Les élus de LFI autour de Jean-Luc Mélenchon. Crédit photo : LFI
C’est une victoire politique majeure pour La France insoumise et ses députés européens. La résolution portée par Manon Aubry a été adoptée cette semaine au Parlement européen, ouvrant la voie à la suspension immédiate de l’accord de libre-échange UE-Mercosur. Ce vote, salué sans détour par Jean‑Luc Mélenchon, montre que la mobilisation politique peut encore changer la donne à Bruxelles.
Dans son post officiel, Jean-Luc Mélenchon s’est réjoui : « Victoire ! L’accord UE-Mercosur va pouvoir être suspendu grâce à la résolution insoumise adoptée aujourd’hui au Parlement européen ! La Commission européenne déclare déjà “regretter le vote”. Il va pourtant bien falloir le respecter, Mme Von der Leyen ! » Son message, relayé sur les réseaux sociaux, met en lumière le ton combatif et direct de LFI, déterminée à défendre la planète et les droits humains contre les accords commerciaux jugés destructeurs.
La résolution ne se limite pas à un geste symbolique. Elle invite la Cour européenne de justice à examiner la conformité de l’accord avec le droit européen, en particulier sur la protection de l’environnement et les normes sociales. Pour LFI, le Mercosur, tel qu’il était conçu, aurait aggravé la déforestation en Amazonie, favorisé des pratiques agricoles non durables et mis en danger les droits des travailleurs. Manon Aubry a insisté sur le fait que l’Europe ne peut pas se contenter de discours écologiques ou sociaux tout en signant des traités qui les contredisent.
Au-delà de l’impact environnemental et social, le vote est une victoire stratégique pour LFI. Il démontre que le parti peut influencer le cours des décisions européennes, souvent perçues comme lointaines et technocratiques. La suspension de l’accord envoie un signal clair aux gouvernements et aux multinationales : les traités de libre-échange ne sont pas au-dessus des citoyens.
Pour Jean-Luc Mélenchon et LFI, cette étape confirme que l’Europe peut être un outil au service de l’intérêt général, et non seulement un marché ouvert aux lobbies. Le message est clair : la politique se joue dans l’action concrète et la vigilance citoyenne, et non derrière des portes closes à Bruxelles.
La Commission européenne a exprimé son regret, mais elle devra désormais respecter le vote, démontrant que la pression parlementaire peut imposer une pause pour réexaminer les conséquences économiques, sociales et environnementales d’un accord international.
Cette décision illustre également l’efficacité de la stratégie insoumise : mobiliser le Parlement européen pour protéger la planète, les droits humains et la souveraineté économique, tout en envoyant un message fort aux électeurs et à la Commission européenne.
Pour LFI, ce vote est un signal d’alerte pour l’Europe, rappelant que les intérêts financiers ne peuvent pas primer sur les droits fondamentaux et l’avenir collectif. La suspension du Mercosur marque une victoire politique et symbolique, une preuve que l’action politique et la mobilisation citoyenne peuvent encore faire pencher la balance dans un cadre européen souvent jugé verrouillé.
Les accidents de la route font des dizaines de morts chaque semaine en Algérie. Crédit photo : DR
Le Conseil de la nation a adopté, mercredi 21 janvier 2026, le projet de loi relatif au Code de la route, tout en émettant des réserves sur onze de ses dispositions. Le texte a été approuvé à l’unanimité des membres présents, avec la non-validation, en l’état, des articles 104, 119, 121, 124, 125, 127, 128, 129, 161, 166 et 170.
Ces réserves, formulées par la commission de l’équipement et du développement local, portent principalement sur certaines sanctions jugées excessives ou insuffisamment précisées. La commission a estimé que plusieurs dispositions méritaient d’être revues afin de mieux s’inscrire dans les orientations des pouvoirs publics en matière de modernisation de la politique pénale et de rationalisation du recours aux peines privatives de liberté.
À l’issue du vote, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a indiqué que le nouveau Code de la route vise à renforcer la protection des usagers et de leurs biens, à travers une approche combinant prévention et dissuasion. Il a également exprimé la disponibilité du gouvernement à prendre en compte les recommandations formulées par la commission parlementaire.
Le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, a pour sa part précisé que la non-adoption de certains articles s’inscrit dans le cadre normal du travail législatif. Les dispositions concernées feront l’objet d’un examen au sein de la commission mixte paritaire, avant d’être soumises de nouveau aux deux chambres du Parlement dans une version révisée.
Lors de la même séance, les membres du Conseil de la nation ont adopté à l’unanimité le projet de loi fixant les règles générales relatives aux services de confiance pour les transactions électroniques et à l’identification électronique. Le texte établit un cadre juridique destiné à sécuriser les échanges numériques et à renforcer la valeur probante des documents et signatures électroniques.
Intervenant après l’adoption du texte, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerouki, a souligné que cette loi constitue une étape structurante dans le processus de transformation numérique, en favorisant la sécurisation des transactions, la confiance numérique et le développement des services en ligne.
La commission parlementaire a toutefois recommandé l’accompagnement de ce dispositif par un plan national de formation et de sensibilisation, ainsi que par un renforcement de la gouvernance et de la cybersécurité, afin d’assurer une mise en œuvre effective et cohérente de ce nouveau cadre légal.
Par une directive du Département d’État entrée en vigueur ce 21 janvier 2026, l’administration américaine suspend sine die la délivrance de visas d’immigrant pour les ressortissants de 75 pays dont l’Algérie.
Cette mesure, justifiée par des impératifs de politique intérieure, marque un tournant restrictif dans la gestion des flux migratoires légaux.
Le paysage de l’immigration légale vers les États-Unis connaît un bouleversement majeur. Le Bureau des affaires consulaires du Département d’État a officialisé la mise en œuvre d’une suspension indéfinie du traitement des demandes de visas d’immigrant (résidence permanente) ciblant une liste de 75 pays.
Cette décision, annoncée initialement le 14 janvier, prend effet ce mercredi. Le fondement juridique et administratif de cette suspension repose sur une réinterprétation stricte de la notion de «charge publique» (public charge). Selon les communications officielles du gouvernement, les pays figurant sur cette liste ont été identifiés sur la base de critères statistiques liés au risque de dépendance de leurs ressortissants aux aides sociales américaines une fois installés sur le territoire.
L’objectif affiché par l’exécutif est de garantir que les futurs résidents permanents disposent de l’autonomie financière nécessaire pour ne pas peser sur les finances publiques.
Géographie d’une mesure globale
La liste des 75 pays concernés couvre une vaste zone géographique, touchant principalement l’Afrique, l’Asie du Sud-Est et l’Amérique latine.
Afrique : Algérie, Cameroun, Égypte, Éthiopie, Ghana, Maroc, Nigeria, République démocratique du Congo, Sénégal, Somalie, Tunisie, etc.
Amérique Latine/Caraïbes : Brésil, Colombie, Cuba, Haïti, Jamaïque, Uruguay, etc.
Le Département d’État a précisé que cette suspension restera en place le temps qu’une révision complète des politiques et procédures de filtrage soit effectuée.
Portée et exceptions de la directive
Il est crucial de noter que cette suspension est spécifique aux visas d’immigrant. À ce stade, les catégories suivantes ne sont pas visées par la restriction : Visas de non-immigrant : Les visas de tourisme (B1/B2), les visas d’étudiant (F-1) et les visas de travail temporaires restent, en théorie, soumis aux procédures habituelles.
Certaines dérogations peuvent être accordées au cas par cas pour des raisons d’intérêt national ou humanitaire urgent.
Cette décision provoque déjà des remous au sein de la communauté internationale et des organisations de défense des droits humains, qui y voient un frein brutal à la réunification familiale et à la diversité migratoire.
Pour les analystes, cette pause indéfinie est présentée par Washington comme une période de transition nécessaire pour « réviser les mécanismes de filtrage et d’audit » des dossiers. L’impact à long terme sur les relations diplomatiques avec les 75 pays concernés reste, pour l’heure, l’une des principales inconnues de cette nouvelle orientation de la politique étrangère américaine.
La rédaction
# Lien direct (source gouvernementale) : Immigrant Visa Processing Updates for Nationalities at High Risk of Public Benefits Usage – travel.state.gov
Le quart de finale de la CAN entre l’Algérie et le Nigeria, qui s’est soldé par l’élimination des Fennecs (2-0), avait dégénéré après le coup de sifflet final. La situation avait été si tendue que l’arbitre avait dû être escorté par la sécurité du stade pour quitter le terrain, tandis que Rafik Belghali avait poursuivi le corps arbitral jusque dans les couloirs.
Dans sa décision, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF) a dressé un constat sévère des dérives ayant émaillé cette rencontre, mettant en cause aussi bien certains joueurs que les officiels et les supporters algériens. Le gardien Luca Zidane a ainsi été suspendu pour deux matchs, tandis que le défenseur Rafik Belghali écope de quatre matchs de suspension, dont deux avec sursis, des sanctions qui pèseront lourdement sur les éliminatoires de la CAN 2027.
Mais c’est surtout la longue liste d’amendes infligées à la FAF qui retient l’attention. Entre la conduite jugée incorrecte de l’équipe nationale, le comportement inapproprié de joueurs et d’officiels après le coup de sifflet final, l’usage de fumigènes, les jets d’objets, les manquements aux dispositifs de sécurité et les gestes offensants de certains supporters envers les arbitres — notamment l’affichage provocateur de billets de banque —, la facture globale atteint un niveau révélateur d’un grave manque de discipline et de contrôle.
100 000 dollars d’amende contre la FAF
Ces sanctions, qui totalisent plusieurs dizaines de milliers de dollars (100 000 dollars), renvoient l’image d’une fédération dépassée par les événements, incapable d’anticiper et de maîtriser les débordements tant sur le terrain qu’en tribunes. Dans le détail, la FAF écope d’une amende de 5 000 dollars pour conduite incorrecte de l’équipe nationale, suite à l’avertissement de cinq joueurs (cartons jaunes) au cours du match, en violation de l’article 130 (a) du Code disciplinaire de la CAF et d’une amende de 25 000 dollars en raison du comportement inapproprié de certains joueurs et officiels à l’issue de la rencontre, ayant jeté le discrédit sur le match, en violation des articles 82 et 83 du Code disciplinaire de la CAF.
4. La FAF écope d’une amende de 5 000 dollars pour l’utilisation de fumigènes par ses supporters.
5. La FAF écope d’une amende de 5 000 dollars pour jets d’objets par ses supporters.
6. La FAF écope d’une amende de 10 000 dollars pour non-respect des mesures de sécurité, en raison du comportement de ses supporters ayant tenté de forcer les barrières de sécurité.
7. La FAF écope d’une amende de 50 000 dollars pour gestes offensants et abusifs (affichage de billets de banque) commis par ses supporters à l’encontre des arbitres de la rencontre.
Elles interrogent également sur la responsabilité des dirigeants algériens dans la prévention de tels comportements, régulièrement pointés du doigt dans les compétitions africaines.
Face à cette décision, la FAF a annoncé l’introduction immédiate d’un recours. Si cette démarche s’inscrit dans le cadre réglementaire, elle ne saurait occulter la nécessité d’une remise en question profonde. Défendre les intérêts du football algérien ne peut se limiter à contester des sanctions a posteriori ; cela suppose surtout d’assumer les manquements constatés et de mettre en place des mesures concrètes pour éviter que de tels épisodes ne se reproduisent.
Saïd Sayoud, ancien wali d’Oran, devenu tout puissant ministre de l'Intérieur. Crédit photo : DR
M. Saïd Sayoud, ministre de l’intérieur des âmes, a présenté le projet de loi relatif aux partis politiques qui « vise à réorganiser la pratique politique sur des bases constitutionnelles, juridiques et institutionnelles renforcées, en vue de faire des partis un socle essentiel pour l’édification d’institutions fortes et crédibles, à même de conforter l’État de droit et la stabilité du pays ».
Dans ses explications, le ministre de l’intérieur du sérail, M. Sayoud, relève l’un des points importants du texte qui va être proposé à l’ANP : «Il sera interdit aux partis politiques d’exercer leur activité sur une base religieuse, régionale, raciale ou toute autre considération susceptible de porter atteinte à la souveraineté nationale, à l’ordre public ou aux valeurs démocratiques ».
Ah bon ? Un parti politique ne peut pas être créé au nom d’une doctrine religieuse ? Pourtant l’article 2 de la Constitution qui affirme que l’Islam est la religion du pays et la première brique fondamentale du texte puisque l’article 1 commence par une bêtise de cour de récréation, « L’Algérie est une république démocratique et populaire ».
Peut-on envisager la logique d’une inscription de la religion dans la Constitution et l’interdire aux partis politiques dans leurs valeurs proclamées ? C’est une question assez simple étudiée en droit constitutionnel car elle se pose également pour d’autres pays avec d’autres religions.
Prenons le cas de certains pays européens qui suivent cette logique de l’intégration constitutionnelle d’une religion qu’on appelle d’état, majoritaire ou officielle. Pour exemple, la Grèce, le Danemark, l’Islande ou encore le Royaume-Uni qui est un cas particulier puisque la Constitution n’est pas écrite mais le roi est par usage historique le chef de l’Eglise anglicane.
Ils partent de l’idée qu’il faut distinguer l’identité d’un pays et sa souveraineté. Pour eux l’intégration dans la norme suprême d’une religion ne signifie pas qu’il s’agisse d’une théocratie mais d’un héritage historique qui a façonné la relation de celle-ci avec les institutions publiques. Le but est donc un principe de continuité historique
Quant à autoriser les partis politiques construits autour de valeurs religieuses, cette catégorie de pays européens le justifie par leur signature de la Convention Européenne des Droits de l’homme (CEDH) qui garantit la liberté de culte et d’association.
La jurisprudence de référence relève des arrêts de la CEDH dont le célèbre Rafah Partisi c/ Turquie en 2003 avec l’argument « Le fait qu’une religion soit inscrite dans la Constitution ne donne pas carte blanche aux partis religieux ». L’État comme les partis politiques sont donc soumis au respect de la réciprocité des attitudes.
Tout cela, même avec ces garanties illusoires, est absolument irrecevable pour moi comme argument car un parti politique contribue à l’expression politique des citoyens. Ils sont donc chacun les mandataires d’une partie de la souveraineté des citoyens. Comment peut-on dire que l’identité d’un pays et sa souveraineté sont dissociées puisque la religion est présente dans le programme de certains représentants élus. Religion et politique se retrouvent liées par un même objectif.
Ainsi je rejette toute idée de constitutionnalisation d’une quelconque religion. Elle n’est pas l’expression de toutes les opinions et confessions des citoyens. Elle ne peut donc en aucun cas être érigée comme officielle sous prétexte de son statut identitaire et historique.
Les autres sources identitaires sont-elles illégitimes pour leur présence dans la constitution ? Qui décide de ce qui est l’identité d’une nation et ce qui est sa racine ? Lorsqu’on commence par en désigner une c’est parce que les autres ont été éliminées, souvent par la force et la terreur. La discussion politique d’une religion n’a aucune autre grammaire que celle de la force et de la contrainte à la soumission.
Qu’arrive-t-il lorsqu’une mouvance aux valeurs religieuse arrive au pouvoir ? Nous avons déjà constaté qu’elle n’est pas résolue à jouer une partie de bilboquet avec les autres. Cela d’autant plus que si la plupart des religions ont abandonné (temporairement car elles ont perdu la dernière bataille) que l’ordre religieux ne prime pas sur les lois de la république, nous savons ce qu’il en est dans l’Islam.
Il suffit de regarder CNews et les discours des partis racialistes d’extrême droite pour se rendre compte de ce qui se passerait si un seul doigt de la religion est mis dans l’engrenage politique et institutionnel. Le parti de madame Le Pen est l’un des plus modérés en Europe, c’est dire le danger qui guette en ce moment dans le monde.
Le régime militaire algérien fait le contraire de tout ce qui vient d’être présenté. Il a inscrit la religion dans la constitution et interdit son expression dans les partis politique.
Monsieur Sayoud, ministre de l’intérieur des abysses, si vous refusez que des partis politiques aient des valeurs religieuses dans leurs discours et leurs programmes, il faut considérer que la religion inscrite dans la Constitution est interdite de son expression.
C’est vrai que dans sa communication et propagande politique, le gouvernement donne l’exemple. Tous ses mots, ses discours et ses postures font référence à l’Islam. Il ne faut pas compter sur les garanties que donnent les tonnes de conventions sur les droits de l’homme qu’il a signées. L’Algérie est un pays qui signe tout ce que voulez, cela ne lui coûte que l’encre du stylo.
De tout cela, je ne vois dans votre projet de loi qu’une explication cohérente, vous voulez interdire l’Islam en Algérie puisque son inscription dans la Constitution ne lui donne par cette loi aucun pouvoir de s’exprimer.
La politique étrangère de Donald Trump, souvent décrite comme erratique, impulsive ou strictement transactionnelle, s’inscrit pourtant dans une matrice théorique bien connue des relations internationales : celle de l’offshore balancing (l’équilibre à distance). Une doctrine réaliste, froide et désidéologisée, que le président des États-Unis n’a jamais revendiquée explicitement, mais qu’il a appliquée de manière intuitive, parfois brutale, souvent déconcertante.
L’offshore balancing, théorisée notamment par John Mearsheimer et Stephen Walt, repose sur un principe simple : une grande puissance n’a pas vocation à s’impliquer directement et durablement dans toutes les régions du monde. Elle doit au contraire laisser les puissances régionales s’équilibrer entre elles, n’intervenant directement que lorsqu’un acteur menace de dominer un espace stratégique clé. En clair, rester en retrait tant que possible, intervenir en dernier recours, et à moindre coût.
C’est précisément ce que Trump a tenté de faire, en rompant avec l’interventionnisme libéral qui a marqué les administrations précédentes, de Clinton à Obama. Là où ses prédécesseurs parlaient de démocratie, de droits humains et d’« ordre international fondé sur des règles », Trump parlait d’argent, de fardeau et d’intérêts. Il ne s’agissait plus de « sauver le monde », mais de ne plus le payer seul.
Son hostilité répétée à l’OTAN en est l’illustration la plus frappante. En exigeant que les alliés européens assument une plus grande part de leur propre défense, Trump ne cherchait pas seulement à faire pression budgétaire : il remettait en cause l’idée même d’une protection américaine automatique et inconditionnelle. Dans une logique d’offshore balancing, l’Europe doit être capable de se stabiliser elle-même ; les États-Unis n’ont pas vocation à être le gendarme permanent d’un continent riche et pacifié.
La même logique s’observe au Moyen-Orient. Le désengagement progressif de Syrie, la volonté de réduire la présence militaire en Irak et en Afghanistan, ou encore l’absence de guerre directe contre l’Iran malgré une rhétorique incendiaire, traduisent une même intuition : éviter l’enlisement, laisser les rivalités régionales — Iran, Arabie saoudite, Turquie, Israël — produire leurs propres équilibres, et n’intervenir qu’indirectement, par sanctions, alliances ponctuelles ou frappes limitées.
En Asie enfin, face à la Chine, Trump a privilégié une stratégie indirecte : pression économique, guerre commerciale, renforcement des alliés régionaux (Japon, Inde, Australie), sans confrontation militaire directe. Là encore, une approche typique de l’offshore balancing : contenir un rival potentiel sans s’engager dans une guerre prématurée, en s’appuyant sur les équilibres locaux.
Cependant, si Trump s’inspire de cette doctrine, il en révèle aussi les limites lorsqu’elle est appliquée sans cohérence stratégique ni langage diplomatique. Là où l’offshore balancing suppose une grande lisibilité des intentions, Trump a souvent cultivé l’ambiguïté, l’imprévisibilité et la personnalisation du pouvoir. Or, dans les relations internationales, le retrait mal expliqué peut être perçu non comme une stratégie, mais comme un affaiblissement.
En définitive, Donald Trump n’a pas inventé une nouvelle politique étrangère ; il a plutôt révélé le retour du réalisme brut, débarrassé des oripeaux moraux de l’hégémonie libérale. Son approche, inspirée de l’offshore balancing, pose une question fondamentale : les États-Unis peuvent-ils continuer à dominer le monde tout en s’en retirant partiellement ? Ou bien ce retrait ouvre-t-il la voie à un monde plus instable, où l’équilibre se fait sans arbitre ?
La réponse reste ouverte. Mais une chose est certaine : sous Trump, l’Amérique n’a pas cessé d’être une puissance impériale, laissant ainsi l’ordre voler en éclat.
L'Algérie est visée par la suspension de visas instaurée par Trump aux pays africains. Crédit photo : DR
Dans le cadre des nouvelles règles migratoires voulues par le président Donald Trump, les États-Unis ont annoncé la suspension, à compter de mercredi 21 janvier, de toutes les demandes de visas d’immigration permanente pour 75 pays, dont 26 États africains, parmi lesquels l’Algérie, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Cameroun…
Contrairement aux visas touristiques, cette mesure concerne les visas dits « longs », qui permettent notamment le regroupement familial ou l’accès à l’emploi sur le territoire américain. Selon Washington, cette suspension vise à donner aux autorités le temps de revoir en profondeur l’ensemble du processus d’attribution de ces titres de séjour.
Dans un communiqué daté du 7 janvier, le Département d’État des États-Unis affirme que les ressortissants des pays concernés, déjà installés aux États-Unis, perçoivent des aides sociales à des « niveaux inacceptables ».
Pour Donald Trump, les immigrants doivent désormais être « financièrement autonomes » et ne pas « constituer une charge pour les Américains ». L’administration a donc lancé une révision complète de l’Immigration and Nationality Act, le texte qui encadre les règles d’obtention des visas d’immigration.
Des critères d’attribution appelés à évoluer
Sur son site internet, le Département d’État précise que l’objectif est de s’assurer que « les immigrants issus de pays à haut risque ne bénéficient pas de l’aide sociale aux États-Unis ». Les critères d’éligibilité à ces visas pourraient ainsi évoluer : au-delà des ressources financières, l’âge et l’état de santé des candidats pourraient désormais être pris en compte dans l’évaluation des dossiers.
Présentée comme provisoire, cette suspension pourrait toutefois s’inscrire dans la durée. Le Département d’État indique en effet que le gel des demandes restera en vigueur tant que les États-Unis ne seront pas en mesure de garantir que les nouveaux migrants ne « puisent pas dans les richesses du peuple américain ». Il a également fait savoir qu’il « s’efforcera de faire en sorte que la générosité du peuple américain ne soit plus exploitée ».
Donald Trump avait annoncé fin novembre 2025 son intention de durcir radicalement la politique migratoire des USA : « Je vais suspendre définitivement l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde afin de permettre au système américain de se rétablir complètement », avait-il écrit dans un message publié sur la plateforme Truth Social, indiquant qu’il pourrait annuler « des millions » d’admissions accordées sous la présidence de Joe Biden.
Le Département d’Etat a déclaré le lundi 12 janvier 2026 avoir révoqué plus de 100 000 visas depuis le retour de Trump au pouvoir. En décembre 2025, le ministère de la Sécurité intérieure avait aussi révélé que l’administration a expulsé plus de 605 000 personnes, et que 2,5 millions d’autres étaient parties de leur propre chef.
La liste des pays africains ciblés par cette nouvelle mesure :
Algérie, Cameroun, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, RDC, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Libéria, Libye, Maroc, Nigeria, République du Congo, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Tanzanie, Togo, Tunisie, et Ouganda.
Alɣu n udabu n Lezzayer n 7 yennayer 2026 / 20976, yif akk wid d-iffɣen yakan deg useggas amaynut.
Ur illi wayen iffren deg-s, ur illi d win d-innan « Ffɣen-d akk imeḥbas yettwarzen di yal asekraf n tmurt ».
Winna, azal n 45 imelyan n Izzayriyen ggunin-t am… aggur n laâid.
Alɣu d-issuffeɣ unabaḍ n tmurt n Lezzayer yufrar, ad d-ittuɣal yal aseggas acku iga am tedyant n ufellaḥ-nni yeččan uẓu n yiger i yessarem ad t-iẓẓu, akken ad d-imger ad isserwet, ad yerr ɣer tesga.
Alɣu : « Lezzayer ad d-taɣ amelyun n wakraren i tmezla, ilmend n laâid tameqqrant d-iteddun » ! (1).
Ur nessiɣzif awal ɣef temsalt ibnan ɣef tsertit n tidderɣelt.
1. Di yal tamurt, di yal tamnaṭ, yiwen ubrid kan i yellan akken afellaḥ ad isnerni, ad d-islal aqḍar n iɣersiwen : ad izwir ad d-yaɣ tixsi, taɣaṭ neɣ tafunast ara d-igren izamaren, iɣiden neɣ igenduzen, syin ad irnu, yal aseggas ad issemɣer alamma yuɣal d aqḍar. Imir, izmer ad izzenz, ad d-yaɣ ayen nniḍen, neɣ tikkal ad d-ifren ikerri… i tmezla n laâid, ma iwala izmer-as.
Amek i tezgel tmussni n tmurt i wid illan deg udabu, akken ad zwiren ad aɣen… amelyun n wakraren ur d-nettarew ?
Amek zzewren tiḥila n tsertit akken ad seččen aksum i Yizzayriyen s tedrimt n lgaz d pétrole n ddaw tmurt, win ur d-nxellef ?
Tuttra i nekkni, i yal yiwen : mačči d tamurt iteččen deg uksum-is ?
2. Tasertit-a n tmurt n Lezzayer tesban-d diɣ tidderɣelt nniḍen, ma yella d aɛâned, neɣ d tismin di tmurt n Saâudiya :
Yal aseggas, tagelda n Saâudiya tettaɣ-d nnig umelyun n wakraren i tmezla n laâid. Tettaɣ-d si tmura n Tefrikt n Wagmuḍ (Sudan, Somalie, Djibouti, …) akked Urupa (Roumanie, …).
Maca, ayen ur ẓrin at udabu n Lezzayer (neɣ ẓran, rnan qqnen allen-nsen s lebɣi-nsen, akken ad seddun tasertit-nsen) :
Akraren i d-tettaɣ Saâudya, mačči d agerruj n tmurt (trésor) i ten-ittxellisen, d iḥeǧǧaǧen d-ittasen i ten-ittxellisen s tedrimt n Dollars akked Euros i sekcamen ɣer tmurt-nni. Zun d aseddeq i Rebbi : nutni ur zellun, ur ẓerren ikerri, ur teččen aksum-is.
Akraren immezlen, amur ameqqran deg-sen ad aɣen abrid deg ifuga isemmaḍen, di tmesrufag, ɣer tmura nniḍen tinselmin. Saâudiya teznuzu akraren-nni (carcasses) i yuget n tmura : Iraq, Jordanya, Yemen, Mauritania, Bengladesh.
Tasarut :
Saâudya trebbeḥ snat tikkal : tzellu akraren i xellsen iberraniyen, syin trennu teznuzu-ten d aksum i tmura nniḍen, tessekcam-d tadrimt !
Tiḥila-ya teddunt akk s yisem n ddin ineslem… akked tidderɣelt n yinselmen.
Du 11 au 14 mars 2026, le Musée National du Cameroun à Yaoundé accueillera la prochaine édition du Salon International de l’Industrie du Livre de Yaoundé (SIILY), sous le thème « Le Livre face à l’Intelligence Artificielle ». Une question centrale : comment préserver la créativité humaine et la transmission culturelle à l’ère des algorithmes ?
L’affiche officielle résume cette réflexion : trois jeunes lecteurs tiennent un livre d’où émergent à la fois des symboles numériques et des éléments naturels. Une métaphore claire : la technologie progresse, mais l’humain reste au cœur de la lecture et de la création. Les couleurs vert et jaune, rappelant celles du Cameroun, ancrent de l’événement dans son contexte local tout en dialoguant avec les enjeux mondiaux.
Organisé par l’Association des promoteurs de l’industrie du livre (APIL) sous l’égide du Ministère des Arts et de la Culture (MINAC), le SIILY s’impose comme le principal rendez-vous culturel et professionnel du livre en Afrique centrale. Éditeurs, auteurs, libraires, chercheurs et acteurs du numérique s’y rencontrent pour débattre, échanger et créer des partenariats.
Le programme de quatre jours mêlera conférences, tables rondes et ateliers de formation sur l’impact de l’IA dans l’édition, la traduction et la distribution. Des expositions et ventes de livres, des prestations artistiques, des séances de dédicaces et la remise de prix littéraires compléteront le salon. L’élection de Miss SIILY, rendez-vous désormais emblématique, rappellera que la promotion de la lecture peut aussi passer par des formes populaires et fédératrices.
Directeur du salon et président de l’APIL, MATCHADJE YOGOLIPAKA insiste sur l’inclusion : associations de défense des droits des personnes en situation de handicap et espaces adaptés feront partie intégrante de l’événement. Une façon de rappeler que la culture et le livre sont un droit universel.
Après le succès des éditions 2023, 2024 et 2025, cette édition 2026 se veut la plus ambitieuse. Le SIILY entend conjuguer tradition littéraire et innovation technologique, offrant à la fois un lieu de réflexion sur l’avenir du livre et un espace de rencontre entre créateurs, professionnels et lecteurs. Notons que le pays à l’honneur est la Turquie
Djamal Guettala
Pour participer ou réserver un stand : +237 675 11 93 70.
Musée National du Cameroun à Yaoundé, du 11 au 14 mars 2026.
Originaire du sud-est de l’Iran, Mehdi Yarmohamadi, connu sous le nom artistique M.Y, explore depuis plusieurs années les frontières de la sculpture et de la peinture, mêlant traditions ancestrales et innovations technologiques.
Le travail de Mehdi Yarmohamadi alliant rigueur et sensibilité poétique, interroge le lien entre art, espace et mouvement, tout en invitant le spectateur à entrer en dialogue avec la nature et les formes qu’il crée.
Le Matin d’Algérie : Pouvez-vous nous parler de vos débuts artistiques et de ce qui vous a conduit à la peinture et à la sculpture ?
Mehdi Yarmohamadi : Tout d’abord, permettez-moi de dire quelques mots sur mon parcours. Je suis né dans un village du sud-est de l’Iran, au Sistan-et-Baloutchistan, où j’ai grandi jusqu’à l’adolescence, au cœur d’un environnement naturel riche et préservé. Bien que notre village ne disposait pas encore de l’électricité ni d’infrastructures modernes, cette absence ne signifiait nullement des conditions de vie dégradées, mais correspondait à un mode de vie profondément lié à la nature. L’arrivée de l’électricité a représenté non pas une rupture, mais l’ouverture vers de nouvelles perspectives, notamment en matière d’éducation, et nous a conduits à poursuivre nos études en ville. Après avoir obtenu un diplôme en mathématiques et en physique, mon frère, calligraphe, m’a encouragé à me tourner vers l’art. À cette période, j’écrivais déjà des poèmes et des nouvelles publiés dans des revues. Après mon admission à l’université, j’ai rencontré un professeur nommé Hamid Reza Avishi, sculpteur spécialisé dans le travail du métal. Cette rencontre a été décisive : je me suis passionné pour la sculpture.
J’ai été son assistant à l’Université des Beaux-Arts pendant une dizaine d’années, avant d’animer mon propre atelier de sculpture et de donner des cours d’initiation au design à l’université. En parallèle, je disposais de mon propre atelier personnel.
Le Matin d’Algérie : Votre travail explore souvent le rapport à l’espace et au mouvement. Comment décririez-vous cette relation dans vos œuvres ?
Mehdi Yarmohamadi : Ma philosophie et ma vision de l’art sont profondément liées aux enseignements de mon maître en Iran, qui considérait l’art comme indissociable de la vie humaine. De manière générale, je m’intéresse aux questions scientifiques, anthropologiques et ontologiques, et je crois au pouvoir de l’énergie.
De la même façon que la matière n’est pas le seul critère d’évaluation d’une œuvre d’art, le concept ou le message de l’artiste ne le sont pas non plus. Chaque œuvre est plutôt comparable à un être vivant, doté d’une énergie propre. C’est pourquoi je souhaite que mes sculptures soient proches de la poésie : qu’elles communiquent avec le spectateur et dégagent une impression de mouvement et de musicalité.
Le Matin d’Algérie : Vos sculptures se caractérisent par une certaine suspension et un usage réfléchi de l’espace vide. Quelle est l’importance de ces éléments dans votre démarche ?
Mehdi Yarmohamadi : Je n’utilise pas le terme « espace négatif », mais plutôt celui d’espace vide. Aujourd’hui, le concept même de la sculpture a évolué : on est passé de la statue à la sculpture, qui n’est plus nécessairement une masse compacte.
Pourquoi l’espace vide occupe-t-il une place si importante dans mon travail ?
Premièrement, l’énergie qui circule entre deux formes ou autour d’une forme est essentielle pour moi, et je cherche parfois à la représenter. Les lignes de contour d’une forme expriment souvent sa totalité simplifiée, de la même manière que nous percevons le soleil comme un cercle ou une sphère. Si l’on observe de près la cellule ou l’atome, on constate que tout est finalement énergie et espace vide.
Deuxièmement, j’imagine souvent mes sculptures à grande échelle, intégrées à des espaces ouverts, et je m’interroge sur leur capacité à embellir l’environnement naturel. La sculpture se fond alors dans la nature : on peut voir le ciel, la mer ou les arbres à travers elle. Elle devient une sorte de fenêtre ou de porte, nous invitant à contempler le monde autrement. À ce titre, je peux citer la sculpture The Bird, installée sur une plage d’Aarhus, au Danemark, en 2011.
Pour conclure, je souhaiterais citer un extrait de ma nouvelle intitulée Pierre : « Ouvre tes bras, ton énergie circule dans cet espace. Je suis là ! Il n’y a pas de distance entre toi et moi quand tes bras m’attirent. — J’ouvre mes bras. Viens, viens en moi et sois comblée. »
Le Matin d’Algérie : Vous utilisez parfois des technologies modernes comme la nanotechnologie dans vos œuvres. Quel rôle jouent ces innovations dans votre processus créatif ?
Mehdi Yarmohamadi : J’ai utilisé les nanotechnologies dans une série d’œuvres réalisées en Iran, en collaboration avec un professeur de l’Université de l’Industrie et de la Technologie. Un nano-revêtement de titane appliqué à la sculpture la rendait résistante à l’humidité et aux intempéries, tout en créant un spectre de couleurs évoluant selon l’angle de la lumière et la course du soleil.
Je n’ai pas encore eu accès à cette technologie en France, principalement en raison de son coût élevé, qui la rend pour l’instant hors de ma portée.
Le Matin d’Algérie : Vos créations abordent des thèmes sociaux, philosophiques et métaphysiques. Comment ces dimensions influencent-elles la forme et le choix des matériaux ?
Mehdi Yarmohamadi : Je suis généralement quelqu’un de flexible, mais en art, peut-être paradoxalement, je me montre plus rigide. Lorsque je conçois un projet, je ne pense pas immédiatement au matériau ; en revanche, au moment de la réalisation, c’est souvent le matériau qui devient le principal défi. En fonction de l’accès aux matériaux, je ne peux pas réaliser tous mes projets. Je privilégie donc ceux pour lesquels j’ai les conditions nécessaires : l’espace, les matériaux et les possibilités techniques de mise en œuvre.
Le Matin d’Algérie : Vous avez exposé en Iran, au Danemark et en France. Comment vos expériences internationales ont-elles enrichi votre vision de l’art ?
Mehdi Yarmohamadi : Lors de l’installation d’une œuvre de quatre mètres au Danemark, le directeur du musée ARoS de l’époque a salué mon travail en déclarant qu’il ne s’attendait pas à une telle œuvre de la part d’un artiste iranien issu du « tiers monde ». Cette remarque m’a profondément touché : elle montrait que mon travail avait contribué à modifier le regard porté sur mon pays et m’a encouragé à poursuivre ma démarche.
En Iran, j’étais davantage en lien avec le milieu universitaire. Les échanges avec les étudiants et les enseignants en art nous ont permis d’approfondir une réflexion critique commune. En France, l’art est devenu pour moi le premier langage de communication.
Le Matin d’Algérie : En parallèle de votre pratique artistique, vous enseignez la sculpture et animez des ateliers. Comment cette dimension pédagogique influence-t-elle votre création personnelle ?
Mehdi Yarmohamadi : Je suis conscient que l’enseignement peut parfois brider la créativité et enfermer l’artiste dans un cadre académique. L’enseignement est un métier, une spécialité, tandis que l’art refuse toute forme de cloisonnement. Cela dit, j’aime profondément enseigner. Cette pratique me permet de me renouveler, d’apprendre, de me ressourcer et de rester vivant artistiquement. Pendant de nombreuses années, dans mon pays, j’ai enseigné dans des écoles d’art tout en poursuivant ma création personnelle. J’y ai appris une méthode pédagogique spécifique auprès de mon professeur, que j’applique encore aujourd’hui.
En France, cette opportunité ne m’a pas encore été offerte. Actuellement, j’anime des ateliers de sculpture pour enfants dans certaines écoles et je reçois occasionnellement des élèves en cours particuliers dans mon atelier.
Le Matin d’Algérie : Votre travail invite à la contemplation et à l’interaction avec la nature. Comment concevez-vous cette expérience pour le spectateur ?
Mehdi Yarmohamadi : Je suis né dans un village et j’ai grandi au contact direct de la nature. Je l’aime profondément et je m’efforce de la respecter. Quelle œuvre d’art pourrait être plus belle qu’un arbre, la mer, une montagne ou le désert ?
En tant qu’artiste, j’essaie d’intégrer la nature à mon travail, de mieux la percevoir et parfois même de m’y fondre, afin d’offrir au spectateur une expérience sensible et contemplative.
Le Matin d’Algérie : Beaucoup de vos œuvres semblent suspendues entre le tangible et le cosmique. Comment décririez-vous cette recherche de spiritualité dans votre art ?
Mehdi Yarmohamadi : Il s’agit d’une vaste question, qui nécessiterait de longues explications sur ma conception de l’art, le lien entre art et spiritualité, et ma vision du monde. Je dirai simplement que mes pensées et mes œuvres ne relèvent d’aucune religion ni idéologie particulière. Mon ambition est avant tout de contribuer, à mon échelle, à un monde meilleur.
À ce titre, ce vers du poète persan Omar Khayyam, écrit il y a près de mille ans, résonne particulièrement en moi : « Ô ami, viens, ne nous chagrinons pas du lendemain. Et tenons pour précieux cet unique instant de la vie. »
Le Matin d’Algérie : Quels artistes ou mouvements ont marqué votre parcours et votre manière de concevoir la sculpture et la peinture ?
Mehdi Yarmohamadi : C’est une question difficile. J’ai été influencé par de nombreux artistes, mais c’est avant tout mon professeur, Hamid Reza Avishi, qui a façonné ma vision artistique. Les grands mouvements artistiques de la fin du XXᵉ siècle m’ont profondément marqué. J’ai également été influencé par Du spirituel dans l’art de Kandinsky, Le Testament de Rodin, un documentaire de Naum Gabo, les œuvres de Calder, L’Oiseau de Brancusi, les films de David Lynch, l’œuvre d’Albert Camus, et surtout par le ciel désertique des nuits de mon enfance.
Le Matin d’Algérie : Quels défis techniques ou conceptuels rencontrez-vous le plus souvent lors de la création de vos sculptures ?
Mehdi Yarmohamadi : La plupart des défis sont liés aux circonstances : l’approvisionnement en matériaux, la recherche d’un lieu adapté à la réalisation des œuvres, et les contraintes de stockage.
Les défis conceptuels et thématiques, la phase de conception, la réalisation de maquettes à petite échelle, les recherches préliminaires et la mise en œuvre font également partie intégrante du processus créatif. Ce sont des défis exigeants, mais aussi profondément stimulants et sources de plaisir.
Le Matin d’Algérie : Quels projets ou aspirations avez-vous pour l’avenir, que ce soit dans la création artistique ou dans votre engagement pédagogique et social ?
Mehdi Yarmohamadi : J’espère pouvoir prochainement établir des collaborations avec des écoles d’art françaises, en particulier dans le domaine de l’enseignement. Mon parcours m’a toujours maintenu en lien étroit avec le milieu universitaire et académique de l’art, que ce soit à travers l’enseignement, la transmission ou le travail de recherche.
J’ai présenté à plusieurs reprises des candidatures auprès d’institutions françaises, sans succès à ce jour. Les critères de sélection y sont particulièrement exigeants, et l’intégration dans ces structures requiert souvent un long processus de reconnaissance. Je demeure néanmoins pleinement engagé dans cette démarche, convaincu que l’échange académique et pédagogique constitue un prolongement essentiel de ma pratique artistique. Je travaille actuellement à la rédaction d’un ouvrage consacré à l’enseignement du design et je traduis également en français plusieurs nouvelles que j’ai écrites. Je participerai prochainement à une exposition collective en Allemagne, réunissant cinq artistes autour de la thématique du corps.
Enfin, j’organiserai la troisième édition de l’événement Performance Day en juin 2026 à Shakirail, dans le 18ᵉ arrondissement de Paris, en collaboration avec différents artistes.
Le Matin d’Algérie : En conclusion, quel message souhaitez-vous adresser à nos lecteurs aujourd’hui ?
Mehdi Yarmohamadi : En conclusion, je souhaite rappeler que l’Iran traverse aujourd’hui une période historique d’une gravité sans précédent. Des milliers de jeunes ont été tués par un régime qui réprime violemment toute aspiration à la liberté. En tant qu’artiste plasticien, je me tiens aux côtés du peuple iranien, dans sa douleur comme dans sa résistance. J’espère profondément que ce peuple pourra bientôt recouvrer ses droits fondamentaux et se libérer d’un pouvoir autoritaire imposé par les mollahs.
Entretien réalisé par Djamal Guettala
Biographie
Artiste né dans le sud-est de l’Iran, Mehdi Yarmohamadi, connu sous le nom artistique MY, explore la sculpture et la peinture, mêlant rigueur technique et sensibilité poétique. Ses œuvres, exposées dans de nombreux pays, se distinguent par la simplicité des formes et la délicatesse du mouvement.
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