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Donald Trump ou l’offshore balancing sans le dire

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Trump
Image par John Hain de Pixabay

La politique étrangère de Donald Trump, souvent décrite comme erratique, impulsive ou strictement transactionnelle, s’inscrit pourtant dans une matrice théorique bien connue des relations internationales : celle de l’offshore balancing (l’équilibre à distance). Une doctrine réaliste, froide et désidéologisée, que le président des États-Unis n’a jamais revendiquée explicitement, mais qu’il a appliquée de manière intuitive, parfois brutale, souvent déconcertante.

L’offshore balancing, théorisée notamment par John Mearsheimer et Stephen Walt, repose sur un principe simple : une grande puissance n’a pas vocation à s’impliquer directement et durablement dans toutes les régions du monde. Elle doit au contraire laisser les puissances régionales s’équilibrer entre elles, n’intervenant directement que lorsqu’un acteur menace de dominer un espace stratégique clé. En clair, rester en retrait tant que possible, intervenir en dernier recours, et à moindre coût.

C’est précisément ce que Trump a tenté de faire, en rompant avec l’interventionnisme libéral qui a marqué les administrations précédentes, de Clinton à Obama. Là où ses prédécesseurs parlaient de démocratie, de droits humains et d’« ordre international fondé sur des règles », Trump parlait d’argent, de fardeau et d’intérêts. Il ne s’agissait plus de « sauver le monde », mais de ne plus le payer seul.

Son hostilité répétée à l’OTAN en est l’illustration la plus frappante. En exigeant que les alliés européens assument une plus grande part de leur propre défense, Trump ne cherchait pas seulement à faire pression budgétaire : il remettait en cause l’idée même d’une protection américaine automatique et inconditionnelle. Dans une logique d’offshore balancing, l’Europe doit être capable de se stabiliser elle-même ; les États-Unis n’ont pas vocation à être le gendarme permanent d’un continent riche et pacifié.

La même logique s’observe au Moyen-Orient. Le désengagement progressif de Syrie, la volonté de réduire la présence militaire en Irak et en Afghanistan, ou encore l’absence de guerre directe contre l’Iran malgré une rhétorique incendiaire, traduisent une même intuition : éviter l’enlisement, laisser les rivalités régionales — Iran, Arabie saoudite, Turquie, Israël — produire leurs propres équilibres, et n’intervenir qu’indirectement, par sanctions, alliances ponctuelles ou frappes limitées.

En Asie enfin, face à la Chine, Trump a privilégié une stratégie indirecte : pression économique, guerre commerciale, renforcement des alliés régionaux (Japon, Inde, Australie), sans confrontation militaire directe. Là encore, une approche typique de l’offshore balancing : contenir un rival potentiel sans s’engager dans une guerre prématurée, en s’appuyant sur les équilibres locaux.

Cependant, si Trump s’inspire de cette doctrine, il en révèle aussi les limites lorsqu’elle est appliquée sans cohérence stratégique ni langage diplomatique. Là où l’offshore balancing suppose une grande lisibilité des intentions, Trump a souvent cultivé l’ambiguïté, l’imprévisibilité et la personnalisation du pouvoir. Or, dans les relations internationales, le retrait mal expliqué peut être perçu non comme une stratégie, mais comme un affaiblissement.

En définitive, Donald Trump n’a pas inventé une nouvelle politique étrangère ; il a plutôt révélé le retour du réalisme brut, débarrassé des oripeaux moraux de l’hégémonie libérale. Son approche, inspirée de l’offshore balancing, pose une question fondamentale : les États-Unis peuvent-ils continuer à dominer le monde tout en s’en retirant partiellement ? Ou bien ce retrait ouvre-t-il la voie à un monde plus instable, où l’équilibre se fait sans arbitre ?

La réponse reste ouverte. Mais une chose est certaine : sous Trump, l’Amérique n’a pas cessé d’être une puissance impériale, laissant ainsi l’ordre voler en éclat. 

Bachir Djaïder (journaliste et écrivain)

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Visas pour les États-Unis : le gel commence pour 26 pays africains

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Visa pour les États-Unis
L'Algérie est visée par la suspension de visas instaurée par Trump aux pays africains. Crédit photo : DR

Dans le cadre des nouvelles règles migratoires voulues par le président Donald Trump, les États-Unis ont annoncé la suspension, à compter de mercredi 21 janvier, de toutes les demandes de visas d’immigration permanente pour 75 pays, dont 26 États africains, parmi lesquels l’Algérie, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Cameroun

Contrairement aux visas touristiques, cette mesure concerne les visas dits « longs », qui permettent notamment le regroupement familial ou l’accès à l’emploi sur le territoire américain. Selon Washington, cette suspension vise à donner aux autorités le temps de revoir en profondeur l’ensemble du processus d’attribution de ces titres de séjour.

Dans un communiqué daté du 7 janvier, le Département d’État des États-Unis affirme que les ressortissants des pays concernés, déjà installés aux États-Unis, perçoivent des aides sociales à des « niveaux inacceptables ».

Pour Donald Trump, les immigrants doivent désormais être « financièrement autonomes » et ne pas « constituer une charge pour les Américains ». L’administration a donc lancé une révision complète de l’Immigration and Nationality Act, le texte qui encadre les règles d’obtention des visas d’immigration.

Des critères d’attribution appelés à évoluer

Sur son site internet, le Département d’État précise que l’objectif est de s’assurer que « les immigrants issus de pays à haut risque ne bénéficient pas de l’aide sociale aux États-Unis ». Les critères d’éligibilité à ces visas pourraient ainsi évoluer : au-delà des ressources financières, l’âge et l’état de santé des candidats pourraient désormais être pris en compte dans l’évaluation des dossiers.

Présentée comme provisoire, cette suspension pourrait toutefois s’inscrire dans la durée. Le Département d’État indique en effet que le gel des demandes restera en vigueur tant que les États-Unis ne seront pas en mesure de garantir que les nouveaux migrants ne « puisent pas dans les richesses du peuple américain ». Il a également fait savoir qu’il « s’efforcera de faire en sorte que la générosité du peuple américain ne soit plus exploitée ».

Donald Trump avait annoncé fin novembre 2025 son intention de durcir radicalement la politique migratoire des USA : « Je vais suspendre définitivement l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde afin de permettre au système américain de se rétablir complètement », avait-il écrit dans un message publié sur la plateforme Truth Social, indiquant qu’il pourrait annuler « des millions » d’admissions accordées sous la présidence de Joe Biden.

Le Département d’Etat a déclaré le lundi 12 janvier 2026 avoir révoqué plus de 100 000 visas depuis le retour de Trump au pouvoir. En décembre 2025, le ministère de la Sécurité intérieure avait aussi révélé que l’administration a expulsé plus de 605 000 personnes, et que 2,5 millions d’autres étaient parties de leur propre chef.

La liste des pays africains ciblés par cette nouvelle mesure :

Algérie, Cameroun, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, RDC, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Libéria, Libye, Maroc, Nigeria, République du Congo, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, Tanzanie, Togo, Tunisie, et Ouganda.

RFI

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Lezzayer : tamurt iteččen… deg uksum-is !

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Importation de moutons

Alɣu n udabu n Lezzayer n 7 yennayer 2026 / 20976, yif akk wid d-iffɣen yakan deg useggas amaynut.

Ur illi wayen iffren deg-s, ur illi d win d-innan « Ffɣen-d akk imeḥbas yettwarzen di yal asekraf n tmurt ».

Winna, azal n 45 imelyan n Izzayriyen ggunin-t am… aggur n laâid.

Alɣu d-issuffeɣ unabaḍ n tmurt n Lezzayer yufrar, ad d-ittuɣal yal aseggas acku iga am tedyant n ufellaḥ-nni yeččan uẓu n yiger i yessarem ad t-iẓẓu, akken ad d-imger ad isserwet, ad yerr ɣer tesga.

Alɣu : « Lezzayer ad d-taɣ amelyun n wakraren i tmezla, ilmend n laâid tameqqrant d-iteddun » ! (1).

Ur nessiɣzif awal ɣef temsalt ibnan ɣef tsertit n tidderɣelt.

1. Di yal tamurt, di yal tamnaṭ, yiwen ubrid kan i yellan akken afellaḥ ad isnerni, ad d-islal aqḍar n iɣersiwen : ad izwir ad d-yaɣ tixsi, taɣaṭ neɣ tafunast ara d-igren izamaren, iɣiden neɣ igenduzen, syin ad irnu, yal aseggas ad issemɣer alamma yuɣal d aqḍar. Imir, izmer ad izzenz, ad d-yaɣ ayen nniḍen, neɣ tikkal ad d-ifren ikerri… i tmezla n laâid, ma iwala izmer-as.

Amek i tezgel tmussni n tmurt i wid illan deg udabu, akken ad zwiren ad aɣen… amelyun n wakraren ur d-nettarew ?

Amek zzewren tiḥila n tsertit akken ad seččen aksum i Yizzayriyen s tedrimt n lgaz d pétrole n ddaw tmurt,  win ur d-nxellef ? 

Tuttra i nekkni, i yal yiwen : mačči d tamurt iteččen deg uksum-is ?  

2. Tasertit-a n tmurt n Lezzayer tesban-d diɣ tidderɣelt nniḍen, ma yella d aɛâned, neɣ d tismin di tmurt n Saâudiya :

Yal aseggas, tagelda n Saâudiya tettaɣ-d nnig umelyun n wakraren i tmezla n laâid. Tettaɣ-d si tmura n Tefrikt n Wagmuḍ (Sudan, Somalie, Djibouti, …) akked Urupa (Roumanie, …).

Maca, ayen ur ẓrin at udabu n Lezzayer (neɣ ẓran, rnan qqnen allen-nsen s lebɣi-nsen, akken ad seddun tasertit-nsen) :

  • Akraren i d-tettaɣ Saâudya, mačči d agerruj n tmurt (trésor) i ten-ittxellisen, d iḥeǧǧaǧen d-ittasen i ten-ittxellisen s tedrimt n Dollars akked Euros i sekcamen ɣer tmurt-nni. Zun d aseddeq i Rebbi : nutni ur zellun, ur ẓerren ikerri, ur teččen aksum-is.
  • Akraren immezlen, amur ameqqran deg-sen ad aɣen abrid deg ifuga isemmaḍen, di tmesrufag, ɣer tmura nniḍen tinselmin. Saâudiya teznuzu akraren-nni (carcasses) i yuget n tmura : Iraq, Jordanya, Yemen, Mauritania, Bengladesh.

Tasarut : 

Saâudya trebbeḥ snat tikkal : tzellu akraren i xellsen iberraniyen, syin trennu teznuzu-ten d aksum i tmura nniḍen, tessekcam-d tadrimt !

Tiḥila-ya teddunt akk s yisem n ddin ineslem… akked tidderɣelt n yinselmen.

Aumer U Lamara 

Timerna / Notes :

1. Aḍris n ulɣu deg uɣmis Le Matin d’Algérie :

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SIILY 2026 : à Yaoundé, Le livre face à l’Intelligence Artificielle

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Du 11 au 14 mars 2026, le Musée National du Cameroun à Yaoundé accueillera la prochaine édition du Salon International de l’Industrie du Livre de Yaoundé (SIILY), sous le thème « Le Livre face à l’Intelligence Artificielle ». Une question centrale : comment préserver la créativité humaine et la transmission culturelle à l’ère des algorithmes ?

L’affiche officielle résume cette réflexion : trois jeunes lecteurs tiennent un livre d’où émergent à la fois des symboles numériques et des éléments naturels. Une métaphore claire : la technologie progresse, mais l’humain reste au cœur de la lecture et de la création. Les couleurs vert et jaune, rappelant celles du Cameroun, ancrent de l’événement dans son contexte local tout en dialoguant avec les enjeux mondiaux.

Organisé par l’Association des promoteurs de l’industrie du livre (APIL) sous l’égide du Ministère des Arts et de la Culture (MINAC), le SIILY s’impose comme le principal rendez-vous culturel et professionnel du livre en Afrique centrale. Éditeurs, auteurs, libraires, chercheurs et acteurs du numérique s’y rencontrent pour débattre, échanger et créer des partenariats.

Le programme de quatre jours mêlera conférences, tables rondes et ateliers de formation sur l’impact de l’IA dans l’édition, la traduction et la distribution. Des expositions et ventes de livres, des prestations artistiques, des séances de dédicaces et la remise de prix littéraires compléteront le salon. L’élection de Miss SIILY, rendez-vous désormais emblématique, rappellera que la promotion de la lecture peut aussi passer par des formes populaires et fédératrices.

Directeur du salon et président de l’APIL, MATCHADJE YOGOLIPAKA insiste sur l’inclusion : associations de défense des droits des personnes en situation de handicap et espaces adaptés feront partie intégrante de l’événement. Une façon de rappeler que la culture et le livre sont un droit universel.

Après le succès des éditions 2023, 2024 et 2025, cette édition 2026 se veut la plus ambitieuse. Le SIILY entend conjuguer tradition littéraire et innovation technologique, offrant à la fois un lieu de réflexion sur l’avenir du livre et un espace de rencontre entre créateurs, professionnels et lecteurs. Notons que le pays à l’honneur est la Turquie

Djamal Guettala 

Pour participer ou réserver un stand : +237 675 11 93 70.

Musée National du Cameroun à Yaoundé, du 11 au 14 mars 2026.

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Mehdi Yarmohamadi : « Chaque œuvre est comparable à un être vivant, doté d’une énergie propre »

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Mehdi Yarmohamadi
Mehdi Yarmohamadi. Crédit photo : DR

Originaire du sud-est de l’Iran, Mehdi Yarmohamadi, connu sous le nom artistique M.Y, explore depuis plusieurs années les frontières de la sculpture et de la peinture, mêlant traditions ancestrales et innovations technologiques.

Le travail de Mehdi Yarmohamadi alliant rigueur et sensibilité poétique, interroge le lien entre art, espace et mouvement, tout en invitant le spectateur à entrer en dialogue avec la nature et les formes qu’il crée.

Le Matin d’Algérie : Pouvez-vous nous parler de vos débuts artistiques et de ce qui vous a conduit à la peinture et à la sculpture ?

Mehdi Yarmohamadi : Tout d’abord, permettez-moi de dire quelques mots sur mon parcours. Je suis né dans un village du sud-est de l’Iran, au Sistan-et-Baloutchistan, où j’ai grandi jusqu’à l’adolescence, au cœur d’un environnement naturel riche et préservé. Bien que notre village ne disposait pas encore de l’électricité ni d’infrastructures modernes, cette absence ne signifiait nullement des conditions de vie dégradées, mais correspondait à un mode de vie profondément lié à la nature. L’arrivée de l’électricité a représenté non pas une rupture, mais l’ouverture vers de nouvelles perspectives, notamment en matière d’éducation, et nous a conduits à poursuivre nos études en ville. Après avoir obtenu un diplôme en mathématiques et en physique, mon frère, calligraphe, m’a encouragé à me tourner vers l’art. À cette période, j’écrivais déjà des poèmes et des nouvelles publiés dans des revues. Après mon admission à l’université, j’ai rencontré un professeur nommé Hamid Reza Avishi, sculpteur spécialisé dans le travail du métal. Cette rencontre a été décisive : je me suis passionné pour la sculpture.

J’ai été son assistant à l’Université des Beaux-Arts pendant une dizaine d’années, avant d’animer mon propre atelier de sculpture et de donner des cours d’initiation au design à l’université. En parallèle, je disposais de mon propre atelier personnel.

Le Matin d’Algérie : Votre travail explore souvent le rapport à l’espace et au mouvement. Comment décririez-vous cette relation dans vos œuvres ?

Mehdi Yarmohamadi : Ma philosophie et ma vision de l’art sont profondément liées aux enseignements de mon maître en Iran, qui considérait l’art comme indissociable de la vie humaine. De manière générale, je m’intéresse aux questions scientifiques, anthropologiques et ontologiques, et je crois au pouvoir de l’énergie.

De la même façon que la matière n’est pas le seul critère d’évaluation d’une œuvre d’art, le concept ou le message de l’artiste ne le sont pas non plus. Chaque œuvre est plutôt comparable à un être vivant, doté d’une énergie propre. C’est pourquoi je souhaite que mes sculptures soient proches de la poésie : qu’elles communiquent avec le spectateur et dégagent une impression de mouvement et de musicalité.

Le Matin d’Algérie : Vos sculptures se caractérisent par une certaine suspension et un usage réfléchi de l’espace vide. Quelle est l’importance de ces éléments dans votre démarche ?

Mehdi Yarmohamadi : Je n’utilise pas le terme « espace négatif », mais plutôt celui d’espace vide. Aujourd’hui, le concept même de la sculpture a évolué : on est passé de la statue à la sculpture, qui n’est plus nécessairement une masse compacte.

Pourquoi l’espace vide occupe-t-il une place si importante dans mon travail ?

Premièrement, l’énergie qui circule entre deux formes ou autour d’une forme est essentielle pour moi, et je cherche parfois à la représenter. Les lignes de contour d’une forme expriment souvent sa totalité simplifiée, de la même manière que nous percevons le soleil comme un cercle ou une sphère. Si l’on observe de près la cellule ou l’atome, on constate que tout est finalement énergie et espace vide.

Deuxièmement, j’imagine souvent mes sculptures à grande échelle, intégrées à des espaces ouverts, et je m’interroge sur leur capacité à embellir l’environnement naturel. La sculpture se fond alors dans la nature : on peut voir le ciel, la mer ou les arbres à travers elle. Elle devient une sorte de fenêtre ou de porte, nous invitant à contempler le monde autrement. À ce titre, je peux citer la sculpture The Bird, installée sur une plage d’Aarhus, au Danemark, en 2011.

Pour conclure, je souhaiterais citer un extrait de ma nouvelle intitulée Pierre : « Ouvre tes bras, ton énergie circule dans cet espace. Je suis là ! Il n’y a pas de distance entre toi et moi quand tes bras m’attirent. — J’ouvre mes bras. Viens, viens en moi et sois comblée. »

Le Matin d’Algérie : Vous utilisez parfois des technologies modernes comme la nanotechnologie dans vos œuvres. Quel rôle jouent ces innovations dans votre processus créatif ?

Mehdi Yarmohamadi : J’ai utilisé les nanotechnologies dans une série d’œuvres réalisées en Iran, en collaboration avec un professeur de l’Université de l’Industrie et de la Technologie. Un nano-revêtement de titane appliqué à la sculpture la rendait résistante à l’humidité et aux intempéries, tout en créant un spectre de couleurs évoluant selon l’angle de la lumière et la course du soleil.

Je n’ai pas encore eu accès à cette technologie en France, principalement en raison de son coût élevé, qui la rend pour l’instant hors de ma portée.

Le Matin d’Algérie : Vos créations abordent des thèmes sociaux, philosophiques et métaphysiques. Comment ces dimensions influencent-elles la forme et le choix des matériaux ?

Mehdi Yarmohamadi : Je suis généralement quelqu’un de flexible, mais en art, peut-être paradoxalement, je me montre plus rigide. Lorsque je conçois un projet, je ne pense pas immédiatement au matériau ; en revanche, au moment de la réalisation, c’est souvent le matériau qui devient le principal défi. En fonction de l’accès aux matériaux, je ne peux pas réaliser tous mes projets. Je privilégie donc ceux pour lesquels j’ai les conditions nécessaires : l’espace, les matériaux et les possibilités techniques de mise en œuvre.

Le Matin d’Algérie : Vous avez exposé en Iran, au Danemark et en France. Comment vos expériences internationales ont-elles enrichi votre vision de l’art ?

Mehdi Yarmohamadi : Lors de l’installation d’une œuvre de quatre mètres au Danemark, le directeur du musée ARoS de l’époque a salué mon travail en déclarant qu’il ne s’attendait pas à une telle œuvre de la part d’un artiste iranien issu du « tiers monde ». Cette remarque m’a profondément touché : elle montrait que mon travail avait contribué à modifier le regard porté sur mon pays et m’a encouragé à poursuivre ma démarche.

En Iran, j’étais davantage en lien avec le milieu universitaire. Les échanges avec les étudiants et les enseignants en art nous ont permis d’approfondir une réflexion critique commune. En France, l’art est devenu pour moi le premier langage de communication.

Le Matin d’Algérie : En parallèle de votre pratique artistique, vous enseignez la sculpture et animez des ateliers. Comment cette dimension pédagogique influence-t-elle votre création personnelle ?

Mehdi Yarmohamadi : Je suis conscient que l’enseignement peut parfois brider la créativité et enfermer l’artiste dans un cadre académique. L’enseignement est un métier, une spécialité, tandis que l’art refuse toute forme de cloisonnement. Cela dit, j’aime profondément enseigner. Cette pratique me permet de me renouveler, d’apprendre, de me ressourcer et de rester vivant artistiquement. Pendant de nombreuses années, dans mon pays, j’ai enseigné dans des écoles d’art tout en poursuivant ma création personnelle. J’y ai appris une méthode pédagogique spécifique auprès de mon professeur, que j’applique encore aujourd’hui.

En France, cette opportunité ne m’a pas encore été offerte. Actuellement, j’anime des ateliers de sculpture pour enfants dans certaines écoles et je reçois occasionnellement des élèves en cours particuliers dans mon atelier.

Le Matin d’Algérie : Votre travail invite à la contemplation et à l’interaction avec la nature. Comment concevez-vous cette expérience pour le spectateur ?

Mehdi Yarmohamadi : Je suis né dans un village et j’ai grandi au contact direct de la nature. Je l’aime profondément et je m’efforce de la respecter. Quelle œuvre d’art pourrait être plus belle qu’un arbre, la mer, une montagne ou le désert ?

En tant qu’artiste, j’essaie d’intégrer la nature à mon travail, de mieux la percevoir et parfois même de m’y fondre, afin d’offrir au spectateur une expérience sensible et contemplative.

Le Matin d’Algérie : Beaucoup de vos œuvres semblent suspendues entre le tangible et le cosmique. Comment décririez-vous cette recherche de spiritualité dans votre art ?

Mehdi Yarmohamadi : Il s’agit d’une vaste question, qui nécessiterait de longues explications sur ma conception de l’art, le lien entre art et spiritualité, et ma vision du monde. Je dirai simplement que mes pensées et mes œuvres ne relèvent d’aucune religion ni idéologie particulière. Mon ambition est avant tout de contribuer, à mon échelle, à un monde meilleur.

À ce titre, ce vers du poète persan Omar Khayyam, écrit il y a près de mille ans, résonne particulièrement en moi : « Ô ami, viens, ne nous chagrinons pas du lendemain. Et tenons pour précieux cet unique instant de la vie. »

Le Matin d’Algérie : Quels artistes ou mouvements ont marqué votre parcours et votre manière de concevoir la sculpture et la peinture ?

Mehdi Yarmohamadi : C’est une question difficile. J’ai été influencé par de nombreux artistes, mais c’est avant tout mon professeur, Hamid Reza Avishi, qui a façonné ma vision artistique. Les grands mouvements artistiques de la fin du XXᵉ siècle m’ont profondément marqué. J’ai également été influencé par Du spirituel dans l’art de Kandinsky, Le Testament de Rodin, un documentaire de Naum Gabo, les œuvres de Calder, L’Oiseau de Brancusi, les films de David Lynch, l’œuvre d’Albert Camus, et surtout par le ciel désertique des nuits de mon enfance.

Le Matin d’Algérie : Quels défis techniques ou conceptuels rencontrez-vous le plus souvent lors de la création de vos sculptures ?

Mehdi Yarmohamadi : La plupart des défis sont liés aux circonstances : l’approvisionnement en matériaux, la recherche d’un lieu adapté à la réalisation des œuvres, et les contraintes de stockage.

Les défis conceptuels et thématiques, la phase de conception, la réalisation de maquettes à petite échelle, les recherches préliminaires et la mise en œuvre font également partie intégrante du processus créatif. Ce sont des défis exigeants, mais aussi profondément stimulants et sources de plaisir.

Le Matin d’Algérie : Quels projets ou aspirations avez-vous pour l’avenir, que ce soit dans la création artistique ou dans votre engagement pédagogique et social ?

Mehdi Yarmohamadi : J’espère pouvoir prochainement établir des collaborations avec des écoles d’art françaises, en particulier dans le domaine de l’enseignement. Mon parcours m’a toujours maintenu en lien étroit avec le milieu universitaire et académique de l’art, que ce soit à travers l’enseignement, la transmission ou le travail de recherche.

J’ai présenté à plusieurs reprises des candidatures auprès d’institutions françaises, sans succès à ce jour. Les critères de sélection y sont particulièrement exigeants, et l’intégration dans ces structures requiert souvent un long processus de reconnaissance. Je demeure néanmoins pleinement engagé dans cette démarche, convaincu que l’échange académique et pédagogique constitue un prolongement essentiel de ma pratique artistique. Je travaille actuellement à la rédaction d’un ouvrage consacré à l’enseignement du design et je traduis également en français plusieurs nouvelles que j’ai écrites. Je participerai prochainement à une exposition collective en Allemagne, réunissant cinq artistes autour de la thématique du corps.

Enfin, j’organiserai la troisième édition de l’événement Performance Day en juin 2026 à Shakirail, dans le 18ᵉ arrondissement de Paris, en collaboration avec différents artistes.

Le Matin d’Algérie : En conclusion, quel message souhaitez-vous adresser à nos lecteurs aujourd’hui ?

Mehdi Yarmohamadi : En conclusion, je souhaite rappeler que l’Iran traverse aujourd’hui une période historique d’une gravité sans précédent. Des milliers de jeunes ont été tués par un régime qui réprime violemment toute aspiration à la liberté. En tant qu’artiste plasticien, je me tiens aux côtés du peuple iranien, dans sa douleur comme dans sa résistance. J’espère profondément que ce peuple pourra bientôt recouvrer ses droits fondamentaux et se libérer d’un pouvoir autoritaire imposé par les mollahs.

Entretien réalisé par Djamal Guettala 

Biographie

Artiste né dans le sud-est de l’Iran, Mehdi Yarmohamadi, connu sous le nom artistique MY, explore la sculpture et la peinture, mêlant rigueur technique et sensibilité poétique. Ses œuvres, exposées dans de nombreux pays, se distinguent par la simplicité des formes et la délicatesse du mouvement.

Découvrez son travail sur Instagram 

https://www.artsper.com/fr/artistes-contemporains/albanie/70659/mehdi-yarmohammadi

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Révision de la loi sur la citoyenneté : le FFS alerte sur une remise en cause du principe même de la nationalité

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Le sénateur FFS (wilaya de Béjaïa), Youcef Boukoucha
Le sénateur FFS (wilaya de Béjaïa), Youcef Boukoucha ( photo Facebook)

Lors du débat au Conseil de la nation sur le projet de loi modifiant l’ordonnance n°70-86 du 15 décembre 1970 relative à la citoyenneté, le sénateur du Front des forces socialistes (FFS), Youssef Boukoucha, élu de la wilaya de Béjaïa, a exprimé une opposition ferme au texte en discussion, estimant qu’il porte atteinte à l’essence même de la citoyenneté algérienne.

Dans une intervention écrite, le parlementaire a inscrit sa prise de position dans la continuité de l’héritage politique de Hocine Aït Ahmed, rappelant que la citoyenneté constitue, selon le FFS, un lien fondamental et sacré entre l’individu et l’État dans un cadre de droit, de liberté et d’égalité. À ses yeux, le projet de loi introduit une rupture préoccupante avec ce principe en ouvrant la voie à des mécanismes assimilables à une « exclusion civique ».

Le sénateur s’est dit particulièrement préoccupé par l’orientation générale du texte, qu’il considère comme transformant la citoyenneté d’un droit constitutionnel collectif en un instrument de sanction. Il estime que le projet remet en cause les fondements de l’État de droit, en faisant dépendre l’appartenance nationale de considérations politiques ou sécuritaires, au risque d’introduire l’arbitraire dans un domaine relevant des droits fondamentaux.

Pour Youssef Boukoucha, la nationalité algérienne est le fruit de sacrifices historiques et ne saurait être accordée ou retirée sur la base d’approches conjoncturelles. Il a rappelé que l’Algérie dispose déjà d’un arsenal juridique et judiciaire permettant de traiter toute infraction ou tout crime avéré, sans recourir à des mesures qu’il qualifie de « peines extrêmes » telles que le retrait de la citoyenneté.

L’élu du FFS a également souligné que le projet de loi s’inscrit dans un contexte marqué, selon lui, par une restriction accrue des libertés publiques et politiques. Il a pointé une contradiction entre, d’une part, les appels officiels à l’apaisement et à l’inclusion, notamment à l’égard des Algériens vivant à l’étranger, et, d’autre part, l’introduction de dispositions susceptibles de fragiliser leur lien juridique et symbolique avec la nation.

Sur le plan juridique, le sénateur a mis en garde contre les conséquences constitutionnelles et institutionnelles du texte. Il a rappelé que la citoyenneté ne constitue ni un privilège ni une faveur, mais un droit inhérent à chaque Algérien, fondement de l’égalité devant la loi et de l’appartenance nationale. À ce titre, toute réforme touchant à ce domaine devrait, selon lui, être strictement encadrée, limitée à des cas exceptionnels et conforme aux engagements internationaux de l’Algérie.

Youssef Boukoucha a invoqué l’article 15 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui consacre le droit de toute personne à une nationalité et interdit sa privation arbitraire de cet attribut civique. Il a estimé que la remise en cause de ce principe ouvre la voie à des dérives juridiques et humaines lourdes de conséquences, non seulement pour les individus concernés, mais aussi pour leurs familles et pour la cohésion sociale.

Concernant la communauté nationale à l’étranger, le sénateur a insisté sur son rôle historique et actuel dans la construction du pays. Toute mesure visant, directement ou indirectement, à restreindre ses droits ou à conditionner son appartenance nationale serait, selon lui, une atteinte grave à l’unité nationale et à la crédibilité de l’État.

En conclusion, le représentant du FFS a appelé les membres du Conseil de la Nation à reconsidérer le projet de loi à la lumière de la Constitution, du droit international et de la mémoire politique nationale. Il a mis en garde contre l’instauration d’une « citoyenneté conditionnelle », estimant qu’elle porterait atteinte à l’égalité entre les Algériens et fragiliserait durablement le contrat social liant les citoyens à leur État.

Samia Naït Iqbal

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Conseil de la nation : le ministre de la Justice défend l’élargissement des cas de déchéance

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Lotfi Boudjema
Le ministre de la justice algérienne défend avec zèle son projet de loi sur la déchéance de la nationalité. Crédit photo : DR

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, a présenté mardi devant le Conseil de la nation le projet de loi modifiant le Code de la nationalité algérienne, un texte qui prévoit notamment l’élargissement des cas de déchéance de la nationalité, y compris pour les citoyens de nationalité d’origine, rapporte l’APS.

Lors d’une séance plénière présidée par le président du Conseil, Azzouz Nasri, et en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Noudjiba Djilali, le ministre a justifié cette révision par la nécessité de « protéger la souveraineté nationale, la stabilité de l’État et l’unité territoriale ». Selon lui, le texte vise à adapter le cadre juridique aux « évolutions des menaces pesant sur la sécurité nationale ».

Un champ d’application élargi

Le projet de loi introduit une extension des motifs pouvant conduire à la déchéance de la nationalité, en ciblant des actes qualifiés de graves : atteinte aux institutions de l’État, à l’unité nationale et populaire, à la stabilité du pays ou aux symboles de la Révolution, ainsi que la participation publique à des activités considérées comme hostiles à l’Algérie.

Sont également visés les faits de loyauté envers un État étranger, la fourniture de services ou l’acceptation d’avantages matériels dans le but de porter atteinte aux intérêts nationaux, la collaboration avec des forces militaires ou sécuritaires étrangères, ou encore la direction ou la promotion d’organisations qualifiées de terroristes ou subversives.

Le ministre a précisé que la déchéance de la nationalité d’origine ne pourrait intervenir que si la personne concernée possède une autre nationalité, sauf dans des cas jugés exceptionnels, tels que la trahison, l’intelligence avec une puissance étrangère, le port d’armes contre l’Algérie ou l’atteinte à son intégrité territoriale.

Un point qui soulève, en filigrane, la question de l’équilibre entre impératifs sécuritaires et garanties constitutionnelles, dans un contexte marqué par une sensibilité accrue aux questions de dissidence politique et d’expression à l’étranger.

Dans le même temps, le garde des Sceaux a rappelé l’initiative d’Abdelmadjid Tebboune en faveur de la régularisation de la situation de jeunes Algériens établis à l’étranger en situation administrative précaire. Une démarche présentée comme relevant d’une vision de « non-exclusion » et de consolidation du lien social, contrastant avec le durcissement affiché du dispositif juridique. Cependant, peu de chance que l’appel aux sans papiers algériens en Europe soit entendu par ces derniers.

Comme il fallait s'y attendre, l'écrasante majorité des membres du Conseil de la nation a majoritairement salué le projet, estimant que les atteintes à la souveraineté et à la stabilité du pays relèvent de la « haute trahison » et doivent être sévèrement sanctionnées.

En réponse, le ministre a souligné que la déchéance de nationalité existe déjà dans la législation en vigueur, affirmant que le nouveau texte n’introduit pas un principe inédit mais en élargit les modalités « à titre exceptionnel », en lien avec des faits d’une gravité extrême.

Ce projet de loi, par sa portée juridique et politique, est toutefois susceptible de raviver le débat sur l’articulation entre les exigences de sécurité de l’État et la protection des libertés individuelles, ainsi que sur la place de la nationalité dans l’arsenal des sanctions prévues par le droit algérien.

Samia Naït Iqbal

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​Intempéries : plusieurs habitations inondées dans plusieurs wilayas et un décès à Relizane 

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Inondation à Relizane. Crédit photo : Cellule de communication de la protection civile
Inondation à Relizane. Crédit photo : Cellule de communication de la protection civile

​Les services de la Protection civile ont rendu public un bilan détaillé de leurs interventions suite aux fortes précipitations enregistrées ces dernières 24 heures. Les opérations de secours ont touché plusieurs wilayas, marquées par des inondations et le décès d’une personne à Relizane.

​Relizane : un décès et des quartiers sinistrés

​La wilaya de Relizane a été la plus impactée par les crues. Les secours ont déploré le décès d’un homme sexagénaire, dont le corps a été retrouvé à proximité de l’Oued S’fa.

​Sur le plan matériel, la montée des eaux de ce même oued a provoqué l’infiltration de l’eau dans une cinquantaine de foyers au quartier Stal. Plusieurs autres zones, notamment les quartiers El-Barmadia, Chadli et Hamou, ont nécessité des opérations de pompage. Les unités d’intervention ont également procédé au sauvetage de deux personnes bloquées à bord de leur véhicule au quartier El-Ziraïa.

​Chlef : Évacuations et sauvetages

​Dans la wilaya de Chlef, la Protection civile est intervenue pour évacuer deux familles (10 personnes au total) encerclées par les eaux à Boukadir. Des opérations de pompage ont été menées dans 11 habitations du quartier El-Zaouia, ainsi que dans une dizaine de logements à Talassa suite à la crue de l’Oued Boukhandaq.

​État des interventions dans les autres wilayas

​L’activité des secours s’est étendue à plusieurs autres régions :

Tiaret : Plusieurs opérations de pompage des eaux de pluie ont été effectuées dans les quartiers Ibn Badis, Le nouveau stade, La Cadat et Mohamed Djahlane, ainsi qu’au niveau d’une infrastructure d’élevage avicole sur la route de Bouchkif.

Tissemsilt : Les agents ont dégagé un bus vide bloqué par les eaux à Bordj Bounâama. Un effondrement partiel d’un mur d’enceinte a été signalé au chef-lieu, sans faire de victimes.

​Aïn Defla : Des opérations de pompage d’eau ont été effectuées au niveau de cinq habitations à Sidi Lakhdar et un entrepôt industriel à Khemis Miliana ont fait l’objet après des infiltrations importantes des eaux pluviales.

Médéa : Des interventions ont eu lieu dans les quartiers Aïn El Kebir et Hadj Hamdi. À Chehbouina, l’effondrement d’un mur extérieur d’une habitation a été constaté, ne causant que des dégâts matériels.

​La Protection civile appelle les citoyens à la vigilance et au respect des consignes de sécurité aux abords des oueds et des zones à risques durant toute la durée de cette perturbation climatique.

La rédaction

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«La Musique des roses » de Françoise Urban-Menninger

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Françoise Urban Menninger 
Françoise Urban-Menninger. Crédit photo : DR

Paru aux éditions EDBH, La Musique des roses de Françoise Urban-Menninger est un recueil où la rose devient à la fois mémoire, musique et langage. À travers une poésie résolument lyrique, nourrie de filiations littéraires et d’une profonde méditation sur le deuil, l’autrice compose une roseraie intime et universelle, où le poème se fait lieu de survivance, de transmission et de consolation.

Ce livre s’inscrit avec une grande cohérence dans le parcours d’une poète qui, depuis plusieurs années, construit une œuvre patiente et profondément habitée par le lyrisme. D’un recueil à l’autre, Françoise Urban-Menninger creuse les mêmes terres essentielles : la mémoire personnelle et collective, la présence des disparus, l’enfance comme socle sensible de l’écriture, et surtout la musique du vers, conçue comme respiration intime du poème. Chez elle, le rythme n’est jamais un simple ornement formel ; il est ce qui permet à l’émotion de se déposer, de circuler, de ne pas se figer dans l’effusion. La poésie devient ainsi un lieu de modulation, de retenue et d’écoute, où chaque mot cherche sa justesse sonore autant que son poids affectif.

Françoise Urban-Menninger appartient à cette lignée d’écrivains pour qui la poésie ne procède ni de la rupture spectaculaire ni de la provocation formelle. Elle ne cherche pas à déconstruire l’héritage poétique, mais à l’habiter, à l’interroger de l’intérieur, en prolongeant des gestes anciens avec une sensibilité contemporaine. Son travail relève d’un approfondissement patient d’un noyau intime et symbolique, repris, déplacé, enrichi au fil des livres. Cette fidélité n’est jamais répétition : elle est variation, reprise musicale, exploration progressive d’un même motif sous des lumières changeantes.

Son écriture est traversée par un dialogue constant avec la littérature, qui ne s’affiche ni comme érudition ni comme hommage figé, mais comme une conversation vivante avec les poètes et écrivains qui l’ont précédée. Les références littéraires, artistiques et spirituelles qui nourrissent son œuvre agissent comme des présences tutélaires, des voix amies qui accompagnent la sienne sans jamais l’éclipser. Elles confèrent à sa poésie une profondeur temporelle, une conscience aiguë de la filiation, tout en laissant pleinement place à l’expérience personnelle.

Ce qui caractérise enfin l’écriture de Françoise Urban-Menninger, c’est une fidélité revendiquée à la beauté, entendue non comme embellissement décoratif, mais comme exigence de justesse. La lenteur qu’elle cultive n’est pas retrait du monde, mais attention portée à ce qui se dérobe : les gestes infimes, les réminiscences, les silences. Quant à l’émotion, toujours présente, elle est tenue, travaillée, jamais abandonnée à l’excès. Cette rigueur d’écriture confère à son œuvre une force pérenne, qui émeut avec délicatesse et transforme le vécu personnel en une émotion accessible à tous.

Dans La Musique des roses, la rose s’impose comme bien davantage qu’un motif poétique récurrent ou un symbole décoratif. Elle devient le véritable centre de gravité du livre, une figure englobante, presque totalisante, autour de laquelle se déploient les grandes tensions existentielles du recueil. La rose accueille en elle le souvenir et le deuil, l’amour et la perte, la présence et l’absence, mais aussi la langue et le temps, comme si toutes ces dimensions trouvaient dans la fleur leur forme la plus juste et la plus sensible. Elle est à la fois objet regardé, mémoire incarnée, et médiatrice entre le visible et l’invisible.

Dès les premiers poèmes, la rose est investie d’une puissance singulière : elle est dotée d’une voix, ou plutôt d’une musicalité silencieuse, qui lui permet d’« interpréter la musique du monde ». Cette personnification ne relève pas d’un simple procédé lyrique ; elle engage une conception profonde de la poésie comme écoute. La rose, chez Françoise Urban-Menninger, ne parle pas au sens ordinaire : elle vocalise sans bruit, elle chante dans le silence, et c’est à l’âme, plus qu’à l’oreille, qu’elle s’adresse. Elle devient une cantatrice muette, une diva végétale dont le chant traverse le temps et les existences humaines.

Cette métaphore musicale irrigue l’ensemble du recueil et en structure l’imaginaire. Le poème est pensé comme un archet, tenu avec retenue et précision, tandis que la rose devient instrument, caisse de résonance où vibrent les émotions les plus intimes. La poésie se transforme alors en partition, non écrite d’avance, mais rejouée à chaque lecture, où se succèdent les grandes scènes de l’existence humaine. La naissance, l’amour, la mémoire de l’enfance, la marche nuptiale, l’oraison funèbre et la confrontation à la mort trouvent leur place dans cette composition, comme autant de mouvements d’une même œuvre musicale.

La musicalité du recueil ne se limite pas à cette dimension métaphorique ; elle est profondément inscrite dans la matière même du texte. Françoise Urban-Menninger privilégie des vers courts, souvent scandés, qui favorisent la respiration et la reprise. Les répétitions, loin d’être redondantes, jouent le rôle de motifs mélodiques, de refrains qui reviennent, se déplacent, se modulent. Les rimes, discrètes mais présentes, les assonances et les échos sonores tissent une trame rythmique continue, donnant au poème une fluidité presque hypnotique.

Cette écriture musicale confère au recueil une cadence proche de la cantilène, du chant ancien ou de la prière murmurée. Le poème avance par balancement, par ressassement fécond, comme si la langue cherchait moins à dire qu’à accompagner, à envelopper l’expérience humaine dans une forme sonore capable d’en atténuer la violence. Dans cette lente et obstinée musique des roses, la poésie devient un espace de recueillement, où le lecteur est invité non à comprendre, mais à écouter, à se laisser traverser par un chant qui épouse les battements mêmes du cœur et du temps.

La rose est aussi une figure de la mémoire. Elle convoque l’enfance, les gestes maternels, les chansons anciennes, les jardins réels et intérieurs. La présence de la mère traverse le livre avec une intensité particulière. Tantôt explicitement évoquée, tantôt incarnée dans une rose blanche ou carmin, elle devient l’un des visages essentiels du recueil. Le jardin, lieu d’apprentissage et de bonheur, se transforme en espace de survivance poétique où la mère continue de vivre à travers les mots, les parfums et les images. Le poème ne cherche pas à effacer la douleur du deuil, mais à lui offrir une forme, une musique, un lieu où elle peut se déposer sans se figer.

Tout au long du livre, Françoise Urban-Menninger entretient un dialogue constant avec les poètes et écrivains qui l’ont précédée. Oscar Wilde, Aragon, Verlaine, Emily Dickinson, Rilke, Virginia Woolf, Katherine Mansfield, Clarice Lispector, Paul Celan, Mahmoud Darwich, Colette ou encore Proust apparaissent comme autant de voix amies, réunies dans une vaste roseraie littéraire. Ces références ne relèvent jamais de l’érudition gratuite. Elles sont intégrées au tissu du poème comme des résonances naturelles, montrant que la rose est un langage commun aux écrivains de tous les temps, un symbole partagé où s’articulent beauté, désir, souffrance et finitude.

L’un des apports majeurs de La Musique des roses réside dans son affirmation sans détour du lyrisme. À rebours de certaines tendances contemporaines marquées par la fragmentation ou l’ironie, Françoise Urban-Menninger assume une poésie de l’émotion, de la continuité et de la transmission. Elle redonne à la rose, figure parfois jugée usée, une force neuve en la travaillant patiemment sous toutes ses facettes : rose mystique, rose charnelle, rose mortuaire, rose d’enfance, rose du poème lui-même. La mort, omniprésente, n’est jamais brutale ; elle est lente, parfumée, presque douce, comme une rose qui se fane tout en donnant encore.

Ce choix esthétique et éthique a des répercussions sensibles. L’impact de La Musique des roses se mesure moins en termes de visibilité médiatique immédiate que par la profondeur de sa réception. Le recueil trouve une résonance particulière auprès de lecteurs attachés à la musicalité du vers, à une poésie capable de relier l’intime à l’universel, et de proposer une forme de consolation sans renoncer à la lucidité. Pour beaucoup, il devient un livre-compagnon, que l’on garde à portée de main, que l’on rouvre au hasard, et auquel on revient dans des moments de fragilité ou de recueillement.

Dans les milieux poétiques spécialisés, le livre s’est imposé comme une prise de position claire en faveur d’un lyrisme contemporain assumé. Il nourrit des échanges autour de la place de la musique, du symbole et de l’émotion dans la poésie d’aujourd’hui, et rappelle que ces dimensions ne sont ni archaïques ni incompatibles avec une exigence formelle élevée. Lors de lectures publiques, de rencontres littéraires ou d’ateliers d’écriture, La Musique des roses se distingue par sa capacité à toucher un public intergénérationnel, sensible à la fois à la beauté de la langue et à la densité des thèmes abordés.

Son influence, discrète mais réelle, se manifeste également auprès de jeunes poètes, d’auteurs en devenir et de participants d’ateliers d’écriture, qui reconnaissent dans La Musique des roses une proposition poétique à la fois exigeante et libératrice. Le recueil agit pour eux comme une autorisation implicite : celle de réinvestir pleinement la musicalité du vers, non comme un effet de style, mais comme une nécessité organique de l’écriture. Il invite à écouter le poème avant de le conceptualiser, à accorder une place centrale au rythme, à la respiration et aux reprises, dans un contexte où la poésie contemporaine privilégie parfois l’ellipse sèche ou la fragmentation.

Cette influence se traduit aussi par une réhabilitation assumée de la lenteur. Le livre encourage une temporalité de l’écriture et de la lecture qui va à rebours de l’immédiateté et de la performance. Il propose un rapport au poème fondé sur l’attention, la patience et la maturation, où les images se déploient progressivement, par strates, et où le sens n’est jamais livré d’emblée. Pour de nombreux jeunes auteurs, cette lenteur apparaît comme une forme de résistance poétique, un espace de liberté face aux injonctions de nouveauté permanente.

Le travail du symbole constitue un autre point d’ancrage de cette influence. À travers la rose, figure mille fois reprise dans l’histoire de la poésie, Françoise Urban-Menninger montre qu’un symbole n’est jamais épuisé à condition d’être investi avec sincérité et profondeur. Le recueil incite ainsi à abandonner la distance ironique ou le détournement systématique, pour renouer avec une approche incarnée du symbolique, où l’image devient lieu de condensation de l’expérience vécue. Cette posture, loin d’un retour naïf au lyrisme, propose une exigence accrue de justesse et de responsabilité dans l’usage des images.

Le livre circule de ce fait comme une référence silencieuse, rarement brandie comme manifeste, mais souvent évoquée à voix basse, de lecteur à lecteur, de poète à poète. Il se transmet dans les marges des scènes officielles, lors de lectures partagées, d’échanges informels, de recommandations personnelles. Dans ces cercles où la poésie demeure un art vécu, éprouvé collectivement et intimement à la fois, La Musique des roses trouve une place singulière : celle d’un livre qui accompagne, inspire et soutient, sans jamais imposer de modèle, mais en rappelant la puissance durable d’une parole poétique habitée.

La Musique des roses ne cherche pas l’effet spectaculaire, mais inscrit son impact dans la durée. Il propose une expérience de lecture qui engage le corps, la mémoire et l’émotion, et rappelle que la poésie peut encore être un lieu d’accueil, de transmission et de fidélité. En refermant ce recueil, on comprend que pour Françoise Urban-Menninger la poésie est un acte de persévérance : persévérance de la mémoire, de l’amour, et de la voix humaine face au temps. Si le poème est aussi éphémère qu’une éclosion, son essence s’ancre dans la mémoire, laissant une trace durable une fois la page tournée.

Brahim Saci

Françoise Urban-Menninger, La Musique des roses, éditions EDBH  

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Riposte Internationale dénonce l’extradition de Me Makhlouf par Alger vers Tunis

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Seif Eddine Makhlouf
Seif Eddine Makhlouf extradé par l'Algérie vers la Tunisie. Crédit photo : DR

Riposte Internationale condamne avec la plus grande fermeté l’extradition de l’avocat tunisien Seifeddine Makhlouf par les autorités algériennes.

Cette décision est une violation flagrante des droits de l’homme et du droit d’asile. L’avocat Makhlouf, connu pour son engagement en faveur de la justice et des droits de l’homme, est un opposant politique tunisien qui risque de lourdes peines de prison pour ses opinions et activités légitimes.

Riposte Internationale rappelle que ni l’Algérie ni la Tunisie ne sont des terres d’asile pour les opposants et les défenseurs des droits humains. Ces pays ont des bilans désastreux en matière de respect des droits de l’homme et ne peuvent être considérés comme des lieux sûrs pour les personnes persécutées.

Riposte Internationale dénonce la complicité de l’Algérie dans la persécution de l’avocat Makhlouf et exige que les autorités tunisiennes garantissent la sécurité et les droits de l’avocat Seifeddine Makhlouf. Nous appelons la communauté internationale à se mobiliser pour défendre les droits de l’homme et la justice.

Paris, le 20 janvier 2026

P/ Riposte Internationale

Ali Ait Djoudi

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