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L’Etat entre dogme et citoyenneté

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La Constitution algérienne proclame l’attachement de l’État à la forme républicaine. Encore faut-il que cette proclamation soit suivie d’une cohérence réelle.

En effet, la République n’est pas un simple mot inscrit dans un texte fondateur ; elle repose, au sens philosophique et politique, sur la souveraineté du peuple, entendu comme une communauté de citoyens libres et égaux, sans distinction de croyances philosophiques, religieuses ou idéologiques. 

« La République est un idéal normatif, un projet d’émancipation » selon la philosophie politique. Elle se décline comme un ordre politique où la loi commune est produite par la raison humaine et orientée vers l’intérêt général.

Il en découle la nécessité de séparer clairement la sphère du politique de la sphère du spirituel, laquelle relève de la conscience individuelle.  C’est précisément cette séparation qui garantit à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire. En ce sens, la neutralité de l’Etat n’est pas une option idéologique, mais la condition même de la liberté de conscience. L’État ne favorise, ne promeut ni ne sacralise aucune conception du bien. 

Lorsque l’Etat se réclame d’une religion déterminée, il franchit cette frontière, cesse d’être un arbitre impartial et se transforme en acteur idéologique, imposant implicitement une vision du monde particulière à l’ensemble de la société. 

De ce même principe découle également l’exigence d’égalité politique. Ainsi, conditionner l’accès à la candidature à des fonctions électives à des critères de compétence ou de diplôme, comme le suggère l’un des amendements dits technique actuellement en projet, revient à subordonner l’exercice de la souveraineté populaire à une sélection élitiste, en totale contradiction avec cet idéal républicain d’égalité civique.

A l’aune de ce principe cardinal, certaines dispositions de notre Constitution, au premier rang desquelles l’article 2, érigeant l’islam en religion d’État, ainsi que leurs implications en matière de critères d’éligibilité, de charges budgétaires et de programmes scolaires, méritent d’être interrogées.  

Cet article, qui ne se réduit pas à une simple observation sociologique, pose indéniablement un paradoxe majeur ; comment un État peut-il prétendre incarner la souveraineté populaire tout en reposant sur une doctrine religieuse qui, par nature, se soustrait à la délibération rationnelle et au débat démocratique ? Cette disposition érige l’Etat en acteur théologico-politique, l’entraînant dans une surenchère normative et démagogique aux conséquences bien concrètes. 

Dans cette logique, instituer un ministère des Affaires religieuses et adosser au trésor public la charge du personnel officiant dans les lieux de culte ne paraissaient manifestement pas suffisants pour le pouvoir. D’autres mesures ont ainsi été mises en œuvre afin de conforter cette démarche. 

L’abandon du week-end universel, la fermeture de facto des établissements de consommation pendant le mois de ramadhan, l’obligation à l’éducation religieuse dans l’ensemble des cycles et filières du système éducatif, le dédoublement des journées fériées religieuses, les subventions accordées à l’observation de certains rites religieux, ou encore la place démesurée conférée au fait religieux dans l’espace médiatique public illustrent clairement l’engagement de l’Etat en faveur d’une intervention grandissante dans le champ spirituel, en rupture manifeste avec l’idéal républicain proclamé. 

De manière paradoxale, la charge financière qui en découle est pleinement assumée par l’État, sous toutes ses formes, y compris par voie de subvention. Un tel soutien financier s’apparente à une utilisation détournée des contributions fiscales des citoyens dès lors que la République relègue la pratique religieuse à la sphère privée. 

C’est ainsi que le pouvoir entraine l’Etat, étape par étape, sur le chemin d’un ordre théocratique. 

En conférant à une religion une valeur normative supérieure, cette disposition constitutionnelle ouvre la voie à une législation biaisée, à une interprétation du droit orientée, et à une définition implicite de la « bonne » citoyenneté, alignée sur une identité religieuse majoritaire. Un État qui choisit une religion cesse d’être le garant des libertés pour devenir le gardien d’un dogme 

En érigeant une religion en religion d’État, la Constitution algérienne introduit une hiérarchie symbolique entre les citoyens. Même si l’égalité formelle est affirmée par ailleurs, l’imaginaire juridique et politique suggère que certains citoyens incarnent plus pleinement l’identité nationale que d’autres. Cette logique est étrangère à l’idée républicaine de citoyenneté abstraite, dans laquelle l’individu n’est reconnu que comme sujet de droit.

C’est précisément cette situation, engendrée par la disposition constitutionnelle en question, que les acteurs de la mouvance politique fasciste, qui a failli plonger le pays dans le chaos, exploitent pour nourrir leur propagande idéologique et dénier aux démocrates leurs droits politiques.

Enfin, l’adossement de l’État à une référence religieuse délimite la liberté d’expression et affaiblit la capacité critique de la société. Une république vivante est un espace de discussion, de conflit argumenté, de remise en question permanente, de perfectibilité collective. Toute sacralisation fige le débat, soustrait certaines normes à la critique et étouffe la délibération démocratique. 

Ainsi, ces dispositions constitutionnelles révèlent une ambiguïté profonde : la République algérienne se proclame comme telle, mais demeure partiellement fondée sur une logique pré-républicaine, où l’unité politique repose sur une référence identitaire imposée plutôt que sur l’adhésion libre à des principes communs. 

Hamid Ouazar, ancien député de l’opposition

Ahmed Aït Bachir, tu demeureras des nôtres

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L’écrivain et militant d’expression kabyle, Ahmed Aït Bachir (73 ans), s’est éteint ce jeudi dans un hôpital parisien. Nous pensons d’abord à sa famille qui a perdu un père aimant, doux et attentionné. Un homme bon, généreux en humanité. Il était un des nôtres. L’un de nos meilleurs. Avec sa douloureuse disparition, c’est aussi toute la Kabylie qui vient de perdre un pilier.

Il y a des vies qui ne se mesurent qu’aux combats menés panache et une patiente détermination. Celle d’Ahmed Aït Bachir (Si Hmimi dans la vie de tous les jours) fut intrinsèquement liée à la question identitaire. Au destin de la Kabylie dans cette Algérie tourmentée. D’abord militant kabyle infatigable à l’esprit de synthèse particulièrement incisif, Si Hmimi s’est lancé depuis quelques années dans l’écriture en kabyle. Les lecteurs ont découvert en lui un écrivain de talent, doté d’une connaissance fine et sensible de l’âme kabyle.  Face à l’effacement, au déni et à la répression, Si H’mimi a compris que ce n’est qu’en se réappropriant l’écriture après la liberté de parole que nous pourrons continuer à être nous-mêmes.

En traduisant Histoires de ma vie en kabyle, il a rendu Fadhma At Mansour à sa Kabylie natale. De là où elle est, elle doit l’accueillir avec reconnaissance. Son dernier livre, « Tidak n Tejmaεt », est une pépite. L’auteur y avait jeté toute sa force pour retranscrire le génie populaire des anciens.

Très tôt, Hmimi Aït Bachir a compris que la lutte pour l’identité n’était pas une nostalgie du passé, mais une exigence de dignité. Un choix de liberté. Il a fait partie de cette génération de courageux militants appelée à ferrailler avec le régime qui faisait de l’arabo-islamisme sa religion et de l’amazighité, une dimension identitaire à combattre à tout prix.

Là où d’autres se sont tus par peur ou par lassitude, Si Hmimi avait choisi la parole, l’écriture, le combat. Il était notre honneur et un exemple.

Jamais un mot plus haut qu’un autre, son engagement n’était pas une posture ou une obligation mais un sacerdoce. Il le faisait un naturel qui forçait le respect. Il a milité par l’action, par la pensée et par l’écriture. Ses contributions dans la presse et ses livres, nourris d’un amour viscéral pour sa terre et ses hommes, demeureront des parangons de résistance. Même si les épreuves de la vie ne l’ont pas épargné Si Hmimi nous a montré l’étroite voix qui nous devons inévitablement emprunter pour que nous demeurions ce que nous sommes. Cette fidélité aux siens, Si Hmimi la cultivait avec un naturel désarmant.

Même si nous savons Si Hmimi d’une humilité désarmante, ce n’est pas trahir sa mémoire que de dire qu’il était une conscience culturelle, une manière d’être au monde.

Si Hmimi était un fils de chahid. Son père a donné sa vie pour que l’Algérie soit libre et indépendante et le régime a fait du fils un exilé.

Ahmed Aït Bachir a été donc contraint à l’exil par le régime autoritaire qui prend en otage le destin de l’Algérie. Il a été arbitrairement condamné par une justice aux ordres. Le militant avait vécu cette ignoble condamnation avec résilience. Loin de sa terre natale, il a continué à écrire, à témoigner, à dénoncer. L’exil n’a pas été pour lui une rupture, un renoncement, mais une autre forme de combat : celui de la mémoire contre l’oubli, de l’identité millénaire contre les usurpations mémorielles.

Son parcours incarne celui de tant de militants amazighs : des hommes et des femmes qui ont payé cher leur attachement à leur identité. Mais chez Hmimi Aït Bachir, ce combat avait une dimension particulière. Il ne cherchait ni la gloire ni la reconnaissance. Il cherchait la discrétion et la justesse. Son humilité forçait le respect des adversaires les plus zélés. Il croyait profondément que la culture est une arme pacifique, mais redoutable, et que l’écriture peut fissurer les murs les plus épais.

Aujourd’hui, lui rendre hommage, ce n’est pas seulement saluer un homme. C’est reconnaître une trajectoire de courage et de cohérence. C’est rappeler que la cause amazighe n’est pas un caprice identitaire, mais une lutte pour la liberté, la justice et le respect des peuples. C’était toute cette dimension que représentait Hmimi, et bien plus pour les siens.

Hmimi Aït Bachir restera fidèle à ses idées jusqu’au bout, un immense passeur de la mémoire populaire, un écrivain qui avait une connaissance fine de notre inconscient. Son œuvre désormais traversera les siècles au grand désespoir des négationnistes de tous poils.

Repose en paix cher si Hmimi.

Hamid Arab

La disparition est ressentie comme une vraie tempête, écrit Mohamed Mouloudj. Un oragan dévastateur, souligne Amar Naït Messaoud… Les hommages pleuvent comme cette pluie qui arrose notre terre.

Nous ouvrons cet espace pour toutes les voix qui souhaitent s’exprimer.

Le patrimoine français de Mohammed Bedjaoui sous enquête du Parquet national financier

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Mohammed Bedjaoui, ancien ministre des Affaires étrangères (2005-2007) et ex-président de la Cour internationale de justice (CIJ), est aujourd’hui au centre d’une enquête menée par le Parquet national financier en France. Le Journal du dimanche rapporte que cette attention judiciaire concerne la constitution d’un patrimoine considéré comme disproportionné au regard de ses revenus légaux.

Revoilà qu’on reparle de Mohammed Bedjaoui. Un vrai serpent de mer. Selon le quotidien dominical, Mohammed Bedjaoui percevait en tant que juge international un salaire d’environ 15 000 euros par mois. Pourtant, il est soupçonné d’avoir accumulé une fortune de plusieurs dizaines de millions d’euros. Ces interrogations ont été relayées à la justice française après qu’un signalement a été déposé à l’été 2023 par le député vendéen Philippe Latombe (MoDem), pointant de possibles malversations financières impliquant directement l’ancien magistrat.

L’affaire remonte au tournant des années 2000, lorsque la CIJ devait trancher un litige opposant le Qatar et le Bahreïn sur la délimitation de leurs eaux territoriales, selon le JDD. L’enjeu était considérable : il s’agissait de l’accès à l’un des plus grands champs gaziers au monde. En 2001, la Cour rend un arrêt favorable au Qatar, décision qui avait déjà alors surpris nombre d’experts et d’acteurs du dossier. La même source rappelle que cet arrêt, signé par Mohammed Bedjaoui, avait été jugé suspect par certains observateurs, soulevant des questions sur la neutralité et l’indépendance des juges impliqués.

Le signalement de Philippe Latombe, que Le Journal du dimanche a pu consulter, va au-delà de cette décision contestée. Il décrit des transactions et des investissements à l’international, permettant à Bedjaoui de bâtir un patrimoine jugé incompatible avec ses revenus officiels. Deux signalements distincts ont été transmis au parquet, détaillant ce que le député considère comme « des malversations potentielles ». La nature exacte de ces opérations n’a pas été rendue publique, mais elles posent la question de la transparence et de l’éthique pour un magistrat qui a occupé l’une des plus hautes fonctions judiciaires au monde.

Au-delà de l’aspect financier, cette affaire pose un enjeu symbolique et moral. 

Mohammed Bedjaoui était au coeur de l’un des plus gros scandales de corruption durant les 20 ans de pouvoir du clan Bouteflika-Chakib Khalil.

Pour l’instant, aucune mise en examen n’a été prononcée. Le Parquet national financier se concentre sur la vérification des faits, l’analyse des flux financiers et la traçabilité des avoirs. Comme le souligne le JDD, l’enquête s’annonce complexe et longue, mêlant droit international, transactions financières et questions diplomatiques.

Cette affaire soulève aussi la question de la responsabilité des magistrats internationaux et de l’exemplarité attendue de ceux qui occupent des postes de haute juridiction. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si les soupçons de malversations financières se confirment ou si la fortune de Mohammed Bedjaoui peut être expliquée autrement.

Mourad Benyahia 

Ligue des champions : Paris et Monaco en barrages, l’OM éliminé, Arsenal impérial

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La dernière journée de la phase de ligue de la Ligue des champions a rendu son verdict ce mercredi 28 janvier au terme d’une orgie de 18 matchs disputés en simultané. Le Paris SG n’intègre pas le top 8 et sera en barrages en même temps que Monaco au moment où l’OM tombe de haut et est éliminé de la Ligue des champions à la dernière seconde.

La France du foot rêvait d’un petit triplé en qualifiant ses trois représentants pour la suite de la Ligue des champions. C’est raté ! Comme la soirée du PSG, tenu en échec à domicile par Newcastle (1-1) qui rate le wagon du top 8 et sera reversé en barrages.

Mais ce n’est rien devant la désillusion de l’Olympique de Marseille humilié par Bruges (3-0) et qui rate la qualification pour un but de différence.

Et quel but ! C’est celui à la dernière minute du match Benfica-Real Madrid (4-2) inscrit par le gardien Anatoliy Trubin à la fin du temps additionnel (90+8). Une réalisation qui permet aux Portugais de chiper la 24e et dernière place qualificative pour les barrages grâce une différence de but plus favorable que les Olympiens (-2, contre moins -3).

Les hommes de Roberto De Zerbi ne pourront s’en prendre qu’à eux mêmes. Pour avoir d’abord commencé la rencontre décisive contre Bruges à l’envers en concédant deux buts dans le premier quart d’heure (4e,11e). Pour n’avoir pas su mettre les ingrédients pour revenir au score et surtout pour avoir arrêté de jouer dans les dernières secondes du match croyant (espérant) la qualification acquise.

C’est un immense gâchis pour Marseille qui avait misé pour au moins une place dans les barrages cette saison en Ligue des champions.

La place elle, est assurée par Monaco, pourtant mal en point avant cette journée. Les Monégasques, sans être brillants, ont réussi l’exploit de décrocher leur billet pour les barrages malgré un match nul sur leur pelouse face à la Juventus Turin (0-0).

Le PSG va également passer par les barrages, mais ce n’était clairement pas le projet de Luis Enrique et de ses hommes, qui ont longtemps été dans le top 8. Mais pour ne pas avoir su s’imposer face à Newcastle au Parc (1-1), avec notamment un penalty manqué par Ousmane Dembélé, les Parisiens ne feront pas partie des huit équipes qualifiées directement en huitièmes de finale.

Dans ce top 8, Arsenal a été impérial avec un sans-faute en décrochant un huitième succès en autant de journées face à Kairat Almaty (3-2). Auteur du carton de la soirée (6-0) face à Qarabag, Liverpool fait également partie des huit heureux. Tout comme Manchester City et le FC Barcelone, vainqueur de Copenhague (4-1) grâce à sa ligne d’attaque (Lewandowski, Yamal, Raphinha et Rashford). La surprise est venue du Sporting Portugal qui arrache une place dans le top 8 après sa victoire sur la pelouse de l’Athletic Bilbao (3-2).

Très peu de surprises chez les éliminés, mais la sortie de Naples, champion d’Italie en titre, peut être considérée comme le gros raté de cette phase de Ligue. Pour cette dernière journée, les Napolitains se sont inclinés face à Chelsea (2-3), qualifié dans le top 8.


Qualifiés directement en huitièmes de finale : Arsenal, Bayern Munich, Liverpool, Tottenham, FC Barcelone, Manchester City, Sporting Portugal, Chelsea.

Barragistes (16es de finale) : Real Madrid, Inter Milan, Paris-SG, Newcastle , Atlético de Madrid, Atalanta Bergame, Juventus Turin, Borussia Dortmund, Galatasaray, Karabagh FC, , Bayer Leverkusen, Monaco, Olympiakos, Bodö/Glimt, Benfica, Club Bruges.

Éliminés : Marseille, Athletic Bilbao, Naples, FC Copenhague, PSV Eindhoven, Paphos, Union Saint-Gilloise, Ajax Amsterdam, Eintracht Francfort, Slavia Prague, Villarreal, Kairat Almaty.

Rfi

Niger : tirs et détonations entendus dans la nuit à l’aéroport de Niamey

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L’aéroport international de Niamey a été le théâtre de violences tard mercredi soir. De fortes détonations et des tirs nourris ont été signalés cette nuit dans la zone. Le calme est revenu mais l’identité des assaillants n’est pas connue et aucun bilan n’est disponible pour l’instant. 

Les échanges de tirs ont commencé peu après minuit dans la zone de l’aéroport Diori Hamani dans le sud-est de Niamey.  C’est là que se trouve la Base 101 de l’armée de l’air nigérienne ainsi qu’une base de drones. C’est également dans cette zone qu’est entreposée une importante cargaison d’uranium dans l’attente d’être exportée.

C’est là encore que se trouve le quartier général de la Force unifiée antidjihadiste créée par le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

La cause de l’échange de tirs de cette nuit n’est pas connue, pas plus que l’identité des assaillants, mais des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des traînées lumineuses dans le ciel, signe que défense antiaérienne est probablement entrée en action, peut-être contre une attaque de drones. 

Quoiqu’il en soit, les détonations ont provoqué la panique des passagers de l’aéroport. Certains ont fui les lieux à pied. Des vols ont dû être déroutés vers d’autres aéroports.

Le calme était revenu au bout d’une heure, mais aucun bilan n’est disponible ce jeudi matin.

RFI

Christian Schoenaers : « L’écriture est d’abord et essentiellement une quête de soi »

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Auteur de Écrire Biskra, publié aux éditions L’Harmattan, Christian Schoenaers revient dans cet entretien sur une ville longtemps investie par l’imaginaire littéraire, tour à tour espace de passage, de mémoire et de réécriture. Biskra y apparaît moins comme un simple décor que comme un lieu d’expérience, où se croisent regard d’écrivain, histoire et traces laissées par le temps.

À travers cette conversation, Christian Schoenaers interroge le lien profond entre territoire et création, la persistance des empreintes littéraires et la lecture comme forme de rencontre. Une réflexion qui dépasse le cadre local pour questionner, plus largement, ce que les lieux font à l’écriture et ce que l’écriture, en retour, fait aux lieux.

Le Matin d’Algérie : Qu’est-ce qui vous a conduit à choisir Biskra comme point d’ancrage central de cette double trilogie, plutôt qu’une autre ville ou un autre espace algérien ?

Christian Schoenaers : Ce n’était pas vraiment un choix délibéré : plutôt quelque chose qui s’est proposé, imposé à moi sur mes chemins de lecture. Tout a commencé il y aura bientôt vingt ans par la rencontre du nom de cette ville dans le livre de James Vandrunen, un écrivain belge né au XIXᵉ siècle, très confidentiel, dont je voulais faire un de mes compagnons de route. Je lisais ses Heures africaines (1900) pour suivre sa trace au Congo belge, et les pages qu’il consacre d’abord à Biskra m’ont si vivement intéressé que j’ai fini par en faire ma priorité. Il a en quelque sorte éveillé en moi le désir de Biskra, il m’a donné envie de la visiter moi aussi, mais comme par procuration, dans les mots des autres. Selon mon habitude, j’ai alors convoqué d’autres écrivains à ma table de travail, pour me constituer une petite anthologie de textes littéraires relatifs à cette ville algérienne que je ne connaissais pas. Les noms ont succédé aux noms, les livres aux livres, et dans ce que je rassemblais il m’est apparu assez rapidement que certains textes pourraient faire la matière d’un livre, et bientôt de deux. La question s’est même posée plus tard d’une troisième trilogie qui aurait pu rassembler Henri Duveyrier, Isabelle Eberhardt ou Henry Jean-Marie Levet, mais après réflexion la substance était ici trop mince peut-être. De Levet par exemple, je n’ai trouvé qu’un seul texte, un sonnet, consacré à Biskra.

Le Matin d’Algérie : Vous insistez sur l’idée que le lieu n’est jamais un simple décor. Comment définiriez-vous le rôle précis que joue Biskra dans les œuvres que vous analysez ?

Christian Schoenaers : Le lieu en effet est pour moi bien davantage qu’un simple décor : il est une des données fondamentales de notre présence au monde. « Dis-moi ta façon de te figurer l’espace qui t’entoure, que tu découvres ou redécouvres, où tu t’attardes ou même que tu fuis, et je te dirai qui tu es ! » Il y a une citation de Jean Grenier (par ailleurs auteur lui aussi, dans un ouvrage paru en 1937 et intitulé Inspirations méditerranéennes, de quelques pages sur Biskra) qui résume bien, il me semble, ce qu’un lieu peut être ou devenir pour celui qui le découvre ou y séjourne : « Il est donc bien vrai que dans ces immenses solitudes que doit traverser un homme de la naissance à la mort, il existe quelques lieux, quelques moments privilégiés où la vue d’un pays agit sur nous, comme un grand musicien sur un instrument banal qu’il révèle, à proprement parler, à lui-même. » (Jean Grenier, Les Iles) En les lisant, il m’a semblé que Biskra, à des degrés divers, avait agi sur chacun de mes auteurs d’une manière telle que non seulement son œuvre, mais son être même s’en était trouvé profondément affecté, modifié peut-être.

Le Matin d’Algérie : Le premier volume est placé sous le signe de la découverte, le second sous celui du retour. Pourquoi cette distinction vous semblait-elle essentielle dans votre lecture des textes ?

Christian Schoenaers : Cette distinction n’était pas préméditée, elle n’est pas antérieure à ma lecture ni même à l’achèvement de mes textes. En bouclant la première trilogie, je ne savais pas encore précisément à qui j’allais consacrer la deuxième. Et c’est seulement quand ce deuxième livre a été achevé, que, me relisant en quelque sorte, je me suis avisé que ce qui distinguait aussi les auteurs élus pour ces deux trilogies, Gide mis à part, c’était peut-être cette expérience de la découverte pour les uns, et celle du retour pour les autres. Distinction qui chargeait encore de sens ma propre entreprise, parce que parallèlement à mes auteurs, ma deuxième trilogie prenait aussi pour moi le sens d’un retour et d’une insistance sur un sujet (Biskra) découvert pour les besoins de la première trilogie.

Le Matin d’Algérie : Fromentin, Gide et Vandrunen portent des regards très différents sur Biskra. Qu’est-ce qui, selon vous, les rapproche malgré leurs sensibilités et leurs contextes distincts ?

Christian Schoenaers : Ce qui les rapproche, de mon point de vue, c’est d’abord et essentiellement la place qu’ils font tenir par Biskra dans leurs écrits. C’est le désir, le besoin ou la nécessité qui ont été les leurs de mettre cette ville en mots, et plus encore leur rencontre personnelle avec elle. Ce qui distingue leur contribution respective à la fortune littéraire de Biskra, c’est d’une part la ville elle-même (celle vers laquelle avance Fromentin est d’un demi-siècle antérieure à celle où s’arrêtent et s’attardent Gide et Vandrunen), et c’est aussi, d’autre part, leur façon très personnelle d’établir des rapports avec le monde, l’espace, le temps, l’autre et enfin avec eux-mêmes.

Le Matin d’Algérie : Dans le second tome, vous évoquez des « revenants ». En quoi le retour modifie-t-il la relation à la ville et, plus largement, à l’écriture ?

Christian Schoenaers : « Vois deux fois pour voir juste, disait Amiel, ne vois qu’une pour voir beau ! » Revenir sur les lieux d’un bonheur passé, ce n’est sans doute pas y retrouver dans toute sa fraîcheur et sa pureté ce bonheur-là, mais c’est se donner l’occasion, les moyens d’affûter son regard et donc aussi sa plume. C’est gagner en lucidité, non pas tant peut-être sur le lieu lui-même que sur soi-même. C’est mesurer à l’intérieur de soi le chemin parcouru entre le moment de la découverte et celui du retour. Et l’écriture telle que je la conçois est d’abord et essentiellement une quête de soi.

Le Matin d’Algérie : Comment avez-vous abordé la question du contexte colonial, notamment dans les textes de Fromentin ou de Truphémus, sans réduire ces œuvres à une seule grille de lecture historique ?

Christian Schoenaers : Je dois avouer que ce contexte colonial ne m’a pas beaucoup occupé. Ce que j’ai cherché à saisir ou à cerner, c’est l’originalité et la qualité du rapport très étroitement personnel que chacun de mes auteurs établit avec cette ville de Biskra. Pour certains, il est vrai, en raison de leur statut, de leur parcours, de leur position dans la société algérienne de leur époque, cette question coloniale s’est posée avec une certaine acuité dont je ne pouvais pas non plus faire complètement l’économie. C’est le cas d’Albert Truphémus qui s’en prend explicitement dans plusieurs de ses livres au système colonial, pour le condamner ou plutôt pour en déplorer la mise en œuvre et ses conséquences, sans pour autant qu’on puisse ranger ses livres parmi les romans anticolonialistes. Mais ici j’ai suivi d’autres commentateurs de son œuvre. Quant à Gide qui dans son Voyage au Congo dénoncera plus tard les méfaits de la colonisation, il était à Biskra trop préoccupé de lui-même et de ses plaisirs pour être attentif à autre chose.

Le Matin d’Algérie : Votre démarche critique repose sur une forte adhésion au texte. Comment trouvez-vous l’équilibre entre empathie pour l’auteur et distance analytique ?

Christian Schoenaers : Ma lecture en effet est essentiellement empathique, elle me fait adhérer fraternellement, presque amoureusement au texte que je lis. Cette adhésion, cette proximité, cette complicité peuvent brouiller quelque peu la vision et l’analyse. Georges Poulet, un de mes maîtres, parlait d’une « critique d’identification », mais son ami Jean Starobinski préconisait au contraire dans l’acte critique une nécessaire distance, garante d’une plus grande lucidité et d’une certaine indépendance. L’idéal serait sans doute d’alterner les deux mouvements dans une sorte de va-et-vient continuel : adhérer d’abord, dans un premier temps, puis, dans un deuxième temps, se déprendre ou se reculer tant soit peu, et enfin faire la synthèse des enseignements respectifs des deux mouvements.

Le Matin d’Algérie : En confrontant des écrivains européens et un auteur algérien comme Hamid Grine, cherchiez-vous à instaurer un dialogue particulier entre les mémoires et les regards ?

Christian Schoenaers : Non. Quel que puisse être par ailleurs l’intérêt et l’importance d’un tel dialogue, je n’ai pas cherché moi-même à l’instaurer ni même à le favoriser. Chacun de mes auteurs a été lu, si je puis dire, séparément, indépendamment des autres, pour son propre compte. Mais le dialogue dont vous parlez est parfois présent dans le texte même que je lis et prolonge par l’écriture, et alors un peu malgré moi. Ainsi Hamid Grine dans ses romans convoque-t-il tantôt Gide (dans Le Café de Gide), tantôt Camus (dans Camus dans le narguilé). Et Grine est aussi essayiste, et il a consacré de nombreux textes à des auteurs européens du présent (Françoise Giroud, Jean-Louis Servan-Schreiber, Pierre Hadot, Jean Daniel…) et même d’un très lointain passé (Sénèque, Épicure…).

Le Matin d’Algérie : Pensez-vous que Biskra conserve aujourd’hui une charge symbolique comparable à celle décrite par les écrivains que vous étudiez ?

Christian Schoenaers : Pour répondre à cette question je devrais peut-être faire à mon tour le voyage de Biskra, aller moi-même passer quelques jours dans cette ville et l’arpenter en tous sens… Peut-être en reviendrais-je déçu. Je crains qu’en vain un visiteur d’aujourd’hui chercherait dans la ville actuelle ce qui faisait son attrait pour les voyageurs ou les écrivains du passé. À moins de partir dans la ville d’aujourd’hui, précisément, à la recherche de celle du passé. Rechercher des traces à demi effacées, lever des empreintes… C’est ce que fait de son côté et pour son propre compte le narrateur du Café de Gide, pour qui il y a par ailleurs plusieurs Biskra (celle de Gide à la charnière des XIXᵉ et XXᵉ siècles, celle de sa propre enfance et de son adolescence dans les années 50-60, puisqu’il est natif de là-bas, celle enfin qu’il retrouve à l’âge adulte quarante ou cinquante ans plus tard). Dans les années trente, Jean Grenier (Inspirations méditerranéennes) déjà déplorait que Biskra « ait perdu de son caractère indigène », et même son « caractère de capitale où l’on vient pour les échanges et les plaisirs ». Dans un livre plus récent (Un voyage en Algéries, Plon, 2012), Éric Sarner évoque Gide et Fromentin, mais ses pages se nourrissent moins de ce qu’il a trouvé in situ, à Biskra où il se promène, que de ses souvenirs de lecteur ou de sa culture littéraire…

Le Matin d’Algérie : À travers ces deux volumes, peut-on lire Écrire Biskra comme une réflexion plus large sur le rapport entre lieu, identité et création littéraire ?

Christian Schoenaers : Oui, c’est la démarche qui est la mienne, dans ces deux livres-ci comme dans ceux que j’ai consacrés à d’autres lieux, comme l’île de Gorée au Sénégal. D’une certaine façon, en forçant un peu le trait, on pourrait même dire que Biskra n’est ici qu’un prétexte à la rencontre avec des écrivains qui en parlent, qui lui ont fait une place dans leur œuvre. L’élément grâce auquel les écrivains ici accompagnés se révèlent à eux-mêmes – et à leur lecteur.

Le Matin d’Algérie : Votre travail met souvent en lumière le lien entre expérience vécue et écriture. En quoi ce projet vous a-t-il personnellement transformé comme lecteur et critique ?

Christian Schoenaers : Chaque lecture, chaque rencontre, chaque essai me transforme ou me fait faire quelques pas de plus dans la quête de moi-même qu’est pour moi l’écriture critique. On ne sort pas indemne d’un long compagnonnage – de plusieurs mois, plusieurs années parfois – avec un autre homme, ou plus justement peut-être avec une œuvre. Sans doute le chemin privilégié de la quête de soi est-il en littérature le genre autobiographique, le diarisme ou encore l’autofiction, mais pour dire le plus personnel j’ai besoin, moi aussi, comme le dit quelque part Jean-Pierre Richard, du détour par l’autre.

Le Matin d’Algérie : Enfin, que souhaiteriez-vous que le lecteur retienne avant tout de Écrire Biskra : une ville, des écrivains, ou une manière de lire et de comprendre la littérature ?

Christian Schoenaers : Un peu tout cela à la fois, si ce n’est pas trop exiger ou attendre de lui, mais surtout la possibilité qu’offre la lecture – et la critique quand elle est entreprise dans un certain état d’esprit – de rencontrer l’autre et de l’accompagner sur les chemins qui sont les siens et qui insensiblement, inévitablement le mènent à lui-même, dans son rapport – toujours original et singulier – au monde, à l’autre et à soi. Dans un vocabulaire d’un autre temps, Charles Du Bos définissait la littérature comme « le lieu où se rencontrent les âmes ». En ce qui me concerne, si je lis, si je prolonge par l’écriture le bonheur de la lecture, c’est pour essayer de rencontrer autrui dans sa vérité d’homme et d’écrivain, en profondeur, sur un plan qu’on pourrait dire spirituel (plutôt qu’intellectuel, esthétique ou moral). Ma lecture n’est pas un méta-discours ni une critique de jugement, mais un accompagnement presque fraternel, et passionné.

Entretien réalisé par Djamal Guettala 

Biographie

Critique littéraire et essayiste, Christian Schoenaers est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à des écrivains d’horizons divers (Belgique, Suisse, France, Sénégal, Algérie) mais pour chacun desquels la double aventure d’être et d’écrire procède et témoigne d’une très authentique quête de soi. Sa lecture cherche d’abord à adhérer au texte lu, dans un mouvement d’identification et de sympathie.

Municipales à Marseille : inauguration de la permanence et campagne locale pour le 13ᵉ – 14ᵉ arrondissements

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Mardi 27 janvier, la campagne des élections municipales de mars 2026 à Marseille a franchi une nouvelle étape avec l’inauguration de la permanence de campagne du mouvement Marseille pour Tous pour les 13ᵉ et 14ᵉ arrondissements.

L’événement, annoncé en amont par Nora Preziosi sur ses plateformes officielles, visait à présenter aux habitants les enjeux locaux et la dynamique engagée par la liste conduite dans ce secteur.

Dans un contexte où la compétition municipale s’annonce particulièrement disputée, cette permanence s’inscrit comme un point d’ancrage concret pour la communication de proximité et l’écoute des citoyens du secteur. Les élections se dérouleront les 15 et 22 mars 2026, selon le calendrier officiel fixé par les autorités et qui structure désormais la vie démocratique locale à Marseille.

Sur le plan politique, Marseille pour Tous se présente comme une liste citoyenne sans étiquette partisane, portée par des personnalités issues de la société civile et du terrain. Aux côtés d’Erwan Davoux, tête de liste pour la mairie centrale, Nora Preziosi est désignée comme tête de liste pour le secteur qui regroupe les 13ᵉ et 14ᵉ arrondissements. Ce positionnement a été confirmé lors de l’annonce publique de la structuration du mouvement, qui vise à renouveler les pratiques politiques locales et renforcer la participation des habitants dans l’élaboration des priorités de mandat.

Crédit photo : Le Matin d’Algérie.

Présente dans l’espace public marseillais depuis plusieurs décennies à travers diverses fonctions locales, Nora Preziosi s’est également illustrée par son engagement associatif et institutionnel — notamment à la tête du bailleur social 13 Habitat — ce qui lui confère une notoriété significative dans les quartiers populaires et une visibilité politique accrue.

L’ouverture de cette permanence intervient au moment où Marseille pour Tous cherche à intensifier ses contacts avec les habitants, structurer ses équipes de campagne et articuler un programme de proximité autour des problématiques de sécurité, de services publics, de vie de quartier et d’éducation, parmi d’autres thèmes jugés prioritaires par ses promoteurs.

Cette étape symbolise aussi la montée en puissance d’une candidature qui se veut alternative dans un paysage municipal marqué par la présence de listes traditionnelles (gauche et droite), le positionnement de figures nouvelles et des débats sur la gouvernance locale.

Djamal Guettala 

L’homme, ce « grand » virus galactique

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L’article suivant est proposé régulièrement dans l’espoir qu’il servira de piqure de rappel pour ceux qui se considèrent immortels dans ce caillou perdu dans l’univers infini, alors qu’ils ne représentent guère que de petits virus, ne serait-ce qu’à l’échelle terrestre. À l’échelle galactique, l’électron doit occuper un espace immense comparé à ce virus arrogant !

Sommes-nous seuls dans l’univers ?

En ces temps où la moindre info se retrouve très vite noyée dans un océan d’intox, surtout pour nos pays dits arabes, forcément arriérés dans le référentiel d’un Occident qui se veut maître de l’évolution (et il l’est, qu’on le veuille ou non !) chaque printemps transforme toutes sortes d’éclosions en fenaisons de cauchemars, d’effusions de sang ou de prison.

Pour ceux que ces spectacles affligeants agacent et exaspèrent, il est fortement recommandé de s’offrir quelques moments de répit et d’évasion pour, d’un simple regard, scruter et palper l’Univers afin d’élever toutes sortes de questionnements philosophiques à une échelle supérieure, celle du monde galactique. Une façon fugace, mais ô combien efficace, de ramener ses angoisses de bipède primate à une dimension transcendantale décalée des démêlés politiques que nous imposent ces particules négligeables dans l’espace et dans le temps, même si elles portent des noms synonymes de grandeur et de prestige perfides, à l’exemple de tous ces vieux chnoques de l’Algérie nouvelle qui ne font que précipiter le pays dans les méandres d’une incurie manifeste.

Pour oublier ces créatures inhumaines, leurs mimodrames puérils et infâmes, il suffit juste de lever les yeux pour scruter le ciel nocturne, quand nul nuage ne l’assombrit, et laisser vadrouiller l’esprit d’une constellation visible à l’autre, en se posant l’unique question qui résiste encore aux avancées conjuguées de l’astrophysique, de l’astronomie et de l’exobiologie : « parmi ces étoiles en myriades, lesquelles abritent encore la vie, et dans quelles autres est-elle née avant de disparaitre à jamais ? ». Car la question « sommes-nous seuls dans l’Univers ? » possède désormais une réponse catégorique. Moult analyses et statistiques basées sur de récentes découvertes d’exoplanètes, dont le décompte se fait maintenant par milliers, apportent un Oui, quasi absolu, à l’éventualité que la vie soit apparue ailleurs que sur la planète Terre ! Apparition et extinction semblent se conformer aux mêmes règles, aux mêmes lois, un peu partout dans l’Univers, selon des cycles de vie et de mort quasiment identiques, à l’échelle galactique. Des étoiles, dont certaines abritent la vie, finissent par s’éteindre pendant que d’autres se forment pour laisser place à d’autres éclosions, ailleurs sur d’autres planètes, sous d’autres cieux, à des centaines, des milliers, des millions d’années-lumière !

Retour sur un sommaire intemporel des interactions philosophales entre le ciel et la Terre :

Depuis la nuit des temps, l’Homme contemple le ciel et s’interroge sur ces myriades d’astres suspendus au-dessus de sa tête, hors de portée, loin de tout saut qu’il rêve parfois de réussir à faire pour les arracher, les observer de près et, pourquoi pas, arriver à se les approprier. Des astres lumineux qu’il apprend vite à repérer pour s’orienter lors de périlleux voyages à travers mers, océans et déserts, sans pour autant que ne s’éteignent en lui des interrogations où s’entremêlent méditations et réflexions diverses, le plus souvent liées à une angoisse lancinante ; celle de se savoir unique créature « élue » et perdue dans ce cosmos infini.

Très vite, les Saintes Ecritures sont venues à son secours, pour le séduire, le dorloter, et le rassurer que la Terre est le centre de l’Univers, et que Lui, créature de corpulence médiane entre la fourmi et le dinosaure, mais doté d’une « intelligence supérieure » à toute autre espèce animale ayant vécue sur Terre depuis des milliers de millénaires, est la créature préférée des cieux et des Dieux. En guise de présents pour Lui, et Lui seul, le soleil, la lune, les étoiles et tout ce qui éclos sur Terre. Autant d’offrandes et de bienfaits exclusivement destinées à son bien-être et son confort ! Et, bien qu’illusoire et éphémère, son bref passage sur Terre ne constitue qu’un avant-goût de ce qui l’attend là-haut, chez le père éternel, dès lors qu’il se soumet à des règles d’adoration et de soumission quotidiennes et solennelles.

La Science quant à elle ne se suffit pas de sornettes ! À question bien énoncée, se doit réponse bien exposée ! Pour cela, le Scientifique s’interroge, suppute, découvre et avance, bien souvent à contre-courant des gloses banales avancées par la Bible, la Thora et le Coran. L’affaire Galilée en est l’exemple le plus probant !

Peu après Spoutnik, l’homme a foulé la Lune. Il se promène désormais en permanence autour de la Terre. Il a envoyé des sondes sur Mars, Venus, Mercure, et la comète Tchouri ! Décollée de cap Canaveral, il y a plus de 50 ans, Voyager-2 a frôlé Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton, avant d’aller se perdre dans le vide interstellaire, en dehors du système solaire. Tout cela ne le satisfait pas ! Car au-delà de cet espace réduit qui nous semblait impénétrable, il y a quelques dizaines d’années, il y aura bientôt les étoiles et les galaxies à explorer !

À cet égard, on ne peut que s’émerveiller des belles avancées accomplies par l’astrophysique et l’astronomie, en moins de trois décennies !

Il me revient en mémoire, une manchette de journal en gros caractères, laquelle annonçait la découverte, en 1995, de la première exoplanète. Une planète extérieure au système solaire qui gravite autour d’une naine jaune, située à 51 années-lumière de la Terre. Enfin, un bout de réponse à une question qui nous torturait l’esprit dès les années de Lycée et nos premiers cours de Science et de Philosophie, celle de savoir si, autour de ces étoiles lointaines gravitaient d’autres planètes, et si comme la Terre, elles y abritent la Vie aussi.

20 ans plus tard, les télescopes Hubble et Kepler, conjugués aux nombreux observatoires terrestres, ont porté le décompte en « Terres » extra-système-solaire à plus de 5000, dont un lot de 1234, confirmé d’un coup par un nouveau logiciel d’analyse, lequel permet de filtrer et d’affiner les résultats pour ne retenir que ceux qui rentrent dans une fourchette de certitude avoisinant 99% ! Si on y rajoute 3000 autres, en majorité confirmée récemment, ce ne sont pas moins de 8000 exoplanètes qui ont été découvertes jusqu’ici. La moisson s’amplifiera certainement d’un facteur exponentiel avec le télescope James Webb, beaucoup plus performant en termes de résolution. La mission de James Webb n’est pas tant de découvrir d’autres planètes mais d’étudier l’atmosphère des plus proches pour détecter d’éventuelles traces d’eaux et d’atmosphères. 

Bien évidemment, les découvertes scientifiques sont souvent polluées par un sensationnalisme maléfique, au même titre que celui de la presse people ou des agitations politiques. Telle fébrilité d’annonce journalistique s’avère fort décevant, eu égard au sérieux que nécessite toute observation nouvelle. À ce propos, combien de fois ne nous-a-t-on pas berné avec des dépêches annonçant la découverte de « super Terres », rapidement noyées dans des supputations qui laissent souvent place à un sentiment profond de frustration.

Toujours est-il que nonobstant les quelques malheureux couacs qui se glissent régulièrement dans la presse, la question de l’existence d’autres planètes analogues à la Terre ne se pose plus, car on estime désormais qu’une étoile sur cinq abrite au moins une planète située dans la zone habitable, donc susceptible d’abriter la vie.

Sachant, qu’à elle seule, notre Galaxie contient des centaines de milliards d’étoiles, on ne peut raisonnablement écarter l’idée qu’il existe des milliards de planètes similaires à la nôtre, dans notre seule voie lactée. Cela est quasiment certain ! Sachant que telle statistique peut aisément s’extrapoler à des milliards d’autres galaxies qui s’émoustillent en termes de millions d’années-lumière, les planètes semblables à la « belle Bleue » se comptabilisent en quantités à donner le tournis.

Mais ce qui taraude d’avantage l’homme de Science, ce n’est plus tant de découvrir des planètes jumelles de la Terre, mais surtout et avant tout de savoir si ces jumelles abritent aussi son propre frère. Parce que, dopé par un égo supérieur, la notion de Vie pour l’Homo- Sapiens doit nécessairement lui renvoyer le reflet de sa propre image. Sa quête de prospection ne s’arrêtera sans doute pas à la découverte de quelconque microbe, lequel représenterait pourtant la signature d’un schéma biologique conforme à celui qui a prévalu sur Terre il y a des centaines de millions d’années.

Savoir qu’un virus, un seul petit germe, se promène quelque part parmi les étoiles serait une preuve suffisante d’une forme universelle de développement de la vie, à l’échelle galactique ! L’égo de l’homo sapiens prendrait un sacré coup de blues s’il venait à ne découvrir que des créatures insignifiantes qui ne lui renvoient pas sa propre « beauté » physique et intellectuelle, celle de la créature sur laquelle les cieux ont jeté le dévolu pour en être l’unique préférée et pour laquelle la totalité de l’univers infini a été créé ! Hé-hé, c’est comme si les océans, l’Atlantique et le Pacifique, n’avaient été générés par les millions d’années d’évolution que pour héberger un simple têtard « meskine, ouahdahou, la charika lahou » snif, snif !

Depuis son lancement, Le télescope James Webb ne cesse de nous inonder de clichés merveilleux de l’espace, de ses galaxies, de ses nébuleuses etc. Par ailleurs, l’observation par vision directe d’une exoplanète constitue un véritable tournant pour l’astronomie !

Vivement l’analyse de l’atmosphère de celles qui en possèdent. Que nous ayons enfin preuves et attestations que la vie n’est pas une singularité propre à la planète Terre, mais qu’au contraire elle constitue une banalité étendue à tout l’Univers. Il reste à souhaiter, une fois la vérité galactique révélée, une intervention céleste, celle d’un Dieu qu’on mêle au moindre geste, à la moindre intention ! Un Dieu qui clamerait aux hommes : « mais foutez-moi donc la paix bande de c…, j’ai autre chose à faire que de m’occuper des infâmes égarements de négligeables Homo-Sapiens ! »

Kacem Madani

Kamel Moula (CREA) et Segolene Royal (AFA) : maintenir le dialogue économique Algérie–France 

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La rencontre entre le président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), M. Kamel Moula, et Mme Ségolène Royal, présidente de l’Association France–Algérie (AFA), s’inscrit dans un contexte diplomatique particulièrement sensible.

La visite de l’ancienne ministre française en Algérie intervient en effet à un moment où les relations algéro-françaises traversent une phase de dégradation avancée, marquée par des tensions politiques persistantes et un dialogue institutionnel fragilisé.

C’est dans ce cadre que les deux parties ont échangé sur les enjeux économiques et les perspectives de coopération, avec pour objectif apparaissent en filigrane des discussions d’éviter que cette situation diplomatique n’ait un impact négatif durable sur les échanges économiques et commerciaux entre les opérateurs économiques des deux rives. Si ces échanges ne sont pas totalement interrompus, ils ne connaissent toutefois plus la dynamique observée lors des périodes de relations bilatérales plus apaisées.

Les discussions ont porté sur les opportunités de coopération dans les domaines du commerce, de l’investissement et du développement des entreprises. Mme Ségolène Royal a exprimé la volonté de l’Association France–Algérie d’adopter une approche pragmatique et constructive, visant à accompagner les initiatives économiques et à maintenir un espace de dialogue entre les acteurs économiques, indépendamment des tensions politiques. Elle a également souligné l’engagement de l’AFA à contribuer à l’élaboration de cadres de travail favorisant la stabilité, la visibilité et la durabilité des projets économiques.

Pour sa part, M. Kamel Moula a rappelé que les priorités économiques de l’Algérie exigent des réponses concrètes et immédiates, notamment en matière de développement des entreprises nationales. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de production afin de répondre aux objectifs stratégiques du pays en matière de sécurité alimentaire, sanitaire et énergétique. Dans cette perspective, la diversification des partenariats internationaux et des sources d’approvisionnement demeure, selon lui, un levier essentiel.

À l’issue de la rencontre, le CREA et l’Association France–Algérie ont convenu de maintenir un dialogue régulier. Cette initiative vise à identifier les conditions susceptibles de préserver un environnement favorable aux échanges économiques et à l’investissement, dans un contexte politique tendu, et à maintenir un minimum de continuité économique au service des intérêts partagés des deux pays.

Samia Naït Iqbal

Où est passé l’économiste Djelloul Slama ? Atmane Mazouz brise le silence

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L’absence prolongée de l’économiste Djellou de l’espace public suscite interrogations et inquiétudes. Selon plusieurs sources concordantes, son arrestation serait intervenue à la suite d’une émission télévisée au cours de laquelle il s’est exprimé sur des dossiers économiques jugés stratégiques.

Djelloul Slama embastillé pour avoir dit la vérité sur l’enfumage de l’opinion publique sur plusieurs questions économique dont la fameuse mine de Ghara Djebilet. L’arrestation arbitraire de cet économique a fait réagir Atmane Mazouz, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Dans une prise de position rendue publique sur sa page Facebook, Atmane Mazouz évoque une incarcération liée non pas à des faits pénalement répréhensibles, mais à des analyses critiques portant sur la viabilité économique de certains projets industriels. Il parle explicitement d’un « délit de critique économique », estimant que l’affaire dépasse le cadre judiciaire pour poser un problème politique et institutionnel plus large.

Économiste reconnu, Djelloul Slama s’était illustré lors de son intervention médiatique par une lecture analytique de projets publics, en s’appuyant sur des indicateurs économiques classiques : coûts réels, perspectives de rentabilité, impact sur l’emploi, intégration industrielle et soutenabilité financière. Des éléments qui relèvent, selon plusieurs observateurs, du travail ordinaire d’un expert appelé à éclairer le débat public.

@sabir_sabir88

لن تستطيع أي شركة عالمية مساعدة ‎#الجزائر في استغلال غار جبيلات، لأنه مقيد باتفاقية إفران مع ‎#المغرب #video #for #tik_tok

♬ الصوت الأصلي – ⚔️جلاد بوصبع ⚔️

Pour Atmane Mazouz, le problème réside moins dans le contenu des analyses que dans le fait qu’elles aient été exprimées publiquement. Il souligne que des interrogations similaires sont régulièrement formulées par des économistes, ingénieurs et cadres du secteur public, mais le plus souvent dans des espaces restreints ou informels. La singularité du cas Slama tiendrait ainsi à l’exposition médiatique de ses critiques.

Cette affaire relance le débat sur la place de l’expertise indépendante en Algérie et sur la capacité du système institutionnel à tolérer la contradiction technique. Plusieurs spécialistes estiment que la remise en question argumentée de projets économiques ne constitue pas une menace, mais un outil de prévention contre des choix coûteux ou inefficaces.

Au cours des dernières années, de nombreux projets annoncés comme stratégiques ont connu des difficultés d’exploitation, des retards ou des abandons, souvent attribués a posteriori à l’absence d’études approfondies, d’évaluations indépendantes ou de débats contradictoires en amont. Dans ce contexte, la critique économique est perçue par une partie des experts comme un levier de bonne gouvernance plutôt que comme un acte de contestation.

En dénonçant l’incarcération de Djelloul Slama, Atmane Mazouz met en garde contre une assimilation croissante entre analyse technique et opposition politique. Selon lui, un État sûr de ses choix économiques devrait répondre aux critiques par des arguments, des données et des contre-analyses, et non par des mesures coercitives.

Au-delà du cas individuel de Djelloul Slama, l’affaire pose la question plus large de la liberté d’analyse et du rôle du savoir dans l’élaboration des politiques publiques. Pour de nombreux observateurs, sans expertise libre et débat ouvert, la prise de décision économique risque de se faire au détriment de la transparence, de l’efficacité et de la crédibilité des choix stratégiques.

Samia Naït Iqbal