contre la direction de leur propre parti? En Algérie, tout le monde s’accorde à dire qu’il y a une sorte de jeux aux dominos, en haut lieu, qui, sans cesse, font miroiter au petit-peuple, l’illusion du changement. Puis, en refaisant des nouvelles redistributions, les joueurs tirent le tapis et changent rapidement la donne à leur profit. 

L’Algérie a-t-elle changé depuis le 22 février 2019? Question-piège qui brouille les pistes d’analyse pour  n’importe quel observateur! En réalité, la revendication de l’Etat de droit, brandie par des milliers de manifestants aux quatre coins du territoire national, reste prisonnière des jeux, souvent perfides, du pouvoir. Les élites algériennes sont, paraît-il, dans une période d’hibernation, dans l’attente inespérée d’une aubaine pour « tromper », encore une fois, les masses, et les démobiliser dans leur volonté de changer en profondeur le système de gouvernance. Entre l’Algérie nouvelle dont ces dernières rêvent et celle dont rêvent les premières, il y a tout un écart, un fossé, qui n’est pas facile de combler par des slogans insensés, creux. Cette phase critique que traverse le pays devrait interpeller les autorités publiques sur l’urgence du changement, et du retour à la volonté de la rue. Que l’on ne s’y trompe pas, la crise surgie après le 22 février 2019, n’est pas d’ordre sectoriel ni partisan, ni régional ni corporatiste, mais une crise multidimensionnelle dont l’accumulation des causes a provoqué l’explosion populaire.

Organiser un référendum populaire pour changer la Constitution, n’est pas une garantie pour que les choses aillent en avant, alors que le canal de la confiance a été cassé. Les élites devraient prospecter le terrain, aller dans l’Algérie profonde, recenser toutes les imperfections et toutes les anomalies, écouter le cri du peuple, pour préparer une plate-forme consensuelle de changement, de nature à répondre aux aspirations des Algériens.

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Bref, le changement ne viendra pas « seulement » par des textes, mais par des pratiques et il est malheureux d’affirmer que, dans notre cas, la prestation de nos élus et cadres à tous les niveaux est en deçà de ce qu’attend le citoyen lambda.

Les récents limogeages du président Tebboune d’élus locaux, de maires, de secrétaires généraux, de chefs dairas, etc, pour mauvaise application des directives présidentielles, sont on ne peut plus, une preuve par neuf, que le mal est profond, très profond!

Auteur
Kamal Guerroua

 




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