15.9 C
Alger
Accueil Blog Page 2

Danemark : expulser les musulmans ? Le débat qui fait rage !

20
Mette Frederiksen, la première ministre danoise. Crédit photo : DR
Mette Frederiksen, la première ministre danoise. Crédit photo : DR

À l’heure où des mosquées brûlent à Téhéran, au Danemark, la première ministre passe à la vitesse supérieure en invoquant la possibilité d’expulser les musulmans. Même si tout indique une certaine distinction entre ceux qui y sont intégrés et les râleurs d’Allah, les débats font rage.

Il n’en fallait pas plus pour que la peur s’installe dans la société : entre peur et colère l’incompréhension s’est vite propagée, certains y voyons un dangereux franchissement d’une certaine ligne rouge tout en se demandant jusqu’où un responsable politique peut-il aller dans son discours sur l’immigration et l’islam. 

Tout part d’une phrase choc, relayée sur les réseaux sociaux puis dans certains médias : la Première ministre danoise aurait tenu des propos laissant entendre que certains musulmans « n’auraient rien à faire » dans le pays. Et ce dans un contexte de débat déjà très tendu sur l’immigration, les valeurs danoises et l’intégration.

C’est vrai que si l’islamisme s’installe dans un des pays les plus civilisés au monde, il y a de quoi s’inquiéter. Mais que faire face à ces excités dont l’objectif assumé est de façonner le monde à leur image ? 

Quid de ceux qui respectent les lois, travaillent, paient leurs impôts, dont les enfants vont à l’école ?

La déclaration de Madame la ministre affole le pays, et c’est peu dire. Il est facile d’imaginer le désarroi des musulmans danois qui sont nés au pays, ne sachant pas trop où se trouve leur place. 

De l’autre côté, une partie de la population se dit inquiète d’une intégration jugée insuffisante. Elle estime que certains groupes vivent en parallèle, avec leurs propres normes. Pour ces personnes, les mots fermes de la Première ministre seraient une réponse à un malaise réel. C’est le schéma classique de deux peurs qui se font face et s’alimentent.

Comme dans beaucoup de pays européens, dans le débat danois une ligne est souvent brouillée. D’un côté, il y a la critique de l’islamisme radical. De l’autre, la suspicion généralisée envers toute personne musulmane, pratiquante ou non. 

On en revient toujours au même constat : la nécessité d’une éducation aux normes universelles. Or, il est malheureux de constater que le musulman se retrouve bien souvent en marge de ces normes. La famille jouant un rôle crucial. Comment voulez-vous convaincre un enfant biberonné par toutes sortes de sornettes prétendument tombées du ciel, avec des recettes saugrenues pour mériter une vie meilleure au firmament, de se départir de ces versets qui circulent dans sa petite caboche ?

Ce qui fait froid dans le dos, ce n’est pas tant la phrase choc de la Première ministre, mais le fait que l’islam n’est pratiqué que par 0,43% de la population. Elle représente néanmoins la première religion au Danemark !

Si un taux si faible peut perturber tout un pays, il ne faut pas s’étonner des dérives qui surgissent ça et là aux quatre coins du monde occidental…Que dire de notre pauvre France où l’islam, première religion aussi, représente 10% de la population ? Brr, ça fait froid dans le dos !

Comme toutes les autres religions, l’islam n’est pas une identité raciale mais une idéologie dangereuse qu’il faut combattre par l’argument et l’éducation. Quand tout le monde le comprendra, nous aurons pas mal avancé. Mais on en revient toujours au même point de départ : comment convaincre les musulmans, majoritairement hermétiques à toute logique ? Satané projet !

En conclusion, il ne s’agit pas d’expulser les musulmans – et où les expulser d’ailleurs ? – mais de les aider à expulser toute cette matière noire qui les empêche de voir le monde et d’aplanir toutes ces distorsions qui lui sclérosent le cerveau !

Kacem Madani

- Publicité -

Idir ou l’identité au pluriel : une rencontre amazighe à Marseille

0

À l’occasion du Nouvel An amazigh, la librairie L’Île aux Mots (7, rue Urbain V, Marseille 2ᵉ) ouvre ses portes pour une rencontre-dédicace exceptionnelle avec Arezki Khouas, auteur engagé et spécialiste de la chanson kabyle.

Il viendra présenter son ouvrage Idir ou l’identité au pluriel (De la Kabylie à l’universalité), un essai-hommage à Idir (Hamid Cheriet), légende de la musique amazighe et kabyle disparue en 2020. À travers une écriture à la fois sensible et documentée, le livre explore les racines amazighes et leur portée universelle. Il interroge les liens entre mémoire, musique et émancipation, et propose de penser l’identité comme une richesse ouverte, capable de dialoguer entre Kabylie et monde.

Pour Ahmed Larbi, fondateur de la librairie, cette rencontre est une invitation à célébrer « nos racines, notre culture et la musique qui nous relie tous ». La soirée sera conviviale et festive : échanges avec l’auteur, discussions autour de la musique et de l’identité amazighe, et bien sûr, dédicaces.

Depuis son ouverture en 2024, L’Île aux Mots s’affirme comme un espace engagé, dédié aux voix méditerranéennes et exilées, à la littérature et aux échanges culturels. Ce jeudi 15 janvier, à partir de 18h30, la librairie deviendra le carrefour des passionnés de musique, des lecteurs curieux et de tous ceux qui souhaitent célébrer la voix d’Idir et l’universalité de la culture amazighe.

Djamal Guettala 

- Publicité -

Les détenus de Larbaâ Nath Irathen rejugés en mars : le RCD exige que la justice se libère des pressions politiques

6
Familles de détenus de Larbaa Nath Irathen
Au cours d'une manifestation, les familles des détenus ont exprimé leur rejet du verdict et réclament un procès équitable.

La reprogrammation, pour le 1er mars prochain, du procès des détenus de Larbaâ Nath Irathen remet sur le devant de la scène une affaire judiciaire qui continue de susciter de vives interrogations. Dans un communiqué rendu public ce 11 janvier 2026, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) réaffirme sa position et appelle à un procès respectueux des principes de justice, d’équité et de dignité humaine.

Selon le parti, cette affaire demeure emblématique d’une justice rendue dans l’urgence, dans un contexte marqué par l’émotion collective et des considérations politiques ayant, selon lui, pris le pas sur les garanties fondamentales du droit. Le RCD évoque des procédures contestées et des condamnations jugées disproportionnées, qui ont profondément affecté les familles des détenus et marqué durablement l’opinion publique.

Dès les premières étapes du dossier, le RCD affirme avoir adopté une ligne claire de dénonciation de ce qu’il qualifie d’arbitraire judiciaire. Le parti indique avoir mis en cause l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire et alerté sur les atteintes portées à la présomption d’innocence ainsi qu’aux droits de la défense. Cette position a été portée publiquement par ses instances dirigeantes et par son président, Atmane Mazouz, qui a multiplié les prises de parole sur le sujet.

Le communiqué souligne que cette posture a été maintenue dans un climat décrit comme hostile, marqué par la stigmatisation et les campagnes d’intimidation, où toute voix critique était marginalisée. Le RCD affirme avoir assumé cette position « souvent dans l’isolement », tout en exprimant sa solidarité avec les détenus et leurs familles, notamment dans les périodes les plus sensibles de l’affaire.

Dans la continuité de cet engagement, le parti indique avoir organisé, récemment, une rencontre-débat avec la population de Larbaâ Nath Irathen. Selon le RCD, les échanges ont largement porté sur la situation des détenus, donnant la parole aux familles pour exprimer leur détresse et leur sentiment d’injustice face à un dossier judiciaire toujours en suspens.

À l’approche de la nouvelle audience, le RCD réaffirme que la réouverture du procès doit être l’occasion d’un examen rigoureux, dégagé de toute pression politique. Le parti insiste sur la nécessité d’un procès réellement équitable, fondé sur le respect strict des droits de la défense et des principes de l’État de droit, estimant que seule une telle démarche peut restaurer la crédibilité de la justice.

Dans son communiqué, le RCD conclut en inscrivant cette affaire dans un combat plus large pour l’indépendance de la justice et la primauté du droit. Un combat qu’il dit vouloir poursuivre dans la durée, au nom de la vérité, de la justice et de la dignité. Il faut rappeler ici que 38 jeunes de Larbaa Nath Irathen sont condamnés à mort dans l’affaire Djamel Bensmaïl.

La rédaction

- Publicité -

Groeland, un glaçon sur l’eau !

0
Groeland
Groeland. Image par Heidi Baun Topp de Pixabay

Donald Trump revendique le Groenland parce qu’il veut un gros glaçon dans son whisky. Et quel autre terrain de golf aussi magnifique pourrait-il construire en rapport avec sa gigantesque mégalomanie ?

Dans cette affaire, comme pour toutes les crises quotidiennes du Président, il faut savoir prendre du recul avec l’humour qui protège des drames incompréhensibles. 

Laissons ce démoniaque pour un instant et penchons-nous vers la connaissance, même très succincte, de la population de ce si beau pays. Car Donald Trump se fiche de l’existence d’un peuple autochtone et encore moins de la richesse humaine si ce n’est que dans son pétrole et autres revenus du sous-sol.

Le  Groenland, un gros glaçon sur une terre qui est encore un de ces rares lieux qui éveille notre imaginaire sur le lointain, l’inconnu et l’insolite. C’est toujours ce qui s’empare des sociétés humaines lorsque les populations, les lieux ou les cultures ne sont connus que dans une vague représentation de l’esprit. Place est toujours dans ce cas laissée aux rêves de l’aventure impossible. 

C’était bien le cas avec la Chine, l’Inde ou les « Amériques » dans les siècles passés. Bien entendu que nous connaissions l’existence de ce pays du bout du monde et un minimum de son histoire mais je suis sûr que les populations de la planète se sont ruées vers les documentations pour comprendre un peu plus.

Cette malheureuse communauté de moins de 56 000 habitants voulait seulement vivre dans la libre souveraineté de son destin qui a traversé tant de  périodes soumises à la colonisation brutale depuis des siècles. Elle voulait juste la paix et la tranquillité que créent si bien les immenses territoires de beauté et de préservation de la nature, aussi contraignante soit-elle. 

Son histoire est millénaire et assez bien documentée à partir de la venue des Inuits, peuplades que nous retrouvons au fin fond des frontières de l’océan Arctique. Puis ce fut la conquête des Vikings au 10 ème siècle, comme ils le firent à ce moment en Europe. 

On peut s’imaginer combien l’histoire édulcorée du brassage des cultures de cette période est romancée, allez raconter aux Inuits qu’elle aurait été riche en échanges culturels et de pratiques sociales. 

Même si le Danemark et la Norvège avaient revendiqué la possession du territoire bien avant, la colonisation débuta réellement au début du 18ème siècle suite à l’arrivée d’un pasteur missionnaire norvégien aux fins d’une évangélisation. Pourquoi dit-on alors que la colonisation est danoise ? Tout simplement parce qu’à cette époque se forma l’Union Danemark-Norvège sous l’autorité du roi du Danemark. Ainsi, comme attendu, le roi du Danemark avait revendiqué ses droits sur les terres du Groenland. Fermé (par la géographie notamment), le pays devint donc un domaine colonial exclusif où avaient prospéré de nombreux commerces comme celui des fourrures et des graisses.

Comme les colonisations d’intérêts en arrivent toujours à la domination brutale, c’est au 20ème siècle que l’horreur danoise avait atteint le pic de la barbarie coloniale. Quatre des plus horribles événements resteront à jamais gravés dans la mémoire de ce paisible peuple. 

En 1951, 22 enfants avaient été arrachés à leurs familles pour être envoyés au Danemark afin d’en faire des « élites » qui, bien entendu, étaient destinés à être le relais pour la cause coloniale. Á leur retour ils avaient été entièrement déracinés, y compris par la perte de leur langue maternelle et ont eu des destins brisés. Une expérience identique à celles que font subir les scientifiques du comportementalisme aux animaux.

En 1953, des familles entières de chasseurs Inuits ont été chassées de leur terre afin de construire la base militaire américaine de Thulé. C’est dire le souvenir qu’a ce peuple envers les américains. 

En 1960, arrive le « parcage »  de la population dans des villages côtiers, particulièrement dans des immeubles qui nous font rappeler la naissance de l’expression en France « les quartiers ». Il s’en est suivi une déculturation profonde qui mène au cercle vicieux de la déchéance sociale comme celle provoquée par l’alcool ou la dépression. En tout cas vers tout sauf vers une véritable instruction.

Mais le pire, l’abominable, fut dans les années 60-70, c’est-à-dire à notre période contemporaine, ce qu’on appelle « l’affaire des stérilets ». Le Danemark avait organisé une campagne de pose de stérilets, très souvent sans consentement des jeunes filles et des femmes, afin de limiter la croissance démographique dans les populations autochtones. 

Nous étions là dans le domaine des abominables exploits du nazisme. Les témoignages des femmes de cette époque sont édifiants. Certaines disent qu’elles ont mis longtemps à comprendre l’origine de leur stérilité.

La population du Groenland avait fini par accepter l’accord avec le Danemark pour une autonomie partielle. Des représentants locaux élus et institutions lui permettent de vivre une relative autonomie, le Danemark restant souverain pour la diplomatie et la défense.

Intégrés dans l’Union européenne, les Groenlandais sont divisés entre leur souhait d’obtenir leur indépendance totale et celui d’être protégés militairement et financés pour une partie de leur dépendance économique. Il est évident que le souhait d’indépendance l’emportera un jour ou l’autre.

Nous voilà revenus à l’actualité du moment. Imaginez la tête des populations locales lorsqu’un loufoque excité vient leur dire qu’il les achète, eux et leur terre natale, pour garantir la sécurité des Etats-Unis. Eux qui avaient pourtant signé des accords pour la localisation de bases américaines, autant qu’ils le souhaitaient ainsi que des partenariats économiques qui auraient largement alimenté l’appétit du démon américain pour l’argent.

Les Groenlandais ont exprimé majoritairement leur refus d’être achetés, en paquet avec leur pays, comme un hamburger. Ils avaient avalé l’histoire peu joyeuse avec le Danemark et finalement y ont trouvé un moindre mal avec la protection de l’Europe et de l’Otan ainsi qu’un financement qui n’était pas des moindres avantages.

Ils avaient le meilleur refuge possible en attendant ce qu’ils désirent le plus, d’une manière majoritaire dans la population, leur indépendance.

Par son offre, le bulldozer Trump leur propose une annexion définitive. Ils n’auraient ni la prospérité ni l’honneur d’une perspective d’une souveraineté chèrement espérée depuis des siècles.

J’attends que Donald Trump revendique l’annexion de la Place d’armes à Oran. Toute son armée ne viendrait jamais à bout de nos farouches lions.

Je vous l’avais dit, le comique nous permet de prendre de la distance envers ce qui est dramatique et folle aventure. 

Boumediene Sid Lakhdar

PS : on entend souvent le terme « esquimau » pour le nom des habitants du Grand Nord. Un habitant du Groenland vous rectifiera (s’il parle en français) en vous disant qu’il est d’origine Inuit et que l’appellation « esquimau » est le nom qui leur a été donné par les Danois ou les Français et qui leur semble être connoté de mépris. Ce qui est vrai mais j’invite cependant le lecteur à m’en préciser le sens exact car ma connaissance peu érudite est peu assurée par la profusion de traductions que j’ai pu lire.

Méfiez-vous de la première proposition, même si elle est répétée, qui vous tombe sous les yeux.

- Publicité -

Oxfam dénonce des participants au FEM de Davos

0
Sommet de Davos

Oxfam pointe les dangers environnementaux de la concentration de ressources et de pouvoir dans les mains de quelques milliers de personnes, dont plusieurs participeront au forum de Davos, chercheront cette année un plus grand dialogue et pourraient même faire les premiers pas dans la mise en place d’une nouvelle ère de colonialisme.

Comme il le fait annuellement avant la tenue du forum de Davos qui se tient du 19 au 23 janvier, Oxfam a publié le 9 janvier dernier un texte dénonçant une des multiples facettes de l’irresponsabilité de ses participants.

Cette année, il s’est attaché à démontrer que le budget carbone pour 2026 des personnes incluses dans la tranche de 1 % des plus riches, soit une des clientèles principales visées par le Forum économique mondial (FEM), a été épuisé en seulement 10 jours. Ce budget carbone serait la quantité de CO₂ émis tout en respectant la limite de +1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle. Baptisé la Journée des Pollutocrates, le 10 janvier 2026 représenterait donc à quel point les ultra-riches sont disproportionnellement responsables de la crise climatique. Les 1 % les plus riches devraient réduire leurs émissions de 97 % d’ici 2030 pour rester sous la barre des +1,5 °C.

Ces ultra-riches investiraient aussi massivement dans les industries les plus polluantes et chaque milliardaire détiendrait un portefeuille d’investissements moyen incluant des entreprises qui produiraient 1,9 million de tonnes de CO₂ par an.

Les émissions générées par ceux-ci pourraient, selon Oxfam, provoquer des vagues de chaleur qui ont le potentiel d’entraîner environ 1,3 million de décès d’ici la fin du siècle. Des décennies de surconsommation de ces individus pourraient aussi créer des dommages économiques de 44 000 milliards de dollars d’ici 2050 pour les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Coopération mondiale à Davos ? 

Loin des potentiels dommages que pourraient causer, selon Oxfam, plusieurs de ses participants, le programme du FEM tente pour sa part de renouveler en 2026 le dialogue entre les diverses parties prenantes mondiales alors que s’érode la confiance dans les normes et alliances planétaires. 

Ceux-ci devraient chercher lors de ce Forum des manières de mieux coopérer pour trouver de nouvelles sources de croissance, de meilleures manières d’investir dans leur capital humain, de déployer de manière responsable des innovations d’ampleur mondiale dans un monde plus compétitif, pour y créer de la prospérité pour tous.

Le président américain Donald Trump est attendu à ce FEM dont l’ordre du jour aurait été débarrassé de thématiques trop wokes selon le Financial Times. Ce dernier y présentera sa vision autocratique du monde dans laquelle il affirme que le droit international ne constitue pas une limite opérationnelle à l’action des États-Unis et que sa seule contrainte réside dans sa propre moralité, une rupture avec les cadres juridiques multilatéraux existants.

Il y présentera une nouvelle ère où les lois internationales protégeant les nations ne sont que de simples politesses internationales. Le potentiel que soient fait les premiers pas menant à un monde rendant sa grandeur au colonialisme et créant de nouveaux empires claniques divisant la planète en espaces soumis, à gérer en fonction de leur rentabilité, n’est pas à négliger à la suite des discussions à Davos.

Faire payer les participants au FEM

Certaines des décisions qui pourraient êtres prises au FEM ont donc le potentiel de mettre en scène un nouvel ordre mondial fascisant qui pourrait être une menace a de nombreux peuples du monde. Une internationale d’extrême droite à l’échelle des pays occidentaux pourrait anéantir les ambitions citoyennes à construire un monde plus protecteur de la planète et plus juste.

À l’opposé de cette possibilité, Oxfam demande pour sa part un soutien actif aux négociations pour une Convention fiscale internationale à l’ONU et plus généralement une hausse des impôts des ultra-riches en taxant les profits excessifs des entreprises fossiles et ceux des super-pollueurs. L’ONG affirme qu’appliquée aux 585 compagnies des énergies carbonées, dont beaucoup participeront au FEM, cette taxe pourrait rapporter jusqu’à 400 milliards de dollars dès la première année.

Dénonçant aussi le pouvoir d’influence des participants au FEM, Oxfam affirme que les 1 600 lobbyistes des entreprises fossiles lors du sommet de la COP30 au Brésil dépassaient en nombre celui de toutes les délégations, à l’exception du pays hôte.

Des situations de ce genre permettraient d’exercer une influence injuste sur les politiques publiques et d’affaiblir les négociations climatiques, selon la responsable du plaidoyer climat chez Oxfam International, Nafkote Dabi. Elle commente à ce sujet qu’en s’attaquant à l’irresponsabilité climatique des ultra-riches, les dirigeants de la planète pourraient avoir la capacité de remettre le monde sur la voie des objectifs climatiques. Ils pourraient même générer des bénéfices nets pour leurs populations et la planète.

Oxfam rappelle finalement que la plus haute juridiction mondiale, soit la Cour internationale de justice (CIJ), a récemment confirmé que les États ont l’obligation légale de réduire leurs émissions pour protéger les droits universels à un environnement sain, à la santé, à l’alimentation et à la vie.

Michel Gourd

- Publicité -

Yennayer dans les Aurès : des traditions qui résistent au temps

1
Femme chaouia
Femme chaouie. Crédit Photo : DR

Selon diverses acceptions, Yennayer correspond au premier jour du calendrier agraire utilisé par les Imazighen depuis plusieurs siècles. Il fait également référence au début du calendrier julien, adopté dans la Rome antique et décalé de treize jours par rapport au calendrier grégorien.

Depuis le renversement du pharaon égyptien Ramsès II par Chichnaq, roi de la vingt-et-unième dynastie, les communautés amazighes célèbrent chaque année cet événement historique. Dans la région des Aurès, les familles chaouies, notamment celles installées dans les zones montagneuses comme Inoughissen, Ichemoul, Ighzer n’Taka, Blihoud, Hamar Khadou, Arris, Ali Nmer et toute la vallée de Ighzer Amellal, se préparent à fêter Yennayer avec autant de ferveur que l’Aïd el-Fitr, l’Aïd el-Adha ou le Nouvel An islamique, mais selon des coutumes propres, qui s’étendent sur trois jours : les 12, 13 et 14 du mois de Yennayer.

Le premier jour est consacré au renouvellement de la vaisselle en terre cuite, en particulier des tajines encore utilisés aujourd’hui, remplacés par de nouveaux modèles fabriqués par les femmes à partir d’un argile spécifique. Les hommes, quant à eux, repeignent les murs des maisons en argile blanche et nettoient les foyers en retirant toute la cendre pour la remplacer par de la terre fraîche. Les murs des chambres sont ensuite frottés avec de l’herbe verte, symbole d’une année fertile, prospère et pleine d’espoir.

La matriarche de la famille porte les trois anciennes pierres du foyer dans un panier en palme, accompagnée de tous les membres de la famille, jusqu’à un lieu proche du domicile. Les anciennes pierres sont jetées et trois nouvelles sont choisies et replacées dans le panier pour revenir à la maison. Avant d’installer ces nouvelles pierres, on les retourne pour observer ce qu’elles contiennent : la présence de nombreuses fourmis est interprétée comme un présage d’abondance en moutons et chèvres pour l’année à venir, tandis que la présence de certains insectes de grande taille annonce une année riche en bovins, chevaux et autres animaux domestiques de grande taille. Malgré le caractère superstitieux de ces pratiques, elles se vivent avec sincérité dans une société qui remet tout à Dieu.

La soirée du 13 Yennayer est marquée par un dîner familial exceptionnel. Les familles se réunissent autour d’un plat de tashekhchoukht épicée au dindon et aux œufs durs, ou d’un couscous aux mêmes ingrédients, accompagné de refiss préparé à l’orge, de grains de grenade et de beurre maison produit localement après barattage du lait.

Pour ravir les enfants, on distribue également des fruits secs locaux, comme des figues ou des grenades, ainsi que des noix et des amandes. La soirée se déroule autour de la grand-mère, qui raconte des histoires et des légendes transmises de génération en génération, captivant l’auditoire et transmettant des valeurs fortes : attachement à la terre, générosité, aide aux nécessiteux, et bien d’autres leçons de vie, comme dans les récits de Smimeaa, Sidi Aissa, les sept filles ou Bshkarakr.

Les festivités se poursuivent jusqu’au 14 Yennayer, immuables malgré les bouleversements technologiques modernes : téléphones portables, Internet ou antennes paraboliques n’ont pas effacé ces traditions de la mémoire des habitants des Aurès. Pour eux, maintenir ces coutumes est un moyen de préserver leur identité et de se souvenir des exploits des ancêtres, de Chichnaq à Jugurtha, de Massinissa à Juba Ier et II, jusqu’à la Kahina (Dihya) et d’autres héros dont les noms restent gravés dans les mémoires.

Djamal Guettala 

- Publicité -

Saint-Denis célèbre le Nouvel An amazigh : soirée d’ouverture pour Yennayer 2976

0
Saint Denis fête Yennayer

À la veille de la célébration du Nouvel An amazigh, la commune nouvelle de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis, France), en partenariat avec Pierrefitte-sur-Seine, organise une soirée d’ouverture officielle pour Yennayer 2976. Cet événement, prévu le lundi 12 janvier 2026 à 18h30, lance une semaine d’animations culturelles dédiées à la culture berbère (amazighe).

Mathieu Hanotin, maire de Saint-Denis, et Michel Fourcade, maire délégué de Pierrefitte-sur-Seine, convient les habitants à cette soirée placée sous le signe du partage et de la convivialité.

La soirée comprendra notamment un concert du groupe Amzik, pour un moment musical partagé.

Lieu : Hôtel de Ville de Saint-Denis – Salle des mariages

2, place Victor-Hugo, 93200 Saint-Denis

Yennayer, qui signifie « le mois de janvier » en tamazight, célèbre le renouveau et symbolise la résistance millénaire des peuples amazighs. L’année 2976 correspond au calendrier amazigh.

Cette fête, de plus en plus visible en France, rassemble les communautés autour de la musique, des traditions et du vivre-ensemble, notamment dans une ville cosmopolite comme Saint-Denis.

La semaine Yennayer 2976, qui se déroulera du lundi 12 au samedi 17 janvier 2026, proposera diverses animations : ateliers, concerts et expositions, organisés par la Ville et des associations locales.

Assegwas ameggaz i yal imaziɣen !

Bonne année amazighe 2976 à tous ! Que cette nouvelle année apporte paix, joie et fierté à l’ensemble des Imazighen.

Sources : invitation officielle de la mairie de Saint-Denis, agenda communal.

- Publicité -

L’État ouvre la voie à une régularisation encadrée des migrants algériens en situation irrégulière

5
Conseil des ministres
Tebboune appelle les harragas à rentrer. Crédit photo : APS

La réunion du Conseil des ministres présidée par Abdelmadjid Tebboune a été marquée par une décision politique significative concernant les Algériens établis à l’étranger en situation irrégulière, communément désignés comme harraga.

En parallèle des dossiers économiques et sectoriels examinés, cette mesure constitue l’un des faits majeurs de la rencontre, tant par sa portée sociale que par son message politique.

Une réponse politique à une situation sociale persistante

S’adressant directement à cette frange de la jeunesse algérienne, le président de la République a décrit des parcours souvent marqués par la précarité, l’isolement et l’exploitation. Selon l’exécutif, nombre de ces migrants n’ont pas commis de crimes graves, mais se retrouvent bloqués à l’étranger à la suite de départs irréguliers, parfois motivés par la peur de procédures administratives ou judiciaires mineures.

Dans ce contexte, le Conseil des ministres a décidé de procéder à la régularisation de leur situation, sous réserve d’un engagement formel à ne pas récidiver. Cette décision s’inscrit dans une approche présentée comme à la fois humanitaire et sécuritaire, visant à mettre fin à des situations de vulnérabilité prolongée tout en réaffirmant l’autorité de l’État.

Un dispositif strictement encadré

La mise en œuvre de cette mesure sera assurée par les représentations consulaires algériennes à l’étranger, chargées d’accompagner les personnes concernées jusqu’à leur retour en Algérie. Le gouvernement insiste sur le caractère ciblé de la régularisation, qui ne saurait être assimilée à une amnistie générale.

Sont explicitement exclus du dispositif les individus impliqués dans des crimes graves, notamment les atteintes volontaires à la vie, le trafic de stupéfiants, le commerce d’armes, ainsi que toute collaboration avec des services de sécurité étrangers portant atteinte aux intérêts nationaux. Cette exclusion vise à préserver l’équilibre entre considérations sociales et impératifs de sécurité.

Un message adressé à la jeunesse et à l’opinion publique

Au-delà de son volet administratif, cette décision revêt une dimension politique assumée. Le chef de l’Etat a dénoncé l’instrumentalisation du phénomène migratoire à des fins de déstabilisation et de discrédit de l’image du pays, estimant que certains discours exploitent les chiffres de l’émigration clandestine pour alimenter un climat de défiance.

En ouvrant la voie à une régularisation conditionnelle, l’exécutif cherche à désamorcer cette lecture tout en adressant un signal à la jeunesse : celui d’un État disposé à accompagner le retour, mais sans banaliser l’irrégularité ni encourager de nouveaux départs. Cependant, il faut rappeler que les conditions produisant les effets, cet appel aura peu de résonnance auprès de cette jeunesse dont les motifs d’exil sont essentiellement le pouvoir en place, ses pratiques autoritaires et l’absence totale de perspectives économiques sérieuses et de détente.

Les autres dossiers examinés en arrière-plan

Cette décision est intervenue dans un Conseil des ministres également consacré à des dossiers structurants. Le président a notamment insisté sur l’accélération de la numérisation des administrations, appelée à devenir un outil central de gouvernance et de détection des dysfonctionnements. Le secteur agricole a, quant à lui, fait l’objet d’orientations visant à améliorer les rendements, réduire la dépendance aux importations et sécuriser l’approvisionnement du marché national.

Enfin, pour la campagne agricole 2025-2026, l’objectif d’extension des surfaces cultivées à trois millions d’hectares a été réaffirmé, avec une attention particulière portée à l’importation d’équipements destinés à la récolte.

Samia Naït Iqbal

- Publicité -

Dette intérieure et équilibre budgétaire : les options retenues par les autorités

2
Ministère des Finances
Le ministère des Finances.

Dans une réponse écrite adressée à un député de l’Assemblée populaire nationale, le ministère des Finances a détaillé les orientations retenues par les pouvoirs publics pour contenir le déficit budgétaire et assurer le paiement de la dette intérieure, tout en écartant le recours à l’impression monétaire.

Sur la question du déficit public, le ministère indique que la stratégie gouvernementale repose sur une réduction progressive, sans viser une suppression totale du déséquilibre budgétaire. L’objectif affiché est plutôt d’en maîtriser le niveau et l’usage, afin qu’il soutienne l’activité économique sans fragiliser les équilibres financiers.

Parmi les principaux leviers évoqués figurent la réforme du système de subventions, appelée à mieux cibler les ménages réellement concernés, l’élargissement de l’assiette fiscale et l’amélioration du recouvrement de l’impôt. Les autorités misent également sur une gestion plus rigoureuse des dépenses publiques, en privilégiant les projets jugés utiles sur les plans économique et social.

Le ministère insiste sur le fait que le déficit n’est pas considéré comme un indicateur négatif en soi, dès lors qu’il finance des investissements productifs et contribue à la croissance et à l’emploi. Dans cette perspective, les autorités visent un retour à un déficit jugé soutenable, autour de 10 % du Produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2028.

S’agissant de la dette intérieure, le ministère rappelle qu’elle constitue un outil courant de financement de l’État. Contractée en monnaie nationale et auprès d’acteurs locaux, elle permet de limiter la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur et de réduire les risques liés aux variations de change. Elle joue également un rôle de référence pour le financement bancaire et offre aux épargnants des placements considérés comme sûrs.

Pour rassurer sur la capacité de remboursement, le ministère souligne que la dette intérieure est étalée dans le temps, avec des échéances s’étendant jusqu’en 2048. Son service s’effectue principalement par le biais des émissions régulières sur le marché des titres du Trésor, sans recourir à des mécanismes exceptionnels.

Le recours au financement non conventionnel, utilisé entre 2017 et 2019, est explicitement écarté. Cette option, fondée sur la création monétaire, a été gelée depuis la mi-2019 et n’est plus envisagée dans le cadre actuel de la politique financière.

En parallèle, le ministère indique travailler à la diversification des sources de financement. L’émission de sukuk souverains, prévue par la loi de finances 2025, est présentée comme une alternative destinée à mobiliser l’épargne nationale, y compris celle des particuliers. Le recours encadré aux avances de la Banque d’Algérie est également évoqué, dans des limites strictes visant à préserver la stabilité monétaire.

Enfin, les autorités affirment vouloir renforcer la gestion de la dette publique, en veillant à ce que les projets financés génèrent une activité suffisante pour en assurer le remboursement. Cette approche, combinant prudence budgétaire et soutien à l’investissement, est présentée comme le socle de la politique financière à moyen terme.

La rédaction

Lien vers la page Facebook du député Beldjilali Ahmed, auteur de la question écrite adressé au ministre des Finances 

https://www.facebook.com/100068237037023/posts/pfbid0UsnkhiarvXPcHkv1yx8picNyBF88iVPNzPtKv4uBdZ7ttDK4PndvPEaBMqBP5A5Pl/?mibextid=CDWPTG

- Publicité -

Sonatrach perd son arbitrage face à Sunny Hill Energy : les dessous d’un revers stratégique

1
Sonatrach
Sonatrach essuie un autre échec sur un marché rompu.

​Près de cinq ans après avoir résilié unilatéralement le contrat de partage de production sur le périmètre d’Isarene, le géant public algérien Sonatrach vient d’essuyer une défaite judiciaire majeure.

Un tribunal arbitral international a condamné la compagnie à indemniser son ex-partenaire britannique, Sunny Hill Energy qui réclame plus d’un milliard de dollars en compensation des investissements consentis dans le projet.

L’épilogue juridique est tombé le 9 décembre 2025. Dans un communiqué, la société britannique Sunny Hill Energy a confirmé avoir obtenu gain de cause dans la procédure d’arbitrage international qui l’opposait à Sonatrach.

Le litige portait sur l’éviction, en avril 2021, de la firme britannique du projet gazier d’Aïn Tsila, situé dans le bassin d’Illizi, au sud-est de l’Algérie.

​Un arbitrage en faveur du partenaire évincé

Le tribunal arbitral a tranché : la décision de Sonatrach de mettre fin au contrat de partage de production (CPP) de manière unilatérale a été jugée infondée. À l’époque, la compagnie nationale algérienne justifiait cette mesure par les « manquements » répétés de Sunny Hill (via sa filiale Petroceltic) à ses obligations de développement. De son côté, la société britannique dénonçait une « expropriation injustifiée » d’un actif dans lequel elle affirmait avoir investi des centaines de millions de dollars.

​Si le montant exact des dommages-intérêts accordés reste couvert par la confidentialité des procédures arbitrales, les intentions affichées par Sunny Hill Energy donnent une indication de l’ampleur de la somme.

La compagnie a annoncé son intention d’utiliser ces fonds pour solder l’intégralité de ses dettes obligataires (« Junior Notes »), soit un montant avoisinant les 290 millions de dollars.

Quelle réaction pour Alger ?

Du côté de la rue Ahmed Ghermoul, le silence reste de mise. Traditionnellement, Sonatrach explore toutes les voies de recours, notamment le recours en annulation devant les tribunaux civils du siège de l’arbitrage (Genève ou Paris). Toutefois, ces procédures suspendent rarement l’exécution financière de la sentence et n’aboutissent que très rarement à une inversion du jugement sur le fond.

Rappel des faits

​Le Projet : le champ d’Aïn Tsila est l’un des plus grands gisements de gaz du sud-est algérien. Sunny Hill Energy en détenait une participation de 38,25 %.

En 2021, Sonatrach avait résilié le contrat, invoquant un manquement de la société britannique à ses obligations de développement. Sunny Hill avait alors dénoncé une « expropriation sans compensation » et réclamait initialement plus d’un milliard de dollars de dédommagement.

Impact pour Sonatrach

​Cette décision marque un tournant, car elle contredit la position de force affichée par la compagnie nationale algérienne au moment de la rupture du contrat.  Bien que Sonatrach ait depuis réussi à mener le projet d’Aïn Tsila vers la phase de production en solo,  elle doit désormais s’acquitter d’une facture importante pour solder ce litige.

Samia Naït Iqbal

- Publicité -

DERNIERS ARTICLES

France Algérie

​France-Algérie : timide rétablissement des canaux diplomatiques sur fond de tensions

0
Huit mois après avoir été rappelé à Paris, l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, reconnaît une reprise partielle des échanges entre Paris et...

LES PLUS LUS (48H)

France Algérie

​France-Algérie : timide rétablissement des canaux diplomatiques sur fond de tensions

0
Huit mois après avoir été rappelé à Paris, l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, reconnaît une reprise partielle des échanges entre Paris et...