Sadio Mané et le Sénégal ont arraché la coupe d'Afrique.
Le lecteur ne doit pas être offusqué par ce qui serait irrespectueux ou raciste, c’est bien le contraire, un souvenir de tendresse. Siniguel, c’était dans la bouche de nos grands-parents que nous l’entendions. Siniguel pour Sénégal, Kaldoun pour la nouvelle Calédonie, Bèrissse pour Paris et bien d’autres.
C’était les noms de pays si lointains qui ne pouvaient être reconnus que par la sonorité et la phonétique orale, bien de chez nous.
Le Siniguel a gagné la Coupe Africaine des Nations et je me souviens curieusement à ce moment précis de l’expression la plus exotique que j’avais entendu dans l’enfance, les tirailleurs siniguelis.
On les voyait dans nos livres d’histoire ou dans les boîtes de biscuits. C’était la représentation de la fierté dans le visage, celui qui allait, la fleur au fusil, vers le destin de la chair à canon. Le regard haut, l’arme droite et l’habit qui illuminait leur passage.
In-dou, in-dou… ! Disaient-ils pour le pas cadencé de la parade militaire. Ils avaient eux aussi des grands-parents qui disaient « in-dou » dans presque le même accent que les nôtres. L’uniformité coloniale, c’était le in-dou qui menait vers la guerre en chantant.
Mais dimanche soir, cette légion étrangère si caricaturée et envoyée à la mort par le passé avait le visage et le chant de la victoire. Ils se sont battus comme l’emblème de leur équipe, « Les lions de Teranga ». On a le Fennec, ils ont le lion, les français ont le coq et ainsi de suite.
Mais je vais l’avouer humblement, je ne connaissais pas cette dénomination et je l’ai recherchée pour connaître l’animal représentant l’équipe nationale, car il y en a presque toujours un. Il est également dans les armoiries du pays du Siniguel.
Le lion, pas très original, le symbole de la force qui est présent dans un grand nombre de pays. C’est le qualificatif qui les individualise, Les indomptables pour le Cameroun, de la Chinquilla pour la Guinée équatoriale, The Three lions pour l’Angleterre, les Lions rouges pour le Luxembourg (a-t-on jamais vu la savane dans ce pays ?) et ainsi de suite dans beaucoup de parties du monde.
Hier, ce sont Les Lions de l’Atlas, l’emblème de l’équipe marocaine qui ont été battus par les Lions de la Teranga. C’est ainsi que cet opium du peuple ne peut se passer de revendiquer les massacres des stades romains. Aucune équipe n’a jamais pensé se dénommer « Les féroces Chihuahua ». La honte !
C’est dans la seconde partie du nom que mon esprit a été marqué et qui justifie ma chronique d’aujourd’hui. J’apprends par la même recherche que Teranga signifie « Hospitalité » en wolof (l’une des langues dominantes de cette région de l’Afrique).
En quelque sorte « tu es le bienvenu mais regarde mes dents si tu oses me défier ». Le comique dans cette histoire était que ce sont à eux que le Maroc avait souhaité la bienvenue en tant que pays hôte.
La prochaine fois, je ferai gaffe de ne pas dire bienvenu à nos invités à la maison. C’est dangereux !
Ils ont sifflé, ils ont vociféré, ils ont crié au scandale de l’arbitrage et en tiendront rancune jusqu’au prochain spectacle de Rome. Nous, nous avions essayé dans ce papier de lier un tout petit bout de connaissance et de souvenir affectueux mêlés avec de l’humour.
C’est ce qui nous préserve de l’inculture des hurleurs des stades.
Derrière les projecteurs de la Coupe d’Afrique des nations et l’ivresse de la victoire se cache une réalité plus amère. Le football, dernier espace de reconnaissance symbolique pour un continent marginalisé sur la scène internationale, semble à son tour gagné par les logiques de domination, de division et de manipulation. Une réflexion sur un sport qui, à force de vouloir gagner, risque de perdre son âme.
Sur la scène internationale, les pays africains disposent rarement d’un véritable pouvoir politique. Marginalisés dans les grandes décisions mondiales et soumis à des rapports de force dictés par les puissances dominantes, ils peinent à faire entendre leur voix sur des questions pourtant vitales. L’actualité récente, marquée par des bombardements touchant depuis plus de deux ans les populations palestiniennes les plus vulnérables, en offre une illustration tragique. Elle rappelle le poids écrasant des rapports de force internationaux, ainsi que la quasi-inexistence de la voix africaine dans ces débats majeurs.
Pourtant, il existe un espace où l’Afrique parvient encore à exister, à s’exprimer et à s’affirmer : le football. Sport le plus populaire au monde, souvent perçu comme un opium social, notamment pour les populations les plus défavorisées, il offre au continent une rare tribune de visibilité et de reconnaissance internationales.
En Afrique, le football dépasse largement le simple cadre du jeu. Il incarne une source de fierté, un moyen d’exister aux yeux du monde, un pouvoir symbolique précieux dans un contexte où les autres formes de pouvoir font largement défaut.
Mais ce pouvoir, même symbolique, comporte ses propres dangers. Car, paradoxalement, dans cet espace qui devrait incarner la fraternité et l’unité continentale, on observe aujourd’hui la reproduction des mêmes logiques de domination, de division et de confrontation qui caractérisent les rapports de force mondiaux. Privés de pouvoir réel sur la scène internationale, les Africains semblent parfois reproduire entre eux, dans l’arène footballistique, les schémas dont ils sont pourtant les premières victimes ailleurs.
La récente Coupe d’Afrique des nations, organisée au Maroc, en a offert une illustration préoccupante. Loin de l’image d’une fête du football africain uni et solidaire, elle a révélé des fractures profondes, amplifiées par les réseaux sociaux et nourries par une obsession du résultat qui semble avoir relégué l’essentiel au second plan : les valeurs qui font du football un langage universel.
Gagner sur le terrain, c’est exister aux yeux du monde, mais aussi aux yeux de son voisin. Or ce pouvoir symbolique, précisément parce qu’il est l’un des rares dont dispose l’Afrique, devient l’objet d’une compétition féroce qui en dénature le sens. Ce sport, censé être un espace neutre, au-dessus des clivages idéologiques et des luttes d’influence, se trouve contaminé par des logiques de domination, de calcul, de manipulation et parfois de mensonge. Ce qui devait rester un jeu devient alors un enjeu de pouvoir.
La CAN : entre spectacle et dérives
La Coupe d’Afrique des nations, notamment lors de son édition organisée au Maroc, en a offert une illustration frappante. Ce grand rendez-vous continental, au-delà du spectacle et de l’engouement populaire, a parfois laissé transparaître une réalité plus préoccupante. La pression de gagner cette compétition devient plus que jamais extrême. Lorsque l’objectif du trophée écrase tout le reste, certaines attitudes refont inévitablement surface.
Le football africain, malgré son immense talent et sa richesse humaine, peine encore, et peut-être plus que jamais, à se libérer de réflexes persistants : le soupçon permanent, la contestation excessive et la volonté d’imposer un résultat par tous les moyens. À cela s’ajoute le soutien aveugle à une équipe, souvent au détriment d’une fraternité continentale, voire d’une appartenance religieuse ou humaine plus large, pourtant censée être fédératrice.
L’ère des réseaux sociaux : amplificateur de divisions
Cette problématique s’est intensifiée à l’ère des réseaux sociaux, où chaque match, chaque décision arbitrale, chaque geste d’un joueur est immédiatement commenté, interprété et amplifié. Les supporters de différentes équipes s’y affrontent dans des débats incessants, alimentant des polémiques sur des « lives » numériques où les discussions, initialement centrées sur le football, dérivent rapidement vers des prises de position politiques souvent extrêmes.
La nouveauté tient au fait que ces polémiques rassemblent, par une forme de fraternité numérique, des individus qui ne regardent parfois même pas les matchs et qui, pourtant très éloignés des terrains de football, se sentent concernés et y ajoutent souvent une dose de venin. Le football devient alors un simple prétexte à l’existence sociale, bien plus qu’un véritable espace d’échange autour du jeu lui-même.
Dans cet espace virtuel, l’existence semble désormais se définir par le commentaire permanent et par la prise de position immédiate, souvent martiale.
Une manière, pour beaucoup, d’échapper à l’ennui quotidien dans leurs pays respectifs et de s’inscrire dans un débat continu, sans véritable fin. Le tout est largement façonné par des algorithmes dont les logiques et les intentions, volontairement opaques, sont laissées à l’appréciation du lecteur.
La désinformation, les fake news, la médisance sociale et les insultes s’imposent alors comme des armes ordinaires du débat, parfois attisées par certains acteurs médiatiques, largement rémunérés, qui alimentent ces dérives à des fins de visibilité et de buzz.
La perte des valeurs fondamentales
Comme le résumait déjà Jules César, il suffisait de « donner du pain et des jeux » pour apaiser les foules. Ce principe, pensé à l’origine pour calmer les tensions sociales, s’est profondément transformé avec le temps. Aujourd’hui, il ne sert plus seulement à apaiser, mais parfois à fragmenter, à ériger des barrières symboliques et à empêcher une union réelle entre les peuples, une union pourtant plus que jamais vitale dans un contexte international où les puissants cherchent la moindre brèche pour perpétuer le désordre et imposer leur influence.
À force de dérives, le football africain semble avoir perdu, plus encore à l’ère du numérique, le sens même de son existence. Il a oublié ses valeurs fondamentales : la fraternité entre les peuples, le respect de l’adversaire, l’équité, le fair-play, l’humilité dans la victoire comme dans la défaite, la solidarité et la joie du jeu partagé. Ces principes, qui faisaient du football un langage universel, sont aujourd’hui relégués au second plan, écrasés par l’obsession du résultat et de la polémique.
Plus grave encore, certaines postures observées rappellent dangereusement des comportements autoritaires. Sans disposer d’un véritable pouvoir politique ou économique, certains acteurs, organisateurs, joueurs, arbitres ou spectateurs, reproduisent dans le cadre sportif les mêmes schémas que ceux observés ailleurs : refus de la contradiction, volonté d’imposer sa vérité au détriment des règles du jeu, obsession du contrôle et du résultat, quitte à avoir raison même lorsque tout indique le contraire.
La Coupe d’Afrique devient alors, par endroits, une imitation inquiétante du pouvoir, un simulacre de domination, même sans puissance réelle.
On assiste ainsi, peut-être pour la première fois, à une Coupe d’Afrique sans âme, sans repères clairs, sans véritable boussole morale. Une compétition où gagner semble tout justifier. Une Coupe d’Afrique qui, à force de s’éloigner de son esprit initial, finit par interroger sa propre légitimité : peut-on encore parler de fête du football lorsque les valeurs disparaissent ?
La Coupe d’Afrique ne devrait pas être cela. Elle ne devrait pas exister à ce prix-là. Car un football sans valeurs n’est plus qu’un spectacle vide, un théâtre de frustrations et de tensions, reflet des failles que l’on refuse d’affronter collectivement. Tant que la victoire primera sur l’éthique, tant que le trophée vaudra plus que l’esprit du jeu et de la fraternité, le football africain continuera de se trahir lui-même, fragilisé davantage encore par les réseaux sociaux et les logiques algorithmiques.
Finalement, la question demeure lourde et inquiétante : gagner la Coupe d’Afrique, à quel prix ? Car derrière une équipe victorieuse en finale, c’est parfois tout un continent fort d’un milliard et demi d’âmes, déjà éprouvé par de profondes difficultés économiques et sociales, qui semble s’éloigner un peu plus de ce qui faisait sa force : le sens collectif, les valeurs de fraternité et l’unité. Une alerte silencieuse, qui dépasse largement le cadre du football et interroge l’avenir même du vivre-ensemble africain.
Nabil Mati Enseignant à l’Université de Paris Formé à l’EHESS (École doctorale), en anthropologie
« Rien n’est exclu et ça aboutira demain », a promis la porte-parole du gouvernement, dimanche sur franceinfo. Tout s’accélère donc.
L’issue des débats sur le budget se rapproche chaque jour un peu plus. Un Conseil des ministres se tiendra lundi 19 janvier « dans la journée » et devrait permettre au Premier ministre, Sébastien Lecornu, de choisir l’outil constitutionnel à utiliser pour faire aboutir le budget pour 2026, a annoncé dimanche sur franceinfo Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement.
Entre l’article 49.3 et l’ordonnance budgétaire, « rien n’est exclu et ça aboutira demain« , a promis l’intéressée, annonçant la tenue d’un Conseil des ministres. « Ce sera à ce moment-là que nous aurons l’occasion d’annoncer » l’outil retenu, a-t-elle ajouté. Sébastien Lecornu se positionnera « en fonction des discussions de ce week-end, et particulièrement celles avec le Sénat, notamment sur les collectivités territoriales », avait déjà appris franceinfo dimanche auprès de l’entourage du Premier ministre.
Sébastien Lecornu écrit aux chefs d’entreprise
La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, l’un des points-clé du débat budgétaire, rapportera « environ huit milliards » d’euros dans la version finale du budget 2026 que le gouvernement s’apprête à proposer, a par ailleurs fait savoir la porte-parole du gouvernement. Ce dispositif, qui devait avoir un rendement de 4 milliards d’euros dans la version initiale du budget gouvernemental, rapportera finalement autant qu’en 2025 et aura « le même barème », a-t-elle ajouté, assurant néanmoins que les entreprises de taille intermédiaire (ETI) en seront exemptées. Il s’agissait de l’une des principales demandes du Parti socialiste, qui envisage de ne pas censurer le gouvernement dans les prochains jours.
En revanche, la nouvelle risque d’être moins bien accueillie par les entreprises, qui plaidaient en faveur d’un allègement de leur fiscalité. Sébastien Lecornu leur a écrit une lettre, qu’il a ensuite dévoilée sur X, expliquant notamment qu’il avait dû « malheureusement » renoncer à la baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), une revendication forte des entrepreneurs. Il les a néanmoins rassurées sur sa volonté de répondre à leurs demandes à l’avenir.
Victimes de l'armée française en Algérie. Crédit photo : DR
Intervenant lors des Rencontres nationales organisées samedi 17 janvier 2026 à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), Ségolène Royal, récemment élue présidente de l’Association France-Algérie (AFA), a appelé à un changement de paradigme dans la relation franco-algérienne.
Une relation bilatérale enfermée dans les non-dits
D’emblée, l’ancienne ministre française a dressé un constat critique de l’état des relations entre Paris et Alger, régulièrement traversées par des crises diplomatiques liées aux questions mémorielles, migratoires ou régionales. Selon elle, l’absence d’une parole politique claire sur le passé colonial contribue à entretenir une relation instable, instrumentalisée au gré des agendas internes français.
Ségolène Royal a dénoncé l’usage récurrent de la question algérienne comme levier de débat politicien, estimant que cette posture empêche toute avancée durable. Elle a notamment rejeté l’expression de « rente mémorielle », qu’elle juge réductrice et offensante à l’égard des souffrances engendrées par la colonisation.
Reconnaître les crimes coloniaux comme préalable politique
L’axe central de son intervention a porté sur la reconnaissance explicite des crimes coloniaux commis par la France en Algérie. Citant Aimé Césaire, elle a qualifié la colonisation d’« entreprise d’ensauvagement » et plaidé pour des excuses officielles de l’État français, estimant qu’un tel geste constituerait non pas une concession, mais un acte de responsabilité politique.
Pour Ségolène Royal, cette reconnaissance est une condition indispensable pour sortir de l’impasse mémorielle : « Sans vérité clairement assumée, aucune relation apaisée et équilibrée ne peut se construire », a-t-elle affirmé, soulignant que d’autres pays européens ont déjà franchi ce seuil symbolique.
Des actes concrets pour accompagner la reconnaissance
Au-delà du discours, la présidente de l’AFA a défendu plusieurs mesures concrètes destinées à traduire cette reconnaissance dans les faits. Elle a notamment évoqué la restitution intégrale des restes humains et des crânes de résistants algériens conservés en France, ainsi que celle du canon Baba Merzoug, toujours exposé à Brest.
Elle a également insisté sur la transparence totale concernant les essais nucléaires français dans le Sahara, appelant à la déclassification complète des archives et à une mobilisation scientifique internationale pour la dépollution des sites concernés.
Vers un nouveau cadre de coopération
Selon Ségolène Royal, la reconnaissance claire du passé colonial permettrait de dégager un espace politique nouveau, favorable à une coopération tournée vers l’avenir, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’environnement et de l’économie maritime. Elle a présenté l’Algérie comme un partenaire stratégique de long terme pour l’Europe, à condition que la relation repose sur la confiance, le respect mutuel et la stabilité politique.
En filigrane de son intervention, un message constant : la reconnaissance des crimes coloniaux ne relève pas uniquement du devoir moral, mais constitue un levier diplomatique essentiel pour refonder durablement les relations franco-algériennes.
Le CA Batna qualifié en quarts de finale de coupe d'Algérie. Crédit photo : DR
Le C.A. Batna a vécu une soirée de Coupe d’Algérie digne des grandes émotions : intense, dramatique et mémorable. Face au Paradou AC, les Aurassiens ont livré un duel haletant qui restera gravé dans les mémoires.
Après 120 minutes de combat acharné, le score était de 3-3. Mais la lumière est venue des tirs au but, où le club batnéen a fait preuve de sang-froid et de détermination pour l’emporter 3-1 et décrocher son ticket pour les quarts de finale.
Dès l’ouverture du score par le Paradou AC, la partie s’annonçait difficile. Les visiteurs ont rapidement mené 2-0, mettant à l’épreuve la résistance et la volonté des Batnéens. Mais dans un stade bouillant, les joueurs du C.A. Batna ont trouvé les ressources pour revenir dans la partie, d’abord par Mourad Bourada, puis grâce à un penalty transformé par Mounib Benmerzoug, égalisant juste avant la mi-temps et rallumant l’espoir des supporters.
La seconde période et les prolongations ont été un concentré d’émotions. Le Paradou semblait reprendre l’avantage, mais les Aurassiens ne lâchaient rien : Adem Chaïbi inscrivait le but de l’égalisation en prolongation, envoyant les deux équipes dans la dramatique séance des tirs au but. Là, le mental du C.A. Batna a fait la différence. Impeccables, les Aurassiens ont converti leurs tentatives et résisté à la pression pour finir 3-1, offrant à leur public une qualification méritée et célébrée avec ferveur.
Cette victoire illustre parfaitement l’esprit de la Coupe d’Algérie : les outsiders peuvent bousculer la hiérarchie, les stades vibrent, et chaque ballon peut changer l’histoire d’un club. Pour Batna, ce n’est pas qu’un simple match gagné : c’est la preuve que combativité et cohésion d’équipe peuvent rivaliser avec le talent brut.
Alors que les quarts de finale se profilent, le C.A. Batna rejoint les grands noms déjà qualifiés : le CR Belouizdad, la JS Saoura ou encore la JSM Bejaia. Les supporters peuvent rêver plus grand, et le club prépare déjà sa prochaine bataille pour continuer à faire vibrer les Aurès et écrire une nouvelle page de son histoire.
Dans le football algérien, il y a les clubs attendus et il y a ceux qui surprennent. Le C.A. Batna appartient désormais à cette deuxième catégorie, capable de transformer un stade, d’embraser une ville et de rappeler que dans une Coupe, tout est possible.
Le Sénégal décroche la coupe d'Afrique des nations à Rabat.
L’arbitrage a failli tué cette finale, le football l’a sauvée ! Le Sénégal a remporté la deuxième CAN de son histoire contre la Maroc, au bout d’une finale à suspens qui a complètement dérapé à la fin du temps réglementaire, avec des Sénégalais qui ont quitté le terrain suite à une décision arbitrale… avant de l’emporter 1-0 en prolongation.
Quelle finale ! Elle restera malheureusement l’une des plus honteuses du football africain.Les Sénégalais de Sadio Mané l’emportent finalement 1-0, au bout d’un scénario incroyable. Ils l’auront méritée amplement puisqu’ils ont fourni un football de qualité et montré beaucoup plus de réussite que les joueurs marocains.
En fin de rencontre, le Maroc avait bénéficié d’un penalty, qui a provoqué la colère des Sénégalais qui ont quitté le terrain pour protester. Dans la foulée, Diaz a raté son penalty et le Sénégal l’a emporté en prolongations. Quelle soirée !
Il fallait être fort, très fort pour remporter cette finale-là, face au Maroc, porté par près de 65 000 spectateurs, poussé par les millions de prières psalmodiées dans tout le Royaume. Et surtout se relever d’une décision arbitrale qui aurait dû décider du sort de cette rencontre. Heureusement, cela ne s’est pas fini comme ça. Pas sur un coup de sifflet du Congolais Jean-Jacques Ngambo Ndala qui restera dans l’histoire (ou pas). Qui restera en tout cas dans la mémoire des Sénégalais qui ont vu, le temps de quelques minutes, la Coupe leur échapper. Avant que le destin ne renverse la table.
« Il faudra une équipe du Sénégal très forte pour venir nous battre chez nous », avait averti Walid Regragui. Le Sénégal a été immense, quand le vent marocain a soufflé très fort. Et s’il avait eu un brin de réalisme en première période, il aurait certainement plié la rencontre avant la prolongation et éviter le tournant de cette fameuse 98e minute.
Les Sénégalais ont quitté le terrain pour protester… avant de revenir
Ce n’est jamais bon signe quand l’arbitre est acteur principal d’une rencontre, en tout cas sa décision d’accorder un penalty au Maroc à quelques secondes la fin d’une rencontre qui s’était disputée sans incident majeur a été décisive. Elle a déclenché l’ire des joueurs sénégalais, de leurs supporters, des journalistes présents, et probablement porté un coup dans la relation qualifiée de fraternelle entre le Maroc et le Sénégal. Était-elle justifiée ?
C’est une faute d’El Hadji Malick Diouf qui tire Brahim Diaz sur un duel sur un corner. Au vu des ralentis, la décision n’est pas forcément scandaleuse. Le scandale, c’est peut-être quelques minutes plus tôt quand le Sénégal ouvre le score sur corner, mais se voit refuser le but pour une faute (?) de Seck sur Hakimi. Toujours est-il qu’après plusieurs minutes tendues marquées par le refus des Sénégalais de continuer la partie, Brahim Diaz s’est présenté devant Edouard Mendy pour exécuter la sentence. Que s’est-il passé dans la tête du joueur du Real Madrid au point d’oser tenter une panenka, mal exécutée du reste, quand il avait l’occasion d’offrir la Coupe à son peuple et de devenir le héros du Maroc ?
Celui qui a inscrit cinq buts dans cette CAN a ainsi manqué le penalty et le Sénégal est revenu de très loin. De là où reviennent les survivants, qui ont vu la défaite de très près. Et la victoire ne sera que plus belle surtout que Pape Guèye assomme les Marocains et fait taire tout le stade en ouvrant le score sur une chevauchée conclue d’une frappe imparable dans la lucarne de Bounou (94ee). Incroyable ! Les Lions de la Téranga ont la peau dure, reste désormais à résister à la furie marocaine.
Les Hommes de Regragui n’ont plus rein à perdre et cette finale prend l’allure d’une folie furieuse entre le Maroc qui joue son va-tout, attaque à tout-va et un Sénégal qui s’accroche à son avantage comme un naufragé sur une bouée en pleine mer. Les occasions se multiplient comme les sauvetages de Bounou et de Mendy. Pour tout dire, ce serait une dinguerie de lister les occasions de but de part et d’autre, mais il a fallu deux immenses gardiens pour ne pas voir plus de buts dans cette finale. Le Sénégal a gagné parce qu’il a su héroïquement garder son avantage aidé par l’expérience de Mané, Mendy et sur de Gana Guèye, une nouvelle fois immense.
Cette équipe du Sénégal a étalé une maturité au cours de cette CAN dont l’apothéose a été cette finale. Il n’y avait pourtant pas son capitaine Kalidou Koulibaly (supendu) et surtout Krépin Diatta, forfait à quelques minutes de la finale. L’arrière droit, qui avait disputé l’intégralité des six matchs du Sénégal était remplacé au pied levé par Antoine, zéro minute depuis le début de la CAN. Les Marocains n’ont d’ailleurs pas hésité à déclencher la plupart de leurs attaques sur le côté du joueur de Nice.
Ce Maroc-là, intraitable en quarts face au Cameroun, qui a éteint le Nigeria en demi-finale, a été incapable de trouver la clé face à ce Sénégal-là qui a gagné la bataille de la possession.
Incontestablement, ce sont les deux équipes du tournoi, de l’Afrique qui se sont affrontée ce dimanche 18 janvier. Ce fut un beau match, magnifié par les applaudissements du public au moment de l’hymne marocain. Les deux pays « frères » sont se sont écorchés, mais une image restera : celui des Sénégalais et Marocains qui se sont embrassés à la fin du match après avoir été très près de s’envoyer des coups. Le meilleur a gagné, la Coupe retourne à Dakar.
Dans une correspondance officielle datée du 10 janvier 2026, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Lotfi Boudjema, a apporté des éclaircissements détaillés sur la position de l’Algérie concernant la peine de mort et la notion de Qissas (loi du Talion) dans le droit positif national.
Ce document, adressé au député à l’Assemblée populaire nationale (APN) Djeddou Rabah, en réponse à une question écrite, met en lumière l’équilibre délicat que l’État cherche à maintenir entre engagements internationaux, fondements juridiques nationaux et références doctrinales.
Le document rappelle d’emblée que, si la peine de mort demeure inscrite dans le droit pénal algérien en tant que sanction pénale ultime, elle est encadrée par une philosophie punitive fondée sur la dissuasion générale et la protection de l’ordre public. Son champ d’application reste limité à des crimes d’une gravité exceptionnelle, entraînant des atteintes jugées particulièrement lourdes à la vie des personnes, à la sécurité, à l’économie nationale ou à la santé publique.
Sont notamment cités le meurtre volontaire, l’enlèvement, les actes qualifiés de terroristes ou de sabotage grave, ainsi que certaines infractions liées aux stupéfiants, dans des cas strictement définis par la loi. Le ministère insiste sur le caractère restrictif de ces dispositions, qui traduisent le caractère exceptionnel de cette sanction dans l’arsenal pénal.
Toutefois, le ministre réaffirme une réalité juridique établie depuis plus de trois décennies : le gel de l’exécution de la peine capitale.
Depuis 1993 : l’Algérie observe un moratoire de fait sur l’application de la peine de mort.
Décembre 2020 : le pays a réitéré cet engagement en approuvant la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies appelant à la suspension des exécutions.
Cette position s’inscrit dans le cadre des obligations internationales de l’Algérie, découlant notamment de son adhésion au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté en 1966 et ratifié par l’Algérie en 1989 par décret présidentiel. L’article 6 de ce pacte consacre explicitement le droit à la vie comme un droit inhérent à la personne humaine.
« Qissas » et droit positif : une distinction de philosophie pénale
L’un des axes centraux de la réponse ministérielle porte sur la distinction entre la peine de mort dans le droit positif et le Qissas ( loi du talion), tel qu’il est conçu par la charia islamique. Le document souligne que, dans la tradition islamique, le Qissas vise avant tout la préservation de la vie et non son anéantissement. Il repose sur un ressort moral et spirituel, où le respect de la règle découle d’un impératif de conscience et de foi, antérieur à la crainte de la sanction étatique.
À l’inverse, le droit positif moderne s’appuie sur des doctrines pénales évolutives, qui varient selon les contextes historiques et sociaux, et qui privilégient tour à tour la dissuasion, la protection de la société ou la réhabilitation du condamné. Cette distinction met en évidence des logiques différentes dans l’approche de la sanction, sans pour autant les opposer de manière frontale.
Un débat de société persistant
Le ministère de la Justice reconnaît explicitement que la question de l’intégration des objectifs de la charia dans le champ de la justice pénale demeure un sujet de débat parmi les juristes et les spécialistes du droit islamique. Certains considèrent que la peine capitale permet d’atteindre les finalités de la charia en matière de protection de la vie, d’établissement de la justice et de dissuasion du crime. D’autres estiment, en revanche, que la clémence et le pardon peuvent constituer des instruments plus appropriés pour réaliser des objectifs plus larges et plus durables de justice et de cohésion sociale.
La réponse officielle souligne qu’aucune disposition juridique n’empêche les institutions compétentes de poursuivre la réflexion sur cette question. La charia étant reconnue comme l’une des sources du droit, conformément aux dispositions du Code civil, cette approche ouvre la voie à une interprétation souple des textes et à une application visant la réalisation de l’équité, à l’instar de certaines législations en vigueur dans des pays arabes et musulmans.
Les retours de migrants en situation irrégulière vers les pays tiers connaissent une nette accélération au sein de l’Union européenne. Selon les données publiées par Eurostat, les expulsions effectives ont augmenté de près de 15 % au troisième trimestre 2025 par rapport à la même période de l’année précédente, confirmant un durcissement progressif de l’application des politiques migratoires européennes.
Entre juillet et septembre 2025, 115 440 ressortissants de pays tiers ont reçu une injonction de quitter le territoire d’un État membre de l’UE. Sur ce total, 34 155 personnes ont effectivement été renvoyées vers leur pays d’origine, soit une hausse de 14,6 % sur un an. Comparé au trimestre précédent, le nombre de retours a également progressé de 5 %, alors même que les décisions de départ ont légèrement reculé (-0,9 %).
L’Algérie, première nationalité concernée par les ordres de quitter le territoire
Parmi les ressortissants de pays tiers visés par une décision d’éloignement, les citoyens algériens arrivent en tête, avec 12 325 personnes sommées de quitter un pays de l’Union européenne au cours du troisième trimestre 2025. Ils devancent les ressortissants marocains (6 670) et turcs (6 350), confirmant une tendance déjà observée lors des trimestres précédents.
Cette donnée place l’Algérie au centre des dynamiques migratoires irrégulières entre les deux rives de la Méditerranée, dans un contexte marqué par la persistance des flux vers l’Europe et par une coopération migratoire souvent qualifiée de sensible entre Alger et plusieurs capitales européennes, notamment Paris.
En revanche, s’agissant des retours effectivement exécutés, les Algériens ne figurent pas parmi les trois premières nationalités renvoyées. Les expulsions ont principalement concerné des ressortissants turcs (3 625), suivis des Géorgiens (2 835) et des Albanais (2 055). Cet écart entre décisions prononcées et retours effectifs illustre les limites opérationnelles, juridiques et diplomatiques qui encadrent les politiques d’éloignement.
France et Allemagne en première ligne
Du côté des États membres, la France apparaît comme le pays ayant délivré le plus grand nombre d’ordres de quitter le territoire (33 760), loin devant l’Allemagne (12 510) et la Grèce (10 175). Ces trois pays concentrent à eux seuls une part significative des procédures engagées contre les migrants en situation irrégulière.
En matière de retours effectifs, l’Allemagne arrive en tête avec 7 190 expulsions, suivie de la France (3 760) et de Chypre (3 000). Eurostat précise toutefois que certaines données restent affectées par des dérogations temporaires, notamment pour Chypre avant 2024.
Un indicateur du durcissement migratoire européen
L’augmentation des retours vers les pays tiers, plus rapide que celle des décisions d’éloignement, traduit une volonté renforcée de l’Union européenne de rendre effectives ses politiques migratoires, dans un contexte de pressions politiques internes et de débats récurrents sur l’immigration et l’asile.
Pour l’Algérie, ces chiffres soulignent l’ampleur des enjeux humains, diplomatiques et sociaux liés à la migration irrégulière. Ils posent également la question de la capacité des pays d’origine à absorber les retours, mais aussi celle de la nature des partenariats migratoires entre l’UE et ses voisins du Sud, souvent tiraillés entre coopération sécuritaire et considérations politiques.
Depuis sa création en 2022, Acolitt s’est affirmée comme un acteur essentiel de la scène littéraire africaine et de la diaspora. Sous la direction de Pauline M. N. Ongono, présidente d’Acolitt, bibliothécaire, communicatrice littéraire, organisatrice d’événements et relectrice, cette association réunit autour du livre une multitude de compétences : gestion de bibliothèques, relecture, traduction, communication et promotion littéraire, écriture et organisation d’événements.
Acolitt ne se limite pas à la simple diffusion des ouvrages : elle forme, accompagne, fédère et crée des ponts entre auteurs, traducteurs, éditeurs et lecteurs sur plusieurs continents. Salons virtuels internationaux, ateliers, coachings personnalisés… chaque initiative vise à construire une communauté littéraire dynamique, où chaque maillon de la chaîne du livre est reconnu et valorisé.
Dans cet entretien accordé au Matin d’Algérie, Pauline Ongono revient sur les défis de l’édition africaine, le rôle de l’autoédition, l’impact du numérique et la nécessité de professionnaliser tous les métiers du livre, du relecteur au diffuseur.
Le Matin d’Algérie : Qu’est-ce qui vous a motivé à créer Acolitt et comment cette association a-t-elle évolué depuis sa fondation ?
Pauline M. N. Ongono : Acolitt est un projet qui a été nourri dès l’instant où j’ai décidé de quitter les quatre murs de la bibliothèque pour faire encore plus pour le livre. C’était en 2019. Elle verra le jour le 14 janvier 2022. Le but était de mettre dans un seul vase toutes mes compétences autour du livre (gestion des bibliothèques, relecture, transcription, communication et promotion littéraire, écriture de scénarios, organisation des événements littéraires…). Puis j’ai associé d’autres compétences, notamment la traduction.
Le Matin d’Algérie : Quels sont, selon vous, les principaux défis auxquels la chaîne du livre au Cameroun et en Afrique est confrontée aujourd’hui ?
Pauline M. N. Ongono : Il existe plusieurs problèmes. Toutefois, comme d’habitude, je plaide pour une meilleure diffusion du livre, car pour moi c’est l’un des plus gros défis. Que le livre soit trouvé partout — surtout le livre physique. Et c’est en cela que je ne cesserai de féliciter le travail fou et le combat permanent que mènent le GVG (Grand Vide-Grenier Cameroun) dans le secteur de la diffusion, ainsi que tous les diffuseurs. Il est vrai que tout ceci a un coût pas toujours accessible, mais vu qu’écrire est un projet, y penser fait toujours du bien.
Le Matin d’Algérie : L’autoédition se développe rapidement, mais souvent sans cadre professionnel. Quels conseils donneriez-vous aux auteurs qui se lancent dans ce circuit ?
Pauline M. N. Ongono : Il n’est pas vrai de penser que l’autoédition se déroule sans cadre professionnel. Elle n’est peut-être pas reconnue par plusieurs textes, ce qui lui interdit certains avantages, mais pour avoir déjà collaboré avec des « autoédités », je peux vous assurer que ce sont des personnes qui respectent la chaîne du livre et ses professionnels. Du relecteur — et je parle de relecture rigoureuse — à la communication, ils mettent le paquet.
Autre chose : vu les livres édités qui paraissent avec beaucoup de fautes, qui restent dans les tiroirs après le « vient de paraître », l’autoédition est-elle vraiment celle à regarder d’un œil mauvais ? NON.
Le Matin d’Algérie : Comment Acolitt contribue-t-elle à professionnaliser les différents maillons de la chaîne du livre ?
Pauline M. N. Ongono : À travers nos différents ateliers et coachings personnels, nous apportons notre pierre à l’édifice. Et ces coachings vont en direction de toute la chaîne : comment relire, comment se comporter quand on est face à un auteur, comment et pourquoi traduire, les attitudes à adopter…
Le Matin d’Algérie : Pourquoi la relecture et la correction sont-elles cruciales et pourquoi sont-elles souvent négligées ?
Pauline M. N. Ongono : Le côté crucial de la relecture et de la correction est une évidence ! Même à l’école, les enseignants demandent de lire à nouveau sa copie avant de la remettre. Cependant, il faut penser à payer un professionnel pour cette tâche ! Un ami, un parent… peuvent aider parfois, s’ils ont les compétences nécessaires. Car la relecture va au-delà des virgules, des mots mal orthographiés… Il s’agit de construction et de déconstruction du texte, sur la base des propositions logiques soumises à l’auteur. Et c’est là que le troisième œil, le relecteur professionnel, prend place. Il regarde la construction des personnages, la cohérence…
Le Matin d’Algérie : Comment rapprocher les jeunes de la lecture dans un monde saturé par les écrans et les contenus numériques ?
Pauline M. N. Ongono : C’est simple ! Faites de vos enfants vos alliés pour qu’ils lisent. Ils ont une tablette ? Prenez-leur un abonnement, par exemple sur la plateforme ADINKRA, où vous aurez un contenu varié de livres africains pour enfants. Vous souhaitez qu’ils lisent du papier ? Plusieurs éditeurs proposent des livres très intéressants et bien faits. Au Cameroun, je vais citer les Éditions Éclosion, les Éditions Adinkra Jeunesse, les Éditions Akoma Mba, les Éditions Thanks, les Éditions de Midi, et la liste n’est pas exhaustive. Alors achetez des livres à vos enfants, accompagnez-les à des foires du livre, inscrivez-les à la bibliothèque… et vous-mêmes, parents, lisez. Lisez avec vos enfants. Créez des jeux qui incluront le livre… Nous sommes disponibles pour des coachings, en ligne comme en présentiel, dans ce sens .
Le Matin d’Algérie : Vos salons du livre virtuels réunissent des participants de plusieurs continents. Quels impacts concrets observez-vous sur la scène littéraire africaine ?
Pauline M.N. Ongono : L’une de mes capacités a toujours été la communication et la promotion littéraire. Pourquoi j’ai commencé à la mener en 2016 ? Parce que je m’étais rendu compte que les acteurs du livre n’étaient pas connus en dehors de leurs cercles d’activités habituelles. Mon but a toujours été de faire connaître des X et des Y ailleurs que chez P ou G. J’ai toujours voulu qu’il se crée une belle communauté autour des livres. D’où la mise sur pied de nos salons virtuels.
Je tiens à préciser que ces salons ne concernent pas uniquement l’Afrique. Ils concernent tout le monde. Nous avons déjà eu des panélistes de France, du Canada, de Pologne, d’Espagne… Et pour rappel, ces salons sont :
– le Salon du Promoteur Littéraire Online (SAPLO), depuis 2024
– la Semaine du Critique Littéraire Online (SECRILO), depuis 2025
– la Readers and Translators Week Online (RTWO), depuis 2024
Comment y participer ? Il suffit de suivre nos pages et de remplir le formulaire de l’appel à panélistes le moment venu. En outre, nous avons mis sur pied une chaîne YouTube (@ACOLITT) dans laquelle vous pourrez revivre tous les échanges de ces salons, mais aussi nos échanges mensuels dénommés « Ça DayLivre », et bien d’autres.
Avoir des dizaines de panélistes de divers pays, de divers continents et de divers maillons de la chaîne du livre à chaque édition ouvre des possibilités infinies de collaborations. Et c’est ce qui se passe : plusieurs collaborent grâce à ces ponts, plusieurs bénéficient de visibilité, certains trouvent même des emplois grâce aux attestations de participation que nous délivrons.
Le Matin d’Algérie : Le Salon du Livre de la Lekié (Salilek) se prépare. Quels objectifs poursuivez-vous avec cet événement ?
Pauline M.N. Ongono : Le département de la Lekié, non seulement c’est mon département d’origine, mais c’est aussi celui de Joël Célestin Bobo, fondateur du Centre de Lecture, d’Initiation et d’Intégration à la Culture avec qui nous coorganisons le Salilek. C’est aussi un territoire chargé d’histoires et d’auteurs, mais qui, malgré sa proximité avec la capitale, ne connaît pas un véritable épanouissement littéraire.
Notre objectif est donc de déconstruire l’image du livre auprès des populations de la Lekié, peu importe l’âge, et bien sûr dans le respect de la loi en vigueur concernant notre secteur.
Le Matin d’Algérie : Quels types de partenariats Acolitt cherche-t-elle à développer ?
Pauline M.N. Ongono : Acolitt est disponible et accepte les partenaires qui touchent au livre, peu importe le pays ou le continent.
Le Matin d’Algérie : Comment détectez-vous et accompagnez-vous les jeunes talents littéraires africains ?
Pauline M.N. Ongono : Nos ateliers n’attendent que vous.
Le Matin d’Algérie : Quel rôle joue le numérique dans la promotion de la littérature africaine et dans la formation des acteurs du livre ?
Pauline Ongono : Le numérique joue un énorme rôle dans la promotion de la littérature en général, pas seulement africaine. Nos salons littéraires virtuels constituent des preuves.
Avec le numérique, on sort, à coup sûr, de sa zone de confort et on se fait connaître par d’autres. C’est pour cette raison que chez ACOLITT, le numérique est l’une des matières premières.
Le Matin d’Algérie : Si vous deviez adresser un message à tous les auteurs, bibliothécaires, éditeurs et lecteurs africains, que leur diriez-vous pour renforcer l’impact de la littérature africaine ?
Pauline M.N. Ongono : Soyez professionnels et consciencieux.
L’Algérie a lancé un nouveau satellite d'espionnage, baptisé «Alsat-3A», depuis la base spatiale de Jiuquan, située au nord-ouest de la Chine. Ici le général-major Chanegriha avec le représentant chinois. Crédit photo : DR
L’Algérie possède plusieurs satellites, le saviez-vous ? Moi non ! Je n’ai déjà pas le temps de répertorier tout ce qu’elle n’a pas, liberté, laïcité, droit et justice et bien d’autres.
Le général-major Chanegriha, chef d’état-major, détaché auprès du ministre de la Défense, commandant des forces terrestres et grand vizir de l’État (Ouf, c’est long !), s’est amusé ce 15 janvier à annoncer le lancement de son gros jouet dans l’espace avec l’aide de ses amis démocrates chinois.
Je ne savais pas que nous avions des satellites, ce jeudi 15 janvier j’apprends donc que le premier, Alsat-1, fut lancé en 2002. Comment voulez-vous que je prête attention à tout ? J’étais occupé à suivre d’autres actualités.
En 2002, la répression en Kabylie fut intense après le mouvement de révolte débuté en avril 2001. Á Béjaïa, des émeutes et répression féroce. Une répression de nouveau féroce avec le premier anniversaire de Massinnissa Guermah, la première victime de la guerre lancée par les amis de Chengriha (ce gars en a décidément beaucoup). Et beaucoup d’horreurs qui ont suivi, dénoncées comme un massacre par Amnesty International qui a relevé des tirs à balles réelles.
Mais comme il fallait du bruit pour couvrir celui des massacres, ce furent les élections législatives qui l’ont fait. Les urnes contre les tombes, c’est la réponse du gouvernement algérien.
Puis ce fut le lancement des satellites Alsat-2A en 2010 et Alsat-1B, 2B et Atlas 1N en 2016, une grande année. Cette année de 2010, un dispositif policier lourd pour contrer toutes les tentatives de marche vers la place des Martyrs, arrestations des manifestants du Comité National pour la Défense des Droits des Chômeurs, des églises protestantes et des lieux de culte non-musulmans subissent des fermetures administratives ou des pressions policières, harcèlement des syndicats autonomes.
Quant à Alsat-1B, 2B et Atlas 1N, en 2016, mon attention était encore une fois dirigée vers d’autres actualités. J’ai décidément le don d’être distrait par des événements sans importance et rater ce qui est l’essentiel, la puissance naissante de la maîtrise du ciel par nos fantastiques généraux, chevaliers du ciel.
Cette année-là, mort du journaliste Mohamed Tamalt, répression contre des mouvements sociaux, arrestations et intimidations des défenseurs des droits de l’homme (comme le cas du collectif des familles de disparus, le CFDA), Plusieurs activistes ont été frappés d’interdiction de sortie du territoire.
Et je passerai sur la montée fulgurante de la répression par Abdelmadjid contre les libertés d’opinion et de la presse. Des arrestations massives pour des publications jugées être une « atteinte à l’intérêt national ». Vous rendez-vous compte de ce que j’ai risqué sans le savoir.
Puis arrive Alsat-3A en 2026, celui que j’ai raté ce jeudi 15 janvier. Lorsqu’on est un étourdi, on le reste à vie. Pourtant ce satellite est en relation directe avec ce qui a détourné mon attention.
Un contrôle strict (le mot est faible) des réseaux sociaux, notamment par la surveillance des plateformes ainsi que l’interdiction des journaux numériques comme celui où sévissent ces crimes en compagnie de charmants autres criminels, dangereux pour la sécurité du pays.
La qualification pénale de cybercriminalité se base sur des lois de plus en plus liberticides pour effrayer et museler les voix dissidentes. Rien de nouveau mais les nœuds des pendus peuvent toujours être serrés plus fort. En cas d’arrestation, mon avocat plaidera pour la nullité informatique de son client, une vérité incontestable, j’ai des témoins.
Monsieur le général Chengriha, chef d’état-major, détaché auprès du ministre de la défense, commandant des forces terrestres (une seconde fois, je prends des risques d’étouffement), je souhaiterais vous faire part de mon irrésistible pensée en rédigeant ce papier au petit matin.
Vous connaissez certainement cette phrase si célèbre du dialoguiste Michel Audiard, « le jour où on mettra les « c… » en orbite tu n’arrêteras pas de tourner ».
Mais, toi, mon général, tu finiras toujours par retomber sous l’effet de la gravité de tes actes. Celle-là est de moi.
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