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CAN 2025 : l’Égypte renverse la Côte d’Ivoire et s’invite en demi-finale

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L'Egypte s'invite aux demi-finales
L'Egypte s'invite aux demi-finales

Dans un quart de finale attendu avec impatience, les Pharaons ont créé la sensation en battant les champions en titre, la Côte d’Ivoire, sur le score de 3-2. Un match palpitant, où chaque minute comptait et où les retournements de situation ont tenu le public en haleine jusqu’au dernier souffle.

Omar Marmoush a mis les siens sur orbite dès la 4e minute, profitant d’une percée rapide pour ouvrir le score et donner le ton. La Côte d’Ivoire semblait surprise par l’agressivité et la précision de l’Égypte dans les phases décisives. À la 32e minute, Rami Rabia a doublé la mise sur un corner parfaitement exécuté, offrant aux Pharaons un avantage rassurant. Mais le football a ses imprévus : à la 40e minute, un contre son camp d’A. Fotouh a relancé les Éléphants, ravivant l’espoir des Ivoiriens et donnant un nouveau suspense au match.

En seconde période, Mohamed Salah, toujours aussi décisif, a inscrit le troisième but égyptien à la 52e minute, un but qui semblait sceller le sort du match. Les Ivoiriens, loin de renoncer, ont réduit l’écart grâce à Guela Doue à la 73e minute, mais ils n’ont pas réussi à inverser le cours des événements. L’Égypte s’impose donc 3-2 et se qualifie pour affronter le Sénégal en demi-finales, un choc très attendu.

Cette victoire va bien au-delà d’un simple résultat sportif. Elle démontre la capacité de l’Égypte à gérer la pression, à exploiter ses temps forts et à frapper au moment exact. Les Pharaons ont su allier efficacité, cohésion et sang-froid face à un adversaire expérimenté et toujours dangereux. Pour la Côte d’Ivoire, l’élimination est cruelle : champions sortants, ils quittent la compétition sur un match où chaque action a compté.

Agadir a été le théâtre d’un spectacle où l’intensité, la technique et la tension se sont mêlées. Le public, suspendu à chaque ballon, a vu un duel où le talent individuel et le collectif se sont affrontés à armes égales. Maintenant, tous les regards se tournent vers la demi-finale Égypte-Sénégal, qui promet déjà d’être un autre moment fort de cette CAN 2025. Les Pharaons y arrivent confiants, portés par l’énergie et la détermination qui les ont menés aujourd’hui à renverser les champions en titre.

Djamal Guettala 

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Grève des transporteurs : un révélateur de la fragilité des relais de médiation institutionnelle 

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Transport
La grève des transporteurs a montré la fébrilité du pouvoir.

L’agitation fébrile de l’exécutif face à la grève des transporteurs routiers en Algérie met à nu une défaillance structurelle : l’inexistence de relais de médiation crédibles. En ayant neutralisé les syndicats autonomes et les corps intermédiaires, le pouvoir a supprimé les « fusibles » nécessaires à la stabilité sociale. Ce face-à-face direct entre le sommet et la base transforme désormais chaque conflit sectoriel en une menace pour l’ordre public, forçant les autorités à alterner entre mesures d’apaisement d’urgence et durcissement sécuritaire pour compenser l’absence de dialogue institutionnel.

Dans la foulée de la grève des professionnels du transport routier, les autorités algériennes ont enclenché une séquence politique et médiatique inhabituelle par son intensité. Déclarations officielles, interventions en chaîne de responsables gouvernementaux et signaux adressés à différents corps sociaux se sont succédé dans un laps de temps réduit, traduisant une volonté manifeste de circonscrire une contestation perçue comme potentiellement extensible.

Au-delà de son caractère sectoriel, la grève a été traitée par le pouvoir comme un symptôme plus large : celui d’une fragilité sociale persistante, susceptible de se transformer en dynamique transversale. L’enjeu n’était pas tant la revendication elle-même que le risque de jonction entre différents foyers de mécontentement, dans un contexte marqué par l’érosion du pouvoir d’achat, les tensions sur les prix et un climat de défiance durable. Dans cette lecture sécuritaire de la conflictualité sociale, tout mouvement revendicatif, qu’il soit de nature sociale ou politique, tend à être assimilé à une tentative de déstabilisation du pays et à une menace directe contre l’ordre public.

C’est dans ce cadre qu’intervient l’annonce de l’importation d’un million de moutons en prévision de l’Aïd El-Adha. Présentée officiellement comme une mesure destinée à réguler les prix et à soulager les ménages, cette décision, qui était déjà dans l’air depuis la fin de l’été dernier, dépasse toutefois le strict registre économique. Elle s’inscrit dans une grammaire politique bien rodée, où la réponse sociale ponctuelle sert aussi de mécanisme de désamorçage symbolique.

Sans être explicitement formulée comme telle, la mesure agit comme un levier politique implicite. Elle vise à produire un effet d’apaisement immédiat, en ciblant un moment à forte charge sociale, culturelle et émotionnelle. Le message sous-jacent est clair : l’État demeure capable d’intervenir, de pourvoir et de prévenir une frustration collective susceptible de se transformer en colère ouverte.

Parallèlement à ce registre de l’apaisement matériel, une autre logique est à l’œuvre. Dans le discours officiel et médiatique, la « main de l’étranger » est régulièrement invoquée pour neutraliser, discréditer et délégitimer la contestation, en amont même de son émergence. Une stratégie de containment est ainsi déployée à travers les médias, visant à encadrer, disqualifier et délégitimer toute expression revendicative perçue comme déviante ou potentiellement subversive.

Cette stratégie s’étend également à l’espace numérique. Les réseaux sociaux font l’objet d’une surveillance accrue, présentée comme nécessaire à la préservation de l’ordre public. Dans ce sillage, l’organe national de prévention et de lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication a fait état du recensement d’une trentaine de publications qualifiées de subversives, émanant de comptes sur les réseaux sociaux attribués à des personnes résidant notamment en France, au Maroc, au Canada et en Grande-Bretagne.

Cette combinaison de gestes d’apaisement économique et de durcissement discursif révèle un paradoxe. Malgré un arsenal répressif conséquent, un contrôle étendu de l’espace médiatique et une architecture institutionnelle verrouillée, le pouvoir a réagi comme s’il se sentait menacé dans ses fondements. Cette vulnérabilité est accentuée par la neutralisation systématique des syndicats autonomes et des espaces de représentation authentiques. En l’absence de ces médiateurs crédibles, l’exécutif se prive de « fusibles » sociaux : le choc devient direct entre la base et le sommet, transformant la moindre revendication en un face-à-face périlleux. La rapidité de la réponse, l’accumulation des signaux d’apaisement et le recours à des solutions conjoncturelles témoignent ainsi moins d’une position de force que d’une inquiétude latente face à l’imprévisibilité du corps social. 

L’épisode met ainsi en lumière une fragilité structurelle : celle d’un système qui, faute de canaux de médiation durables et crédibles, joue sur  la disqualification systématique de la contestation. 

À court terme, cette approche peut produire l’effet escompté et contenir la contestation. Mais elle laisse entière la question de fond : celle d’un modèle de gouvernance qui, pour préserver la stabilité, privilégie le soupçon et l’apaisement ponctuel au traitement structurel des causes profondes du malaise social.

La rédaction

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Projet de loi organique sur les partis politiques : quand les chiffres deviennent un instrument de contrôle du champ partisan

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Conseil des ministres
Adopté en conseil des ministres, le projet de loi sur les partis va rendre la pratique politique impossible aux partis. Crédit photo : DR

Adopté en Conseil des ministres fin décembre 2025 et en attente d’examen parlementaire, le projet de loi organique sur les partis politiques introduit des seuils chiffrés inédits en matière d’implantation territoriale et d’adhésion. Présentées comme des instruments de rationalisation du pluralisme, ces exigences redessinent en profondeur les conditions de création, d’existence et de survie des formations politiques en Algérie.

 Si le texte intégral n’a pas encore été rendu public, les éléments officiellement communiqués et les informations concordantes de la presse nationale permettent d’en dégager les principales orientations — et surtout les seuils chiffrés qui en constituent l’ossature.

Au-delà d’une simple actualisation de la loi organique de 2012, le projet traduit une inflexion nette : il vise moins à élargir le pluralisme qu’à restructurer et rationaliser l’offre partisane, dans un contexte marqué par la persistance d’une lecture sécuritaire de l’activité politique.

Une implantation territoriale élevée au rang de condition centrale

Parmi les dispositions les plus structurantes figure le durcissement des critères d’implantation territoriale. Désormais, tout parti politique devrait justifier d’une présence effective dans au moins la moitié des wilayas du pays, soit 34 wilayas sur 69. Cette exigence s’appliquerait aussi bien à la création qu’au maintien légal du parti.

La notion de « présence effective » est, elle aussi, redéfinie. Il ne s’agirait plus d’une simple déclaration administrative, mais de l’existence de structures locales formalisées, d’une activité politique régulière et de la production de rapports d’activité périodiques. L’implantation territoriale devient ainsi un critère substantiel, susceptible d’être contrôlé et contesté.

Ce seuil de 34 wilayas constitue un changement d’échelle par rapport à la loi actuellement en vigueur, qui se contentait d’une implantation dans environ un quart des wilayas. Il introduit un verrou structurel pour les formations régionales, les partis émergents ou les organisations à vocation idéologique ou thématique.

Des seuils d’adhérents fortement rehaussés

Le projet procède également à une revalorisation drastique des seuils d’adhésion, en instaurant une double condition, nationale et territoriale. Selon les informations disponibles, un parti devrait désormais justifier d’au moins 25 000 adhérents au niveau national.

À cette exigence s’ajouterait un seuil territorial contraignant : un minimum de 1 000 adhérents dans chacune des wilayas où le parti est implanté, soit, en pratique, dans les 34 wilayas exigées. Autrement dit, un parti pourrait être numériquement important à l’échelle nationale, mais se trouver en situation d’irrégularité s’il ne respecte pas la répartition territoriale imposée.

Les adhésions devraient être nominatives, vérifiables et administrativement contrôlées, renforçant le rôle du ministère de l’Intérieur dans le suivi de la conformité des partis, avec possibilité de saisine de la justice en cas de manquement.

Discipline interne et stabilisation du champ politique

Dans le même esprit, le projet consacre l’interdiction du nomadisme politique en cours de mandat, notamment pour les élus. Présentée comme un moyen de stabiliser les institutions représentatives et de mettre fin aux recompositions opportunistes, cette disposition renforce la centralité de l’appareil partisan et limite l’autonomie individuelle des élus.

La limitation à deux mandats successifs pour les présidents de partis s’inscrit, quant à elle, dans une logique de démocratisation interne affichée. Elle rompt avec une tradition de longévité des dirigeants partisans, tout en imposant une norme uniforme à des formations aux réalités organisationnelles très différentes.

Un élargissement des motifs de dissolution

Comparé à la loi organique de 2012, le projet élargit sensiblement les motifs de dissolution judiciaire. L’inaction électorale prolongée, l’absence de participation effective aux consultations nationales ou locales, ou encore le non-respect des seuils d’implantation et d’adhésion pourraient désormais suffire à engager une procédure de dissolution.

Cette évolution consacre une conception essentiellement fonctionnelle et électorale du parti politique, perçu moins comme un espace autonome de débat et de médiation sociale que comme un acteur devant produire des résultats mesurables et continus.

Continuité juridique, inflexion politique

Sur le plan formel, le projet s’inscrit dans la continuité du cadre constitutionnel et juridique existant. Mais sur le plan politique, il opère un resserrement quantifié et assumé de l’espace partisan, dans un contexte où toute mobilisation revendicative est fréquemment assimilée à un facteur potentiel de déstabilisation.

En filigrane, le texte traduit une préoccupation centrale du pouvoir : prévenir toute recomposition politique incontrôlée, en amont des échéances électorales à venir. L’examen du projet en commission, puis en séance plénière à l’APN, constituera à cet égard un test révélateur, tant sur la marge d’amendement laissée aux députés que sur la capacité du débat parlementaire à infléchir un texte déjà largement balisé.

Samia Naït Iqbal

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CAN 2025 : logique victoire du Nigeria sur une Algérie sans âme

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Mahrez
Il est temps de tirer un trait sur la génération Mahrez. Crédit photo : DR

À Marrakech, l’Algérie a vu son aventure dans la Coupe d’Afrique des nations 2025 s’interrompre brutalement. Battus par le Nigeria en quart de finale, les Fennecs quittent le tournoi avec des regrets et beaucoup de questions. Le match a révélé une équipe solide mais manquant de tranchant face à un adversaire efficace et discipliné.

L’équipe du Nigeria était indéniablement un cran au-dessus de celle de l’Algérie ce samedi soir. Avec son football collectif et des individualités incisives, les Super Eagles ont montré qu’ils pourraient aller loin.

La première période avait laissé entrevoir un duel équilibré. Les Verts ont cherché à contrôler les espaces et à contenir les transitions rapides des Super Eagles. Le Nigeria, attentif et patient, attendait la moindre faille pour frapper. Les occasions franches se faisaient rares, et le score est resté nul jusqu’à la pause.

Le tournant est survenu dès le retour des vestiaires. , l’Algérie a concédé deux buts en dix minutes : Victor Osimhen a ouvert le score à la 47e minute, suivi par Akor Adams à la 57e. Ces deux coups ont mis fin aux espoirs algériens, exposant les limites tactiques et la difficulté à réagir face à la puissance et à la discipline nigériane.

Obligée de courir après le ballon, l’Algérie n’a jamais réussi à se créer d’occasions franches. Possession stérile, frappes approximatives, centres mal ajustés : la différence s’est faite sur l’efficacité et la lucidité du Nigeria. Les Fennecs, pourtant courageux, ont manqué de fluidité et d’inspiration dans le dernier geste. Pétrie d’individualités, cette équipe manque terriblement de cohésion.

Cette élimination souligne l’urgence d’une réflexion sur l’avenir. Entre cadres expérimentés et jeunes talents en devenir, l’équipe nationale doit trouver une identité claire et une cohérence tactique pour rester compétitive sur la scène africaine. La CAN est cruelle : elle ne retient que ceux qui savent imposer leur jeu et tirer profit des moments décisifs.

Dans les tribunes comme sur les réseaux, la frustration des supporters est palpable. On espérait une équipe capable de marquer les esprits et de rivaliser avec les meilleurs. Le Nigeria, lui, poursuit sa route vers les demi-finales, laissant l’Algérie avec ses ambitions inachevées et la nécessité de se reconstruire.

Pour les Fennecs, cette défaite n’est pas qu’un score : elle est un signal. Reconstruire, clarifier les choix, donner une cohérence au collectif, voilà le chemin pour que l’Algérie retrouve sa place dans le football africain. Mais c’est tout un programme difficile à faire aboutir dans les conditions actuelles du football national. Pour autant, le Mondial est une première étape, il va vite arriver et les choix de l’entraîneur seront cruciaux.

Djamal Guettala 

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CAN 2025: Nigeria-Algérie, opposition de stars, opposition de styles

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Les Verts
Les Verts prêts à souffrir pour gagner. Crédit photo : DR

Le Nigeria de Victor Osimhen, meilleure attaque du tournoi, affronte l’Algérie de Riyad Mahrez, la meilleure défense, dans une opposition de styles en quarts de finale de la CAN 2025, samedi à Marrakech.

Parmi les formations les plus impressionnantes du tournoi, les Super Eagles et les Fennecs sont en outre les seules à s’être imposées lors de leurs trois matches de groupe.

Et de 4 qui font douze : en huitièmes de finale, face au modeste Mozambique (4-0), Osimhen, l’attaquant masqué, et ses lieutenants Ademola Lookman -pas loin d’être le meilleur joueur du tournoi- et Akor Adams ont en outre porté à 12 le nombre de réalisations depuis le début de la Coupe d’Afrique.

Une attaque de feu, impressionnante, qui masque jusqu’à présent les problèmes que les Super Eagles rencontrent en coulisses. Bouderie d’Osimhen pestant contre Lookman pour une passe oubliée et un éventuel triplé, primes promises qui tardent à arriver et menace de grève des joueurs… Les hommes du Malien Eric Chelle ont l’art de se compliquer la tâche.

Mais l’attaquant de Galatasaray dont la rumeur a couru qu’il allait quitter le Maroc pour regagner la Turquie est toujours là et ses coéquipiers, qui avaient menacé de ne pas se rendre à Marrakech pour disputer leur quart, sont arrivés également.

« On est bien préparé », a affirmé Chelle, qui a entrainé en Algérie, préférant ne pas évoquer ce qui se passe en coulisses.

En face, pourtant, « on a concédé qu’un seul but donc je ne dirais pas qu’on a peur du Nigeria, on est l’une des meilleures défenses du tournoi », a souligné Ibrahim Maza, 20 ans et nouvelle pépite du football algérien.

Préparés à souffrir

Avec un but encaissé lors de leur troisième match de poule, les Fennecs partagent avec l’hôte marocain la meilleure défense du tournoi. Mais le but concédé par l’Algérie face à la Guinée Équatoriale est intervenue à 3-0, alors que l’équipe maghrébine avait été fortement remaniée.

Et c’est peut-être la plus grande réussite du Bosnien Vladimir Petković depuis son arrivée à la tête des Fennecs: être parvenu à former un groupe homogène, presque interchangeable.

Durant les trois premiers matches de groupe, il a beaucoup fait tourner, en défense notamment, sans que le rendement de l’équipe n’en pâtisse vraiment.

En huitièmes, c’est son coaching en fin de rencontre qui a permis aux Fennecs de s’imposer in extremis grâce à un but splendide d’Adil Boulbina sur une passe de Ramiz Zerrouki, deux entrants.

« Je suis convaincu que mes joueurs savent comment souffrir et sont capables de le faire », a expliqué Petkovic, en dévoilant, selon lui, une clé de la rencontre à venir.

D’autant qu’au-delà de faire le dos rond pour contenir les flèches nigérianes, les Algériens ont aussi quelques arguments offensifs : Maza impressionne tous les observateurs par la justesse de son jeu. Mahrez, qui a annoncé que cette CAN serait probablement sa dernière, a inscrit trois buts malgré ses 34 ans.

Et si les Super Eagles disposent d’une attaque sans commune mesure, ils sont beaucoup moins sereins en défense. Depuis le début du tournoi, ils ont déjà encaissé quatre buts. Soit la moins bonne défense de tous les quarts de finalistes.

RFI

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Marseille : Franck Allisio détaille son projet économique pour les municipales 2026

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Franck Allisio
Franck Allisio. Crédit photo : DR

Dans un entretien accordé à La Provence, Franck Allisio, candidat RN à la mairie de Marseille, présente un programme économique résolument « pro-business » et « pro-pouvoir d’achat ». À moins de trois mois du premier tour, il affirme vouloir faire de Marseille « l’autre capitale économique de la France » et, à terme, celle du Sud de l’Europe.

Allisio se positionne comme le partenaire des entrepreneurs, commerçants, artisans et start-upers locaux. Critique du bilan de Martine Vassal à la Métropole, il promet un dialogue concret avec le tissu économique marseillais et un soutien renforcé aux entreprises. La relance de la ville passerait par le BTP, avec rénovation et construction en hauteur, tout en préservant les espaces verts, et par la simplification des permis de construire.

Pour le commerce de proximité, il propose une heure de stationnement gratuite, des arrêts-minute et la création d’un « manager de commerce » pour chaque noyau villageois. Il entend utiliser le droit de préemption pour préserver la diversité commerciale et éviter l’homogénéisation des rues.

Le candidat veut également créer une « maison des entrepreneurs » centralisant services et financements pour PME et TPE, ainsi qu’un « campus des métiers de demain » pour former aux professions durables face à l’intelligence artificielle. Des prêts annuels de 5 000 euros seront attribués à 111 entrepreneurs chaque année.

Sur le plan culturel et touristique, il mise sur le slow tourisme autour de Marcel Pagnol, le tourisme sportif et d’affaires, et le développement du littoral avec une marina et un port pour navettes maritimes. Il souhaite organiser trois rendez-vous annuels emblématiques : reconstitution de la Libération de Marseille, marché méditerranéen de Noël et festival gastronomique et technologique « Monte-Cristo ».

Allisio voit l’avenir économique de la ville dans trois secteurs prioritaires : santé/biotechnologie, logistique/portuaire, et énergie/environnement, avec des clusters d’entreprises et un quartier start-up à la Joliette. Il considère que son étiquette RN garantit ordre et rigueur, essentiels pour attirer investisseurs et entreprises, tout en redistribuant les richesses aux Marseillais.

Djamal Guettala 

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Mexique–États‑Unis : tensions et diplomatie après les menaces de Trump

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la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum,
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum aux prises avec Trump. Crédit photo : DR

Les relations entre le Mexique et les États‑Unis traversent une période de tension après les déclarations du président américain Donald Trump, qui a évoqué la possibilité de lancer des opérations terrestres sur le sol mexicain contre les cartels de la drogue. Ces propos ont provoqué une réaction immédiate de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, qui a réaffirmé que toute intervention militaire unilatérale constituerait une violation grave de la souveraineté nationale.

Ce vendredi, Sheinbaum a indiqué qu’elle avait chargé son ministre des Affaires étrangères, Juan Ramón de la Fuente, de renforcer la coordination avec Washington. Elle a précisé : « Si nécessaire, il s’entretiendra directement avec le président Trump pour améliorer la coordination », selon Reuters. Cette démarche traduit la volonté de Mexico de privilégier la diplomatie et le dialogue institutionnel tout en affirmant ses limites face à la pression américaine. Pourtant, pour la présidente Claudia Sheinbaum, peu importe ce que l’on peut penser du régime de Nicolas Maduro, les États-Unis n’ont pas le droit d’intervenir dans la politique d’un autre pays en Amérique latine, ni de toucher à ses ressources naturelles, rapporte Rfi. Cela alors que Donald Trump ne cache plus ses intentions quant au pétrole vénézuélien.

Par ailleurs, dans une interview à Fox News, Trump a déclaré que les États‑Unis avaient déjà éliminé 97 % des drogues entrant par voie maritime et qu’il était désormais nécessaire de s’attaquer aux réseaux terrestres, accusant les cartels de contrôler de facto le Mexique. Cette rhétorique a suscité des inquiétudes à Mexico, où l’on considère qu’elle pourrait fragiliser la coopération bilatérale et déstabiliser la région.

Claudia Sheinbaum a choisi une stratégie de prudence diplomatique : maintenir la coopération avec Washington, mais refuser toute intervention militaire. Elle a souligné que les mécanismes existants — échanges d’informations, assistance technique et programmes conjoints — suffisent à lutter contre le trafic de drogue et à éviter une escalade.

Les experts voient dans cette posture un équilibre délicat. Le Mexique doit collaborer avec son puissant voisin pour réduire les violences et les crises sociales liées aux cartels, tout en protégeant sa souveraineté et en évitant de reproduire le scénario vénézuélien, où l’intervention américaine a déclenché une crise politique majeure.

À Mexico, la rhétorique de Trump est perçue comme une pression politique plus que comme une menace militaire immédiate. Aucun plan concret d’intervention n’a été annoncé, mais la simple formulation « frapper la terre mexicaine » a suffi à déclencher une réaction diplomatique forte.

Cette situation illustre le dilemme permanent de la politique étrangère mexicaine : défendre la souveraineté nationale tout en participant à la lutte contre le narcotrafic. La présidente Claudia Sheinbaum privilégie la prudence et le dialogue institutionnel, affirmant l’indépendance du Mexique tout en préservant la stabilité nationale et régionale.

Mourad Benyahia 

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La Constitution en friperie !

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Tebboune
Tebboune se prépare à changer la Constitution comme son ancien chef Bouteflika. Crédit photo : APS

Depuis 2019, la Constitution algérienne ressemble moins à un texte fondateur qu’à une pièce de friperie institutionnelle, rafistolée à chaque saison politique. On n’en repense pas la coupe, on n’en change pas la matière. On colmate. On ajuste. On bricole. Toujours avec la même promesse: « cette fois, ça tiendra ».

Mais à force de reprises, ce n’est pas le tissu qui se renforce. C’est la couture qui se multiplie. Et surtout la main qui tient l’aiguille qui gagne en pouvoir.

Après le choc de 2019 et la révision constitutionnelle de 2020, le pays est entré dans une séquence continue d’ajustements juridiques. Le discours officiel parle de modernisation, de transparence, de moralisation. L’effet réel est plus net: déplacer la vie politique vers l’administration et rendre l’engagement plus coûteux, plus risqué, plus fragile.

Le projet de loi organique sur les partis politiques, aujourd’hui soumis au Parlement, s’inscrit pleinement dans cette trajectoire. Présenté comme une réforme destinée à renforcer le pluralisme, il ressemble davantage à une mise sous tutelle légalement encadrée.

Premier glissement: l’administration devient le centre de gravité. Les changements internes des partis doivent être déposés, examinés et validés. Le ministère de l’Intérieur statue sur leur conformité; en cas de refus, un délai de régularisation est accordé, avec possibilité de recours judiciaire. En pratique, la vie politique se transforme en dossier administratif permanent.

Deuxième glissement: la discipline devient la norme. La lutte contre le “nomadisme” parlementaire est brandie comme une exigence morale, avec radiation possible pour les élus qui changent d’appartenance en cours de mandat. Le principe peut se discuter. L’effet, lui, est clair: renforcer la logique de contrôle et réduire les marges de liberté politique dans un contexte déjà verrouillé.

Troisième glissement: le financement ouvre la porte au pénal. Le texte prévoit des sanctions lourdes, notamment pour le financement étranger, mais aussi pour des manquements déclaratifs ou des fautes de gestion. La transparence est invoquée, mais l’arsenal dissuasif installe surtout une peur diffuse. L’engagement partisan devient un risque juridique.

Quatrième glissement: la survie même des partis est conditionnée à leur participation électorale. Le projet abaisse le seuil permettant au ministère de saisir la justice pour dissoudre un parti n’ayant pas présenté de candidats à deux échéances consécutives. Dans un pays où le boycott a longtemps été un choix politique assumé, cette disposition opère un tri. Le pouvoir passe ainsi la patate chaude aux partis: participer, même sans garanties, ou disparaître du paysage légal. Les formations solides ou compatibles passent. Les autres disparaissent.

La question devient alors inévitable: qui aurait survécu à un tel cadre hier ?

Appliquée rétrospectivement, cette loi aurait radié des partis historiques comme le FFS de feu Hocine Aït Ahmed pour avoir fait du boycott un acte politique. Ce qui relevait du choix devient une faute administrative.

Enfin, la numérisation vient parachever le dispositif. Une plateforme centralisée au ministère est présentée comme un outil de transparence et d’équité. Mais un guichet unique, dans un système où l’administration décide de la conformité et des délais, signifie surtout centralisation et contrôle accru.

Pris séparément, chaque élément peut se défendre. Ensemble, ils dessinent un modèle clair: pluralisme reconnu, mais domestiqué; partis autorisés, mais sous surveillance; engagement possible, mais dissuadé.

Une réforme favorable aux partis protégerait leur autonomie et sécuriserait l’action politique. Ici, la priorité est ailleurs: renforcer le contrôle, élargir la marge administrative, installer la contrainte pénale comme outil de discipline.

La liberté reste inscrite dans les textes. Mais à force de retouches, sa sève se retire de l’usage. Et une démocratie ne s’étiole jamais par un coup brutal. Elle s’use lentement, par excès de coutures. Pire, aujourd’hui, la constitution n’est plus qu’un énième texte législatif violé à souhait par le pouvoir en place.

Zaim Gharnati

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Benoît Payan annonce sa candidature aux municipales à Marseille : « Je veux porter cette ville vers son destin »

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Benoît Payan
Benoît Payan se représente à la mairie de Marseille. Crédit photo : DR

À un peu plus de deux mois des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, Benoît Payan confirme sa candidature à sa propre succession. Le maire sortant de Marseille (DVG), âgé de 47 ans, entend poursuivre le chantier engagé depuis six ans, qu’il décrit comme une « remise à l’endroit » de la ville après un état initial catastrophique. Sa campagne démarre par la distribution d’une lettre aux habitants et l’affichage du slogan « Pour Marseille » sur les murs de la ville.

Ancien socialiste à la tête d’une coalition de gauche, Payan se présente comme un candidat au service de tous les Marseillais, au-delà des clivages politiques et des querelles partisanes. « Je ne suis dans aucun parti. Je suis un homme de gauche, mais je gouverne pour toutes les Marseillaises et tous les Marseillais, qu’ils habitent dans le 1er ou dans le 16e arrondissement, qu’ils aient voté pour moi ou non », affirme-t-il. Selon lui, sa décision de se déclarer tardivement n’est pas une hésitation mais la conséquence de sa responsabilité : « La campagne est un moment démocratique sain, mais si j’avais été candidat il y a six ou trois mois, j’aurais perdu du temps à ne pas travailler pour les Marseillais. »

Pour le prochain mandat 2026-2032, le maire propose une double ambition : améliorer le quotidien concret des habitants tout en préparant l’avenir de la ville pour les 50 à 100 prochaines années. Il évoque notamment la cohésion territoriale et la volonté de réduire la dichotomie nord-sud, mais aussi de projets emblématiques comme la gare souterraine de Saint-Charles ou la passerelle de Plombières. Un grand projet du littoral, qualifié de « chantier du siècle », doit être présenté prochainement.

Le bilan de son premier mandat est, selon lui, significatif. Il met en avant l’assainissement des finances, le redressement de l’administration et le renforcement des services publics. Parmi les actions concrètes : la distribution de fournitures scolaires à tous les élèves, la gratuité des cantines pour 12 000 enfants, le doublement des effectifs de la police municipale et un record de fréquentation dans les musées. L’Été marseillais a également connu un succès notable. Quant au plan « Marseille en grand », il prévoit la rénovation progressive de 188 écoles, dont les premières pierres seront posées en 2032-2033.

Sur le plan institutionnel, Payan se félicite de la réforme du mode de scrutin, qui, selon lui, clarifie les élections et favorise l’unité de la ville. Il insiste sur son indépendance : sa liste ne sera pas celle d’un parti, mais d’une coalition issue du Printemps marseillais, privilégiant la présentation de projets et de visions concrètes plutôt que l’appartenance politique.

Face à la montée du Rassemblement national et à la pression de la France insoumise, Payan promet de convaincre « une à une » les voix nécessaires pour transformer l’essai de son premier mandat. Avec cette candidature, il entend continuer à porter Marseille sur le chemin d’un avenir ambitieux, en conciliant identité, modernité et justice sociale.

Djamal Guettala 

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Iran aujourd’hui : Internet coupé, la rue défie le régime

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Manifestation en Iran
Le peuple iranien se soulève contre le régime des mollahs. Crédit photo : DR

L’Iran est en pleine crise. Au douzième jour consécutif, des milliers de manifestants ont encore envahi les avenues de Téhéran et de nombreuses villes du pays, malgré une coupure totale d’Internet et des communications téléphoniques, imposée par les autorités pour étouffer l’information et isoler la contestation. 

Depuis jeudi soir, le pays est quasiment déconnecté du monde. L’ONG de surveillance NetBlocks a confirmé que la connectivité nationale était tombée à environ 1 % de son niveau normal, signe d’un black‑out numérique généralisé destiné à perturber la coordination des protestataires et la couverture médiatique extérieure.

Les protestations, parties fin décembre d’une réaction contre l’inflation galopante, la chute du rial et la détérioration du pouvoir d’achat, ont rapidement gagné l’ampleur d’un rejet ouvert du système politique iranien. Des vidéos vérifiées montrent des foules scandant « Mort au dictateur » et « Mort à la République islamique », défiant les forces de sécurité même dans les zones où les communications sont coupées. 

À la télévision d’État, le guide suprême Ali Khamenei a répondu par un discours sans concession. Il a qualifié les manifestations de « vandalisme » et accusé des influences étrangères, y compris des États‑Unis, de manipuler le mouvement pour servir leurs objectifs. Dans une tirade marquée par la défiance, il a déclaré que la République islamique ne « reculerait pas » face aux protestataires et qu’elle ne tolérerait pas ce qu’il considère comme des actes de “sabotages ».

La répression est aujourd’hui sans ambiguïté : les autorités promettent des peines sévères pour les manifestants impliqués dans des violences, tandis que des organisations de défense des droits humains rapportent des dizaines de morts et des milliers d’arrestations depuis le début des manifestations. Les chiffres exacts restent difficiles à vérifier du fait du blackout, mais les bilans compilés par des groupes indépendants évoquent plus de 50 victimes mortelles au moins. 

Dans les rues, des scènes de tension se multiplient : incendies de véhicules publics, barrages improvisés, affrontements sporadiques avec les forces de sécurité et chants contre les dirigeants. Le mouvement s’est étendu à toutes les provinces, transformant un mécontentement économique initial en une vague de contestation politique qui met le régime face à son plus grave défi depuis plusieurs 

À l’étranger, la communauté internationale observe et réagit. L’Union européenne a dénoncé l’usage excessif de la force contre les manifestants et condamné la suppression de l’accès à Internet, qualifiant cette mesure de signe d’un régime qui « craint son peuple ». Les appels à garantir le droit à l’information et au rassemblement pacifique se multiplient dans les capitales occidentales. 

Ce vendredi noir pour les communications en Iran — Internet coupé, rues en feu, autorités et manifestants face à face — pourrait marquer un tournant. Les fissures politiques profondes, alimentées par la crise économique et la frustration sociale, risquent de devenir structurelles si le régime persiste dans la répression et la censure… ou si la rue refuse de s’éteindre.

Mourad Benyahia 

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