L’ancienne ministre française et présidente de l’Association France Algérie (AFA), en visite depuis trois jours en Algérie, sur invitation de la Chambre de Commerce et d’Industrie Algéro-Française (CCIAF), Ségolène Royal a confié au journal Paris Match, les détails de sa visite, vendredi 30 janvier au matin, au journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis sept mois.
La rencontre s’est tenue dans une prison d’Alger, où le journaliste a été transféré la veille, de la prison de Tizi Ouzou où il était incarcéré depuis juin 2025.
À l’issue de cet entretien, qui a duré entre 35 et 40 minutes, Ségolène Royal a livré un témoignage empreint de retenue. Elle évoque un homme « doté d’une vraie force intérieure », capable de conserver une certaine sérénité malgré l’épreuve de la détention. Selon elle, Christophe Gleizes puise cet équilibre dans ses liens familiaux et dans ses relations avec l’extérieur, rendues plus accessibles par son transfert à Alger.
Toujours selon Paris Match, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle souligne que le journaliste suit la mobilisation en cours en France pour sa libération, tout en refusant toute mise en avant personnelle. Elle le décrit comme profondément attaché à son métier, désireux de continuer à exercer le journalisme, et n’ayant pas anticipé les difficultés que sa venue en Algérie pourrait engendrer.
Durant sa détention, Christophe Gleizes occuperait son temps par la lecture, le sport et la télévision. Il aurait également noué des relations de solidarité avec ses codétenus, notamment en aidant l’un d’eux à apprendre à lire et à écrire, selon le récit rapporté par Paris Match.
Ségolène Royal affirme par ailleurs que le journaliste n’est « pas du tout dans la critique de l’Algérie », pays qu’il apprécierait particulièrement. Elle présente sa visite comme un « geste humain et fraternel », saluant l’autorisation accordée tant pour la rencontre que pour le transfert du détenu, qu’elle qualifie de signaux positifs.
Concernant les perspectives de libération, elle évoque l’existence de recours et de délais légaux, sans vouloir interférer avec les procédures en cours, tout en exprimant l’espoir d’une décision de grâce.
Selon Paris Match, Ségolène Royal indique également être en contact avec le conseiller diplomatique de l’Élysée, tout en rejetant l’idée d’une diplomatie parallèle. Elle assume son engagement, estimant que son expérience politique lui permet de dialoguer avec les différentes parties concernées, dans un contexte qu’elle juge sensible mais essentiel pour les relations franco-algériennes.
A-t-elle pensé aux plus de 250 détenus d’opinion algériens qui croupissent dans les prisons algériennes en rendant visite au journaliste français ? Assurément pas. Cela ne la concerne pas, pourrait-elle arguer ! Affaire algéro-algérienne, diront les défenseurs du pouvoir. Cela dit, son silence sur l’arbitraire qui règne sur le pays ne la grandit pas. C’est l’Algérie officielle et des salons qui manifestement intéresse Ségolène Royal. En même temps, en perte de toute influence en France, l’Algérie est désormais pour aile un sacré marche-pied pour exister médiatiquement. Quant à cette visite du journaliste Christophe Gleizes, c’est une remerciement sans lendemain des autorités pour son dévouement à défendre le régime en France.
La famille Aït Bachir informe qu’un hommage sera rendu à Ahmed Aït Bachir dimanche 1er février de 15h à 19h au centre culturel Idir, à Epinay-sur Seine. Ci-dessous le communiqué
Ulɣu Ass n lḥedd 01 di fuṛar 2026 seg 15h00 -19h00, a s-nerr tajmilt i tgejdit n wexxam -nneɣ Aḥmed Ait Bachir. Wid yebɣan ad ɛezzin, timlilit ad d-tili deg wexxam n yedles Idir. Tansa: Centre Culturel Idir 18, rue du Général Julien 93800 Épinay-sur-Seine
RER C : station Épinay-sur-Seine Tramway T8 : station Lacépède
Un hommage sera rendu à la mémoire de notre cher et regretté Ahmed Aït Bachir. La cérémonie se déroulera le dimanche 1er février 2026, de 15h à 19h, au Centre Culturel Idir, situé à Épinay-sur-Seine.Adresse : Centre Culturel Idir 18, rue du Général Julien93800 Épinay-sur-Seine
Accès :
RER C : station Épinay-sur-Seine
Tramway T8 : station Lacépède La famille Aït Bachir
Aujourd’hui (*) je veux rendre hommage à la personne la plus gentille que je connais, il s’agit de mon père Daa Hmimi, je n’ai jamais entendu de sa bouche le mot NON, il ne sait pas dire non.
Vous pouvez lui demander l’impossible, il ne vous répondra jamais par non. Il est présent pour nous et pour les autres 7/7 et 24/24. Il a donné son rein a son frère Mohamed, paix a son âme et l’a accompagné jusqu’à son dernier souffle.
Il a enterré son frère et sa mère à 3 mois d’intervalle. Il est resté auprès de ma sœur qui a subit une greffe cardiaque avec des complications toutes les nuits à l’hôpital pendant plusieurs semaines sur un siège. Il est également resté à l’hôpital auprès de mon frère Chakib paix à son âme pendant des semaines, sans dormir jusqu’à la dernière minute…
Mon père a vécu la guerre, la déportation et la misère. Orphelin de père(mort au maquis) il a été déporté à l’âge de 5 ans avec sa famille et l’ensemble de notre village au camp de concentration d’Ahfir, il était berger jusqu’à l’âge de 13 ans, quand son oncle est venu le chercher à Farougaa (champ de pâturage au village) pour l’amener en France et l’inscrire à l’école. Il ne savait ni lire ni écrire, lui qui n’est jamais sorti de son village, il est parti des montagnes de Kabylie directement à Paris. Il lui a fallu moins d’une année pour apprendre à lire et écrire, il a rattrapé son retard et le niveau des enfants de son âge… Mon père a beaucoup encaissé dans la vie mais il est toujours resté debout. Il en a reçu des coups mais il est constamment revenu l’abordage.
Il est toujours là pour mes enfants et ma nièce qui savent qu’il y a toujours la solution « jdis Hmimi » pour les amener et les ramener à leurs activités et autres…
Il fait tout ce qu’il peut pour sa petite-fille Élise afin d’atténuer l’absence de son père (mon frère Chakib parti trop tôt).
J’étais petit et je me souviens qu’il s’occupait des proches des détenus politiques emprisonnés à Lambèse et Berrouaghia, il se levait au milieu de la nuit et accompagnait les familles pour les visites, il nous disait qu’il partait juste à Tizi avec Ravah Ouchikhoune (paix a son âme) pour ne pas nous inquiéter…
Moi passionné d’histoire, quand je discute avec lui je me rends compte que je suis un petit joueur, que je ne connais rien, c’est une bibliothèque à lui tout seul….
Repose en paix, Dda Hmimi.
A mon père, je veux dire Merci
Je t'aime Vava.
Prenez soin de vos pères ! Avec eux vous n'aurez jamais besoin de surveiller vos arrières.
Mahmen Ath Wekham (fils de Si Hmimi)
(*) Ces mots, je les avais partagés de son vivant, en hommage à mon père.
Boualem Sansal a été élu ce jeudi 29 janvier à l’Académie française au fauteuil de l’avocat et historien Jean-Denis Bredin.
Avec le score de 25 voix sur 26 (un bulletin blanc), il avait déjà eu auparavant le soutien de plusieurs « immortels » dont ceux très appuyés de l’écrivain Jean-Loup Dabadie et Alain Finkielkraut. Pour ce dernier, c’est dire combien la raison de l’accession à cette prestigieuse institution n’est jamais d’ordre politique.
Un petit rappel à propos des géants de la littérature algérienne qui n’ont pas été jugés dignes de l’être. Mouloud Mammeri, pourtant dans les deux registres que sont, l’engagement pour l’identité algérienne et son immense talent littéraire. Son nom avait été cité dans de nombreux cercles littéraires.
Mohammed Dib, bien que cité pour son grand talent d’écrivain, n’a jamais été membre pour sa modestie qui ne l’a pas encouragé à présenter sa candidature ou pour son refus d’y être. Pour Kateb Yacine, l’idée lui était impossible.
J’ai défendu la cause de Boualem Sansal avec autant de force que d’autres, nous étions nombreux, les écrits ont cette qualité qu’ils restent en témoignage. L’arrestation et l’incarcération de l’écrivain sont conformes à la violence du régime militaire algérien envers les libertés humaines, je ne dois et n’ai eu aucune ambiguïté d’opinion à ce sujet.
Mais en même temps, sans me renier, j’ai été un virulent critique de son comportement, surtout celui de s’afficher avec un public et des medias qui n’attendaient de lui que ce qu’ils voulaient entendre (cela ne vous fait pas rappeler un autre écrivain ?). Jamais il n’avait daigné s’abaisser à participer, même par sa seule présence, même sporadique, dans une association militante à l’étranger.
Comment être convaincu qu’il n’y a pas là un facteur politique qui a fait germer l’idée. Certes, c’est une opinion qui se revendique être une défense des libertés et de la démocratie mais est-ce la mission de l’académie française ?
Est-il du niveau littéraire d’une telle candidature ? Je ne l’ai jamais lu et je n’ai aucune raison de m’opposer à l’idée qu’il le soit. De plus, ne suis-je pas honoré qu’un écrivain algérien puisse accéder à une telle reconnaissance ?
Bien entendu que je le serais si cette nomination ne cachait pas autre chose. Une écrivaine ou un écrivain algérien ne peuvent-ils pas accéder à un si haut rang autrement que pour la seule raison d’avoir été l’un des symboles de l’opposition à la tyrannie ?
Pour moi, c’est presque une humiliation. Autant parce qu’on est une femme résistante à l’abominable tyrannie de la doctrine islamiste. C’est le cas d’Assia Djebbar dont on ne peut nier le grand talent mais on est en droit de suspecter une autre raison, celle du symbole de la femme résistante pendant la décennie noire, une francophone.
J’avais écrit dans deux quotidiens algériens un hommage vibrant sur une pleine page. On ne peut pas m’accuser de ne pas avoir reconnu son talent littéraire.
C’est indéniable que l’Académie a très souvent intégré dans ses rangs des écrivains militants. Il est incontestable que cela a toujours été le cas de l’institution depuis sa naissance. Mais est-ce qu’une seule fois ce militantisme a été découplé d’une très grande notoriété d’écrivain ?
Le champion des champions, celui qu’on cite inévitablement, est Emile Zola. Opposant au régime de Napoléon III, défenseur des libertés et militant contre l’injustice envers les plus démunis, il a eu même droit à un procès pour sa défense de Dreyfus par le célèbre article « J’accuse ».
Et pourtant, ce monument de la littérature, présent dans l’Olympe de cet art aux côtés d’un Victor Hugo et de quelques autres, s’est fracassé sur la porte d’entrée de l’Académie française. 25 candidatures en échec, vous entendez bien, 25 candidatures.
Le géant Balzac a subi une humiliation avec deux voix favorables seulement. Puis Gustave Flaubert, Théophile Gautier et Dumas père, Louis Aragon, Marcel Proust, Jean Paul Sartre, René Char et, bien entendu le Nobel de la littérature, Albert Camus. Je le répète, j’inclus ceux qui ont refusé d’y être car il s’agit là de grands dont on avait dans le cénacle des écrivains supposé qu’ils puissent y entrer.
Franchement, ce n’est pas faire injure à Boualem Sansal que de dire que l’œuvre n’atteint pas cette dimension quantitative et de qualité reconnue, aussi bien dans le registre du militantisme qui est bien tardif et assez modeste par rapport à bien d’autres qui ne sont pas sous la lumière médiatique.
Voilà pourquoi je suis en colère qu’on puisse associer le talent littéraire algérien à la seule condition de prouver que la langue française est la garante d’une diffusion de la démocratie contre ce qui peut la menacer.
Je viens de faire la part des choses, au lecteur de le confirmer ou non.
L’accélération, sans précédent, ces dernières années de l’érosion du pouvoir d’achat est devenue une réalité quotidienne dans le monde entier. Les salaires réels progressent plus lentement que le coût de la vie, lorsque leur croissance n’est pas simplement négative, tandis que les ménages constatent que l’épargne accumulée perd continuellement de sa valeur.
Pour les investisseurs de long terme, il devient clair que la monnaie ne préserve plus la valeur dans le temps. Cette inquiétude générale nourrit une remise en cause plus profonde du système monétaire contemporain, fondé sur des monnaies imprimables « à volonté », dont l’émission dépend davantage des contraintes budgétaires et financières des États que de la création de richesse réelle. Comme l’écrivait John Maynard Keynes, « la monnaie est un lien entre le présent et le futur ». Lorsque ce lien se distend, ce n’est pas seulement un mécanisme économique qui se fragilise, mais la capacité d’une société à se projeter dans le temps, à transformer l’épargne en investissement et la promesse politique en contrat crédible.
Dans ce contexte, la confiance qui soutient les monnaies fiduciaires (billets et pièces) s’effrite. La multiplication des crises, l’accumulation des dettes publiques et le recours répété à la création monétaire comme solution par défaut ont progressivement affaibli la crédibilité des promesses économiques. Lorsque la monnaie peut être produite sans ancrage tangible et sans contrainte effective, elle cesse d’apparaître comme une réserve de valeur fiable et tend à devenir un instrument d’ajustement politique. Cette évolution pose une question centrale pour les années à venir, un système monétaire reposant sur la capacité illimitée à actionner la planche à billets peut-il encore remplir durablement ses fonctions fondamentales, ou doit-il être réformé afin d’introduire des mécanismes de discipline capables de restaurer la confiance, de protéger l’épargne et de réancrer la monnaie dans des limites économiques crédibles ?
Quand la dette ne crée plus de richesse
L’économie mondiale a progressivement substitué à la dynamique de la croissance réelle une logique d’expansion des bilans publics et privés. La dette mondiale est estimée entre 350-355 mille milliards de dollars en ce mois de janvier 2026, représentant près de 300% du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial – une mesure de la richesse – contre environ 210 % au début des années 2000. Dans le même temps, la croissance réelle moyenne mondiale est restée inférieure à 3 % sur la période 2015–2025, malgré des politiques monétaires exceptionnellement accommodantes. Cette divergence se reflète dans le rendement macroéconomique de la dette. Aux États-Unis, les données du Bureau of Economic Analysis et de la Réserve fédérale (Banque Centrale) indiquent qu’un dollar de dette supplémentaire générait en moyenne entre 0,60 et 0,70 dollar de PIB additionnel au début des années 2000, contre moins de 0,30 dollar dans la période récente. En zone euro, où la dette publique moyenne dépasse désormais 90 % du PIB, plusieurs grandes économies ont enregistré une croissance réelle annuelle inférieure à 1 % sur la dernière décennie, signalant une dissociation croissante entre accumulation financière et capacité de production réelle.
Ce phénomène s’apparente à ce que certains économistes qualifient de trappe de l’endettement, un régime dans lequel l’accumulation financière ne génère plus un surplus de capacité productive, mais alimente principalement la valorisation des actifs existants. Dans ce cadre, la croissance devient une variable résiduelle, dépendante non de l’innovation ou du capital humain, mais de la tolérance des marchés à l’expansion continue des bilans publics et monétaires.
Cette trajectoire rappelle une régularité historique en économie, lorsque le ratio de dette publique par rapport au PIB dépasse durablement certains seuils, la croissance potentielle tend à s’affaiblir de manière persistante. L’endettement cesse alors d’être un pont vers l’avenir pour devenir un héritage transmis au présent, dont le service mobilise une part croissante des ressources productives.
L’endettement comme substitut à la croissance
Depuis plus d’une décennie, l’endettement est devenu une variable d’ajustement structurelle des politiques économiques, pas pour financer des investissements productifs à long terme, mais pour stabiliser des équilibres budgétaires fragilisés par une croissance insuffisante et des dépenses publiques rigides. Cette évolution a transformé la dette en condition permanente de fonctionnement des États.
Depuis 2008, les politiques dites d’assouplissement quantitatif, qui consistent pour les banques centrales à créer de la monnaie afin de racheter massivement des obligations d’État et des actifs financiers aux banques et aux investisseurs, ont conduit à une multiplication sans précédent de la base monétaire et des agrégats de liquidité. Aux États-Unis, la masse monétaire M2 (billets + Pieces + Epargne liquide) a été multipliée par 3 entre 2008 et 2025, tandis que la zone euro a suivi une trajectoire comparable sous l’effet des programmes de rachats d’actifs de la Banque centrale européenne, dont le bilan est passé de moins de 2 000 milliards d’euros à plus de 7 500 milliards. Ce mécanisme a permis de maintenir des taux d’intérêt durablement bas et de contenir les crises financières en finançant des dettes, mais il a aussi réduit la capacité des autorités monétaires à intervenir autrement que par de nouvelles injections de liquidité, rendant le système financier structurellement dépendant de la création monétaire publique.
Cette évolution s’accompagne d’une dissociation croissante entre l’abondance monétaire et la performance économique réelle. Alors que la croissance mondiale est restée en moyenne inférieure à 3 % sur la période 2015–2025, la valorisation des actifs financiers et immobiliers a progressé à des rythmes nettement supérieurs, traduisant une orientation de la liquidité vers les marchés d’actifs plutôt que vers l’investissement productif. Dans plusieurs économies, l’expansion rapide de la masse monétaire a coïncidé avec une hausse du coût de la vie et une pression sur les salaires réels, sans amélioration proportionnelle de la productivité.
Selon la Banque des règlements internationaux, la part de la dette publique mondiale détenue ou refinancée indirectement par les banques centrales a atteint des niveaux historiquement élevés depuis 2020, renforçant l’interdépendance entre politiques budgétaires et politiques monétaires dans plusieurs économies.
Crise de confiance
La dissociation entre création monétaire et croissance réelle se traduit par des signaux de marché de plus en plus explicites. Entre début 2023 et janvier 2026, le prix de l’or a progressé de plus de 170%, franchissant des sommets historiques à plus de 5000 dollars l’once, tandis que l’argent a enregistré une hausse cumulée dépassant 332% sur la même période. Ces records traduisent une préférence accrue pour des actifs perçus comme des réserves de valeur face à l’érosion du pouvoir d’achat des monnaies fiduciaires.
Cette dynamique se reflète également dans les stratégies officielles. Depuis 2022, les banques centrales ont acquis plus de 1 000 tonnes d’or par an, un niveau sans précédent dans l’histoire moderne. Parallèlement, plusieurs monnaies de pays émergents ont subi des dépréciations marquées face aux principales devises. Entre 2022 et 2025, plusieurs monnaies d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie ont perdu entre 20 et 40 % de leur valeur nominale, sous l’effet combiné du resserrement financier mondial, du poids de la dette extérieure libellée en devises fortes et de déficits courants persistants. Cette fragilité alimente une crainte de perte durable de pouvoir d’achat et renforce la perception d’une tension structurelle sur la crédibilité des monnaies imprimables.
Dans une perspective plus longue, ce mouvement rappelle l’observation de Fernand Braudel selon laquelle les sociétés se tournent vers des formes de richesse “hors du temps politique” lorsque la stabilité institutionnelle devient incertaine. L’or n’est alors pas seulement un actif financier, mais une référence symbolique à une valeur qui échappe aux cycles électoraux et aux arbitrages budgétaires de court terme.
Géopolitique et instabilité monétaire
La résurgence des politiques protectionnistes, la remise en cause des chaînes de valeur mondiales et l’usage des instruments commerciaux comme leviers stratégiques introduisent une incertitude durable dans les anticipations des entreprises et des investisseurs. Les annonces de barrières tarifaires, de restrictions technologiques ou de sanctions financières se traduisent par des ajustements immédiats sur les marchés de change, révélant la sensibilité accrue des monnaies aux décisions politiques.
Dans ce contexte, l’économie mondiale évolue dans un état de déséquilibre structurel marqué par une croissance potentielle affaiblie et des pressions inflationnistes sectorielles persistantes. Les monnaies fiduciaires se trouvent prises dans une triple tension, celle de l’endettement élevé des États, de la nécessité de préserver le pouvoir d’achat intérieur et de la volatilité induite par les chocs géopolitiques. Cette combinaison fragilise leur rôle de repère stable pour le commerce et l’épargne.
Le modèle monétaire fiduciaire
Le modèle monétaire fiduciaire repose sur un socle immatériel, celui de la confiance dans la solidité des institutions et la prévisibilité des politiques publiques. Lorsque cette crédibilité se fragilise, la valeur monétaire devient plus sensible aux anticipations qu’aux fondamentaux productifs. En l’absence d’ancrage tangible, l’expansion monétaire ne rencontre d’autre limite que la tolérance des agents économiques à l’inflation, à la dépréciation externe et à la volatilité financière.
La stabilité de la monnaie est une condition de la liberté économique, une monnaie imprimable donc manipulable « à volonté » affaiblit la capacité des individus à planifier, à épargner et à contracter sur le long terme. Dans cette perspective, l’instabilité monétaire ne constitue pas seulement un déséquilibre macroéconomique, mais une contrainte sur l’autonomie économique des sociétés.
Ce cadre montre un paradoxe structurel, celui d’un endettement qui progresse plus rapidement que la richesse qu’il est censé financer. La dette, soutenue par la création monétaire, permet de différer les ajustements réels mais au prix d’une pression cumulative inflationniste et sur la valeur externe des devises. À moyen terme, cette dynamique tend à déplacer le coût de l’équilibre économique vers les détenteurs de monnaie et d’épargne, à travers l’érosion du pouvoir d’achat.
Perspectives pour l’avenir des monnaies
Les évolutions récentes suggèrent que l’avenir des systèmes monétaires ne s’inscrira pas dans une rupture brutale mais dans une recomposition progressive des ancrages de confiance. Face aux limites des monnaies exclusivement fiduciaires, les États et institutions peuvent explorer des formes d’adossement partiel à des valeurs réelles, qu’il s’agisse de réserves accrues de métaux précieux, de paniers de matières premières stratégiques ou de dispositifs hybrides associant actifs réels et règles de discipline monétaire renforcées. Cette recomposition implique également la nécessité d’instaurer des garde-fous institutionnels empêchant le recours discrétionnaire et répété à la création monétaire, qui conduit naturellement à la dilution de la valeur de la monnaie et à un transfert progressif du coût de l’ajustement vers les détenteurs d’épargne.
La généralisation de la monnaie électronique ouvre la possibilité d’introduire des mécanismes de contrainte et de traçabilité directe sur l’expansion monétaire. Les monnaies numériques de banque centrale permettent d’associer l’émission de nouvelles unités monétaires à des règles programmées, telles que des plafonds quantitatifs ou des conditions macroéconomiques prédéfinies, rendant plus visibles et plus vérifiables les choix de politique monétaire. Cette capacité technique ne saurait toutefois se substituer à une gouvernance crédible. Sans discipline budgétaire et sans cadre institutionnel garantissant la prévisibilité des décisions, la monnaie programmable risque de devenir un outil de contrôle plus qu’un instrument de stabilité. La confiance durable ne naît pas de la technologie seule, mais de la cohérence entre règles d’émission, soutenabilité des finances publiques et responsabilité politique dans l’usage du pouvoir monétaire.
Enfin, l’avenir des monnaies imprimables touche au cœur du contrat social qui lie les États à leurs citoyens et les économies nationales au système mondial. Une monnaie est une promesse de stabilité entre le présent et l’avenir, un lien de confiance entre l’effort productif et la valeur conservée. Lorsque cette promesse est discréditée, les comportements d’épargne, d’investissement et de travail se transforment, révélant une société qui doute de la capacité de ses institutions à préserver la valeur de ce qu’elle produit.
Entre la contrainte de dettes accumulées, la fragmentation géopolitique et les limites d’une création monétaire devenue structurelle, le système fiduciaire est placé devant une exigence de réinvention. L’enjeu est de redéfinir des cadres où la flexibilité nécessaire à la gestion des chocs s’accompagne de bornes crédibles à l’expansion monétaire. De cette capacité à réancrer la monnaie dans des règles lisibles, des institutions responsables et une discipline budgétaire durable dépend la confiance des sociétés dans la valeur du temps qu’elles investissent, des richesses qu’elles créent et de l’avenir qu’elles transmettent. Une monnaie stable est une promesse tenue entre générations ; une monnaie instable est une dette transmise dans le temps. Un ordre monétaire qui ne parvient plus à convertir la confiance en investissement productif cesse d’être un moteur de développement pour devenir un simple mécanisme de préservation des équilibres passés, appelant, à terme, une refondation de ses principes et de sa légitimité.
La Cour nationale espagnole (Audiencia Nacional), chambre pénale, section II, a rejeté le 27 janvier 2026 la demande d’extradition de l’ancien sénateur algérien Abdelkader Djediâ vers l’Algérie. Une décision saluée par l’Organisation Chouaâ pour les droits de l’homme, qui y voit un signal en faveur du respect des normes internationales de protection des droits fondamentaux.
Enième camouflet pour la justice algérienne. Dans un communiqué, l’organisation rappelle que M. Djediâ a comparu le 26 janvier devant la juridiction espagnole dans le cadre de la procédure d’extradition, réaffirmant son attachement à ses droits légaux et son refus de toute mesure portant atteinte à sa liberté et à sa sécurité.
Selon Chouaâ, la décision de la justice espagnole illustre l’importance de l’indépendance judiciaire et le refus de détourner les mécanismes de coopération judiciaire internationale à des fins de poursuites politiques ou de répression des voix critiques. L’organisation estime que la protection des droits et libertés ne saurait être subordonnée à des considérations politiques.
L’ONG exprime par ailleurs sa préoccupation face à ce qu’elle qualifie de poursuites et de pressions persistantes à l’encontre de l’ancien parlementaire, qu’elle interprète comme révélatrices d’une politique de répression visant les opposants et les critiques du pouvoir en Algérie.
Elle rappelle également que le Conseil directeur de l’Union interparlementaire a adopté à l’unanimité, le 23 octobre 2025 lors de sa 151ᵉ session, une décision acceptant la plainte déposée par Chouaâ auprès du Comité des droits de l’homme des parlementaires, au nom de M. Djediâ, concernant des violations constitutionnelles et des poursuites judiciaires liées à son activité parlementaire.
Dans ce contexte, l’organisation appelle les autorités espagnoles à poursuivre leurs efforts pour garantir la protection juridique et humaine d’Abdelkader Djediâ, conformément aux engagements internationaux de l’Espagne en matière de droits de l’homme. Elle affirme enfin qu’elle continuera de suivre ce dossier aux niveaux juridique et international, en coordination avec les mécanismes compétents.
Ce niet de l’Espagne est une autre claque pour la justice algérienne auquelle personne ne croit en Espagne. Hormis Ould Kaddour extradé des Emirats aucun opposant algérien ne l’a été d’Europe. La justice algérienne a beau classer ces derniers ou des organisations comme le MAK comme étant « terroristes » rien n’y fit. C’est dire.
Samia Naït Iqbal
# Lire le communiqué de Chouaâ sur le site officiel :
À quelques semaines des élections municipales à Marseille, la question de la montée de l’extrême droite devient plus pressante que jamais. Pour sensibiliser et former les citoyens à une résistance concrète, Thomas Guégnolé tiendra une conférence gratuite et ouverte à tous, organisée par l’association Résister aujourd’hui.
Dans cet entretien, il explique sa démarche, les actions possibles pour contrer l’influence du RN, et l’importance d’agir plutôt que de se limiter aux discours.
Le Matin d’Algérie : Dans votre annonce, vous parlez de « résister /vraiment/, par les actes et non par les bavardages ». Quels types d’actions concrètes recommandez-vous pour lutter contre l’extrême droite ?
Thomas Guégnolé : Mon intervention va expliquer concrètement deux choses : comment la société civile et les simples citoyens pourront résister dans les villes dont la mairie va devenir d’extrême droite ; et comment les mairies pourront résister concrètement à un futur gouvernement d’extrême droite. J’exposerai des méthodes très concrètes : comment les médecins peuvent entraver l’expulsion de sans-papiers grâce à des certificats médicaux, comment les mairies peuvent protéger les immigrés persécutés par le gouvernement, par exemple.
Le Matin d’Algérie : Pourquoi avoir choisi Marseille comme lieu pour cette conférence ? Y a-t-il un contexte particulier dans la ville qui rend cette résistance nécessaire ?
Thomas Guégnolé : Bien sûr ! Le candidat du RN est en tête des sondages de premier tour avec le maire sortant de gauche, Benoît Payan, avec 31% des voix. Le risque que Marseille devienne une mairie RN est bien réel. Par conséquent, au cas où, je viens exposer aux gens comment résister concrètement par les actes, en toute légalité, si cette catastrophe se produit.
Le Matin d’Algérie : Vous mentionnez l’association Résister aujourd’hui comme organisatrice. Quel rôle jouent les associations dans la lutte contre le RN et l’extrême droite ?
Thomas Guégnolé : Les associations font un énorme travail de terrain, dans le social, le lien, la pédagogie politique et civique, la vie culturelle. Elles forment ensemble une digue civique contre les idées de l’extrême droite. Et l’extrême droite l’a bien compris, raison pour laquelle, la première chose qu’elle fait dans toutes les mairies qu’elle gagne, c’est tuer ces associations en leur coupant les vivres.
Le Matin d’Algérie : Certains voient l’action antifasciste comme purement symbolique. Comment répondez-vous à ceux qui critiquent les conférences comme des gestes « intellectuels » plutôt que politiques ?
Thomas Guégnolé : Pour être honnête, je suis d’accord : trop de conférences s’enlisent soit dans des diagnostics sans recommandations, soit dans des incantations morales. C’est inefficace. Je fais le contraire. Comme je vous le disais, mon intervention va expliquer concrètement deux choses : comment la société civile et les simples citoyens pourront résister dans les villes dont la mairie va devenir d’extrême droite ; et comment les mairies pourront résister concrètement à un futur gouvernement d’extrême droite. Mon objectif est que toute personne assistant à cette intervention et prenant des notes reparte bien formée à la résistance par les actes.
Le Matin d’Algérie : Dans votre annonce, vous citez directement des figures politiques locales et nationales (#RN Franck Allisio, #LFI). Comment pensez-vous que la dimension locale influence la lutte contre l’extrême droite ?
Thomas Guégnolé : À double titre. D’une part, dans toutes les mairies que l’extrême droite gagne, les conséquences sont catastrophiques : la vie culturelle est mise en coupe réglée, les associations ayant des valeurs humanistes se font couper les vivres, la surveillance de masse s’installe dans les rues, l’histoire locale et les noms des lieux sont repeints dans un récit réactionnaire, et j’en passe… D’autre part, si le RN prend le pouvoir en France aux prochaines élections nationales, ce qui est tout à fait possible, les mairies qui en auront le courage auront toutes le pouvoir de résister : j’explique comment dans mon intervention.
Le Matin d’Algérie : Comment préparez-vous les participants à faire face aux attaques, aux moqueries et à l’intimidation que vous mentionnez dans vos communications publiques ?
Thomas Guégnolé : Je les invite à faire comme moi : faire front et rester la tête haute, car c’est à ces racistes haineux, et généralement stupides, de baisser les yeux.
Le Matin d’Algérie : Selon vous, quel est le rôle des réseaux sociaux dans la propagation du racisme et de l’extrême droite, et comment y résister efficacement ?
Thomas Guégnolé : Sur les réseaux sociaux, le problème est le lâcher-prise généralisé des modérateurs. La législation sur les propos haineux, injurieux, racistes, n’est tout simplement pas respectée. Les victimes de ces agressions écrites doivent porter plainte et signaler tout cela à Pharos. Et le législateur doit serrer la vis aux réseaux sociaux pour qu’ils fassent leur travail de modération des contenus exigé par la loi.
Le Matin d’Algérie : Vous mettez l’accent sur la résistance « par les actes ». Peut-on mesurer l’efficacité de ces actions concrètes, et si oui, comment ?
Thomas Guégnolé : Oui, bien sûr. On mesure l’efficacité des actions concrètes de résistance tout simplement à leurs résultats. Plus les résultats quantitatifs et qualitatifs sont bons, plus l’action est efficace. En philosophie, on appelle cela le conséquentialisme.
Le Matin d’Algérie : La conférence est gratuite et ouverte à tous, sans inscription. Est-ce une manière de rendre la résistance accessible à un public plus large, et pourquoi est-ce important ?
Thomas Guégnolé : Oui, absolument. Nous sommes peut-être à quelques semaines de la conquête de Marseille par un parti littéralement fondé par des anciens nazis. Je me vois donc mal faire payer l’entrée de l’atelier de formation à la résistance.
Le Matin d’Algérie : Enfin, quel message central espérez-vous que les participants retiennent et mettent en pratique après votre intervention ?
Thomas Guégnolé : « Prenez des notes et mettez-vous au travail de résistance par les actes. Je compte sur vous. »
Entretien réalisé par Djamal Guettala
A propos
Thomas Guénolé, est un politologue et intellectuel français. Il est diplômé de Sciences Po Paris et de l’EM Lyon Business School, et docteur en science politique. Il a enseigné la géopolitique et la démographie dans plusieurs universités françaises.
Chroniqueur et éditorialiste, il intervient régulièrement dans les médias écrits et audiovisuels.
Il a été membre de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), de Nouvelle Donne et de La France insoumise. Ses travaux portent sur la mondialisation, la xénophobie et la montée de l’extrême droite.
Tamettant/lmut n Ḥmed Aït Bachir teɣli-d fell-aɣ ur nebni fell-as. Aɣilif meqqer, i twacult-is, i wid akk t-issnen, i wid akk illan deg umussu i yaɣ-isduklen.
Ɣas ass-a yewweḍ amkan-is, maca yella i lebda gar-aneɣ s wayen d-iǧǧa : aktay/souvenir n umdan iḥedqen, innecraḥen, akked wayen iga d asekkil, win ur ntekkes i lebda.
Deg ubrid aɣezfan ideg idda acḥal d iseggasen, deg ukabar n RCD di tazwara, akked umussu i timanit/autonomie n tmurt Taqbaylit, asirem-is ur ifcil, ur ikkis : d imal ilhan i yettmenni i tmurt n Lezzayer akken ad d-teffeɣ si yir abrid deg tedda si 1962, akken azekka ad yifrir ccan-is gar tmura, ad sbedden Izzayriyen aqerru-nsen s tfentazit.
Ḥmed illa d ameɣnas d wawal, maca ur iqqim kan deg unnar-nni n umennuɣ n talwit ɣef izerfan.
Ayen i yerna Ḥmed, drus i yeddan deg ubrid-is, drus i igan am netta.
Awal-nni (neɣ afud-nni) n YIDLES, i netta ur iqqim d awal kan. Ḥmed ifka-yas azal, idda deg ubrid-is, icemmer i yiɣallen-is.
I netta, amennuɣ d tiwizi, yal yiwen ad yeg ayen ideg izmer ad isnerni. Ḥmed ilmed ad yaru tamaziɣt-is, isnerna tamussni-s armi yessahrew tamuɣli-s.
Sin yedlisen i d-iffɣen seg ufus-is : « Tudert-iw », tasuqqilt s tmaziɣt n udlis n Faḍma At Mensur Amrouche, akked udlis « Tidak n tejmaât » (2), llan ass-a d azamul n ubrid iwwi Ḥmed Aït Bachir.
Di sin yedlisen-a, Ḥmed yerra-d ssut n tutlayt-nneɣ tedder, terna tcudd ɣer zman n zik ideg d-negmer tamussni. Di tɣuri-nsen, yal yiwen izmer ad isel i ssut n imussnawen i d-issawḍen idles-nneɣ armi yeǧǧuǧeg di tefsut tamaynut, ɣas abrid mazal ɣezzif.
Udem n Ḥmed Ait Bachir, issefk ad aɣ-yili d azamul, d amedya yufraren i yal ameɣnas akken ad isdukel tigawt n umennuɣ i tmurt-nneɣ, akked uleqqem n tmussni i yimal n tmurt-nneɣ. D sin ifadden ur nbeṭṭu.
D tidet, ‘’l’agit-prop’’ telha, issefk ad tili, maca ma terna-yas tfarest/production d bennu n uzekka.
Deg umkan anida i yella Ḥmed, izmer ad d-yini, ad aɣ-d-yini : « xedmeɣ ayen iwumi zemreɣ ! ».
Akken i yella Ḥmed, cubaɣ-t am ufrux-nni n Tefrikt i yettawin tiqit n waman deg uqabub-is akken ad issens times tameqqrant ikkren di tmurt deg yella (4).
Akka i tella. Win d-iǧǧan tamussni, akken ibɣu yili, ur izmir ad inger yisem-is, ur izmir ad ikkes uzamul-is ɣur wid d-iqqimen, akken nutni ad snernin.
Illa wawal-is, d win i yaɣ-d-ǧǧan imezwura : « imdanen ur aâdilen ara, illa yiwen, illa ulac-it ; illa yiwen, ulac-it illa » (4).
Ar tufat a Ḥmed !
Aumer U Lamara
Timerna / Notes :
1. La leçon d’Ahmed Aït Bachir.
2. Tudert-iw : tasuqqilt n Histoire de ma vie, Fadhma Aït Mensour Amrouche, Koukou editions, Alger 2024.
Tidak n tejmaât, tiqsidin d-ḥekkun zik di tejmaât, Editions Kabylie, Paris, 2025.
3. Taqsiṭ n ufrux iḥka-tt-id Pierre Rabhi :
Tekker tmes tameqqrant di yiwet tmurt, imdanen akked iɣersiwen rewlen akka d wakka. Yiwen ufrux netta ur t-iffiɣ laâqel, i t-ittawin seg wasif ar amkan-nni deg tekker times, yal tikkelt ittawi tiqit n waman deg uqabub-is, isnusuy yis times. Mi t-iẓra yiwen uɣersiw nniḍen, zun irfa fell-as, neɣ d ttiha kan, inna-yas,
– Acu teskareḍ keč s tiqit-nni n waman, ur tezmireḍ ad tessensen times !
Afrux yerra-yas :
– Neɣ meqqrar xedmeɣ amur-iw (« j’ai fait ma part »).
4. Akken illa wawal (sɣur Mouloud Mammeri) :
Inna-yas baba-s i mmi-s :
– A mmi ! Irgazen ur aâdilen ara : illa yiwen, illa ulac-it, illa yiwen, ulac-it illa.
Ahmed Aït Bachir s’est éteint subitement le 29 janvier 2026 à Paris, à l’âge de 73 ans. Écrivain engagé, homme d’une rare générosité et ardent défenseur des valeurs kabyles, il était de ces passeurs discrets sans lesquels la vie culturelle perd son souffle. Fidèle du café littéraire L’Impondérable, soutien constant des auteurs et des livres, il incarnait une présence chaleureuse, attentive, profondément humaine.
Sa disparition laisse un vide immense dans le paysage littéraire et dans le cœur de celles et ceux qui l’ont connu, tant son engagement, son sourire bienveillant et sa fidélité aux lettres faisaient de lui une figure précieuse et respectée.
Homme d’une générosité sans égal, Ahmed Aït Bachir donnait sans compter et sans bruit, avec cette élégance morale propre à ceux qui n’attendent ni reconnaissance ni retour. Sa générosité ne relevait pas de l’exceptionnel, mais de l’évidence : elle s’exprimait dans la constance, dans la fidélité aux êtres et aux lieux, dans cette attention discrète portée à l’autre qui révèle une profonde humanité. Il savait écouter, laisser la parole se déployer, accueillir les doutes comme les élans, convaincu que chaque voix mérite d’être entendue.
Au café littéraire L’Impondérable, qu’il fréquentait avec une assiduité presque rituelle, Ahmed Aït Bachir était bien plus qu’un habitué : il en était l’une des âmes silencieuses. Il arrivait simplement, prenait place, parcourait les livres, les achetait, les emportait comme on emporte une promesse. Il échangeait avec les auteurs sans jamais se poser en juge, trouvant toujours ce mot juste, précis, qui rassure sans flatter et encourage sans contraindre. Par son regard bienveillant et sa parole mesurée, il redonnait confiance, ravivait l’élan, rappelait à chacun que l’écriture est d’abord un acte de partage.
Sa présence constituait un véritable acte de foi dans la culture, dans la rencontre, dans la puissance de l’écrit face à l’oubli, au vacarme et à l’indifférence. Il croyait aux livres parce qu’il croyait aux hommes, à leur capacité de transmettre, de résister et de se reconnaître les uns les autres à travers les mots. Aujourd’hui, la plume hésite, la phrase se brise, tant la douleur de son absence demeure vive, presque irréelle. Avec Ahmed Aït Bachir disparaît une présence fraternelle, mais demeure l’empreinte profonde d’un homme qui aura servi les lettres avec humilité, constance et fidélité.
Invité à de nombreuses reprises par Youcef Zirem pour présenter son œuvre et signer ses livres, Ahmed Aït Bachir faisait de chaque rencontre un moment de partage sincère, empreint de simplicité et de chaleur. Il arrivait avec ce sourire lumineux qui le caractérisait, un sourire sans artifice, chargé de douceur et d’écoute, qui mettait immédiatement l’autre en confiance. Face aux lecteurs comme face aux auteurs, il prenait le temps, répondait avec mesure, parlait sans jamais imposer, laissant à chacun l’espace nécessaire pour exister. Sa parole, posée et attentive, révélait une profonde humilité, celle des hommes qui savent que la littérature est d’abord une rencontre.
Il n’occupait jamais l’espace par la force ou par le bruit ; il l’habitait avec élégance, par sa présence même, par une attention constante aux autres et un respect absolu de la parole partagée. Ces rencontres, rendues possibles par l’invitation fidèle de Youcef Zirem, étaient autant de moments où se tissaient des liens durables entre les livres, les lecteurs et les hommes. Ahmed Aït Bachir y incarnait pleinement le rôle de passeur, donnant sens à l’acte d’écrire et de transmettre. Sa disparition laisse un vide immense, non seulement au sein de ses proches, mais dans toute une communauté littéraire et humaine aujourd’hui orpheline d’une figure discrète et essentielle.
L’apport d’Ahmed Aït Bachir à la vie littéraire et culturelle ne se mesure ni à la notoriété ni au bruit, mais à la profondeur de son engagement et à la constance de sa présence. Il fut avant tout un passeur, un homme de lien, œuvrant patiemment à faire circuler les idées, les livres et les valeurs. Par son attachement indéfectible à la culture kabyle, qu’il considérait comme un héritage vivant et non figé, il a contribué à en préserver l’esprit, la langue et la mémoire, tout en les inscrivant dans le dialogue contemporain.
Son soutien actif aux auteurs constitue également une part majeure de son apport. À travers sa fidélité aux lieux de rencontre littéraires, notamment le café littéraire L’Impondérable, il a incarné une forme d’engagement rare : celle de la présence attentive. Acheter les livres, en parler, encourager leurs auteurs, créer les conditions d’un échange sincère, c’était pour lui une manière concrète de faire vivre la littérature. Il savait reconnaître la fragilité de l’acte d’écrire et répondre par un mot juste, un regard bienveillant, un encouragement décisif.
Ahmed Aït Bachir a aussi offert à la communauté littéraire un exemple éthique. Il rappelait, par son attitude et par ses gestes, que la culture n’est pas un territoire de rivalités mais un espace de partage, de transmission et de respect. Sa discrétion, sa générosité et son sens de l’écoute ont laissé une empreinte durable. Son apport, profondément humain, continue de résonner aujourd’hui dans celles et ceux qu’il a soutenus, accompagnés et inspirés, faisant de son héritage une présence toujours vivante.
L’impact d’Ahmed Aït Bachir se manifeste moins dans le spectaculaire que dans la durée. Il est de ceux dont l’influence s’inscrit en profondeur, dans les consciences, les trajectoires et les fidélités silencieuses. Par sa présence constante dans les lieux de culture, par son écoute attentive et par son respect absolu de la parole de l’autre, il a contribué à créer un climat de confiance et de fraternité sans lequel aucune vie littéraire ne peut réellement s’épanouir.
Son impact se mesure aussi à l’élan qu’il a su insuffler aux auteurs, notamment aux plus discrets ou aux plus fragiles. Nombreux sont ceux qui ont trouvé, grâce à son regard bienveillant et à ses encouragements, la force de poursuivre l’écriture, de croire en la légitimité de leur voix. Il n’imposait ni modèle ni direction, mais offrait une reconnaissance rare, celle qui conforte sans enfermer. En cela, il a façonné, à sa manière, un espace littéraire plus humain, plus solidaire.
Enfin, l’impact d’Ahmed Aït Bachir dépasse le strict champ des lettres. Gardien des valeurs kabyles, il a contribué à maintenir vivante une éthique fondée sur la transmission, la dignité et le sens du collectif. Sa disparition laisse un vide tangible, mais son empreinte demeure : dans les livres qu’il a soutenus, dans les liens qu’il a aidé à tisser, dans cette idée, désormais fragile et précieuse, que la culture se construit aussi par la bonté, la fidélité et la présence.
Ahmed Aït Bachir laisse derrière lui une œuvre littéraire qui reflète autant sa sensibilité que son engagement culturel. Ses livres, à la fois enracinés dans la mémoire kabyle et ouverts aux interrogations contemporaines, explorent la vie, la transmission, les liens humains et la dignité des peuples. Chaque ouvrage témoigne de sa capacité à mêler le récit à la réflexion, l’intime à l’universel, et à faire de la littérature un pont entre les générations.
Parmi ses publications, ses recueils et essais ont su captiver par la sincérité de la voix et la justesse des analyses, donnant à ses lecteurs autant à penser qu’à ressentir. Ces livres étaient également des lieux de rencontre : il les présentait avec passion lors des signatures, des cafés littéraires et des rencontres avec les auteurs, incitant chacun à lire, à échanger et à se relier aux autres par le verbe et la pensée. Ainsi, son œuvre n’est pas seulement à lire : elle est à vivre, à partager et à transmettre, comme il l’a fait toute sa vie. Chaque page qu’il laisse derrière lui devient un héritage, un rappel de la force d’un écrivain fidèle à ses valeurs et à son peuple.
Ahmed Aït Bachir n’était pas seulement un écrivain : il était un passeur, un gardien des valeurs et un ami fidèle de la littérature et des hommes. Il portait en lui l’âme kabyle, cette force discrète et enracinée faite de mémoire, de courage, de dignité et de solidarité, qui se reflétait dans chacune de ses paroles, chacun de ses gestes. Sa fidélité à ses racines ne l’enfermait pas dans le passé : au contraire, elle nourrissait son regard sur le monde et guidait son engagement auprès des auteurs, des lecteurs et de tous ceux qui croisaient son chemin. À travers ses livres, ses rencontres et ses encouragements, il a su transmettre cette essence kabyle, le sens du lien, de la transmission et du respect de l’autre, comme une lumière qui éclaire sans écraser.
Sa vie fut un témoignage de générosité, d’attention et de fidélité. Fidèle du café littéraire L’Impondérable, il a incarné ce rôle rare de veilleur discret, soutenant les auteurs et les livres avec constance et bienveillance. Chaque mot qu’il offrait, chaque sourire qu’il partageait, chaque geste de soutien était porteur de sens, reflet d’une foi profonde dans la culture, dans la force de l’écrit et dans l’humanité. Sa présence rappelait à chacun que la littérature n’est pas un simple objet d’étude, mais un lieu de rencontre, de dialogue et de partage.
La douleur de sa disparition laisse un vide immense, tant dans le cercle de ses proches que dans toute la communauté littéraire et humaine qu’il a accompagnée. Mais son héritage demeure : vivant dans les livres qu’il a écrits, dans les auteurs qu’il a soutenus, dans les idées et valeurs qu’il a transmises. Ahmed Aït Bachir nous rappelle que la grandeur d’un homme ne se mesure ni aux honneurs ni aux projecteurs, mais à la manière dont il touche, élève et relie ceux qui l’entourent. Son esprit kabyle, empreint de force, de sagesse et de bienveillance, continue de vibrer dans chaque page lue, chaque parole échangée et chaque geste transmis. Paix à son âme.
Ségolène Royal, l’ancienne ministre et présidente de l’Association France Algérie, dit avoir obtenu une « réponse positive » du ministre de la Justice algérien.
Lors d’une conférence de presse à Alger, Ségolène Royal a expliqué avoir fait cette demande en amont « avec discrétion » auprès des autorités algériennes dès qu’elle a su qu’elle se rendrait en Algérie. « Je ne voulais mettre aucune pression et laisser une liberté totale au gouvernement algérien de me répondre », a-t-elle assuré.
Ségolène Royal a annoncé la nouvelle aux parents du journaliste qui « étaient vraiment très contents ». Elle a salué leur « comportement et celui de leur avocat » d’un « respect et d’une discrétion vraiment irréprochables » qui ont « beaucoup pesé dans cette décision positive ».
Ségolène Royal, qui a été ministre et candidate socialiste à la présidentielle, a rencontré mardi le président algérien Abdelmadjid Tebboune. En pleine crise diplomatique entre Paris et Alger, elle a assuré que le dirigeant se montrait prêt au dialogue « dès lors que le respect et la considération sont également au rendez-vous » du côté français.
Une journée de mobilisation s’est ouverte jeudi matin à Toulouse (Haute-Garonne), avec des événements à Lille, Perpignan, Montpellier et Paris, où une soirée de soutien est organisée au Bataclan. « 100 % des bénéfices seront reversés à Reporters sans frontières pour la campagne de libération dédiée à Christophe Gleizes », a précisé l’organisation de défense de la presse.
La mère du journaliste sportif, Sylvie Godard, a transmis une demande de grâce au président algérien Abdelmadjid Tebboune, et Christophe Gleizes a par ailleurs formé un pourvoi en cassation pour obtenir un nouveau procès.
Christophe Gleizes n’est malheureusement pas la seule victime de la machine répressive du régime. Il y a près de 250 Algériennes et Algériens derrière les barreaux pour leurs opinions. L’un des derniers à être embastillé pour avoir dit la vérité est l’économiste Djelloul Slama. Il a été arrêté après avoir démantelé à la télévision les fallacieux choix économiques de Tebboune et ses soutiens.