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Roberto De Zerbi, le football comme fidélité à soi-même

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Pour comprendre Roberto De Zerbi, il faut revenir à Brescia, aux tribunes du stade Mario-Rigamonti, et à une enfance où le football représentait bien plus qu’un jeu.

Dans cette ville du nord de l’Italie, au sein d’une famille modeste, le jeune De Zerbi construit un lien viscéral avec le ballon, mélange de passion populaire, de dignité sociale et de fidélité aux siens, qui irrigue aujourd’hui encore son discours d’entraîneur.

Dans Le football selon Roberto De Zerbi, éditions Marabout 2025 Salim Lamrani ne se contente pas de retracer une carrière. Il éclaire une construction humaine. Le futur entraîneur de l’Olympique de Marseille grandit avec un père fervent supporter, actif dans la tifoseria locale. « À la maison, on parlait et on mangeait football », se souvient De Zerbi. Le stade devient une école de la vie, la rue forge le caractère, et très tôt, le football cesse d’être un simple loisir : il devient promesse et responsabilité.

Lorsque son père perd son emploi, l’équilibre familial vacille. La maison est vendue, la vie bascule. Adolescente, De Zerbi comprend que le football peut être un levier de réparation sociale : « Je savais que grâce au football, je pouvais redonner de la dignité à mon père et à ma mère. » Cette idée ne le quittera jamais : jouer, c’est représenter les siens, les supporters, une ville. Pendant 90 minutes, offrir fierté et bonheur à ceux que la vie n’épargne pas.

Un talent brut, un caractère volcanique

Repéré très jeune, De Zerbi rejoint le centre de formation du Milan AC, l’un des plus prestigieux d’Europe. Sur le terrain, son pied gauche impressionne : Mauro Tassotti, légende milanaise, dira de lui qu’il était « le plus talentueux de tous les jeunes que je dirigeais ». Mais déjà, un autre trait se dessine : un tempérament entier, parfois excessif.

De Zerbi n’en dissimule rien. Il évoque un jeune joueur impatient, exigeant, incapable de tolérer l’injustice : « Quand je ne me sentais pas respecté, mes réactions pouvaient être excessives. » Cette franchise traverse tout le livre et est l’une des forces du travail de Lamrani : De Zerbi n’est jamais présenté comme un héros lisse, mais comme un homme traversé de contradictions.

Sa carrière de joueur, solide sans être brillante au plus haut niveau, le mène dans de nombreux clubs de divisions inférieures. Le tournant survient à Foggia, sous les ordres de Pasquale Marino, adepte d’un football offensif et audacieux. Là, De Zerbi se sent compris, joue, crée, rayonne. « C’est à Foggia que je suis né en tant que footballeur », confie-t-il. Le jeune Lombard y gagne un surnom : Luce, la lumière.

Maradona, la dignité et le sens du jeu

Le livre prend une dimension plus large lorsqu’il aborde l’admiration de De Zerbi pour Diego Maradona. Ce n’est pas seulement le joueur qui le fascine, mais l’homme, capable de parler au peuple, de dénoncer les injustices et d’assumer ses prises de position. Ce lien entre football, identité et dignité populaire résonne avec son propre parcours.

À Naples, porter le maillot du club de Maradona est un rêve d’enfant, mais l’expérience est exigeante. La pression est extrême, la solitude palpable, le système de jeu parfois étranger à ses qualités. Les blessures, les désaccords avec certains entraîneurs, les décisions de carrière parfois dictées par l’orgueil : rien n’est édulcoré.

L’exploit ailleurs, la révélation en soi

C’est paradoxalement loin des projecteurs, en Roumanie, au CFR Cluj, que se produit un déclic. De Zerbi y retrouve le plaisir de jouer, remporte des titres, découvre d’autres cultures footballistiques. Surtout, il commence à observer le jeu autrement. Seul, loin de sa famille, il étudie le Barça de Guardiola et comprend que sa voie ne sera pas seulement sur le terrain, mais sur le banc : « Je savais que j’allais devenir entraîneur. » La phrase sonne comme une intuition née d’une carrière marquée par des limites, des frustrations, mais aussi par une curiosité permanente pour le jeu.

Le regard de l’auteur

Salim Lamrani réussit ici un équilibre rare. Son écriture est empathique, mais jamais aveugle. Il laisse toute sa place à la parole de De Zerbi tout en structurant le récit autour de thèmes forts : dignité, loyauté, refus de l’injustice, fidélité aux origines. Le football devient un prisme pour parler de caractère, de responsabilité et d’engagement.

On comprend mieux l’entraîneur que Marseille a choisi : un technicien certes, mais aussi un homme qui voit dans le jeu une manière d’exprimer ce qu’il est. Comme il le dit : « Le football est une façon d’exprimer qui je suis. » Le terrain prolonge la vie, le jeu devient miroir de l’histoire personnelle, et c’est peut-être là que réside la clé de ce livre.

Djamal Guettala

Salim Lamrani est docteur de Sorbonne Université et professeur des universités, spécialiste de l’histoire de l’Amérique latine. Il a également été l’interprète de Marcelo Bielsa de 2017 à 2019, et a exercé les fonctions de médiateur et de psychologue au sein de l’équipe professionnelle de football de Leeds United. Il est l’auteur du livre Le football chez Marcelo Bielsa, publié aux éditions Marabout.

Conseil des ministres : accélération des projets miniers et ferroviaires

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Abdelmadjid Tebboune a présidé, ce dimanche, une réunion du Conseil des ministres consacrée à l’examen de plusieurs dossiers économiques et sectoriels, au premier rang desquels figurent le lancement du projet minier de zinc et de plomb d’Oued Amizour, l’avancement des infrastructures ferroviaires minières et l’extension du port d’Annaba.

Après la présentation du bilan d’activité du gouvernement au cours des deux dernières semaines par le Premier ministre, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux et effectif, sur le terrain, des décisions prises par le Conseil des ministres et le gouvernement.

Parmi les décisions annoncées figure également un soutien financier exceptionnel en faveur des pèlerins algériens pour la saison du hadj 2026. L’État prendra en charge dix millions de centimes par pèlerin, ramenant le coût global à 82 millions de centimes, contre 92 millions initialement.

S’agissant du projet de la mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour, Abdelmadjid Tebboune a fixé son lancement au mois de mars 2026. Présenté comme un projet à fort impact économique, il est censé contribuer à la création d’emplois et au développement économique local, tout en s’inscrivant dans la stratégie nationale de valorisation des ressources minières.

Infrastructures ferroviaires : un calendrier resserré

Le Conseil des ministres a également examiné l’état d’avancement du projet de la ligne ferroviaire minière reliant Blad El Hadba, Oued El Kebrit et le port d’Annaba, destinée au transport du phosphate et des engrais. Le chef de l’État a rappelé que l’investissement public dans le secteur minier vise à poser les bases de nouvelles ressources pour l’économie nationale à moyen et long termes.

À ce titre, le ministre des Travaux publics a été chargé de présenter un rapport mensuel sur l’évolution du chantier. L’achèvement des travaux a été fixé à la fin de l’année 2026, avec une mise en exploitation prévue au plus tard au premier trimestre 2027. 

Dans le cadre de l’extension du port d’Annaba, le chef de l’État a instruit les secteurs concernés — Travaux publics, Intérieur et Transports — de renforcer la coordination avec le partenaire étranger afin d’achever le projet du quai minier avant la fin de l’année 2026. Ce projet est présenté comme un maillon stratégique de la politique de diversification économique et de réduction de la dépendance aux hydrocarbures.

Abordant la feuille de route du secteur de la pêche et de l’aquaculture pour 2026, le président de la République a réaffirmé le caractère prioritaire de ce secteur en lien avec les enjeux de sécurité alimentaire. Il a appelé à redoubler d’efforts pour accroître la production nationale, tout en réitérant l’engagement de l’État à accompagner les pêcheurs à travers des mesures d’appui et d’incitation.

Le chef de l’État a également insisté sur l’association de la Fédération nationale des pêcheurs à toute décision concernant le secteur, en privilégiant la concertation.

Dans le domaine agricole, des instructions ont été données au ministre de l’Agriculture pour généraliser la mécanisation moderne dans les programmes de reboisement et orienter les plantations vers des espèces à forte rentabilité économique, notamment l’arganier.

Concernant la participation de l’équipe nationale de football à la dernière Coupe d’Afrique des nations, le chef de l’Etat a chargé le ministre des Sports de transmettre ses félicitations au sélectionneur Vladimir Petković, ainsi qu’au staff et aux joueurs, en leur souhaitant plein succès lors des prochaines échéances internationales.

Le Conseil des ministres s’est achevé par l’approbation de nominations et de cessations de fonctions à des postes supérieurs de l’État.

La rédaction

Charaf-Eddine Amara, ex-PDG de Madar, placé en détention provisoire

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L’ancien président de la Fédération algérienne de football (FAF), Charaf-Eddine Amara, a été placé en détention provisoire sur décision du juge d’instruction près la troisième chambre du Pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed.

Cette mesure intervient dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de corruption liés à l’organisation du Championnat d’Afrique des nations (CHAN 2023), tenu en Algérie.

Selon des informations rapportées par Echourouk Online, l’enquête porte sur de présumées irrégularités dans la gestion financière et contractuelle de cette manifestation sportive continentale, notamment en matière de passation de marchés publics et de respect des procédures réglementaires.

Les investigations judiciaires s’articulent autour de plusieurs volets liés à l’organisation du CHAN 2023. Les contrats conclus pour les cérémonies d’ouverture et de clôture, organisées au stade Nelson Mandela, font l’objet d’un examen afin d’en vérifier la conformité avec les cahiers des charges établis.

Les enquêteurs s’intéressent également aux prestations de services, notamment dans les domaines de la restauration, de l’hébergement, du transport et de l’acquisition d’équipements techniques. 

Dew dépassement budgétaires significatifs, au-delà des enveloppes financières initialement allouées par l’État, figurent également parmi les éléments examinés par la justice.

Plusieurs personnes mises en cause

Charaf-Eddine Amara n’est pas le seul concerné par cette procédure. D’après la même source, l’enquête vise également des membres du comité local d’organisation du CHAN ainsi que des responsables d’entreprises prestataires, personnes physiques et morales confondues. Les poursuites engagées reposent principalement sur le chef d’accusation d’« abus de fonction », tel que défini par l’article 33 de la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption.

Lors de ses auditions, l’ancien président de la FAF a fait valoir que le cahier des charges du CHAN 2023 avait été validé dès 2018 par la Confédération africaine de football (CAF), sous la présidence de Kheïreddine Zetchi. Il a précisé qu’à son arrivée à la tête de la FAF en 2021, il s’était limité à restructurer le comité local d’organisation existant, avant de quitter ses fonctions le 31 mars 2022.

Les autorités judiciaires concentreraient toutefois leurs investigations sur les décisions financières et contractuelles prises durant la période correspondant à son mandat et à celui de ses collaborateurs directs.

Une seconde affaire judiciaire en cours

Il s’agit du deuxième placement en détention provisoire visant Charaf-Eddine Amara en l’espace de quelques semaines. Il est également poursuivi dans une affaire distincte liée à sa gestion du groupe public Madar, portant sur un partenariat conclu entre la Société nationale des tabacs et allumettes (SNTA) et un opérateur émirati.

Samia Naït Iqbal

« Quelqu’un se souvient de la troupe ? », un livre pour que le rideau ne retombe pas

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Entre septembre 1978 et 1986, à la Maison de la culture de Batna, une troupe de théâtre amateur a fait bien plus que jouer des pièces : elle a donné corps aux inquiétudes, aux colères et aux espoirs d’une société algérienne en pleine mutation.

C’est cette aventure humaine, artistique et politique que restitue Belkacem Boumaila dans Quelqu’un se souvient de la troupe ?, un livre-mémoire rigoureux et nécessaire, consacré à l’histoire de la troupe née autour de l’atelier de théâtre animé par Chouaïb Bouzid, jusqu’à l’ouverture du Théâtre régional de Batna.

Publié avec le soutien du ministère de la Culture et des Arts, l’ouvrage se situe à la croisée de l’enquête historique, du témoignage collectif et de l’archive militante. Il documente une période charnière où le théâtre, loin des scènes institutionnelles, devenait à Batna un espace de parole directe, de confrontation sociale et de conscientisation populaire. Un théâtre sans fard, qui parlait vrai, au plus près des réalités quotidiennes.

Une scène modeste, une parole frontale

Dès la prise en charge de l’atelier théâtre en septembre 1978, une première troupe se constitue à la Maison de la culture. Le contexte est celui des années post-indépendance, marqué par les désillusions, les fractures sociales, les urgences économiques et la question identitaire. Le théâtre qui s’y invente n’est ni décoratif ni consensuel. Il est frontal, parfois rude, toujours assumé.

Les spectacles abordent sans détour la corruption, les abus de pouvoir, les inégalités sociales, la précarité, l’urbanisation anarchique, la perte de repères moraux, mais aussi les séquelles du fait colonial et la question culturelle amazighe. Le plateau devient miroir : il renvoie au public ses propres contradictions, l’interpelle, le secoue et l’oblige à se reconnaître et à s’interroger. Comme le souligne Boumaila, ces créations fonctionnent comme de véritables « indicateurs sociaux », révélant les tensions profondes d’une société en transformation. Joué souvent dans des conditions matérielles difficiles, ce théâtre descend vers le public, parle sa langue, partage ses colères et ses espoirs. Il ne distrait pas seulement : il alerte et forme.

Un répertoire dense et engagé

Sur huit années d’activité, la troupe produit une quinzaine de spectacles, alternant créations pour adultes et pour enfants. Le répertoire comprend notamment : الصراع (Es-Sirāʿ – Le Conflit), الحمامة (El Hamama – La Colombe, pour enfants), الرشوة (Ar-Rachwa – La Corruption), سلسلة الملهوفين (Selsilat El-Melhūfīn – La chaîne des gourmands / des avides), قولوا (Goulou – Dites-le !), بن باديس وأوثان الاستعمار (Ben Badis et les ordures du colonialisme), الفلقة (El Falaka – La Punition), خلّف دور (Demi-tour !), فنّ وعفن (Art et pourriture) et القضية (El Qaḍiyya – L’Affaire).

Écrites par des auteurs locaux tels que Salah Lombarkia, Salim Souhali, Foundhala Mohamed Tahar ou Omar Fatmouche, ces pièces mêlent réalisme social, satire mordante et dimension pédagogique. Elles traitent du logement, du travail, des humiliations ordinaires, de la dignité bafouée. Elles dérangent pour réveiller et, dans l’ombre, forment une génération de comédiens et de techniciens rompus à l’exigence artistique et au sens du collectif.

Crédit photo :Lotfi Bensbaa 

Les pièces amazighes pionnières

Salim Souhali, auteur et figure chaouie multidisciplinaire, marque les années 1980 par deux productions emblématiques du théâtre identitaire amazigh : Khelf Dor (1984) et Fen oua Affen (1985). Khelf Dor retrace l’histoire algérienne, de Massinissa à l’indépendance, à travers un conteur chaoui, critiquant le discours officiel et appelant à une réappropriation positive de l’identité amazighe. Fen ou a Affen défend le patrimoine musical chaoui face à l’acculturation et met en lumière les tensions entre traditions locales et influences extérieures. Les deux pièces connaissent un vif succès populaire mais sont rapidement censurées par certains milieux politiques et culturels, illustrant les limites de l’expression identitaire régionale dans un contexte sensible. Ces œuvres restent un témoignage précieux de la vitalité culturelle chaouie et de la résistance artistique face à l’uniformisation.

De la Maison de la culture au Théâtre régional

L’année 1986 marque un tournant décisif avec l’ouverture officielle du Théâtre régional de Batna. Loin d’une rupture, le livre met en lumière une continuité évidente : le nouveau théâtre démarre ses activités avec les meilleurs éléments issus de la troupe de la Maison de la culture et reprend deux productions emblématiques, El Falaka pour adultes et El Hamama pour enfants. La troupe amateur ne disparaît pas : elle se transforme. Son savoir-faire, son esprit de rigueur et son engagement constituent le socle humain et artistique de l’institution naissante.

Un livre pour transmettre

S’appuyant sur des témoignages précis, des archives photographiques et une chronologie minutieuse, Quelqu’un se souvient de la troupe ? refuse l’effacement. Il rappelle que ces comédiens, souvent bénévoles, finançaient eux-mêmes décors, costumes et déplacements, et répétaient dans des conditions difficiles. Grâce à ce travail, Belkacem Boumaila, en passeur de mémoire vivante, redonne corps et voix à ceux que l’histoire avait relégués dans l’ombre. Le livre ne célèbre pas par nostalgie : il transmet, éclaire et inscrit cette expérience dans une histoire universelle du théâtre engagé.

Quelqu’un se souvient de la troupe ? n’est pas seulement un livre sur le passé. C’est une interpellation adressée au présent. Se souvenir ici n’est pas un geste commémoratif : c’est un acte culturel et politique, un rappel que l’art, même local et modeste, peut transformer une société. À Batna, le théâtre régional porte encore les traces de cette aventure fondatrice. Parce qu’il en est l’héritier direct. Parce que certaines scènes, même modestes, ont su dire l’essentiel.

Oui, quelqu’un se souvient.

Et grâce à ce livre, Batna, et le monde, n’oublieront pas.

Djamal Guettala 

Iran : la mort de Shabnam Ferdowsi illustre la répression meurtrière des manifestations populaires

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La récente vague de protestations en Iran, déclenchée à la suite du décès de Mahā Mohammadi, a fait de nombreuses victimes à travers le pays, parmi lesquelles Shabnam Ferdowsi, 37 ans, créatrice de poupées et graphiste.

Selon plusieurs sources indépendantes et organisations de défense des droits humains, elle a été tuée par des tirs des forces de sécurité lors des manifestations, devenant un symbole tragique de la répression des voix féminines et créatives dans le pays.

Shabnam Ferdowsi vivait avec son frère après le décès de leurs parents et tirait ses revenus de la création et de la vente de poupées artisanales, œuvres de son imagination qu’elle commercialisait elle-même. Sa mort souligne le coût humain de la contestation et la fragilité des artistes et jeunes femmes dans un contexte de répression.

Les manifestations se sont étendues à de nombreuses villes, grandes et moyennes, dont Téhéran, Machhad, Ispahan, Ahvaz, Karaj, Babol, Shiraz et Tabriz. Les participants, souvent des étudiantes, jeunes adultes et travailleuses, protestaient contre la violence policière et les injustices sociales. Selon les ONG et médias indépendants, des centaines de personnes ont été tuées, tandis que de nombreuses autres ont été arrêtées ou portées disparues. Les forces de l’ordre ont utilisé balles réelles, gaz lacrymogènes et blocage des communications, rendant difficile la documentation exacte de l’ampleur de la répression.

La mort de Shabnam Ferdowsi illustre non seulement la brutalité du dispositif sécuritaire iranien, mais aussi la résilience d’une population déterminée à revendiquer liberté et justice, même au prix de sa vie. Son nom rejoint ceux des autres victimes, femmes et hommes, qui incarnent la lutte pour les droits fondamentaux dans le pays.

Mourad Benyahia 

Révision constitutionnelle : le PT alerte sur des choix politiques déguisés en révisions techniques

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La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) a pris part à la conférence organisée par la présidence de la République, consacrée à l’examen des projets d’amendements dits «techniques» de la Constitution ainsi qu’aux modifications proposées de la loi organique relative aux élections.

Ces projets ont été présentés respectivement par le directeur de cabinet du président de la République et le ministre de la Justice pour la Constitution, et par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, aux côtés du président de l’Autorité nationale indépendante chargée des élections (ANIE), pour la loi électorale.

Lors des débats, la secrétaire générale du PT a estimé que les dix amendements constitutionnels proposés ne peuvent être qualifiés de purement techniques, dans la mesure où ils touchent, selon elle, à la nature du régime politique ainsi qu’au fonctionnement de plusieurs institutions de l’État. Elle a indiqué que son parti transmettra par écrit ses observations et sa position, n’ayant pas eu connaissance préalable du contenu des propositions avant leur présentation.

Elle a notamment soulevé des interrogations concernant la modification de la composition et des prérogatives du Conseil supérieur de la magistrature. Rappelant que la Constitution en vigueur a été adoptée en 2020 dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19, sans véritable débat populaire ou partisan, elle a plaidé pour l’ouverture d’un large débat national afin de redonner la parole aux citoyens sur la nature du système politique.

La responsable du PT a également insisté sur la nécessité d’introduire une hiérarchie des lois, estimant que certaines législations portent atteinte aux droits politiques, aux libertés et aux droits sociaux.

Abordant la loi électorale, et au regard de la proximité des prochaines échéances, la secrétaire générale du PT a jugé indispensable une réforme en profondeur du code électoral, plutôt que de simples ajustements techniques. Selon elle, le texte en vigueur contient des dispositions restrictives pour les partis politiques et introduit une discrimination sous couvert d’encouragement des jeunes, contribuant, d’après son analyse, à l’éloignement de ces derniers de la pratique politique organisée.

Tout en prenant acte de certains amendements jugés positifs, elle a mis en garde contre les failles susceptibles d’être exploitées, y compris par des puissances étrangères, et a appelé à renforcer les garanties juridiques afin de restaurer la confiance des citoyens dans le processus électoral. Elle a rappelé que les différents scrutins organisés depuis le référendum constitutionnel de 2020 ont été marqués par une faible participation, traduisant, selon elle, une défiance persistante à l’égard des mécanismes électoraux.

S’agissant de l’amendement relatif à l’ANIE, prévoyant le transfert de ses prérogatives logistiques et matérielles au ministère de l’Intérieur, la secrétaire générale a souligné que, dans de nombreux pays démocratiques, l’organisation des élections relève directement de l’administration sans l’existence d’une autorité indépendante spécifique. Elle a estimé que la création de telles instances répond généralement à des contextes de transition politique, tout en considérant qu’elles n’ont pas, dans les faits, permis de garantir pleinement l’intégrité des élections.

Pour le PT, l’ANIE devrait s’inscrire dans une phase transitoire vers l’instauration d’un système démocratique effectif. La responsable du parti a affirmé que des dysfonctionnements persistent depuis sa création, atteignant, selon elle, un niveau préoccupant lors de la dernière élection présidentielle.

En conclusion, tout en saluant l’organisation de ce type de rencontres permettant aux partis politiques d’exprimer leurs positions, le Parti des travailleurs a exprimé le souhait que ces consultations ouvrent la voie à un véritable élargissement des espaces médiatique et politique, en vue d’un débat national approfondi et de solutions fondées sur une approche souveraine et exclusivement algérienne.

Samia Naït Iqbal

Batna : hommage à la poétesse Anna Gréki autour du livre de Lazhari Labter

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La librairie Guerfi de Batna accueillera, le 29 janvier 2026 à 14h, une rencontre littéraire suivie d’une vente-dédicace consacrée à l’ouvrage « Anna Gréki : L’amour avec la rage du cœur » de l’écrivain et chercheur Lazhari Labter. L’événement est organisé en collaboration avec l’Institut IEMFC Marseille.

Cette rencontre s’inscrit dans la commémoration des 60 ans de la disparition d’Anna Gréki (1966-2026), figure marquante de la poésie algérienne. Née à Menaa, dans les Aurès, la poétesse fut également militante de la guerre de libération. Son œuvre, à la fois intime et engagée, célèbre l’Algérie, l’amour et la mémoire du martyr Sid-Ahmed Inal, compagnon de lutte tombé durant la guerre.

La discussion autour du livre sera animée par Dr Tarek Benzeroual et Dr Lina Leyla Abdelaziz, enseignants à l’Université Batna 2, ainsi que par Redha Guerfi, éditeur et libraire. Les intervenants reviendront sur le parcours d’Anna Gréki, la force littéraire et politique de ses écrits, et le travail de recherche mené par Lazhari Labter pour faire redécouvrir cette voix singulière de la poésie algérienne.

La rencontre se tiendra à la Librairie Guerfi, située en face du palais de justice de Batna, et sera diffusée en direct sur les réseaux sociaux, permettant au public, en Algérie comme à l’étranger, de suivre cet hommage culturel dédié à une figure majeure de la mémoire littéraire nationale.

Djamal Guettala 

Belaïd At Ali : Lwali n udrar (tazmamt n°7–  asebter 304 tukkist 4/8 – Tadaddact)

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D lewhayem di lecɣal n sidi Rebbi ! Win ur nessin ara « Tadaddact », imlil-itt-id, yili win s-innan « tagi d tameṭṭut n Bu Leɣṭuṭ », izmer ad ixaṭer s uqerruy-is ar d lekdeb. Acimi ? Kan akka kan. Mi tt-iwala, ad yini ur tenjim tagi ad tili d tameṭṭut n yiwen am Bu Leɣṭuṭ.

Walakin, d armi qqaren : « yufa wemger tittar-is ». kra n wayen akken ixussen Bu Leɣṭuṭ tewwi-t nettat. Ma dayen akk yesɛa izad, ad as-tiniḍ d nettat iwumi t-ikkes. Neɣ ɛad, ḥaca ma tefka-yas-t nettat s lebɣi-s. Qqaren-as « Tadaddact », dɣa ɣef tewzel, wezzilet. Ladɣa, tettban d tawezlant aṭas, aṭas, ilmend n urgaz-is mara tbedd ɣer tama-s. Netta yessurug d lebda aman seg yimi-s d wanzaren-is. Nettat, dɣa tekkaw. Tekkaw yakk d lmaḍi. Deg iḍarren alamma d aqerru, tekkaw, teqqur, ad as-tiniḍ ula d idammen-is daxel, wissen ma leḥḥun. 

Daɣ netta, ahat dayen is tettban  d tawraɣt, d tameḍaâfut, di tqejjirin-is armi d taɣesmart-is, ala iɣsan kan ara tettwaliḍ ttembiwilen. Lakin, ad iɣleḍ win ara iǧaâlen txuss di sifa neɣ tehlek. D lmuḥal. Ama d anebdu, ama d ccetwa, laâmer tt-iqriḥ uzɣal neɣ asemmiḍ. Laâmer tt-id-teccif tidi, neɣ tergagi. Laâmer tehlik, laâmer tt-iqriḥ uqerruy-is, neɣ i tt-tuɣ tawla.

Ayen i yas-iwwi i Bu Leɣṭuṭ bezzaf, d aqemmuc. Nettat, dɣa, ad as-tiniḍ ur tesɛi yara yakk. A Rebbi ma tekcem deg-s tḍadect, trennu tzemmeḍ di tcenfirin-is ɣer daxel, dɣa ad as-tiniḍ ixaḍ. Irna, ɣas tetečč, ɣas tneṭṭeq s yiwen wawal neɣ d sin, tuɣmas-is mačči yella win izemren ad tent-iwali, alamma yewhem bnadem amek teteffeẓ lqut, amek, ansi d-tessuffuɣ imeslayen. Irna, tabaɛ, nnan-t-id, a Rebbi tenna-d yiwen neɣ sin imeslayen deg wass. Alamma tettwaḥres kan, s sebba tameqqrant.  Ma d Bu Leɣṭuṭ, thedder-as kan s wallen. Mi tent-id-terfed kan deg-s, tesmuqel-it, netta yeẓra, ifhem dacu tenna.     

Daɣ netta, ad yili Bu Leɣṭuṭ isneḥneḥ-d d uzniq azniq, izzuɣur-d ajerbub-is, ismiriy-d isusfan ɣer tamart-is… Akken di mi d-ikcem s axxam, tefka-t-id tebburt n usqif ɣer daxel, tqabel-it-id Tdaddact, dɣa argaz ad ak-iḍher ibeddel akken ma yella. Welleh Bu Leɣṭuṭ-nni ! Welleh ileddayen-nni… ikkaw akk deg yiwet n teswiɛt ; ifenɣaren-nni ines uɣalen ɣer daxel ; lḥasun udem-is akk teɣli-d fell-as d « ssifa-nni n laâqel » iɣef ittnadi di tejmaât ur tt-yufi. 

Bu Leɣṭuṭ, lḥasun, yuɣal d argaz am yergazen, mi kan tesked deg-s s wallen-is Tdaddact ! Nettat, ladɣa mačči d argaz-is kan i tessedhac akken s tqadumt-nni ines n tekɛurt. Aâni mačči d lqedd aɣezfan neɣ d tuzert i ttagaden laâibad. Ittili kra ɣer daxel n bnadem, is ara yessewḥac ɣas netta anect n taẓẓelt. Ad yelfu am lxuf-nni n uzrem. Akken Tadaddact.  Daɣ netta, kra n wid akken iqqaren i Bu Leɣṭuṭ « susem neɣ ad k-wteɣ », akken di mi ara d-mlilen yid-s nettat, ad susmen, ad berrun i wallen-nsen, am akken d izem i ten-id-iqublen.

Dacu n lmektub, dacu n lwaâd, is issemlal yiwen am Bu Leɣṭuṭ netta d yiwet am Tdaddact armi myezwaǧen ? D ayen ur izmir ḥed ad t-ifhem. Wissen ma d lwaldin-is, uqbel ad mmten, i yas-tt-yuɣen asmi t-mazal meẓẓi. Wissen d netta kan i tt-id-iwwin s yiman-is, s ufus-is, seg wasmi d-iqqim weḥd-s. Ulac win d-iwwin s lexbar. Dacu kan, tabaɛ ḍḥan-d myeslaḥen, uqmen ddunit, zemren i yiman-nsen, gar cwiṭ d waṭas. 

Di taddart n Tgemmunt at Musa s lekmal, lḥasun ulac win mmetren, ulac win i wuɣur ten-terra tmara, ḥaca ma s lxedma-nsen, s ddraâ-nsen. Teggra-d temsalt n liḥala-nsen, d ṭṭbiɛa-nsen n way gar-asen, weḥd-nsen seg umnar ɣer daxel. Winna, iḍher-ak lḥal ama ɛacen akken d lwaḥid d iseggasen, ar armi ufan iman-nsen msaden, myaâǧǧaben, lḥasun, gerrzen.      

Belaïd At Ali

09/1946

Timerna / Notes :

1. Tadaddact : tin ittdaddacen, iteddun s leḥder ; ddu ddac-ddac (fr. marcher à petits pas). Llufan ittdaddac qbel ad yissin ad ilḥu akken iwata.

2. « Yufa wemger tittar-is (tuccaris?) » :  illa wawal akken nniḍen : « yufa wezduz afus-is », zun dduklen, msadan. (fr. complémentaire).

Batna : patients en danger au service de dialyse du CHU Benflis Touhami

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Le service de dialyse du Centre hospitalier universitaire (CHU) Benflis Touhami de Batna traverse une crise préoccupante. Depuis plusieurs jours, plusieurs appareils de filtration sanguine sont hors service, perturbant la régularité des séances de dialyse pour de nombreux patients atteints d’insuffisance rénale chronique. 

Ces interruptions mettent leur santé en danger, certains devant attendre plusieurs jours pour accéder à un traitement vital.

Pour ces patients, le traitement n’est pas optionnel : la majorité nécessite trois à quatre séances par semaine afin de compenser l’incapacité de leurs reins à filtrer efficacement le sang. L’absence de soins réguliers expose à des complications graves, allant de troubles métaboliques sévères à des risques vitaux. Certaines familles se voient contraintes de recourir à des cliniques privées, avec des coûts particulièrement élevés et difficiles à supporter, accentuant la pression économique sur les foyers déjà fragilisés.

Selon les témoignages recueillis, les malades et leurs proches dénoncent un manque de réaction des autorités sanitaires et réclament une intervention rapide pour réparer ou remplacer les machines défectueuses. Ils affirment se sentir « laissés à eux‑mêmes » malgré la gravité de la situation.

Si la situation décrite est inhérente observée dans plusieurs hôpitaux algériens – matériel vieillissant, maintenance insuffisante ou difficultés d’approvisionnement en pièces – les chiffres exacts sur le nombre de machines hors service ou de patients affectés ne sont pas communiqués, ce qui limite la précision de l’information. Les autorités locales et sanitaires n’ont pas encore diffusé de communiqué officiel à ce sujet.

Cette crise met en lumière les lacunes persistantes du système hospitalier et l’importance d’un suivi rigoureux des équipements médicaux, notamment pour des traitements vitaux comme la dialyse. Dans l’immédiat, la vigilance des familles et la mobilisation citoyenne restent les principaux leviers pour alerter sur cette défaillance et éviter des conséquences dramatiques.

La communauté locale espère une intervention rapide afin de restaurer la sécurité et la régularité des soins, condition indispensable à la survie des patients les plus fragiles et au maintien de la confiance dans le service public de santé.

Mourad Benyahia 

Tunisie : depuis sa cellule, Mourad Zeghidi dénonce un «acharnement procédural»

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Incarcéré à la prison de la Mornaguia, le journaliste tunisien Mourad Zeghidi a fait parvenir une lettre dans laquelle il réagit au jugement prononcé contre lui et aux poursuites dont il fait l’objet.

Le journaliste Mourad Zeghidi y dénonce une décision « injuste et illégale », rejette des accusations qu’il qualifie de fabriquées et affirme que son dossier aurait dû, selon lui, conduire à l’arrêt des poursuites conformément au droit tunisien.

Mais au-delà de sa défense judiciaire, le journaliste insiste surtout sur l’élan de solidarité qu’il dit avoir reçu de la société civile, de citoyens tunisiens et de nombreux professionnels des médias, en Tunisie comme à l’étranger.

Voici le texte intégral de sa lettre adressée depuis sa cellule.

Lettre de Mourad Zeghidi depuis la prison de la Mornaguia

Ce qui a été encore plus fort que le choc, la stupéfaction et l’indignation que j’ai ressentis face au jugement injuste et illégal prononcé à mon encontre, c’est l’élan de solidarité et de soutien que j’ai reçu de larges franges de Tunisiennes et de Tunisiens.

Je salue chacune et chacun d’entre vous, en particulier les collègues journalistes et camarades des médias, en Tunisie comme à l’étranger.

Je défendrai, avec toute l’énergie dont je dispose, ma dignité et mon honneur, et surtout mon droit en tant que citoyen, face à un acharnement procédural continu depuis le 11 mai 2024.

Tout ce que nous avons entrepris depuis le début de l’affaire fiscale aurait dû conduire à ma libération et à l’arrêt de toute poursuite à mon encontre, conformément aux lois en vigueur dans la République tunisienne.

Je rejette avec la plus grande clarté toute accusation fabriquée en lien avec le blanchiment d’argent, et le dossier est à la disposition de quiconque souhaite le consulter afin de comprendre ce qui s’est réellement passé dans cette affaire.

Comme souvent dit : dans cette vie éphémère, seules nos bonnes actions demeurent.

Et votre amour et votre solidarité resteront à jamais gravés dans mon cœur.« 

Mourad Benyahia