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Bilan 2025 : l’humanité en faillite…

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Gaza affamée
Le peuple palestinien meutri et affamé à Gaza par Israël.

L’année 2025 s’achève sur un constat encore plus funeste que celui qui l’a précédée : des centaines de milliers de vies anéanties dans des conflits qui, pour beaucoup, auraient pu être évités. L’Ukraine et la Palestine incarnent tragiquement cette détresse. Une fois encore, les logiques économiques, militaires et géopolitiques ont prévalu sur la valeur de la vie humaine. Cette suprématie des intérêts sur l’humain s’est imposée avec une brutalité et une ampleur qui heurtent et ébranlent la conscience de notre époque.

Comment en sommes-nous arrivés à un tel degré de désensibilisation ? À ce point où l’on contemple, sur nos écrans, le carnage à ciel ouvert de Gaza ou de Kiev comme un simple flux d’images parmi tant d’autres. Des journalistes, appelons-les plutôt commentateurs complaisants, qui ont maintenu la même ligne éditoriale tout au long de ces conflits, s’acharnent à banaliser l’horreur, voire à la justifier, nous assénant quotidiennement leurs verdicts binaires. Pour la Palestine : Israël aurait le « droit de se défendre », la privation de nourriture de la population palestinienne constituerait une mesure légitime. Pour l’Ukraine : on fait croire qu’elle peut vaincre la Russie, prolongeant ainsi un conflit meurtrier. Dans les deux cas, la même logique : la faute des uns, l’innocence absolue des autres. Le premier conflit serait imputable aux seuls Russes, puisqu’ils auraient « attaqué ». Le second se réduirait au 7 octobre. Comme si ces guerres n’avaient pas d’histoire. Comme si l’on pouvait réécrire le passé en sélectionnant arbitrairement des dates-repères, effaçant tout ce qui précède pour mieux légitimer l’inacceptable.

À ces malheurs qui ont frappé le monde s’ajoutent l’ascension et la consolidation au pouvoir de figures extrémistes de premier plan. Le retour de Donald Trump à la présidence américaine, porté par la vague de l’extrême droite et à la tête de l’État le plus puissant au monde, a précipité une situation déjà catastrophique, institutionnalisant le cynisme et l’impunité comme principes de gouvernance et insufflant une folie supplémentaire à un ordre mondial déjà vacillant.

Cette année 2025, sans exagération, est la pire qu’ait connue notre génération, comme celle de millions de personnes à travers le monde. Elle aurait dû être un moment d’espoir et de célébration. Au lieu de cela, 2025 laisse derrière elle un sentiment de pesanteur et un goût amer. Le monde dit « civilisé », celui qui se réclame des Lumières, s’éteint en révélant un nouveau visage : une image qui restera, sans doute,  gravée dans l’histoire de l’humanité, celle de l’effondrement de ses propres valeurs. L’extermination de populations entières, femmes et enfants sans aucune distinction, la spoliation des terres, la famine organisée, la torture des prisonniers, voire le viol, le mépris affiché du droit international, le tout mené sous couvert d’un récit forgé par les sanguinaires et légitimé par une prétendue légalité internationale, dans l’indifférence quasi générale. Les principes humanistes proclamés en temps de paix se sont évanouis face aux intérêts géopolitiques.

En outre, l’irruption du monde numérique, déjà y a quelques années aurait pu incarner l’émancipation et le progrès et l’ouverture vers les autres. Au lieu de cela, ces technologies, nouvelles moyens de communications, ont eux aussi libéré la parole du diable, et censuré les paroles qui rassemblent et qui appel à la raison se sont muées en instruments de guerre et de surveillance, donnant naissance à une forme nouvelle de techno-populisme post-idéologique, fondé non pas sur les idées mais sur les algorithmes mis au point par les ingénieurs du chaos, comme le souligne Giuliano da Empoli dans son ouvrage Les Ingénieurs du chaos.

L’avènement de l’intelligence artificielle a porté cette dérive à un niveau inédit. En Palestine, Israël déploie des systèmes comme « Lavender » et « Gospel », des intelligences artificielles qui génèrent des listes de cibles et optimisent les frappes. Selon des témoignages d’anciens responsables militaires, ces algorithmes analysent des milliers de données pour désigner qui doit mourir, transformant l’assassinat en processus automatisé. Les drones Harop et les systèmes autonomes de surveillance font de Gaza un laboratoire à ciel ouvert pour la guerre algorithmique.

En Ukraine, les deux camps utilisent des drones kamikazes « intelligents », des systèmes de reconnaissance par IA, et des algorithmes de ciblage qui accélèrent le cycle décisionnel de la mort. Les populations civiles deviennent les cobayes involontaires de ces technologies létales. Et ce n’est là que le commencement : l’avenir recèle sans nul doute des catastrophes dont nous ne mesurons pas encore l’ampleur.

Si l’être humain a abdiqué son humanité dans ces conflits, l’intelligence artificielle n’est que le reflet amplifié de cette déchéance. La machine n’a pas d’âme : elle ne fait qu’exécuter, avec une efficacité redoutable, la volonté de ceux qui l’ont conçue pour tuer. S’impose ainsi un nouveau paradigme où la technologie, loin de rapprocher les peuples, perfectionne les moyens de destruction. Elle ajoute une strate supplémentaire de froideur et de déshumanisation à un monde déjà exsangue. Comme si l’humanité, au bord du gouffre, choisissait délibérément d’y verser le poison qui achèvera sa chute.

Il est important de rappeler que ce qui se déroule en Palestine a été qualifié de génocide par l’ONU, de nombreuses organisations de défense des droits humains et une large majorité de spécialistes. Il s’agit d’une campagne de massacres de masse d’une ampleur sans précédent dans l’histoire contemporaine. Même après l’annonce d’un cessez-le-feu en octobre 2025, plus de 300 Palestiniens ont encore péri. Et l’on ose parler d’amélioration, simplement parce qu’auparavant, ce nombre de victimes tombait chaque jour.

Nous avons atteint ce point de désespoir où la mort de centaines d’êtres humains semble presque dérisoire. La tragédie s’est muée en routine, et notre cœur collectif, anesthésié par l’actualité médiatique et numérique, s’est dangereusement habitué à ces bilans macabres. Les bombardements se sont succédé à un rythme tel que l’on avait à peine le temps de commenter l’un qu’il était déjà éclipsé par le suivant, dans une spirale infinie qui a saturé la scène médiatique et cognitif, plongeant le monde dans un mélange de sidération et d’impuissance.

Pire encore, celles et ceux qui osent dénoncer cette horreur sont réduits au silence, emprisonnés, criminalisés. À force de nous imposer ce quotidien macabre, de normaliser l’innommable, l’empathie s’érode. Quelque chose d’essentiel, de profondément humain, se brise en nous.

L’année 2025 nous a fait assister à une course macabre, encore plus intense que l’année précédente, vers le plus sinistre des palmarès : qui aura exterminé le plus de vies, massacré le plus de populations, condamné à la famine le plus grand nombre ? Qui aura déployé le plus de mensonges, perfectionné l’art de la manipulation ? Cette compétition dans l’abomination rappelle cette sentence attribuée à Dostoïevski : « Rassurez-vous, l’enfer est assez vaste pour tout le monde ; cela ne mérite pas toute cette concurrence acharnée pour savoir qui d’entre vous sera le pire. »

Et de l’autre côté du gouffre, 2025 laissera également le souvenir de ceux qui ont persévéré dans leur contemplation passive, spectateurs complices de l’innommable. Car eux aussi ont abdiqué, au cours de cette année funeste, ce qui faisait d’eux des êtres humains. Entre ceux qui agissent et ceux qui observent en silence, la différence s’est réduite à néant.

Face à cette débâcle morale, une question lancinante s’impose : comment reconstruire ce qui a été détruit ? Comment retrouver cette humanité que nous avons collectivement abdiquée ? L’histoire nous enseigne que les grandes catastrophes humanitaires laissent des cicatrices indélébiles, non seulement dans les corps mais dans les consciences. Pourtant, jamais auparavant l’effondrement n’avait été si méthodiquement documenté, diffusé, normalisé. Nous sommes les témoins d’une époque où l’horreur ne se cache plus dans l’ombre mais s’étale au grand jour, légitimée par des discours juridiques creux et des rationalisations géopolitiques.

Peut-être est-ce précisément là que réside notre ultime responsabilité : refuser cette normalisation. Refuser que les massacres et la famine deviennent une simple rubrique dans le journal du soir. Refuser que le décompte des morts se transforme en statistiques abstraites. Car si nous acceptons cet état de fait, si nous laissons cette anesthésie morale s’installer définitivement, alors 2025 ne sera pas seulement l’année de l’effondrement des valeurs humanistes — ce sera l’année où nous aurons consenti à notre propre déshumanisation, peut-être même aux prémices de la disparition de l’espèce humaine, menacée par la prolifération nucléaire et la folie des hommes. Ce bilan sombre laisse-t-il encore la possibilité d’inverser la trajectoire et de reprendre en main notre destin ? 

Avec une profonde tristesse en cette fin d’année, préservons malgré tout une étincelle d’espoir pour ceux qui y croient encore. Que 2026 apporte un soulagement à celles et ceux qui pleurent un père, une mère, un enfant, parfois une famille entière, assassinés et torturés par la prétendue supériorité du mal.

À ceux que l’on a dépossédés de leur terre et dont on a rasé leurs maisons. À ceux qui, en cet instant même, grelottent de froid sans toit ni pain. Puissent-ils retrouver ce que l’humanité leur a volé avec la complicité de nos silences : la dignité, la paix, un foyer…

Nabil Mati
Enseignant à l’Université Paris 
EHESS (Anthropologie) 

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Séjour et naturalisation en France : ce qui change pour les étrangers en 2026

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Préfecture
De nouvelles conditions sont initiées pour les demandeurs de titres de séjour et la naturalisation en France.

Maîtrise de la langue française, examen civique, critères sociaux renforcés pour accéder à la nationalité : à compter du 1er janvier 2026, les conditions pour séjourner durablement en France vont encore se durcir pour les étrangers non européens. 

À partir du 1er janvier 2026, le parcours des étrangers non européens qui veulent s’installer durablement en France se complique nettement. La loi du 26 janvier 2024 « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » a durci les exigences en matière de maîtrise du français et d’« intégration républicaine » des primo-arrivants. Elle crée notamment un examen civique et relève le niveau de langue, qui sera par ailleurs sanctionné par un test, pour obtenir un titre de séjour de longue durée ou la nationalité française. Ces mesures sont mises en œuvre progressivement depuis 2025, mais c’est au 1er janvier 2026 que le dispositif sera pleinement opérationnel.

Un examen civique obligatoire 

Une nouvelle pièce s’ajoute au dossier à présenter à la préfecture : l’attestation de réussite à un examen civique. Bruno Retailleau, a signé le 10 octobre 2025, juste avant son départ du ministère de l’Intérieur, un arrêté qui en fixe le programme, les épreuves et les modalités d’organisation. À partir du 1er janvier, cette attestation sera exigée pour une naturalisation, mais aussi pour une première carte de séjour pluriannuelle autorisant un séjour stable de plusieurs années ou une première carte de résident (10 ans).

Ce test prend la forme d’un questionnaire à choix multiples (QCM) « portant principalement sur les principes et les valeurs de la République, les droits et devoirs liés à la vie en France, l’histoire, la géographie, la culture et le système institutionnel et politique de la France », indique le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Les candidats ont 45 minutes pour répondre à 40 questions. Et pour réussir l’examen, il faudra obtenir 80 % de bonnes réponses (soit 32 bonnes réponses minimum).

L’examen devra être passé dans des centres agréés avant le dépôt de la demande de titre de séjour ou de naturalisation. Il pourra être repassé « autant de fois que nécessaire » et ne sera demandé qu’à la première délivrance de la carte de séjour.  L’entretien d’assimilation en préfecture qui existait déjà est maintenu mais recentré sur l’adhésion aux valeurs de la République.

Un test de français et des cours dématérialisés

L’autre évolution majeure concerne le niveau de français. Avec la loi du 26 janvier 2024, on passe d’une logique d’obligation de moyens (suivre un nombre précis d’heures de formation) à une obligation de résultat. Il faut désormais réussir un examen officiel pour prouver ses compétences linguistiques. Les niveaux demandés sont par ailleurs relevés. Pour une demande de naturalisation, le niveau B2 (l’un des plus élevés) est requis, contre B1 auparavant ; pour une carte de séjour pluriannuelle, il faut attester du niveau A2 ; enfin, pour une carte de résident, le niveau B1 est exigé, alors qu’il était fixé à A2 précédemment.

« Cette évolution est une catastrophe, commente Marianne Bel, qui s’occupe des questions d’apprentissage du français à La Cimade, qui témoigne d’un afflux de demandes pour des ateliers de langue avant la fin 2025. La langue est un critère très discriminant.Pour la carte pluriannuelle, le fait d’exiger maintenant une réussite à un examen, et à l’écrit aussi, ça va être clairement un barrage pour énormément de monde, notamment pour les personnes non scolarisées. » La responsable souligne aussi que « le niveau B2 qui va être demandé pour la naturalisation, c’est le niveau qu’on demande aux étudiants à l’étranger pour pouvoir accéder à l’université ».

Pour justifier du niveau de langue, il faudra un diplôme français ou une attestation de test linguistique (type TCF/TEF/DELF) reconnu au niveau international. Attention aux arnaques avec des tests non agréés, prévient La Cimade.Je m’abonne

« Le gouvernement augmente les exigences d’intégration avec des tests qui pourraient être difficiles même pour des Françaisen réduisant les moyens pour y parvenir », notait en septembre Vincent Beaugrand, le directeur de France terre d’asile. Depuis le 1er juillet 2025, les cours de français prescrits par l’OFII aux titulaires d’un premier titre de séjour sont, pour l’immense majorité, dématérialisés via la plateforme Frello. Les cours en présentiel ne subsistent que pour un public très restreint de personnes allophones, très peu ou pas scolarisés. Fin août, la Cimade, le Secours catholique-Caritas France et la Fédération des centres sociaux et socioculturels ont saisi la justice pour contester le choix de dématérialiser l’offre de formation.

Qu’il s’agisse de l’examen civique ou du test de français, des aménagements sont prévus (temps supplémentaires, modalités adaptées) pour les personnes présentant un handicap ou un état de santé déficient chronique, sur présentation d’un certificat médical.Les personnes de plus de 65 ans qui prétendent à une carte de séjour pluriannuelle et à la carte de résident n’y sont pas soumises. Pour la naturalisation, l’administration met en avant la possibilité d’aménagements ou de dispenses au cas par cas pour l’évaluation linguistique lorsque l’état de santé le justifie, mais ne prévoit pas à ce stade une dispense générale liée à l’âge dans les textes de procédure.

Tour de vis sur la naturalisation

Au-delà du niveau B2 et de l’examen civique, la circulaire du 2 mai 2025, signée par Bruno Retailleau, durcit fortement les critères d’accès à la nationalité française par naturalisation. Désormais, le candidat doit justifier d’un emploi stable : contrat à durée indéterminée (CDI) d’au moins un an ou contrat à durée déterminée (CDD) couvrant deux années continues à la date d’examen du dossier. Mais aussi percevoir des ressources « stables et suffisantes », au moins au niveau du Smic et majoritairement d’origine française. Les personnes dont les revenus proviennent en grande partie de prestations sociales – ou de l’étranger – sont considérées comme ne satisfaisant pas les critères d’insertion professionnelle.

Dans les faits, cela peut exclure un grand nombre de profils précaires : travailleurs à temps partiel, intérimaires, personnes en contrats courts, et en particulier des femmes dont les revenus sont complétés par des prestations sociales.

Autre « filtre » : l’« exemplarité du parcours ». Les préfectures sont invitées à écarter largement les personnes ayant connu des périodes d’irrégularité de séjour, celles qui n’ont pas exécuté une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ou qui ont aidé au séjour irrégulier d’un tiers. La circulaire rappelle que la naturalisation n’est « pas un droit » mais une décision souveraine du gouvernement, et assume une ligne plus restrictive que celle des circulaires antérieures.

Le Pacte européen sur la migration et l’asile, autre tournant en juin 2026

Pour l’instant, rien ne change fortement pour les demandeurs d’asile en France. Mais d’ici quelques mois, une autre réforme majeure entrera en vigueur, à l’échelle européenne cette fois. 

Le Pacte européen sur la migration et l’asile, adopté en 2024, commencera à s’appliquer à partir du 12 juin 2026 dans l’ensemble des États membres. 

Ce paquet législatif, composé de dix textes, vise à harmoniser le traitement des demandes d’asile et la gestion des frontières extérieures de l’Union européenne. La France devra donc appliquer ces nouvelles règles. Concrètement, pour les personnes qui demandent l’asile, il prévoit :

– une procédure commune européenne, avec des délais d’instruction limités à quelques semaines,

– un filtrage renforcé :toutes les personnes interceptées aux frontières subiront un screening en quelques jours (contrôles d’identité, de santé, de sécurité), leurs données biométriques (empreintes, photo, éventuellement données faciales) étant centralisées dans la base européenne de données biométriquesEurodac élargie.

– la généralisation de la pratique des procédures aux frontières où la demande est examinée avant toute entrée sur le territoire,

– la possibilité, pour les États, de choisir entre accueillir des demandeurs d’asile relocalisés ou contribuer financièrement à la solidarité européenne. La France devra préciser sa contribution dans un plan national de mise en œuvre.

Les ONG redoutent une « accélération des procédures au détriment des droits des personnes », notamment pour les publics vulnérables. En France, le gouvernement prévoit d’adapter le droit national au premier semestre 2026, avec la création de nouveaux centres dédiés aux procédures à la frontière.

Rfi

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M. Tebboune, le sauveur de l’Algérie !

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Tebboune
Tebboune a servi un discours lunaire aux parlements. Crédit photo : APS

M. Abdelmadjid Tebboune aime s’écouter disserter sur ses immenses exploits économiques. En guise de cadeau de fin d’année, il nous a ainsi ressassé dans son dernier discours devant un parlement bien sage qu’il a encore « sauvé » l’économie algérienne.

Si l’on en croit la parole presidentielle, l’Algérie va très bien. Elle fait pâlir de jalousie les plus grandes économies mondiales : croissance insolente, inflation domptée, salaires revalorisés, leadership africain assuré et une diplomatie qui fait trembler les puissants. Pourtant, dans la vraie vie, l’économie algérienne est liée au prix du baril de pétrole comme un pendu accroché à sa corde. Tout le reste n’est qu’enfumage​ à la petite semaine.

Une prospérité en trompe-l’oeil

À écouter M. Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie aurait enfin tourné la page de la dépendance aux hydrocarbures, bâtissant une économie « diversifiée et résiliente » qui n’a plus peur des tempêtes. Dans son discours, il enfile les mirages comme autant de vérités absolues. Las, les chiffres rappellent une vérité moins héroïque : l’essentiel des devises vient toujours du pétrole et du gaz, et la moindre secousse sur les cours internationaux suffit à faire trembler tout l’édifice. On maquille la rente en réussite industrielle, comme si repeindre un pipeline suffisait à en faire une usine.​ Mais il y a pire, la réussite de « la nouvelle Algérie » fait face à une conspiration mondiale qui lui envie ses exploits. Avec M. Tebboune, la paranoïa atteint son acmé.

Dans les déclarations officielles, on découvre que l’industrie nationale décolle. « Le secteur industriel contribue désormais à hauteur de 10% au produit intérieur brut (PIB) et nous ambitionnons de porter cette contribution à 13% », a-t-il soutenu sans trembler, précisant même que la couverture du marché national en médicaments produits localement a atteint 82%.

L’agriculture, elle, explose, l’export hors hydrocarbures s’envole donc, selon les chiffres avancés par le locataire d’El Mouradia. On se croit déjà dans le plein-emploi ! Piquez-nous qu’on se réveille ! Dans les faits, ces secteurs restent pourtant trop étroits pour absorber la main-d’œuvre, financer le budget et amortir un contre-choc pétrolier sérieux. Le chômage est toujours à deux chiffres, n’en déplaise à ceux qui arguent le contraire. On parle de milliers de projets, de zones industrielles, de start-up par centaines, mais le climat des affaires, les ukases contradictoires qui tombent d’en haut comme des missiles, la bureaucratie et l’instabilité des règles découragent encore nombre d’investisseurs.​ Pourquoi diable alors servir la Vérité à un parlement ébaubi et s’en encombrer ? Pour se donner une contenance sans doute et se convaincre de constructions imaginaires.

La générosité du tiroir-caisse

L’imprévisible M. Tebboune se vante de n’avoir imposé ni austérité ni cures d’amincissement budgétaire, tout en distribuant revalorisations de salaires, hausses de pensions et aides multiples. Politiquement habile, économiquement risqué comme équation pourtant. Cette fausse générosité repose sur la rente et non sur une productivité enfin réveillée. Elle est surfaite. À force d’acheter la paix sociale avec l’argent du sous-sol, on fabrique une société dépendante d’un trésor volatil dont personne ne maîtrise le prix.​

Dans les discours, le pouvoir d’achat grimpe, l’inflation recule, et tout va visiblement beaucoup mieux. Dans les foyers, la cherté de la vie, le chômage des jeunes et la précarité de l’informel racontent une tout autre histoire. Il y a pourtant bien loin entre l’Algérie décrite par le chef de l’Etat et l’Algérie réelle. Celle-là même que Tebboune ne connaît pas et n’a pas pour habitude de croiser puisque comme tout dirigeant imbu de ses pouvoirs inespérés, il se contente des avis de ses laudateurs patentés.

En réalité, quand M. Tebboune parle de transformation de l’Algérie, il faut y voir une fossilisation générale. Ses dernières déclarations relèvent moins du bilan que d’une propagande assumée : les chiffres sont favorables, les résultatsprometteurs. Ses conseillers relèguent les fragilités structurelles, voire les ignorent. Oui, certaines améliorations existent, mais elles tiennent davantage à un contexte énergétique porteur qu’à une révolution économique pilotée depuis le palais d’El Mouradia.

A la lumière de ses grandes réalisations donc, il lance : « Conformément à mes engagements, je continue à œuvrer avec la même détermination au service du vaillant peuple algérien et de la défense des intérêts du pays », a-t-il tonné devant les deux chambres du Parlement, au Palais des nations. Puis, il promet : « Ni les difficultés, ni les tentatives de perturbation de l’intérieur comme de l’extérieur, ne nous détourneront de nos objectifs ». Un hic parmi mille quand même : si tous les indicateurs sont au vert comme on nous rebat les oreilles, pourquoi les Algériens prennent d’incalculables risques pour fuir le pays, souvent en famille, dans des embarcations de fortune ?

Une observation tout de même. Aucune allusion bien entendu aux libertés souverainement bafouées, à la presse mise au pas, aux partis réduits à des faire-valoir. Les 250 détenus d’opinion qui croupissent dans les prisons ont dû suivre l’imbuvable discours de aamou Tebboune avec une colère rentrée. ​Il est vrai toutefois que le pouvoir, comme l’a expliqué Machiavel, n’est pas là pour plaire, mais pour se faire craindre. Et les droits ne s’octroie pas, ils s’arrachent. En l’espèce le renoncement est malheureusement manifeste.

Un dernier augure. Tout porte à croire que Tebboune va violer la Constitution en 2026 pour faire sauter le verrou des deux mandats et s’offrir, un 3e voire un 4e mandat, comme Fakhamatouhou Bouteflika, avant que celui-ci ne soit chassé comme un malpropre par une partie de l’armée suite à la pression populaire. Pour ne pas gâcher la bonne année à nos lecteurs, formulons le vœu que nous soyons démentis.

Hamid Arab

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Batna : saisie de 150 kg de viandes impropres à la consommation et poursuites contre un commerçant

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Viande impropre à la consommation à Batna.
Un commerçant arrêté pour vente de viande impropre à la consommation.

Les services de la direction du commerce de la wilaya de Batna ont procédé récemment à la saisie d’une quantité importante de viandes impropres à la consommation, lors d’une inspection inopinée dans un commerce de détail de la commune de Batna. L’opération, inscrite dans le cadre des contrôles réguliers sur les produits alimentaires, visait à garantir la sécurité sanitaire des consommateurs et à lutter contre les pratiques commerciales frauduleuses.

Selon les informations communiquées par les autorités locales, les agents de contrôle ont constaté de graves manquements aux normes sanitaires. Les viandes et produits transformés présentés à la vente étaient altérés, tant par leur aspect que par leur odeur, ce qui constituait un risque direct pour la santé publique.

La quantité saisie a été estimée à environ 150 kilogrammes, comprenant 102 kg de viandes blanches et 22 kg de merguez, qui ont été transférés au parc zoologique de Batna. Cette mesure, conforme à la réglementation en vigueur, permet de valoriser les produits de manière sécurisée tout en empêchant leur réintroduction dans le circuit commercial.

Un procès-verbal a été établi à l’encontre du commerçant, ouvrant la voie à des sanctions administratives et judiciaires. Les infractions constatées peuvent entraîner des amendes, la fermeture temporaire ou définitive du commerce, et, en cas de récidive ou de mise en danger manifeste de la santé publique, des poursuites pénales.

Cette opération met en lumière l’importance des campagnes de contrôle et de surveillance menées régulièrement par la direction du commerce dans toute la wilaya. Les viandes, en tant que produits périssables, nécessitent un respect strict de la chaîne du froid et des conditions d’hygiène pour prévenir tout risque sanitaire. Les autorités rappellent également l’importance de la vigilance des consommateurs, qui peuvent signaler toute anomalie afin d’aider les services de contrôle à maintenir la qualité et la sécurité des denrées alimentaires.

La saisie de ces produits rappelle que la protection de la santé publique repose sur la combinaison d’un contrôle rigoureux et d’une sensibilisation constante, tant auprès des commerçants que des consommateurs. Elle souligne aussi le rôle essentiel des organes de contrôle dans la régulation du marché, la prévention des pratiques frauduleuses et la garantie de la qualité des produits alimentaires mis en vente.

Les autorités locales ont annoncé que les inspections se poursuivront tout au long de l’année, notamment dans les commerces alimentaires de proximité, afin d’assurer le respect des normes sanitaires et de renforcer la confiance des citoyens dans les produits commercialisés. Cette vigilance accrue constitue un signal fort à tous les opérateurs économiques : la santé du consommateur demeure une priorité absolue.

Mourad Benyahia 

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Turquie : 357 personnes arrêtées dans une opération contre l’organisation Etat islamique

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Turquie

Trois policiers ont par ailleurs été tués lundi au cours d’une opération contre l’Etat islamique à Yalova, dans le nord-ouest de la Turquie.

Un coup de filet contre l’Etat islamique. Les forces de l’ordre ont arrêté 357 personnes dans une opération menée dans 21 provinces contre l’organisation Etat islamique (EI), a annoncé mardi 30 décembre le ministre turc de l’Intérieur Ali Yerlikaya. « Nous n’avons jamais laissé la moindre chance à ceux qui tentent de mettre ce pays à genoux par le terrorisme », a affirmé le ministre sur X.

Trois policiers ont été tués lundi lors d’une opération contre l’EI à Yalova, dans le nord-ouest de la Turquie. Un affrontement qui a duré plusieurs heures entre la police et des membres de l’EI a éclaté à la suite de cette opération lors de laquelle six membres de l’EI, tous de nationalité turque, ont été tués.

Jeudi, le procureur d’Istanbul avait ordonné l’arrestation de 137 membres présumés de l’EI « à la suite de renseignements indiquant que l’organisation terroriste EI planifiait des attaques pendant les célébrations de Noël et du Nouvel An ». La Turquie, qui a une frontière de 900 km avec la Syrie, redoute des infiltrations de ce groupe jihadiste toujours actif chez son voisin.

Avec Francetvinfo/AFP

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L’Algérie de Tebboune en mode réussite activé

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Tebboune
Tebboune a brassé beaucoup de vent devant le Parlement. Crédit photo : APS

Tout va bien, les chiffres l’affirment, les institutions confirment. Reste à savoir ce qu’il advient d’un pays quand le réel n’est plus invité à la séance.

Il faut reconnaître une chose à Abdelmadjid Tebboune : il sait dresser des bilans qui ne rencontrent jamais d’obstacle. Devant le Sénat et l’APN, le pays devient un couloir interminable, propre, ciré. Chaque phrase avance sans jamais croiser le réel. Tout est réussite, tout est dynamique, tout est sous contrôle. Un discours prononcé devant des institutions qui ont perfectionné l’art rare de ne pas déranger.

La méthode est presque élégante : d’abord bénir un Parlement “revitalisé”, comme si la souveraineté naissait d’un vote bien rangé. Ensuite, dérouler les chiffres comme on déroule un tapis rouge sur une rue pleine de nids-de-poule et de dos d’âne. Investissements inédits, inflation en recul, industrie renaissante, logements par millions. Le pouvoir parle en quantités pour éviter de parler en responsabilités. Le nombre sert de rideau : derrière, il n’y a ni fond ni forme, ni emploi réel, ni dignité du quotidien. Le mirage suffit. La feuille Excel fait le reste.

Car ce discours n’est pas un échange. C’est une cérémonie. Le chef de l’Etat parle, les bancs acquiescent, et le peuple, convoqué comme figurant, écoute une réussite à laquelle il n’a jamais été invité autrement que par procuration. Six pour cent au premier mandat. Quinze ou vingt au second. Mais une légitimité gonflée à l’intonation, comme un ballon qu’on remplit à la tribune militaire. On sait d’où vient l’air, qui tient la pompe, et combien de temps ça tient : jusqu’au journal de vingt heures.

Les annonces tombent en rafale : 309 projets étrangers, 13 000 start-up, 1,7 million de logements, 80 % de médicaments, 15 000 exploitations agricoles.

À ce rythme, l’Algérie ressemble moins à un pays qu’à un tableau de bord qui a pris le pouvoir. Or un chiffre n’est pas une politique. C’est un paravent. Derrière les logements, encore des millions sur la paille. Derrière l’industrie, aucune chaîne de valeur lisible. Derrière les start-up, un désert réglementaire et bancaire si vaste qu’on pourrait y organiser un sommet… à condition d’avoir des invités. Quant aux gagnants, eux, connaissent déjà la prise. Ils savent où se brancher.

Et quand la question insiste, elle passe directement au tribunal de la morale : qui ne reconnaît pas est jaloux ou ingrat. Voilà la démocratie version brochure. Le désaccord devient un vice, le doute une trahison, la critique un défaut de patriotisme. On ne répond plus. On classe. On ne débat plus. On diagnostique.

Moment “humain”, minute de théâtre, l’aveu d’échec sur la viande. Unique fissure dans la fresque triomphale. Mais l’échec est livré sans auteur, sans système, sans architecture de responsabilités. Juste une interpellation morale aux acteurs du secteur, comme si l’économie obéissait à la pudeur et à la bonne intention. La crise devient un sermon : “soyez jaloux de votre pays”. Traduction : l’État a échoué, mais c’est votre faute de ne pas être assez vertueux. Un classique.

Le passé, lui, sert de paratonnerre permanent. Tout ce qui résiste aujourd’hui viendrait d’hier. L’ère précédente devient l’alibi universel : elle explique, absout, justifie. Pratique pour un pouvoir qui entame son deuxième mandat et continue de parler comme s’il était encore en train de découvrir le pays. À ce compte-là, demain, on expliquera les embouteillages par l’histoire, et les coupures d’eau par une météo d’archive.

À l’extérieur, le récit a moins de maquillage et plus de murs. On proclame l’intégration dans la “dynamique mondiale”, et le monde répond par des portes restées fermées. BRICS : refus. G20 : pas d’invitation, pas de table, pas même un verre d’eau à l’entrée. Sahara occidental : posture droite, effet qui s’émousse. Libye : “solution entre frères” pendant que le terrain se découpe sans nous. Tunisie : perfusion et grands mots. Sahel : fâcheries, incertitudes, voisins nerveux. Et les relations franco-algériennes, elles, suivent un calendrier plus intime que diplomatique : douleurs cycliques, crispations récurrentes, fièvre, trêve… jusqu’au prochain épisode. Un contentieux qui se renouvelle comme une ordonnance, avec deux capitales qui grimacent en même temps et font semblant d’être surprises.

Et là, surprise, presque au détour du réveillon, comme on glisse une facture sous une porte : on annonce qu’on va retoucher la Constitution. Déjà ! Pourquoi ? Comment ? Avec quel mandat populaire ? Silence. On laisse entendre que les deux chambres, supposées acquises, feront le reste. Le désir de l’enfant gâté, version institutionnelle : on change la règle parce qu’on tient le stylo.

Et comme si cela ne suffisait pas, on ressort la déchéance de nationalité : solution miracle, version tampon. Avec un seul passeport vert, on ne règle rien. On appelle ça gouverner. En réalité, on fabrique des apatrides et on mesure jusqu’où un peuple peut encaisser.

Le décor, lui, est prêt : opposition muselée, presse bâillonnée, et justice passée en mode réseau mobile. Une justice à la puce, au “passe-moi le numéro”. Ici, l’indépendance se mesure parfois en barres de réseau.

Ce discours ne cherche pas à convaincre. Il cherche à fermer la conversation, à dire que tout est déjà jugé, validé, applaudi. Pourtant, plus un pouvoir répète qu’il réussit, plus il révèle sa peur centrale. Celle qu’on lui demande enfin des comptes. Pas en slogans. Pas en chiffres. En légitimité.

Fin d’année terrible. Début 2026 imprévisible. Et au milieu, une certitude : tant qu’on gouverne par listes, le réel finira toujours par raturer la page.

Zaim Gharnati

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CAN 2025 : le Nigeria poursuit sa route parfaite, la Tunisie et la Tanzanie en huitièmes

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CAN 2025

Le Nigeria poursuit son parcours parfait à la Coupe d’Afrique des nations 2025. Après avoir battu la Tanzanie (2‑1) puis la Tunisie (3‑2) plus tôt dans la compétition, les Super Eagles ont une nouvelle fois confirmé leur supériorité en s’imposant (3‑1) face à l’Ouganda, lanterne rouge du groupe C, au Complexe Sportif de Fès. Avec trois victoires en trois matchs, le Nigeria termine en tête de sa poule et s’avance vers les huitièmes de finale avec confiance.

Derrière eux, aucun vainqueur dans le duel entre la Tunisie et la Tanzanie, mais deux équipes s’en sortent grandes. Les Aigles de Carthage et les Taifa Stars ont conclu leur match sur un score de parité (1‑1), assurant ainsi respectivement la deuxième et la troisième place du groupe C. Pour la Tanzanie, il s’agit d’une qualification historique, la première à ce stade de la compétition.

Les prochaines rencontres

Tunisie – Mali : Les Aigles de Carthage tenteront de poursuivre leur parcours face à un adversaire solide.

Tanzanie – Maroc : les Taifa Stars défieront le pays hôte, dans un match très attendu, symbole de leur ascension dans le football africain.

Nigeria – adversaire à confirmer : Les Super Eagles, leaders incontestés, attendent leur rival pour les huitièmes, forts de leur bilan parfait.

Avec ces qualifications, la phase à élimination directe s’annonce riche en émotions, entre la régularité exemplaire du Nigeria et les exploits historiques de la Tunisie et de la Tanzanie, promettant des matchs spectaculaires et intenses.

Djamal Guettala 

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La zaouïa Shabia profanée : quand l’obscurantisme s’attaque à la mémoire d’Annaba

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La zaouïa Shabia saccagée.
La zaouïa Shabia saccagée. Crédit photo : DR

La zaouïa Shabia, située à une trentaine de kilomètres d’Annaba, a été profanée. Tombes saccagées, sépultures brisées, pierres arrachées : les images diffusées ces derniers jours révèlent un acte d’une brutalité symbolique assumée. Ce qui a été visé n’est pas un simple site, mais un pan entier de la mémoire historique et spirituelle de la région.

Cette agression n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une logique idéologique portée par des courants influencés par le wahhabisme, connus pour leur rejet des pratiques soufies et de tout ce qui relève d’un islam enraciné dans l’histoire et la culture locales. Derrière un discours prétendument religieux, c’est une vision rigide, intolérante et profondément ignorante qui cherche à effacer ce qu’elle ne comprend pas.

La zaouïa Shabia n’est pourtant ni une anomalie ni un vestige marginal. Elle est l’un des témoins anciens de la présence soufie dans la région d’Annaba. Pendant des générations, elle a été un lieu d’enseignement, de transmission et de médiation sociale. Comme tant d’autres zaouïas en Algérie, elle a contribué à structurer la vie locale, à diffuser le savoir et à préserver un héritage fondé sur la tolérance, la sagesse et le lien social.

Il ne s’agit pas ici de défendre le soufisme en tant que doctrine religieuse, ni d’imposer une lecture spirituelle particulière. La question est ailleurs. Ce qui est attaqué, c’est le droit d’une société à conserver sa mémoire, à protéger ses repères historiques et à refuser qu’une idéologie importée se substitue à des siècles d’histoire vécue. Le soufisme, qu’on y adhère ou non, fait partie intégrante du paysage religieux et culturel algérien. Le combattre par la destruction est une violence faite à l’histoire elle-même.

Le plus inquiétant demeure le silence qui entoure cet acte ignoble. L’absence de réaction ferme des autorités locales et des institutions chargées de la protection du patrimoine interroge. L’État, qui affirme dans ses discours le respect de la liberté de culte et la protection des traditions religieuses, est aujourd’hui directement interpellé. Identifier les auteurs, les poursuivre en justice et restaurer le site ne relèvent pas du symbolique, mais d’une responsabilité politique et morale.

Ce qui s’est produit aux portes d’Annaba n’est pas un fait divers. C’est un signal d’alarme. Lorsque des lieux de mémoire ou de piété sont détruits dans l’indifférence, c’est l’ensemble du patrimoine national qui se trouve fragilisé. La zaouïa Shabia, aujourd’hui meurtrie, rappelle avec force que la défense de la mémoire est aussi un combat contre l’obscurantisme, l’effacement et la falsification de l’histoire.

Mourad Benyahia 

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Situation internationale : recul des droits démocratiques sur fond d’instabilité et d’incertitudes

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Cologne.
Image par WikiImages de Pixabay

A l’occasion de la tenue de la dernière session du Conseil national du RCD, j’ai abordé très succinctement les caractéristiques de la situation du monde. Je pense qu’il est utile de revenir sur le totalitarisme qui règne dans les relations inter-états, les conséquences sur chaque pays et le notre notamment.

Deux traits dominants peuvent synthétiser la situation internationale : l’instabilité et l’incertitude. La persistance des conflits et les tensions géopolitiques couplées au protectionnisme et à la montée des nationalismes les plus chauvins, en particulier, dans des pays en crise, est une réalité visible, j’allai écrire palpable pour tous. Cet environnement mondial est tellement volatile que les entreprises, les acteurs économiques et les populations sont, sans visibilité, plongés dans un océan d’incertitudes.

Déjà malmené, le droit international est assujetti à la force brute sous l’impulsion (le diktat ?) des États Unis de Donald Trump qui ont délivré le blanc-seing à Israel pour exterminer les populations palestiniennes, enfants et bébés compris. La députée israélienne Michal Waldiger ne déclarait-elle pas avec aplomb « Personne n’est innocent à Gaza. Oui les enfants doivent aussi être tués. Il n’y a pas d’autre solution». Si ce n’est pas un génocide il faudra réhabiliter de nombreux bourreaux condamnés à travers l’histoire.

Ce droit international foulé aux pieds au Proche Orient ne trouve pas grâce dans les autres conflits. En Ukraine le couple Trump-Poutine ne négocie pas la paix mais le partage des territoires utiles de l’Ukraine. Dans la foulée, le 05 décembre dernier, l’Administration américaine annonce retirer son parapluie de défense en Europe occidentale dans le même temps les USA se dotent d’un budget de défense record de prés de 1000 milliards de dollars (997). A titre indicatif la chine est a 314 milliards et la Russie 149 milliards. Le tournant vers la sphère l’indo-pacifique annoncé déjà par Obama se confirme avec une autre priorité, l’Amérique latine et la défense des intérêts économiques stratégiques américains à tous prix . Dans le dernier sommet sur la bonne gouvernance, la Chine et la Russie auront à gérer leurs zones d’influence respectives. Cela appelle à des bouleversements inédits que certains n’hésitent pas à nommer comme un moment de bascule .

Devant la décision des USA, l’Europe, à son tour, ne jure que par le réarmement. Ce cours «nationaliste » et protectionniste a des conséquences partout ,en particuliers, dans les pays démocratiques en crise, c’est la montée de l’extrême droite et la gestion des flux migratoires par le biais de la répression et la promulgation de lois et décrets qui dépouillent des millions de personnes de tout droit.

Disons un mot tout de même sur cette course aux armements. De tous les temps, la régénérescence du système capitaliste dans les moments de crise a été assuré par le couple destructions (guerres) et réarmement-reconstructions pour relancer la machine économique. Ce qui change c’est cette accélération brutale.

Pour notre malheur cette orientation mondiale n’est pas de nature à bousculer le confort de nos gouvernants installés depuis longtemps dans un autoritarisme aggravé par une politique liberticide depuis la mise au pas du Hirak. Au contraire, la pratique des concessions pour etre dans les bonnes grâces des puissants est une politique déjà bien huilée par le régime de Bouteflika. Par contre ce bouleversement dans le monde porte de véritables dangers pour notre pays car, présentement les seuls atouts dont nous disposons sont les richesses naturelles, objet de cette offensive des plus puissants et l’étendue de notre territoire ainsi que sa position, c’est aussi un motif de potentiels accros à l’avenir.

La dernière réunion qui a regroupé lundi 22 décembre dernier, le PDG de la Société nationale de recherche et d’exploitation minière (SONAREM) Réda Belhadj et le responsable du département commercial de l’ambassade des États Unis Debra K Martin sur l’exploitation les terres rares en Algérie n’est pas passé inaperçue pour ceux qui savent que les Américain courent pour rattraper leur retard sur la Chine dans le contrôle de telles ressources. Quatorze (14) ressources minières font parties des sujets de discussion, selon le communiqué final (lithium, or, soufre, plomb, zinc…..). Selon les experts japonais notre pays disposerait de 20% des réserves mondiales prouvées (100 milliards de tonnes). La disparition dans l’agenda américain de l’ouverture de discutions entre l’Algérie et le Maroc sous soixante jours (c’était au mois de septembre) d’ouvrir des discussions directes avant deux mois n’est pas fortuite surtout que la sur-communication marocaine pour en faire un sujet interne n’était pas du goût des dirigeants américains qui ont d’autre visées.

Il est peu probable que l’assainissement indispensable pour ouvrir un débat sur l’avenir du pays ait lieu. Au mieux nous assisterons, une fois encore, à des annonces sans lendemains car ce sont elles mêmes qui sont destinées à la consommation interne et externe.

Pour le reste la révision « technique » de la constitution peut attendre D’ici là, il y aura peut être d’autres dispositions « techniques » à introduire.

Bonne année et meilleurs vœux

Alger le 29 décembre 2025

Ouamar Saoudi
Ancien député d’Alger
Secrétaire National aux relations internationales du RCD

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Yémen : état d’urgence décrété après des frappes saoudiennes  

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Frappe saoudienne
Frappes saoudiennes au Yémen. Capture d'écran.

Le Yémen a décrété mardi 30 décembre l’état d’urgence sur l’ensemble de son territoire, après des frappes aériennes menées par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Riyad accuse son allié et voisin, les Émirats arabes unis, d’agir de manière « extrêmement dangereuse » en soutenant les séparatistes du sud du pays. Car ces derniers s’étaient alliés jusqu’ici au gouvernement central dans la lutte contre les séparatistes houthis. Une coalition qui a volé en éclats après la prise de pans du territoire par les Sudistes.

Dans un communiqué mardi après-midi, les Émirats arabes unis ont annoncé le retrait de leurs forces restantes au Yémen.  

Aux premières heures de mardi, la coalition dirigée par Riyad a annoncé avoir mené une « opération militaire limitée » contre des cargaisons d’armes débarquées dans le port d’al-Mukalla. Selon l’agence officielle saoudienne SPA, ces armes et véhicules de combat provenaient de deux navires arrivés du port émirati de Fujairah, aux Émirats arabes unis, et étaient destinés aux forces séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC), ex-allié du gouvernement dans la lutte contre les Houthis. 

Cette alliance a vacillé quand le mouvement STC s’est emparé, début décembre, de vastes portions de territoire. Son but aujourd’hui : rétablir l’ancien État du Yémen du Sud avec le soutien des Émirats arabes unis.

« En raison des risques et de l’escalade que représentent ces armes, qui menacent la sécurité et la stabilité, les forces aériennes de la coalition ont mené ce matin une opération militaire limitée », précise le communiqué saoudien.

Un responsable local du port, s’exprimant sous couvert d’anonymat, affirme avoir reçu un appel à l’évacuation vers 4 heures du matin, « un quart d’heure avant la frappe ». « L’évacuation s’est terminée et la frappe a eu lieu peu après. Il y a toujours des flammes, et nous n’avons pas pu faire intervenir les pompiers par crainte d’explosions », témoigne-t-il.

Les autorités ont depuis fermé les routes menant au port. Selon la même source, l’opération n’a fait aucune victime.

Riyad accuse Abou Dhabi, Sanaa décrète l’état d’urgence

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a regretté que les Émirats arabes unis aient, selon lui, « poussé » les séparatistes à mener des opérations militaires près de la frontière sud du royaume, qualifiant ces actions de « menace pour la sécurité » de l’Arabie saoudite et de la région. Le royaume ajoute encore que « les mesures prises par l’État frère des Émirats arabes unis [étaient] extrêmement dangereuses » et qu’il « n’hésitera pas à prendre toutes les mesures pour (…) neutraliser » cette menace.

« Le ministère de la Défense annonce la fin des équipes antiterroristes encore présentes au Yémen », a-t-il indiqué dans un communiqué, ajoutant qu’Abou Dhabi avait pris cette décision « de sa propre initiative, en veillant à la sécurité de son personnel et en coordination avec les partenaires concernés ».

Washington évite de prendre parti

Soutenu par les Émirats arabes unis, le mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud s’est emparé lors des dernières semaines de vastes portions de territoire, notamment dans l’Hadramaout, sans rencontrer de grande résistance. Ses partisans l’appellent à rétablir un État dans le sud du Yémen, où une République démocratique et populaire a été indépendante entre 1967 et 1990.

Le gouvernement yéménite, reconnu par la communauté internationale, a demandé vendredi à la coalition militaire de prendre des « mesures » pour le soutenir. Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait appelé vendredi à la « retenue », tout en évitant de prendre parti entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, deux partenaires-clés de Washington.

Ces nouvelles tensions risquent toutefois d’aggraver encore la situation dans un pays déjà exsangue. Depuis 2014, le conflit opposant le gouvernement yéménite et ses alliés aux rebelles houthis pro-iraniens a fait des centaines de milliers de morts, déplacé des millions de personnes et provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde. Une trêve conclue en 2022 est globalement respectée.

Dans la foulée, le Conseil présidentiel yéménite, soutenu par Riyad, a annoncé l’annulation d’un pacte de défense avec Abou Dhabi et a décrété l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire.

Les Émirats annoncent le retrait de leurs troupes

Les Emirats arabes unis ont annoncé mardi après-midi le retrait de leurs forces restantes au Yémen, après que l’Arabie saoudite a fixé un délai de 24 heures pour leur départ. 

RFI

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