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Manifestations en Iran : plus d’une quarantaine de morts déjà

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La rue iranienne contre le régime des mollahs
La rue iranienne contre le régime des mollahs. Crédit photo : DR

La rue iranienne est vent debout contre le régime des mollahs. Le bilan de Iran Human Rights est plus élevé que celui communiqué par les autorités. Le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé jeudi à « la plus grande retenue » et au « dialogue ». Cela suffira-t-il à calmer la colère populaire ? Peu sûr.

« La répression s’étend et devient chaque jour plus violente. » Au moins 45 manifestants, dont huit mineurs, ont été tués depuis le début de la mobilisation en Iran fin décembre, selon un nouveau bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, jeudi 8 janvier. Pour autant, la république islamique n’a jamais été autant critiquée et affaiblie.

Le directeur de l’organisation, Mahmood Amiry-Moghaddam, a ajouté que « des centaines » de personnes avaient également été blessées et plus de 2 000 arrêtées. Mercredi a été la journée la plus meurtrière de ce mouvement qui dure depuis 12 jours, avec 13 manifestants tués. Ces Iraniens en colère protestent contre la vie chère, mais aussi contre le régime en place.

Les médias iraniens et les autorités ont pour leur part fait état d’au moins 21 morts depuis le début des manifestations, dont des membres des forces de l’ordre, selon un décompte de l’AFP. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a appelé jeudi à « la plus grande retenue ». « Tout comportement violent ou coercitif doit être évité », a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur son site internet, exhortant au « dialogue » et à « l’écoute des revendications du peuple ».

Donald Trump a aussi menacé jeudi de s’en prendre à l’Iran. « Je leur ai fait savoir que s’ils commençaient à tuer des gens, ce qu’ils ont tendance à faire pendant leurs émeutes, nous les frapperions très fort », a dit le président américain pendant un entretien avec l’animateur radio conservateur Hugh Hewitt.

Depuis le 28 décembre 2025, les commerçants du grand marché couvert de la capitale Téhéran ont baissé leur rideau et se sont mis en grève. La protestation s’est rapidement étendue dans le pays, touchant au moins 25 des 31 provinces, selon un décompte de l’Agence France-Presse (AFP), et a fait sortir dans les rues les étudiants ainsi que les retraités. 

Avec AFP

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Bernard Bajolet, ancien patron de la DGSE, condamné

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Bernard Bajolet
Bernard Bajolet. Crédit photo : DR

Après près de dix ans d’instruction et de débats judiciaires, la justice a tranché. Bernard Bajolet, ancien directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), a été condamné jeudi 8 janvier par le tribunal correctionnel de Bobigny (région parisienne) à un an de prison avec sursis.

L’ancien ambassadeur de France en Algérie, aujourd’hui âgé de 76 ans, Bajolet, a été reconnu coupable de complicité de tentative d’extorsion de fonds et d’atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l’autorité publique. Une peine plus lourde que celle requise par le parquet, qui avait demandé entre six et huit mois d’emprisonnement avec sursis.

L’affaire remonte au 12 mars 2016. Ce jour-là, Alain Dumenil, homme d’affaires franco-suisse aux multiples démêlés judiciaires et commerciaux, est interpellé à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle par des policiers de la police aux frontières. Sous couvert d’un contrôle administratif de son passeport, il est conduit dans une salle isolée. Deux hommes en civil le rejoignent alors. Ils ne déclinent pas leur identité mais se présentent comme appartenant aux services de renseignement français.

Selon l’accusation, ces agents lui réclament le remboursement de 15 millions d’euros, estimant qu’il aurait trompé la DGSE au début des années 2000. À l’époque, les services de renseignement l’auraient sollicité pour tenter de redresser des investissements financiers déficitaires, réalisés à partir d’un fonds occulte détenu par l’État. Ce capital, constitué plusieurs décennies plus tôt, devait garantir une autonomie financière de la DGSE en cas de crise majeure, notamment une occupation étrangère ou l’effondrement des institutions gouvernementales.

La pression exercée sur Alain Dumenil ne s’arrête pas à une simple demande financière. Les deux hommes lui montrent un album contenant des photographies de membres de sa famille, une mise en scène perçue comme une menace à peine voilée. Furieux, l’homme d’affaires annonce son intention de porter plainte. Les agents quittent alors la pièce sans donner suite à la rencontre.

Lors de l’audience, tenue en novembre dernier, le procès a parfois dépassé la seule responsabilité individuelle de Bernard Bajolet pour interroger plus largement les méthodes des services secrets français. L’ancien patron de la DGSE a reconnu avoir donné son accord de principe à une rencontre avec Alain Dumenil, tout en niant avoir envisagé le recours à la contrainte ou à l’intimidation. « Les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dû », avait-il concédé à la barre.

À l’issue du délibéré, ni Bernard Bajolet ni ses avocats n’ont souhaité réagir publiquement à la décision du tribunal. Cette condamnation marque néanmoins une étape judiciaire rare, mettant en cause, pour des faits pénalement sanctionnés, un ancien chef des renseignements extérieurs français.

La rédaction/AFP

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Le RN découvre l’indépendance de la justice… quand Trump s’en mêle

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Marine Le Pen
Marine Le Pen, dure la vie de patronne d'un parti anti-immigration. Crédit photo : DR

Miracle politique : le parti d’extrême droite Rassemblement national (RN), longtemps convaincu que la justice française était un repaire de méchants juges rouges complotant contre lui, découvre soudain les charmes de l’indépendance judiciaire. Et ce, précisément au moment où Donald Trump envisage — hypothétiquement — de punir des magistrats français pour avoir condamné Marine Le Pen. Le timing est impeccable, presque trop.

À quelques jours de l’ouverture du procès en appel de l’affaire des assistants parlementaires du Front national, l’ombre protectrice de Washington plane sur Nanterre. Selon Der Spiegel, l’administration Trump aurait sérieusement réfléchi à sanctionner les juges parisiens coupables d’un outrage suprême : appliquer la loi à la cheffe du RN. Une révélation suffisamment crédible pour pousser le président du tribunal judiciaire de Paris à sortir de sa réserve et dénoncer une « ingérence inacceptable et intolérable ». Un terme qu’on entend rarement dans la bouche de magistrats — sauf quand le problème est grave.

Marine Le Pen, rappelons-le, n’a pas été condamnée pour délit d’opinion ou excès de franc-parler, mais pour détournement de fonds publics européens au profit exclusif de son parti. Des faits que la justice a documentés et prouvés. Autrement dit, la fille de l’ancien parachutiste tortionnaire Jean-Marie Le Pen est une délinquante en col blanc. Elle a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux fermes, cinq ans d’inéligibilité. Une décision rendue par un tribunal français, sur la base de faits établis. Mais dans l’univers parallèle du RN, cette condamnation relève évidemment de la « chasse aux sorcières », catégorie juridique récemment ajoutée au code pénal trumpiste.

Donald Trump, jamais avare en comparaisons douteuses, s’est d’ailleurs reconnu dans le destin judiciaire de Marine Le Pen, appelant à sa « libération » comme on défend un camarade de cellule injustement incarcéré par des « gauchistes européens ». Son vice-président, J. D. Vance, a complété le tableau en expliquant doctement que « ce n’est pas ça, la démocratie ». Leçon bienvenue d’un camp politique qui considère les juges comme des ennemis lorsqu’ils ne valident pas les résultats électoraux espérés.

Face à cela, le RN a publié un communiqué indigné. Le parti y dénonce une information « hautement spéculative », rappelle son attachement indéfectible à l’indépendance de la justice (clin d’œil appuyé, rire enregistré), et s’offusque que l’on ose évoquer des sources anonymes. Pathétique de ce parti qui lynché publiquement cette justice qui avait condamné sa patronne. Une pudeur méthodologique touchante pour un mouvement qui prospère depuis des années sur le soupçon permanent, l’insinuation et la délégitimation systématique des institutions.

Les experts, eux, sont beaucoup moins surpris. Les sanctions américaines contre des juges internationaux existent déjà, notamment à la Cour pénale internationale, où des magistrats — dont un Français — ont été visés pour avoir travaillé sur des dossiers déplaisant à certains alliés de Washington. Autrement dit, ce n’est ni de la science-fiction ni une rumeur de comptoir, mais une méthode politique éprouvée.

L’objectif n’est d’ailleurs pas seulement judiciaire. Il est narratif. Menacer, même implicitement, des magistrats, c’est nourrir le storytelling préféré du RN : celui d’un parti persécuté par des juges militants, empêché de « gagner » par un système corrompu. Peu importe que les faits soient têtus, les preuves abondantes et les condamnations motivées : le doute, lui, fait toujours le travail.

Et pendant que le RN crie à la manipulation médiatique, l’effet est là. Les juges travaillent sous pression, l’institution judiciaire est fragilisée, et l’idée s’installe que toute décision défavorable au RN serait forcément suspecte. Un brouillage informationnel efficace, déjà bien rodé, et désormais amplifié par un allié américain peu regardant sur les principes démocratiques — tant qu’ils ne servent pas ses intérêts.

A ce stade, la vraie question n’est donc pas de savoir si l’information est « spéculative », mais pourquoi elle est crédible. Et surtout, pourquoi elle arrange tant ceux qui prétendent aujourd’hui la dénoncer. Car au fond, le RN n’a jamais eu de problème avec l’ingérence, tant qu’elle allait dans le bon sens.

L’indépendance de la justice ? Oui, bien sûr. Mais à condition qu’elle rende les bons verdicts.

Rabah Aït Abache

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Yennayer : le chanteur Mourad Guerbas se produit au Zénith

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Mourad Guerbas

Mourad Guerbas, l’une des voix les plus emblématiques de la chanson kabyle, se produit pour la première fois au Zénith de Paris – La Villette le 10 janvier 2026.

Après une carrière entamée au début des années 2000 et plusieurs albums qui ont su mêler traditions berbères et sons modernes, l’artiste Mourad Guerbas célèbre le Nouvel An berbère, Yennayer 2976, devant un public attendu de plusieurs milliers de fans dans l’une des plus belles salles parisiennes.

Le spectacle, produit par Los Production, promet une soirée riche en émotions, avec les titres qui ont fait le succès de Gurbas et des surprises inédites, dont un hommage à Matoub Lounès. Le chanteur, qui a déjà foulé les scènes du Canada, des États‑Unis et de l’Algérie, compte bien faire vibrer le Zénith avec son énergie habituelle et son engagement pour la culture kabyle.

Les billets, mis en vente dès maintenant, sont disponibles à partir de 37,50 €, avec des options assises ou debout selon les disponibilités. Le Zénith ouvrira ses portes à 18 h30, le concert débutant à 20 h.

Un premier Zénith qui s’annonce déjà mémorable pour Mourad Guerbas et ses admirateurs, preuve que la musique kabyle continue de rayonner bien au‑delà des frontières de l’Algérie.

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Marie-Noelle Melchionne : « La peinture me permet de traverser des épreuves personnelles »

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Marie-Noelle Melchionne
Marie-Noelle Melchionne. Crédit photo : Le Matin d'Algérie

Nous avons rencontré Marie-Noelle Melchionne pour la première fois au Centre médico-psychologique de Marseille, à l’occasion de son vernissage. Professeure de grec et de latin, elle a trouvé dans la peinture un langage capable de traduire son monde intérieur, ses émotions et ses passions. Son parcours artistique a basculé après une exposition immersive consacrée à Van Gogh à la Joliette, un moment décisif qui a déclenché chez elle le besoin irrépressible de poser des couleurs sur le papier.

De l’entrée du port d’Ajaccio à ses autoportraits multicolores, en passant par des tableaux où la figure féminine occupe une place centrale, Marie-Noelle Melchionne explore la sensibilité, la liberté et la joie de créer, offrant à chacun de ses spectateurs un voyage intime et lumineux. Elle a accepté de répondre à nos questions pour Le Matin d’Algérie, partageant ses émotions, ses techniques et sa vision de l’art.

Le Matin d’Algérie : Qu’est-ce qui vous a donné envie de prendre le pinceau pour la première fois ?

Marie-Noelle Melchionne : « À la sortie de l’exposition immersive sur Van Gogh, j’avais acheté le seul souvenir qui était dans mes moyens, peut-être le plus essentiel : quelques crayons pastels. J’avais aussi emporté, à disposition sur une table dans la boutique, quelques croquis en noir et blanc des tableaux de Van Gogh. Une fois rentrée chez moi, j’ai commencé spontanément à colorier les croquis avec des couleurs imaginaires, qui ne correspondaient en rien à la réalité. Il y a eu des émotions et une sensation d’un besoin de poser les couleurs. Une couleur en appelait une autre et je complétais mon dessin comme on complète un puzzle. »

Le Matin d’Algérie : Pouvez-vous nous raconter votre expérience de l’exposition immersive Van Gogh à la Joliette ?

Marie-Noelle Melchionne : « Le jour où j’ai visité l’exposition immersive, j’ai d’abord pris connaissance du parcours de sa vie atypique. Puis, dans un recueillement particulier, je prenais contact avec la simplicité des toiles de Van Gogh et en même temps avec la puissance bouleversante de ses œuvres. Il y avait les tournesols, la chambre à coucher du peintre, quelques portraits et une très grande toile sur sa période asiatique. Ensuite, on entrait dans un immense hangar et on pouvait se détendre dans des chaises longues et s’abandonner entièrement à la peinture de Van Gogh projetée sur les quatre murs, le plafond et le sol, le tout en mouvement. Surgissaient alors une profusion de motifs et de couleurs magiques, surprenantes, qui nous envahissaient positivement. »

Le Matin d’Algérie : Comment se déroule pour vous le processus de création d’un tableau ?

Marie-Noelle Melchionne : « Lorsque je commence un tableau, il y a un léger croquis qui prend pour moi la forme d’une poésie et esquisse déjà la préparation des couleurs. Ensuite, dès que je saisis mes pinceaux, un calme et un apaisement intérieur s’installent ineffablement. Puis, dans l’enchevêtrement des couleurs, des émotions jaillissent et s’emportent. Il y a des tableaux calmes où la libération a une place importante, souvent à l’aquarelle, mais cette liberté se retrouve aussi dans l’expression de la peinture acrylique, comme si j’étais prise par une musique romantique très lyrique — peut-être du Schumann ou Chopin — et où commence ma danse intérieure. Là, des formes imaginaires, personnages ou petits animaux, fruits de mon inconscient, apparaissent dans le tableau. »

Le Matin d’Algérie : Vos deux premiers tableaux sont très différents : que représentent-ils pour vous ?

Marie-Noelle Melchionne : « Mon premier tableau, à l’aquarelle, représentait l’entrée du port d’Ajaccio. C’était ma première prise de contact avec cette technique. Mon intuition a été de travailler par aplats de couleurs brutes et spontanées, comme une musique néo-romantique plus épurée, glissant vers la modernité. Cette peinture se situe à la limite de l’art figuratif et de l’abstrait. Le deuxième tableau est réalisé à la peinture acrylique, une technique différente, où l’on joue avec une matière plus profonde et plus dense. Il s’agit d’un autoportrait multicolore, aux couleurs vives et imaginaires. J’ai choisi de commencer par un autoportrait parce que ma volonté, à travers la peinture, est de parler de mon moi intérieur et de me raconter. C’est peut-être plus facile pour moi de le faire par le dessin et par les couleurs que par la parole, car je suis habituellement d’un tempérament plus inhibé. Le caractère imaginaire des couleurs respecte chez moi une part ludique et renforce ce sentiment de liberté que m’apporte la peinture. »

Le Matin d’Algérie : Vous parlez de la peinture comme d’une thérapie. En quoi vous aide-t-elle ?

Marie-Noelle Melchionne : « La peinture me permet de traverser des épreuves personnelles que je préfère garder pour moi. C’est un espace de respiration, de reconstruction et de libération. Lorsque je peins, je peux déposer mes émotions et leur donner forme, couleur et rythme. Cela me permet de continuer à avancer malgré ce que la vie met sur mon chemin. »

Le Matin d’Algérie : Comment votre tempérament et votre parcours influencent-ils votre manière de peindre ?

Marie-Noelle Melchionne : « Ma rigueur intellectuelle, acquise en tant que professeure de grec et de latin, dialogue avec la liberté de la peinture. L’une structure, l’autre libère. Cette tension entre méthode et spontanéité crée mon équilibre et nourrit la singularité de mon travail. »

Le Matin d’Algérie : Quelle place occupe la musique dans votre vie et dans votre relation à la peinture ?

Marie-Noelle Melchionne : « La musique a toujours été pour moi le seul art, sans besoin de support, qui parle directement à l’âme. Mais dans la seconde partie de ma vie, je me découvre une véritable passion pour la peinture. Ce qu’il y a de particulier dans l’art pictural, c’est le travail avec les mains : on passe à l’action, on devient un artisan de l’image. Même si le toucher est aussi une dimension essentielle dans l’apprentissage d’un instrument de musique, la peinture engage le corps différemment.

Quant à savoir si, parfois, la musique classique romantique prend le pas sur la peinture, je ne saurais le dire moi-même. Je crois simplement être un personnage intrinsèquement romantique dans ma manière de vivre, et cela traverse naturellement tous les arts que j’aime. »

Le Matin d’Algérie : Quelle place occupe la figure féminine dans vos tableaux ?

Marie-Noelle Melchionne : « La femme est pour moi un refuge, car elle est à l’origine de l’homme et du monde. Elle est à la fois protectrice et fragile, parfois révélée dans sa nudité. Elle n’est jamais une femme objet. C’est la figure de la sensibilité et le fil conducteur de l’humanité. Elle interroge son rapport aux êtres masculins et pose la question de la vie, souvent fragile, et de la mort. »

Le Matin d’Algérie : Quelle place accordez-vous au choix des titres de vos tableaux ?

Marie-Noelle Melchionne : « Le titre qui s’attache aux tableaux est une manière de mieux comprendre les sentiments ou les sensations que je veux faire passer. C’est une sorte de commentaire explicatif. À d’autres moments, c’est une façon de m’inscrire dans le présent et dans la vie quotidienne, et parfois encore d’ouvrir une fenêtre sur l’avenir, de donner un fil conducteur aux prochains projets. »

Le Matin d’Algérie : Que souhaitez-vous que le spectateur ressente en regardant vos œuvres ?

Marie-Noelle Melchionne : « Ce que j’aimerais faire partager au spectateur, c’est le bonheur et la joie que j’ai mis à réaliser ces peintures. J’espère que mon plaisir à dessiner et peindre se manifeste à travers elles. Parfois, on peut aimer une peinture ou la détester, en avoir peur : l’essentiel est d’éprouver un sentiment fort vis-à-vis d’une œuvre artistique. Mais bien sûr, ce que j’aimerais également transmettre par mes peintures, ce sont des devises latines ou grecques : Carpe diem, « profite du moment présent » ; « Connais-toi toi-même » de Socrate ; ou encore « Deviens ce que tu es et sois ce que tu deviens ». Ces phrases accompagnent ma démarche et le sens que je veux donner à mon travail. »

Entretien réalisé par Djamal Guettala 

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La Pax Americana

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Donald Trump
Trump se conduit en roi du monde. Crédit photo : DR

Pour autant que Maduro serait un « dictateur », il appartenait à son peuple de le déloger du pouvoir et de le soumettre à la justice du Venezuela, Etat souverain. Aujourd’hui comme hier, nul n’a été mandaté (encore moins par le Conseil de sécurité de l‘ONU) pour accomplir ce forfait. Il est vrai que « l’Amérique » a habitué le monde avec ses frasques : Viêt-Nam, Irak…

William Blum, ayant gravité dans l’Administration américaine en qualité de haut fonctionnaire, expose dans son ouvrage « l’Etat voyou » les intérêts de cette administration, voire de certaines couches et individualités localisées et liées aux grandes sociétés pétrolières et au complexe militaro-industriel américain (1). Force est d’observer que cette même administration monopolise (pour combien de temps encore ?) la violence à l’échelle planétaire sous le couvert de «mondialisation» et agit de façon fort belliqueuse depuis 1945 afin de mettre toutes les économies considérées comme périphériques sinon à genoux, à tout le moins tournant autour de sa galaxie… 

Ainsi pour atteindre ses objectifs, l’auteur rappelle que l’Administration américaine a été l’auteur de bombardements du Japon (bombe A sur Hiroshima et Nagasaki) et du Vietnam (un million de morts et vingt ans de destruction de ce pays). Elle a utilisé de l’uranium appauvri (qui est radioactif) lors de la guerre du Golfe qui contribue encore à ce jour à la naissance d’enfants handicapés et qui meurent de cancers en Irak, ainsi que des bombes à fragmentation. Il est vrai hélas que l’Amérique s’est bâtie dès l’origine sur la violence : massacre des Amérindiens dont les survivants ont été parqués dans des réserves et traite des Noirs devenus depuis Afro-américains qui n’ont eu de cesse de se battre pour leurs droits civiques. Ils attendent toujours des excuses publiques de l’Etat et une juste réparation pour tous les préjudices subis.

Faut-il ainsi s’étonner de l’attitude de l’Etat fédéral étasunien de commettre, sous les yeux abasourdis et inaptes à réagir du monde (dont la Chine, la Russie…), le « rapt » de Maduro (président dont il appartenait au peuple vénézuélien, selon son bon droit, de le déchoir de son mandat et de le qualifier de « dictateur »). La force américaine, instrumentalisée par le pouvoir politique, repose sur son armée dont le budget annuel dépasse les 800 milliards de dollars (la Chine, en seconde position, y consacre quelques 200 milliards de dollars). L’impérialisme américain, nouvelle Rome, impose par d’apprentis César, sa paix « la pax americana » aux peuples dans l’intérêt de son complexe militaro-industriel et, en l’occurrence, particulièrement  les compagnies pétrolières américaines sachant que le Venezuela est présenté comme le premier pays par ses gigantesques ressources en pétrole.

Pour autant que l’Amérique et ses dirigeants se sentiraient obligés d’intervenir par la force dans le monde, encore faudrait-il exciper d’un quelconque mandant de l’Assemblée générale des Etats de l’ONU (et, à tout le moins, avec l’accord express du conseil de sécurité) et, selon le droit interne, encore faudrait-il l’aval du Congrès américain non consulté en l’espèce d’autant que cette hasardeuse opération est de nature à devenir un dangereux précédent pour l’équilibre du Monde. Il est vrai qu’à la suite de l’envahissement de l’Irak par l’Amérique, la Libye subit le même sort de la part de la France (indépendamment de ce que pensent les citoyens de ces deux pays de leurs dirigeants qui n’étaient pas forcément adulés, pas plus d’ailleurs que les dirigeants américains par leurs concitoyens au nom de valeurs démocratiques). Ce qui d’évidence ne pourrait qu’être en parfaite contradiction avec les principes du droit international devenu au fil du temps une passoire et faisant l’objet de moult transgressions par cette même Amérique.

Ainsi, le fait le plus emblématique, le cas de l’Irak. Quel que soit le sentiment éprouvé par les Irakiens eux-mêmes à l’endroit de Saddam Hussein, l’Irak a subi un assaut furieux sur la base d’un mensonge éhonté d’Etat, sans aucune inquiétude d’une quelconque Cour pénale internationale.

Les Etats-Unis sont pour quelque chose dans le chaos du monde alors même que la chute du nazisme préfigurait enfin l’émergence d’un monde libre et multipolaire où pouvait régner l’espoir d’une vie meilleure, expurgée de la violence et facilitée par l’accès pour tous à l’école, le travail, le logement, la santé… à un moment où la Terre (petit point dans le vaste Univers) est gravement menacée comme ne cessent d’en aviser les experts en écologie. 

D’autres exemples de ce que l’Administration américaine considère sans doute comme son arrière-cour faisant fi de leur souveraineté : les pays d’Amérique latine. Selon le New York Times cité par « La Presse » du 04/12/2026 voici quelques exemples de changements de régime par la force en Amérique latine. En 1898, à Cuba, la guerre hispano-américaine de 1898 a donné lieu à plusieurs interventions américaines en Amérique latine, en particulier à Cuba. En 1912, au Nicaragua qui était en révolte contre son président de droite et pro-américain lorsque les Marines débarquèrent dans le pays dans le but déclaré de protéger les actifs américains. En 1914, au Mexique qui était en proie à des convulsions politiques fomentées par son voisin du Nord. L’année précédente, les États-Unis avaient orchestré un coup d’État pour renverser un président mexicain au profit d’un remplaçant plus pro-américain…

En 1915, à Haïti, après l’assassinat du président haïtien Vilbrun Guillaume Sam (qui venait de faire exécuter 167 prisonniers politiques), le président Wilson fit débarquer les Marines dans le pays (..). Or, l’instabilité avait été empirée par les actions des États-Unis, comme la saisie des réserves d’or haïtiennes pour rembourser ses dettes. En 1915, au Mexique, les États-Unis s’étaient retournés contre Pancho Villa… et fournissaient le transport ferroviaire aux forces anti-Villa. En 1983, à Grenade, les États-Unis ont accusé le gouvernement de la Grenade – petit pays insulaire au large du Venezuela – de construire un aéroport qui permettrait à l’URSS de projeter sa puissance dans la région. En 1989, au Panamá, le général Manuel Noriega, chef militaire du Panamá, entretenait des liens de longue date avec George H. W. Bush, qui allait être élu président. Des années 1960 aux années 1980, les États-Unis ont payé Noriega pour qu’il nuise aux sandinistes au Nicaragua et aux révolutionnaires du Front Farabundo Martí de libération nationale au Salvador. En 1994, à Haïti, soixante ans après leur première intervention en Haïti, les Marines sont revenus après que le président Bill Clinton eut ordonné à l’armée américaine de rétablir le président Jean-Bertrand Aristide qui avait été démocratiquement élu puis rapidement renversé (4). 

Et, pour autant, que cette Amérique (en réalité son Administration gouvernante) se sentirait l’âme de gendarme du monde, pourrait-elle se permettre une incursion en Chine et en Russie par exemple ? Pourrait-elle empêcher ces pays, qui se sentiraient légitimés par l’exemple américain, de perpétrer à leur tour « rapt » et autres incursions dans les pays limitrophes ? Dans ces conditions, que ne se chargerait-elle de régler la question palestinienne ? En effet, plus que jamais, la cruelle actualité interpelle la conscience humaine quant à la récurrence de cette question. L’Amérique n’y voit-elle pas un peuple privé de sa terre natale ? On y observe plutôt l’appui militaire, diplomatique et économique des pays les plus en vue de l’Occident dont les Etats-Unis d’Amérique à l’adversité installée depuis 1948, le martyr palestinien ayant commencé le 2 novembre 1917. Un certain Arthur Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères s’il en fut qui, dans une lettre ouverte, a pu écrire : «Le gouvernement de Sa Majesté voit favorablement l´établissement d´un foyer national juif en Palestine». La « Perfide Albion » ! Ce, à un moment où l’ONU adopta la résolution 181 partageant la Palestine en un État juif (56% des territoires pour seulement un tiers des habitants Juifs et le reste -48% des terres- pour les deux tiers d’habitants arabes), avec un statut international pour Jérusalem. Pour les Palestiniens, ce fut la Naqba, la catastrophe. C‘est la destruction de leur société et de leurs villages suivie de l´exil de la grande majorité de la population. 

Et pourtant en Palestine, et ailleurs dans les pays arabes du Machrèk comme du Maghreb, la communauté juive vivait paisiblement avec les Arabes de façon générale et les Palestiniens de façon particulière (les Juifs ont été accueillis en terre d’Islam après leur expulsion par Isabelle la Catholique. La guerre de 1948 a entraîné 800.000 expulsés (plus de la moitié de la population arabe de Palestine) et des villages entiers ont été effacés de la carte de la Palestine (plus de 500). Ceux qui ont pu échapper à l’expulsion vivent aujourd´hui avec leurs descendants une colonisation condamnée par les instances internationales comme par les Etats.

Tout comme les peuples d’Amérique latine et du Proche-Orient (Irak notamment), le peuple palestinien continue de souffrir le martyr du fait du sentiment de culpabilité des pays occidentaux sur lesquels un magistère moral est exercé en permanence par des groupes de pression à un moment où l’Amérique prodigue une énorme aide de toutes natures à son protégé sacré gendarme du Proche-Orient (chaque année quelque cinq milliards de dollars) et autres livraisons d´armes avec appui diplomatique garanti inconditionnellement, ainsi qu’une impunité absolue dénoncée pourtant à partir des territoires occupés. Ainsi, Ilan Pappé, dont l’un des ouvrages est paru sous le titre : «Le Nettoyage ethnique de la Palestine» ne manque pas de le souligner : «Quand la propagande israélienne répète inlassablement que «les Arabes sont partis d´eux-mêmes» à l´appel de leurs dirigeants, il s´agit d´un mensonge fondateur destiné à masquer le crime qui s´est déroulé, il y a 60 ans» (2).

Certains journalistes ne sont pas en reste ; l’un d’eux écrit: «Deïr Yassin, c´est ce paisible village que les groupes juifs terroristes Etzel et Lehi avaient attaqué, le 9 avril 1948, en massacrant toute la population : hommes, femmes et enfants. Je ne rappellerai pas ici l´histoire sanglante des oreilles tranchées, des entrailles répandues, des femmes violées, des hommes brûlés vifs, des corps jetés dans une carrière, ni la parade triomphale des meurtriers» (3). Et que dire alors de Sabra et Chatila ? De l’invasion du Liban et des massacres actuels de la population palestinienne de Ghaza (enfants, femmes et vieillards…) ? Alors comment faire la paix dans le monde ? En devenant le gendarme du monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale ? En ignorant, avec arrogance, les principes de ce qui reste du droit international ? En imposant une pax americana ? Sous le coup de boutoir  des « opérations » irakienne, libyenne, vénézuélienne…, l’ordre international qui se dessine ne prête guère  à l’optimisme. Faut-il s’attendre à d’autres « rapts » qui auraient pour théatre la Chine, la Russie, l’Iran… hors Amérique latine ? Prélude à une troisième guerre mondiale ? 

Ammar Koroghli 

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Notes

1/ William Blum : L’Etat voyou, éditions Parangon, cité dans ma contribution : «L’Irak : les leçons d’une agression» in El Watan du 6 avril 2008

2/ Ilan Pappé : Le Nettoyage ethnique de la Palestine (Ed. Fayard, Paris).

3/ Israël Shamir: Les chasseurs de vampires Jaffa, le 14 mars 2001 (cité par L’Expression du 12 Mai 2008).

4/https://www.lapresse.ca/international/2026-01-03/petite-histoire-des-interventions-americaines-en-amerique-latine.php

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Des espèces pour une espèce endémique !

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Dès le début des années 80, avec l’explosion des bourses d’État et des entreprises nationales, j’avais connu une arrivée massive d’étudiants algériens. Je me souviens que la très grande majorité d’entre eux choisissent des thématiques caricaturales pour des Algériens biberonnés aux discours de l’époque des grands projets industriels. 

Pour leur mémoire de Master (un nom différent à l’époque, DEA ou DESS) et de leur doctorat, les sujets stars étaient tous des dérivations de la question de « l’industrie industrialisante », le fantasme hérité de la période de notre brave colonel Boumédienne, ou de celle de « l’économie informelle ». 

Le premier (et ses dérivations) était choisi par le fait qu’il était le fruit d’une immersion dans une propagande à la coréenne. Et que peut produire un esprit plongé dans une propagande sinon celui de la glorification de l’économie algérienne qu’on savait être aussi corrompue que le diable. Et d’ailleurs, avaient-ils d’autres points d’appuis dans leur réflexion ? (Ce n’est pas insultant, c’est le rappel d’un fait).

Le second, « l’économie informelle », était également le produit d’un matraquage de l’esprit par un régime qui voulait montrer sa détermination à lutter contre les détournements et la corruption. Les étudiants ne prenaient aucun risque à s’aventurer dans une accusation par son étude économique puisque c’était une démarche de l’État algérien.

Ce que les corrompus maîtrisent le mieux, ce sont les mécanismes de détournement. Et lorsqu’on sait qui atteint les sommets du pouvoir de la décision réglementaire ou législative à propos de l’économie informelle, on peut se douter combien les dispositifs de lutte contre les dérives ont été pléthoriques. 

Le menteur et le dissimulateur sont toujours ceux qui parlent le plus et le mieux d’un sujet pour noyer la réalité de leur participation au mensonge et au vol par un bruit fracassant.

Et quoi de plus significatif de l’identification de l’économie informelle que les transactions en espèces (l’expression « en liquide » employée en usage est inappropriée) ?

Près d’un demi-siècle après, les paiements en espèces pour les transactions commerciales et également pour l’alimentation des comptes bancaires professionnels n’ont jamais cessé. Et cela malgré la tonne de dispositifs réglementaires et législatifs que je viens de rappeler.

L’État Algérien vient de prendre une disposition légale pour autoriser les dépôts dans les comptes professionnels…. en espèces ! C’est cocasse, non ?

Voici une des formulations de relais du communiqué que j’ai repris dans la presse algérienne, elle résume bien l’information :

L’alimentation des comptes commerciaux a fait l’objet d’une nouvelle note de la Banque d’Algérie (BA), la troisième en moins de deux semaines. Après avoir accordé un délai d’un mois pour la fin du cash (jusqu’à fin janvier 2026), la BA a rendu publique, lundi, une nouvelle note aux banques autorisant l’alimentation des comptes commerciaux par les moyens de paiement scripturaux, ou par versement d’espèces à hauteur du chiffre d’affaires quotidien et/ou hebdomadaire.

«Conformément aux prescriptions législatives et réglementaires en vigueur, les mesures de vigilance à l’égard de la clientèle doivent être observées comme par le passé (avant la note N 02/DGIG/2025, du 22 décembre 2025)», indique la note en question. «L’alimentation des comptes commerciaux peut s’opérer par les moyens de paiement scripturaux ou par versement d’espèces à concours du chiffre d’affaires quotidien et/ou hebdomadaire», précise la même source. 

Aussi, «les opérations de la clientèle doivent être en adéquation avec le profil du client et en cohérence avec les informations que la banque détient à son sujet», indique cette note, qui «annule et remplace la note N 02/DGIG/2025, du 22 décembre 2025».

Avez-vous remarqué le nombre de références légales dans ce communiqué ? C’est impressionnant combien un régime autoritaire et corrompu veut se parer d’un habillage juridique. Il n’en n’a pourtant pas besoin tant il a la force de dissuasion, par la terreur et le niveau déplorable de l’enseignement qu’il a voulu être à son service.

Vous avez aussi remarqué une disposition qui représente plus une supercherie qu’un garde-fou solide contre la corruption. La limite du dépôt ne doit pas être supérieure au chiffre d’affaires. Chacun a compris que le dépôt en espèces ne doit pas être supérieur aux revenus par les ventes (ou les prestations), ce qui serait l’aveu flagrant d’une dissimulation.

C’est risible lorsqu’on sait que le chiffre d’affaires est normalement décompté à partir d’une facturation conforme aux règles d’une comptabilité légale dans sa forme. Risible car l’économie informelle est justement la manipulation du chiffrage comptable par une absence de facturation ou de sa fausseté. 

En fait on revient aux années 1980, l’Algérie lutte contre un fléau en instaurant les conditions d’un fléau. Mais comme les systèmes corrompus ont cette habitude de nous noyer avec des explications très « savantes », voici ce qui semble être la cause de ce revirement vers une corruption devenue légale.

La première précaution que prennent les autorités est de mettre en avant les difficultés que rencontrent les dispositifs de paiements électroniques qui ont de plus en plus de mal à suivre l’évolution économique.

L’économie a du mal à être irriguée par des flux d’argent nécessaires à son cycle, source de sa  croissance. Le numérique ne permettrait pas encore son efficacité espérée. C’est donc un esprit charitable et de bonne gestion économique que vouloir aider les petits car ils sont faibles mais indispensables.

La belle affaire, la dimension contre la fraude fiscale et la corruption est  toute autre que la chasse aux petits. Certes, les grands fleuves sont alimentés par les petits ruisseaux mais les grands barrages de rétention d’eau ne sont pas au niveau des petits cours d’eau.

La fraude fiscale et les détournements sont massifs dans les gros contrats avec le système public, parfois faramineux, et surtout avec les entreprises et organismes étrangers. Et qui est au cœur de cette vaste escroquerie ? Ceux qui commandent des règlements et des lois aux juristes et administrations aux ordres.

Elle est terminée depuis très longtemps, cette époque des valises bourrées de grosses coupures et un bakchich aux douaniers. Les systèmes de fraude fiscale et de corruption sont, dans leurs montants générés, d’une dimension stratosphérique en comparaison avec ceux des comptes professionnels alimentés par le chiffre d’affaires des petites et moyennes entreprises. 

La modification des billets par l’apparition d’un montant facial plus  important a été déjà opérée par le régime algérien dans une lointaine époque où il voulait rendre inopérants les stocks d’espèces détenus par les commerçants et les particuliers. 

Nous avions assisté à un raz-de-marée dans les files des agences bancaires pour un change immédiat, la sanction était considérée comme minime par rapport à un risque de perte total. D’ailleurs, mon souvenir est lointain pour ce détail, les autorités avaient-elles accordé une impunité à ceux qui le faisait ? (à vérifier). 

Nous disions même, avec humour, que la production algérienne de couffins, de valises et de sacs ne suivra pas.

La différence, messieurs les experts de la production en nombre astronomiques de règlements, de lois et de paroles savantes, est qu’il y avait encore à cette époque l’existence d’une très grande masse d’illettrés ou de peu d’instruction.

Ah, j’allais oublier de faire un coucou à nos anciens camarades étudiants, spécialistes de l’économie informelle. Il est temps de terminer vos travaux de recherche depuis les années 80’. Ou alors, si c’est le cas, je suis ravi pour vous que vous les mettiez au service de ceux qui vous emploient. 

Que c’est beau les études !

Boumediene Sid Lakhdar

PS : J’espère que le lecteur a compris que cette plaisanterie sournoise ne fait pas allusion aux nombreux autres qui nous ont rendus fiers par la haute compétence qu’ils ont acquise dans ces années-là.

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Défense, frontières et sécurité intérieure : le Haut Conseil de sécurité réuni

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le Haut Conseil de sécurité réuni autour du bilan 2025
Le Haut Conseil de sécurité réuni autour du bilan 2025

Le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a présidé, jeudi, une réunion du Haut Conseil de sécurité, a indiqué un communiqué de la Présidence de la République.

Selon la même source, la réunion a porté sur le bilan de l’année 2025 et l’examen des perspectives pour l’année 2026 en matière de défense nationale, de situation aux frontières avec les pays voisins et de sécurité générale à l’intérieur du pays.

Ont pris part à cette réunion les chefs des différents corps de sécurité, ainsi que plusieurs hauts responsables de l’État, dont le Premier ministre, Sifi Ghrieb, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales, de l’Aménagement du territoire et des Transports, Saïd Sayoud, le chef de Cabinet du président de la République, Boualem Boualem, ainsi que le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire et ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, le général d’armée Saïd Chengriha.

La présence de ce dernier est à relever, dans la mesure où il n’avait pas assisté à la dernière réunion du Conseil des ministres ni au discours à la Nation prononcé par le président de la République devant les deux chambres du Parlement.

Le communiqué ne précise pas les conclusions ou décisions issues de cette réunion.

La rédaction

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Mise en garde contre les publications subversives en ligne appelant à une grève des commerçants 

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Hacker.
En plus de la rue, des médias, la surveillance de la toile est de rigueur en Algérie.

 L’Autorité nationale pour la prévention et la lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication a mis en garde, dans un communiqué publié mercredi, contre des messages subversifs diffusés sur les réseaux sociaux par des individus étrangers connus pour leur hostilité envers l’Algérie, visant à inciter les commerçants à faire grève jeudi afin de déstabiliser le pays.

Le communiqué explique qu’« à la suite d’enquêtes techniques menées par ses services compétents, l’Autorité informe le public de la publication sur Internet de publications à caractère subversif, via des pages et des comptes sur les réseaux sociaux, appartenant à des personnes résidant à l’étranger, notamment au Maroc, en France, en Grande-Bretagne et au Canada, connues pour leur hostilité envers l’Algérie et ses institutions, afin d’inciter les commerçants algériens à faire grève le jeudi 8 janvier 2026, dans le but de déstabiliser le pays. 

APS

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APS : chronique d’un aplaventrisme institutionnel

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APS

Il fut un temps où une agence de presse servait à informer. Un temps ancien, presque folklorique, où l’on distinguait encore la dépêche du pamphlet, le fait du sermon, la mission publique de la ferveur partisane. Ce temps semble révolu.

Car voilà qu’une agence supposée neutre s’est récemment découverte une vocation nouvelle: celle de procureur politique, distribuant les brevets de patriotisme, les certificats de loyauté et les promesses de poubelle historique comme on distribue des communiqués.

Le texte est présenté comme une chronique. L’étiquette est commode. Elle permet toutes les audaces tout en évitant une responsabilité essentielle: nommer clairement. On attaque donc un parti sans le citer, on le décrit lourdement, on l’accuse abondamment, mais on se garde bien de l’identifier noir sur blanc. Le courage éditorial s’arrête toujours juste avant la signature.

Qu’on se comprenne bien. Je n’ai aucune affinité politique, idéologique ou affective avec ce parti. Aucune. Mais précisément pour cette raison, je me permets une remarque simple: quand une agence de presse attaque, la critique n’est pas légitime. Elle ne peut pas l’être. Non par principe moral, mais par principe fonctionnel.

Une agence de presse n’est ni un parti, ni un tribunal, ni un chroniqueur de café du commerce. Elle n’a pas à choisir ses ennemis. Elle a à produire des faits. Le reste relève du journalisme d’opinion, parfaitement respectable… ailleurs.

Ce qui est fascinant, presque comique, c’est l’effet inverse de celui recherché. À force de marteler, de désigner, de dramatiser, on finit par offrir une publicité gratuite à un parti dont une large partie des Algériens s’est déjà détachée, parfois sans bruit, parfois sans nostalgie. Là où l’usure faisait son œuvre, la mise en scène la ressuscite. Là où l’indifférence gagnait, la surenchère réveille.

Et c’est ici que la question devient sérieuse. Car cette stratégie de boulonnage discursif, cette obsession à recréer un ennemi intérieur bien identifié, bien caricaturé, bien chargé émotionnellement, n’est pas sans précédent dans notre histoire récente. On sait comment ces récits commencent. On sait surtout comment ils finissent.

À quoi joue-t-on exactement ? À éclairer le débat public ? Permettez d’en douter. Ou à réactiver des lignes de fracture que le pays a payées au prix fort ?

Le plus troublant reste le silence sélectif. Là où certains sujets internationaux brûlants exigeraient clarté et courage, l’agence se fait soudain discrète, prudente, muette. Mais quand il s’agit de frapper à l’intérieur, la plume devient hardie, morale, prophétique. Le courage éditorial, décidément, a ses géographies.

À ce stade, il faut bien appeler les choses par leur nom. Algérie Presse Service ne renseigne plus toujours. Elle oriente. Elle n’explique pas. Elle prescrit. Elle ne rapporte pas. Elle plaide.

D’où cette nouvelle lecture de l’acronyme, non officielle mais terriblement exacte:

A pour Aplaventrisme

P pour Paillasson

S pour Soumission

Ce n’est pas une insulte. C’est un diagnostic.

Une agence publique qui milite cesse d’être un outil d’information. Elle devient un instrument narratif. Et l’histoire, elle, n’a jamais été tendre avec ceux qui ont confondu la plume avec le bâton.

La question finale n’est donc pas celle d’un parti. Elle est celle de la responsabilité institutionnelle. Veut-on informer une société adulte, ou la guider par la peur et la désignation ? Veut-on apaiser un pays fatigué, ou jouer à nouveau avec les braises ?

L’Algérie mérite mieux qu’une agence qui applaudit quand on attend qu’elle éclaire.

Zaim Gharnati

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