Me Seifeddine Makhlouf extradé par l'Algérie vers la Tunisie
Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) a rendu public un communiqué dans lequel il rapporte que « Les autorités algériennes ont pris la décision inattendue de livrer Seifeddine Makhlouf aux autorités tunisiennes, par voie terrestre, dimanche 18 janvier 2026 dans l’après-midi ».
La même source poursuit :
« Maître Seifeddine Makhlouf, avocat, ancien député et président du parti Al Karama, a été condamné à plusieurs reprises par la justice judiciaire et militaire pour les mêmes faits, en violation des principes constitutionnels et conventionnels du droit pénal, dans l’affaire dite de l’aéroport. Il a également fait l’objet d’une poursuite dans une affaire dite du « couloir », où un échange avec une membre du ministère public militaire a servi de base à de lourdes inculpations terroristes. La justice militaire est allée jusqu’à violer l’indépendance du barreau en interdisant à Maître Makhlouf l’exercice de sa profession comme peine complémentaire.
Me Makhlouf a été arrêté en Algérie après avoir quitté clandestinement la Tunisie. Il a été condamné à trois mois de prison ferme par un tribunal algérien, peine qu’il a purgée, puis il a été ensuite placé dans un centre d’hébergement à la disposition du Haut-Commissariat aux réfugiés, où des demandes d’admission auprès de plusieurs pays ont été refusées, notamment par le Qatar et la Turquie, malgré le fait qu’il ait toujours été politiquement proche des régimes de ces pays.
Ces derniers jours, Me Makhlouf s’apprêtait à quitter l’Algérie vers le Royaume-Uni où sa demande de regroupement familial avait été traitée et avait obtenu une réponse favorable, lorsque soudain les autorités algériennes ont brutalement changé d’avis pour le livrer au régime de Kaïs Saïed.
Cette extradition apparaît d’autant plus problématique qu’elle s’est opérée en dehors de toute garantie judiciaire effective, et en contradiction manifeste avec les engagements juridiques de l’Algérie. En effet, la Convention d’entraide tuniso-algérienne du 15 décembre 2021, ratifiée par la partie algérienne par décret présidentiel 26-66 du 04 février 2025, dispose en son article 4 que la demande d’extradition doit être impérativement refusée si l’extradition constitue une violation des principes internationaux des droits de l’homme, notamment ceux énoncés dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (alinéa 1 d), ou si les crimes sont qualifiés de politiques ou en relation avec des crimes politiques (alinéa 1 e). L’extradition peut également être refusée s’il existe des éléments pouvant amener à croire que le procès ou la sentence est fondé(e) sur l’opinion politique de l’intéressé (alinéa 2 a).
Le CRLDHT :
Dénonce ces viles manœuvres des autorités algériennes, puisque l’extradition était hors du cadre légal.
Déplore l’absence de toute voie de recours judiciaire contre la décision extrajudiciaire d’extradition, ce qui prive la personne livrée de toutes les garanties qu’offrent la convention, la Constitution et les lois algériennes.
S’indigne et condamne les attitudes des autorités qataries et turques en réponse à la demande humanitaire formulée pour Me Makhlouf. Appelle à la libération provisoire immédiate de Me Seifeddine Makhlouf et au respect de ses droits à un procès équitable.
Idir Tas : Bachir le brave soldat. Couverture du livre.
Idir Tas vient de publier son nouveau livre « Bachir, le brave tirailleur ». Rencontre.
Le Matin d’Algérie : Ton nouveau livre sortira le 12 février 2026 aux éditions de L’Harmattan sous le titre de « Bachir, le brave tirailleur ». Il parle d’un tirailleur algérien pendant la Première Guerre mondiale. Quand t’est venue l’idée d’écrire sur Lvachir, le grand frère de ton grand-père paternel Yidhir ?
Idir Tas : En juin 2025, j’ai fait une vidéo intitulée « Mémoire des Hommes » qui parle de Lvachir, de son fils Mohand et de sa mère et de son épouse qui portaient le même prénom, Fatima. Je ne voulais plus les quitter, j’ai eu envie d’écrire sur eux. Enfant déjà, le personnage de Lvachir m’intriguait. Ma grand-mère paternelle en parlait parfois, brièvement, mais c’était déjà assez pour vouloir en savoir plus sur lui. Setti Zinev avait raconté qu’un jour deux gendarmes et le Caïd étaient venus le chercher chez lui, parce qu’il n’avait pas répondu à l’Ordre d’appel de l’Armée coloniale française. Cela est resté gravé dans ma tête comme un début d’histoire.
Le Matin d’Algérie :Lvachir a-t-il laissé des traces comme des lettres ou un journal ?
Idir Tas : Non, il n’a jamais envoyé de lettres à sa famille ni tenu un journal intime. D’ailleurs il ne savait ni lire ni écrire le français comme sa langue maternelle, le kabyle. D’ailleurs, à l’époque il n’existait aucune école à Akfadou. La seule trace de Lvachir que j’ai retrouvée, c’est sa fiche signalétique dans les archives militaires françaises en ligne. Elle m’a servi de point de départ. Toutefois cette fiche ne comporte aucun détail sur les lieux où il a fait la guerre.
Le Matin d’Algérie :Comment as-tu fait pour pallier au manque d’informations ?
Idir Tas : J’ai regardé des films et des documentaires liés à cette période. J’ai relu « Les Croix de bois » de Roland Dorgelès, livre inspiré de son expérience. Il m’a aidé à saisir l’atmosphère du front et il m’a appris des tas de choses sur les conditions de vie des Poilus. J’ai également lu des extraits de vraies lettres et des témoignages de Poilus réunis par Jean-Pierre Guéno, ainsi qu’un roman que j’aime tout particulièrement « La chambre des officiers » de Marc Dugain qui aborde le thème des « Gueules cassées ».
Le Matin d’Algérie :A-t-il été facile d’associer les éléments de la Grande Guerre à la vie de ton personnage ?
Idir Tas : Au début, je me suis senti un peu désemparé, non pas parce qu’il n’y avait pas de matière, mais parce qu’il y en avait trop. Je n’ai gardé de mes lectures et des films que j’ai vus que ce qui pouvait avoir un lien avec Lvachir ; en d’autres termes, surtout ce qu’il était susceptible de connaître et de comprendre au milieu de ce magma de sang et de douleurs. De la Grande Guerre tout n’était pas compréhensible pour le simple soldat au moment des faits. Il ne pouvait avoir qu’une vision limitée à son champ d’action. J’ai essayé de me mettre à sa place, d’imaginer ce qu’il avait dû subir dans les tranchées.
Le Matin d’Algérie :Ce livre qui est à la fois un témoignage sur la Grande Guerre et une œuvre de mémoire permet-il d’éclairer aussi le présent ?
Idir Tas : S’il offre d’abord une lecture du passé, il nous relie aussi au présent avec tous ces hommes qui continuent à exercer une violence absurde, à semer le malheur, à noyer l’humanité dans un horrible carnage, alors que l’on pourrait vivre en paix, en étant plus simple, plus modéré dans nos désirs, en tuant ce mal qui nous fait convoiter les biens d’autrui. J’ai l’impression que les humains n’existent que pour un seul but : se faire la guerre. L’Histoire n’est qu’un éternel recommencement de batailles, de tentatives pour soumettre l’Autre, quand il ne s’agit pas de l’anéantir. On ne tire aucune leçon de nos excès, de la folie des hommes qui les pousse à la barbarie. On lit les pages d’un même livre rempli de meurtres, de sang et de cendres.
Le Matin d’Algérie :A un moment tu évoques un soldat allemand blessé et dévoré vivant par un rat. Bachir est tenté d’abréger ses souffrances, mais il n’a pas le temps, car un obus éclate. Peut-on dire que dans ce cas Français et Allemands sont des « frères de souffrances » ?
Idir Tas : Oui, dans la mesure où ils ont vécu le même calvaire, la même tragédie ; celle de la guerre. Pour Lvachir l’Allemand blessé n’était plus un ennemi qui se trouvait en face de lui, mais un semblable qui souffrait et qui avait besoin d’aide. N’oublions pas que dans toute guerre il y a des victimes des deux côtés. Lors de la Première Guerre mondiale, il y a eu plus de deux millions de morts côté allemand et plus de 1,3 million de morts côté français. 173.019 étaient des Algériens. A Akfadou, on recense 23 morts pour la France. Dans la tragédie de la guerre, tout le monde est perdant et tout le monde pleure.
Le Matin d’Algérie :Dans ce livre, Lvachir est souvent tenu à l’écart. Est-il victime de racisme ?
Idir Tas : Non, mais il se sent parfois exclu. Je crois que c’est d’abord parce qu’il vient d’un autre pays et qu’il a connu une autre culture. Ses camarades ne sont pas méchants avec lui, même s’ils peuvent être parfois un peu maladroits. Je n’ai pas écrit un livre pour dénoncer le racisme. Je voulais montrer comment les différences culturelles pouvaient séparer les gens et favoriser un sentiment de solitude. Et puis je crois que mon héros est surtout victime d’un exil intérieur. Il se sent autre et cela n’est peut-être que le reflet de sa personnalité.
Le Matin d’Algérie :Tu crois qu’il pourrait éprouver ce sentiment d’exclusion même s’il était resté chez lui ?
Idir Tas : Peut-être bien. En tout cas, il aurait pu tout aussi bien rester en retrait, se placer en observateur, ne pas se mêler au groupe.
Le Matin d’Algérie :C’est peut-être la posture d’un sage.
Idir Tas : Oui, Lvachir est un philosophe qui s’ignore.
Le Matin d’Algérie :Et qui parfois arrive à attraper des bouts de bonheur !
Idir Tas : Je dirais plutôt des bouts de souvenirs qui fonctionnent comme des moments de rémission. Il plonge dans son enfance pour échapper au présent, il est presque heureux, même si cela ne dure pas.
Le Matin d’Algérie :Un des souvenirs de ton héros est « une magnifique sittelle couleur caramel, le cou orné d’un collier blanc ». A chaque fois que ton personnage la revoit dans « les pans brumeux de ses rêves », il retrouve comme par magie l’enchantement d’autrefois.
Idir Tas : Oui, c’est « la sittelle de son enfance » qui vient le visiter au cœur de la guerre, une vibration de pureté, un souvenir resplendissant, une grâce pour le soldat contraint
Le Matin d’Algérie : Si Lvachir pouvait parler maintenant, qu’est-ce que tu aimerais l’entendre te dire ?
Idir Tas : Que la voix de tous les soldats sacrifiés ne s’éteigne jamais !
Seif Eddine Makhlouf extradé par l'Algérie vers la Tunisie. Crédit photo : DR
Les autorités algériennes ont pris la décision de livrer l’avocat, ancien député et président du parti Al Karama, Me Makhlouf aux autorités tunisiennes.
La confirmation judiciaire est désormais officielle côté tunisien. Le 18 janvier 2026, un source judiciaire près du parquet du Tribunal de première instance de Tunis a annoncé que la procureure de la République a ordonné la mise en détention de l’ancien député Seif Eddine Makhlouf, à la suite de plusieurs condamnations prononcées par le tribunal de première instance et la Cour d’appel de Tunis.
Cette annonce vient confirmer les informations relayées ces derniers jours par les médias tunisiens et régionaux, selon lesquelles l’ancien dirigeant de la coalition Al-Karama aurait été remis par les autorités algériennes à la Tunisie, avant d’être immédiatement incarcéré pour exécution des peines prononcées à son encontre.
Une condamnation lourde et exécutoire
Selon l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP), Makhlouf faisait l’objet de recherches judiciaires actives en raison de décisions pénales définitives. En janvier 2026, la chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Tunis l’a condamné par contumace à cinq ans de prison avec exécution immédiate.
Les autorités judiciaires tunisiennes justifient ainsi son placement en détention par l’existence de jugements exécutoires, rendus tant en première instance qu’en appel. Une lecture strictement pénale que conteste son entourage politique, qui évoque depuis plusieurs années un acharnement judiciaire à caractère politique.
Arrestation en Algérie dès juillet 2024
L’enrichissement majeur du dossier concerne un point resté longtemps flou : l’arrestation de Seif Eddine Makhlouf en Algérie ne daterait pas de 2026, mais de juillet 2024. Plusieurs médias tunisiens et étrangers avaient alors rapporté son interpellation à l’aéroport international d’Annaba, le 4 juillet 2024.
Me Makhlouf s’apprêtait à quitter l’Algérie vers Istanbul, puis Doha, où réside sa famille. Les services de la police des frontières algérienne auraient alors constaté que son passeport ne comportait ni visa d’entrée ni cachet officiel, suggérant une entrée irrégulière sur le territoire algérien.
Infractions en Algérie et cadre juridique
Toujours selon ces informations, Makhlouf aurait été présenté à un juge d’instruction algérien, qui lui aurait notifié deux chefs d’accusation : entrée illégale sur le territoire algérien et usage de document falsifié.
Les mêmes sources rappellent que l’intéressé était interdit de quitter le territoire tunisien au moment de sa fuite, ce qui renforce la thèse d’une situation pénale complexe mêlant droit commun et dimension politique.
Une coopération judiciaire assumée
Le dossier s’inscrirait dans le cadre d’une convention judiciaire bilatérale entre l’Algérie et la Tunisie, déjà invoquée par le passé, notamment lors de la remise des frères Karoui aux autorités tunisiennes. Cette coopération pose cependant une question centrale : où s’arrête l’entraide judiciaire et où commence la responsabilité politique dans la protection des opposants ?
L’Algérie, historiquement perçue comme une terre d’asile pour les opposants politiques maghrébins, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un débat sensible. La remise d’un ancien député tunisien revendiquant le statut de réfugié politique alimente les critiques sur un possible glissement vers une primauté sécuritaire au détriment des libertés politiques.
Une affaire emblématique du tournant autoritaire régional
Pour les soutiens de Seif Eddine Makhlouf, son incarcération confirme l’installation durable d’un régime hyperprésidentiel en Tunisie, utilisant l’outil judiciaire pour neutraliser ses opposants. Pour ses adversaires, elle marque l’aboutissement logique d’un parcours politique jugé provocateur et dangereux.
Mais au-delà du cas individuel, l’affaire Makhlouf révèle une dynamique plus large : le rétrécissement de l’espace politique au Maghreb, la fragilisation du droit d’asile et la montée en puissance des logiques sécuritaires dans les relations interétatiques.
Une affaire qui dépasse le destin d’un homme et interroge, une fois encore, la place du droit, des libertés et de la dissidence politique dans la région.
L’économiste franco-algérien El Mouhoub Mouhoud, spécialiste des questions de mondialisation et président de l’Université Paris Sciences et Lettres (PSL), sera à Marseille vendredi 23 janvier pour présenter son ouvrage Le Prénom. Esquisse pour une auto-histoire de l’immigration algérienne.
Ancien président de l’Université Paris Dauphine-PSL et fondateur du groupe de recherche DREEM sur les dynamiques euro-méditerranéennes, El Mouhoub Mouhoud est reconnu pour ses travaux sur la mondialisation et les trajectoires sociales et économiques. Dans ce récit autobiographique, il se penche sur l’histoire singulière de son prénom pour explorer les parcours familiaux entre l’Algérie et la France et interroger la mémoire de l’immigration.
Le livre mêle récit intime et analyse historique, donnant voix à une expérience personnelle qui reflète celle de toute une génération. Il offre une réflexion sur la transmission, l’identité et les mémoires collectives, à la croisée de l’intime et de l’histoire collective.
Rendez-vous :
Librairie L’Île aux Mots, 7, rue Urbain-V, 13002 Marseille – vendredi 23 janvier
Une occasion unique de rencontrer l’auteur et d’échanger sur ce parcours qui éclaire l’histoire et la mémoire de l’immigration algérienne.
Sadio Mané et le Sénégal ont arraché la coupe d'Afrique.
Le lecteur ne doit pas être offusqué par ce qui serait irrespectueux ou raciste, c’est bien le contraire, un souvenir de tendresse. Siniguel, c’était dans la bouche de nos grands-parents que nous l’entendions. Siniguel pour Sénégal, Kaldoun pour la nouvelle Calédonie, Bèrissse pour Paris et bien d’autres.
C’était les noms de pays si lointains qui ne pouvaient être reconnus que par la sonorité et la phonétique orale, bien de chez nous.
Le Siniguel a gagné la Coupe Africaine des Nations et je me souviens curieusement à ce moment précis de l’expression la plus exotique que j’avais entendu dans l’enfance, les tirailleurs siniguelis.
On les voyait dans nos livres d’histoire ou dans les boîtes de biscuits. C’était la représentation de la fierté dans le visage, celui qui allait, la fleur au fusil, vers le destin de la chair à canon. Le regard haut, l’arme droite et l’habit qui illuminait leur passage.
In-dou, in-dou… ! Disaient-ils pour le pas cadencé de la parade militaire. Ils avaient eux aussi des grands-parents qui disaient « in-dou » dans presque le même accent que les nôtres. L’uniformité coloniale, c’était le in-dou qui menait vers la guerre en chantant.
Mais dimanche soir, cette légion étrangère si caricaturée et envoyée à la mort par le passé avait le visage et le chant de la victoire. Ils se sont battus comme l’emblème de leur équipe, « Les lions de Teranga ». On a le Fennec, ils ont le lion, les français ont le coq et ainsi de suite.
Mais je vais l’avouer humblement, je ne connaissais pas cette dénomination et je l’ai recherchée pour connaître l’animal représentant l’équipe nationale, car il y en a presque toujours un. Il est également dans les armoiries du pays du Siniguel.
Le lion, pas très original, le symbole de la force qui est présent dans un grand nombre de pays. C’est le qualificatif qui les individualise, Les indomptables pour le Cameroun, de la Chinquilla pour la Guinée équatoriale, The Three lions pour l’Angleterre, les Lions rouges pour le Luxembourg (a-t-on jamais vu la savane dans ce pays ?) et ainsi de suite dans beaucoup de parties du monde.
Hier, ce sont Les Lions de l’Atlas, l’emblème de l’équipe marocaine qui ont été battus par les Lions de la Teranga. C’est ainsi que cet opium du peuple ne peut se passer de revendiquer les massacres des stades romains. Aucune équipe n’a jamais pensé se dénommer « Les féroces Chihuahua ». La honte !
C’est dans la seconde partie du nom que mon esprit a été marqué et qui justifie ma chronique d’aujourd’hui. J’apprends par la même recherche que Teranga signifie « Hospitalité » en wolof (l’une des langues dominantes de cette région de l’Afrique).
En quelque sorte « tu es le bienvenu mais regarde mes dents si tu oses me défier ». Le comique dans cette histoire était que ce sont à eux que le Maroc avait souhaité la bienvenue en tant que pays hôte.
La prochaine fois, je ferai gaffe de ne pas dire bienvenu à nos invités à la maison. C’est dangereux !
Ils ont sifflé, ils ont vociféré, ils ont crié au scandale de l’arbitrage et en tiendront rancune jusqu’au prochain spectacle de Rome. Nous, nous avions essayé dans ce papier de lier un tout petit bout de connaissance et de souvenir affectueux mêlés avec de l’humour.
C’est ce qui nous préserve de l’inculture des hurleurs des stades.
Derrière les projecteurs de la Coupe d’Afrique des nations et l’ivresse de la victoire se cache une réalité plus amère. Le football, dernier espace de reconnaissance symbolique pour un continent marginalisé sur la scène internationale, semble à son tour gagné par les logiques de domination, de division et de manipulation. Une réflexion sur un sport qui, à force de vouloir gagner, risque de perdre son âme.
Sur la scène internationale, les pays africains disposent rarement d’un véritable pouvoir politique. Marginalisés dans les grandes décisions mondiales et soumis à des rapports de force dictés par les puissances dominantes, ils peinent à faire entendre leur voix sur des questions pourtant vitales. L’actualité récente, marquée par des bombardements touchant depuis plus de deux ans les populations palestiniennes les plus vulnérables, en offre une illustration tragique. Elle rappelle le poids écrasant des rapports de force internationaux, ainsi que la quasi-inexistence de la voix africaine dans ces débats majeurs.
Pourtant, il existe un espace où l’Afrique parvient encore à exister, à s’exprimer et à s’affirmer : le football. Sport le plus populaire au monde, souvent perçu comme un opium social, notamment pour les populations les plus défavorisées, il offre au continent une rare tribune de visibilité et de reconnaissance internationales.
En Afrique, le football dépasse largement le simple cadre du jeu. Il incarne une source de fierté, un moyen d’exister aux yeux du monde, un pouvoir symbolique précieux dans un contexte où les autres formes de pouvoir font largement défaut.
Mais ce pouvoir, même symbolique, comporte ses propres dangers. Car, paradoxalement, dans cet espace qui devrait incarner la fraternité et l’unité continentale, on observe aujourd’hui la reproduction des mêmes logiques de domination, de division et de confrontation qui caractérisent les rapports de force mondiaux. Privés de pouvoir réel sur la scène internationale, les Africains semblent parfois reproduire entre eux, dans l’arène footballistique, les schémas dont ils sont pourtant les premières victimes ailleurs.
La récente Coupe d’Afrique des nations, organisée au Maroc, en a offert une illustration préoccupante. Loin de l’image d’une fête du football africain uni et solidaire, elle a révélé des fractures profondes, amplifiées par les réseaux sociaux et nourries par une obsession du résultat qui semble avoir relégué l’essentiel au second plan : les valeurs qui font du football un langage universel.
Gagner sur le terrain, c’est exister aux yeux du monde, mais aussi aux yeux de son voisin. Or ce pouvoir symbolique, précisément parce qu’il est l’un des rares dont dispose l’Afrique, devient l’objet d’une compétition féroce qui en dénature le sens. Ce sport, censé être un espace neutre, au-dessus des clivages idéologiques et des luttes d’influence, se trouve contaminé par des logiques de domination, de calcul, de manipulation et parfois de mensonge. Ce qui devait rester un jeu devient alors un enjeu de pouvoir.
La CAN : entre spectacle et dérives
La Coupe d’Afrique des nations, notamment lors de son édition organisée au Maroc, en a offert une illustration frappante. Ce grand rendez-vous continental, au-delà du spectacle et de l’engouement populaire, a parfois laissé transparaître une réalité plus préoccupante. La pression de gagner cette compétition devient plus que jamais extrême. Lorsque l’objectif du trophée écrase tout le reste, certaines attitudes refont inévitablement surface.
Le football africain, malgré son immense talent et sa richesse humaine, peine encore, et peut-être plus que jamais, à se libérer de réflexes persistants : le soupçon permanent, la contestation excessive et la volonté d’imposer un résultat par tous les moyens. À cela s’ajoute le soutien aveugle à une équipe, souvent au détriment d’une fraternité continentale, voire d’une appartenance religieuse ou humaine plus large, pourtant censée être fédératrice.
L’ère des réseaux sociaux : amplificateur de divisions
Cette problématique s’est intensifiée à l’ère des réseaux sociaux, où chaque match, chaque décision arbitrale, chaque geste d’un joueur est immédiatement commenté, interprété et amplifié. Les supporters de différentes équipes s’y affrontent dans des débats incessants, alimentant des polémiques sur des « lives » numériques où les discussions, initialement centrées sur le football, dérivent rapidement vers des prises de position politiques souvent extrêmes.
La nouveauté tient au fait que ces polémiques rassemblent, par une forme de fraternité numérique, des individus qui ne regardent parfois même pas les matchs et qui, pourtant très éloignés des terrains de football, se sentent concernés et y ajoutent souvent une dose de venin. Le football devient alors un simple prétexte à l’existence sociale, bien plus qu’un véritable espace d’échange autour du jeu lui-même.
Dans cet espace virtuel, l’existence semble désormais se définir par le commentaire permanent et par la prise de position immédiate, souvent martiale.
Une manière, pour beaucoup, d’échapper à l’ennui quotidien dans leurs pays respectifs et de s’inscrire dans un débat continu, sans véritable fin. Le tout est largement façonné par des algorithmes dont les logiques et les intentions, volontairement opaques, sont laissées à l’appréciation du lecteur.
La désinformation, les fake news, la médisance sociale et les insultes s’imposent alors comme des armes ordinaires du débat, parfois attisées par certains acteurs médiatiques, largement rémunérés, qui alimentent ces dérives à des fins de visibilité et de buzz.
La perte des valeurs fondamentales
Comme le résumait déjà Jules César, il suffisait de « donner du pain et des jeux » pour apaiser les foules. Ce principe, pensé à l’origine pour calmer les tensions sociales, s’est profondément transformé avec le temps. Aujourd’hui, il ne sert plus seulement à apaiser, mais parfois à fragmenter, à ériger des barrières symboliques et à empêcher une union réelle entre les peuples, une union pourtant plus que jamais vitale dans un contexte international où les puissants cherchent la moindre brèche pour perpétuer le désordre et imposer leur influence.
À force de dérives, le football africain semble avoir perdu, plus encore à l’ère du numérique, le sens même de son existence. Il a oublié ses valeurs fondamentales : la fraternité entre les peuples, le respect de l’adversaire, l’équité, le fair-play, l’humilité dans la victoire comme dans la défaite, la solidarité et la joie du jeu partagé. Ces principes, qui faisaient du football un langage universel, sont aujourd’hui relégués au second plan, écrasés par l’obsession du résultat et de la polémique.
Plus grave encore, certaines postures observées rappellent dangereusement des comportements autoritaires. Sans disposer d’un véritable pouvoir politique ou économique, certains acteurs, organisateurs, joueurs, arbitres ou spectateurs, reproduisent dans le cadre sportif les mêmes schémas que ceux observés ailleurs : refus de la contradiction, volonté d’imposer sa vérité au détriment des règles du jeu, obsession du contrôle et du résultat, quitte à avoir raison même lorsque tout indique le contraire.
La Coupe d’Afrique devient alors, par endroits, une imitation inquiétante du pouvoir, un simulacre de domination, même sans puissance réelle.
On assiste ainsi, peut-être pour la première fois, à une Coupe d’Afrique sans âme, sans repères clairs, sans véritable boussole morale. Une compétition où gagner semble tout justifier. Une Coupe d’Afrique qui, à force de s’éloigner de son esprit initial, finit par interroger sa propre légitimité : peut-on encore parler de fête du football lorsque les valeurs disparaissent ?
La Coupe d’Afrique ne devrait pas être cela. Elle ne devrait pas exister à ce prix-là. Car un football sans valeurs n’est plus qu’un spectacle vide, un théâtre de frustrations et de tensions, reflet des failles que l’on refuse d’affronter collectivement. Tant que la victoire primera sur l’éthique, tant que le trophée vaudra plus que l’esprit du jeu et de la fraternité, le football africain continuera de se trahir lui-même, fragilisé davantage encore par les réseaux sociaux et les logiques algorithmiques.
Finalement, la question demeure lourde et inquiétante : gagner la Coupe d’Afrique, à quel prix ? Car derrière une équipe victorieuse en finale, c’est parfois tout un continent fort d’un milliard et demi d’âmes, déjà éprouvé par de profondes difficultés économiques et sociales, qui semble s’éloigner un peu plus de ce qui faisait sa force : le sens collectif, les valeurs de fraternité et l’unité. Une alerte silencieuse, qui dépasse largement le cadre du football et interroge l’avenir même du vivre-ensemble africain.
Nabil Mati Enseignant à l’Université de Paris Formé à l’EHESS (École doctorale), en anthropologie
« Rien n’est exclu et ça aboutira demain », a promis la porte-parole du gouvernement, dimanche sur franceinfo. Tout s’accélère donc.
L’issue des débats sur le budget se rapproche chaque jour un peu plus. Un Conseil des ministres se tiendra lundi 19 janvier « dans la journée » et devrait permettre au Premier ministre, Sébastien Lecornu, de choisir l’outil constitutionnel à utiliser pour faire aboutir le budget pour 2026, a annoncé dimanche sur franceinfo Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement.
Entre l’article 49.3 et l’ordonnance budgétaire, « rien n’est exclu et ça aboutira demain« , a promis l’intéressée, annonçant la tenue d’un Conseil des ministres. « Ce sera à ce moment-là que nous aurons l’occasion d’annoncer » l’outil retenu, a-t-elle ajouté. Sébastien Lecornu se positionnera « en fonction des discussions de ce week-end, et particulièrement celles avec le Sénat, notamment sur les collectivités territoriales », avait déjà appris franceinfo dimanche auprès de l’entourage du Premier ministre.
Sébastien Lecornu écrit aux chefs d’entreprise
La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, l’un des points-clé du débat budgétaire, rapportera « environ huit milliards » d’euros dans la version finale du budget 2026 que le gouvernement s’apprête à proposer, a par ailleurs fait savoir la porte-parole du gouvernement. Ce dispositif, qui devait avoir un rendement de 4 milliards d’euros dans la version initiale du budget gouvernemental, rapportera finalement autant qu’en 2025 et aura « le même barème », a-t-elle ajouté, assurant néanmoins que les entreprises de taille intermédiaire (ETI) en seront exemptées. Il s’agissait de l’une des principales demandes du Parti socialiste, qui envisage de ne pas censurer le gouvernement dans les prochains jours.
En revanche, la nouvelle risque d’être moins bien accueillie par les entreprises, qui plaidaient en faveur d’un allègement de leur fiscalité. Sébastien Lecornu leur a écrit une lettre, qu’il a ensuite dévoilée sur X, expliquant notamment qu’il avait dû « malheureusement » renoncer à la baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), une revendication forte des entrepreneurs. Il les a néanmoins rassurées sur sa volonté de répondre à leurs demandes à l’avenir.
Victimes de l'armée française en Algérie. Crédit photo : DR
Intervenant lors des Rencontres nationales organisées samedi 17 janvier 2026 à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), Ségolène Royal, récemment élue présidente de l’Association France-Algérie (AFA), a appelé à un changement de paradigme dans la relation franco-algérienne.
Une relation bilatérale enfermée dans les non-dits
D’emblée, l’ancienne ministre française a dressé un constat critique de l’état des relations entre Paris et Alger, régulièrement traversées par des crises diplomatiques liées aux questions mémorielles, migratoires ou régionales. Selon elle, l’absence d’une parole politique claire sur le passé colonial contribue à entretenir une relation instable, instrumentalisée au gré des agendas internes français.
Ségolène Royal a dénoncé l’usage récurrent de la question algérienne comme levier de débat politicien, estimant que cette posture empêche toute avancée durable. Elle a notamment rejeté l’expression de « rente mémorielle », qu’elle juge réductrice et offensante à l’égard des souffrances engendrées par la colonisation.
Reconnaître les crimes coloniaux comme préalable politique
L’axe central de son intervention a porté sur la reconnaissance explicite des crimes coloniaux commis par la France en Algérie. Citant Aimé Césaire, elle a qualifié la colonisation d’« entreprise d’ensauvagement » et plaidé pour des excuses officielles de l’État français, estimant qu’un tel geste constituerait non pas une concession, mais un acte de responsabilité politique.
Pour Ségolène Royal, cette reconnaissance est une condition indispensable pour sortir de l’impasse mémorielle : « Sans vérité clairement assumée, aucune relation apaisée et équilibrée ne peut se construire », a-t-elle affirmé, soulignant que d’autres pays européens ont déjà franchi ce seuil symbolique.
Des actes concrets pour accompagner la reconnaissance
Au-delà du discours, la présidente de l’AFA a défendu plusieurs mesures concrètes destinées à traduire cette reconnaissance dans les faits. Elle a notamment évoqué la restitution intégrale des restes humains et des crânes de résistants algériens conservés en France, ainsi que celle du canon Baba Merzoug, toujours exposé à Brest.
Elle a également insisté sur la transparence totale concernant les essais nucléaires français dans le Sahara, appelant à la déclassification complète des archives et à une mobilisation scientifique internationale pour la dépollution des sites concernés.
Vers un nouveau cadre de coopération
Selon Ségolène Royal, la reconnaissance claire du passé colonial permettrait de dégager un espace politique nouveau, favorable à une coopération tournée vers l’avenir, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’environnement et de l’économie maritime. Elle a présenté l’Algérie comme un partenaire stratégique de long terme pour l’Europe, à condition que la relation repose sur la confiance, le respect mutuel et la stabilité politique.
En filigrane de son intervention, un message constant : la reconnaissance des crimes coloniaux ne relève pas uniquement du devoir moral, mais constitue un levier diplomatique essentiel pour refonder durablement les relations franco-algériennes.
Le CA Batna qualifié en quarts de finale de coupe d'Algérie. Crédit photo : DR
Le C.A. Batna a vécu une soirée de Coupe d’Algérie digne des grandes émotions : intense, dramatique et mémorable. Face au Paradou AC, les Aurassiens ont livré un duel haletant qui restera gravé dans les mémoires.
Après 120 minutes de combat acharné, le score était de 3-3. Mais la lumière est venue des tirs au but, où le club batnéen a fait preuve de sang-froid et de détermination pour l’emporter 3-1 et décrocher son ticket pour les quarts de finale.
Dès l’ouverture du score par le Paradou AC, la partie s’annonçait difficile. Les visiteurs ont rapidement mené 2-0, mettant à l’épreuve la résistance et la volonté des Batnéens. Mais dans un stade bouillant, les joueurs du C.A. Batna ont trouvé les ressources pour revenir dans la partie, d’abord par Mourad Bourada, puis grâce à un penalty transformé par Mounib Benmerzoug, égalisant juste avant la mi-temps et rallumant l’espoir des supporters.
La seconde période et les prolongations ont été un concentré d’émotions. Le Paradou semblait reprendre l’avantage, mais les Aurassiens ne lâchaient rien : Adem Chaïbi inscrivait le but de l’égalisation en prolongation, envoyant les deux équipes dans la dramatique séance des tirs au but. Là, le mental du C.A. Batna a fait la différence. Impeccables, les Aurassiens ont converti leurs tentatives et résisté à la pression pour finir 3-1, offrant à leur public une qualification méritée et célébrée avec ferveur.
Cette victoire illustre parfaitement l’esprit de la Coupe d’Algérie : les outsiders peuvent bousculer la hiérarchie, les stades vibrent, et chaque ballon peut changer l’histoire d’un club. Pour Batna, ce n’est pas qu’un simple match gagné : c’est la preuve que combativité et cohésion d’équipe peuvent rivaliser avec le talent brut.
Alors que les quarts de finale se profilent, le C.A. Batna rejoint les grands noms déjà qualifiés : le CR Belouizdad, la JS Saoura ou encore la JSM Bejaia. Les supporters peuvent rêver plus grand, et le club prépare déjà sa prochaine bataille pour continuer à faire vibrer les Aurès et écrire une nouvelle page de son histoire.
Dans le football algérien, il y a les clubs attendus et il y a ceux qui surprennent. Le C.A. Batna appartient désormais à cette deuxième catégorie, capable de transformer un stade, d’embraser une ville et de rappeler que dans une Coupe, tout est possible.
Le Sénégal décroche la coupe d'Afrique des nations à Rabat.
L’arbitrage a failli tué cette finale, le football l’a sauvée ! Le Sénégal a remporté la deuxième CAN de son histoire contre la Maroc, au bout d’une finale à suspens qui a complètement dérapé à la fin du temps réglementaire, avec des Sénégalais qui ont quitté le terrain suite à une décision arbitrale… avant de l’emporter 1-0 en prolongation.
Quelle finale ! Elle restera malheureusement l’une des plus honteuses du football africain.Les Sénégalais de Sadio Mané l’emportent finalement 1-0, au bout d’un scénario incroyable. Ils l’auront méritée amplement puisqu’ils ont fourni un football de qualité et montré beaucoup plus de réussite que les joueurs marocains.
En fin de rencontre, le Maroc avait bénéficié d’un penalty, qui a provoqué la colère des Sénégalais qui ont quitté le terrain pour protester. Dans la foulée, Diaz a raté son penalty et le Sénégal l’a emporté en prolongations. Quelle soirée !
Il fallait être fort, très fort pour remporter cette finale-là, face au Maroc, porté par près de 65 000 spectateurs, poussé par les millions de prières psalmodiées dans tout le Royaume. Et surtout se relever d’une décision arbitrale qui aurait dû décider du sort de cette rencontre. Heureusement, cela ne s’est pas fini comme ça. Pas sur un coup de sifflet du Congolais Jean-Jacques Ngambo Ndala qui restera dans l’histoire (ou pas). Qui restera en tout cas dans la mémoire des Sénégalais qui ont vu, le temps de quelques minutes, la Coupe leur échapper. Avant que le destin ne renverse la table.
« Il faudra une équipe du Sénégal très forte pour venir nous battre chez nous », avait averti Walid Regragui. Le Sénégal a été immense, quand le vent marocain a soufflé très fort. Et s’il avait eu un brin de réalisme en première période, il aurait certainement plié la rencontre avant la prolongation et éviter le tournant de cette fameuse 98e minute.
Les Sénégalais ont quitté le terrain pour protester… avant de revenir
Ce n’est jamais bon signe quand l’arbitre est acteur principal d’une rencontre, en tout cas sa décision d’accorder un penalty au Maroc à quelques secondes la fin d’une rencontre qui s’était disputée sans incident majeur a été décisive. Elle a déclenché l’ire des joueurs sénégalais, de leurs supporters, des journalistes présents, et probablement porté un coup dans la relation qualifiée de fraternelle entre le Maroc et le Sénégal. Était-elle justifiée ?
C’est une faute d’El Hadji Malick Diouf qui tire Brahim Diaz sur un duel sur un corner. Au vu des ralentis, la décision n’est pas forcément scandaleuse. Le scandale, c’est peut-être quelques minutes plus tôt quand le Sénégal ouvre le score sur corner, mais se voit refuser le but pour une faute (?) de Seck sur Hakimi. Toujours est-il qu’après plusieurs minutes tendues marquées par le refus des Sénégalais de continuer la partie, Brahim Diaz s’est présenté devant Edouard Mendy pour exécuter la sentence. Que s’est-il passé dans la tête du joueur du Real Madrid au point d’oser tenter une panenka, mal exécutée du reste, quand il avait l’occasion d’offrir la Coupe à son peuple et de devenir le héros du Maroc ?
Celui qui a inscrit cinq buts dans cette CAN a ainsi manqué le penalty et le Sénégal est revenu de très loin. De là où reviennent les survivants, qui ont vu la défaite de très près. Et la victoire ne sera que plus belle surtout que Pape Guèye assomme les Marocains et fait taire tout le stade en ouvrant le score sur une chevauchée conclue d’une frappe imparable dans la lucarne de Bounou (94ee). Incroyable ! Les Lions de la Téranga ont la peau dure, reste désormais à résister à la furie marocaine.
Les Hommes de Regragui n’ont plus rein à perdre et cette finale prend l’allure d’une folie furieuse entre le Maroc qui joue son va-tout, attaque à tout-va et un Sénégal qui s’accroche à son avantage comme un naufragé sur une bouée en pleine mer. Les occasions se multiplient comme les sauvetages de Bounou et de Mendy. Pour tout dire, ce serait une dinguerie de lister les occasions de but de part et d’autre, mais il a fallu deux immenses gardiens pour ne pas voir plus de buts dans cette finale. Le Sénégal a gagné parce qu’il a su héroïquement garder son avantage aidé par l’expérience de Mané, Mendy et sur de Gana Guèye, une nouvelle fois immense.
Cette équipe du Sénégal a étalé une maturité au cours de cette CAN dont l’apothéose a été cette finale. Il n’y avait pourtant pas son capitaine Kalidou Koulibaly (supendu) et surtout Krépin Diatta, forfait à quelques minutes de la finale. L’arrière droit, qui avait disputé l’intégralité des six matchs du Sénégal était remplacé au pied levé par Antoine, zéro minute depuis le début de la CAN. Les Marocains n’ont d’ailleurs pas hésité à déclencher la plupart de leurs attaques sur le côté du joueur de Nice.
Ce Maroc-là, intraitable en quarts face au Cameroun, qui a éteint le Nigeria en demi-finale, a été incapable de trouver la clé face à ce Sénégal-là qui a gagné la bataille de la possession.
Incontestablement, ce sont les deux équipes du tournoi, de l’Afrique qui se sont affrontée ce dimanche 18 janvier. Ce fut un beau match, magnifié par les applaudissements du public au moment de l’hymne marocain. Les deux pays « frères » sont se sont écorchés, mais une image restera : celui des Sénégalais et Marocains qui se sont embrassés à la fin du match après avoir été très près de s’envoyer des coups. Le meilleur a gagné, la Coupe retourne à Dakar.
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