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Conseil de la nation : le ministre de la Justice défend l’élargissement des cas de déchéance

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Lotfi Boudjema
Le ministre de la justice algérienne défend avec zèle son projet de loi sur la déchéance de la nationalité. Crédit photo : DR

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, a présenté mardi devant le Conseil de la nation le projet de loi modifiant le Code de la nationalité algérienne, un texte qui prévoit notamment l’élargissement des cas de déchéance de la nationalité, y compris pour les citoyens de nationalité d’origine, rapporte l’APS.

Lors d’une séance plénière présidée par le président du Conseil, Azzouz Nasri, et en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Noudjiba Djilali, le ministre a justifié cette révision par la nécessité de « protéger la souveraineté nationale, la stabilité de l’État et l’unité territoriale ». Selon lui, le texte vise à adapter le cadre juridique aux « évolutions des menaces pesant sur la sécurité nationale ».

Un champ d’application élargi

Le projet de loi introduit une extension des motifs pouvant conduire à la déchéance de la nationalité, en ciblant des actes qualifiés de graves : atteinte aux institutions de l’État, à l’unité nationale et populaire, à la stabilité du pays ou aux symboles de la Révolution, ainsi que la participation publique à des activités considérées comme hostiles à l’Algérie.

Sont également visés les faits de loyauté envers un État étranger, la fourniture de services ou l’acceptation d’avantages matériels dans le but de porter atteinte aux intérêts nationaux, la collaboration avec des forces militaires ou sécuritaires étrangères, ou encore la direction ou la promotion d’organisations qualifiées de terroristes ou subversives.

Le ministre a précisé que la déchéance de la nationalité d’origine ne pourrait intervenir que si la personne concernée possède une autre nationalité, sauf dans des cas jugés exceptionnels, tels que la trahison, l’intelligence avec une puissance étrangère, le port d’armes contre l’Algérie ou l’atteinte à son intégrité territoriale.

Un point qui soulève, en filigrane, la question de l’équilibre entre impératifs sécuritaires et garanties constitutionnelles, dans un contexte marqué par une sensibilité accrue aux questions de dissidence politique et d’expression à l’étranger.

Dans le même temps, le garde des Sceaux a rappelé l’initiative d’Abdelmadjid Tebboune en faveur de la régularisation de la situation de jeunes Algériens établis à l’étranger en situation administrative précaire. Une démarche présentée comme relevant d’une vision de « non-exclusion » et de consolidation du lien social, contrastant avec le durcissement affiché du dispositif juridique. Cependant, peu de chance que l’appel aux sans papiers algériens en Europe soit entendu par ces derniers.

Comme il fallait s'y attendre, l'écrasante majorité des membres du Conseil de la nation a majoritairement salué le projet, estimant que les atteintes à la souveraineté et à la stabilité du pays relèvent de la « haute trahison » et doivent être sévèrement sanctionnées.

En réponse, le ministre a souligné que la déchéance de nationalité existe déjà dans la législation en vigueur, affirmant que le nouveau texte n’introduit pas un principe inédit mais en élargit les modalités « à titre exceptionnel », en lien avec des faits d’une gravité extrême.

Ce projet de loi, par sa portée juridique et politique, est toutefois susceptible de raviver le débat sur l’articulation entre les exigences de sécurité de l’État et la protection des libertés individuelles, ainsi que sur la place de la nationalité dans l’arsenal des sanctions prévues par le droit algérien.

Samia Naït Iqbal

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​Intempéries : plusieurs habitations inondées dans plusieurs wilayas et un décès à Relizane 

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Inondation à Relizane. Crédit photo : Cellule de communication de la protection civile
Inondation à Relizane. Crédit photo : Cellule de communication de la protection civile

​Les services de la Protection civile ont rendu public un bilan détaillé de leurs interventions suite aux fortes précipitations enregistrées ces dernières 24 heures. Les opérations de secours ont touché plusieurs wilayas, marquées par des inondations et le décès d’une personne à Relizane.

​Relizane : un décès et des quartiers sinistrés

​La wilaya de Relizane a été la plus impactée par les crues. Les secours ont déploré le décès d’un homme sexagénaire, dont le corps a été retrouvé à proximité de l’Oued S’fa.

​Sur le plan matériel, la montée des eaux de ce même oued a provoqué l’infiltration de l’eau dans une cinquantaine de foyers au quartier Stal. Plusieurs autres zones, notamment les quartiers El-Barmadia, Chadli et Hamou, ont nécessité des opérations de pompage. Les unités d’intervention ont également procédé au sauvetage de deux personnes bloquées à bord de leur véhicule au quartier El-Ziraïa.

​Chlef : Évacuations et sauvetages

​Dans la wilaya de Chlef, la Protection civile est intervenue pour évacuer deux familles (10 personnes au total) encerclées par les eaux à Boukadir. Des opérations de pompage ont été menées dans 11 habitations du quartier El-Zaouia, ainsi que dans une dizaine de logements à Talassa suite à la crue de l’Oued Boukhandaq.

​État des interventions dans les autres wilayas

​L’activité des secours s’est étendue à plusieurs autres régions :

Tiaret : Plusieurs opérations de pompage des eaux de pluie ont été effectuées dans les quartiers Ibn Badis, Le nouveau stade, La Cadat et Mohamed Djahlane, ainsi qu’au niveau d’une infrastructure d’élevage avicole sur la route de Bouchkif.

Tissemsilt : Les agents ont dégagé un bus vide bloqué par les eaux à Bordj Bounâama. Un effondrement partiel d’un mur d’enceinte a été signalé au chef-lieu, sans faire de victimes.

​Aïn Defla : Des opérations de pompage d’eau ont été effectuées au niveau de cinq habitations à Sidi Lakhdar et un entrepôt industriel à Khemis Miliana ont fait l’objet après des infiltrations importantes des eaux pluviales.

Médéa : Des interventions ont eu lieu dans les quartiers Aïn El Kebir et Hadj Hamdi. À Chehbouina, l’effondrement d’un mur extérieur d’une habitation a été constaté, ne causant que des dégâts matériels.

​La Protection civile appelle les citoyens à la vigilance et au respect des consignes de sécurité aux abords des oueds et des zones à risques durant toute la durée de cette perturbation climatique.

La rédaction

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«La Musique des roses » de Françoise Urban-Menninger

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Françoise Urban Menninger 
Françoise Urban-Menninger. Crédit photo : DR

Paru aux éditions EDBH, La Musique des roses de Françoise Urban-Menninger est un recueil où la rose devient à la fois mémoire, musique et langage. À travers une poésie résolument lyrique, nourrie de filiations littéraires et d’une profonde méditation sur le deuil, l’autrice compose une roseraie intime et universelle, où le poème se fait lieu de survivance, de transmission et de consolation.

Ce livre s’inscrit avec une grande cohérence dans le parcours d’une poète qui, depuis plusieurs années, construit une œuvre patiente et profondément habitée par le lyrisme. D’un recueil à l’autre, Françoise Urban-Menninger creuse les mêmes terres essentielles : la mémoire personnelle et collective, la présence des disparus, l’enfance comme socle sensible de l’écriture, et surtout la musique du vers, conçue comme respiration intime du poème. Chez elle, le rythme n’est jamais un simple ornement formel ; il est ce qui permet à l’émotion de se déposer, de circuler, de ne pas se figer dans l’effusion. La poésie devient ainsi un lieu de modulation, de retenue et d’écoute, où chaque mot cherche sa justesse sonore autant que son poids affectif.

Françoise Urban-Menninger appartient à cette lignée d’écrivains pour qui la poésie ne procède ni de la rupture spectaculaire ni de la provocation formelle. Elle ne cherche pas à déconstruire l’héritage poétique, mais à l’habiter, à l’interroger de l’intérieur, en prolongeant des gestes anciens avec une sensibilité contemporaine. Son travail relève d’un approfondissement patient d’un noyau intime et symbolique, repris, déplacé, enrichi au fil des livres. Cette fidélité n’est jamais répétition : elle est variation, reprise musicale, exploration progressive d’un même motif sous des lumières changeantes.

Son écriture est traversée par un dialogue constant avec la littérature, qui ne s’affiche ni comme érudition ni comme hommage figé, mais comme une conversation vivante avec les poètes et écrivains qui l’ont précédée. Les références littéraires, artistiques et spirituelles qui nourrissent son œuvre agissent comme des présences tutélaires, des voix amies qui accompagnent la sienne sans jamais l’éclipser. Elles confèrent à sa poésie une profondeur temporelle, une conscience aiguë de la filiation, tout en laissant pleinement place à l’expérience personnelle.

Ce qui caractérise enfin l’écriture de Françoise Urban-Menninger, c’est une fidélité revendiquée à la beauté, entendue non comme embellissement décoratif, mais comme exigence de justesse. La lenteur qu’elle cultive n’est pas retrait du monde, mais attention portée à ce qui se dérobe : les gestes infimes, les réminiscences, les silences. Quant à l’émotion, toujours présente, elle est tenue, travaillée, jamais abandonnée à l’excès. Cette rigueur d’écriture confère à son œuvre une force pérenne, qui émeut avec délicatesse et transforme le vécu personnel en une émotion accessible à tous.

Dans La Musique des roses, la rose s’impose comme bien davantage qu’un motif poétique récurrent ou un symbole décoratif. Elle devient le véritable centre de gravité du livre, une figure englobante, presque totalisante, autour de laquelle se déploient les grandes tensions existentielles du recueil. La rose accueille en elle le souvenir et le deuil, l’amour et la perte, la présence et l’absence, mais aussi la langue et le temps, comme si toutes ces dimensions trouvaient dans la fleur leur forme la plus juste et la plus sensible. Elle est à la fois objet regardé, mémoire incarnée, et médiatrice entre le visible et l’invisible.

Dès les premiers poèmes, la rose est investie d’une puissance singulière : elle est dotée d’une voix, ou plutôt d’une musicalité silencieuse, qui lui permet d’« interpréter la musique du monde ». Cette personnification ne relève pas d’un simple procédé lyrique ; elle engage une conception profonde de la poésie comme écoute. La rose, chez Françoise Urban-Menninger, ne parle pas au sens ordinaire : elle vocalise sans bruit, elle chante dans le silence, et c’est à l’âme, plus qu’à l’oreille, qu’elle s’adresse. Elle devient une cantatrice muette, une diva végétale dont le chant traverse le temps et les existences humaines.

Cette métaphore musicale irrigue l’ensemble du recueil et en structure l’imaginaire. Le poème est pensé comme un archet, tenu avec retenue et précision, tandis que la rose devient instrument, caisse de résonance où vibrent les émotions les plus intimes. La poésie se transforme alors en partition, non écrite d’avance, mais rejouée à chaque lecture, où se succèdent les grandes scènes de l’existence humaine. La naissance, l’amour, la mémoire de l’enfance, la marche nuptiale, l’oraison funèbre et la confrontation à la mort trouvent leur place dans cette composition, comme autant de mouvements d’une même œuvre musicale.

La musicalité du recueil ne se limite pas à cette dimension métaphorique ; elle est profondément inscrite dans la matière même du texte. Françoise Urban-Menninger privilégie des vers courts, souvent scandés, qui favorisent la respiration et la reprise. Les répétitions, loin d’être redondantes, jouent le rôle de motifs mélodiques, de refrains qui reviennent, se déplacent, se modulent. Les rimes, discrètes mais présentes, les assonances et les échos sonores tissent une trame rythmique continue, donnant au poème une fluidité presque hypnotique.

Cette écriture musicale confère au recueil une cadence proche de la cantilène, du chant ancien ou de la prière murmurée. Le poème avance par balancement, par ressassement fécond, comme si la langue cherchait moins à dire qu’à accompagner, à envelopper l’expérience humaine dans une forme sonore capable d’en atténuer la violence. Dans cette lente et obstinée musique des roses, la poésie devient un espace de recueillement, où le lecteur est invité non à comprendre, mais à écouter, à se laisser traverser par un chant qui épouse les battements mêmes du cœur et du temps.

La rose est aussi une figure de la mémoire. Elle convoque l’enfance, les gestes maternels, les chansons anciennes, les jardins réels et intérieurs. La présence de la mère traverse le livre avec une intensité particulière. Tantôt explicitement évoquée, tantôt incarnée dans une rose blanche ou carmin, elle devient l’un des visages essentiels du recueil. Le jardin, lieu d’apprentissage et de bonheur, se transforme en espace de survivance poétique où la mère continue de vivre à travers les mots, les parfums et les images. Le poème ne cherche pas à effacer la douleur du deuil, mais à lui offrir une forme, une musique, un lieu où elle peut se déposer sans se figer.

Tout au long du livre, Françoise Urban-Menninger entretient un dialogue constant avec les poètes et écrivains qui l’ont précédée. Oscar Wilde, Aragon, Verlaine, Emily Dickinson, Rilke, Virginia Woolf, Katherine Mansfield, Clarice Lispector, Paul Celan, Mahmoud Darwich, Colette ou encore Proust apparaissent comme autant de voix amies, réunies dans une vaste roseraie littéraire. Ces références ne relèvent jamais de l’érudition gratuite. Elles sont intégrées au tissu du poème comme des résonances naturelles, montrant que la rose est un langage commun aux écrivains de tous les temps, un symbole partagé où s’articulent beauté, désir, souffrance et finitude.

L’un des apports majeurs de La Musique des roses réside dans son affirmation sans détour du lyrisme. À rebours de certaines tendances contemporaines marquées par la fragmentation ou l’ironie, Françoise Urban-Menninger assume une poésie de l’émotion, de la continuité et de la transmission. Elle redonne à la rose, figure parfois jugée usée, une force neuve en la travaillant patiemment sous toutes ses facettes : rose mystique, rose charnelle, rose mortuaire, rose d’enfance, rose du poème lui-même. La mort, omniprésente, n’est jamais brutale ; elle est lente, parfumée, presque douce, comme une rose qui se fane tout en donnant encore.

Ce choix esthétique et éthique a des répercussions sensibles. L’impact de La Musique des roses se mesure moins en termes de visibilité médiatique immédiate que par la profondeur de sa réception. Le recueil trouve une résonance particulière auprès de lecteurs attachés à la musicalité du vers, à une poésie capable de relier l’intime à l’universel, et de proposer une forme de consolation sans renoncer à la lucidité. Pour beaucoup, il devient un livre-compagnon, que l’on garde à portée de main, que l’on rouvre au hasard, et auquel on revient dans des moments de fragilité ou de recueillement.

Dans les milieux poétiques spécialisés, le livre s’est imposé comme une prise de position claire en faveur d’un lyrisme contemporain assumé. Il nourrit des échanges autour de la place de la musique, du symbole et de l’émotion dans la poésie d’aujourd’hui, et rappelle que ces dimensions ne sont ni archaïques ni incompatibles avec une exigence formelle élevée. Lors de lectures publiques, de rencontres littéraires ou d’ateliers d’écriture, La Musique des roses se distingue par sa capacité à toucher un public intergénérationnel, sensible à la fois à la beauté de la langue et à la densité des thèmes abordés.

Son influence, discrète mais réelle, se manifeste également auprès de jeunes poètes, d’auteurs en devenir et de participants d’ateliers d’écriture, qui reconnaissent dans La Musique des roses une proposition poétique à la fois exigeante et libératrice. Le recueil agit pour eux comme une autorisation implicite : celle de réinvestir pleinement la musicalité du vers, non comme un effet de style, mais comme une nécessité organique de l’écriture. Il invite à écouter le poème avant de le conceptualiser, à accorder une place centrale au rythme, à la respiration et aux reprises, dans un contexte où la poésie contemporaine privilégie parfois l’ellipse sèche ou la fragmentation.

Cette influence se traduit aussi par une réhabilitation assumée de la lenteur. Le livre encourage une temporalité de l’écriture et de la lecture qui va à rebours de l’immédiateté et de la performance. Il propose un rapport au poème fondé sur l’attention, la patience et la maturation, où les images se déploient progressivement, par strates, et où le sens n’est jamais livré d’emblée. Pour de nombreux jeunes auteurs, cette lenteur apparaît comme une forme de résistance poétique, un espace de liberté face aux injonctions de nouveauté permanente.

Le travail du symbole constitue un autre point d’ancrage de cette influence. À travers la rose, figure mille fois reprise dans l’histoire de la poésie, Françoise Urban-Menninger montre qu’un symbole n’est jamais épuisé à condition d’être investi avec sincérité et profondeur. Le recueil incite ainsi à abandonner la distance ironique ou le détournement systématique, pour renouer avec une approche incarnée du symbolique, où l’image devient lieu de condensation de l’expérience vécue. Cette posture, loin d’un retour naïf au lyrisme, propose une exigence accrue de justesse et de responsabilité dans l’usage des images.

Le livre circule de ce fait comme une référence silencieuse, rarement brandie comme manifeste, mais souvent évoquée à voix basse, de lecteur à lecteur, de poète à poète. Il se transmet dans les marges des scènes officielles, lors de lectures partagées, d’échanges informels, de recommandations personnelles. Dans ces cercles où la poésie demeure un art vécu, éprouvé collectivement et intimement à la fois, La Musique des roses trouve une place singulière : celle d’un livre qui accompagne, inspire et soutient, sans jamais imposer de modèle, mais en rappelant la puissance durable d’une parole poétique habitée.

La Musique des roses ne cherche pas l’effet spectaculaire, mais inscrit son impact dans la durée. Il propose une expérience de lecture qui engage le corps, la mémoire et l’émotion, et rappelle que la poésie peut encore être un lieu d’accueil, de transmission et de fidélité. En refermant ce recueil, on comprend que pour Françoise Urban-Menninger la poésie est un acte de persévérance : persévérance de la mémoire, de l’amour, et de la voix humaine face au temps. Si le poème est aussi éphémère qu’une éclosion, son essence s’ancre dans la mémoire, laissant une trace durable une fois la page tournée.

Brahim Saci

Françoise Urban-Menninger, La Musique des roses, éditions EDBH  

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Riposte Internationale dénonce l’extradition de Me Makhlouf par Alger vers Tunis

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Seif Eddine Makhlouf
Seif Eddine Makhlouf extradé par l'Algérie vers la Tunisie. Crédit photo : DR

Riposte Internationale condamne avec la plus grande fermeté l’extradition de l’avocat tunisien Seifeddine Makhlouf par les autorités algériennes.

Cette décision est une violation flagrante des droits de l’homme et du droit d’asile. L’avocat Makhlouf, connu pour son engagement en faveur de la justice et des droits de l’homme, est un opposant politique tunisien qui risque de lourdes peines de prison pour ses opinions et activités légitimes.

Riposte Internationale rappelle que ni l’Algérie ni la Tunisie ne sont des terres d’asile pour les opposants et les défenseurs des droits humains. Ces pays ont des bilans désastreux en matière de respect des droits de l’homme et ne peuvent être considérés comme des lieux sûrs pour les personnes persécutées.

Riposte Internationale dénonce la complicité de l’Algérie dans la persécution de l’avocat Makhlouf et exige que les autorités tunisiennes garantissent la sécurité et les droits de l’avocat Seifeddine Makhlouf. Nous appelons la communauté internationale à se mobiliser pour défendre les droits de l’homme et la justice.

Paris, le 20 janvier 2026

P/ Riposte Internationale

Ali Ait Djoudi

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Amnesty International pointe les dérives de Donald Trump

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Trump
Trump, se voit comme le maître du monde. Crédit photo : DR

Un an après le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, des pratiques autoritaires érodent les droits humains, annonce Amnesty international dans son communiqué dont le contenu est ci-dessous.

À l’occasion du premier anniversaire du retour du président Trump à la tête des États-Unis, Amnesty International a sonné l’alarme face aux pratiques de plus en plus autoritaires employées dans le pays et à l’érosion dévastatrice des droits humains.

Dans un nouveau rapport rendu public mardi 20 janvier, intitulé  Ringing the Alarm Bells: Rising Authoritarian Practices and Erosion of Human Rights in the United States, Amnesty International indique que l’explosion des pratiques autoritaires sous l’administration Trump, notamment la fermeture de l’espace civique et les atteintes à l’état de droit, fragilise les droits humains aux États-Unis et au-delà.  

« Nous sommes tous témoins d’une dangereuse trajectoire ayant déjà mené à une urgence en matière de droits humains sous la présidence Trump », a déclaré Paul O’Brien, directeur exécutif à Amnesty International États-Unis. « En détruisant les normes et en concentrant les pouvoirs, l’administration essaie d’empêcher qui que ce soit de lui demander des comptes. Il ne fait aucun doute que les pratiques autoritaires de l’administration Trump fragilisent les droits humains et exacerbent les risques auxquels sont exposés les journalistes et les personnes qui s’expriment ou protestent, notamment les manifestant·e·s, les avocat·e·s, les étudiant·e·s et les défenseur·e·s des droits humains. »

Il ne fait aucun doute que les pratiques autoritaires de l’administration Trump fragilisent les droits humainsPaul O’Brien, directeur exécutif à Amnesty International États-Unis

Le rapport couvre 12 domaines interconnectés dans lesquels l’administration Trump fissure les pilliers d’une société libre, notamment les attaques contre la liberté de la presse et l’accès à l’information, la liberté d’expression et de réunion pacifique, les organisations de la société civile et les universités, les opposant·e·s politiques et les voix critiques, les juges, les avocat·e·s et le système judiciaire, ainsi que le droit à une procédure régulière. Le rapport recense aussi des attaques contre les droits des personnes réfugiées et migrantes, la désignation de certaines populations comme boucs émissaires et le recul de garanties de non-discrimination, le recours à l’armée sur le territoire national, le démantèlement de mesures de responsabilisation des entreprises et de lutte contre la corruption, et des tentatives d’affaiblissement de systèmes internationaux conçus pour protéger les droits humains. 

Comme cela est expliqué dans le rapport, ces tactiques autoritaires se renforcent mutuellement : des étudiant·e·s sont arrêtés et maintenus en détention pour avoir manifesté sur des campus, des agglomérations entières sont envahies et terrorisées par des agents masqués du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE), et la militarisation dans certaines villes à travers les États-Unis se banalise. Parallèlement, des manœuvres d’intimidation visant la presse compromettent sa capacité à dénoncer violations des droits humains et abus ; les représailles contre les manifestations dissuadent le public de s’exprimer ; l’amplification de la surveillance et de la militarisation alourdit le coût de l’opposition ; et les attaques visant les tribunaux, les avocat·e·s et les organes de suivi rendent l’établissement des responsabilités plus difficile. Ces tactiques portent clairement atteinte aux droits humains, notamment à la liberté d’expression et de réunion pacifique, à la liberté de la presse, à l’accès à l’information, à l’égalité et la non-discrimination, au respect des garanties procédurales, à la liberté économique, au droit de ne pas être placé en détention arbitraire, au droit de demander l’asile, au droit à un procès équitable, et même au droit à la vie. 

Amnesty International constate de longue date l’emploi systématique de pratiques similaires dans des pays du monde entier. Si les contextes diffèrent, ces gouvernements consolident les pouvoirs, contrôlent l’information, discréditent les voix critiques, sanctionnent l’opposition, réduisent l’espace civique, et affaiblissent des mécanismes censés garantir l’obligation de rendre des comptes. 

Les attaques contre l’espace civique et la primauté du droit, ainsi que l’érosion des droits humains aux États-Unis, reflètent des schémas observés et dénoncés ailleurs dans le monde depuis des décennies par Amnesty International.

« Il est important de signaler que notre expérience montre que lorsqu’il devient manifeste que les pratiques autoritaires sont pleinement établies, les institutions censées limiter les abus de pouvoir ont déjà été fortement compromises. »

Dans le rapport, Amnesty International présente une liste exhaustive de recommandations – adressée à la branche exécutive des États-Unis, au Congrès, aux gouvernements des États et aux collectivités locales, ainsi qu’aux organes chargés de l’application des lois, à des acteurs internationaux et à d’autres gouvernements, à des entreprises, notamment du secteur des technologies, et au public – dans le but d’inverser cette tendance à l’acceptation des pratiques autoritaires et de prévenir la normalisation de la répression accrue et des violations des droits humains. L’organisation demande l’adoption en urgence de mesures visant à protéger l’espace civique, à rétablir des garanties relatives à l’état de droit, à renforcer l’obligation de rendre des comptes et à garantir que les violations des droits humains ne soient ni ignorées, ni considérées comme inévitables. 

« Nous pouvons, et nous devons, nous forger un chemin différent », a déclaré Paul O’Brien. « Les pratiques autoritaires ne peuvent prendre racine que si on les laisse se banaliser. Nous ne pouvons laisser cela se produire aux États-Unis. Ensemble, nous avons tous et toutes la possibilité et le devoir de nous montrer à la hauteur de ce moment difficile de notre histoire et de protéger les droits humains. » 

Amnesty International

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Municipales 2026 à Lyon : Amine Kessaci soutient Grégory Doucet

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Amine Kessaci
Amine Kessaci, militant écologiste et anti-gangs de drogue. Crédit photo : DR

Le militant écologiste marseillais Amine Kessaci a officiellement apporté son soutien au maire sortant de Lyon, Grégory Doucet, candidat à sa réélection aux élections municipales de mars 2026. Cette annonce a été faite lors du meeting de lancement de campagne du maire écologiste à Lyon, mi-janvier.

Connu pour son engagement contre le narcotrafic et son action dans les quartiers populaires de Marseille, Amine Kessaci a pris la parole devant les militants réunis pour expliquer son choix. Il a insisté sur la convergence de vues avec Doucet concernant la justice sociale, l’égalité territoriale et la sécurité, affirmant que ces enjeux doivent être traités de manière globale par les pouvoirs publics et les municipalités.

Le militant a souligné la nécessité d’aller au-delà d’une approche strictement répressive de la sécurité. Prévention, présence des services publics et politiques sociales sont, selon lui, essentielles pour agir durablement sur les violences urbaines et les trafics. Une orientation qu’il retrouve dans le projet porté par Grégory Doucet à Lyon.

Pour le maire sortant, ce soutien intervient alors que la campagne s’annonce particulièrement disputée et que la question de la sécurité occupe une place centrale dans le débat. Critiqué par ses opposants sur ce terrain, Doucet défend une approche qui combine cohésion sociale, transition écologique et rôle actif des collectivités locales dans la prévention des violences.

Le soutien d’Amine Kessaci revêt une dimension politique et symbolique. Issu d’un autre territoire confronté à des problématiques similaires, il apporte une parole de terrain et souligne l’importance de politiques locales articulant sécurité et justice sociale.

À quelques semaines du scrutin, cette prise de position contribue à donner une portée nationale au débat municipal lyonnais, rappelant que les élections de 2026 seront aussi un moment pour questionner les réponses politiques aux fractures sociales et aux enjeux de sécurité dans les grandes villes françaises.

Djamal Guettala 

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Le RN face à la justice : le « système Le Pen » scruté de près

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Marine Le Pen
Marine Le Pen, dure la vie de patronne d'un parti anti-immigration. Crédit photo : DR

Le procès en appel du Rassemblement national (RN) – ex-Front national – et de plusieurs de ses responsables, dont Marine Le Pen, se poursuit dans une atmosphère tendue. Au cœur des débats : l’usage présumé frauduleux de fonds européens destinés à des assistants parlementaires, accusés d’avoir en réalité travaillé pour le parti. Le Parlement européen, partie civile, estime son préjudice à 4,4 millions d’euros.

Le parti d’extrême droite et 24 de ses membres sont accusés d’avoir utilisé  » les enveloppes destinées au paiement des frais d’assistance parlementaires  » pour « rémunérer sous couvert de contrats fictifs d’assistant parlementaire des personnes qui travaillent en réalité pour le parti ou pour ses dirigeants ».
Avec un enjeu tout particulier pour Marine Le Pen, condamnée en première instance à cinq ans d’inéligibilité immédiate avec exécution provisoire, jugement qui l’empêche en l’état de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.

« Le Parlement européen est victime d’un système », a lancé Didier Klethi, directeur général des finances de l’institution, une phrase lourde de sens face à un parti souvent prompt à dénoncer « Bruxelles » tout en profitant, selon la justice, de son argent. Les juges de première instance avaient déjà évoqué un « système organisé » au sein du RN, un mode de fonctionnement méthodique visant à détourner des ressources publiques pour alléger les dépenses du parti.

Face à ces accusations, Marine Le Pen campe sur la ligne de défense devenue classique du RN : l’innocence revendiquée, la victimisation politique et la dénonciation des institutions européennes. Dès l’ouverture du procès, elle avait assuré n’avoir « jamais eu le sentiment de commettre un délit » tout en reprochant au Parlement européen de ne pas avoir tiré la sonnette d’alarme plus tôt — un argument qui sonne ironiquement comme une tentative de blâmer l’arbitre plutôt que le joueur.

Didier Klethi a répondu sans détour : les règles étaient « claires et parfaitement connues » des élus. Un assistant parlementaire, at-il rappelé, peut être engagé politiquement, mais il n’a pas le droit de travailler pour un parti avec des fonds européens. Comparaison simple : « Un salarié ne peut pas travailler pour une autre entreprise sur son temps de travail », at-il illustré. Autrement dit, le RN savait parfaitement ce qu’il faisait — et a compté sur l’opacité et la complaisance pour passer entre les mailles du filet.

Lorsque les magistrats ont demandé si le Parlement avait manqué de vigilance, Klethi a souligné que le système reposait sur la confiance envers les élus. Mais ce même principe est devenu, dans les faits, une opportunité dont certains ont abusé. Avec plus de 6 500 contrats et peu de moyens de contrôle, le Parlement européen s’est retrouvé démuni face à ce qu’il décrit désormais comme une manipulation organisée.

Un parti dit antisystème mais profitant du système

Ironie du sort : le RN, qui se présente depuis des décennies comme le pourfendeur des institutions européennes, a profité plus que tout autre des mécanismes de financement de l’UE. Ces procès rappellent que, derrière la rhétorique « patriote » et le discours sur la probité nationale, s’est parfois construit un modèle politique fondé sur la captation d’argent public.

À l’heure où Marine Le Pen se prépare à une nouvelle campagne présidentielle, cette affaire ravive une question de fond : peut-on incarner la probité et la rupture avec le « système » quand on en tire ainsi parti ?

Rabah Aït Abache avec agences

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Gaza : le Maroc va rejoindre « le conseil de paix » de Trump

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Mohammed VI
Mohammed VI

Le roi du Maroc, Mohammed VI, a accepté l’invitation du président américain, Donald Trump, à rejoindre son « Conseil de paix » en tant que « membre fondateur », a annoncé le 19 janvier 2026 la diplomatie marocaine. Cette instance avait été initialement conçue pour superviser la reconstruction de Gaza mais son projet de « charte » ne mentionne pas explicitement le territoire palestinien et lui assigne un objectif plus large. Les États candidats à un siège permanent à ce conseil devront s’acquitter de « plus d’un milliard de dollars en espèces ».

Le ministère des Affaires étrangères du Maroca annoncé lundi que le roi Mohammed VI a accepté de rejoindre le « Conseil de paix » lancé par le président américain Donald Trump. Le Maroc va ainsi rejoindre la nouvelle instance interétatique imaginée par le président des États-Unis, en tant que « membre fondateur ». Ce qui veut dire que le royaume va dans la foulée payer son droit d’entrée d’un milliard de dollars pour y siéger.

Un signal favorable à Trump

C’est le premier pays sur le continent africain à le faire, puisque l’Égypte, le second pays invité, a indiqué vouloir étudier « sous tous les angles » la proposition américaine avant de se prononcer.

Selon la diplomatie marocaine, le Conseil de paix vise à « contribuer aux efforts de paix au Moyen-Orient et adopter une nouvelle approche pour résoudre les conflits dans le monde ».

Rabat a toujours vu d’un bon œil le retour au pouvoir de Donald Trump. Le président américain a reconnu, dès 2020, la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, dossier prioritaire de la diplomatie marocaine, en échange de la signature des accords d’Abraham, qui actent la normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël. Rabat et Tel-Aviv ont, depuis, noué une relation militaire stratégique qui se consolide d’année en année.

En ratifiant la charte constitutive de ce Conseil, Mohammed VI souhaite donc envoyer des signaux positifs à l’administration américaine et faire entendre sa voix dans le dossier sensible du Sahara occidental, alors que Rabat prépare depuis plusieurs mois un nouveau plan d’autonomie du territoire sous souveraineté marocaine, après celui de 2007.

L’instance avait été initialement conçue pour superviser la reconstruction de Gaza mais son projet de « charte » ne mentionne pas explicitement le territoire palestinien.

Certains observateurs pensent que Donald Trump souhaite créer une nouvelle organisation à même de se substituer à l’ONU.

Avec RFI

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CAN 2025 : arbitres, palais, FIFA… le football en otage

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CAN Maroc


On nous a vendu une compétition, on a eu une administration du résultat. Et quand le résultat a l’air administré, ce n’est pas un ressenti. C’est une odeur. Une odeur de système. De fric.

La CAN 2025 n’a pas été un tournoi, c’était une démonstration. Pas une démonstration de football, une démonstration de pouvoir. Le jeu a servi de décor, comme une musique de fond, pendant que l’essentiel se jouait ailleurs. En loge, en couloir, en oreillette. Le terrain n’était plus le centre de gravité, seulement la scène.

Dès le départ, une phrase circulait déjà dans les coulisses, lâchée par des conseillers lucides comme on lâche une vérité sale. « Donnez-leur la coupe et laissez-nous tranquilles. » Voilà le climat. Une CAN où certains entraient sur le terrain en sachant qu’ils ne jouaient pas seulement contre une équipe, mais contre une mécanique. Quand cette idée existe avant même le coup d’envoi, ce n’est plus de la paranoïa. C’est un diagnostic.

Ce diagnostic a pris une dimension sinistre quand Mohamed Soumaré, journaliste et consultant sportif malien, l’un des premiers à interroger publiquement l’organisation et les coulisses du tournoi, a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Rabat. Même si les causes doivent être établies, l’effet a été immédiat. Le tournoi a basculé dans une atmosphère où poser des questions devenait un sport à risques.

Dans cette mécanique, les arbitres ont cessé d’être des arbitres. Ils sont devenus des instruments. Des penalties évidents non sifflés, des buts disséqués jusqu’à l’absurde, et à l’inverse des décisions généreuses accordées à d’autres sans la même rigueur. La VAR n’a pas corrigé. Elle a trié. Elle n’a pas éclairé le jeu. Elle a orienté le récit. Elle a servi de gant blanc à la main sale. On ne triche plus à l’ancienne. On triche en UHD, avec ralentis, angles choisis et ce silence tendu où l’on attend une décision qui semble déjà écrite.

Quand l’arbitrage devient un outil, la compétition change de nature. Ce n’est plus qui joue le mieux, c’est qui est le mieux protégé. À ce stade, parler de chance ou de détails relève de la plaisanterie. Ce qui s’est produit relevait d’une logique répétée, d’une cohérence trop propre pour être accidentelle. Plus on revoyait les images, moins on comprenait les décisions. Le football connaît des injustices. Là, il avait un scénario.

À cette lourdeur s’est ajouté le mesquin. Des ramasseurs de balles s’acharnant sur les serviettes du gardien du Sénégal, comme s’ils disputaient leur propre finale contre un bout de tissu. Une image petite, ridicule, révélatrice. La CAN n’a pas seulement été sale en haut, elle a été pingre en bas. Quand on en est à faire la guerre aux serviettes, c’est que la compétition a perdu le sens de la grandeur, et même celui de la décence.

Autre scène lourde de sens. Moulay Rachid, présent lors de la cérémonie, détourne le regard et ignore la passation du trophée. Ni distraction ni caprice. Un signal. Cette victoire devait servir d’image de continuité et de succession. Elle a échoué. L’absence du jeune prince n’est pas anodine. Voulue ou non, elle signifie que l’image était jugée trop mauvaise pour être transmise. Le regard fermé de Moulay Rachid acte une chose simple. Ce jour-là, il ne perd pas seulement une scène. Il perd une position dans le récit du pouvoir.

Au cœur de ce dispositif, Fouzi Lekjaa a trouvé une porte grande ouverte. Il n’a rien inventé. Il a su entrer dans un système existant, s’y installer, et l’utiliser comme une infrastructure. Quand un ministre devient chef d’orchestre sportif, ce n’est pas du talent. C’est une fusion. Football et État, ballon et cabinet, compétition et protocole, même table, mêmes réseaux. Le terrain devient l’endroit où l’on exécute. Et pendant qu’on exécute, on gère aussi les autres nations. On les oppose, on les excite, on les dresse les unes contre les autres, comme si le football avait besoin d’ennemis permanents pour tenir debout.

La contestation, elle, a été méthodiquement étouffée. Des entraîneurs qui questionnent, qui protestent, puis immédiatement le même traitement. Disqualification morale, insinuations, rappels à l’ordre. La conférence de presse n’était plus un espace d’explication, mais un tribunal. L’entraîneur du Sénégal chassé, celui de l’Égypte pris à partie. Et cette scène inouïe de journalistes marocains transformés en milice verbale, posant des questions pour cogner, pas pour comprendre. Du journalisme de tribune, version micro. Une CAN où certains médias ne couvraient plus l’événement. Ils y participaient comme acteurs hostiles.

À cela se sont ajoutés des malaises troublants chez certains joueurs. Des états physiques dégradés, des indisponibilités soudaines, sans communication claire ni explication transparente. Rien de prouvé, rien d’établi officiellement. Mais assez pour renforcer un climat déjà saturé de défiance. Quand même les corps deviennent des zones d’ombre, le tournoi cesse d’être un simple jeu.

Il faut alors nommer les responsables sans détour. La CAF est devenue une antenne. Patrice Motsepe n’a pas présidé l’Afrique du football. Il en a organisé la domestication. Et au-dessus, Gianni Infantino joue son rôle favori. Gardien du produit, pas du jeu. Il sanctionne le bruit, pas la fraude. La justice sportive arrive toujours après la comptabilité.

Il faut enfin le dire clairement. Le Maroc aurait pu gagner sans tout cela. C’était une grande équipe, capable de gagner par le football, simplement. Mais à force de vouloir verrouiller l’issue avant même que le ballon ne circule, le jeu a été sacrifié. Ce n’est pas la grande équipe du Maroc qui a perdu. Ce sont les perturbateurs. Lekjaa, Motsepe, Infantino. Eux ont perdu, parce qu’ils ont réussi à faire perdre au football africain une part de sa crédibilité. Vivement qu’on se débarrasse d’eux. Vivement que le football africain respire à nouveau.

Zaim Gharnati

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Signature obligatoire dans la presse : transparence ou révélateur d’une crise silencieuse ?

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Presse

Le ministère de la Communication a rappelé, dans un récent communiqué, l’obligation pour les médias, tous supports confondus, de mentionner clairement l’identité des auteurs des contenus publiés.

Cette injonction s’appuie sur les dispositions de la loi organique n°14-23 relative à l’information, notamment l’article 21 du chapitre consacré à la profession de journaliste et à l’éthique du métier. Un tantinet donneur de leçons, le ministère invoque la nécessité de garantir la transparence, la responsabilité éditoriale et le respect des règles déontologiques, tout en mettant en garde contre les sanctions prévues en cas de non-conformité.

Sur le plan strictement juridique, le rappel à la loi ne souffre guère d’ambiguïté. La signature engage la responsabilité de l’auteur, protège le public contre l’anonymat abusif et constitue un principe classique du journalisme professionnel. Mais au-delà de cette lecture normative, la mise en demeure du ministère soulève une interrogation plus profonde : s’agit-il uniquement d’une volonté de moralisation du champ médiatique ou d’un levier supplémentaire de contrôle dans un secteur déjà fragilisé ?

Car derrière les signatures absentes ou les pseudonymes dénoncés par l’autorité de tutelle se cache une réalité sociale largement connue au sein de la profession. Dans de nombreux organes de presse privés, la précarité est devenue la norme. Salaires irréguliers, contrats inexistants ou symboliques, absence de protection sociale : autant de facteurs qui poussent des journalistes à multiplier les collaborations ponctuelles, souvent rémunérées à la pige.

Le recours au pseudonyme apparaît alors moins comme une dérive éthique que comme un stratagème de survie économique, permettant d’écrire pour plusieurs titres sans s’exposer à des représailles professionnelles ou à des ruptures de collaboration.

Cette situation met en lumière une contradiction structurelle. D’un côté, l’État exige une stricte conformité aux règles professionnelles ; de l’autre, le modèle économique de la presse reste profondément déséquilibré. La dépendance massive des entreprises de presse à la publicité publique (ANEP), distribuée de manière opaque et franchement clientéliste, fragilise leur autonomie financière et limite leur capacité à offrir des conditions de travail décentes.

Dans ce contexte, la responsabilisation individuelle des journalistes, par la seule contrainte juridique, apparaît insuffisante, voire déconnectée des réalités du terrain. Au-delà, l’usage du pseudonyme est un classique dans la presse mondiale. On en retrouve partout, sans pour autant effaroucher les autorités.

Par ailleurs, la question de la signature ne peut ainsi être dissociée de celle de la viabilité économique du secteur et du statut social du journaliste. Sans réforme profonde du financement des médias, sans garanties effectives pour les professionnels de l’information, l’exigence de transparence risque de se transformer en facteur supplémentaire de vulnérabilité pour des journalistes déjà exposés à la précarité. Pas seulement, sans liberté d’écrire, de dire et d’enquêter il n’y a pas de liberté de la presse.

En filigrane, le communiqué du ministère de la Communication pose donc une question centrale : peut-on moraliser durablement la pratique journalistique sans s’attaquer aux déséquilibres structurels qui minent la profession ? À défaut d’une réponse globale, le débat sur les signatures pourrait bien n’être que le symptôme visible d’une crise plus profonde du champ médiatique algérien.

Samia Naït Iqbal

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