21 mai 2022
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Où sont les canadairs promis par Tebboune ?

 

L’été 2021 restera dans les mémoires comme l’un des plus meurtriers de l’histoire de l’Algérie indépendante, particulièrement en Kabylie, où les dégâts causés par les incendies ont été considérables.

Sans véritable bilan et sans recensements sérieux, certains chiffres font froid dans le dos.

Des centaines de morts seraient recensés, des centaines de maisons et 89 000 hectares de forêts seraient partis en fumée dans près de 36 wilayas. Les feux sont restés actifs durant près d’un mois et demi, causant un véritable désastre écologique mettant à mal, humains, et une biodiversité déjà très mal en point.

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Devant l’ampleur de la catastrophe, des villages entiers furent évacués et des jeunes, souvent à mains nues, battaient en retraite. Les foyers de feu se déclenchaient « spontanément », dans de nombreux endroits souvent difficiles d’accès, ce qui rendait le combat vain et meurtrier.

Ni l’arrivée tardive des citernes de pompiers, ni les jeunes militaires déployés sans moyens, ni même les quelques hélicoptères militaires n’ont pu venir à bout de ce brasier.

Cette catastrophe a mis à nu, encore une fois, les carences du gouvernement en matière de gestion de crises et l’absence d’une politique de lutte contre les catastrophes naturelles.

L’Algérie, ce grand pays riche qui compte près de 4,1 millions d’hectares de forêts, n’a ni une politique d’urgence claire, ni un plan ORSEC efficace et moderne.

La Kabylie meurtrie !

Le pays en entier semblait désorienté et complètement dépassé par les évènements.

Qu’a-t-il été fait depuis près de 9 mois maintenant? Qu’a-t-on tiré comme renseignements ? A-t-on réorganisé, structuré, ou mis en place des cellules de vigilance, un plan national de lutte contre les feux de forêt qui permettrait d’éviter de revivre l’apocalypse dès l’été prochain ?

La crainte, toute la crainte, est de se retrouver, dès le mois de juillet face à la même situation que l’année dernière, et que l’on soit obligé, encore une fois, à quémander des camions-citernes au Koweït, à organiser des galas de quête à l’international, des « Pray for Algeria » et d’attendre des canadairs qui seraient, d’abord, allés éteindre des feux où les vies sont plus précieuses qu’en Algérie !

Il est plus que certains que des épisodes de même ampleur, sinon plus violents, sont à prévoir à court terme. Le réchauffement climatique est, chez nous, plus qu’une simple théorie.

Les barrages qui ont déjà soif peuvent en témoigner et les épisodes de canicule extrême ne sont plus si rares que ça.

Qu’aurons-nous, entre les mains, face au déchainement prévisible d’Héphaïstos et de ses torrents de feux à venir ? Que feront les pauvres paysans, les montagnards, les villageois de cette Algérie profonde et oubliée, face à une avalanche de feu venue droit des enfers du mois d’août?

Les canadairs annoncés en grande pompe par Tebboune, au lendemain de ces évènements tragiques, sont peu à peu, tombés dans les oubliettes de l’Algérie nouvelle qui avait, entre-temps, d’autres « complotistes » à arrêter, beaucoup de chats à fouetter et énormément de « complots » à déjouer.

Un pays en flammes, une solidarité exceptionnelle et un crime inqualifiable

Mais, au-delà des canadairs promis par Tebboune, et qui n’arrivent toujours pas, c’est toute une politique de gestion des risques naturels et de prévention dont le pays doit se doter. Une politique qui doit contribuer à former le personnel impliqué, en commençant par sensibiliser les élus locaux, et à doter les services du ministère de l’Environnement, les pompiers et l’ANP de moyens logistiques de prévision et de prévention ainsi que l’introduction des nouvelles technologies et notamment la modélisation et le suivi des feux de forêt par les images satellites et aéroportées. Sans cela, on continuera à faire face au déchainement de dame nature avec des branchages d’oliviers et beaucoup de larmes et de tristesse.

B. Karima

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2 Commentaires

  1. Les canadairs vous avez dit? Mais un grand EXPERT de la Ripou-blique avait bien dit que ceux-ci n’étaient pas du tout adaptés au relief des montagnes d’Algérie. Des montagnes de Corse, de Grèce et du Rif peut-être mais pas celles d’Algérie … abaden! À vos branchages citoyens laissés pour compte. De plus, la houkouma préfère plutôt investir dans les Boeing et autres Airbus pour sauver, pour la énième fois, Air Couscous et toutes les sangsues qui la sucent jusqu’au sang depuis sa création. Quant à la biodiversité, c’est quoi déjà ce machin? Une idée importée portant une grave atteinte à la stabilité du pays. L’été sera certainement chaud, très chaud ou tag 3la man tag! 1-2-3 … zut! J’avais oublié Gassama.

  2. A l’exception de l’armée aucune autre institution telle que la protection civile , la douane , la protection des forêts ne doivent être dotées d’hélicoptères ou de canadairs car cela peut présenter un danger pour le régime

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