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dimanche 31 août 2025
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Olivier Bleys : « Ecrire, c’est comme rouler à vélo : si l’on cesse de pédaler, on tombe ! »

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Olivier Bleys
Olivier Bleys. Photo DR

Olivier Bleys est un écrivain aux multiples talents : romancier, scénariste, essayiste et infatigable marcheur. Curieux et passionné d’écriture depuis l’enfance, il a suivi des études en lettres et en histoire, qui ont nourri son goût pour les récits ancrés dans le passé, tout en éveillant une réflexion continue sur le monde contemporain. Son œuvre, foisonnante et éclectique, explore des genres variés, du roman historique au récit de voyage, en passant par l’anticipation et la bande dessinée.

Dès son premier roman, Pastel (2000), couronné par le Prix François-Mauriac de l’Académie française, Olivier Bleys s’impose dans le paysage littéraire. Il y évoque le commerce du pastel au XVIe siècle, dans un récit où l’Histoire dialogue avec l’humain. Il enchaîne avec Le Fantôme de la tour Eiffel (2002), une intrigue parisienne dans les coulisses de la célèbre tour, et Semper Augustus (2007), qui plonge le lecteur dans la folie spéculative des tulipes aux Pays-Bas du XVIIe siècle. En 2013, Le Maître de café, récompensé par le Grand Prix du Roman de la SGDL, aborde les liens filiaux dans un décor africain vibrant. Avec Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes (2015), finaliste du Prix Goncourt des lycéens, il livre une fable écologique et méditative sur la place de l’homme dans la nature. Enfin, Antarctique (2022) marque une incursion dans la fiction d’anticipation, imaginant un monde post-effondrement en quête de nouveaux équilibres.

Marcheur passionné, Olivier Bleys s’est lancé en 2010 dans un tour du monde à pied, réalisé par étapes. Cette aventure humaine et physique irrigue ses textes d’une profonde réflexion sur le temps, l’espace et les cultures traversées. Ses récits de voyage et ses essais traduisent cette expérience de l’altérité et cette volonté de voir le monde « à hauteur d’homme », avec humanité et patience.

Parallèlement à ses romans, il écrit pour la bande dessinée, notamment dans la collection La Petite Bédéthèque des Savoirs, où il aborde des sujets historiques et de société avec rigueur et inventivité. Son travail a été salué par de nombreuses distinctions, parmi lesquelles les titres de Chevalier (2014) puis Officier des Arts et des Lettres (2021).

Inspiré par des auteurs tels que Jules Verne, Albert Camus, Stefan Zweig ou Italo Calvino, Olivier Bleys mêle dans ses textes l’Histoire, la géographie vécue, et une sensibilité philosophique tournée vers les grandes questions humaines : la mémoire, le temps, la lenteur.

Plus qu’un auteur prolifique, il se positionne en passeur de savoirs. Il intervient régulièrement en milieu scolaire ou culturel pour transmettre sa passion de la littérature, défendre l’imaginaire, et promouvoir une approche vivante, accessible et ouverte de l’écriture. À travers ses livres comme à travers ses rencontres, il invite à ralentir, à regarder le monde autrement, et à renouer avec la richesse du récit comme outil de compréhension, de rêve et d’éveil.

Olivier Bleys est un écrivain aux multiples facettes, explorant avec talent le roman historique, l’anticipation, la bande dessinée et le récit de voyage. Son œuvre, nourrie par une profonde curiosité pour le monde et ses histoires, se distingue par une érudition accessible et une écriture en mouvement. Son engagement littéraire va bien au-delà des livres : marcheur au long cours, il poursuit depuis 2010 un tour du monde à pied, une expérience qui façonne sa vision du temps, de l’espace et des civilisations qu’il traverse. À travers cet entretien, il revient sur ses inspirations, ses explorations et sa manière de concilier voyage et écriture.

Le Matin d’Algérie : Votre œuvre couvre une grande diversité de genres, du roman historique au récit d’anticipation, en passant par la bande dessinée et le récit de voyage. Comment parvenez-vous à concilier ces univers si variés dans votre écriture ?

Olivier Bleys : Ce n’est pas une contrainte mais une diversion agréable, peut-être même nécessaire. Elle m’aide à combattre la routine, la répétition, qui nuisent sévèrement à mon travail et pourraient même l’empêcher. En abordant de nouveaux genres, même très éloignés de ma pratique ordinaire (j’ai écrit un livret d’opéra, par exemple), je m’aère l’esprit et stimule ma créativité. C’est particulièrement vrai des œuvres collectives ou de collaboration, qui brisent la redoutable solitude du créateur.

Le Matin d’Algérie : Vous avez été nommé Chevalier des Arts et des Lettres en 2014, puis Officier en 2021. Que représentent ces distinctions pour vous et quel impact ont-elles eu sur votre parcours littéraire ?

Olivier Bleys : J’ai grandi dans un immeuble social, au sein d’une famille assez défavorisée matériellement. Les distinctions et les prix qui ont émaillé ma carrière artistique possèdent donc une valeur particulière. Ils ont le goût de la revanche. En revanche, si elles sont un gage de sérieux dans certains milieux, ces décorations n’ont en rien aidé mon parcours littéraire. D’une part, peu de gens sont au courant. D’autre part, il est plus utile d’habiter Paris et de fréquenter les journalistes que d’avoir du talent. Même le prix Nobel n’a pas durablement sorti certains auteurs de l’anonymat.

Le Matin d’Algérie : Vous avez entrepris un tour du monde à pied depuis 2010, par étapes. En quoi cette expérience influence-t-elle votre vision du monde et votre manière de raconter des histoires ?

Olivier Bleys : Ce projet a été suspendu à Moscou, le 5 juillet 2019. La crise sanitaire, puis l’invasion de l’Ukraine que nous avions d’ailleurs traversée à pied en intégralité, n’ont pas permis de le poursuivre. Il s’agit donc d’un tour du monde à pied inachevé, devenu une traversée d’Europe achevée, de France jusqu’en Russie, à travers la Suisse, l’Italie, la Slovénie, la Croatie, la Hongrie et l’Ukraine.

Tout marcheur au long cours développe une vision du monde qui lui est propre, marquée à la fois par une certaine ouverture (réciproque du bon accueil qu’il reçoit, en général, des populations rencontrées en chemin) et une certaine vigilance (il faut garder les yeux ouverts et les sens aux aguets lorsqu’on progresse, seul et sans défense, sur les routes et les sentiers du monde). Je ne crois pas, en revanche, que j’écrive ou raconte différemment depuis que je marche. L’écriture du voyage, d’ailleurs, m’a déçu. Il est difficile d’échapper au tourisme et aux lieux communs qu’il nourrit. Trop d’images encombrent notre esprit, je crois, pour développer de nos jours un regard neuf sur le monde. Que dire d’inédit sur Venise, sur New-York, sur la Chine ?

Le Matin d’Algérie : L’Histoire occupe une place centrale dans vos romans, comme Pastel ou Semper Augustus. Qu’est-ce qui vous attire dans le passé et comment parvenez-vous à le rendre vivant pour vos lecteurs ?

Olivier Bleys : Ce n’est pas le passé qui m’importe, mais la distance au réel. Cette distance peut exister dans le temps ou dans l’espace. Voilà ce qui m’a porté vers le roman historique comme vers le récit de voyage. L’essentiel, c’était d’être loin ! Je ne sais pas parler de l’ici et maintenant. Je n’ai rien à dire sur notre époque. Elle est passionnante à certains égards, mais tragique de bien des façons. Pour qui aime lire et s’est construit à travers la lecture et la fréquentation des grands auteurs, notre siècle n’a pas beaucoup d’intérêt. Pourtant, je ne rejette pas tous les aspects de la modernité. J’ai travaillé pour le jeu vidéo et je suis assez à l’aise, par exemple, avec les technologies.

J’ignore pourquoi j’ai des affinités avec le passé. Peut-être grâce à mes vies antérieures ? Il m’est beaucoup plus naturel de raconter une chevauchée à cheval qu’un voyage en avion. L’expérience de la chevauchée est riche en odeurs, en couleurs, en sensations… Le voyage moderne, au contraire, revient principalement à zapper d’un écran à l’autre, de son téléphone au moniteur diffusant des films à bord. Ça n’a aucun intérêt.

Le Matin d’Algérie : Avec des œuvres comme Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes et Antarctique, vous abordez des thématiques écologiques et philosophiques. Quelle est votre vision de la place de l’homme dans la nature et de son rôle face aux défis environnementaux ?

Olivier Bleys : Il faudrait plus que quelques lignes pour développer mon point de vue ! J’ai été attentif au témoignage du philosophe Francis Wolff, lu récemment dans Le Monde, qui contestait la vision horizontale et égalitaire de toutes les espèces vivantes, répandue sottement chez nombre de penseurs contemporains. Je crois comme lui que l’homme tient une place spéciale dans ce qu’on appelait autrefois la Création, que des responsabilités particulières lui incombent et que si le monde va en effet à sa destruction, c’est d’abord sa faute. Il a davantage de devoirs que le chien ou la libellule mais, pour pouvoir les remplir, il doit jouir aussi de davantage de droits. 

Pour les besoins de mon dernier livre paru, La Marche aux étoiles, j’ai randonné pendant des semaines dans les montagnes de Californie, où les ours sont nombreux (on en compterait plus de 30 000 dans cet État américain) et la probabilité de les rencontrer, assez élevée. On lit partout que l’ours est « chez lui » dans ces montagnes, sous-entendu que l’homme y serait intrus. Je n’aime pas cette vision des choses, qui réduit l’homme à un admirateur coupable et repentant de la beauté sauvage. Nous abdiquons notre dignité d’espèce objectivement dominante, qui a façonné le monde à son image. En la matière, je suis partisan d’un certain humanisme.

Le Matin d’Algérie : Vous êtes également scénariste et auteur de bandes dessinées. Qu’est-ce qui vous plaît dans ce format et comment diffère-t-il de votre travail romanesque ?

Olivier Bleys : C’est un hommage à mes propres influences, car je suis lecteur régulier d’albums de bandes dessinées. J’aurais aimé développer davantage ce rayon de ma bibliothèque, mais le temps me manque, et peut-être aussi une inspiration vraiment originale. Hélas, je ne sens pas en moi un univers d’auteur assez riche, assez dense pour bâtir une grande œuvre de scénariste BD. Cela reste marginal dans ma création.

Le Matin d’Algérie : Vous intervenez souvent auprès des jeunes publics dans les écoles et médiathèques. Quel rôle attribuez-vous à la transmission de la littérature et de l’imaginaire auprès des nouvelles générations ?

Olivier Bleys : Non, en réalité, j’interviens assez peu dans les établissements scolaires et ce n’est pas un exercice que je prise particulièrement. Certains ont la vocation de transmettre, pas moi. Je trouve difficile de s’adresser au jeune public qui, en majorité, ne lit plus, n’a qu’un accès et une fréquentation scolaire des ouvrages imprimés, et pour qui l’écrivain est une figure étrange et surannée, ce que pouvait être de mon temps un sabotier. C’est même assez humiliant d’être regardé comme une antiquité ! Les jeunes veulent rencontrer des footballeurs, des influenceuses, des chanteurs de rap… Pourquoi les contrarier ? Notre public, hélas, se compose en grande majorité de personnes d’un certain âge. Il vieillit comme vieillit le livre lui-même. Nous devons l’accepter.

Le Matin d’Algérie : Avez-vous des projets en cours ou à venir ?

Olivier Bleys : Fort heureusement, puisque je vis de cette activité. Pas de chômage pour les écrivains, ni congés payés, ni tickets-restaurants ! Ecrire, c’est comme rouler à vélo : si l’on cesse de pédaler, on tombe !

J’ai donc entrepris l’écriture d’un roman à thème scientifique. Comme La Marche aux étoiles, ce récit situé dans l’Amérique des années 1930 traite d’astronomie. Je travaille aussi sur des projets audiovisuels. J’ai pris beaucoup de plaisir à réaliser le film-documentaire de La Marche aux étoiles, et j’aimerais en tourner d’autres dans des conditions plus professionnelles.

Le Matin d’Algérie : Un dernier mot peut-être ?

Olivier Bleys : Visitez mon site, riche d’informations sur mes livres et mes autres activités ! https://olivierbleys.com/

Entretien réalisé par Brahim Saci

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L’affaire Amir DZ : les services algériens pointés du doigt

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Amir Dz
Amir Dz au coeur d'une affaire qui pourrait conduire à la rupture des relations entre Alger et Paris.

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le renseignement intérieur français, incrimine dans un rapport d’enquête un ex-haut responsable de l’ambassade algérienne à Paris dans l’enlèvement en 2024 de l’influenceur Amir Boukhors, dit « Amir DZ ».

Cette mise en cause suit la mise en examen, à la mi-avril, de trois personnes, dont un agent consulaire algérien, pour l’enlèvement et la séquestration de l’opposant au régime. Dans son édition de ce mardi, Le Parisien affirme que cinq nouveaux suspects ont été placés en garde à vue ce mardi matin par les services antiterroristes dans l’enquête sur le rapt de l’influenceur Amir DZ près de Paris. Décidément, l’affaire de l’enlèvement d’Amir DZ est une véritable grenade dégoupillée dont la déflagration à répétition emporte par pans entiers les relations algéro-françaises.

Ainsi, l’AFP a appris mardi de source proche du dossier que la DGSI met désormais en cause un quatrième protagoniste, non poursuivi à ce stade : un certain S. S., présenté comme un « sous-officier algérien de la DGDSE », un service de renseignement de ce pays, âgé de 36 ans. 

Il aurait été présent à Paris « sous la couverture diplomatique de Premier secrétaire » de l’ambassade d’Algérie, mais n’a pas été arrêté. Il n’est possiblement plus en France, et pourrait faire valoir une éventuelle immunité diplomatique. Pour Le Monde, l’implication d’un diplomate algérien rend cette affaire explosive. Evoquant une source proche du dossier, le quotidien du soir souligne que ce diplomate accrédité en qualité de premier secrétaire de l’ambassade algérienne, a été étroitement mêlé aux préparatifs et à la supervision de l’enlèvement d’Amir DZ.

Une mise en cause qui ne devrait pas améliorer le climat entre la France et l’Algérie. Le renseignement intérieur français incrimine dans un rapport d’enquête un ancien haut responsable de l’ambassade algérienne à Paris dans l’enlèvement fin avril 2024 près de la capitale d’Amir Boukhors, dit «Amir DZ», a appris l’AFP de source proche du dossier mardi.

Il s’agit du quatrième protagoniste mis en cause dans cette enquête, menée par un juge antiterroriste parisien. «S.S.», ainsi que le présente la direction générale de la sécurité intérieure, est un «sous-officier algérien de la DGDSE», un service de renseignement de ce pays, âgé de 36 ans. Il aurait été présent à Paris «sous la couverture diplomatique de Premier secrétaire» de l’ambassade d’Algérie, mais n’a pas été arrêté. Il n’est possiblement plus en France et pourrait faire valoir une éventuelle immunité diplomatique.

Trois autres personnes, dont un agent consulaire, ont été mises en examen mi-avril 2025 pour arrestation, enlèvement, séquestration, en relation avec «une entreprise terroriste». Dans son rapport du 11 avril, la DGSI affirme que S. S. aurait été appelé par l’un des mis en cause «alors que commençait la séquestration», ou aurait participé à un «débriefing» à quatre, «deux heures après l’enlèvement».

Téléphone qui borne

S. S. a aussi retiré cette nuit-là à la banque 2 000 euros, possiblement pour rémunérer les geôliers d’Amir Boukhors. Son téléphone a aussi borné plusieurs fois près du domicile de l’influenceur et d’un bar, où il avait ses habitudes, plus d’un mois avant l’enlèvement. Des médias évoquent une volonté des auteurs de l’enlèvement d’exfiltrer Amir DZ par l’Espagne vers l’Algérie.

Installé en France depuis 2016, Amir DZ, 41 ans et un million d’abonnés sur TikTok, fait l’objet de neuf mandats d’arrêt internationaux d’Alger qui veut le juger, notamment pour escroquerie ou infractions terroristes. En 2022, la justice française a refusé son extradition, et le pays lui a accordé l’asile politique en 2023. Amir Boukhors – dit « Amir DZ » – avait été enlevé le 29 avril 2024 dans le Val-de-Marne, puis relâché le 1er mai. L’enquête, d’abord menée à Créteil, a été reprise en février par le Parquet national antiterroriste (Pnat) et confiée à la DGSI et à la Brigade criminelle.

Sollicité par l’AFP, son avocat Eric Plouvier a dénoncé «une atteinte violente à l’intégrité physique d’un réfugié politique en France et une grave atteinte à la souveraineté française» et demande la «délivrance de mandats d’arrêt».

La rédaction avec AFP

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La fascination de Kamel Daoud pour l’extrême droite

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Kamel Daoud

Qualifié une fois pour toutes d’« écrivain progressiste », Kamel Daoud est assuré de voir son roman Houris occuper une place médiatique de choix en cette rentrée, quelle que soit sa qualité littéraire.

S’il est nécessaire de s’opposer aux courants conservateurs et intégristes algériens qui traitent l’écrivain de « harki » et de « collabo », il est tout aussi indispensable de souligner sa proximité politique avec les droites extrêmes et le Rassemblement national. Ses chroniques régulières dans Le Point sont édifiantes.

Que peut dire un écrivain des Suds, de surcroît arabe, dans le « monde libre », et plus particulièrement en France ? Il peut critiquer en toute liberté les dictatures arabes, l’intégrisme islamique et ses violences meurtrières, l’autoritarisme et les crimes de la Chine ou de la Russie — ce qui est à la fois légitime et salutaire, indispensable même.

En revanche, les critiques du chaos interventionniste des États-Unis et de leurs alliés au Proche-Orient, de l’emprisonnement arbitraire de Julien Assange durant plus d’une décennie, de l’idéologie fasciste des droites dures et extrêmes en France et en Europe ne sont guère souhaitables, certainement pas recevables, impossibles même dans la majorité des cas.

Pour qu’un écrivain des Suds puisse réellement parler, se faire entendre dans les médias mainstream, il faut faire comme Kamel Daoud : acclimater sa plume au sein de l’écosystème des médias Bolloré, participer activement à l’enrichissement d’un nouveau dictionnaire des idées reçues nommé l’« arc républicain », prêcher vaillamment à son lectorat que le Rassemblement national (RN) serait plus fréquentable, plus « républicain » et « patriote » que La France insoumise (LFI), le Nouveau front populaire (NFP) et un « Mélenchon auto-hamassisé »1.

Kamel Daoud reprend d’ailleurs ces idées dans deux de ses chroniques publiées par Le Point, aux titres évocateurs : « L’erreur du ‘‘cheikh’’ Mélenchon »2 et « Les musulmans de France sont-ils les idiots utiles des Insoumis »3 ; selon lui, il y aurait un « vote musulman » assis sur « l’antisémitisme, la volonté de détruire l’État d’Israël » et la prétendue « haine de la civilisation » française et occidentale.

Le RN plutôt que LFI

Parmi les nombreux textes illustrant son tournant réactionnaire, « Malika Sorel, Rima Hassan et le sujet caché » paru dans Le Point4 est sans nul doute la chronique qui révèle le plus la fascination de l’écrivain pour l’extrême droite.

Voulant expliquer en quoi consisterait une approche « lucide », non « victimaire et revendicative » de l’immigration et de la laïcité en France, Kamel Daoud délivre un certificat de « lucidité républicaine » à l’eurodéputée du RN, Malika Sorel-Sutter, au détriment de Rima Hassan, candidate en septième position sur la liste menée par Manon Aubry pour LFI et désormais également eurodéputée. En effet, explique-t-il, cette pamphlétaire d’extrême droite, représente « une immigration qui ose dire que l’immigration telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, dans la ‘‘soumission’’ idéologique et religieuse, est un risque majeur pour tous » ; une immigration qui ose combattre le projet politique d’une religion — l’islam, pour ne pas le nommer —, qui envisagerait d’« avaler la république puis le reste du monde ».

Malika Sorel-Sutter serait, selon la « mesure républicaine » de Kamel Daoud, le parfait remède aux idées véhiculées par Rima Hassan, cette juriste franco-palestinienne qui incarnerait , selon Daoud« l’image de l’immigré décolonisé, figé dans une posture victimaire et revendicative », le cheval de Troie que « les Insoumis tentent de monopoliser » pour capter « l’émotion propalestinienne et l’électorat ‘‘musulman’’, sinon islamiste [pour] pouvoir culpabiliser sans se sentir coupable », le signe infaillible du « basculement de l’extrême gauche fantasmée vers la radicalité ».

Certes, l’autrice de Décomposition française5 émaille ses pamphlets d’imprécations sur « la malédiction du droit du sol », sur la progressive « mise en minorité du peuple autochtone » et appelle à mettre fin à la « préférence étrangère » ainsi qu’à l’intensification de « l’immigration extra-européenne »6.

Mais cela n’empêche pas Kamel Daoud de lui décerner son certificat de « lucidité profondément républicaine » parce qu’en effet la France risquerait « d’être ‘‘avalée’’ par un islam dont ‘‘nous ne savons que faire’’ », assure-t-il en citant une source anonyme « un fin observateur de la chose franco-maghrébine » ; face à ce risque, « la radicalité bien française » des Insoumis ne pourrait opposer que le blocage du débat « à la hauteur de la polémique stérile sur l’islamophobie, le rejet, l’immigration, la délinquance ou les extrêmes politiques ».

Loin de fournir une critique fondée et argumentée du programme et des idées politiques défendues par LFI, Jean-Luc Mélenchon et Rima Hassan (car la gauche et l’anticolonialisme ne sont pas vertueux en eux-mêmes), et sans avoir le moindre mot sur le racisme, sur le culturalisme biologisant ostensiblement revendiqué par Malika Sorel-Sutter et le RN, l’éditorialiste des Suds dit « progressiste » préfère sermonner ses lecteurs sur l’imminence de l’apocalypse qui terrasserait la France inéluctablement — une apocalypse qui ne saurait être que mélenchonnienne, musulmane, immigrée et ‘‘wokisée’’.

Dans un même mouvement, il les rassure en leur confirmant que s’engager dans les rangs du RN, comme Malika Sorel-Sutter, signifierait avoir le mérite de briser « la règle du silence et de la compromission au nom du communautarisme », exprimer catégoriquement « le refus de s’illusionner [sur] l’immigration et l’islamisme ». Il reprend ce que ne cesse de proclamer Malika Sorel-Sutter sur le « suicide » de la France qui « fabrique la sauvagerie des enfants issus de l’immigration, une sauvagerie qui finira par l’anéantir »7.

Dans l’émission de La Grande librairie qui rendait « Hommage à Salman Rushdie »8, il a une fois de plus sermonné sur l’urgence du combat pour la préservation des libertés artistiques et du droit de rêver contre « la culpabilisation rampante de l’Occident ». Une reprise d’une novlangue destinée à dédiaboliser le RN pour l’intégrer dans l’ « arc républicain » et à marquer LFI et le NFP du sceau du « terrorisme », de l’antisémitisme et de l’« immigrationnisme ».

Le sur-citoyen-naturalisé

On pourrait revenir sur ses tristes « ‘‘Colognisation’’ du monde » et « Cologne, lieu de fantasmes9 », quand Kamel Daoud reprenait sans vérification aucune les infox de l’extrême droite allemande sur les « migrants violeurs par fatalité culturelle et religieuse ». Ou encore son glissement, dans la presse algérienne, de la critique du régime à la critique du peuple dépeint comme intrinsèquement dysfonctionnel et indiscipliné par destination ; ou son incapacité épistémique à nommer le colonialisme et le régime d’apartheid israéliens en Palestine, dans les différents textes consacrés à cette question comme « ce pour quoi je ne suis pas ‘‘solidaire’’ de la Palestine »10 ou « Une défaite pour la ‘‘cause palestinienne’’ »11, ou plus récemment encore dans « Les islamistes, grands gagnants de la tragédie de Gaza »12 où il décrit le génocide en cours et le massacre des civils comme des « erreurs de frappes (…), des victimes collatérales », parce que « Gaza reste un bourbier en ‘‘y allant’’, et ne pas y aller demeure une solution désastreuse, sinon dangereuse, pour l’avenir d’Israël ».

Depuis l’année de sa naturalisation française, en 2020, Kamel Daoud a adopté ce que j’appellerais le style du pamphlétaire-républicain, c’est-à-dire celui du sur-citoyen-naturalisé, considéré comme « ultra méritant » par essence, vigilant et éveillé à toute « offense à la République » de la part de Français « très peu méritants », que le discours raciste de certains dirigeants politiques et « intellectuels » courtisans nomme communément les « immigrés musulmans biberonnés aux aides sociales », les « Français de papiers » et « leurs alliés objectifs », l’extrême gauche mélenchonisée et wokisée, « complice du terrorisme islamiste » et du « nouvel antisémitisme ».

Ce qui frappe d’emblée à la lecture des éditoriaux de Kamel Daoud, c’est d’abord l’absence de tout intérêt pour la littérature et les arts (alors que ses admirateurs et suiveurs le présentent comme l’épiphanie de « l’Écrivain » arabe), puis son indifférence totale aux faits historiques et au réel, au profit de la réaction courtisane aux différentes polémiques fabriquées par les chefferies éditoriales dans le dessein de noyer la vie sociale et intellectuelle dans le commentaire de faits divers et de fake news. Loin de refléter la « lucidité d’un homme qui a connu le terrorisme islamiste dans son pays », comme le martèle inlassablement ses admirateurs (souvent subjugués par la simple évocation du vocable « islamisme »), les écrits de ce « progressiste du monde musulman » ne portent que sur les sujets qui obsèdent les droites dures et extrêmes de France, l’inamovible quadriptyque culturaliste : islam-banlieue-immigration-insécurité. Autrement dit, la reprise aveugle des tropes du ressentiment des dominants envers les dominés, ce « nouvel intégrisme politique » d’« extrême centre », rigoureusement analysé par le philosophe Jean-Fabien Spitz dans La République, quelles valeurs ?13 et l’historien Pierre Serna dans L’extrême centre ou le poison français. 1789-201714.

Intégré, en raison de sa conversion réactionnaire, au très respectable « arc républicain » dans le champ politique et éditoriale français, Kamel Daoud fait désormais partie de ceux qu’Alain Policar avait justement qualifié, dans La haine de l’antiracisme [Alain Policar, La haine de l’antiracisme, Textuel, 2023.], de « militants qui luttent contre d’autres militants ».

Un futur prix Goncourt ?

Son nouveau roman Houris, qui vient de paraître chez Gallimard et que toute la presse mainstream encense, ne fait pas exception. Dans un précédent ouvrage Ô Pharaon15 qu’il ne cite plus dans sa bibliographie en France, Kamel Daoud défendait la thèse selon laquelle « seuls les militaires tuaient » durant la guerre civile algérienne (1990-2002). Dans Houris, au style grandiloquent, obscur et ampoulé, il développe l’idée totalement contraire à la précédente : « seuls les islamistes tuaient » et continuent de tuer. Pour preuve : ils abattent des moutons chaque année durant les festivités de l’Aïd el-Kébir… Laissant derrière lui des décennies de despotisme militaro-pétrolier en Algérie, de mesure antisociales et d’investissements massifs dans l’instrumentalisation du religieux afin d’en finir avec la gauche et le socialisme, les « vérités romanesques » de la nouvelle Contre-enquête de Kamel Daoud sombre dans le plus caricatural des essentialismes : le Coran et la tradition islamique seraient les inépuisables puits vénéneux du terrorisme et du crime aveugle.

Développant un orientalisme doublement inversé sur la culture arabe et islamique dont il se réclame, comme l’inénarrable « humouriste » sans humour de France Inter Sophia Aram16, Kamel Daoud s’est érigé en vaillant courtisan des idées promues et diffusées par l’ « extrême centre » et les extrêmes droites en France. Quand j’entends ou lis déjà que l’auteur de Houris serait pressenti pour le Goncourt 2024, je me demande toujours : pourquoi un écrivain, qui voyait dans les propos racistes et suprémacistes de Michel Houellebecq

Je crois que le souhait de la population française de souche, comme on dit, ce n’est pas que les musulmans s’assimilent, mais qu’ils cessent de les voler et de les agresser, en somme que leur violence diminue, qu’ils respectent la loi et les gens. Ou bien, autre bonne solution, qu’ils s’en aillent17

l’expression d’idées de l’écrivain français « le plus lucide » de son temps qui « a raison de jouir de son droit d’excès, de débordement et de provocation », dans une époque où la « lucidité est prétexte à la bêtise »18 de ceux qui verraient l’islamophobie partout, continue d’être présenté comme un « écrivain progressiste qui a connu le terrorisme islamiste en Algérie » ?

S’il est nécessaire de s’opposer aux courants conservateurs et intégristes algériens qui calomnient Kamel Daoud et le traitent de « harki » et de « collabo », le situer au sein de la formation politique dans laquelle il évolue présentement, celle qui prétend défendre la démocratie, l’émancipation sociale et citoyenne avec les outils idéologiques des droites dures et extrêmes, est salutaire pour en finir avec les récits légendaires des faux « démocrates » et « progressistes » du monde arabe et musulman.

Faris Lounis, journaliste

Source

Orient XXI, le 4 septembre 2024 :

https://orientxxi.info/magazine/la-fascination-de-kamel-daoud-pour-l-extreme-droite,7574

Notes

1Kamel Daoud, « Cœurs à prendre pour la présidentielle 2027 », Le Point, 24 mai 2024.

2Kamel Daoud, « L’erreur du ‘‘cheikh’’ Mélenchon », Le Point, 20 novembre 2023.

3Kamel Daoud, « Les musulmans de France sont-ils les idiots utiles des Insoumis », Le Point, 14 juin 2024.

4Kamel Daoud, « Malika Sorel, Rima Hassan et le sujet caché », Le Point, 8 avril 2024. Sauf mention contraire, les citations suivantes sont issues de cet article.

5Malika Sorel-Sutter, Décomposition française. Comment en est-on arrivé là ?, Fayard, 2015.

6Clément Guillou, Corentin Lesueur et Alexandre Pedro, « Les vies rêvées de Malika Sorel-Sutter, la dauphine identitaire de Jordan Bardella », Le Monde, 5 avril 2024.

7Propos cités dans « Élections européennes : qui est Malika Sorel-Sutter, numéro 2 sur la liste du RN ? », Libération , 24 mars 2023.

8Augustin Trapenard, La Grande librairie, France 5, 15 mai 2024

9Référence aux violences à l’encontre des femmes, qui ont eu lieu à Cologne en Allemagne dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2016 et dont les immigrés et les réfugiés ont été accusés. Kamel Daoud s’est emparé de l’affaire dans respectivement « ‘‘Colognisation’’ du monde », Le Quotidien d’Oran, 18 janvier 2016 et « Cologne, lieu de fantasmes », Le Monde, 29 janvier 2016, modifié le 11 février 2016.

10Kamel Daoud, « Ce pour quoi je ne suis pas ‘‘solidaire’’ de la Palestine », Le Quotidien d’Oran, 12 juillet 2014

11Kamel Daoud, « Une défaite pour la ‘‘cause palestinienne’’ », Le Point, 13 octobre 2023

12Kamel Daoud, « Les islamistes, grands gagnants de la tragédie de Gaza », Le Point,17 mai 2024.

13Jean-Fabien Spitz, La République, quelles valeurs ?, Gallimard, 2022

14Pierre Serna, L’extrême centre ou le poison français. 1789-2017, Champ Vallon, 2019.

15Kamel Daoud, Ô Pharaon, Dar El Gharb, 2005

16Dans son billet du 6 mars 2023, « La masculinité toxique des mollahs », Sophia Aram croyait faire rire les auditeurs de France Inter en assimilant, avec « art », prépuce et islam, trouvant absolument légitime et acceptable, au nom la culture arabe et islamique dont elle se réclame, le fait de s’attaquer à « l’Ayatollah Khamenei avec sa mine de peine à jouir, son prépuce en guise de turban, ses petits yeux en trou de pine et sa barbe en poils de couilles ». Cette année, elle n’a pas hésité une seule seconde, par ses saillies dans la presse, les médias et les réseaux sociaux, de s’ériger en docteur ès indignation contre son confrère Guillaume Meurice et sa blague (réitérée) quelque peu similaire à la sienne à propos du premier ministre génocidaire israélien : « Netanyahou ? Vous voyez qui c’est ? Une sorte de nazi mais sans prépuce ». Évidemment, Kamel Daoud, fidèle au panurgisme médiatique ambiant, lui a apporté son soutien dans son texte : « Si on veut défendre l’humour, il faut défendre Sophia Aram » (Le Point, 11 mai 2024).

17Michel Houellebecq, entretien avec Michel Onfray « Dieu vous entende, Michel », Front populaire, 29 novembre 2022

18Kamel Daoud, « La mosquée contre l’écrivain, le plus mauvais des castings », Le Point, 5 janvier 2023.

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La frontière, séparation ou espérance ?

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Barrière
Barrière. Image par Alberto Barco Figari de Pixabay

On dit « traverser la frontière algérienne », « faire reculer les frontières de la science » ou « ma patience a des limites ». Les mots ont la plupart du temps des acceptions différentes, c’est-à-dire plusieurs sens en fonction des situations dans lesquelles on les exprime.

Comme toujours dans ce cas, il y a une traduction qui serait positive et une autre qui serait négative.

Pour la notion de frontière, son sens s’exprime par deux définitions différentes, le territorial ou le symbolique, comme ceux qui ont ouvert cette chronique d’aujourd’hui. Ces deux états intégrant eux-mêmes deux caractères que sont l’optimisme et le pessimisme. L’humanité est ainsi sans cesse en recherche de l’équilibre à toujours trouver entre le bien d’une frontière et ses risques.

Dans son sens usuel la frontière est une limite territoriale. Cette première approche suscite immédiatement une position tranchée. La frontière est une fin, une séparation ou une rupture. On voit bien le caractère contradictoire avec l’universalisme nait récemment dans l’histoire humaine et la liberté qui en découle, celle de circuler et d’échanger.

Les territoires peuvent s’entendre par une délimitation géographique sans lien direct avec les états-nations tels que reconnus de nos jours par les conventions internationales. C’est le cas des séparations par des chaînes montagneuses, des cours d’eau, des mers et océans ainsi que des régions désertiques ou glacées.

Ces frontières géographiques ont eu paradoxalement dans l’histoire humaine des aspects positifs. Dans sa colonisation progressive de la planète, chaque communauté humaine s’installant sur des territoires a favorisé l’émergence de cultures, de langues ainsi que des économies par l’exploitation des ressources locales. Les frontières géographiques ont ainsi participé au développent des diverses civilisations.

Mais en même temps, ces frontières territoriales créent inévitablement des convoitises, des guerres et des annexions ainsi que des contradictions avec l’espoir de l’universalisme et des échanges. La notion territoriale de frontière devient fluctuante et les peuples ne cessent de vouloir la repousser à leur avantage ou de la renforcer, pour des raisons économiques, identitaires ou d’hégémonie.

Les communautés humaines ont souvent matérialisé la frontière par la construction de murs pour se protéger des agressions extérieures. La muraille de Chine, le mur de Berlin ou encore l’obsession du mur de Donald Trump censé repousser les immigrants en sont des exemples.

À l’inverse, on peut également trouver en l’installation des frontières des états-nations un certain équilibre avec les risques qu’on vient d’énoncer. Car les communautés humaines ont pu créer des rapprochements de destin et de projets humains sur des territoires limités qui permettent une gestion plus rationnelle.

Mais aussitôt qu’on vient de lister un aspect encourageant de la limite territoriale voilà qu’un autre nous ramène aux conflits. Les frontières peuvent entrainer des ruptures entre des communautés à l’histoire et cultures identiques qui se retrouvent scindées dans des états différents. Ainsi leurs délimitations ne sont pas exemptes des considérations coloniales ou guerrières.

Venons-en maintenant au second concept de la frontière, l’illustration symbolique. La première frontière qui fait face à l’humanité est l’inévitable temps limité de l’existence. Cependant, ce rempart inexorable entre la vie et la mort peut être pris dans un sens optimiste de l’espoir.

Les Grecs anciens considéraient philosophiquement toute frontière, non pas comme une fin mais comme un commencement. La religion est certainement dans la vision de l’espérance puisque la mort ne signifie que la disparition du corps qui libère l’âme vers une éternité. Dans une vision à peu près équivalente, le bouddhisme fait de la mort une promesse d’un nouveau début par la réincarnation.

Ainsi la notion de frontière de la vie lui donne un sens et un espoir. Elle n’est là que pour une préparation à l’au-delà et du mérite à y accéder, dans une félicité ou une condamnation éternelles.

Il y a d’autres frontières symboliques qui, elles également, peuvent induire une limite contraignante ou un grand espoir. C’est le cas  de l’expression « la ligne rouge » qui a un sens belliqueux. Ou les « frontières de la connaissance et de la science » qui a un sens d’entrainement qui a toujours suscité le combat de l’humanité à vouloir les franchir et les repousser. La frontière devient alors la stimulation de l’humanité à toujours aller dans un au-delà pour sa survie et son développement.

Enfin, la science nous a appris assez récemment dans l’histoire que le carburant chimique du soleil s’épuisera inéluctablement et la disparition de la terre en sera une conséquence fatale. C’est donc une ultime frontière qui fera face à l’humanité, entraînant la nécessité vitale de colonisation d’une autre planète.

En conclusion, c’est à l’homme à rechercher le bon côté de la notion de frontière. L’esprit humain a lui aussi les deux faces, la sombre et l’éclairée. Il doit continuellement faire le choix entre les deux côtés de la frontière, soit rester prisonnier de la plus détestable ou la surpasser pour accéder à l’autre.

Sid Lakhdar Boumediene

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Pub : six télévisions privées sanctionnées par l’Anira

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Anira
Legendarme des médias audiovisuels, Anira, a sévi

L’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (Anira) a décidé de sanctionner six chaînes de télévision privées pour excès de publicité sur leurs antennes.

Le ramadhan est toujours un mois de consommation. Et en la matière les chaînes de télévision s’en gavent avec des spots publicitaires à rallonge. Le gendarme des médias audiovisuels vient de sanctionner six chaînes de télévision pour non conformité du volume horaire des spots publicitaires diffusés aux dispositions des cahiers des charges imposés aux services de communication audiovisuelle, a indiqué jeudi un communiqué de l’Autorité.

« Après avoir examiné le contenu diffusé sur les chaînes de télévision, l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel a constaté la non conformité du volume horaire des messages et spots publicitaires aux dispositions des cahiers des charges imposés aux services de communication audiovisuelle. Après avoir écouté les représentants des chaînes de télévision concernées au sujet de ces infractions, l’Autorité a décidé de sanctionner Echourouk TV, El Hayat, El Bilad, Ennahar TV, Samira TV et El Heddaf », lit-on dans le communiqué.

« Les chaînes susmentionnées ont été officiellement mises en demeure, aujourd’hui, à l’effet de se conformer, dans un délai de 72 heures suivant la publication de la décision de l’Autorité, aux dispositions des articles 69 à 74 du décret exécutif 16-222 portant cahier des charges générales fixant les règles imposables à tout service de diffusion télévisuelle ou de diffusion sonore », selon la même source.

L’Anira prévient, dans son communiqué, que « si elles ne se conforment pas aux mises en demeure dans les délais impartis, les chaînes concernées se verront infliger des amendes », se réservant le droit d' »ordonner la suspension intégrale ou partielle des programmes faisant l’objet d’infraction, conformément aux articles 76 et 77 de la loi 23-20 relative à l’activité audiovisuelle ».

La manne publicitaire demeurée généralement aux mains de l’Etat est un redoutable moyen de pression que les autorités ne se privent pas d’actionner pour remercier ou sanctionner les médias. Notamment concernant les journaux. A preuve, plusieurs titres connus pour leur professionnalisme, comme La Tribune ont disparu.

Dans le cas présent, ces chaînes de télévision sont plutôt connues pour être de fidèles relais de la communication officielle. Le téléspectateur algérien aura sans doute remarqué l’explosion de publicité en ce mois, plus que d’habitude et les annonceurs, sachant les habitudes des consommateurs algériens ne lésinent pas pour les attirer. On se souvient que l’ancien ministre de la communication, Ammar Belhimer était parti en guerre contre les médias en plein séquence de mouvement de dissidence populaire.

Yacine K.

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Le président Macron a perçu 1,07 M euros de revenus depuis 2017

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Le président Macron a perçu 1,07 M euros de revenus depuis 2017

Le président français Emmanuel Macron a perçu 1,07 million d’euros de revenus entre le début de son mandat à l’Elysée et le 31 décembre 2021, selon la déclaration de situation patrimoniale du président, publiée jeudi au Journal officiel.

La majorité des revenus du chef de l’Etat provient des indemnités qu’il touche en tant qu’élu.

Autre source, plus modeste, de revenus: l’ancien ministre de l’Economie a perçu près de 35 000 euros de plus-values mobilières et immobilières (bien qu’il ne déclare posséder aucun bien immobilier) au cours de son mandat.

Le président possède également une assurance vie d’un montant de 113 412 euros, plusieurs comptes courants et de nombreux produits d’épargne (Livret développement durable, Plan épargne logement…).

En ce qui concerne son passif, Emmanuel Macron doit encore rembourser près de 127 000 euros d’un prêt souscrit en 2011 auprès du Crédit mutuel.

La dette a quasiment fondu de moitié depuis sa dernière déclaration de patrimoine (246 000 euros à rembourser en mars 2017).

Le Président est tenu d’adresser au Conseil constitutionnel cette déclaration de situation patrimoniale de fin de mandat « entre six et cinq mois avant l’expiration de son mandat, le 13 mai 2022 », a expliqué jeudi l’Elysée.

« Dans le cadre de l’élection présidentielle 2022, la Haute autorité (pour la transparence de la vie publique, HATVP) publiera d’ici janvier 2022 un avis relatif à la variation de patrimoine du Président de la République au cours de son mandat », a ajouté le Palais.

Dans une déclaration d’intérêts d’octobre 2014, Emmanuel Macron indiquait avoir perçu, comme membre de la banque Rothschild puis comme secrétaire général adjoint à la présidence de la République, « 3,3 millions d’euros de revenus avant impôts », de 2009 jusqu’à son entrée au gouvernement comme ministre de l’Économie en août 2014, selon l’association Anticor.

Auteur
Avec AFP

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17e journée de LaLiga Santander : le derby de Madrid pour conclure un grand dimanche

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17e journée de LaLiga Santander : le derby de Madrid pour conclure un grand dimanche

Il y a eu beaucoup d’événements et de retournements de situations le week-end dernier en LaLiga Santander et cela pourrait encore être le cas lors de la 17e journée, avec plusieurs confrontations entre des équipes de haut de tableau et des rencontres cruciales pour le maintien.

Cette journée débutera sur les Iles Baléares, le RC Celta effectuant le déplacement de 1000 kilomètres vers la pelouse du RCD Mallorca vendredi soir. Ces deux équipes sont en milieu de tableau mais doivent l’emporter pour voir plus haut. Mallorca voudra enchaîner après sa victoire de prestige à l’extérieur face à l’Atlético de Madrid, Takefusa Kubo ayant célébré son retour de blessure avec un but décisif.

Le RCD Espanyol accueillera ensuite le dernier Levante UD, lors du premier match prévu samedi. Ce sera un déplacement compliqué pour Levante, les Pericos ayant le quatrième meilleur bilan de l’élite espagnole à domicile. Le RCDE Stadium est en effet devenu une forteresse.

LaLiga Santander nous emmènera ensuite à Mendizorrotza pour D. Alavés vs Getafe CF, un défi entre deux candidats à la relégation. De la pluie continue étant prévue, cela devrait être une immense bataille au Pays Basque.

Samedi soir, un derby de la communauté de Valence sera au programme : Valencia CF contre Elche CF à Mestalla. Elche vient de remporter son premier match sous la coupe du nouvel entraîneur Francisco et sera donc en confiance mais Los Che sont invaincus depuis six matches avec 3 victoires et 3 nuls.

Athletic Club vs Sevilla FC sera le grand choc du samedi soir. Ces deux équipes se sont rencontrées 154 fois en championnat. Le bilan de leurs confrontations est très équilibré avec 63 victoires pour Sevilla, 61 pour l’Athletic et 30 nuls.

Dimanche offrira également quelques belles affiches, avec Villarreal CF vs Rayo Vallecano pour débuter. Un duel entre les entraîneurs basques Unai Emery et Andoni Iraola. Ces deux formations sont plaisantes à voir jouer, leurs matches étant souvent très animés. Le Rayo a mieux débuté cette saison 2021/22, le promu étant actuellement sixième au classement.

Foo

Le FC Barcelona est juste derrière le Rayo mais les Catalans veulent se qualifier pour la prochaine Ligue des champions et vont donc devoir enchaîner les victoires. Ce ne sera pas simple sur la pelouse du CA Osasuna, les supporters locaux sachant créer une ambiance hostile à El Sadar. Mais Xavi souhaitera que son équipe réussisse ce test difficile.

Ensuite le troisième, le Real Betis, affrontera le cinquième, la Real Sociedad. Uniquement un point sépare ces deux équipes au classement. Cette confrontation pourrait être très enlevée, ces deux équipes proposant généralement un football très offensif et agréable à regarder.

Dimanche soir, ce sera la grande affiche du week-end : le derby de Madrid entre le Real Madrid et l’Atlético de Madrid à 21h à Santiago Bernabéu. Ces deux équipes viennent de l’emporter en Ligue des champions et désormais la formation de Diego Simeone va tenter de revenir sur celle de Carlo Ancelotti. La dernière fois que ces deux entraîneurs se sont affrontés en LaLiga Santander, l’Atléti avait gagné 4-0. Mais c’était il y a bien longtemps, si longtemps que le match s’était disputé dans le vieux stade Vicente Calderón. Depuis, l’Atléti n’a remporté qu’un derby sur douze organisés.

Le dernier match de cette 17e journée sera également important. Cádiz CF et Granada CF sont englués dans la lutte pour le maintien et ce derby d’Andalousie sera donc autant crucial pour le classement que la fierté locale. Cela devrait être un beau match à regarder lundi soir.

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Des Algériennes et des Algériens interpellent le régime

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Des Algériennes et des Algériens interpellent le régime

Nous publions cette déclaration sur les violations des liberté à l’occasion de la journée mondiale des droits humains. en Algérie. Des responsables de partis, des avocats, des activistes, des universitaires, des citoyens et des journalistes interpellent les autorités sur la répression qui sévit dans le pays.

Cette année encore, nous célébrons la journée mondiale des droits humains coïncidant avec le 73e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de L’ONU acceptée par l’Algérie au lendemain de son indépendance, dans un climat de répression et de restrictions des droits fondamentaux des Algériennes et des Algériens.

Encore une fois, ce 10 décembre marque une année sombre pour les Droits de l’Homme en Algérie. Après des mois d’une mobilisation populaire pacifique, d’un Hirak qui a suscité un grand espoir pour établir un Etat de droit démocratique garantissant les droits de l’Homme, l’action des autorités se caractérise par une volonté affichée d’étouffer tous les espaces civiques autonomes et de criminaliser l’action politique des voix critiques.

Tandis que l’ensemble de la société est confronté à une crise sociale , économique et sanitaire aigue, plus de 500 personne ont été mis en détention et plus de 7000 mille personnes été interpellés dans la seule année de 2021 juste pour le fait d’avoir exercé leurs droits fondamentaux d’opinion, d’expression . et de manifestations pacifiques Pourtant garantis par la loi, Le nombre de personnes qui sont en poursuites judiciaires dépasse les 2500 .

Des libertés fondamentales bafouées

Alors même que depuis la révision de la Constitution en novembre 2020, la liberté de manifestation pacifique est censée être garantie et s’exercer sur simple déclaration. Non seulement la loi applicable en la matière qui instaure un régime d’autorisation n’a pas été révisée pour la mettre en conformité avec la Constitution, mais l’interdiction de fait de toute manifestation publique continue d’être appliquée. Toute tentative d’exercer la liberté de manifestation pacifique mène aujourd’hui sûrement à des poursuites pénales pour attroupement. De même, la liberté d’association est réduite à sa plus simple expression dans le pays.

Au plan juridique, la loi actuellement en vigueur particulièrement restrictive n’a toujours pas été mise en conformité avec la Constitution révisée. Surtout, la récente dissolution judiciaire de l’association RAJ montre à quel point la liberté d’association est fragile.

Des partis politiques de l’opposition PST et UCP sont menacés de dissolution, des militants politiques sont l’objet d’harcèlement et de détentions arbitraires a l’image des responsables de SOS Bab El Oued et du MDS , ces mesures apparaissent comme un signal fort de dissuasion à destination des organisations gênantes pour le pouvoir. La liberté de la presse est encore plus fragile. L’interdiction constitutionnelle de la privation de liberté pour les délits de presse est contournée dans les faits.

Ce contournement s’ajoute aux divers moyens devenus classiques, comme les contrôles fiscaux et la sélectivité politique de l’accès à la publicité publique, pour instaurer le réflexe de l’autocensure dans la presse. Plus largement, ce sont les libertés d’opinion et d’expression qui sont menacées dans leur substance même par l’extension de la définition du terrorisme et le nouveau dispositif de désignation des personnes et entités terroristes.

L’arbitraire des dispositions pénales relatives au terrorisme

Depuis l’entrée en vigueur de l’ordonnance n° 21-08 du 8 juin 2021, en plus des actes qu’il énumère déjà, est terroriste en vertu de l’article 87 bis du Code pénal. Désormais, revendiquer un changement de régime par des moyens non prévus par la Constitution mais qui ne lui sont pas nécessairement contraires ou ne sont pas violents peut entrer dans la définition du crime de terrorisme.

L’accusation de terrorisme est largement instrumentalisée par les autorités à des fins politiques. Le simple soupçon d’appartenance à une organisation classée terroriste par les autorités selon des critères obscurs suffit pour l’engagement de poursuites pénales. Les arrestations pour terrorisme se multiplient à travers le pays dans le cadre d’opérations qui ressemblent fort à de l’intimidation par leur mise en scène, notamment dans plusieurs villages de Kabylie. Quant au décret exécutif n° 21-384 du 7 octobre 2021 qui fixe les modalités d’inscription et de radiation de la liste nationale des personnes et entités terroristes et des effets qui en découlent, il est tout simplement liberticide et ouvre la voie à l’arbitraire.

En effet, il permet l’inscription sur la liste terroriste – qui est publique – de personnes qui n’ont pas été condamnées judiciairement au mépris flagrant de la présomption d’innocence et du droit à l’honneur tous deux censés être protégés par la Constitution. Ce dispositif est d’autant plus attentatoire aux droits les plus fondamentaux que les personnes inscrites sur cette liste peuvent être privés de leurs biens et de toute activité et, par conséquent, de tout moyen de subsistance. Il s’agit là d’une technique de mise à mort sociale particulièrement dissuasive et d’autant plus dangereuse que la définition du terrorisme est extrêmement large.

73 ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et 59 ans après l’accession de notre pays à l’indépendance, les libertés les plus élémentaires consacrées par la Déclaration sont vidées de leur substance par la législation et les pratiques.

A cette occasion,

Nous signataires , défenseurs des droits humains et organisations, interpellons le pouvoir au respect de ses engagements internationaux contenus dans les traités et conventions internationales des droits humains ratifiées.

Nous appelons le pouvoir a l’arrêt de la répression et la levée de toutes les restrictions à l’exercice des libertés et des droits fondamentaux.

Nous réitérons notre demande pressante pour la libération inconditionnelle de l’ensemble des détenus d’opinion , des journalistes, défenseurs des droits humains et avocats.

Fait a Alger le 08 décembre 2021

Les signataires :

Associations signataires

ACDA

Appel Egalité

Alternativ Media

Centre Justitia pour la protection légale des droits humains en Algérie

CGATA

Collectif Debout l’Algérie

Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA)

Collectif Groupe Algérie droit devant (CGADD)

Comité de soutien pour les droits humains en Algérie (Montréal)

Femmes plurielles

Ibtykar

LADDH

PUNA

Riposte internationale

SHOAA for Human Rights

SNAPAP

Personnes:

Abdelaziz Ould Ali, universitaire

Abdelhak Mechibeche, juriste

Abdelkrim Boudra, militant associatif

Abdelmoumene Khelil, défenseur des droits humains

Abdelouhab Fersaoui, militant associatif

Abdennour Abbas, professeur d’Université, chercheur en bio-nanotechnologie (Minnesota)

Abdou Bendjoudi, consultant

Adel Abderezak, universitaire

Afif Bouattou, militant pour les droits humains

Ahmed Benberkane, universitaire, Nacera, Brahimi Ali juriste et militant politique, Douici Noureddine journaliste,

Ahmed Dahmani, économiste

Ahmed Mahiou, ancien doyen de la Faculté de droit d’Alger, ancien président de la commission du droit international de l’ONU, membre de l’institut de droit international

Ahmed Manseri, militant LADDH (Tiaret)

Aïssa Kadri, sociologue

Aïssa Moussi, journaliste

Aïssa Rahmoune, avocat, LADDH

Akram Belkaïd, journaliste

Aldja Seghir, enseignante universitaire et militante

Ali Aït Djoudi, Riposte internationale

Ali Bensaad, géographe

Ali Laskri, militant politique FFS

Alima Boumediène, avocate

Amar Mohand Amer, historien

Amin Khan, écrivain

Arab Azzi, militant politique,

Arezki Aït Larbi, journaliste

Arezki Challal, militant

Arezki Krim, militant

Azize Ghadi, avocat, membre de la LADDH

Belkacem Benzenine, chercheur

Ben Mohamed, poète

Boualem Amoura, secrétaire général du syndicat SATEF

Boudjema Ghechir, avocat et ancien président de la LADH

Boukhalfa Ben Mamar, défenseur des droits de l’Homme

Bouzid Senane, responsable associatif France

Chafia Outerbah, militante de l’immigration

Chouicha Kaddour, syndicaliste, LADDH

Djafar Naït Amar, militant

Djaffar Lakhdari, consultant et militant associatif

Djamel-Eddine Benchenouf, journaliste

Djamel-Eddine Khan, militant LADDH

Djeloul Djoudi, dirigeant du PT

Essaïd Aknine, militant humaniste

Faïza Berber, présidente du Collectif debout l’Algérie

Farid Aïssani, ancien secrétaire national du FFS à l’Emigration

Fatima Benlarbi, journaliste

Fouad Ouicher, militant associatif

Hacene Hirèche, universitaire, consultant

Hakim Taïbi, journaliste

Hamid Arab, directeur du site d’information Le Matin d’Algerie

Hamid Challal Hamid, militant des droits de l’Homme

Hasni Abidi, chercheur,

Hicham Khiat, militant politique

Hmimi Bouider, militant du FFS et du HIRAK

Hocine Boumedjane, CDDH Bejaïa

Hocine Mezouar, retraité paramédical

Iddir Nadir, journaliste

Ihsane el-Kadi, journaliste

Ilyas Lahouazi , membre du conseil national du RCD immigration

Kamel Aïssat militant politique et syndicaliste

Kamel Ouhn journaliste

Kamel Tarwiht, journaliste

Karim Aïmeur, journaliste

Karim Azzoug, producteur

Karim Bellazoug, militant

Karim Kebir, journaliste

Karim Labchri, dirigeant du PT

Karima Aït Meziane, universitaire

Khaled Tazaghart, militant politique

Kouceïla Amer, consultant

Lahouari Addi, professeur émérite à Sciences-po Lyon

Lahouari Fellahi, militant et universitaire

Lalia Bedjaoui, militante

Lila Mansouri, militante FFS-France Nord

Louisa Aït Hamadouche, universitaire

Louisa Hanoune, secrétaire du PT

Louiza Hanoune, secrétaire générale du PT

Lyazid Benhami écrivain

Lyes Djebaïli, militant associatif

Lyès Touati, militant associatif

Lynda Abbou, journaliste

Madjid Benchikh, ancien doyen de la Faculté de droit d’Alger

Madjid Hachour, avocat

Madjid Medkhi, journaliste

Mahieddine Ouferhat, militant associatif, ancien président du FFS immigration

Mahmoud Rechidi, secrétaire général du PST

Malek Sebahi, militant politique et membre LADDH Bejaïa

Malika Bakhti, ingénieure d’études

Malika Baraka, médecin

Malika Benarab-Attou, militante politique, ancienne députée européenne (EELV)

Massensen Cherbi, constitutionaliste

Menad Amrouchi, défenseur des droits de l’homme

Menad Si Ahmed, Riposte Internationale (Autriche)

Metref Arezki, journaliste

Mhenna Abdesselem, universitaire

Mohamed Benaïssa, militant du PUNA

Mohamed Fellag, comédien

Mohamed Hennad, universitaire

Mohammed Bakour, enseignant-chercheur

Mohammed Idir Yacoub, architecte, militant FFS

Mohand Bakir, citoyen

Mohcine Belabbes, président du RCD

Mokrani militant associatif

Mostefa Bouchachi, avocat

Mouloud Boumghar, universitaire

Mourad Yefsah, militant politique

Moussa Ouyougoute, journaliste

Mohamed Iouanoughene journaliste

Nabila Bekhechi, chercheure

Nabila Smaïl, avocate et militante politique

Nacer Djabi, sociologue

Nacer Ouabbou, universitaire (Costa Rica)

Nacéra Hadouche, avocate

Nacima Ourahmoune, chercheure

Naoual Belakhdar, politologue

Nassera Dutour, présidente du Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA)

Nora Ouali, ex-députée et membre du SN RCD

Noureddine Benissad, avocat,

Noureddine Melikchi, physicien

Nouri Nesrouche, journaliste

Omar Bouraba, militant associatif

Omar Eddine Bentahar, militant LADDH

Ouaamar Saoudi, du SN à la coordination du RCD

Rabah Moulla, enseignant et militant

Rabah Rezgui, militant LADDH Bejaïa

Rachid Aïssaoui, universitaire

Rachid Aouine, SHOAA for Human Rights

Rachid Malaoui, syndicaliste

Rafika Gherbi, journaliste

Raouf Farah, géographe

Redjala, militante associative

Sadek Chouali, syndicaliste

Sadek Hajou, militant politique

Saïd Boudour, journaliste

Saïd Khelil, militant politiques pour les libertés

Saïd Salhi, LADDH

Salah Abderahmane, avocat

Salah Oudahar, poète, directeur de festival

Salah Taibi, responsable associatif (France)

Salim Mechri, LADDH

Samia Ammour, militante féministe

Samir Larabi, journaliste

Samir Yahiaoui, architecte analyste, militant politique

Sanhadja Akrouf, militante féministe

Sofiane Chouiter, avocat

Tahar Khalfoune, universitaire

Tayeb Kennouche, sociologue

Tewfik Allal, militant associatif de l’émigration

Wezna Cheikh Lounis, syndicaliste et militante démocrate

Yacine Bouzid, avocat

Yasmina-Karima Bennini, journaliste

Yazid Temim Yazid , Riposte Internationale (Beauvais)

Yidir Ounoughene, militant politique

Youcef Ammar-Khoudja, activiste du Hirak

Youcef Kacimi, défenseur des DH, enseignant universitaire

Youcef Rezoug journaliste

Youssef Tazibt, dirigeant du PT

Zahra Harfouche, avocate

Zaki Hannache, défenseur des droits humains

Zineb Ali-Benali, professeure des universités émérite

Zoheïr Aberkane, journaliste

Zohra Bouras journaliste

Zoubida Assoul, avocate et présidente de l’UCP

Zoubir Rouina, syndicaliste

#StandUp4HumanRights

#HumanRightsDay2021

***Pour info cette liste a été arrêté ce matin.

La collecte des signatures se poursuit, une deuxième liste suivra

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Jeux de pouvoir entre Alger et Paris : le bourreau, la victime, le sauveur ?

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L’Algérie devait devenir française par « l’épée, la charrue ou l’esprit ». La France a échoué par « l’épée » ; elle a admirablement réussi par « l’esprit ». Le nationalisme s’est révélé qu’un acte illusoire de souveraineté.

L’indépendance politique n’avait pas suffi à elle seule à briser les liens de dépendance tissés à travers 132 ans de colonisation. Le transfert du pouvoir perpétuait indirectement le système de dépendance économique et culturelle vis-à-vis de la métropole. Il s’agissait pour la France d’imposer à l’Algérie indépendante un ordre politique et juridique qui garantisse la prééminence de ses intérêts stratégiques. On peut dire qu’elle a réussi admirablement son pari.

En imposant des institutions dont la logique de fonctionnement était radicalement opposée à celle de la société algérienne, et en refoulant l’islam dans le domaine privé pour en faire une valeur refuge des déshérités, le colonisateur préparait en fait la société postcoloniale à l’échec de la modernisation.

L’Algérie est belle et naïve ; la France intelligente et fourbe. L’une est jeune et fougueuse, l’autre vieille et sournoise. L’une est européenne, une blonde aux yeux bleus, dévastée mais toujours pleine de charmes ; l’autre est africaine, une brune aux yeux noirs, vierge et chaude.

L’Algérie est cloitrée dans sa chambre, la France est libre dans ses mouvements. L’une est démocrate, elle choisit l’homme avec qui elle désire partager le lit, l’autre est soumise à l’autorité du père qui lui désigne son mari. Dans le premier cas, c’est un choix individuel qui s’impose à la société ; dans l’autre cas c’est le résultat d’une alliance entre deux familles.

Apparemment, deux pays que tout sépare : la race, la religion, la culture. Dans les faits, tous les rapproche : le pétrole, la voiture, le blé. La France est ménopausée, elle a plus d’orgasmes, l’Algérie est féconde, elle fait plus d’enfants.

Entre l’Algérie et la France, il y a une mer (e) qui les sépare. Une mer qui au fil des ans s’est transformée en un cimetière à ciel ouvert. L’Algérie est un bateau qui chavire. 

Elle navigue au gré des vents sans boussole et sans gilets de sauvetage sur une mer agitée à bord d’une embarcation de fortune dans laquelle se trouve de nombreux jeunes à la force de l’âge, serrés comme des sardines, à destination de l’Europe, ce miroir aux alouettes, pour finir soit dans le ventre des poissons soit avec un peu de chance chez mère Theresa implorant la charité chrétienne pour le gîte et la nourriture en attendant leur exploitation sélective par le capital usurier sur une terre qui n’est pas la leur et où ils ne sont pas les bienvenus, fuyant un beau pays arrosé du sang des martyrs béni de dieu, riche à millions et vaste comme quatre fois la France, qui sacrifie l’avenir de ses enfants et de ses petits-enfants pour un verre de whisky, une coupe de champagne, ou un thé à la menthe.

L’Algérie et la France vivent le passé au présent, elles en sont malades, d’une maladie qui semble incurable. Ni l’Algérie, ni la France ne veulent regarder ce passé ensemble. Il s’agit de sortir de la prison du passé et d’engager les relations sur la route de l’avenir.

Un avenir hors de tous réseaux occultes dont les jeunes font les frais. Les algériens au milieu de la méditerranée, les français dans les rangs du terrorisme international produit des oligarchies financières qui avancent masquées dans un monde sans état d’âme où l’argent sale coule à flots’. En fait, il s’agissait pour la France  d’imposer à l’Algérie indépendante un ordre politique et juridique qui garantisse la prééminence de ses intérêts stratégiques. C’est pourquoi, le rapport entre contestation et répression, domination et émancipation est récurrent en Algérie.

Dans la tourmente qui enfante de nouvelles sociétés ou qui les étouffe dans l’œuf, les situations semblables créent des jugements semblables. L’Algérie est à la France ce que le cheval est pour son cavalier, le cheval se cabre mais ne désarçonne pas son cavalier. Dans les bouleversements qu’a connus la société algérienne colonisée puis décolonisée, on insiste toujours sur les conséquences de la colonisation rarement sur la phase de décolonisation. Entre l’Algérie à la France et l’Algérie de la France, s’intercale la France de l’Algérie. L’Algérie des émigrés, des harkis, des dignitaires, des indignés, des fugitifs, des lobbies…

L’Algérie et la France se regardent sans se voir, se parlent sans s’écouter, se lamentent sans pleurer, se jouent la comédie pour récolter quelque voix. Si la recherche de l’indépendance fût un principe légitime, les pouvoirs mis en place n’ont pas toujours respecté les aspirations populaires qu’elles impliquaient. Ce n’est pas un hasard si tous les dignitaires du régime partent se soigner et envoient leur progéniture poursuivre leurs études en France. Et que des milliers de jeunes algériens, nés après l’indépendance, ne rêvent que de quitter le pays et rejoindre « la mère patrie la France » au péril de leur vie dans des embarcations de fortune en brûlant au passage leurs papiers d’identité pour lesquels leurs parents se sont sacrifiés. A quoi est due cette haine du pays, cette attirance vers l’ennemi d’hier et d’aujourd’hui ? Tire-t-elle ses racines de la guerre de libération nationale ou des conditions d’accession à l’indépendance ? Tenter une réponse à cette question est une opération bien périlleuse. L’histoire officielle nous apprend que le pouvoir colonial avait atrophié l’initiative privée, empêché le développement autonome, marginalisé les autochtones.

Le pouvoir algérien n’a-t-il pas poursuivi la même politique ? Il va être amené à reproduire les méthodes d’oppression du colonisateur et poursuivre la trajectoire  économique et sociale tracée (Plan de Constantine avec pour objectif la concentration des populations sur la bande côtière pour mieux les contrôler).

Ce schéma d’aménagement du territoire d’inspiration coloniale mis en œuvre au lendemain de l’indépendance a eu pour conséquences la concentration des populations dans les villes conduisant au bétonnage des terres agricoles fertiles  du pays sur le littoral et la pollution des côtes de la méditerranée. A contrario, les hauts plateaux seront abandonnés dans un état de sous-développement plus adaptés à recevoir des industries de transformation avec une répartition spatiale équilibrée de la population par la création de villes nouvelles.

Cette gestion autocratique, anarchique et irresponsable de la société et des ressources du pays n’est nous semble-t-il pas étrangère à l’influence et l’attraction de la France sur/par les « élites cooptées » du pays, aujourd’hui vieillissantes pour la plupart, maintenue en activité malgré leur âge avancée et finissent presque tous dans un lit parisien.

Elle s’insère parfaitement dans la stratégie de décolonisation du général De Gaulle, engagée dès 1958 à son retour au pouvoir et parachevée en 1962 par la signature des accords d’Evian dont la partie la plus secrète a été semble-t-il largement exécutée.

Elle a permis à la France d’accéder à la pleine reconnaissance internationale en tant que grande nation (indépendance énergétique), à l’unité nationale retrouvée (menace guerre civile évitée par le Général de Gaulle) et au rang de puissance nucléaire (premiers essais concluants au Sahara) et a miné l’Algérie post coloniale par la dépendance économique (viticulture, hydrocarbures, importations), par la division culturelle (langue, religion, ethnie). En imposant un schéma institutionnel dont la logique de fonctionnement était radicalement opposée à celle de la société indigène, et un modèle économique, étranger aux réalités locales, le colonisateur préparait en fait la société postcoloniale à l’échec de la modernisation politique et du développement économique. Cent trente ans d’occupation coloniale ont produit un « peuple vaillant » affrontant, les mains nues avec la foi en un dieu unique, les forces de l’OTAN. Un peuple fier qui ne quémandait pas sa nourriture au colon qui l’exploitait. « Il faut faire suer le burnous », rappelez-vous.

Il mangeait son propre pain à la sueur de son front. Un pain fait maison à partir des produits du terroir. Il buvait du lait de chèvre et se soignait avec des herbes. Il ne connaissait ni diabète, ni tension artérielle, ni maladies cardiaques.

Soixante ans de pseudo-souveraineté l’ont réduit en un « peuple nourrisson », ne parlant aucune langue, qui court derrière le sachet de lait importé. Le pétrole est pour le peuple algérien ce que le lait est pour le nourrisson.

Le lait maternel couvre les besoins du  nourrisson de la naissance à l’âge de six mois. Le geste d’allaiter renforce le lien entre la maman et le bébé.

Le pétrole est plus vital que le lait maternel, il satisfait l’ensemble des besoins de l’algérien du berceau jusqu’à la tombe, du biberon jusqu’au linceul, du pain quotidien jusqu’aux voitures de luxe. Les revenus pétroliers et gaziers donnent l’illusion aux algériens d’une mère nourricière éternelle les condamnant à la dépendance et à l’infantilisme. Comment faire pour sortir de ce triangle dramatique du bourreau, de la victime, du sauveur ?

Il suffirait, nous disent les psychanalystes, si on devait les croire, de cesser de jouer au « miroir ». Si votre interlocuteur joue le rôle de la victime, faîtes la victime ; s’il joue le rôle de bourreau, faîtes le bourreau ; s’il joue celui de sauveur, faîtes le sauveur. Car il est ce que vous êtes c’est-à-dire  son « miroir ». Faut-il briser le miroir ?

Dr A. Boumezrag
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CHAN 2025 : le Maroc s’impose face à Madagascar (3-2) et remporte son 3e titre

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Le Maroc champion de la CHAN

Les joueurs marocains étaient attendus parmi les favoris de ce CHAN 2025, et n’ont pas déçu. Indomptables, les Lions de l’Atlas ont remporté la finale de la compétition face à Madagascar (3-2), à Nairobi. Le Maroc devient la première nation à remporter trois fois la compétition.

Pour la finale de ce CHAN 2025, David rencontrait Goliath. Madagascar, qui participait pour la seconde fois de son histoire à la compétition n’avait jamais fait mieux qu’une demi-finale. Le Maroc, de son côté, était la nation la plus titrée du CHAN avec la République démocratique du Congo (RDC), fort de deux sacres à son palmarès (2018, 2020). Peu de personnes attendaient les Malgaches aussi loin dans la compétition, mais leur exploit contre le Kenya, pays hôte et l’un des favoris de la compétition, a commencé à attirer l’attention sur eux. « Madagascar est une équipe solide. Si elle est en finale, c’est qu’elle le mérite amplement parce qu’aucune équipe n’atteint la finale par hasard », avait déclaré Tarik Sektioui, le sélectionneur du Maroc.

Dans un Moi International Sports Centre de Nairobi chauffé à bloc, les Lions de l’Atlas ont ouvert les hostilités devant un public qui leur était majoritairement acquis. Oussama Lamlioui, héros du Maroc et auteur du seul but contre la Tanzanie en quarts de finale (1-0), a failli faire basculer le match dès la première minute de jeu. Bien lancé dans la surface adverse et laissé en face à face avec le gardien, il a échoué à cadrer sa frappe.

Un éclair de génie malgache contre le sens du jeu

Poussés par leurs supporters, les Marocains ont continué d’étouffer la défense malgache, mais se sont fait avoir sur la première offensive des Barea. Felicité Manohantsoa a ouvert le score sur une magnifique demi-volée lointaine, qui a totalement surpris le portier marocain (9′).

S’en sont suivies de longues minutes où aucune des deux équipes n’a réellement réussi à dominer l’autre et à se montrer dangereuse. Jusqu’à la 27e minute de jeu, où le Marocain Khalid Baba a pu centrer dans la surface adverse et déposer le ballon sur la tête de Youssef Mehri, meilleur passeur de la compétition, qui a inscrit son premier but du tournoi.

Cette égalisation a fait basculer cette première période. Les attaques marocaines se sont enchaînées, ne laissant pas les Barea respirer. Le mur malgache a fini par céder une seconde fois, grâce à Lamlioui, qui a bien contrôlé le ballon dans la surface et l’a poussé au fond des filets (44′). Il s’agit de son cinquième but dans ce CHAN, qui renforce son statut de meilleur buteur de la compétition.

Les Lions de l’Atlas rugissent une nouvelle fois

À l’entame de la seconde mi-temps, les Barea ont tenté de se montrer plus offensifs pour recoler au score. Ils peinent cependant à construire leurs actions, et se retrouvent parfois à tenter des frappes lointaines désespérées, faute de solutions, mais n’ont pas la même réussite que Felicité Manohantsoa en première mi-temps. Leurs efforts ont toutefois fini par être récompensés : grâce à un ballon subtilement dévié de la tête par son coéquipier, Toky Rakotondraibe est parvenu à tromper le gardien marocain et à remettre les compteurs à zéro (68′).

Ce but a fait office d’électrochoc pour les Lions de l’Atlas, qui ont retrouvé la fougue de la première mi-temps. L’homme de cette finale, et peut-être même de tout le tournoi, est venu inscrire l’un des plus beaux buts de ce CHAN. Inspiré, Lamlioui a tenté une frappe très lointaine qui a lobé le gardien malgache (81′). Un but sublime, qui a permis aux Marocains de passer devant au score, et de le rester jusqu’à la fin du match.

RFI

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Ligue 1 Mobilis de football : l’O. Akbou et le MB Rouissat co-leaders

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Olympique Akbou et MCO

L’Olympique Akbou et le nouveau promu, le MB Rouissat, ont pris seuls provisoirement les commandes du championnat de Ligue 1 Mobilis de football, à l’issue de leur victoire à domicile, respectivement face au MC Oran (1-0) et le MC El-Bayadh (1-0), en ouverture de la 2e journée, disputée vendredi devant se poursuivre samedi et dimanche.

La formation d’Akbou, dirigée sur le banc par Lotfi Amrouche, a inscrit l’unique but de la partie par Mehdaoui, peu avant la pause (43e). Il s’agit du deuxième succès de rang pour les Akbouciens, après celui décroché lors de la journée inaugurale, également à la maison, face à l’ES Mostaganem (1-0).

Les Oranais ont raté un penalty dans le temps additionnel. Mouley, à deux reprises, a raté son duel face au portier akboucien Klileche (90e+6). Dans la foulée, l’arbitre a brandi le carton rouge au milieu de terrain de l’O.Akbou, Zidi (90e+7).

Au stade du 18 février d’Ouargla, le MBR, semble réussir son apprentissage parmi l’élite. Après avoir disposé de la JS Saoura à Béchar (2-1), les joueurs de l’entraîneur Abdelkader Amrani se sont offert cette fois-ci le MC El-Bayadh (1-0), signant du coup son deuxième succès de suite.

Le buteur maison Ben Kheira a surgi peu avant la fin de la première mi-temps, pour inscrire le but de la victoire (43e). En revanche, rien ne va plus pour le MCEB qui concède sa deuxième défaite en autant de matchs, et réalise un début de saison en deçà des attentes de ses supporters.

De son côté, l’ES Sétif a raté une belle occasion de remporter sa première victoire, en se faisant tenir en échec par la JSS (1-1), dans son antre du 8-mai 1945 de Sétif, à huis clos.

Pourtant, les locaux croyaient avoir fait l’essentiel en ouvrant la marque, grâce à leur nouvelle recrue estivale l’attaquant rwandais Abeddy Biramahire, sur penalty (53e), mais c’était sans compter sur l’envie des Bécharis, qui ont réussi à égaliser quelques minutes plus tard, par leur nouveau joueur l’Ivoirien Constant Wayou (64e).

Après un nul salutaire décroché lors de la 1re journée à Khenchela (1-1), l’Entente trébuche à la maison, alors que la JSS se rachète après la surprenante défaite concédée à domicile devant le MBR. 

Cette 2e journée se poursuivra samedi avec trois matchs au menu :CR Belouizdad – Paradou AC (17h00), ASO Chlef – USM Khenchela (19h00), et ES Mostaganem – CS Constantine (19h00).

Le derby algérois tant attendu entre l’USM Alger et le MC Alger, se jouera en clôture de cette journée, dimanche au stade Mustapha-Tchaker de Blida (19h00).

APS

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Peut-on être opposant au régime et être député ?

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Siège du FFS

J’ai lu avec intérêt l’article de Hamid Ouazar, ancien député de l’opposition concernant son « opposition » au système électoral. Déjà avec ce titre annoncé comment puis-je discuter avec lui du fond de la question ?

Article intéressant avec une conclusion que je pourrais approuver car je l’avais défendue il y a très longtemps. Mais je pourrais seulement. Car il n’est pas question pour moi de lui répondre par une argumentation juridique sur les modes de scrutin. Nous étions camarades de lutte au sein d’un parti qui avait encore la dignité d’être dans l’opposition.

Je le pourrais car j’étais au cœur de la proposition d’un parti d’opposition (lorsqu’il en était encore un) puisque chargé de rédiger le projet de choix du mode qu’il préconise. Que ceux qui faisaient partie de cette aventure se rassurent, je ne me targuerais pas d’avoir réussi mais seulement d’avoir participé avec beaucoup d’autres à la rédaction du mémorandum adressé au  président de la république (je fais un très gros effort pour écrire le nom de cette fonction pour cet homme).

Il le sait, c’est à ce moment de l’histoire que nous nous étions rendu compte de notre imbécilité à avoir cru à l’ouverture d’un champ de représentation aux partis politiques. C’est ce qui d’ailleurs en très grande partie nous avait fait revenir en Algérie avec Aït Ahmed. 

Ce retour, mon ami Tarik Mira auquel je garde entièrement mon amitié en avait fait partie. Je lui reconnais une maîtrise entière des dossiers, dans leur histoire, des hommes qui les ont portés et dans sa capacité de les traduire dans un combat politique d’opposition.

Cependant, il ne s’agit pas de lui mais de Hamid Ouazar, il se reconnaitra certainement en creux de ma critique pour avoir fait le même choix de la députation. Entre la proposition de Hamid Ouazar et la nôtre de cette époque il y a une différence technique aux incidences très importantes mais le fond est le même. 

Notre opposition personnelle à travers la confrontation de deux articles est d’une toute autre importance, dans son contenu comme dans sa sévérité. Car pour être légitime à critiquer un système électoral d’un régime autoritaire faut-il encore ne pas y participer. 

Tout part d’une division lourdement sensible entre lui et moi, entre nous et eux. Ma position est attestée par de nombreux articles, de très longue date, critiquant son choix. Fallait-il participer aux élections que nous proposait le pouvoir en place après qu’il nous ait fait rouler dans la farine ?

Les uns, il en fait partie puisqu’il a été député, ont considéré qu’on ne pouvait changer le régime militaire qu’en militant « de l’intérieur » du système. J’étais farouchement opposé à cette idée après notre échec qui nous avait pourtant donnés une bonne leçon. Fallait-il encore faire confiance aux généraux après avoir remis leurs habits qu’ils avaient portés depuis 1962, c’est-à-dire celui de monstres ?

L’avaient-ils changé un seul jour ? Voilà ma très grande erreur en suivant ceux qui l’avaient cru. J’assume ma  coresponsabilité puisque j’avais pris cet avion qui nous avait ramenés au petit matin d’Orly avec Ait-Ahmed et le groupe d’opposants résident à l’étranger.

Mais il y a ceux qui ont été très loin, jusqu’à accepter d’être députés et de ce fait ont légitimé un régime militaire qui a la main de fer mise sur le toit d’une assemblée qui n’a le pouvoir réel que celui de choisir la couleur des rideaux de l’Assemblée Nationale.

Non seulement ils ont fait cette faute que je ne pardonnerai jamais mais ils ont persisté, encore et encore. Proposer de modifier un système électoral qui vous a permis d’accéder au poste de député dans un régime militaire, c’est pour moi le comble du culot.

N’a-t-il pas eu le temps de nourrir son remord ? N’a-t-il pas eu le temps de s’apercevoir qu’il servait indirectement le régime militaire qui pouvait brandir au peuple crédule et au monde sa vertu d’avoir des institutions démocratiques ?

A-t-il été si aveugle pour voir qu’il n’avait aucun pouvoir pour empêcher l’incarcération des démocrates, le musèlement de la presse et la gigantesque corruption des généraux et de leurs protégés ?

Il y a un point où je m’interdis de porter une accusation, celle de participation à l’indigne présentation du secrétaire du parti dont il avait fait partie à l’élection présidentielle. Je n’ai pas réussi, au moment de l’écriture de cet article, à  savoir s’il avait soutenu cette condamnable participation. Mais j’ai des doutes sur le contraire car c’est un député et il sait que pour moins que cela, ceux qui ont osé porter une forte opposition ont été invités à compter le nombre de briques sur les murs des prisons. 

Pour avoir été un petit instant au cœur de cette réflexion, certes sans grande importance de ma personne ni influence décisive, j’ai la légitimité de prétendre qu’on ne peut critiquer une technique électorale lorsqu’on a été élu par son intermédiation et l’approbation des maîtres du pays (approbation globale, pas de la sienne et encore, fallait-il montrer individuellement patte blanche pour y accéder). 

Je serai tellement heureux de mener cette discussion juridique avec tout citoyen algérien, celle dont j’ai écrit tant d’articles dans la presse algérienne. Mais il me serait difficile de la mener avec un député du régime militaire qui a accepté de siéger dans le rôle de lampadaire posé sur le meuble, donc dans le rôle de celui qui le légitime.

J’ai lu l’article, je l’ai terminé et en silence j’ai tourné la page du journal Le Matin (équivalence avec un journal papier). Je devais revenir dans ma réflexion sérieuse sur ce qu’est un régime crypto-militaire.

Boumediene Sid Lakhdar

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Ouverture différée de la session parlementaire : Tebboune pietine encore la Constitution

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Tebboune
Le chef de l'Etat foule au pied la constitution.

En ajournant l’ouverture de la session parlementaire en dehors du cadre constitutionnel, Abdelmadjid Tebboune illustre une présidence qui s’arroge le droit de remodeler les règles à sa convenance. Face à cette dérive, un Parlement défaillant, privé de toute autonomie, confirme son rôle d’institution docile plutôt que de véritable contre-pouvoir.

Eu égard des dérives autoritaires et du mépris souverain des textes fondamentaux du pays, qu’on ne s’étonne pas que Tebboune ne triture la Constitution pour avoir un 3e mandat.

« Pour l’avoir connu comme wali et ministre de Bouteflika, Tebboune était sans consistance et poigne se croit désormais investi d’une mission presque divine », glisse une ancienne connaissance du locataire d’El Mouradia. C’est dire !

Quelques jours à peine après la nomination d’un Premier ministre par intérim, un acte contraire à la constitution, la présidence et les instances dirigeantes du Parlement affichent un mépris assumé des délais constitutionnels. 

En effet, l’Algérie connaît une fois encore, une violation manifeste de sa Loi fondamentale :  l’ouverture de la session parlementaire 2025–2026, prévue par l’article 138 de la Constitution pour « le deuxième jour ouvrable du mois de septembre », n’aura pas lieu conformément au calendrier parlementaire convenu. 

Selon les déclarations du député Abdelwahab Yagoubi (MSP), aucune convocation officielle n’a été adressée aux députés à deux jours de l’échéance constitutionnelle, alors que des informations officieuses fixent la première séance plénière au 15 septembre.

Au-delà du simple retard, c’est le principe même du respect de la Constitution qui est une nouvelle fois mis en cause. Car la loi fondamentale ne laisse aucune marge d’interprétation : la session doit démarrer début septembre et durer dix mois. Retarder son ouverture pour des raisons de « cérémonial protocolaire » n’a aucun fondement juridique.

Un Parlement réduit à un médiocre décor

Dans ce contexte de dérives répétées, où le texte constitutionnel apparaît davantage comme une variable d’ajustement politique que comme une règle contraignante, les rares voix discordantes peinent à se faire entendre. L’opposition parlementaire, marginalisée, n’a qu’un écho limité, tandis qu’une majorité résignée semble avoir accepté la mise entre parenthèses du rôle du Parlement, renforçant ainsi l’image d’élus en « vacances permanentes », incapables d’exercer un véritable contrôle sur l’exécutif.

Dès lors, la question soulevée par ce nouvel ajournement dépasse largement le cadre juridique : qui, parmi les parlementaires des deux chambres, peut réellement s’émouvoir d’un tel dépassement quand l’institution n’a jamais assumé sa mission de contre-pouvoir ?

Dans un système où la verticalité de la décision s’impose à toutes les institutions, le report de l’ouverture de la session parlementaire illustre, plus clairement que jamais, le déclassement de l’Assemblée populaire nationale et du Conseil de la nation, réduits à un simple décor institutionnel.

Un signal ignoré

La dénonciation d’Abdelwahab Yagoubi a le mérite de rappeler que le respect de la Constitution ne saurait être une option. Mais peut-elle, à elle seule, réveiller des consciences politiques assoupies ? Rien n’est moins sûr. Car l’acceptation tacite de ces entorses répétées traduit la soumission d’une classe politique à un exécutif qui s’arroge le droit d’interpréter et de remodeler les règles du jeu à sa convenance.

Chaque jour qui passe conforte cette constante dans la pratique des présidents qui se sont succédé au pouvoir en Algérie : la Constitution demeure, plus que jamais, un texte de référence symbolique, rarement un cadre contraignant.

Sofiane Ayache

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Agen mobilisée pour la libération de Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie

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Banderole déployée par la ville d'Agen pour soutenir Christophe Gleizes détenu en Algérie.
Banderole déployée par la ville d'Agen pour soutenir Christophe Gleizes détenu en Algérie.

À Agen (commune du Sud-Oued de la France), la mobilisation pour le journaliste Christophe Gleizes, originaire de la ville, prend une forme visible et symbolique. Reporters sans frontières (RSF), avec le soutien de la Ville d’Agen et des élus de Boé, a déployé le 29 août une bâche géante sur la façade de la mairie, proclamant : “Agen pour la libération de Christophe Gleizes, journaliste sportif français condamné à 7 ans de prison”.

Christophe Gleizes, journaliste pigiste des médias So Foot et Society, a été arrêté en mai 2024 lors d’un reportage en Algérie. Aujourd’hui incarcéré à Tizi Ouzou et condamné à 7 ans de prison pour, entre autres, « apologie du terrorisme », il fait face à des accusations contestées d’“apologie du terrorisme” et de “possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national”.

Originaire du Sud-Ouest, Christophe conserve des attaches familiales à Agen et à Boé, où réside sa grand-mère. Ses parents, Sylvie et Francis Godard, saluent l’engagement des habitants et des élus : “Nous voulons le revoir très vite parmi nous.” RSF, en collaboration avec le groupe So Press et la famille, a lancé un comité de soutien regroupant des centaines de personnalités du monde de la culture, du sport et des médias, ainsi qu’une pétition qui compte déjà près de 20 000 signatures.

Après la bâche déployée en juillet sur le parcours du Tour de France, une bâche itinérante circulera dans les semaines à venir lors de plusieurs événements majeurs de la région, notamment sportifs, pour plaider la cause de Christophe Gleizes. Elle sera notamment visible le dimanche 31 août lors de “Nouvelles Confluences”, en présence de ses parents et avec le soutien des élus départementaux.

RSF insiste : “Le journalisme n’est pas un crime. Christophe Gleizes doit être libéré.”

Mourad Benyahia 

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Et si on lisait « Irina, un opéra russe », incontournable de la rentrée littéraire 2025

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Irina, un opéra russe
Irina, un opéra russe

La rentrée littéraire 2025 en France s’annonce sous le signe de la Russie et des passions intemporelles avec le nouveau roman d’Anouar Benmalek, « Irina, un opéra russe ».

Dès les premières pages, le lecteur est happé par la rencontre improbable entre Irina, soprano aux rêves de grandeur, et Walid, jeune étudiant franco-algérien en visite à Leningrad en 1978.

Devant l’entrée du musée de l’Ermitage, Irina lui demande son aide pour accéder à la « petite salle italienne » où se cache un Caravage mystérieux. Puis elle disparaît, laissant Walid épris et fasciné, lancé sur une quête qui traversera quarante années et des continents.

La force du roman réside dans la capacité de Benmalek à mêler romance intime et fresque historique. Walid tombe amoureux d’Irina Rostova, jeune chanteuse prometteuse, mais le destin décide de les séparer. Quarante ans plus tard, il revient à Saint-Pétersbourg dans l’espoir de retrouver son premier amour.

Entre-temps, Walid a traversé l’histoire : torturé par la police en Algérie, menacé par le terrorisme et contraint à l’exil en France. Ces épreuves, mêlées à ses souvenirs amoureux, nourrissent une réflexion sur le temps, la mémoire et la quête de bonheur.

Le roman s’ouvre sur des scènes d’opéra vibrantes où la musique devient langage de l’âme. Irina, sur scène, semble adresser à Walid un message unique : « J’ai tant de choses à te dire, ou plutôt, une seule, mais vaste comme la mer… » Ces phrases, simples et poétiques, condensent la profondeur du lien entre les deux personnages. Irina est présentée comme une femme ambitieuse, espiègle, et parfois audacieuse, capable d’humour et de réflexions philosophiques sur la réincarnation et le paradis. Walid, lui, oscille entre admiration, désir et mélancolie, conscient des obstacles à leur union et du titre de séjour qui approche de son terme.

Irina, un opéra russe ne se limite pas à une romance. Benmalek explore également les tragédies historiques du XXe siècle, en particulier la sombre période de l’URSS au Kazakhstan dans les années 1930, au travers de Vladimir, le grand-père d’Irina.

Les famines, les prisons, les exécutions clandestines du NKVD et la brutalité du pouvoir soviétique sont décrites avec un réalisme saisissant. Le roman juxtapose ainsi le fracas de l’histoire aux passions humaines, montrant comment le destin individuel se tisse au cœur des tragédies collectives.

La narration non linéaire est un autre trait distinctif du roman. Les allers-retours dans le temps, entre Leningrad des années 1980 et la Saint-Pétersbourg contemporaine, offrent une profondeur psychologique et une richesse émotionnelle uniques.

Certains personnages peuvent revenir dans le passé, changeant subtilement le cours de l’histoire, tandis que le lecteur navigue entre souvenirs, récits historiques et trajectoires imaginaires. Ce mélange de temporalités exige une attention soutenue, mais la puissance romanesque de l’histoire efface rapidement toute difficulté de lecture.

Saint-Pétersbourg, avec sa Neva glaciale, le Palais d’Hiver et ses monuments imposants, devient un personnage à part entière. La ville, immense et majestueuse, reflète l’intensité des émotions des protagonistes et la grandeur historique de la Russie. Benmalek parvient à conjuguer l’échelle intime et l’échelle historique, offrant au lecteur une immersion totale dans la cité et dans la mémoire des personnages.

En filigrane, le roman explore également la création littéraire de Walid adulte, devenu historien et écrivain. Entre fiction et réalité, ses livres retracent les tragédies et incohérences du monde arabe et tentent de donner un sens au chaos des sociétés humaines. Ces réflexions enrichissent le roman et montrent comment la littérature peut devenir un outil pour appréhender le hasard et l’injustice, tout en offrant une consolation face aux épreuves de l’existence.

Avec « Irina, un opéra russe », Anouar Benmalek signe une œuvre où romance, musique et histoire se rencontrent dans un style poétique et puissant. Les lecteurs amateurs de grands romans russes, d’émotions intenses et de fresques historiques y trouveront matière à voyager et à réfléchir sur l’amour, le temps et la mémoire.

Djamal Guettala

Mini-biographie

Né à Casablanca d’une mère marocaine et d’un père algérien, Anouar Benmalek est diplômé en mathématiques et titulaire d’un doctorat d’État en probabilités et statistiques soutenu à Kiev. Professeur universitaire et chroniqueur journalistique, il a participé à des reportages dans le Moyen-Orient en guerre et a été membre fondateur du Comité algérien contre la torture. Auteur de nombreux romans, il a exploré des thèmes difficiles tels que la Shoah et le génocide des Héréros et des Namas, et a parfois suscité des appels au meurtre pour ses œuvres. Son écriture mêle rigueur intellectuelle, sensibilité littéraire et engagement historique.

Irina, un opéra russe / Anouar Benmalek
Emmanuelle Collas éditions août 2025

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Christophe Gleizes : ses parents appellent à ne pas faire de leur fils un enjeu politique

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Christophe Gleizes
Christophe Gleizes condamné à 7 ans de prison ferme

La famille du journaliste sportif français Christophe Gleizes, condamné en juin dernier à sept ans de prison par le tribunal criminel de Tizi Ouzou, continue de dénoncer ce qu’elle considère comme une affaire injuste et disproportionnée. Selon un entretien accordé à l’Agence France-Presse (AFP), ses parents estiment que leur fils est devenu une victime collatérale des tensions entre la France et l’Algérie.

Arrêté le 28 mai 2024 alors qu’il couvrait les activités de la Jeunesse sportive de Kabylie, Gleizes a été inculpé de « promotion du terrorisme » et de « détention de publications portant atteinte à l’intérêt national ». Le verdict prononcé en juin 2025 a suscité une vive émotion en France, notamment parmi les organisations de journalistes et de défense de la liberté de la presse. Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé une « décision démesurée » et l’utilisation « abusive » de la législation antiterroriste contre un journaliste en exercice.

Sylvie et Francis Godard ont pu rendre visite à leur fils à deux reprises au centre pénitentiaire de Tizi Ouzou entre le 11 et le 22 août, une autorisation exceptionnelle accordée par les autorités algériennes. « La première fois que je l’ai vu, le 12 août, j’ai eu un choc en découvrant son crâne rasé. Je ne l’avais jamais vu ainsi. Mais il est en bonne santé, et il fait beaucoup de sport pour garder l’esprit clair », raconte sa mère.

Ces visites, limitées à une demi-heure chacune, se sont déroulées derrière une vitre, avec un simple combiné téléphonique pour communiquer. « Nous avons tout fait pour lui transmettre les messages de la famille, des amis et des collègues, ainsi que ceux du comité de soutien animé par RSF », précise Sylvie Godard.

Pour son père, Francis, la sévérité de la condamnation s’explique par un contexte politique tendu : « Les accusations sont absurdes. La seule explication, c’est que Christophe est pris dans les crispations actuelles entre la France et l’Algérie. »

Les proches insistent sur la distinction entre l’affaire de Christophe Gleizes et d’autres dossiers récents, comme celui de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l’unité nationale ». « Tous deux méritent d’être libres, mais ce sont des affaires distinctes », souligne Francis Godard.

En France, la condamnation a suscité un large mouvement de solidarité. Des collectifs de journalistes et des organisations internationales de défense de la presse ont multiplié les appels en faveur de sa libération. Pour ses parents, cette mobilisation est essentielle afin que le cas de leur fils ne soit pas réduit à un simple enjeu diplomatique.

Dans l’attente du procès en appel prévu à l’automne, Christophe Gleizes reste détenu dans un isolement que ses parents jugent préoccupant. « Il garde le moral, mais il se sent totalement coupé du monde », confie sa mère. Chaque visite, trop brève selon elle, laisse la famille avec la peur de longues semaines d’absence avant de pouvoir le revoir.

Au-delà de l’inquiétude, Sylvie et Francis Godard rappellent que leur fils est avant tout un journaliste. « Il doit être jugé sur son travail et non utilisé comme instrument dans un bras de fer politique entre deux pays », martèlent-ils.

Il est utile de rappeler ici qu’il y a près de 250 prisonniers d’opinion en Algérie.

Avec AFP

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« Le pouvoir est au bout du fusil »

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Char
Image par shauking de Pixabay

Dans les années qui suivirent l’effondrement du bloc soviétique, la presse se fit l’écho de quelques propos de commentateurs,  analystes, journalistes voire hommes politiques exprimant une certaine nostalgie du temps de la guerre froide.

Celle-ci représentant, certes avec ses tensions ou frictions, une époque où la scène mondiale était parfaitement décodable, prévisible et encadrée par une grammaire des relations internationales totalement maîtrisée par les deux Grands qui avaient su construire une architecture de la sécurité internationale compatible avec une course aux armements contrôlée par des accords et des traités qui évitaient les excès, entretenaient la confiance et permettaient de justifier de sa bonne foi.

Lors de la rencontre entre Poutine et Trump sur le sol de l’Alaska – qui s’est plutôt soldée par un échec pour amorcer un retour à la paix en Ukraine, mais par un succès de réhabilitation diplomatique pour Poutine – on assista à une petite provocation diplomatique de la part de Sergueï Lavroff. Le ministre des affaires étrangères russe afficha ostensiblement un tricot bariolé du sigle CCCP (acronyme en cyrillique de l’ex-Union soviétique), façon de rappeler le bon temps où les deux pays régentaient et contrôlaient le monde à eux seuls sans avoir à se soucier d’autres puissances. La délégation américaine n’a pas pipé mot, façon de faire savoir qu’elle aussi adhérait à l’idée que c’était le bon temps. Nostalgie partagée si l’on en croit le succès vestimentaire de ce tricot en Russie et bien au-delà.

À l’époque de la guerre froide, l’idée dominait que tout conflit, à l’âge nucléaire, était devenu impossible entre grandes puissances nucléaires, car ne pouvant aboutir qu’à une destruction mutuelle, mais qu’il restait possible de grignoter des influences dans le reste du monde.

C’est ainsi qu’on vît surgir les concepts de « stratégie oblique » ou de « conflit de basse intensité » pour déstabiliser tel ou tel pays et y planter un drapeau pensant faire avancer ou reculer la révolution mondiale. Le Tiers monde en fut le principal terrain. La zone de l’affrontement s’était déplacée.

À partir des années 90, la multiplication des conflits devint manifeste et surtout se rapprocha des pays du centre notamment avec la guerre de l’Otan contre la Serbie, lui arrachant le Kosovo.

Les États-Unis s’en prirent à l’Irak, divisant l’Otan et l’Europe. Aujourd’hui deux conflits mondialisés, au cœur de l’Europe et au Moyen-Orient traversent la planète autour de polarisations différentes et mettent à mal la liaison transatlantique. On ne parle plus de « stratégie oblique » ou de « conflit de basse intensité », mais de « guerre hybride ». Ce qui signifie que ce sont des grandes puissances qui s’affrontent mais par des moyens non-militaires dont l’éventail est infini de la cyber-attaque  à la désinformation en passant par le sabotage ou la déstabilisation politique.

Mais la conflictualité n’a pas baissé, bien au contraire. Les armements se modernisent et changent les réalités de la guerre qui devient un champ d’expérimentation en temps réel permettant aux États-majors de s’adapter en continu. Les destructions s’accroissent, plus vite que le nombre de morts dont les tristes records (Shoah et massacre des Tutsis) n’ont pas forcément mobilisé les armes les plus performantes.

La guerre civile du Rwanda, avec de simples machettes, armes de poing et grenades a pu faire 800.000 victimes en trois mois. Malgré leur horreur les guerres d’Ukraine et de Gaza, n’ont pas atteint un tel chiffre en trois ans.

Selon l’International Crisis Group, une douzaine de conflits seraient aujourd’hui en cours, prenant plusieurs visages. Le Sipri, lui en dénombre une cinquantaine dont quatre majeurs par l’importance des morts générés : les guerres civiles au Myanmar et au Soudan, les guerres entre Israël et le Hamas et entre la Russie et l’Ukraine. Les deux dernières sont déjà largement mondialisées.

Faut-il s’étonner si D. Trump s’attribue le mérite d’en avoir résolu six, se comportant chaque fois en prédateurs à la recherche de ressources ou de contrats léonins. On peut en douter. Mais ce qui est révélateur c’est que le choix de ce créneau médiatique rencontre une préoccupation grandissante qui travaille les populations, nourries tout à la fois d’un mélange de crainte et d’aspiration à la paix.

Cette conflictualité croissante s’accompagne d’un développement des Sociétés Militaires Privées (SMP), phénomène qui gangrène la planète et participe à l’embauche de mercenaires – aujourd’hui appelés contractors, ce qui fait plus chic – qui s’organise au travers de réseaux internationaux de recrutement en marge de la légalité.

Ces forces participent à l’accompagnement d’armées régulières qu’elles évitent de déployer, permettent de réduire le coût politique ou diplomatique d’une intervention, d’en garantir même le déni, et assurent des fonctions d’entraînement voire d’engagements directs. Les activités auparavant plutôt honteuses – comme marchands de canons – deviennent aujourd’hui des pratiques valorisées, encouragées, de même que la production massive d’armements.

Le monde semble prêt pour un nouveau paradigme, celui d’un chaos généralisé. Face à ce scénario un indice qui pourrait faire sourire est révélateur, celui de l’essor des ventes de bunkers ou d’abris en kit. Cette violence globalisée s’accompagne d’un même phénomène qui traverse nos sociétés, c’est celui que l’on désigne désormais sous le terme de violence désinhibée qui marque de nouvelles générations et qui est la marque de la prolifération de l’économie maffieuse se nourrissant de tous les trafics et n’hésitant pas à franchir de nouveaux paliers dans la recherche de gains rapides.

La contrepartie se traduit par une économie massive de la corruption et un recul de la fonction protectrice de l’État. L’ONU confirme que la criminalité organisée et la violence des bandes criminelles font plus de victimes que les conflits armés, les pays du sud étant plus fortement atteints.

Les conflits qui traversent le monde présentent un trait commun largement partagé. Ils piétinent le droit international et le droit international humanitaire qui se sont littéralement effondrés devant les formes prises par les deux conflits majeurs en cours, entre Israël et les Palestiniens ou celui qui oppose Russie et Otan sur le territoire ukrainien.

Ces deux conflits qui semblent loin d’être terminés, sans compromis à portée de mains, confirment cet effondrement qui en vient même à être théorisé par l’usage du concept flou de guerre préventive qui supplante désormais celui de légitime défense parfaitement codifié celui-là. On nom de ce principe il devient possible de déclencher une guerre en alléguant que l’on se sentait menacé. La « guerre des douze jours » déclenchée par Israël appuyé par les États-Unis contre l’Iran le fut au nom de ce principe entériné par la France sous le label  juridiquement inexistant de « droit de se défendre ».

Les instances juridiques internationales comme la Cour pénale internationale (CPI) qui juge les hommes ou la Cour internationale de justice (CIJ) qui juge les États et dont le rôle est de révéler les multiples et graves violations du droit, toutes deux saisies non sans courage par certains États, se sont exprimées avec vigueur et netteté. Aujourd’hui elles sont l’objet d’une vindicte suscitée pas les États-Unis qui s’en prennent personnellement aux dirigeants de ces institutions. Défendre ce dernier filet de sécurité est une urgence absolue.

Cette violence désinhibitrice qui parcourt la planète et nos sociétés nous rappelle qu’après la Longue marche Mao affirmait en 1938 que « le pouvoir est au bout du fusil ». Le propos reste vrai et a été maintes fois illustré du Vietnam à l’Afghanistan en passant par le Sahel, le Moyen-Orient ou l’Ukraine. Mais il nuançait son propos en ajoutant « le parti commande aux fusils ». La première remarque reste vraie. Il n’est pas certain que la seconde le soit encore.

Michel Rogalski

Directeur de la revue Recherches internationales

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourd’hui, les enjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.

Site : http://www.recherches-internationales.fr/ 

https://shs.cairn.info/revue-recherches-internationales?lang=fr

Mail : recherinter@paul-langevin.fr 6, av. Mathurin Moreau; 75167 Paris Cedex 19

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Sale comme un pays en plastique !

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Saleté partout
La saleté partout !

Le pays est sale. Sale au point de nous noyer en chœur dans des égouts. Comme un funeste destin d’un peuple qui plonge, englouti par ce qu’il a lui-même produit, rejeté et refusé d’assumer. Sale à asphyxier le ciel de plastique et à boire le choléra à grands flots.

Le pays est malade, infecté par ceux qui l’habitent. Ils l’empoisonnent, le torturent, se vengent de sa terre et de sa mer qui les empêchent de fuir. On lui inocule nos rages et immondicités jusqu’à la septicémie. Et on y sédimente les strates d’un mal-être infini qui nous ronge collectivement. Tel un marqueur laissé aux archéologues du futur d’une société qui s’est éteinte, étouffée par ses incuries et ordures.

Toi, tu sais que les pourtours des immeubles sont des dépotoirs pour des mains déprimées, incapables de prendre l’escalier et d’accompagner une simple poubelle du soir. Tu sais que dans le noir, le rustre voisin catapulte son sac d’ordures par la fenêtre. Tu l’as vu nourrir les rats qui vivent leur âge d’or dans l’opulence des déchetteries sauvages qui s’étendent le long des villes et douars-carcasses. Tu as vu le mioche balancer le « zbel » dans le ravin. Tu as vu le transporteur renverser son contenu sur le sentier de la forêt qui menait autrefois aux caves du colon.

Mais tu ne dis rien ! Pas parce que tu ne vois pas, mais parce que tu l’as peut-être, toi-même, déjà fait. Ou un proche parent ? Et tu leur trouves des excuses : c’est loin, c’est fatigant, c’est la faute à l’État. La vérité, c’est que tu ne dis rien parce que tu t’en accommodes. L’odeur ne te répugne plus. Les rats font partie du village et les sangliers, des populations domestiques. La banalisation du crime propage le crime. Après tout, c’est le travail de la mairie, du wali, du président ? Le boulot des camions rouillés du douar, de ramasser ce que tu as partout semé et refuses de voir !

Presque personne ne se demande où vont les camions chargés de rats et de matières putrides ? Où stockent-ils autant de fiel ? Sachant que les ordures sont partout et qu’elles ont depuis longtemps dépassé les capacités de résilience du pays. Oui, il existe des aires de stockage dédiées aux déversements de déchets dans chaque ville, qui attendent d’être brûlés à l’air libre. Du plastique aux ordures ménagères, en passant par les huiles industrielles et les pneus : tout brûle, oui, mais ruisselle, percole et se transforme… en poison !

Les nappes phréatiques, les sources, les ruisseaux, les puits, l’eau que tu bois et qui irrigue tes fruits et légumes se chargent de matières dangereuses, de métaux lourds et de polluants éternels. Les champs, le ciel, l’air que tu respires : tout te revient comme un écho d’une mort lente et certaine. Un boomerang d’une pollution assumée, chargée de métastases.

La saleté a dévoré les creux et les bosses, les arbres et les oueds. Tu ne réagis plus parce que tu es un complice sous hypnose d’une incroyable réalité. Dévitalisé par l’ampleur du désastre ou de ton ignorance. C’est l’immondicité qui a eu raison de ta raison, de ta clairvoyance !

Jeter et se cacher derrière une porte en fer en imputant la responsabilité uniquement à l’État, uniquement au voisin. Se cacher en croyant que les portes tiennent éloigné l’air pollué et l’eau que boivent tes enfants. Derrière les barreaux, incarcéré des deux bords. Prisonnier de ton inaction et de tes non-choix.

Que faire ? Des gestes simples et urgents : arrêter l'usage du plastique. Chacun de son côté. Refuser les sacs assassins. Ne prendre que le bon vieux couffin comme seul compagnon de courses. Réduire l'usage des emballages. Acheter en vrac, c'est plus propre et économique. Éviter les bouteilles en plastique, les boissons gazeuses, les jus en Tetra Pak. La nature vous dira merci et votre foie aussi. Le but est de produire moins de déchets pour en retrouver moins dans la nature. Et puis, ne sortir sa poubelle que le jour du ramassage pour que les animaux n'en fassent plus leur festin.

Bien sûr, l’État doit jouer son plein rôle, il est le premier responsable de cette bouillabaisse nauséabonde. Personne ne dira le contraire. Mais ça ne décharge aucunement le citoyen de ses responsabilités.

L’État doit prendre des mesures de consignation des bouteilles, canettes, pots, boîtes (plastiques ou autres) pour que l’usager trouve son compte à ramasser et à recycler. Et puis, sévir, sévèrement. Amendes lourdes et peines pour les récidivistes. Salir doit devenir un délit majeur. Les eaux usées doivent être assainies. Des contrôles rigoureux sur les rejets toxiques des usines selon le principe du pollueur-payeur. Ne pas hésiter à dénoncer. L’exemple du Rwanda, qui est passé en une décennie d’un pays infecte en décombres au plus propre d’Afrique. Un autre monde est possible. Un monde oû chaque citoyen est un gardien du temple.

Pierre Rabhi a rendu célèbre la philosophie du colibri qui essayait d’éteindre le feu de forêt avec l’eau dans son bec. Ça paraît dérisoire, mais au moins, lui, il a essayé, alors que tous les grands animaux de la forêt prenaient la fuite. Soyez tous colibris, nettoyez le pays!

K. H

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Le jeune au t-shirt rouge : symbole d’une Algérie désespérée

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Harraga
Des harragas algériens qui fuient le pays.

Il y a des images qui frappent comme des sentences, qui bouleversent comme des tragédies antiques, et qui valent à elles seules toutes les analyses. Cette vidéo qui circule sur les réseaux sociaux en est une.

On y voit un groupe de jeunes, embarqués dans une traversée clandestine vers l’Espagne. Leur barque, ballotée par la Méditerranée, est poursuivie par la marine qui s’approche comme une fatalité. Alors, dans un geste désespéré, les jeunes plongent pour rejoindre l’embarcation. Tous parviennent à grimper à bord, sauf un. Celui que l’on appellera désormais le jeune au t-shirt rouge.

Lui reste seul, suspendu à son destin. On le voit battre les vagues, se débattre avec la mer et avec la peur. Ses bras frappent l’eau comme des prières muettes, son regard accroche désespérément le radeau, sa seule arche de survie, tandis que derrière lui les gardes-côtes se rapprochent inexorablement. La mer devient son juge et son tombeau possible. Le monde semble retenir son souffle.

Puis, dans une fulgurance, une main fraternelle surgit : celle d’un ami qui, d’un geste incroyable, l’agrippe et l’arrache à l’abîme. Il est sauvé. Mais sauvé pour quoi ? Pour l’exil, pour la fuite, pour remercier Dieu non pas d’avoir survécu à l’Algérie, mais d’avoir réussi à la quitter. Voilà la tragédie : une patrie que l’on remercie non pour ce qu’elle donne, mais pour ce qu’on parvient à lui échapper.

Tout est dit dans cette scène : l’Algérie ne retient plus ses enfants que par la peur et le désespoir. Le jeune au t-shirt rouge est devenu le symbole de millions d’autres, de cette jeunesse brisée qui préfère affronter la mort en mer plutôt que l’asphyxie dans son propre pays. Il n’est pas un naufragé de la mer, il est le naufragé d’un régime.

Un régime qui, depuis des décennies, multiplie les discours triomphalistes, promet des réformes, des relances, des lendemains meilleurs, et qui ne livre que chômage, stagnation, misère et corruption endémique. Un régime qui a trahi les rêves des martyrs en transformant une terre libérée en prison à ciel ouvert.

Car l’Algérie n’est pas pauvre. Elle est immensément riche. Mais ses richesses sont confisquées, détournées, dilapidées par une caste vorace qui ne pense qu’à ses privilèges et à sa survie. Pendant que les palais des élites s’illuminent, les foyers de la jeunesse s’assombrissent.

Pendant que le pouvoir gonfle ses bilans mensongers, les jeunes se jettent à la mer. Chaque harraga est un vote de défiance, chaque barque qui quitte nos côtes est un référendum silencieux : « nous n’avons plus foi en vous ». Et chaque noyade est une condamnation morale qui colle au front de ceux qui gouvernent.

Le jeune au t-shirt rouge a été sauvé par la main d’un ami. Mais qui sauvera l’Algérie ? Qui tendra sa main à ce pays pour l’arracher à l’abîme où ses propres dirigeants l’ont jeté ? Car l’Algérie n’a pas besoin de slogans ni de commémorations creuses, elle n’a pas besoin de promesses répétées et jamais tenues, elle a besoin d’un État qui cesse de sacrifier ses enfants pour protéger ses tyrans.

Aujourd’hui, le régime ne gouverne pas : il retarde l’inévitable. Et l’inévitable, c’est l’explosion d’une jeunesse à qui l’on a volé ses rêves. Car lorsque le désespoir devient plus fort que la peur, aucune barrière, aucun navire, aucun mur ne peut contenir la fuite.

Le jeune au t-shirt rouge n’est pas une anecdote. Il est une sentence. Il est Sisyphe des temps modernes, condamné à porter le fardeau de l’exil. Il est le miroir de toute une génération sacrifiée. Il est la preuve vivante que l’Algérie se fuit elle-même. Et tant que le régime s’accrochera à ses mensonges, d’autres silhouettes plongeront, nageront, disparaîtront dans les vagues.

Un pays qui voit ses enfants partir ainsi n’est plus une patrie, c’est un tombeau. L’histoire jugera. Et dans ce jugement, l’image du jeune au t-shirt rouge flottera à jamais comme un réquisitoire contre un régime qui, au lieu de bâtir une nation, a choisi de dévorer ses enfants.

Hassina Rebiane

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