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Colonialisme français : le Sénat adopte le texte sans indemnisation ni excuses officielles

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Sénat
Le Conseil de la nation détricote le projetxde loi de criminalisation du colonialisme. Crédit photo : DR

Les membres du Conseil de la nation ont rejeté, ce jeudi, treize articles du projet de loi portant criminalisation du colonialisme français en Algérie.

Les dispositions concernées figurent parmi les plus sensibles du texte, notamment celles relatives aux questions de réparation et d’excuses officielles.

Les articles écartés sont les articles 1, 5, 7, 9, 10, 15, 16, 17, 18, 20, 21, 25 et 26. Selon la commission de la défense nationale, ces dispositions ne s’inscrivent pas dans l’orientation politique actuellement retenue par les autorités publiques.

La commission a justifié sa position par la nécessité de se conformer à la ligne nationale définie par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, laquelle privilégie la revendication de la reconnaissance des crimes coloniaux, sans lier cette démarche à des exigences de réparations financières ou de demandes d’excuses formelles.

Conformément aux dispositions de l’article 154, alinéa 6, de la Constitution, les articles faisant l’objet de divergences seront soumis à une commission mixte paritaire composée de représentants de l’Assemblée populaire nationale et du Conseil de la nation. Cette instance aura pour mission de proposer une nouvelle formulation des dispositions contestées.

Le texte révisé devra ensuite être soumis à l’approbation d’une commission paritaire constituée d’élus des deux chambres du Parlement dans les prochains jours, afin de trancher définitivement les points de désaccord entourant ce projet de loi à forte portée mémorielle et politique.

Samia Naït Iqbal

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Gendarmerie nationale : le général Sid Ahmed Bouremana confirmé après le limogeage inexpliqué de son prédécesseur 

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Le général Sid Ahmed Bouromana

La publication du Journal officiel de la République algérienne (JORA) n°04 du 18 janvier 2026 a officiellement confirmé le général Sid Ahmed Bouremana au poste de Commandant de la Gendarmerie nationale. Le décret présidentiel, daté du 7 janvier 2026, met fin à l’intérim qu’il assurait depuis avril 2025, à la suite du limogeage du général Yahia Ali Oulhadj.

Cette confirmation tardive, bien que juridiquement attendue, ne dissipe pas les zones d’ombre entourant le départ de son prédécesseur, intervenu sans explication publique. À l’époque, aucune communication officielle n’avait précisé les motifs de cette éviction, laissant place à diverses interprétations au sein des cercles sécuritaires.

Sur le plan réglementaire, la transition s’est opérée en deux étapes. Le général Bouremana avait d’abord été désigné commandant par intérim par décret présidentiel du 18 mai 2025, publié au JORA n°30 de 2025, avec effet rétroactif au 19 avril 2025. Le décret de janvier 2026 consacre désormais sa nomination définitive et lui confère l’autorité pleine à la tête de ce corps stratégique.

Le choix de ce profil traduit, en apparence, une orientation assumée vers des compétences techniques. Ingénieur d’État en électrotechnique, formé à l’École militaire polytechnique, le général Bouremana est titulaire d’un master en imagerie légale obtenu au Royaume-Uni. Il a dirigé l’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) entre 2014 et 2021 et occupait, avant l’intérim, le poste de chef d’état-major du commandement.

Sa confirmation intervient dans un contexte sécuritaire régional marqué par la persistance des menaces transfrontalières et l’essor de la criminalité numérique. Deux priorités se dégagent : rétablir la cohésion interne après une transition conduite sans clarification publique et renforcer l’adaptation technologique de la #  # #Gendarmerie nationale face aux nouvelles formes de criminalité.

En filigrane, cette nomination s’inscrit dans une recomposition plus large de la haute hiérarchie sécuritaire, caractérisée par des changements opérés dans une grande discrétion institutionnelle. Une stabilité formelle est désormais actée, sans que les conditions du précédent départ n’aient été éclaircies. Pour autant, il faut souligner que le pouvoir n’a pas pour habitude d’expliquer les recompositions en son sein. Loin de la.

La rédaction

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Ligue des champions : face à Liverpool, Marseille chute lourdement

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Liverpool
Liverpool balaye Marseille au Vélodrome.

Le Vélodrome espérait une nuit européenne. Il n’a eu droit qu’à une leçon. Battu sèchement à domicile par Liverpool (0-3), l’Olympique de Marseille a livré une prestation insuffisante, révélatrice de ses limites face à une équipe rompue à ce niveau d’exigence. La qualification se jouera désormais lors de la dernière journée, dans un climat d’urgence.

Liverpool a frappé au moment où Marseille croyait encore tenir. Juste avant la pause, Dominik Szoboszlai a ouvert le score (45+1’), sanctionnant une séquence de domination anglaise et le manque de vigilance marseillais. Un coup dur, autant mental que tactique.

Au retour des vestiaires, l’OM n’a jamais réellement inversé la dynamique. Sous pression constante, la défense a fini par craquer une seconde fois sur un but contre son camp de Gerónimo Rulli (72’), symbole d’une soirée où rien ne tournait en faveur des Marseillais.

Le scénario s’est définitivement refermé dans le temps additionnel. Cody Gakpo a inscrit le troisième but (90+3’), scellant une victoire nette de Liverpool et une défaite lourde de conséquences pour Marseille.

La qualification reste possible, mais elle passera par un dernier match sans droit à l’erreur. À ce niveau, les détails font la différence. Et mercredi soir, ils ont tous tourné contre l’OM.

Djamal Guettala 

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L’accord UE-Mercosur suspendu : LFI frappe un grand coup au Parlement européen

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LFI
Les élus de LFI autour de Jean-Luc Mélenchon. Crédit photo : LFI

C’est une victoire politique majeure pour La France insoumise et ses députés européens. La résolution portée par Manon Aubry a été adoptée cette semaine au Parlement européen, ouvrant la voie à la suspension immédiate de l’accord de libre-échange UE-Mercosur. Ce vote, salué sans détour par Jean‑Luc Mélenchon, montre que la mobilisation politique peut encore changer la donne à Bruxelles.

Dans son post officiel, Jean-Luc Mélenchon s’est réjoui : « Victoire ! L’accord UE-Mercosur va pouvoir être suspendu grâce à la résolution insoumise adoptée aujourd’hui au Parlement européen ! La Commission européenne déclare déjà “regretter le vote”. Il va pourtant bien falloir le respecter, Mme Von der Leyen ! » Son message, relayé sur les réseaux sociaux, met en lumière le ton combatif et direct de LFI, déterminée à défendre la planète et les droits humains contre les accords commerciaux jugés destructeurs.

La résolution ne se limite pas à un geste symbolique. Elle invite la Cour européenne de justice à examiner la conformité de l’accord avec le droit européen, en particulier sur la protection de l’environnement et les normes sociales. Pour LFI, le Mercosur, tel qu’il était conçu, aurait aggravé la déforestation en Amazonie, favorisé des pratiques agricoles non durables et mis en danger les droits des travailleurs. Manon Aubry a insisté sur le fait que l’Europe ne peut pas se contenter de discours écologiques ou sociaux tout en signant des traités qui les contredisent.

Au-delà de l’impact environnemental et social, le vote est une victoire stratégique pour LFI. Il démontre que le parti peut influencer le cours des décisions européennes, souvent perçues comme lointaines et technocratiques. La suspension de l’accord envoie un signal clair aux gouvernements et aux multinationales : les traités de libre-échange ne sont pas au-dessus des citoyens.

Pour Jean-Luc Mélenchon et LFI, cette étape confirme que l’Europe peut être un outil au service de l’intérêt général, et non seulement un marché ouvert aux lobbies. Le message est clair : la politique se joue dans l’action concrète et la vigilance citoyenne, et non derrière des portes closes à Bruxelles.

La Commission européenne a exprimé son regret, mais elle devra désormais respecter le vote, démontrant que la pression parlementaire peut imposer une pause pour réexaminer les conséquences économiques, sociales et environnementales d’un accord international.

Cette décision illustre également l’efficacité de la stratégie insoumise : mobiliser le Parlement européen pour protéger la planète, les droits humains et la souveraineté économique, tout en envoyant un message fort aux électeurs et à la Commission européenne.

Pour LFI, ce vote est un signal d’alerte pour l’Europe, rappelant que les intérêts financiers ne peuvent pas primer sur les droits fondamentaux et l’avenir collectif. La suspension du Mercosur marque une victoire politique et symbolique, une preuve que l’action politique et la mobilisation citoyenne peuvent encore faire pencher la balance dans un cadre européen souvent jugé verrouillé.

Djamal Guettala 

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Conseil de la nation : adoption du Code de la route avec réserves sur 11 articles

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Accident de la route.
Les accidents de la route font des dizaines de morts chaque semaine en Algérie. Crédit photo : DR

Le Conseil de la nation a adopté, mercredi 21 janvier 2026, le projet de loi relatif au Code de la route, tout en émettant des réserves sur onze de ses dispositions. Le texte a été approuvé à l’unanimité des membres présents, avec la non-validation, en l’état, des articles 104, 119, 121, 124, 125, 127, 128, 129, 161, 166 et 170.

Ces réserves, formulées par la commission de l’équipement et du développement local, portent principalement sur certaines sanctions jugées excessives ou insuffisamment précisées. La commission a estimé que plusieurs dispositions méritaient d’être revues afin de mieux s’inscrire dans les orientations des pouvoirs publics en matière de modernisation de la politique pénale et de rationalisation du recours aux peines privatives de liberté.

À l’issue du vote, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a indiqué que le nouveau Code de la route vise à renforcer la protection des usagers et de leurs biens, à travers une approche combinant prévention et dissuasion. Il a également exprimé la disponibilité du gouvernement à prendre en compte les recommandations formulées par la commission parlementaire.

Le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, a pour sa part précisé que la non-adoption de certains articles s’inscrit dans le cadre normal du travail législatif. Les dispositions concernées feront l’objet d’un examen au sein de la commission mixte paritaire, avant d’être soumises de nouveau aux deux chambres du Parlement dans une version révisée.

Lors de la même séance, les membres du Conseil de la nation ont adopté à l’unanimité le projet de loi fixant les règles générales relatives aux services de confiance pour les transactions électroniques et à l’identification électronique. Le texte établit un cadre juridique destiné à sécuriser les échanges numériques et à renforcer la valeur probante des documents et signatures électroniques.

Intervenant après l’adoption du texte, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerouki,  a souligné que cette loi constitue une étape structurante dans le processus de transformation numérique, en favorisant la sécurisation des transactions, la confiance numérique et le développement des services en ligne.

La commission parlementaire a toutefois recommandé l’accompagnement de ce dispositif par un plan national de formation et de sensibilisation, ainsi que par un renforcement de la gouvernance et de la cybersécurité, afin d’assurer une mise en œuvre effective et cohérente de ce nouveau cadre légal.

La rédaction 

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​États-Unis : suspension des visas d’immigrant pour 75 nations dont l’Algérie 

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Visa

​Par une directive du Département d’État entrée en vigueur ce 21 janvier 2026, l’administration américaine suspend sine die la délivrance de visas d’immigrant pour les ressortissants de 75 pays dont l’Algérie.

Cette mesure, justifiée par des impératifs de politique intérieure, marque un tournant restrictif dans la gestion des flux migratoires légaux.

Le paysage de l’immigration légale vers les États-Unis connaît un bouleversement majeur. Le Bureau des affaires consulaires du Département d’État a officialisé la mise en œuvre d’une suspension indéfinie du traitement des demandes de visas d’immigrant (résidence permanente) ciblant une liste de 75 pays.

Cette décision, annoncée initialement le 14 janvier, prend effet ce mercredi. ​Le fondement juridique et administratif de cette suspension repose sur une réinterprétation stricte de la notion de «charge publique» (public charge). Selon les communications officielles du gouvernement, les pays figurant sur cette liste ont été identifiés sur la base de critères statistiques liés au risque de dépendance de leurs ressortissants aux aides sociales américaines une fois installés sur le territoire.

L’objectif affiché par l’exécutif est de garantir que les futurs résidents permanents disposent de l’autonomie financière nécessaire pour ne pas peser sur les finances publiques.

Géographie d’une mesure globale

La liste des 75 pays concernés couvre une vaste zone géographique, touchant principalement l’Afrique, l’Asie du Sud-Est et l’Amérique latine.

​Afrique : Algérie, Cameroun, Égypte, Éthiopie, Ghana, Maroc, Nigeria, République démocratique du Congo, Sénégal, Somalie, Tunisie, etc.

​Amérique Latine/Caraïbes : Brésil, Colombie, Cuba, Haïti, Jamaïque, Uruguay, etc.

​Asie/Moyen-Orient : Afghanistan, Bangladesh, Iran, Irak, Liban, Pakistan, Russie, Thaïlande, Vietnam, etc.

​Le Département d’État a précisé que cette suspension restera en place le temps qu’une révision complète des politiques et procédures de filtrage soit effectuée.

Portée et exceptions de la directive

​Il est crucial de noter que cette suspension est spécifique aux visas d’immigrant. À ce stade, les catégories suivantes ne sont pas visées par la restriction : Visas de non-immigrant : Les visas de tourisme (B1/B2), les visas d’étudiant (F-1) et les visas de travail temporaires restent, en théorie, soumis aux procédures habituelles.

Certaines dérogations peuvent être accordées au cas par cas pour des raisons d’intérêt national ou humanitaire urgent.

Cette décision provoque déjà des remous au sein de la communauté internationale et des organisations de défense des droits humains, qui y voient un frein brutal à la réunification familiale et à la diversité migratoire.

Pour les analystes, cette pause indéfinie est présentée par Washington comme une période de transition nécessaire pour « réviser les mécanismes de filtrage et d’audit » des dossiers.
​L’impact à long terme sur les relations diplomatiques avec les 75 pays concernés reste, pour l’heure, l’une des principales inconnues de cette nouvelle orientation de la politique étrangère américaine.

La rédaction

# ​Lien direct (source gouvernementale) : Immigrant Visa Processing Updates for Nationalities at High Risk of Public Benefits Usage – travel.state.gov

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Match Algérie-Nigeria : la FAF lourdement sanctionnée par la CAF

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Les Verts
L'équipe nationale. Crédit photo : DR

Le quart de finale de la CAN entre l’Algérie et le Nigeria, qui s’est soldé par l’élimination des Fennecs (2-0), avait dégénéré après le coup de sifflet final. La situation avait été si tendue que l’arbitre avait dû être escorté par la sécurité du stade pour quitter le terrain, tandis que Rafik Belghali avait poursuivi le corps arbitral jusque dans les couloirs.

Dans sa décision, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF) a dressé un constat sévère des dérives ayant émaillé cette rencontre, mettant en cause aussi bien certains joueurs que les officiels et les supporters algériens. Le gardien Luca Zidane a ainsi été suspendu pour deux matchs, tandis que le défenseur Rafik Belghali écope de quatre matchs de suspension, dont deux avec sursis, des sanctions qui pèseront lourdement sur les éliminatoires de la CAN 2027.

Mais c’est surtout la longue liste d’amendes infligées à la FAF qui retient l’attention. Entre la conduite jugée incorrecte de l’équipe nationale, le comportement inapproprié de joueurs et d’officiels après le coup de sifflet final, l’usage de fumigènes, les jets d’objets, les manquements aux dispositifs de sécurité et les gestes offensants de certains supporters envers les arbitres — notamment l’affichage provocateur de billets de banque —, la facture globale atteint un niveau révélateur d’un grave manque de discipline et de contrôle.

100 000 dollars d’amende contre la FAF

Ces sanctions, qui totalisent plusieurs dizaines de milliers de dollars (100 000 dollars), renvoient l’image d’une fédération dépassée par les événements, incapable d’anticiper et de maîtriser les débordements tant sur le terrain qu’en tribunes. Dans le détail, la FAF écope d’une amende de 5 000 dollars pour conduite incorrecte de l’équipe nationale, suite à l’avertissement de cinq joueurs (cartons jaunes) au cours du match, en violation de l’article 130 (a) du Code disciplinaire de la CAF et d’une amende de 25 000 dollars en raison du comportement inapproprié de certains joueurs et officiels à l’issue de la rencontre, ayant jeté le discrédit sur le match, en violation des articles 82 et 83 du Code disciplinaire de la CAF.

4. La FAF écope d’une amende de 5 000 dollars pour l’utilisation de fumigènes par ses supporters.

5. La FAF écope d’une amende de 5 000 dollars pour jets d’objets par ses supporters.

6. La FAF écope d’une amende de 10 000 dollars pour non-respect des mesures de sécurité, en raison du comportement de ses supporters ayant tenté de forcer les barrières de sécurité.

7. La FAF écope d’une amende de 50 000 dollars pour gestes offensants et abusifs (affichage de billets de banque) commis par ses supporters à l’encontre des arbitres de la rencontre.

Elles interrogent également sur la responsabilité des dirigeants algériens dans la prévention de tels comportements, régulièrement pointés du doigt dans les compétitions africaines.

Face à cette décision, la FAF a annoncé l’introduction immédiate d’un recours. Si cette démarche s’inscrit dans le cadre réglementaire, elle ne saurait occulter la nécessité d’une remise en question profonde. Défendre les intérêts du football algérien ne peut se limiter à contester des sanctions a posteriori ; cela suppose surtout d’assumer les manquements constatés et de mettre en place des mesures concrètes pour éviter que de tels épisodes ne se reproduisent.

Rabah Aït Abache

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Que cherche M. Sayoud avec sa loi sur les partis ?

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Sayoud, wali d'Oran
Saïd Sayoud, ancien wali d’Oran, devenu tout puissant ministre de l'Intérieur. Crédit photo : DR

M. Saïd Sayoud, ministre de l’intérieur des âmes, a présenté le projet de loi relatif aux partis politiques qui « vise à réorganiser la pratique politique sur des bases constitutionnelles, juridiques et institutionnelles renforcées, en vue de faire des partis un socle essentiel pour l’édification d’institutions fortes et crédibles, à même de conforter l’État de droit et la stabilité du pays ».

Dans ses explications, le ministre de l’intérieur du sérail, M. Sayoud, relève l’un des points importants du texte qui va être proposé à l’ANP : «Il sera interdit aux partis politiques d’exercer leur activité sur une base religieuse, régionale, raciale ou toute autre considération susceptible de porter atteinte à la souveraineté nationale, à l’ordre public ou aux valeurs démocratiques ».

Ah bon ? Un parti politique ne peut pas être créé au nom d’une doctrine religieuse ? Pourtant l’article 2 de la Constitution qui affirme que l’Islam est la religion du pays et la première brique fondamentale du texte puisque l’article 1 commence par une bêtise de cour de récréation, « L’Algérie est une république démocratique et populaire ». 

Peut-on envisager la logique d’une inscription de la religion dans la Constitution et l’interdire aux partis politiques dans leurs valeurs proclamées ? C’est une question assez simple étudiée en droit constitutionnel car elle se pose également pour d’autres pays avec d’autres religions. 

Prenons le cas de certains pays européens qui suivent cette logique de l’intégration constitutionnelle d’une religion qu’on appelle d’état, majoritaire ou officielle. Pour exemple, la Grèce, le Danemark, l’Islande ou encore le Royaume-Uni qui est un cas particulier puisque la Constitution n’est pas écrite mais le roi est par usage historique le chef de l’Eglise anglicane.

Ils partent de l’idée qu’il faut distinguer l’identité d’un pays et sa souveraineté. Pour eux l’intégration dans la norme suprême d’une religion ne signifie pas qu’il s’agisse d’une théocratie mais d’un héritage historique qui a façonné la relation de celle-ci avec les institutions publiques. Le but est donc un principe de continuité historique

Quant à autoriser les partis politiques construits autour de valeurs religieuses, cette catégorie de pays européens le justifie par leur signature de la Convention Européenne des Droits de l’homme (CEDH) qui garantit la liberté de culte et d’association.

La jurisprudence de référence relève des arrêts de la CEDH dont le célèbre Rafah Partisi c/ Turquie en 2003 avec l’argument « Le fait qu’une religion soit inscrite dans la Constitution ne donne pas carte blanche aux partis religieux ». L’État comme les partis politiques sont donc soumis au respect de la réciprocité des attitudes.

Tout cela, même avec ces garanties illusoires, est absolument irrecevable pour moi comme argument car un parti politique contribue à l’expression politique des citoyens. Ils sont donc chacun les mandataires d’une partie de la souveraineté des citoyens. Comment peut-on dire que l’identité d’un pays et sa souveraineté sont dissociées puisque la religion est présente dans le programme de certains représentants élus. Religion et politique se retrouvent liées par un même objectif.

Ainsi je rejette toute idée de constitutionnalisation d’une quelconque religion. Elle n’est pas l’expression de toutes les opinions et confessions des citoyens. Elle ne peut donc en aucun cas être érigée comme officielle sous prétexte de son statut identitaire et historique. 

Les autres sources identitaires sont-elles illégitimes pour leur présence dans la constitution ? Qui décide de ce qui est l’identité d’une nation et ce qui est sa racine ? Lorsqu’on commence par en désigner une c’est parce que les autres ont été éliminées, souvent par la force et la terreur. La discussion politique d’une religion n’a aucune autre grammaire que celle de la force et de la contrainte à la soumission.

Qu’arrive-t-il lorsqu’une mouvance aux valeurs religieuse arrive au pouvoir ? Nous avons déjà constaté qu’elle n’est pas résolue à jouer une partie de bilboquet avec les autres. Cela d’autant plus que si la plupart des religions ont abandonné (temporairement car elles ont perdu la dernière bataille) que l’ordre religieux ne prime pas sur les lois de la république, nous savons ce qu’il en est dans l’Islam.

Il suffit de regarder CNews et les discours des partis racialistes d’extrême droite pour se rendre compte de ce qui se passerait si un seul doigt de la religion est mis dans l’engrenage politique et institutionnel. Le parti de madame Le Pen est l’un des plus modérés en Europe, c’est dire le danger qui guette en ce moment dans le monde. 

Le régime militaire algérien fait le contraire de tout ce qui vient d’être présenté. Il a inscrit la religion dans la constitution et interdit son expression dans les partis politique.

Monsieur Sayoud, ministre de l’intérieur des abysses, si vous refusez que des partis politiques aient des valeurs religieuses dans leurs discours et leurs programmes, il faut considérer que la religion inscrite dans la Constitution est interdite de son expression.

C’est vrai que dans sa communication et propagande politique, le gouvernement donne l’exemple. Tous ses mots, ses discours et ses postures font référence à l’Islam. Il ne faut pas compter sur les garanties que donnent les tonnes de conventions sur les droits de l’homme qu’il a signées. L’Algérie est un pays qui signe tout ce que voulez, cela ne lui coûte que l’encre du stylo.

De tout cela, je ne vois dans votre projet de loi qu’une explication cohérente, vous voulez interdire l’Islam en Algérie puisque son inscription dans la Constitution ne lui donne par cette loi aucun pouvoir de s’exprimer.

Boumediene Sid Lakhdar

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Donald Trump ou l’offshore balancing sans le dire

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Trump
Image par John Hain de Pixabay

La politique étrangère de Donald Trump, souvent décrite comme erratique, impulsive ou strictement transactionnelle, s’inscrit pourtant dans une matrice théorique bien connue des relations internationales : celle de l’offshore balancing (l’équilibre à distance). Une doctrine réaliste, froide et désidéologisée, que le président des États-Unis n’a jamais revendiquée explicitement, mais qu’il a appliquée de manière intuitive, parfois brutale, souvent déconcertante.

L’offshore balancing, théorisée notamment par John Mearsheimer et Stephen Walt, repose sur un principe simple : une grande puissance n’a pas vocation à s’impliquer directement et durablement dans toutes les régions du monde. Elle doit au contraire laisser les puissances régionales s’équilibrer entre elles, n’intervenant directement que lorsqu’un acteur menace de dominer un espace stratégique clé. En clair, rester en retrait tant que possible, intervenir en dernier recours, et à moindre coût.

C’est précisément ce que Trump a tenté de faire, en rompant avec l’interventionnisme libéral qui a marqué les administrations précédentes, de Clinton à Obama. Là où ses prédécesseurs parlaient de démocratie, de droits humains et d’« ordre international fondé sur des règles », Trump parlait d’argent, de fardeau et d’intérêts. Il ne s’agissait plus de « sauver le monde », mais de ne plus le payer seul.

Son hostilité répétée à l’OTAN en est l’illustration la plus frappante. En exigeant que les alliés européens assument une plus grande part de leur propre défense, Trump ne cherchait pas seulement à faire pression budgétaire : il remettait en cause l’idée même d’une protection américaine automatique et inconditionnelle. Dans une logique d’offshore balancing, l’Europe doit être capable de se stabiliser elle-même ; les États-Unis n’ont pas vocation à être le gendarme permanent d’un continent riche et pacifié.

La même logique s’observe au Moyen-Orient. Le désengagement progressif de Syrie, la volonté de réduire la présence militaire en Irak et en Afghanistan, ou encore l’absence de guerre directe contre l’Iran malgré une rhétorique incendiaire, traduisent une même intuition : éviter l’enlisement, laisser les rivalités régionales — Iran, Arabie saoudite, Turquie, Israël — produire leurs propres équilibres, et n’intervenir qu’indirectement, par sanctions, alliances ponctuelles ou frappes limitées.

En Asie enfin, face à la Chine, Trump a privilégié une stratégie indirecte : pression économique, guerre commerciale, renforcement des alliés régionaux (Japon, Inde, Australie), sans confrontation militaire directe. Là encore, une approche typique de l’offshore balancing : contenir un rival potentiel sans s’engager dans une guerre prématurée, en s’appuyant sur les équilibres locaux.

Cependant, si Trump s’inspire de cette doctrine, il en révèle aussi les limites lorsqu’elle est appliquée sans cohérence stratégique ni langage diplomatique. Là où l’offshore balancing suppose une grande lisibilité des intentions, Trump a souvent cultivé l’ambiguïté, l’imprévisibilité et la personnalisation du pouvoir. Or, dans les relations internationales, le retrait mal expliqué peut être perçu non comme une stratégie, mais comme un affaiblissement.

En définitive, Donald Trump n’a pas inventé une nouvelle politique étrangère ; il a plutôt révélé le retour du réalisme brut, débarrassé des oripeaux moraux de l’hégémonie libérale. Son approche, inspirée de l’offshore balancing, pose une question fondamentale : les États-Unis peuvent-ils continuer à dominer le monde tout en s’en retirant partiellement ? Ou bien ce retrait ouvre-t-il la voie à un monde plus instable, où l’équilibre se fait sans arbitre ?

La réponse reste ouverte. Mais une chose est certaine : sous Trump, l’Amérique n’a pas cessé d’être une puissance impériale, laissant ainsi l’ordre voler en éclat. 

Bachir Djaïder (journaliste et écrivain)

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Visas pour les États-Unis : le gel commence pour 26 pays africains

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Visa pour les États-Unis
L'Algérie est visée par la suspension de visas instaurée par Trump aux pays africains. Crédit photo : DR

Dans le cadre des nouvelles règles migratoires voulues par le président Donald Trump, les États-Unis ont annoncé la suspension, à compter de mercredi 21 janvier, de toutes les demandes de visas d’immigration permanente pour 75 pays, dont 26 États africains, parmi lesquels l’Algérie, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Cameroun

Contrairement aux visas touristiques, cette mesure concerne les visas dits « longs », qui permettent notamment le regroupement familial ou l’accès à l’emploi sur le territoire américain. Selon Washington, cette suspension vise à donner aux autorités le temps de revoir en profondeur l’ensemble du processus d’attribution de ces titres de séjour.

Dans un communiqué daté du 7 janvier, le Département d’État des États-Unis affirme que les ressortissants des pays concernés, déjà installés aux États-Unis, perçoivent des aides sociales à des « niveaux inacceptables ».

Pour Donald Trump, les immigrants doivent désormais être « financièrement autonomes » et ne pas « constituer une charge pour les Américains ». L’administration a donc lancé une révision complète de l’Immigration and Nationality Act, le texte qui encadre les règles d’obtention des visas d’immigration.

Des critères d’attribution appelés à évoluer

Sur son site internet, le Département d’État précise que l’objectif est de s’assurer que « les immigrants issus de pays à haut risque ne bénéficient pas de l’aide sociale aux États-Unis ». Les critères d’éligibilité à ces visas pourraient ainsi évoluer : au-delà des ressources financières, l’âge et l’état de santé des candidats pourraient désormais être pris en compte dans l’évaluation des dossiers.

Présentée comme provisoire, cette suspension pourrait toutefois s’inscrire dans la durée. Le Département d’État indique en effet que le gel des demandes restera en vigueur tant que les États-Unis ne seront pas en mesure de garantir que les nouveaux migrants ne « puisent pas dans les richesses du peuple américain ». Il a également fait savoir qu’il « s’efforcera de faire en sorte que la générosité du peuple américain ne soit plus exploitée ».

Donald Trump avait annoncé fin novembre 2025 son intention de durcir radicalement la politique migratoire des USA : « Je vais suspendre définitivement l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde afin de permettre au système américain de se rétablir complètement », avait-il écrit dans un message publié sur la plateforme Truth Social, indiquant qu’il pourrait annuler « des millions » d’admissions accordées sous la présidence de Joe Biden.

Le Département d’Etat a déclaré le lundi 12 janvier 2026 avoir révoqué plus de 100 000 visas depuis le retour de Trump au pouvoir. En décembre 2025, le ministère de la Sécurité intérieure avait aussi révélé que l’administration a expulsé plus de 605 000 personnes, et que 2,5 millions d’autres étaient parties de leur propre chef.

La liste des pays africains ciblés par cette nouvelle mesure :

Algérie, Cameroun, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, RDC, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Libéria, Libye, Maroc, Nigeria, République du Congo, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Tanzanie, Togo, Tunisie, et Ouganda.

RFI

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