Le CA Batna qualifié en quarts de finale de coupe d'Algérie. Crédit photo : DR
Le C.A. Batna a vécu une soirée de Coupe d’Algérie digne des grandes émotions : intense, dramatique et mémorable. Face au Paradou AC, les Aurassiens ont livré un duel haletant qui restera gravé dans les mémoires.
Après 120 minutes de combat acharné, le score était de 3-3. Mais la lumière est venue des tirs au but, où le club batnéen a fait preuve de sang-froid et de détermination pour l’emporter 3-1 et décrocher son ticket pour les quarts de finale.
Dès l’ouverture du score par le Paradou AC, la partie s’annonçait difficile. Les visiteurs ont rapidement mené 2-0, mettant à l’épreuve la résistance et la volonté des Batnéens. Mais dans un stade bouillant, les joueurs du C.A. Batna ont trouvé les ressources pour revenir dans la partie, d’abord par Mourad Bourada, puis grâce à un penalty transformé par Mounib Benmerzoug, égalisant juste avant la mi-temps et rallumant l’espoir des supporters.
La seconde période et les prolongations ont été un concentré d’émotions. Le Paradou semblait reprendre l’avantage, mais les Aurassiens ne lâchaient rien : Adem Chaïbi inscrivait le but de l’égalisation en prolongation, envoyant les deux équipes dans la dramatique séance des tirs au but. Là, le mental du C.A. Batna a fait la différence. Impeccables, les Aurassiens ont converti leurs tentatives et résisté à la pression pour finir 3-1, offrant à leur public une qualification méritée et célébrée avec ferveur.
Cette victoire illustre parfaitement l’esprit de la Coupe d’Algérie : les outsiders peuvent bousculer la hiérarchie, les stades vibrent, et chaque ballon peut changer l’histoire d’un club. Pour Batna, ce n’est pas qu’un simple match gagné : c’est la preuve que combativité et cohésion d’équipe peuvent rivaliser avec le talent brut.
Alors que les quarts de finale se profilent, le C.A. Batna rejoint les grands noms déjà qualifiés : le CR Belouizdad, la JS Saoura ou encore la JSM Bejaia. Les supporters peuvent rêver plus grand, et le club prépare déjà sa prochaine bataille pour continuer à faire vibrer les Aurès et écrire une nouvelle page de son histoire.
Dans le football algérien, il y a les clubs attendus et il y a ceux qui surprennent. Le C.A. Batna appartient désormais à cette deuxième catégorie, capable de transformer un stade, d’embraser une ville et de rappeler que dans une Coupe, tout est possible.
Le Sénégal décroche la coupe d'Afrique des nations à Rabat.
L’arbitrage a failli tué cette finale, le football l’a sauvée ! Le Sénégal a remporté la deuxième CAN de son histoire contre la Maroc, au bout d’une finale à suspens qui a complètement dérapé à la fin du temps réglementaire, avec des Sénégalais qui ont quitté le terrain suite à une décision arbitrale… avant de l’emporter 1-0 en prolongation.
Quelle finale ! Elle restera malheureusement l’une des plus honteuses du football africain.Les Sénégalais de Sadio Mané l’emportent finalement 1-0, au bout d’un scénario incroyable. Ils l’auront méritée amplement puisqu’ils ont fourni un football de qualité et montré beaucoup plus de réussite que les joueurs marocains.
En fin de rencontre, le Maroc avait bénéficié d’un penalty, qui a provoqué la colère des Sénégalais qui ont quitté le terrain pour protester. Dans la foulée, Diaz a raté son penalty et le Sénégal l’a emporté en prolongations. Quelle soirée !
Il fallait être fort, très fort pour remporter cette finale-là, face au Maroc, porté par près de 65 000 spectateurs, poussé par les millions de prières psalmodiées dans tout le Royaume. Et surtout se relever d’une décision arbitrale qui aurait dû décider du sort de cette rencontre. Heureusement, cela ne s’est pas fini comme ça. Pas sur un coup de sifflet du Congolais Jean-Jacques Ngambo Ndala qui restera dans l’histoire (ou pas). Qui restera en tout cas dans la mémoire des Sénégalais qui ont vu, le temps de quelques minutes, la Coupe leur échapper. Avant que le destin ne renverse la table.
« Il faudra une équipe du Sénégal très forte pour venir nous battre chez nous », avait averti Walid Regragui. Le Sénégal a été immense, quand le vent marocain a soufflé très fort. Et s’il avait eu un brin de réalisme en première période, il aurait certainement plié la rencontre avant la prolongation et éviter le tournant de cette fameuse 98e minute.
Les Sénégalais ont quitté le terrain pour protester… avant de revenir
Ce n’est jamais bon signe quand l’arbitre est acteur principal d’une rencontre, en tout cas sa décision d’accorder un penalty au Maroc à quelques secondes la fin d’une rencontre qui s’était disputée sans incident majeur a été décisive. Elle a déclenché l’ire des joueurs sénégalais, de leurs supporters, des journalistes présents, et probablement porté un coup dans la relation qualifiée de fraternelle entre le Maroc et le Sénégal. Était-elle justifiée ?
C’est une faute d’El Hadji Malick Diouf qui tire Brahim Diaz sur un duel sur un corner. Au vu des ralentis, la décision n’est pas forcément scandaleuse. Le scandale, c’est peut-être quelques minutes plus tôt quand le Sénégal ouvre le score sur corner, mais se voit refuser le but pour une faute (?) de Seck sur Hakimi. Toujours est-il qu’après plusieurs minutes tendues marquées par le refus des Sénégalais de continuer la partie, Brahim Diaz s’est présenté devant Edouard Mendy pour exécuter la sentence. Que s’est-il passé dans la tête du joueur du Real Madrid au point d’oser tenter une panenka, mal exécutée du reste, quand il avait l’occasion d’offrir la Coupe à son peuple et de devenir le héros du Maroc ?
Celui qui a inscrit cinq buts dans cette CAN a ainsi manqué le penalty et le Sénégal est revenu de très loin. De là où reviennent les survivants, qui ont vu la défaite de très près. Et la victoire ne sera que plus belle surtout que Pape Guèye assomme les Marocains et fait taire tout le stade en ouvrant le score sur une chevauchée conclue d’une frappe imparable dans la lucarne de Bounou (94ee). Incroyable ! Les Lions de la Téranga ont la peau dure, reste désormais à résister à la furie marocaine.
Les Hommes de Regragui n’ont plus rein à perdre et cette finale prend l’allure d’une folie furieuse entre le Maroc qui joue son va-tout, attaque à tout-va et un Sénégal qui s’accroche à son avantage comme un naufragé sur une bouée en pleine mer. Les occasions se multiplient comme les sauvetages de Bounou et de Mendy. Pour tout dire, ce serait une dinguerie de lister les occasions de but de part et d’autre, mais il a fallu deux immenses gardiens pour ne pas voir plus de buts dans cette finale. Le Sénégal a gagné parce qu’il a su héroïquement garder son avantage aidé par l’expérience de Mané, Mendy et sur de Gana Guèye, une nouvelle fois immense.
Cette équipe du Sénégal a étalé une maturité au cours de cette CAN dont l’apothéose a été cette finale. Il n’y avait pourtant pas son capitaine Kalidou Koulibaly (supendu) et surtout Krépin Diatta, forfait à quelques minutes de la finale. L’arrière droit, qui avait disputé l’intégralité des six matchs du Sénégal était remplacé au pied levé par Antoine, zéro minute depuis le début de la CAN. Les Marocains n’ont d’ailleurs pas hésité à déclencher la plupart de leurs attaques sur le côté du joueur de Nice.
Ce Maroc-là, intraitable en quarts face au Cameroun, qui a éteint le Nigeria en demi-finale, a été incapable de trouver la clé face à ce Sénégal-là qui a gagné la bataille de la possession.
Incontestablement, ce sont les deux équipes du tournoi, de l’Afrique qui se sont affrontée ce dimanche 18 janvier. Ce fut un beau match, magnifié par les applaudissements du public au moment de l’hymne marocain. Les deux pays « frères » sont se sont écorchés, mais une image restera : celui des Sénégalais et Marocains qui se sont embrassés à la fin du match après avoir été très près de s’envoyer des coups. Le meilleur a gagné, la Coupe retourne à Dakar.
Dans une correspondance officielle datée du 10 janvier 2026, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Lotfi Boudjema, a apporté des éclaircissements détaillés sur la position de l’Algérie concernant la peine de mort et la notion de Qissas (loi du Talion) dans le droit positif national.
Ce document, adressé au député à l’Assemblée populaire nationale (APN) Djeddou Rabah, en réponse à une question écrite, met en lumière l’équilibre délicat que l’État cherche à maintenir entre engagements internationaux, fondements juridiques nationaux et références doctrinales.
Le document rappelle d’emblée que, si la peine de mort demeure inscrite dans le droit pénal algérien en tant que sanction pénale ultime, elle est encadrée par une philosophie punitive fondée sur la dissuasion générale et la protection de l’ordre public. Son champ d’application reste limité à des crimes d’une gravité exceptionnelle, entraînant des atteintes jugées particulièrement lourdes à la vie des personnes, à la sécurité, à l’économie nationale ou à la santé publique.
Sont notamment cités le meurtre volontaire, l’enlèvement, les actes qualifiés de terroristes ou de sabotage grave, ainsi que certaines infractions liées aux stupéfiants, dans des cas strictement définis par la loi. Le ministère insiste sur le caractère restrictif de ces dispositions, qui traduisent le caractère exceptionnel de cette sanction dans l’arsenal pénal.
Toutefois, le ministre réaffirme une réalité juridique établie depuis plus de trois décennies : le gel de l’exécution de la peine capitale.
Depuis 1993 : l’Algérie observe un moratoire de fait sur l’application de la peine de mort.
Décembre 2020 : le pays a réitéré cet engagement en approuvant la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies appelant à la suspension des exécutions.
Cette position s’inscrit dans le cadre des obligations internationales de l’Algérie, découlant notamment de son adhésion au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté en 1966 et ratifié par l’Algérie en 1989 par décret présidentiel. L’article 6 de ce pacte consacre explicitement le droit à la vie comme un droit inhérent à la personne humaine.
« Qissas » et droit positif : une distinction de philosophie pénale
L’un des axes centraux de la réponse ministérielle porte sur la distinction entre la peine de mort dans le droit positif et le Qissas ( loi du talion), tel qu’il est conçu par la charia islamique. Le document souligne que, dans la tradition islamique, le Qissas vise avant tout la préservation de la vie et non son anéantissement. Il repose sur un ressort moral et spirituel, où le respect de la règle découle d’un impératif de conscience et de foi, antérieur à la crainte de la sanction étatique.
À l’inverse, le droit positif moderne s’appuie sur des doctrines pénales évolutives, qui varient selon les contextes historiques et sociaux, et qui privilégient tour à tour la dissuasion, la protection de la société ou la réhabilitation du condamné. Cette distinction met en évidence des logiques différentes dans l’approche de la sanction, sans pour autant les opposer de manière frontale.
Un débat de société persistant
Le ministère de la Justice reconnaît explicitement que la question de l’intégration des objectifs de la charia dans le champ de la justice pénale demeure un sujet de débat parmi les juristes et les spécialistes du droit islamique. Certains considèrent que la peine capitale permet d’atteindre les finalités de la charia en matière de protection de la vie, d’établissement de la justice et de dissuasion du crime. D’autres estiment, en revanche, que la clémence et le pardon peuvent constituer des instruments plus appropriés pour réaliser des objectifs plus larges et plus durables de justice et de cohésion sociale.
La réponse officielle souligne qu’aucune disposition juridique n’empêche les institutions compétentes de poursuivre la réflexion sur cette question. La charia étant reconnue comme l’une des sources du droit, conformément aux dispositions du Code civil, cette approche ouvre la voie à une interprétation souple des textes et à une application visant la réalisation de l’équité, à l’instar de certaines législations en vigueur dans des pays arabes et musulmans.
Les retours de migrants en situation irrégulière vers les pays tiers connaissent une nette accélération au sein de l’Union européenne. Selon les données publiées par Eurostat, les expulsions effectives ont augmenté de près de 15 % au troisième trimestre 2025 par rapport à la même période de l’année précédente, confirmant un durcissement progressif de l’application des politiques migratoires européennes.
Entre juillet et septembre 2025, 115 440 ressortissants de pays tiers ont reçu une injonction de quitter le territoire d’un État membre de l’UE. Sur ce total, 34 155 personnes ont effectivement été renvoyées vers leur pays d’origine, soit une hausse de 14,6 % sur un an. Comparé au trimestre précédent, le nombre de retours a également progressé de 5 %, alors même que les décisions de départ ont légèrement reculé (-0,9 %).
L’Algérie, première nationalité concernée par les ordres de quitter le territoire
Parmi les ressortissants de pays tiers visés par une décision d’éloignement, les citoyens algériens arrivent en tête, avec 12 325 personnes sommées de quitter un pays de l’Union européenne au cours du troisième trimestre 2025. Ils devancent les ressortissants marocains (6 670) et turcs (6 350), confirmant une tendance déjà observée lors des trimestres précédents.
Cette donnée place l’Algérie au centre des dynamiques migratoires irrégulières entre les deux rives de la Méditerranée, dans un contexte marqué par la persistance des flux vers l’Europe et par une coopération migratoire souvent qualifiée de sensible entre Alger et plusieurs capitales européennes, notamment Paris.
En revanche, s’agissant des retours effectivement exécutés, les Algériens ne figurent pas parmi les trois premières nationalités renvoyées. Les expulsions ont principalement concerné des ressortissants turcs (3 625), suivis des Géorgiens (2 835) et des Albanais (2 055). Cet écart entre décisions prononcées et retours effectifs illustre les limites opérationnelles, juridiques et diplomatiques qui encadrent les politiques d’éloignement.
France et Allemagne en première ligne
Du côté des États membres, la France apparaît comme le pays ayant délivré le plus grand nombre d’ordres de quitter le territoire (33 760), loin devant l’Allemagne (12 510) et la Grèce (10 175). Ces trois pays concentrent à eux seuls une part significative des procédures engagées contre les migrants en situation irrégulière.
En matière de retours effectifs, l’Allemagne arrive en tête avec 7 190 expulsions, suivie de la France (3 760) et de Chypre (3 000). Eurostat précise toutefois que certaines données restent affectées par des dérogations temporaires, notamment pour Chypre avant 2024.
Un indicateur du durcissement migratoire européen
L’augmentation des retours vers les pays tiers, plus rapide que celle des décisions d’éloignement, traduit une volonté renforcée de l’Union européenne de rendre effectives ses politiques migratoires, dans un contexte de pressions politiques internes et de débats récurrents sur l’immigration et l’asile.
Pour l’Algérie, ces chiffres soulignent l’ampleur des enjeux humains, diplomatiques et sociaux liés à la migration irrégulière. Ils posent également la question de la capacité des pays d’origine à absorber les retours, mais aussi celle de la nature des partenariats migratoires entre l’UE et ses voisins du Sud, souvent tiraillés entre coopération sécuritaire et considérations politiques.
Depuis sa création en 2022, Acolitt s’est affirmée comme un acteur essentiel de la scène littéraire africaine et de la diaspora. Sous la direction de Pauline M. N. Ongono, présidente d’Acolitt, bibliothécaire, communicatrice littéraire, organisatrice d’événements et relectrice, cette association réunit autour du livre une multitude de compétences : gestion de bibliothèques, relecture, traduction, communication et promotion littéraire, écriture et organisation d’événements.
Acolitt ne se limite pas à la simple diffusion des ouvrages : elle forme, accompagne, fédère et crée des ponts entre auteurs, traducteurs, éditeurs et lecteurs sur plusieurs continents. Salons virtuels internationaux, ateliers, coachings personnalisés… chaque initiative vise à construire une communauté littéraire dynamique, où chaque maillon de la chaîne du livre est reconnu et valorisé.
Dans cet entretien accordé au Matin d’Algérie, Pauline Ongono revient sur les défis de l’édition africaine, le rôle de l’autoédition, l’impact du numérique et la nécessité de professionnaliser tous les métiers du livre, du relecteur au diffuseur.
Le Matin d’Algérie : Qu’est-ce qui vous a motivé à créer Acolitt et comment cette association a-t-elle évolué depuis sa fondation ?
Pauline M. N. Ongono : Acolitt est un projet qui a été nourri dès l’instant où j’ai décidé de quitter les quatre murs de la bibliothèque pour faire encore plus pour le livre. C’était en 2019. Elle verra le jour le 14 janvier 2022. Le but était de mettre dans un seul vase toutes mes compétences autour du livre (gestion des bibliothèques, relecture, transcription, communication et promotion littéraire, écriture de scénarios, organisation des événements littéraires…). Puis j’ai associé d’autres compétences, notamment la traduction.
Le Matin d’Algérie : Quels sont, selon vous, les principaux défis auxquels la chaîne du livre au Cameroun et en Afrique est confrontée aujourd’hui ?
Pauline M. N. Ongono : Il existe plusieurs problèmes. Toutefois, comme d’habitude, je plaide pour une meilleure diffusion du livre, car pour moi c’est l’un des plus gros défis. Que le livre soit trouvé partout — surtout le livre physique. Et c’est en cela que je ne cesserai de féliciter le travail fou et le combat permanent que mènent le GVG (Grand Vide-Grenier Cameroun) dans le secteur de la diffusion, ainsi que tous les diffuseurs. Il est vrai que tout ceci a un coût pas toujours accessible, mais vu qu’écrire est un projet, y penser fait toujours du bien.
Le Matin d’Algérie : L’autoédition se développe rapidement, mais souvent sans cadre professionnel. Quels conseils donneriez-vous aux auteurs qui se lancent dans ce circuit ?
Pauline M. N. Ongono : Il n’est pas vrai de penser que l’autoédition se déroule sans cadre professionnel. Elle n’est peut-être pas reconnue par plusieurs textes, ce qui lui interdit certains avantages, mais pour avoir déjà collaboré avec des « autoédités », je peux vous assurer que ce sont des personnes qui respectent la chaîne du livre et ses professionnels. Du relecteur — et je parle de relecture rigoureuse — à la communication, ils mettent le paquet.
Autre chose : vu les livres édités qui paraissent avec beaucoup de fautes, qui restent dans les tiroirs après le « vient de paraître », l’autoédition est-elle vraiment celle à regarder d’un œil mauvais ? NON.
Le Matin d’Algérie : Comment Acolitt contribue-t-elle à professionnaliser les différents maillons de la chaîne du livre ?
Pauline M. N. Ongono : À travers nos différents ateliers et coachings personnels, nous apportons notre pierre à l’édifice. Et ces coachings vont en direction de toute la chaîne : comment relire, comment se comporter quand on est face à un auteur, comment et pourquoi traduire, les attitudes à adopter…
Le Matin d’Algérie : Pourquoi la relecture et la correction sont-elles cruciales et pourquoi sont-elles souvent négligées ?
Pauline M. N. Ongono : Le côté crucial de la relecture et de la correction est une évidence ! Même à l’école, les enseignants demandent de lire à nouveau sa copie avant de la remettre. Cependant, il faut penser à payer un professionnel pour cette tâche ! Un ami, un parent… peuvent aider parfois, s’ils ont les compétences nécessaires. Car la relecture va au-delà des virgules, des mots mal orthographiés… Il s’agit de construction et de déconstruction du texte, sur la base des propositions logiques soumises à l’auteur. Et c’est là que le troisième œil, le relecteur professionnel, prend place. Il regarde la construction des personnages, la cohérence…
Le Matin d’Algérie : Comment rapprocher les jeunes de la lecture dans un monde saturé par les écrans et les contenus numériques ?
Pauline M. N. Ongono : C’est simple ! Faites de vos enfants vos alliés pour qu’ils lisent. Ils ont une tablette ? Prenez-leur un abonnement, par exemple sur la plateforme ADINKRA, où vous aurez un contenu varié de livres africains pour enfants. Vous souhaitez qu’ils lisent du papier ? Plusieurs éditeurs proposent des livres très intéressants et bien faits. Au Cameroun, je vais citer les Éditions Éclosion, les Éditions Adinkra Jeunesse, les Éditions Akoma Mba, les Éditions Thanks, les Éditions de Midi, et la liste n’est pas exhaustive. Alors achetez des livres à vos enfants, accompagnez-les à des foires du livre, inscrivez-les à la bibliothèque… et vous-mêmes, parents, lisez. Lisez avec vos enfants. Créez des jeux qui incluront le livre… Nous sommes disponibles pour des coachings, en ligne comme en présentiel, dans ce sens .
Le Matin d’Algérie : Vos salons du livre virtuels réunissent des participants de plusieurs continents. Quels impacts concrets observez-vous sur la scène littéraire africaine ?
Pauline M.N. Ongono : L’une de mes capacités a toujours été la communication et la promotion littéraire. Pourquoi j’ai commencé à la mener en 2016 ? Parce que je m’étais rendu compte que les acteurs du livre n’étaient pas connus en dehors de leurs cercles d’activités habituelles. Mon but a toujours été de faire connaître des X et des Y ailleurs que chez P ou G. J’ai toujours voulu qu’il se crée une belle communauté autour des livres. D’où la mise sur pied de nos salons virtuels.
Je tiens à préciser que ces salons ne concernent pas uniquement l’Afrique. Ils concernent tout le monde. Nous avons déjà eu des panélistes de France, du Canada, de Pologne, d’Espagne… Et pour rappel, ces salons sont :
– le Salon du Promoteur Littéraire Online (SAPLO), depuis 2024
– la Semaine du Critique Littéraire Online (SECRILO), depuis 2025
– la Readers and Translators Week Online (RTWO), depuis 2024
Comment y participer ? Il suffit de suivre nos pages et de remplir le formulaire de l’appel à panélistes le moment venu. En outre, nous avons mis sur pied une chaîne YouTube (@ACOLITT) dans laquelle vous pourrez revivre tous les échanges de ces salons, mais aussi nos échanges mensuels dénommés « Ça DayLivre », et bien d’autres.
Avoir des dizaines de panélistes de divers pays, de divers continents et de divers maillons de la chaîne du livre à chaque édition ouvre des possibilités infinies de collaborations. Et c’est ce qui se passe : plusieurs collaborent grâce à ces ponts, plusieurs bénéficient de visibilité, certains trouvent même des emplois grâce aux attestations de participation que nous délivrons.
Le Matin d’Algérie : Le Salon du Livre de la Lekié (Salilek) se prépare. Quels objectifs poursuivez-vous avec cet événement ?
Pauline M.N. Ongono : Le département de la Lekié, non seulement c’est mon département d’origine, mais c’est aussi celui de Joël Célestin Bobo, fondateur du Centre de Lecture, d’Initiation et d’Intégration à la Culture avec qui nous coorganisons le Salilek. C’est aussi un territoire chargé d’histoires et d’auteurs, mais qui, malgré sa proximité avec la capitale, ne connaît pas un véritable épanouissement littéraire.
Notre objectif est donc de déconstruire l’image du livre auprès des populations de la Lekié, peu importe l’âge, et bien sûr dans le respect de la loi en vigueur concernant notre secteur.
Le Matin d’Algérie : Quels types de partenariats Acolitt cherche-t-elle à développer ?
Pauline M.N. Ongono : Acolitt est disponible et accepte les partenaires qui touchent au livre, peu importe le pays ou le continent.
Le Matin d’Algérie : Comment détectez-vous et accompagnez-vous les jeunes talents littéraires africains ?
Pauline M.N. Ongono : Nos ateliers n’attendent que vous.
Le Matin d’Algérie : Quel rôle joue le numérique dans la promotion de la littérature africaine et dans la formation des acteurs du livre ?
Pauline Ongono : Le numérique joue un énorme rôle dans la promotion de la littérature en général, pas seulement africaine. Nos salons littéraires virtuels constituent des preuves.
Avec le numérique, on sort, à coup sûr, de sa zone de confort et on se fait connaître par d’autres. C’est pour cette raison que chez ACOLITT, le numérique est l’une des matières premières.
Le Matin d’Algérie : Si vous deviez adresser un message à tous les auteurs, bibliothécaires, éditeurs et lecteurs africains, que leur diriez-vous pour renforcer l’impact de la littérature africaine ?
Pauline M.N. Ongono : Soyez professionnels et consciencieux.
L’Algérie a lancé un nouveau satellite d'espionnage, baptisé «Alsat-3A», depuis la base spatiale de Jiuquan, située au nord-ouest de la Chine. Ici le général-major Chanegriha avec le représentant chinois. Crédit photo : DR
L’Algérie possède plusieurs satellites, le saviez-vous ? Moi non ! Je n’ai déjà pas le temps de répertorier tout ce qu’elle n’a pas, liberté, laïcité, droit et justice et bien d’autres.
Le général-major Chanegriha, chef d’état-major, détaché auprès du ministre de la Défense, commandant des forces terrestres et grand vizir de l’État (Ouf, c’est long !), s’est amusé ce 15 janvier à annoncer le lancement de son gros jouet dans l’espace avec l’aide de ses amis démocrates chinois.
Je ne savais pas que nous avions des satellites, ce jeudi 15 janvier j’apprends donc que le premier, Alsat-1, fut lancé en 2002. Comment voulez-vous que je prête attention à tout ? J’étais occupé à suivre d’autres actualités.
En 2002, la répression en Kabylie fut intense après le mouvement de révolte débuté en avril 2001. Á Béjaïa, des émeutes et répression féroce. Une répression de nouveau féroce avec le premier anniversaire de Massinnissa Guermah, la première victime de la guerre lancée par les amis de Chengriha (ce gars en a décidément beaucoup). Et beaucoup d’horreurs qui ont suivi, dénoncées comme un massacre par Amnesty International qui a relevé des tirs à balles réelles.
Mais comme il fallait du bruit pour couvrir celui des massacres, ce furent les élections législatives qui l’ont fait. Les urnes contre les tombes, c’est la réponse du gouvernement algérien.
Puis ce fut le lancement des satellites Alsat-2A en 2010 et Alsat-1B, 2B et Atlas 1N en 2016, une grande année. Cette année de 2010, un dispositif policier lourd pour contrer toutes les tentatives de marche vers la place des Martyrs, arrestations des manifestants du Comité National pour la Défense des Droits des Chômeurs, des églises protestantes et des lieux de culte non-musulmans subissent des fermetures administratives ou des pressions policières, harcèlement des syndicats autonomes.
Quant à Alsat-1B, 2B et Atlas 1N, en 2016, mon attention était encore une fois dirigée vers d’autres actualités. J’ai décidément le don d’être distrait par des événements sans importance et rater ce qui est l’essentiel, la puissance naissante de la maîtrise du ciel par nos fantastiques généraux, chevaliers du ciel.
Cette année-là, mort du journaliste Mohamed Tamalt, répression contre des mouvements sociaux, arrestations et intimidations des défenseurs des droits de l’homme (comme le cas du collectif des familles de disparus, le CFDA), Plusieurs activistes ont été frappés d’interdiction de sortie du territoire.
Et je passerai sur la montée fulgurante de la répression par Abdelmadjid contre les libertés d’opinion et de la presse. Des arrestations massives pour des publications jugées être une « atteinte à l’intérêt national ». Vous rendez-vous compte de ce que j’ai risqué sans le savoir.
Puis arrive Alsat-3A en 2026, celui que j’ai raté ce jeudi 15 janvier. Lorsqu’on est un étourdi, on le reste à vie. Pourtant ce satellite est en relation directe avec ce qui a détourné mon attention.
Un contrôle strict (le mot est faible) des réseaux sociaux, notamment par la surveillance des plateformes ainsi que l’interdiction des journaux numériques comme celui où sévissent ces crimes en compagnie de charmants autres criminels, dangereux pour la sécurité du pays.
La qualification pénale de cybercriminalité se base sur des lois de plus en plus liberticides pour effrayer et museler les voix dissidentes. Rien de nouveau mais les nœuds des pendus peuvent toujours être serrés plus fort. En cas d’arrestation, mon avocat plaidera pour la nullité informatique de son client, une vérité incontestable, j’ai des témoins.
Monsieur le général Chengriha, chef d’état-major, détaché auprès du ministre de la défense, commandant des forces terrestres (une seconde fois, je prends des risques d’étouffement), je souhaiterais vous faire part de mon irrésistible pensée en rédigeant ce papier au petit matin.
Vous connaissez certainement cette phrase si célèbre du dialoguiste Michel Audiard, « le jour où on mettra les « c… » en orbite tu n’arrêteras pas de tourner ».
Mais, toi, mon général, tu finiras toujours par retomber sous l’effet de la gravité de tes actes. Celle-là est de moi.
Les récents événements internationaux posent, de manière accrue, la question de la pérennité de la justice pénale internationale, dans des relations entre États largement dominées par des choix politiques aux prises avec une actualité, des rapports de force et des équilibres de puissances dont l’opportunisme fait souvent fi des principes élémentaires du droit.
Dans ce contexte de quête de légitimité, jusqu’à quel point une telle justice peut-elle dès lors être évoquée lorsque le président vénézuélien Nicolás Maduro se fait enlever, en violation de la Charte des Nations-unies, par des États-Unis ? Certain qu’aucune sanction ne viendra l’inquiéter, Donald Trump conforte, par cet acte, la position d’unique superpuissance mondiale occupée par les États-Unis.
Superpuissance économique et militaire, mais également morale, portée par un abondant discours en faveur des droits de l’homme et de la démocratie : cette place spécifique donne aux États-Unis toute latitude pour imposer aux autres États des règles qu’ils ne sont pas tenus de respecter eux-mêmes.
Ce magistère moral leur permet à la fois de s’ériger en régulateur de l’ordre international, tout en imposant un cadre politique conforme à leurs propres intérêts. En ce sens, Le Monde diplomatique (1) révélait, en 1992, un rapport du Pentagone précisant que : « L’ordre international est, en définitive, garanti par les Etats-Unis, et ceux-ci doivent se mettre en situation d’agir indépendamment quand une action collective ne peut être mise sur pied ou en cas de crise nécessitant une action immédiate. »
Pour y parvenir, le rapport poursuit qu’il conviendra de : « tenir assez compte des intérêts des nations industrielles avancées pour les décourager de défier le leadership américain ou de chercher à mettre en cause l’ordre économique et politique établi. »
Lors de la première guerre du Golfe, l’ancien président Richard Nixon confirmait cette vision dans le New York Times du 7 janvier 1991 : « Nous n’allons pas là-bas pour défendre la démocratie parce que le Koweït n’est pas un pays démocratique, et il n’y en a pas dans la région. Nous n’allons pas là-bas pour abattre une dictature. Nous n’allons pas là-bas pour défendre la légalité internationale. Nous allons là-bas, et nous devons y aller, parce que nous ne permettons pas que l’on touche à nos intérêts vitaux. »
À la lumière de ces déclarations et des nombreux faits de guerre imputables aux États-Unis, il semble évident que l’avenir de la justice internationale ne se trouve ni entre les mains des organisations internationales ni entre celles des États, mais entre les mains d’un État unique, autoproclamé garant de la justice internationale, tout en refusant de s’y soumettre.
Nixon poursuivait en effet en ces termes : « Dieu est avec l’Amérique, Dieu veut que l’Amérique dirige le monde. »
Inscrite sur le dollar, « In God we trust », cette caution divine participe de ce magistère moral sur le monde. Les victimes des guerres américaines n’ont, de ce fait, pas la même qualité que les victimes d’un autre État. Par la mise en avant de leur mandat divin, les Américains défendent en effet l’idée que leurs guerres sont justes.
Par ce recours à la transcendance divine, les États-Unis affirment en creux que le droit positif ne saurait disposer de sa propre raison suffisante. Ils disqualifient ainsi toute contingence pour se positionner au niveau d’un ordre supérieur et supranational dont ils seraient les gardiens et les représentants. Ainsi, en 2001, le Sénat étasunien approuvait sans difficulté le projet de loi Jesse Helms interdisant toute coopération avec la future CPI, afin de prévenir toute forme d’investigation sur les forces américaines.
Ce déséquilibre des puissances se trouve en contradiction avec toute idée de justice, réellement réciproque et impartiale, pour prendre la forme d’une injustice internationale dont les principales victimes demeurent non pas les responsables des guerres mais ceux qui les perdent.
La justice pénale internationale pose ainsi la question de sa capacité d’action face aux États-Unis qui, s’ils en font la promotion pour juger leurs adversaires, n’envisagent en aucun cas de s’y soumettre à leur tour.
Née dans des contextes de conflits entre États, cette justice apparaît ainsi comme un dernier acte de guerre imposé par les vainqueurs pour légitimer, par le droit, tant leurs victoires que les moyens auxquels ils ont eu recours pour y parvenir.
Le droit pénal international demeure alors une promesse.
Son caractère facultatif et son « injustice » entre États suffisent en effet à lui retirer tout sens de la justice et toute crédibilité. Il demeure de ce fait peu probable de voir émerger un droit international pénal véritablement impartial et juridiquement contraignant, dans un contexte de rapports de forces déséquilibrés justifiés par des arguments théologiques.
Salim Kébaïli
1/DE LA GORCE, Paul-Marie, Le Monde diplomatique, « Washington et la maîtrise du monde », avril 1992.
Marine Le Pen et Allisio, candidat à la mairie de Marseille.
En déplacement à Marseille vendredi 16 janvier, Marine Le Pen apporte son soutien à Franck Allisio, candidat du Rassemblement national aux municipales. Une visite qui souligne l’importance accordée par le RN à la conquête de la deuxième ville de France, historiquement rétive à l’extrême droite.
L’extrême droite s’apprête, à la faveur des municipales, à couvrir de sa lugubre toile les grandes villes françaises. Ville d’immigration par excellence, Marseille fait partie de ses objectifs. En pleine séquence judiciaire, Marine Le Pen a choisi de maintenir son agenda politique. Ce vendredi 16 janvier, la présidente du Rassemblement national est attendue au parc Chanot à Marseille pour soutenir Franck Allisio, tête de liste RN aux prochaines élections municipales. Une présence symbolique, destinée à afficher la confiance de la direction nationale dans son candidat.
Marseille constitue un enjeu particulier pour le RN. Ville populaire, marquée par une forte diversité sociale et culturelle, elle a longtemps résisté aux tentatives d’implantation durable de l’extrême droite. Si le parti y réalise des scores non négligeables lors des scrutins nationaux, la conquête du pouvoir municipal demeure un objectif difficile.
Le choix de Franck Allisio répond à une stratégie de crédibilisation locale. Ancien cadre de la droite traditionnelle, il se présente comme un profil de gestionnaire, mettant en avant des thématiques de sécurité, de propreté urbaine et de gouvernance municipale. Selon un sondage récent, il serait désormais au coude-à-coude avec le maire sortant, une situation que le RN entend exploiter.
Pour Marine Le Pen, l’enjeu dépasse le cadre marseillais. Une victoire dans la deuxième ville de France renforcerait le discours de normalisation porté par le RN et nourrirait l’argument d’une capacité à gouverner des métropoles complexes. À l’inverse, un échec rappellerait les limites persistantes du parti dans les grands centres urbains.
Les difficultés restent nombreuses. À Marseille, les attentes des habitants portent sur des questions structurelles : logement, pauvreté, accès aux services publics, transports et sécurité. Autant de dossiers qui exigent des réponses locales précises, au-delà des discours nationaux. Mais pour l’extrême droite, seule la question sécuritaire l’intéresse. Jouer sur les peurs des électeurs est son discours premier. Le reste importe peu.
La présence de Marine Le Pen, malgré son procès en cours, vise également à montrer que l’actualité judiciaire ne suspend pas l’action politique. En soutenant publiquement son candidat, elle cherche à maintenir la dynamique de campagne et à mobiliser l’électorat.
Reste à savoir si cette stratégie permettra au Rassemblement national de franchir un cap à Marseille. Dans une ville où les équilibres électoraux sont fragiles et les mobilisations souvent décisives, l’issue du scrutin s’annonce incertaine.
… Di syin, aâzmeɣ ad subbeɣ ɣer ubrid, ad bduɣ ad nadiɣ albaâd n lmumnin ar yi-isrekben syin ɣer Lexmis, armi sliɣ i terbaât n tlawin la ttdekkirent, akka deg ubraḥ-nsent, lakin di tid iḍurfen cwiṭ ɣer uzniq yulin ɣer taddart.
Nek, ussan-nni ad tafeḍ leǧyub-iw akk ččuren d lekwaɣeḍ, ketben, ama dɣa d isefra, ama d timucuha, ama d ayen kan i yi-d-iqqar uqerruy-iw. Cwiṭ, ma yehwa-yak, s rruɣba-nni sɛiɣ ɣer teqbaylit, akken kan bdiɣ ḥeffḍeɣ a tt-ketbeɣ, qqareɣ-tt. Daɣ netta, anda ufiɣ neɣ sliɣ i usefru, leqqḍeɣ-d d alqaḍ, am win ara yettarran ɣer tkufit. Bdiɣ deg wanect-nni, ulac lxezna am tilawin.
Uliɣ cwiṭ deg ubrid, tabaɛ ɛumen yemdanen nniḍen, mačči ala nek. Qerrbeɣ ɣer wid ibedden, fkan ameẓẓuɣ ɣer txuniyin-nni yettdekkiren. Di teswiɛin am tidak, ẓrant tezzin-asent yemzuyar, d irgazen, d tilawin, smeḥsisen-asent, daɣ netta ttwenniɛent lecɣal. Ula d tid, gerrzent tarbaât. Ad ilint di tnac neɣ d akter, ferqent ɣef sin lesfuf. Teḍher-iyi di sef-nni i d-izerɛen, tin deg-sent i yasent-ittaken isefra, sibda d-ittarra kan d tirririt ssef-nni wis sin. Icebba-yi-d Rebbi, ula d taɣect-nni ttɣennint, laâmer i yas-sliɣ, taâǧeb-iyi tin akken issefruyen, i yasent-immalen akk i tiyaḍ akken ara tt-tebɛent.
Mkulci, diɣen d tanumi. Walaɣ-tt tseffeḍ kan i wudem-is, tesbuḥruy s tmeḥremt, mara testaâfu, tiyaḍ la d-ttarrant, thedder ula s ucmumeḥ i texsimin-is alamma d nnuba-nsent. Irna, lḥasun, tesaâ ara tini. Mi yasent-d taxxreɣ, rwiɣ, ǧǧiɣ-tt-in mazal kan d nettat i yettaken asefru. Subbeɣ-d syin armi d yiwet n tmeɣrust, dɣa akka tama n tqubbet, qqimeɣ, senndeɣ ɣer-s, sawleɣ i uqehwaǧi yewwi-yi-d lqahwa, kkseɣ-d lekwaɣeḍ d ukeryun, nniɣ-as ma yella kra i d-smenaâɣ ɣef isefra-nni yakk iwumi d-sliɣ. Nek dɣa ɣur-i aqerru… s cfawat.. dayen kan. Awal ur ktibeɣ ara, ɣas ma nniɣ-as kan beqqa aâlaxir.
D nek i iluɛan Sliman d amezwaru. Ɣer meyya lumayar, fehmeɣ-t n taddart-nni : taneggarut akk, d aqummeč-nni d-iqummeč ɣer tmeɣrust, tagelzimt iṭṭef-itt seg uzzal, abernus ulac, am win akken iwten ad yaâddi, si tmazirt s axxam. Isem-is s tidet, ur t-ɛuhdeɣ ara ur t-mliɣ… i mi d nek s yiman-iw ur t-ssineɣ ara ar ass-a. Tabaɛ, ur iwwi ur iris i tmacahut.
Teḍher-iyi terbaât n yelmeẓyen ffɣen-d seg uxxam n yemrabḍen n Ccix. D rebaâ neɣ d xemsa yid-sen, teddun ad rekben deg yiwen n iṭaksiyen-nni iḥebsen deg ubrid. Llebsa n Irumyen tettwaâqel, ma d tin kan ittnuzun ‘’ukazyun’’ di rreḥbat n leswaq, neɣ ma d tin ittwaxedmen i bab-is s lqis, ɣur bab n ssenɛa. Tlata neɣ rebaâ deg warrac-nni n yemrabḍen, iqerra-nsen aâryan, acebbub imceḍ di ttnasfa, lakin ixreb, iban mačči d zzux, d tanumi. Ula d ikustimen i lsan, ideg ur d-cqin ara, d tin i d llebsa-nsen n lferḍ, n mkul ass, irna segmi tteklen armi xtaren ula d ssaneɛ i yasen-ten-ixaḍen. Ad sɛun di aâcrin ar xemsa waâcrin sna ɣer win meqqren deg-sen. Ula di ssifa-nsen, am akken ad tiniḍ, d inebgawen kan i d-usan s axxam-nsen. Urǧan armi yuli d amezwaru win deg-sen yelsan ibernas, iban iɣleb-iten, rnan rekben nnutni, aṭaksi yeqleɛ.
Neṭqeɣ ɣer Siman, seqsaɣ-t : « Ad lfu dɣa n warraw-agi n Ccix ? ».
Ihuzz aqerruy-is, inna-k : « Ih ».
Fehmeɣ-t seg wid ur nḥemmel ara ad sṭuqten ameslay. Wannag, niqal ḍemaâɣ, ma yella kra d-wwiɣ sɣur-s. Uɣaleɣ armi d lekwaɣeḍ-nni inu. Dɣa d nutni i yi-d-issasen tamacahut.
Taswiɛt, yuẓa-d ɣer-i, issers tagelzimt, am win ara yebɣun ad isked ɣer lektiba-w, inna-k :
– Walaɣ-k segllin…i… la tesmeḥssiseḍ i txuniyin, tkettbeḍ. Aâni … dayen ttdekkirent, neɣ ?…
Ula d nek huzzeɣ aqerruy-iw, nniɣ-as : Ay ih !
Ẓriɣ-t di syin akkin ur yi-ittensar ara. Inna-k : Ihi s taârabt ?
Nniɣ-as : Ala.
Inna-k : Ihi… s trumit ?
Nniɣ-as : Ala.
Lakin segmi icukk aâni ttkellixeɣ yis, setbaâɣ-as : S teqbaylit.
Netta iwala-yi s tidet-iw, nek walaɣ-t ur issin ula d lexṭuṭ, segmi ur d-immiɣ ara ɣer wid-iw. Dɣa… d netta kan iɣef ttnadiɣ. Ddmeɣ-d yiwet di sebaâ usebaâin n tewriqin-nni ttawiɣ yid-i. Mebla ccek ad d-ḍḥan d isefra-w nek, uqerruy-iw, Lakin… yiwen lekdeb ɣer wiyiḍ akk… zayed naqes. Nniɣ-as :
– Sel-asen-d i wigi, n Si Muḥend U Mḥend.
Akken di mi yas-d-fukeɣ, inna-k : Ad as-yaâfu Rebbi !
Nek dayen i ḥwaǧeɣ. Rniɣ lxattima, akken ara t-ssimneɣ d lmaḍi, ɣriɣ-as-d yiwen usefru n yimir-nni kan :
A Ccix-iw di laânaya-k
A Ḥmed Waâli ay izem
Tenfaâḍ-aɣ s lbaraka-k
Taâfuḍ-aɣ ma d ay nexdem…
Segmi d-iḍḥa yessen-it axir-iw, ur yi-yunif ara ad as-d-kemmleɣ. Lakin, sibda ttraǧuɣ ar d-yini, ziɣ netta s laâqel-is, ar yuɣ abrid nniḍen. La yeskad kan s ifurkan-nni n tmeɣrust, ittaâwad weḥd-s : « tenfaâḍ-aɣ s labaraka-s… tenfaâḍ-aɣ s lbaraka-s… taâfuḍ-aɣ… ».
Nek skadeɣ deg-s, Ur yi-iɣlib ara di laâmer. Ma kkseɣ-as tamart-nni ur iseṭṭel ara, di liḥala-nni yakk ufellaḥ, mazal, … ur yi-ilaq ara ad as-iniɣ « Dda ». Iban wudem-is n win ‘’iffɣen’’, yunagen, inudan timura. Ur iɣri yara, lakin yeɣra ddunit, ilḥa, iwala deg-s, isla, ijerreb, irra s ul-is. Netta, d tin i d leqraya, ayen nniḍen akk d lektiba ɣef lkaɣeḍ, am win isennɛen adrar di tewriqt.
Tabaɛ, lḥasun, d ayen d-ḥefḍeɣ sɣur-s ass-nni, mi yi d-iwwi tamacahut.
Yuɣal izzi-d ɣur-i, inna-k :
– Keč fehmeɣ-k mačči n dagi. Ẓriɣ yiwen-nneɣ akk, lakin… ur yaâdil ara. Mačči d aâcra, mačči d aâcrin n taddart-agi-nneɣ i d wi aâdleɣ, i d wi heddreɣ, lakin nettaweḍ ɣer temsalt n Ccix… am akken … nekkat, netaâdday-as. Nessen-it kan d lwali n udrar-nneɣ, arraw-is ass-agi ur aɣ-d-itekk seg-sen ala lxir. Di syin akkin, a bnadem, ma d lebɣi adder-it-id kan am keč am medden. Dacu ara k-yawin ad tnadiḍ, ansi d-ikka, dacu i d taqsiṭ-is, amek dihin, amek dagi ?
Nniɣ-as : D tidet. Tabaɛ, akken tenniḍ : « yiwen-nneɣ akk ». Ad ak-galleɣ a nek s yiman-iw, di tmurt-inna nneɣ…
Inna-k : … Ma tessneḍ leḥyat ula n yiwen si lawliyya isi tettgallam. Ẓriɣ. Ma yehwa-yak, ula d nek, cwiṭ dɣa seg wakken k-walaɣ… ur tettxalafeḍ ara wiyiḍ i webrid ad ak-ḥkuɣ ɣef Ccix Ḥmed Waâli-yagi-nneɣ. Irna, aṭas, aṭas, tidet i Rebbi, i mi la teqqareḍ tiktabin s teqbaylit… tketbeḍ isefra i ttawin fell-as… ih… Isefra-s… Ladɣa mara s-qqaren « tenfaâd-aɣ s lbaraka-s… taâfuḍ-aɣ ma d ay nexdem »… ih… Lḥasun… Teẓriḍ ?…
Walaɣ-t diɣ iɛawed-as amkan i tgelzimt-nni ines, iqaâd-itt akken ur tettembiwil ara d lmaḍi, igerrez tiɣimit-is netta, dɣa ula d nek yaâna ufus-iw… iẓur taqubbet n Nikut, ddmeɣ-d yiwen, mekkneɣ-as taqubbet, iddem ula d netta yiwen, fkiɣ-as icɛel, caâleɣ, inna-k :
– Mara mlilen sin ur nemyussan ara d lmaḍi, qqimen i lhedra, ẓran ad mfaraqen deg wass-nni, ad iniɣ yettili gar-asen nnṣib n tidet. Nek, lḥasun, ad ak-iniɣ : kra n win ara iheddren, irna ad ilfu ula d win ara iketben, armi di ddehn-is ad tettuɣellet tmeslayt-nni ines. Win ara k-yinin ihedder kan, neɣ iketteb kan i yiman-is… ihi… tili dɣa ulayɣer issembiwil imi-s neɣ afus-is. Daɣ netta, ad ak-skiddbeɣ ma nniɣ-ak : ɣur-k anda i tettaâwadeḍ ayagi ara k-iniɣ ɣef Ccix. Ɣur-k ad teḥkuḍ, ɣur-k dihin, ɣur-k dagi. Ala lekdeb ma nniɣ-ak-t. Lxattima ihi,ɛad, imi… ẓriɣ tettwaktab teqbaylit, i yid-inna ddehn-iw ahat… ahat… irna, lḥasun, niɣ nek ula d isem-iw ulayɣer t-issineḍ. Awi-d kan ma yella kra n uɣellet. Sakin keč, a mmi-s n tmurt, ḍebber aqerruy-ik. Teggra-d deg wayen ara k-d-ḥkuɣ, ma dayen illan… neɣ zeggdeɣ, neɣ sneɣseɣ… tfehmeḍ ur aɣ-icrik wara n ssuq. Ma yehwa-yak akk, ǧaâl-it d albaâḍ n tmucuha-nni… n ‘’walef lila wlila’’, di syin truḥeḍ ɣer tmurt-nwen, nek s axxam-iw. Niɣ akka ?
Belaïd At Ali
09/1946
Timerna / Notes :
1. Ssaneɛ : axeggaḍ (fr. tailleur) = agennun (amyag gnu : xiḍ = coudre) ; tissegnit : tin swayes gennun/ttxiḍin.
L’histoire de Czesław Jan Bojarski aurait pu rester un simple fait divers, un nom oublié parmi tant d’autres. Mais pour Guillaume Soa, elle est devenue matière à roman, un récit où le génie, la ruse et l’obsession se croisent.
Le roman a immédiatement séduit les lecteurs par son rythme, ses détails minutieux et la profondeur de ses personnages. L’histoire de Bojarski, portée par la plume de Soa, est désormais prolongée sur grand écran : le film L’Affaire Bojarski, réalisé par Jean-Paul Salomé et interprété par Reda Kateb, est sorti en salles le 14 janvier 2026, donnant vie aux presses clandestines, aux filatures nocturnes et aux dilemmes moraux qui font le sel du livre.
Dans cet entretien exclusif, Le Matin d’Algérie a eu l’honneur de recueillir les confidences de Guillaume Soa. L’auteur nous plonge dans les coulisses de son écriture : la reconstitution des presses clandestines, la création d’un suspense psychologique intense, et l’art de rendre vivants des personnages pris entre l’histoire et leur propre génie. Entre fascination pour le réel et goût du cinéma, Soa révèle les défis de raconter une histoire vraie tout en captant l’intensité dramatique qui fait de L’Affaire Bojarski un roman passionnant et immersif.
Le Matin d’Algérie : Guillaume Soa, quand vous avez découvert l’histoire de Czesław Jan Bojarski, quel a été le moment précis où vous vous êtes dit : « Il faut que j’écrive ce roman » ?
Guillaume Soa : « Cette histoire est tellement incroyable qu’elle dépasse tout ce qu’un romancier pourrait inventer. Le parcours de cet ingénieur génial capable d’inventer la dosette à café et, dans le même temps, fabriquer des millions avec des outils de cuisine, j’ai pensé instantanément au film Arrête-moi si tu peux. J’y ai retrouvé cette même fascination pour le génie du faussaire et ce duel subtil du chat et de la souris. En tant que grand amateur d’histoires vraies – au cinéma comme en littérature – je ne pouvais pas laisser passer un destin pareil. C’était une évidence : il y avait là tous les ingrédients d’une grande tragédie humaine. »
Le Matin d’Algérie : Comment avez-vous reconstitué avec autant de précision les presses clandestines et les billets de Bojarski ? Avez-vous consulté des archives ou des documents historiques ?
Guillaume Soa : « Je me suis énormément documenté, aussi bien sur le métier d’imprimeur que sur le travail clandestin. Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir accès facilement à des écrits, des podcasts, des tutos vidéo. Lire une définition de l’impression en taille-douce ne suffit pas ; il faut voir les gestes pour comprendre réellement le procédé. J’ai complété cette approche technique auprès de numismates ou encore lu des biographies de faussaires de cette époque. »
Le Matin d’Algérie : Le commissaire Benhamou est obsessionnel, presque vivant sous nos yeux. Comment avez-vous travaillé son psychisme pour que le lecteur ressente sa traque comme réelle ?
Guillaume Soa : « Les archives étaient lacunaires, mais elles esquissaient un homme fascinant : un juif d’Algérie, embourbé dans son enquête alors même que la guerre déchire sa terre d’origine. Un flic aux méthodes atypiques, parfois casse-cou, mais salué jusqu’aux États-Unis. Benhamou est l’antithèse de Bojarski, tout en partageant une forme d’excellence. Plutôt que la confrontation physique, c’est leur destin qui se croise tout au long du roman jusqu’à dans leur vie de famille respective. Il fallait donc un personnage profond, complexe, loin des clichés. C’est ce qui rend la traque passionnante. »
Le Matin d’Algérie : Dans certaines scènes, on a l’impression de voir un film, presque plan par plan. Était-ce votre intention de faire du roman une expérience quasi-cinématographique ?
Guillaume Soa : « Je suis un passionné de cinéma, je m’y suis essayé à travers quelques courts-métrages par le passé. Dès les premières réflexions, j’ai voulu concevoir cette histoire comme un scénario, convaincu qu’elle avait le potentiel d’être adaptée un jour. Je ne suis donc absolument pas surpris qu’un film voie le jour aujourd’hui. La véritable surprise, c’est que personne ne se soit emparé de cette histoire plus tôt, que ce soit en roman ou à l’écran, tant elle est romanesque. »
Le Matin d’Algérie : Bojarski apparaît à la fois comme génial, impitoyable et… humain. Comment avez-vous équilibré ces dimensions pour qu’il ne devienne ni un héros ni un simple criminel ?
Guillaume Soa : « Ce qui m’intéresse avant tout, c’est l’humain et ses nuances, qui sont de plus en plus difficiles à percevoir à notre époque manichéenne. Par exemple, la Pègre de l’après-guerre réunie anciens Résistants et ex-Collabos. La réalité n’est jamais toute noire ou toute blanche. J’avais déjà dû faire ce travail de déconstruction psychologique en m’attaquant à une figure aussi sacrée que Jean Moulin. Pour comprendre le héros, j’avais dû oublier la statue pour chercher le jeune homme qu’il était avant : l’artiste, l’amoureux, l’homme faillible. Pour Bojarski, c’est la même démarche : il faut chercher le père de famille inquiet derrière le criminel. »
Le Matin d’Algérie : Avez-vous rencontré des descendants ou des proches de Bojarski pour enrichir votre récit ? Si oui, quelles anecdotes inédites ont marqué votre écriture ?
Guillaume Soa : « Je n’ai pas réussi à retrouver la famille durant la phase d’écriture. J’ai donc travaillé par empathie. À force d’étudier le dossier, on finit par imaginer le personnage suffisamment fort pour avoir l’impression de le connaître intimement. C’est eux qui m’ont trouvé après coup. Ils ont été très touchés par ce roman, par cette histoire ainsi mise en lumière. Cela a été un soulagement et une grande fierté. »
Le Matin d’Algérie : Les tensions entre Bojarski et Benhamou sont palpables. Comment avez-vous construit ce duel intellectuel sur plusieurs décennies, tout en gardant le suspense ?
Guillaume Soa : « Le défi était de maintenir la tension sans inventer de rencontres physiques. C’est un duel subtil, à l’image de Czeslaw Bojarski, une partie d’échecs à distance. Le suspense ne vient pas de l’action effrénée, mais de l’étau qui se resserre millimètre par millimètre, et des drames humains qui les touchent. »
Le Matin d’Algérie : Le roman traverse plusieurs lieux et époques. Quels défis avez-vous rencontrés pour maintenir un rythme haletant et ne jamais perdre le lecteur ?
Guillaume Soa : « C’est une gymnastique que je commence à bien connaître. Que ce soit pour traverser les siècles pour comprendre l’origine historique du christianisme ou pour plonger dans la Seconde Guerre mondiale, mon obsession reste la même : l’humain face à son destin. Ici, le rythme ne vient pas du changement d’époque, mais de la spirale infernale dans laquelle Bojarski s’enferme. Quand j’ai découvert cette histoire vraie et ses multiples rebondissements, je me suis moi-même demandé : « Mais jusqu’où va-t-il aller ? Comment va-t-il pouvoir s’en sortir ? ». C’est ce vertige que j’ai voulu restituer. Ce n’est plus une question de date, ni de lieux, le lecteur voit le personnage s’enfoncer toujours plus profondément dans son propre mensonge. »
Le Matin d’Algérie : La sortie du film approche, avec Reda Kateb dans le rôle de Bojarski. Avez-vous participé à l’écriture ou au conseil sur le scénario ?
Guillaume Soa : « Malheureusement, le projet de Jean-Paul Salomé et le mien ont fait leur chemin séparément. En tant que passionné de cinéma, j’aurais adoré avoir vent de son projet plus tôt ! Surtout au vu du casting exceptionnel (j’adore Reda Kateb et Sara Giraudeau). Je suis tout de même ravi qu’un film existe, que cette histoire vraie soit enfin portée à l’écran. Le véritable défi pour le réalisateur est de faire ressentir au spectateur la tension permanente de la « double vie » de cet homme, écartelé entre sa famille et son secret. J’ai hâte de voir le résultat. Pour moi, c’est un rêve d’enfant de voir une histoire que je connais si bien prendre vie, qui plus est au cinéma. »
Le Matin d’Algérie : Certaines scènes du roman sont presque palpables : le cuir du volant, le parfum du tabac, la tension dans le jardin… Comment arrive-t-on à rendre la littérature aussi sensorielle ?
Guillaume Soa : « Un romancier ne doit pas décrire, mais faire ressentir. C’est le même exercice que lorsque j’écris sur la Cathédrale de Chartres. Il ne suffit pas de donner ses dimensions, il faut décrire le vertige quand on lève la tête, la légèreté des sculptures, les lumières filtrées des vitraux de la nef, le vent froid du portail Nord… Décrire la confection d’un faux billet n’est pas différent : c’est une architecture miniature. C’est par les sens qu’on croit à l’histoire. »
Le Matin d’Algérie : Votre style mélange polar, thriller historique et roman quasi-documentaire. Comment décririez-vous votre méthode d’écriture pour créer ce mélange unique ?
Guillaume Soa : « Je crois qu’il faut être convaincu pour être convaincant. Sur le dossier des Templiers, j’ai délibérément laissé de côté le folklore habituel pour revenir à la vérité historique brute. C’est en restant au plus près des faits avérés que le mystère devient, à mon sens, le plus vertigineux. J’accorde d’ailleurs une importance capitale aux « Notes de l’auteur » en fin d’ouvrage, où je distingue la réalité de la fiction. Les lecteurs sont surpris de découvrir que la réalité occupe, au final, la majeure partie de mes récits. Pour Bojarski, la démarche est identique : je n’ai pas besoin d’ajouter de l’action artificielle. L’enjeu consiste à bien raconter la réalité de sa double vie. »
Le Matin d’Algérie : Après trois romans et une carrière musicale et cinématographique, qu’est-ce qui vous pousse encore à explorer l’histoire vraie à travers la fiction ? Et Bojarski, est-il votre roman le plus personnel ?
Guillaume Soa : « J’ai toujours la même passion pour le réel et l’humain. Chaque livre laisse une trace, mais j’ai une affection particulière pour cette histoire vraie. La vie de cet homme m’a profondément touché. C’est un destin tragique, guidé par l’amour des siens et une forme de génie dévoyé. Quand on passe autant de temps dans la tête d’un personnage, à essayer de comprendre ses failles et ses espoirs, on finit par tisser un lien indéfectible avec lui. »
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