Marche de soutien au peuple kurde réprimé en Syrie et en Turquie. Crédit photo : DR
Jeudi 22 janvier 2026, Marseille a connu un après-midi électrique. Dans le centre-ville, un rassemblement en soutien au peuple kurde, initialement annoncé comme pacifique, a rapidement dégénéré. Environ 2 500 manifestants avaient répondu à l’appel. Mais ce qui devait être un acte de solidarité s’est transformé en scènes de chaos et de confrontation avec les forces de l’ordre.
Tout a commencé calmement. Des banderoles déployées, quelques drapeaux kurdes flottant dans le vent, des slogans scandés avec conviction. Puis, le ton a changé. Certains manifestants ont commencé à lancer des pierres, tandis que des mortiers d’artifice explosaient au-dessus de la foule, frappant parfois la police. Qui avait intérêt à voir dégénérer une manifestation pacifique ?
Le bruit des sirènes et les éclats lumineux des projectiles ont plongé les rues de Marseille dans une atmosphère tendue, presque irréelle. Les passants se sont réfugiés, certains films amateurs circulant déjà sur les réseaux sociaux, montrant des conteneurs à déchets en feu et des deux-roues incendiés sur les trottoirs. Le mobilier urbain n’a pas été épargné.
Face à cette escalade, les forces de l’ordre ont réagi. Les grenades lacrymogènes ont été utilisées pour disperser les manifestants et reprendre le contrôle de la situation. Le nuage blanc et épais s’est rapidement répandu dans les ruelles, obligeant la foule à reculer. La préfecture a confirmé que dix policiers avaient été légèrement blessés et que deux interpellations avaient eu lieu. La réaction des autorités fut rapide mais mesurée : protéger ceux qui souhaitent manifester pacifiquement, tout en réprimant toute atteinte à l’ordre public.
La scène observée ce jour-là rappelle combien ces rassemblements sont à la fois nécessaires et fragiles. La cause kurde, qui suscite une forte empathie, attire une mobilisation diverse et parfois radicalisée. Et Marseille, ville portuaire et cosmopolite, se retrouve souvent au cœur de cette tension entre engagement citoyen et violences urbaines. Ce mélange d’enthousiasme militant et de défiance envers l’autorité a créé un cocktail explosif, où le moindre incident peut dégénérer.
Alors que le soleil tombait sur le Vieux-Port, les forces de l’ordre ont progressivement repris le contrôle. La majorité des manifestants s’est dispersée, laissant derrière elle des traces visibles de la confrontation : poubelles calcinées, rues encombrées de débris, odeur de gaz lacrymogène persistante. Les images, déjà relayées par les médias et les réseaux sociaux, ont montré un visage de la ville que peu souhaitent voir, mais qui reflète une réalité de plus en plus fréquente dans les grandes villes françaises.
Ce rassemblement rappelle que la solidarité ne se limite pas aux intentions, mais se heurte souvent à la réalité du terrain. À Marseille, le soutien au peuple kurde continue d’être exprimé, mais chaque manifestation pose la question : comment conjuguer engagement et sécurité, empathie et ordre public ? Les réponses restent complexes, entre émotion, mémoire collective et nécessité d’éviter l’escalade.
El Watan est averti : se taire définitivement, devenir une courroie de propagande ou subir les foudres du ministre de la Communication, bras répressif du pouvoir.
Il existe une figure littéraire que le régime algérien manie avec une dextérité remarquable : l’oxymore. On la retrouve, éclatante, dans ce communiqué du ministère de la Communication qui, tout en brandissant l’arsenal répressif de la loi, jure la main sur le cœur son « ferme engagement » envers la liberté de la presse. Pathétique position auquelle personne ne croit en Algérie.
Pourquoi s’en cacher ? Une liberté si louée et revendiquée ne peut raisonnablement s’adjoindre d’avertissements, menaces à peine voilées et rappels disciplinaires à la moindre velléité d’indépendance. Mais on n’est plus dans un Etat qui respecte la presse. Pour lui il n’y a de presse que laudatrice, cireuse de pompes. Ce qui veut clairement dire que l’Algérie est dirigée par un système totalitaire qui ne souffre aucune critique.
Répétons-le aux oublieux. C’est nécessaire pour ceux qui sont enclins à prêter quelque vertu à Tebboune, Chanegriha et leurs télégraphistes. Le quotidien El Watan est donc sommé de rentrer dans le rang pour avoir osé publier une information jugée « trompeuse ». Pourtant une information vraie et vérifiable par tout un chacun. Mais à Alger, les dirigeants ne supportent aucune nuance.
Car qui juge, instruit, condamne ? Les mêmes. Le ministère se fait procureur, le Parlement témoin à charge, la loi instrument, et le journal… accusé avant même d’avoir pu débattre. La procédure est limpide : l’État parle, la presse se tait.
Obéir
Ce qui frappe, ce n’est pas tant l’accusation que la mise en scène. Les références juridiques pleuvent — articles 3, 20, 35, 68, 71 — comme autant de projectiles destinés à rappeler aux journalistes que chaque ligne publiée peut devenir un délit. Le message est clair : l’information n’est tolérée que lorsqu’elle épouse fidèlement la version officielle. La presse doit être la voix de son maitre. On ne lui demande pas de rapporter les faits mais d’obéir. Toute dissonance est une infraction. Toute divergence, une atteinte à « l’intérêt général » — cet intérêt mystérieux que seul le pouvoir semble capable d’interpréter.
Le plus savoureux, ou le plus glaçant, reste ce passage où le ministère condamne un « manquement manifeste à la déontologie ». Voilà donc un régime qui muselle, suspend, ferme et intimide, donnant des leçons d’éthique professionnelle. Un régime qui confond critique et trahison, information et subversion, se pose soudain en gardien de la morale journalistique. Il détient le magistère de la vérité. L’ironie serait délicieuse si elle n’était pas tragique.
Car derrière le vernis administratif se cache une réalité bien connue : la criminalisation progressive du travail de presse. Depuis la loi organique de 2023, le journalisme en Algérie n’est plus un contre-pouvoir, mais une activité sous condition, sous surveillance, sous menace permanente. On ne corrige plus une information par le débat ou le droit de réponse, on la corrige par l’avertissement et la peur.
Et toujours cette rhétorique paternaliste suintant l’hypocrisie et le mensonge : « nous vous faisons confiance », « nous respectons la liberté », « nous n’hésiterons pas à sanctionner ». Traduction : obéissez, ou assumez les conséquences. C’est le langage classique des régimes autoritaires, qui n’interdisent jamais frontalement, mais encadrent si étroitement qu’il ne reste plus d’espace pour respirer.
Le communiqué se conclut par un appel vibrant à « l’intérêt national ». Là encore, une vieille ficelle. L’intérêt national n’est plus ce qui sert les citoyens, mais ce qui protège le récit officiel. Informer devient dangereux dès lors que l’information dérange. Questionner devient suspect. Décrire devient subversif.
En réalité, ce n’est pas seulement El Watan qui est jugé ici. C’est l’idée même qu’un journal puisse encore raconter le pays autrement que par les communiqués ministériels et la propagande éhonté d’un pouvoir qui passe son temps à mentir. Combien de médias disparus sous Tebboune ? Combien de journalistes embastillés ? Combien de citoyens embarqués et condamnés pour leurs opinions ? Assez pour nous rendre à la triste évidence, l’Etat de droit a vécu.
Instrument de propagande
Quand un pouvoir commence à parler de liberté de la presse pour mieux la mâter, c’est qu’il ne la considère déjà plus comme un droit, mais comme une concession révocable. Et quand l’État exige de la presse qu’elle « fasse honneur à ses propriétaires », il avoue sans le vouloir sa vision réelle du journalisme : non pas un service rendu au public, mais une propriété à discipliner. Un médiocre instrument de propagande au seul service des dirigeants.
Enfin, au-delà, disons-le aussi, un clan arabiste diablement autoritaire cultive l’espoir de tuer la presse francophone.
Ce communiqué n’est pas un simple avertissement, c’est une énième condamnation du journalisme à se taire. C’est un aveu. Celui d’un régime qui a peur des mots, des journaux, comme les voleurs de la justice.
La protection civile en intervention. Crédit photo : Protection civile.
Des pluies orageuses, accompagnées de chutes de neige et de vents continueront d’affecter, vendredi, plusieurs wilayas du pays, indique un bulletin météorologique spécial (BMS), émis par l’Office national de météorologie.
Selon le BMS de niveau de vigilance «jaune», les pluies orageuses concernent les wilayas d’Aïn Temouchent, Sidi Bel-Abbès, Béjaïa, Jijel, Skikda, Annaba, El Tarf, Souk Ahras, Guelma, Constantine, Mila, Sétif, Bordj Bou Arreridj, Batna, Biskra, M’Sila, Djelfa et Laghouat, tandis que les chutes de neige affecteront la wilaya de Batna.
Des vents de sable sont, par ailleurs, prévus sur El Meghaier, El Oued, Touggourt, Ouargla, Ghardaïa, El-Meniâa et In Salah.
Pour la journée de vendredi, le BMS prévoit des pluies orageuses à Tlemcen, Aïn Temouchent, Sidi Bel-Abbès, Oran, Mascara, Saïda, Mostaganem, Relizane, Tiaret, Chlef, Tissemsilt, Aïn Defla, Médéa, Laghouat, Djelfa, M’Sila, Ouled Djellal, Bouira, Bordj Bou Arreridj, Sétif, Biskra et Batna.
Par ailleurs, des vents souffleront sur Oran, Mostaganem Chlef et Tipasa, note la même source.
Plusieurs interventions de la protection civile
Plusieurs interventions ont été menées dans les wilayas de Relizane, El-Bayadh, Tissemsilt et Tindouf pour porter secours à des personnes, faciliter la circulation routière et procéder au pompage des eaux, suite aux perturbations météorologiques enregistrées, a-t-on appris, mercredi, auprès des services concernés.
A Relizane, un communiqué de la direction de wilaya de la Protection civile a indiqué que les équipes de l’unité principale sont intervenues vers 11h00, mercredi, pour secourir cinq personnes qui étaient encerclées par les eaux à l’intérieur de leur domicile au village d’El-Merainia, relevant de la commune de Belassel- Bouzegza, en raison de la montée du niveau de l’oued Mina.
Les secouristes ont également pris en charge une femme âgée de 75 ans parmi les personnes secourues et l’ont évacuée vers le centre de santé de la même commune.
Les mêmes unités sont intervenues dans la commune de Relizane pour extraire sept personnes bloquées à l’intérieur d’un immeuble au quartier «Résidence Djaâfar», suite à l’élévation du niveau des eaux pluviales.
Les services de la Protection civile de la wilaya ont également découvert, au cours des dernières heures, le corps sans vie d’un homme âgé de 60 ans à proximité de l’oued Sfa, dans la commune de Relizane. Ils ont aussi procédé à l’extraction d’un véhicule immobilisé au quartier El Ziraîa- El Kantara El-Hamra, à bord duquel se trouvaient deux personnes.
La montée du niveau de l’oued Sfa a provoqué l’infiltration des eaux dans 50 habitations au quartier Setal, ainsi que dans deux logements au centre-ville, en plus de l’accumulation des eaux et de boue dans plusieurs quartiers, précise le communiqué.
A la commune de Belassel-Bouzegza, un camion avec une personne à bord a également été dégagé après avoir été coincé par les eaux.
Une montée du niveau d’oued Benfahd, dans la commune d’Oued-Djemâa, a engendré l’infiltration des eaux dans une habitation au village agricole.
De même, la montée des eaux de l’oued Mina dans la commune d’El-Matmar a causé des infiltrations dans une maison au village Ouled Zekri, dans la commune de Beni-Zentis, ajoute la même source.
La cellule de crise installée au niveau de la wilaya a mobilisé les moyens de l’ensemble des secteurs, y compris ceux provenant des wilayas limitrophes, afin d’absorber les eaux, évacuer la boue, rouvrir les routes et assister les citoyens, est-il indiqué.
Le wali de Relizane, Kamel Berkane, a effectué, mardi, une sortie de terrain pour s’enquérir de la situation des quartiers ayant connu une élévation du niveau des eaux à la suite des dernières précipitations, selon les services de la wilaya.
A El-Bayadh, les services des travaux publics ont poursuivi leurs interventions sur la route nationale RN 47, au niveau des zones de « Thenia» et du «col de Lagrimi», à la sortie est du chef-lieu de la wilaya, suite aux chutes de neige enregistrées au cours des dernières heures, a indiqué le directeur de wilaya du secteur, Kamel Medahi.
Les moyens humain et matériels nécessaires ont été mobilisés, notamment des chasse-neige, des camions d’épandage de sel et des engins de nivellement, ce qui a permis le rétablissement de la circulation routière dans les deux zones concernées, en plus de l’assistance apportée à de nombreux automobilistes bloqués.
Les services concernés demeurent toutefois en état de vigilance et de disponibilité permanente en cas de nouvelles perturbations météorologiques.
Par ailleurs, les services de la Protection civile, en coordination avec la Gendarmerie nationale, poursuivent leur présence et leur vigilance entre les zones de Thenia et de Lagrimi afin de sécuriser la circulation routière et de garantir la sécurité des citoyens.
A Tissemsilt, les agents de la Protection civile ont effectué, au cours des 48 dernières heures, 18 opérations de pompage des eaux dans plusieurs communes, notamment Lardjem, Sidi-Slimane, Theniet El-Had, Bordj-Bounâama et au chef-lieu de la wilaya, suite aux fortes pluies qui ont touché la région, a indiqué le chargé de communication de la direction de wilaya de ce corps d’intervention, le lieutenant Sid-Ali Benomar.
Il a ajouté que les mêmes services ont procédé à l’ouverture des avaloirs dans plusieurs quartiers et zones d’habitation de la commune de Tissemsilt et à l’évacuation des arbres déracinés par les vents, soulignant que la Protection civile a mobilisé l’ensemble de ses effectifs et de ses moyens matériels pour intervenir et assister les citoyens en cas de besoin.
De son côté, le chef de la cellule de l’information et de la communication de la direction de la Protection civile de la wilaya de Tindouf, le capitaine Abdenacer Moussaoui, a indiqué que ses services ont enregistré, depuis le début du mois de janvier en cours, plusieurs interventions de terrain suite aux précipitations, notamment des opérations de pompage des eaux dans un bureau de poste et deux écoles primaires de la commune d’Oum El-Assel, ainsi que la chute de poteaux et de câbles électriques à la suite de vents violents.
Le Dr Abdel Farid Abdesselam, médecin et passionné d’histoire, consacre son travail à l’étude de l’Aurès à travers les écrits d’Émile Masqueray, l’un des premiers chercheurs à avoir documenté cette région.
Dans son ouvrage, il rassemble et commente les articles de Masqueray, publiés à la fin du XIXᵉ siècle, offrant au lecteur une lecture éclairée des sociétés aurésiennes, de leurs structures sociales, de leurs légendes et de leur mémoire culturelle. En combinant critique historique et ethnographie, le Dr Abdesselam restitue la complexité d’une région souvent réduite à des clichés coloniaux, tout en préservant l’intégrité scientifique des textes originaux. Cet entretien permet de comprendre les enjeux de cette démarche éditoriale et l’importance de ces archives pour la mémoire aurésienne et la connaissance contemporaine de l’histoire locale.
Le Matin d’Algérie : Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser spécifiquement à Émile Masqueray et à rassembler ses articles sur l’Aurès ?
Dr Abdel Farid Abdesselam : Je suis avant tout médecin de formation, et l’histoire constitue pour moi une passion personnelle, plus particulièrement celle de l’Aurès. À travers la consultation des références documentaires consacrées à cette région, il apparaît clairement que l’apport de Masqueray fut à la fois considérable et original. On peut affirmer que les premiers écrits scientifiques sur l’Aurès lui sont dus. Son premier article date de 1876, et il en publia une vingtaine couvrant des domaines variés tels que l’archéologie, l’anthropologie et même la linguistique. À cela s’ajoute son ouvrage La formation des cités chez les populations sédentaires de l’Algérie, dont une partie est consacrée au monde aurésien.
Le Matin d’Algérie : Pouvez-vous nous expliquer comment Masqueray a contribué à la connaissance de l’Aurès et de ses sociétés à l’époque coloniale ?
Dr Abdel Farid Abdesselam : La contribution de Masqueray s’inscrit à plusieurs niveaux complémentaires. Sur le plan archéologique, ses fouilles menées sur divers sites se révèlent particulièrement remarquables, notamment à Timgad, Khémissa et Baghai. À Merouana, il mit au jour une épigraphie majeure relative au système d’irrigation à l’époque romaine, connue sous le nom d’épigraphie de Lamasba. Il a également décrit une dizaine d’inscriptions aujourd’hui disparues, déjà menacées à son époque par les effets conjugués de la colonisation et de l’urbanisation, ce qui confère à ses travaux une valeur documentaire irremplaçable.
Toutefois, l’apport le plus significatif de Masqueray réside sans doute dans le recueil et la mise par écrit des légendes fondatrices des tribus de l’Aurès. Ces traditions orales, dont les origines remontent loin dans le temps — au moins jusqu’au Moyen Âge — constituent une source essentielle pour la compréhension de la mémoire historique, des dynamiques tribales et des structures sociales ancestrales de l’Aurès.
Le Matin d’Algérie : Dans votre ouvrage, vous mentionnez que le discours scientifique colonial « déformait » parfois la réalité. Pouvez-vous donner des exemples précis ?
Dr Abdel Farid Abdesselam : Masqueray est généralement présenté comme proche des courants indigénophiles et des milieux intellectuels favorables au projet d’un « royaume arabe », idée largement débattue sous le Second Empire.
Lors de la révolte de 1879, il manifesta une réelle sympathie à l’égard des populations locales, en particulier envers le cheikh de Lahlaha, chez qui il fut accueilli en septembre 1876. Dans son rapport d’enquête, il met en cause les caïds et leurs pratiques, qu’il juge archaïques, tout en exonérant de toute responsabilité les militaires des « bureaux arabes».
Dans ce contexte, qualifier Masqueray de raciste relève d’une lecture réductrice et contestable de ses écrits. Certains auteurs vont même jusqu’à considérer que son projet anthropologique s’inscrivait en marge, voire en rupture, avec l’idéologie coloniale officielle. En effet, l’anthropologie coloniale de l’époque se déployait le plus souvent sur des terrains perçus comme ceux de sociétés « anciennes » ou «inadaptées », en s’appuyant sur une méthodologie se revendiquant scientifique, mais dont la finalité implicite demeurait la connaissance en vue de la domination. L’œuvre de Masqueray, sans être exempte des présupposés de son temps, s’en distingue par une attention plus marquée aux structures sociales et aux dynamiques internes des sociétés étudiées.
Le Matin d’Algérie : Pourquoi avoir choisi de structurer le livre en trois grandes parties plutôt que selon l’ordre chronologique des publications de Masqueray ?
Dr Abdel Farid Abdesselam : Je l’ai clairement indiqué dans la présentation du recueil : le choix a été fait de structurer l’ouvrage autour de trois thématiques, plutôt que de suivre l’ordre chronologique de publication des articles, dans le but d’en faciliter la lecture et d’en dégager les lignes d’analyse essentielles. En effet, dans l’article consacré à Chechar, Emile Masqueray mobilise des champs d’investigation multiples : il y aborde à la fois l’histoire antique et médiévale, la genèse des tribus et leurs mouvements migratoires, mais aussi des questions relevant de la linguistique et des pratiques médicales. Cette approche transversale justifie pleinement une organisation thématique, plus à même de rendre compte de la richesse et de l’hétérogénéité de ses travaux.
Le Matin d’Algérie : Comment Masqueray interprêtait-il les vestiges romains de Timgad, Tobna ou Lamasba, et quel rôle cela jouait-il dans sa vision coloniale de la région ?
Dr Abdel Farid Abdesselam : La première activité scientifique de Masqueray dans l’Aurès consista en des fouilles menées sur le site romain de Timgad, dans des conditions particulièrement éprouvantes, marquées par le froid et la neige. Il poursuivit ensuite ses recherches sur plusieurs sites du massif du Belezma, notamment avec la mise au jour de l’épigraphie de Lamasba à Merouana. À ces travaux s’ajoutent ses investigations sur le grand site de Khemissa, ainsi que ses explorations à l’intérieur même du massif de l’Aurès, région alors — et encore aujourd’hui — perçue comme enclavée et difficile d’accès.
Les vestiges mis au jour, datant de la période de l’occupation romaine, dépassèrent rapidement le cadre strict de la recherche scientifique. Ils furent instrumentalisés par les milieux politiques colonialistes français afin de légitimer la présence coloniale en Algérie, en construisant un discours de continuité historique prétendant inscrire la colonisation moderne dans l’héritage de la « civilisation romaine ». Cette appropriation idéologique du passé antique illustre la manière dont l’archéologie pouvait être mobilisée comme un outil de justification politique.
Le Matin d’Algérie : Dans les vallées de l’oued Abdi et de l’oued Labiod, Masqueray analyse le droit coutumier et l’organisation sociale. Quels enseignements contemporains peut-on tirer de ces observations ?
Dr Abdel Farid Abdesselam : À travers l’enregistrement du droit coutumier (kanoun) des principales fractions de l’oued Abdi et l’étude de l’organisation interne des tribus des deux vallées, Masqueray ne se contente pas d’une description ethnographique. Il met en évidence l’existence d’une société certes tribale, mais dotée de mécanismes institutionnels stables et cohérents. Le fonctionnement de cette société reposait sur la djemaa, assemblée représentative exerçant un véritable pouvoir collectif, que Masqueray lui-même qualifiait de « petite république démocratique ». Cette caractérisation révèle une forme d’organisation politique locale fondée sur la délibération et la régulation interne, en rupture avec l’image d’un ordre social primitif ou désorganisé souvent véhiculée par le discours colonial.
Le Matin d’Algérie : Vous mélangez critique historique et ethnographie dans vos annotations. Comment avez-vous concilié ces deux approches dans votre travail d’édition ?
Dr Abdel Farid Abdesselam : Il importe de souligner que les textes originaux des articles de Masqueray n’ont fait l’objet d’aucune modification. Mon apport se limite à l’introduction de quelques annotations explicatives, destinées à éclairer certains passages et à en faciliter la compréhension.
Le Matin d’Algérie : Le livre montre comment le savoir scientifique pouvait servir la colonisation. Pensez-vous que cette instrumentalisation du savoir a encore des répercussions aujourd’hui ?
Dr Abdel Farid Abdesselam : Instrumentalisation du savoir scientifique au service de la colonisation continue d’avoir des répercussions aujourd’hui, à plusieurs niveaux. D’abord, sur le plan épistémologique, une partie des cadres d’analyse hérités de la période coloniale demeure présente. Ensuite, sur le plan historiographique, la production coloniale a longtemps façonné les récits dominants. Même lorsque ces savoirs sont critiqués, ils restent souvent des références incontournables, faute de sources alternatives équivalentes. Cela crée une dépendance aux archives et aux discours produits dans un contexte de domination, avec toutes les limites que cela implique. Enfin, cette instrumentalisation a laissé des traces dans la représentation des sociétés anciennement colonisées, souvent perçues à travers le prisme de l’archaïsme culturel. Déconstruire ces héritages suppose un travail critique constant : relecture des sources, pluralisation des voix, valorisation des savoirs locaux et reconnaissance de leur légitimité scientifique.
Le Matin d’Algérie : Quelles leçons tirez-vous de l’Aurès ancien et contemporain pour la compréhension de la mémoire culturelle et sociale de la région ?
Dr Abdel Farid Abdesselam : L’étude de l’Aurès, tant dans sa profondeur historique que dans ses réalités contemporaines, permet de dégager plusieurs enseignements majeurs pour la compréhension de sa mémoire culturelle et sociale. À première vue, l’histoire de la région semble marquée par des ruptures successives — périodes numide, romaine puis musulmane. Toutefois, à travers les écrits de Masqueray, se révèle une continuité historique profonde, perceptible dans les structures sociales, les pratiques coutumières et les formes d’organisation collective.
La colonisation française, en détruisant le tissu social et les économies tribales, a profondément désorganisé cette société, entraînant un recul vers des modes de vie proches de ceux des sociétés dites primitives. Après l’indépendance, dans un effort d’effacement de la misère et au nom du modernisme et du progrès, les vestiges de l’ancien Aurès ont progressivement disparu, emportant avec eux une part importante de la mémoire historique et culturelle de la région. Un autre enseignement essentiel réside dans le rôle central de la mémoire orale. Face à la rareté ou au caractère biaisé des sources écrites, notamment celles produites en contexte colonial, les traditions orales de l’Aurès constituent un véritable réservoir de savoirs historiques et sociaux. Leur valeur ne réside pas seulement dans l’exactitude factuelle, mais dans ce qu’elles révèlent des représentations, des hiérarchies sociales et des mécanismes de légitimation au sein des communautés.
Enfin, l’Aurès contemporain montre que cette mémoire n’est ni figée ni purement patrimoniale. Elle demeure vivante, réinterprétée et parfois conflictuelle, notamment dans les usages politiques, culturels ou identitaires du passé. Comprendre la mémoire aurésienne suppose donc d’adopter une approche critique et plurielle, attentive à la fois aux héritages anciens, aux transformations modernes et aux enjeux actuels de reconnaissance et de transmission.
Ainsi, l’Aurès offre un terrain privilégié pour penser la mémoire comme un processus dynamique, à la croisée de l’histoire, de l’anthropologie et du présent social.
Le Matin d’Algérie : Quel public visez-vous avec cet ouvrage : chercheurs, étudiants, grand public ou tous à la fois ?
Dr Abdel Farid Abdesselam :Par ce recueil d’articles de Masqueray, je m’adresse principalement au grand public, en raison de l’approche multidisciplinaire — archéologie, géographie, ethnologie, linguistique — et de la clarté avec laquelle il présente la société aurésienne. Néanmoins, l’ouvrage constitue également un outil utile pour les étudiants et les chercheurs, en rassemblant en un seul corpus un fonds documentaire jusqu’ici dispersé.
Le Matin d’Algérie : Pour conclure, que souhaitez-vous que les lecteurs retiennent de L’Aurès de Masqueray et de votre démarche éditoriale ?
Dr Abdel Farid Abdesselam : Je souhaite que les lecteurs retiennent avant tout la richesse et la complexité de l’Aurès telle que l’a restituée Masqueray : une région marquée par une histoire profonde, des sociétés structurées et des traditions vivantes, souvent mal comprises ou réduites à des stéréotypes dans les discours coloniaux. Mon objectif éditorial a été de rendre cette richesse accessible en organisant les articles autour de thématiques claires et en ajoutant des annotations éclairantes, permettant de saisir les multiples dimensions — historiques, sociales, linguistiques et culturelles — de son œuvre. Au-delà de la simple présentation des textes, il s’agit de montrer comment la mémoire, la tradition et le savoir scientifique se croisent dans la région, et d’inviter le lecteur à réfléchir sur les usages passés et contemporains du savoir, ainsi que sur l’importance de préserver et de comprendre le patrimoine immatériel des sociétés aurésiennes.
Le 21 janvier 2026, à Marseille, la fédération des Bouches-du-Rhône du Parti communiste français (PCF 13) a rendu public un communiqué appelant à une mobilisation urgente en solidarité avec les Kurdes de Syrie.
En cause : l’offensive militaire menée depuis la mi-janvier dans le nord-est syrien contre les Forces démocratiques syriennes (FDS), colonne vertébrale de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), plus connue sous le nom de Rojava.
Cette nouvelle phase de la guerre syrienne intervient dans un contexte explosif. Le gouvernement transitoire dirigé par Ahmed al-Sharaa — ancien chef de Hayat Tahrir al-Sham, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda — a engagé une opération militaire visant à reprendre le contrôle des territoires tenus depuis des années par les FDS : Hassaké, Raqqa, Deir ez-Zor et les environs de Kobané.
Officiellement, Damas invoque l’unité nationale et la nécessité de réintégrer ces zones dans le giron de l’État syrien. Côté kurde, l’opération est perçue comme une tentative de démantèlement pur et simple d’une expérience politique autonome, démocratique, féministe et multi-ethnique sans équivalent dans la région.
Les combats ont été particulièrement violents autour de Kobané, ville symbole de la résistance kurde face à l’État islamique en 2014-2015. Bombardements de zones civiles, sièges de prisons abritant des milliers de combattants de Daech — notamment à Al-Aqtan — et risques avérés d’évasions massives de djihadistes ont ravivé les inquiétudes sécuritaires bien au-delà de la Syrie. Un cessez-le-feu fragile, annoncé autour des 18-19 janvier, reste précaire, ponctué de violations et de négociations tendues entre Mazloum Abdi, commandant des FDS, et Ahmed al-Sharaa.
Dans son communiqué, le PCF 13 parle sans détour d’« agression djihadiste », dénonçant une résurgence de Daech facilitée par des forces affiliées au pouvoir syrien, avec le soutien implicite de la Turquie, farouchement opposée à toute autonomie kurde. Les communistes marseillais accusent également la communauté internationale — France et Union européenne comprises — de passivité, voire de complaisance, rappelant les sacrifices immenses consentis par les combattants et combattantes kurdes dans la lutte contre l’organisation terroriste.
Le PCF appelle la France à agir auprès de la Coalition internationale anti-Daech pour garantir la sécurité des populations civiles, stopper les attaques et imposer une solution politique respectueuse des droits du peuple kurde au sein d’une Syrie unifiée.
Cet appel se concrétise par un rassemblement prévu le jeudi 22 janvier à 14 h à Marseille, sous le slogan : « Non à l’agression djihadiste. Solidarité avec le peuple kurde ».
Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement plus large en Europe. À Paris, des rassemblements ont réuni élus de la gauche radicale et écologiste, tandis que la diaspora kurde dénonce un nouvel « abandon » occidental. Paris affirme pourtant maintenir le contact, Emmanuel Macron ayant évoqué des échanges directs avec al-Sharaa en faveur d’un cessez-le-feu durable.
Le Rojava incarne une alternative politique qui inspire nombre de progressistes du monde arabe : démocratie locale, égalité femmes-hommes, coexistence des identités. Son combat contre Daech a aussi contribué à contenir une menace terroriste globale. Face à la possible restauration d’un pouvoir central autoritaire aux accents islamistes, l’appel du PCF 13 rappelle une évidence trop souvent oubliée : l’internationalisme n’est pas un slogan, mais une nécessité politique.
Dans un Moyen-Orient en recomposition, où les équilibres régionaux influencent directement les flux migratoires et la sécurité européenne, la situation au Rojava reste un test majeur. Le cessez-le-feu est fragile, les prisons de Daech demeurent une bombe à retardement, et le silence international pourrait coûter cher. La solidarité avec les peuples opprimés et la vigilance face aux menaces djihadistes ne relèvent pas du passé : elles sont plus que jamais d’actualité.
Le célèbre magazine de France 2 mène l’enquête sur les raisons de la crise diplomatique entre Alger et Paris. Il sera diffusé ce jeudi soir à 23h.
La relation diplomatique entre la France et l’Algérie a volé en éclats depuis août 2024 avec en prime le rappel des deux ambassadeurs, l’enlèvement d’Amir DZ, arrestations de personnels du consulat algérien à Paris, des accusations en vois-tu en voilà….
Une bataille des récits s’est désormais ouverte, où s’entremêlent stratégie, politique intérieure et communication. Presque 20 mois plus tard, la situation est toujours aussi pourrie entre les deux pays.
Dans ce numéro de « La guerre de l’info », le magazine revient sur cette crise.
Les bûches de Noël traquées en Algérie ? Le couscous bientôt interdit en France ? Ces dernières semaines, les rumeurs s’enchaînent de chaque côté de la Méditerranée. Si certaines font sourire, elles sont le symptôme des tensions qui déchirent les deux pays.
Dans ce nouveau numéro de sa collection de « La guerre de l’info », « Complément d’enquête « revient sur cette crise, la plus grave depuis la guerre d’Algérie.
Qui en est responsable ? Comment en sortir ?
Libération de l’écrivain Boualem Sansal, déclarations tonitruantes, condamnation du journaliste Christophe Gleizes : depuis quelques mois, Alger et Paris alternent le chaud, le froid… et le glacial.
La relation diplomatique a volé en éclats, les deux pays ne se parlent plus. S’est ouverte une bataille des récits, où s’entremêlent les questions de diplomatie, de politique intérieure, de communication. Qui a allumé l’incendie ? Comment l’éteindre ? Qui a intérêt à jeter de l’huile sur le feu ?
Révélations, témoignages exclusifs : « Complément d’enquête » sur les coulisses et les zones d’ombre de ce conflit instrumentalisé des deux côtés.
A l’instar du FFS et du PT non représentés à l’APN, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) prendra part, le jeudi 29 janvier 2026, aux travaux d’audition de la Commission des affaires juridiques et administratives et des libertés de l’Assemblée populaire nationale (APN), consacrés à l’examen de l’avant-projet de loi relatif aux partis politiques.
Cette participation du RCD s’inscrit dans un contexte d’élargissement des consultations parlementaires à des formations non représentées à l’Assemblée, après les critiques formulées par plusieurs partis s’estimant marginalisés lors des premières phases de concertation.
Dans un communiqué rendu public jeudi, le RCD précise que cette audition concerne un texte qu’il considère comme engageant directement « l’avenir du pluralisme politique et des libertés démocratiques en Algérie ». Le parti rappelle, à ce titre, avoir déjà transmis ses observations, réserves et propositions sur le projet de loi aux autorités concernées, à la suite d’une sollicitation de la Présidence de la République, et ce au même titre que d’autres formations politiques.
Pour cette séance d’audition, le RCD sera représenté par Mohamed Labdouci, secrétaire national et président de la commission interne chargée de l’étude du projet de loi, ainsi que par Djamel Benyoub, secrétaire national chargé des droits humains et des libertés. Selon le parti, cette participation vise à défendre un cadre juridique garantissant une vie politique « libre et équitable », fondée sur le respect des libertés et l’État de droit.
Cette audition intervient alors que la Commission des affaires juridiques et administratives et des libertés a décidé d’élargir le cercle des consultations autour du projet de loi organique sur les partis politiques. Initialement limitées aux formations disposant d’une représentation parlementaire, les discussions incluent désormais des partis non représentés, portant à 17 le nombre de responsables politiques appelés à être entendus jusqu’au 29 janvier.
Les premières auditions, rapporte Ultra Algérie, ont mis en lumière plusieurs axes de débat, notamment les questions liées au financement des partis, à leur indépendance organisationnelle et à leur rôle dans l’évaluation des politiques publiques. Les représentants du FLN et du RND ont notamment insisté sur la nécessité d’assouplir certaines dispositions afin de tenir compte de la diversité idéologique et programmatique des formations politiques, tout en garantissant un encadrement légal jugé plus efficace.
Au-delà des positions exprimées par les partis de la majorité, les échanges ont également porté sur le soutien financier aux formations politiques, en particulier pour les activités de formation et d’encadrement des militants, ainsi que sur la distinction entre activité partisane et action associative. Des questions relatives à la participation des jeunes, à la représentation des femmes et à l’accès des partis à l’espace médiatique ont également été soulevées.
Pour le président de la Commission des affaires juridiques et administratives et des libertés, Abdelkader Toumi, le projet de loi constitue l’un des piliers de la consolidation du pluralisme politique et de la pratique démocratique. Les auditions en cours visent, selon lui, à enrichir le texte et à dégager le plus large consensus possible avant sa présentation aux députés.
Les travaux de la commission ne s’arrêteront pas à cette série d’auditions. À partir du 26 janvier, la Commission des affaires juridiques et administratives et des libertés prévoit de poursuivre et d’élargir ses consultations à d’autres formations politiques, parmi lesquelles le Front des forces socialistes (FFS), le Parti des travailleurs (PT), Jil Jadid, le Mouvement El Bina, le Front de la justice et du développement, le parti Sawt Echaâb, le Front de l’Algérie nouvelle, ainsi que plusieurs autres partis non représentés au Parlement. Cette phase vise, selon les responsables de la commission, à enrichir le projet de loi et à intégrer un éventail plus large de sensibilités politiques avant son examen final par les députés.
La participation du RCD à ces travaux s’inscrit ainsi dans une phase de concertation élargie, dont l’issue devrait peser sur la recomposition du cadre légal de l’activité partisane. Reste à savoir dans quelle mesure les propositions formulées par les formations auditionnées, notamment celles mettant l’accent sur les garanties effectives du pluralisme et des libertés politiques, seront intégrées dans la version finale du projet de loi.
Le Conseil de la nation détricote le projetxde loi de criminalisation du colonialisme. Crédit photo : DR
Les membres du Conseil de la nation ont rejeté, ce jeudi, treize articles du projet de loi portant criminalisation du colonialisme français en Algérie.
Les dispositions concernées figurent parmi les plus sensibles du texte, notamment celles relatives aux questions de réparation et d’excuses officielles.
Les articles écartés sont les articles 1, 5, 7, 9, 10, 15, 16, 17, 18, 20, 21, 25 et 26. Selon la commission de la défense nationale, ces dispositions ne s’inscrivent pas dans l’orientation politique actuellement retenue par les autorités publiques.
La commission a justifié sa position par la nécessité de se conformer à la ligne nationale définie par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, laquelle privilégie la revendication de la reconnaissance des crimes coloniaux, sans lier cette démarche à des exigences de réparations financières ou de demandes d’excuses formelles.
Conformément aux dispositions de l’article 154, alinéa 6, de la Constitution, les articles faisant l’objet de divergences seront soumis à une commission mixte paritaire composée de représentants de l’Assemblée populaire nationale et du Conseil de la nation. Cette instance aura pour mission de proposer une nouvelle formulation des dispositions contestées.
Le texte révisé devra ensuite être soumis à l’approbation d’une commission paritaire constituée d’élus des deux chambres du Parlement dans les prochains jours, afin de trancher définitivement les points de désaccord entourant ce projet de loi à forte portée mémorielle et politique.
La publication du Journal officiel de la République algérienne (JORA) n°04 du 18 janvier 2026 a officiellement confirmé le général Sid Ahmed Bouremana au poste de Commandant de la Gendarmerie nationale. Le décret présidentiel, daté du 7 janvier 2026, met fin à l’intérim qu’il assurait depuis avril 2025, à la suite du limogeage du général Yahia Ali Oulhadj.
Cette confirmation tardive, bien que juridiquement attendue, ne dissipe pas les zones d’ombre entourant le départ de son prédécesseur, intervenu sans explication publique. À l’époque, aucune communication officielle n’avait précisé les motifs de cette éviction, laissant place à diverses interprétations au sein des cercles sécuritaires.
Sur le plan réglementaire, la transition s’est opérée en deux étapes. Le général Bouremana avait d’abord été désigné commandant par intérim par décret présidentiel du 18 mai 2025, publié au JORA n°30 de 2025, avec effet rétroactif au 19 avril 2025. Le décret de janvier 2026 consacre désormais sa nomination définitive et lui confère l’autorité pleine à la tête de ce corps stratégique.
Le choix de ce profil traduit, en apparence, une orientation assumée vers des compétences techniques. Ingénieur d’État en électrotechnique, formé à l’École militaire polytechnique, le général Bouremana est titulaire d’un master en imagerie légale obtenu au Royaume-Uni. Il a dirigé l’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) entre 2014 et 2021 et occupait, avant l’intérim, le poste de chef d’état-major du commandement.
Sa confirmation intervient dans un contexte sécuritaire régional marqué par la persistance des menaces transfrontalières et l’essor de la criminalité numérique. Deux priorités se dégagent : rétablir la cohésion interne après une transition conduite sans clarification publique et renforcer l’adaptation technologique de la # # #Gendarmerie nationale face aux nouvelles formes de criminalité.
En filigrane, cette nomination s’inscrit dans une recomposition plus large de la haute hiérarchie sécuritaire, caractérisée par des changements opérés dans une grande discrétion institutionnelle. Une stabilité formelle est désormais actée, sans que les conditions du précédent départ n’aient été éclaircies. Pour autant, il faut souligner que le pouvoir n’a pas pour habitude d’expliquer les recompositions en son sein. Loin de la.
Le Vélodrome espérait une nuit européenne. Il n’a eu droit qu’à une leçon. Battu sèchement à domicile par Liverpool (0-3), l’Olympique de Marseille a livré une prestation insuffisante, révélatrice de ses limites face à une équipe rompue à ce niveau d’exigence. La qualification se jouera désormais lors de la dernière journée, dans un climat d’urgence.
Liverpool a frappé au moment où Marseille croyait encore tenir. Juste avant la pause, Dominik Szoboszlai a ouvert le score (45+1’), sanctionnant une séquence de domination anglaise et le manque de vigilance marseillais. Un coup dur, autant mental que tactique.
Au retour des vestiaires, l’OM n’a jamais réellement inversé la dynamique. Sous pression constante, la défense a fini par craquer une seconde fois sur un but contre son camp de Gerónimo Rulli (72’), symbole d’une soirée où rien ne tournait en faveur des Marseillais.
Le scénario s’est définitivement refermé dans le temps additionnel. Cody Gakpo a inscrit le troisième but (90+3’), scellant une victoire nette de Liverpool et une défaite lourde de conséquences pour Marseille.
La qualification reste possible, mais elle passera par un dernier match sans droit à l’erreur. À ce niveau, les détails font la différence. Et mercredi soir, ils ont tous tourné contre l’OM.
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