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Le MC Alger remporte sa 5e Supercoupe d’Algérie 2025

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Le MC Alger, champion d’Algérie en titre, a ajouté ce samedi un nouveau trophée à sa vitrine, déjà bien étoffée, en remportant la Supercoupe d’Algérie 2025 après avoir disposé de l’USM Alger (1-0), dans un match disputé au stade Nelson Mandela (Alger).

Cette belle affiche, doublée d’un derby de la capitale, le 117e du nom toutes compétitions confondues, a été très disputée. D’ailleurs, les deux antagonistes n’ont pas attendu le quart-heure d’observation pour lancer les hostilités.

En effet, le match s’est emballé dès les premières minutes avec une première chaude alerte dans la surface de vérité des Rouge et Noir et le face-à-face perdu d’Anatouf (3’) avec le portier Benbout. De leur côté, les Usmistes n’ont pas tardé à réagir avec le tir surpuissant d’Aime Jr qui a trouvé le poteau gauche de Guendouz (7’).

Par la suite, la rencontre s’est poursuivie sur un bon rythme avec des occasions de scorer de part et d’autre qui n’ont pas trouvé le chemin des filets, au grand dam des deux galeries de supporters.

Il aura fallu attendre la 74e minute pour voir les Vert et Rouge débloquer la situation. Incorporé en seconde période, Naidji a donné raison à son coach, le Sud-Africain Mokwena, en marquant de la tête l’unique réalisation de cette confrontation.

Ainsi, le MC Alger s’offre sa 5e Supercoupe d’Algérie, la deuxième de suite. Les camarades du capitaine Abdellaoui, doubles tenants du titre national et actuels leaders de la Ligue 1 Mobilis, sont bien partis pour aligner un troisième sacre de suite.

Radio Algérie Multimédia

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Si Lhafidh Yaha : 10 ans et la mémoire toujours vive

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Yaha Abdelhafidh
Yaha Abdelhafidh. Crédit photo : Hamid Arab

Dix ans après la disparition de Yaha Abdelhafid dit Si Lhafidh (ancien officier de l’ALN, membre fondateur et dirigeant du FFS), un moment de recueillement aura lieu en son village natal Takhlijt At Atsou (commune d’Iferhounène, wilaya de Tizi-Ouzou).

« Ce temps de mémoire s’inscrit dans la continuité d’un parcours marqué par des choix clairs, une exigence constante et une fidélité sans concession à certaines valeurs. Il vise à maintenir ce souvenir actif et à rappeler ce qui continue d’interroger et de traverser le présent.

Ce recueillement est ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent porter encore aujourd’hui la mémoire de ses engagements et de ses combats, et maintenir présente l’exigence et la fidélité à son parcours.

Date : Samedi 24 janvier
Heure : à partir de 10h30
Lieu : village Takhlijt Aït Atsou, Iferhounene

Le comité du Village Aït Atsou et la famille Yaha

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CAN 2025 : le Nigeria domine l’Égypte et obtient la 3e place

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Le Nigeria arrache la 3e place à la CAN 2025
Le Nigeria arrache la 3e place à la CAN 2025

Le Nigeria termine la CAN 2025 à la troisième place. Au terme d’un match fermé et disputé, les Super Eagles ont pris le dessus sur l’Égypte lors de la séance des tirs au but (0-0, 4-2), ce samedi 17 janvier.

La rencontre a longtemps ressemblé à un bras de fer. Le Nigeria a affiché davantage d’intentions offensives, cherchant à utiliser la vitesse de ses ailiers et la puissance de son jeu direct. L’Égypte, bien organisée, a opposé un bloc compact et une discipline défensive constante, limitant les espaces et coupant les lignes de passe.

Malgré une domination territoriale nigériane par séquences, les occasions franches ont été peu nombreuses. Les frappes lointaines et les centres n’ont pas trouvé preneur, tandis que les Égyptiens ont surtout procédé par contres, sans toutefois inquiéter sérieusement la défense adverse. Les gardiens ont globalement vécu une soirée calme.

Au fil des minutes, l’intensité a pris le pas sur le jeu. Les duels se sont multipliés, le rythme est resté haché et aucune des deux équipes n’a su forcer la décision dans le temps réglementaire, ni durant les prolongations.

La séance des tirs au but a finalement souri au Nigeria. Plus précis et plus sereins, les Super Eagles ont transformé quatre tentatives, pendant que l’Égypte en manquait deux. Une issue logique au regard de l’engagement et de la maîtrise nigériane dans les moments clés.

Avec cette victoire, le Nigeria conclut son parcours continental sur une note positive. L’Égypte, elle, échoue au pied du podium, sans avoir réussi à faire la différence offensivement dans un match où tout s’est joué sur des détails.

Djamal Guettala

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Colloque sur Hocine Aït Ahmed : «Transmettre, ce n’est ni sanctifier ni instrumentaliser», selon Youcef Aouchiche

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Colloque sur Aït Ahmed
Colloque sur Hocine Aït Ahmed. Crédit photo : FFS

Un colloque international de deux jours consacré à la trajectoire politique et à l’héritage intellectuel de Hocine Aït Ahmed s’est ouvert, ce samedi 17 janvier, à Alger, en présence d’historiens, de chercheurs et d’universitaires algériens et étrangers. Organisée par le Front des forces socialistes (FFS), la rencontre se propose d’examiner l’œuvre politique et intellectuelle du chef historique de la Révolution algérienne à l’aune d’une approche académique critique.

Dans son allocution d’ouverture, le Premier secrétaire national du FFS a inscrit ce colloque dans un « devoir de transmission », soulignant la nécessité de restituer les faits historiques dans leur complexité, à distance de toute sanctification, instrumentalisation ou simplification idéologique. Il a mis en garde contre les tentations du révisionnisme et les lectures réductrices de l’histoire nationale, estimant que la transmission ne saurait se limiter à la conservation d’une mémoire figée, mais devait également porter les valeurs et le sens des engagements passés.

Selon l’intervenant, écrire l’histoire sur des bases académiques rigoureuses constitue une exigence nationale, dans la mesure où toute société qui renonce à l’exigence historique finit par fragiliser sa liberté et sa souveraineté. Il a rappelé que l’histoire ne peut être un outil de légitimation conjoncturelle, mais un champ de connaissance critique permettant d’éclairer les luttes passées et les enjeux du présent.

La figure de Hocine Aït Ahmed a occupé une place centrale dans cette intervention. Présenté comme l’un des dirigeants fondateurs de la Révolution algérienne, il a été décrit comme un acteur politique ayant très tôt défendu l’idée que l’indépendance devait être pensée comme une libération globale, à la fois politique, sociale et morale. Son engagement, qui s’est étendu sur plus de sept décennies, a été caractérisé par une fidélité constante aux principes démocratiques, au pluralisme et à la souveraineté populaire.

L’orateur a également insisté sur la dimension intellectuelle et humaniste de Hocine Aït Ahmed, soulignant qu’il n’a jamais dissocié la pensée de l’action ni la morale de la politique. Son parcours est ainsi présenté comme marqué par la recherche du consensus national, fondé sur l’unité, la paix civile et la souveraineté populaire, sans renoncer à la critique ni à l’exigence démocratique.

Dans un contexte international marqué par la résurgence de rapports de domination et par une crise du sens politique, le responsable du FFS a estimé que revisiter le parcours de Hocine Aït Ahmed permettait de réaffirmer une certaine conception de l’engagement politique, fondée sur la cohérence, la durée et le primat des valeurs.

Durant deux journées, les travaux du colloque aborderont différents aspects de cette trajectoire, à travers des communications et des débats visant à dépasser les lectures partisanes ou réductrices. Les organisateurs espèrent ainsi contribuer à une meilleure compréhension de l’héritage de Hocine Aït Ahmed et à son inscription dans l’histoire plus large des luttes démocratiques et humanistes.

Samia Naït Iqbal

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L’œuvre de Baya estampillée Halal à la Grande Mosquée de Paris

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Œuvre de Baya
"Femme à l'oiseau", une œuvre de Baya.

Depuis 1948, beaucoup de lectures (universitaires ou journalistiques) affublent la production de Baya du vocable putatif de prodige, la taraudent de superlatifs aguicheurs ou de mielleuses condescendances qui ont pour objet et conséquence de noyer l’entendement de ceux arguant que l’autodidacte étalait sur la surface plane l’ailleurs minéral ou végétalisé de ses torpeurs enfouies et inavouées, le biotope expiatoire d’un supposé abus sexuel commis par un oncle sans vergogne.

Avouer l’inavouable, comme l’auront courageusement entrepris de le faire en leur temps la chanteuse Barbara et la plasticienne Niki de Saint Phalle, c’était de facto sanctuariser le plaidoyer de milliers d’Algériennes soumises aux diktats et enfermements du patriarcat mais aussi se marginaliser au regard d’une société religieusement soumise à la notion de pureté.

Contredire un éventuel anathème apocryphe peut, éventuellement, avoir été la mission virginale du recteur Chems-Eddine Hafiz. Disposé à accueillir, du 13 décembre 2025 au 12 janvier 2026, les médiums d’une femme signalant que « Je suis née artiste, c’est un don de Dieu» ou « Ma peinture est ce que Dieu m’a donné pour me sauver », il proclamera à la bibliothèque de la Grande Mosquée de Paris la « rencontre de l’art et du sacré ».

Dans l’atmosphère vénérable et cultuelle du lieu, des spectateurs apprécieront l’exposition (baptisée Et tout devient couleur, les natures mortes de Baya Mahieddine) d’une ingénue que l’İnstitut du monde arabe (İMA) auréolait déjà en novembre 2022 du titre de « İcône de la peinture algérienne ». L’image christique et la dimension spirituelle qui entourent dorénavant l’artiste orientent l’analyse d’autoproclamés historiens et critiques d’art.

Parmi eux, la nouvelle venue Naïma Huber-Yahi. Portant sur l’histoire culturelle des artistes algériens en France (1962-1987), son doctorat (précédé d’un DEA en histoire cultuelle) creuse la mémoire des immigrés maghrébins résidant en France, explore les patrimoines de l’exode tout en dénonçant les travers de la Guerre d’Algérie. L’annoncée spécialiste du Maghreb contemporain codirigera en 2013 l’ouvrage collectif La France arabo-orientale (La découverte), signera en octobre 2019 la tribune du Monde « Jusqu’où laisserons-nous passer la haine des musulmans », suivra en 2021 l’évolution de la musique franco-maghrébine via les projet Générations: un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France puis Douce France, des musiques de l’exil aux cultures urbaines et mettra parallèlement en exergue le combat féministe des chanteuses de la diaspora.

Les documentaires La Mélodie de l’Exil (France Ô, 2011) et Les marcheurs, chronique des années beurs (Public Sénat, 2013), le livre Sexe, race et corps colonisés (CNRS, 2019) ou l’écriture de Ne me libérez pas, je m’en charge (2021) marquent les prévalences politico-partisanes d’une militante associative accaparée à transposer au sein du champ artistique un discours postcolonial victimaire et antidiscriminatoire, à défendre de surcroît l’inviolabilité de l’intouchable Fatma Haddad plus connue sous le diminutif de Baya.

Elle le fera notamment par le biais d’une vidéo affirmant d’emblée que le surnom « La Picasso algérienne » « (…) témoigne juste d’un regard européano-centré, voire colonial puisqu’il s’agit de valider d’un blanc-seing occidental la qualité d’une artiste qui ne s’est inspirée en rien du grand maître espagnol (…). C’est plutôt elle qui l’a inspiré dans son originalité, dans sa pureté dans son honnêteté artistique, celle ne pas savoir et de transmettre ce qui pouvait lui passer par la tête ou ce qu’elle pouvait ressentir ce qui est pour moi la définition d’un artiste. Baya n’est que Baya ».

La chercheure associée à l’URMİS (Université Côte d’Azur) découvrit tardivement l’ex-aouchémite (au cours de la décennie 2000) mais interviendra néanmoins en tant qu’historienne de l’art chevronnée pour soutenir l’authenticité inaliénable d’œuvres à la « dimension esthétique onirique et artistique unique », c’est-à-dire issues d’un imaginaire indemne de toutes contaminations extérieures. L’éclectisme du peintre catalan (Picasso) lui a ouvert maintes perspectives et déterminer avec conviction qu’une gamine sans formation notoire put le conditionner durablement, c’est méconnaître les fonds baptismaux de la création. Craignant de s’aventurer en dehors de son domaine de prédilection, la néo-experte interviendra particulièrement sur la posture indigène d’une colonisée capable de « (…) traverser le miroir (…), mettre à bas tous les regards et ses discriminations. C’est ce qui m’intéresse dans son œuvre ».

İl ne s’agissait à fortiori pas pour Naïma Huber-Yahi de s’attarder sur une description esthétique (tentative au-dessus de ses facultés intellectuelles) mais bien de rester dans sa zone de confort idéologique, celle lui permettant de s’en tenir au caractère résilient d’une « artiste monde, (…) originelle et originale, (une) figure féminine unique, autodidacte qui a su surmonter le regard colonial (susceptible d’) emprisonner la richesse et l’universalité de son œuvre. Donc Baya en 2025 ça reste une valeur sûre, un patrimoine ».

Avec cette ultime précision, nous commençons à saisir pourquoi Baya suscite un intérêt croissant. İl n’est question finalement que de la replacer, et de la meilleure des façons, au cœur du marché de l’art mondial. Son cachet religieux peut de plus lui tracer un sillon en direction des pays du Golfe. C’est ce qu’espère peut-être la directrice d’ « Ayn galerie », Yasmine Azzi-Kohlhepp. Présente à l’édition 2025 d’Abou Dabi Art Fair (avec une dizaine de toiles accrochées sur un petit pan de mur), la commissaire réunira également onze plasticiens de la diaspora lors de la FİAC 2025 d’Alger. Depuis, elle s’affiche comme l’agent en mesure d’inscrire la nouvelle génération dans la dynamique des réseaux de l’art contemporain et ses récits culturels transnationaux. Libérée de la boutique-showroom de L’Île Saint-Louis (4ème arrondissement de Paris), l’opératrice économique approuve un dispositif de rétablissement consistant à écarter des prochaines ventes tous les Bayas douteux.

Constitué d’ayants droit (Bachir ou Rachid Mahieddine), de l’ex-conservatrice du Musée des Beaux-Arts d’Alger, Malika Dorbani, et du directeur scientifique Christian Alandete (chargé des successions), le comité éponyme (concentré autour de la galerie Mennour, devenue la représentante exclusive) est maintenant habilité à authentifier les travaux soumis à son jugement, à certifier qu’une peinture, sculpture ou dessin est un produit non falsifié provenant de la main de Baya. Responsables du catalogue raisonné, les membres permanents veilleront ainsi à neutraliser les atteintes précédemment enregistrées, à reconnaître et dénoncer les contrefaçons, à empêcher la circulation vénale des copies. Sur ce point, il semble improbable de pouvoir tout vérifier ou valider avec certitude. D’une part parce que le support (majoritairement du papier Canson) utilisé par la peintre facilite grandement les imitations et d’autre part parce qu’à partir d’un certain prix d’acquisition un Faux deviendra un Vrai.

Suite à un accord tacite entre l’acheteur et les ayants droit, les experts attitrés fermeront les yeux et l’intégreront au catalogue raisonné. Les critères inhérents à la cote de Baya étant aussi à trouver du côté de l’histoire de l’art, il nous faut revenir sur les étapes majeures de l’itinéraire pictural. Sa notoriété débuta promptement avec l’exposition personnelle que lui consacra en novembre 1947 Aimé Maeght. Sept mois seulement après un voyage algérois, le galeriste parisien propulsait sur un piédestal l’inconnue adolescente de 16 ans tout juste confiée (depuis le 22 janvier 1947) à Marguerite Caminat, mère adoptive ayant su dénoncer auprès du juge des tutelles les maltraitances subies.

Elle ne saura par contre pas guider efficacement une jeune fille inconsciente du soudain succès et de ses retombées médiatiques ou financières. Sollicité de toutes parts, elle participa dans la foulée à l’exposition internationale du surréalisme, mouvement duquel seront postérieurement dissociés les médiums (au sein desquels prédominait le thème de la mère tutélaire et nourricière) Femmes robes roses fond jaune (Gouache sur papier, 63X48 cm), Femme aux trois tapis (gouache sur papier, 63X47,5 cm), Femme robe à chevrons (gouache sur papier, 63X48 cm), La Femme au panier (gouache sur papier, 63X48 cm) et Arbre, oiseaux et chameau (gouache sur papier, 63X48 cm).

Réalisés en 1947, nous supposons ici qu’ils figuraient au centre d’une monstration monographique sublimée par l’article du mentor André Breton, écrivain déjà enclin à se tourner du côté de l’art brut (en juillet 1948, il créa d’ailleurs avec Jean Dubuffet « La Compagnie de l’Art brut »). Paru dans le catalogue Derrière le miroir (N°6), son papier élogieux avait l’avantage (avec ceux d’Émile Dermenghem et Jean Peyrissac) de situer Baya comme partie intégrante et agissante de l’avant-garde européenne. Or, des anti- assimilationnistes invétérés la détacheront à postériori des courants de la peinture occidentale, cela au nom d’un sursaut protectionniste ou paternaliste, un mode de défense rejetant pareillement le texte « Sur Baya » à partir duquel Charles Estienne comparait en 1947 l’artiste à Matisse, Chagall ou Kandinsky.

Quitte à corriger ultérieurement ces points de vue, il fallait assurément classer historiquement la Blidéenne de manière à solidifier une surprenante ascension que confirmait la double page du magazine Vogue (article d’Edmonde Charles-Roux illustré en 1948 d’une photo de Baya). Plutôt que de jouer sur les résonnances ou intuitions plastiques, de multiplier de la sorte les références visuelles, les gardiens moraux minimiseront les encouragements de Jean Dubuffet (pourtant prêt à introduire la jeune fille dans le futur almanach de l’Art brut) et implémenteront le concept subliminal et surnaturel de prodige authentique. Basée sur une espèce d’atavisme originel ou primaire, l’approche défensive ou pseudo-patriotique réduira la naissante célébrité à une compréhension essentiellement messianique, ce qui explique aussi sans doute l’éloignement de Baya des circuits de la reconnaissance ou de ses confirmations.

À ce sujet, l’une des premières interrogations concerne les potentielles conventions rattachant Baya au galeriste Aimé Maeght. Ce dernier, lui avait-il fait signer un contrat ? Apparemment non puisqu’il ne sera plus, après 1948, demandeur, ne réclamera pas à sa protégée d’autres médiums. Esseulée, non répertoriée au sein des collections du musée des Beaux-Arts d’Alger, probablement aussi trop couvée et mal conseillée, la peintre débuta sa longue traversée du désert.

Campant épisodiquement et essentiellement sur la scène algérienne, elle arrêtera même (à cause du mariage de 1953 avec le musicien El Hadj Mahfoud Mahieddine) toute activité artistique. İl faudra que Jean de Maisonseul (le premier directeur du Musée national des beaux-arts d’Alger après l’İndépendance) la pousse à reprendre ses pinceaux pour que les publics algériens la découvrent. Les leitmotivs unanimistes du socialisme spécifique interdisaient à l’époque de la situer en conformité à une éthique de singularité. Après les manifestations collectives de 1964, celle individuelle de 1966, qui exhibait sur les cimaises de la galerie « Pilote » (fondée à Alger par le libraire Edmond Charlot) vingt peintures récentes, n’arrivera pas à la hisser au-dessus de la mêlée. En tant que membre du groupe Aouchem (tatouage), elle demeurera complètement à l’écart de la rédaction du Manifeste, ou des polémiques revendicatives qu’il suscita, ne deviendra par conséquent jamais une rebelle décidée à chambouler l’ordre établi ou à bousculer les pesanteurs du patriarcat musulman.

Pour le moins contenu, son comportement la reléguera au second plan et ce retrait minimal empêche de lui attribuer le rôle moteur que baliseront dès 1967 Denis Martinez et Choukri Mesli.

Dix ans plus tard (1977), Baya bénéficiait cependant d’une catégorisation historique crédible puisque Marguerite Caminat eut cette fois la présence d’esprit de contacter la ville de Lausanne afin d’instruire une donation de gouaches à sa Collection d’art brut. La définition qu’en fit en 1964 Dubuffet (au sein du N° 1 du fascicule de l’art brut) s’appliquait parfaitement à une récipiendaire dont les œuvres ont « (…) pour auteurs des personnes étrangères aux milieux intellectuels, le plus souvent indemne de toute éducation artistique, et chez qui l’invention s’exerce, de ce fait, sans qu’aucune incidence ne vienne altérer leur spontanéité. ». L’assise institutionnelle confortait enfin une création naviguant le plus souvent entre le Centre culturel français d’Alger (CCF) et la Galerie de l’Union nationale des arts plastiques (UNAP, 07 avenue Pasteur à Alger). La désormais cataloguée sortira vraiment de l’enfermement local en 1978 (solidaire du peuple palestinien, elle envoya à Beyrouth quelques gouaches) puis davantage encore en novembre 1982, lorsque le Musée Cantini de Marseille se focalisait sur L’Orient des provençaux (titre de l’exposition), lui offrait à cette occasion la possibilité d’arborer une cinquantaine d’œuvres. Du 24 septembre 1987 au 04 janvier 1988, plusieurs d’entre-elles seront associées à celles de Mohamed Khadda et M’hamed İssiakhem au Musée des arts africains et océaniens (Palais de la Porte Dorée dénommé ce jour Musée de l’Histoire de l’immigration).

Voulue par l’Association pour le développement des échanges interculturels (ADEİAO), Baya, İssiakhem, Khadda : Algérie, expressions multiples promouvait un trio amplement revisiter et faisait l’impasse sur un paysage artistique en pleine ébullition (ouverture de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts d’Alger, de la galerie professionnelle « İssiakhem », apparition de plasticiens décomplexés et débarrassés des lourdeurs idéologiques des années 60-70, etc…). L’essor démocratique issu des événement du 05 octobre 1988 autorisa la galerie « İpsos » de Bruxelles à confronter les travaux de Baya à ceux de Choukri Mesli, Denis Martinez, Arezki Larbi, Ali Silem et Rachid Koraïchi (exposition intitulée Signes et désert). Après la rétrospective de 1991 (au Musée national des Beaux-Arts d’Alger), la sexagénaire réapparaîtra ensuite à Paris (İnstitut du monde arabe, via Trois femmes peintres. Baya, Chaibia, Fahrelnissa et le Centre Pompidou avec André Breton
: La beauté convulsive). Certaines de ses toiles traverseront en 1994 l’Atlantique pour atteindre (dans le cadre de Forces of changes, Artist of the Arab World) un musée de Washington D.C. Les villes de la Havane (1986), du Mans (1995), de Charjah (1995, Émirats arabes unis), d’Agde (1996), de Tunis (1996), de Thessaloniki (1997, Grèce), de Paris (1998, Galerie Maeght) et d’Ankara (1998), où transiteront des œuvres de Baya, ne pourront rivaliser avec celle d’Arles. En lui réservant le Musée Réattu, la cité provençale chérie et adoptée par Van Gogh plaçait en effet l’artiste au sommet de la Saison culturelle 2003 Année de l’Algérie en France.

Du 05 avril au 22 juin 2003, plus de soixante-dix créations garnissaient un parcours muséal approprié à la déambulation. Ce fut ce printemps-là un plaisir de goûter en solitaire à l’étendue de compositions diaprées sur lesquelles affleuraient les senteurs d’enivrants parfums, le halo d’inattendues curiosités conduisant les regardeurs vers l’ailleurs de leurs propres divagations cosmogoniques. Plantes, bouquets de fleurs, oiseaux (huppes ou paons), papillons et poissons calibraient le format de travaux où les arabesques harmonisaient la sonorité d’instruments de musique (harpes, lyres, luths, violons, violes, mandores et cithares) parfois affublés d’un œil.

Elles concentraient concomitamment l’attention sur la longue chevelure tombante de femmes-mères aux robes chatoyantes et lèvres rougeâtres ou la silhouette imposante de Dames à la coiffe aussi opulente que la végétation environnante. Rehaussée de bleus, violets et roses indiens, la nature apaisante semblait envelopper des fruits (pastèques et raisins) mûrs incitant à la délectation paresseuse. Aux traits épurés, leurs récipients participaient, comme les vases, coupes, cruches, lampes ou lanternes, à l’équilibre constaté entre espaces et couleurs. Cassant la symétrie des lignes et tons, les courbes délimitaient l’intégral univers de l’être manqué et manquant car, soulignera Baya, « Cette femme que je peins est un peu le reflet de ma mère : je la fais musicienne, etc. J’ai le sentiment que c’est ma mère et que là j’ai été influencée par le fait que je ne l’ai pas très bien connue, que j’ai été imprégnée de son absence. »

Sa maîtrise presque innée des formes et couleurs n’a pas fait d’elle la « pionnière de la peinture algérienne », la femme qui a «renouvelé l’art algérien», comme le répètent mécaniquement, sans fondements ou arguments, de nombreux chroniqueurs. Si la précoce au style instantanément identifiable « faisait corps avec son œuvre», écrivait en 1948 Edmonde Charles-Roux, elle ne fera pas école à Alger et très peu de peintres l’imiteront même si, prenant de plus en plus de consistance, l’hypothèse de la valeur sûre stimule des agents économiques se disputant les dividendes du miracle initial.

Faisant en quelque sorte amende honorable, Adrien Maeght lui confie depuis le 04 octobre 2025 (et jusqu’au 03 mai 2026) les cimaises de Saint-Paul-de-Vence (endroit intimement lié, comme le Musée Magnelli ou Musée de la Céramique de Vallauris, à la Fondation Maeght).

En 1948, tout était réuni pour que la future délaissée Baya puisse mener, avec le soutien de Marguerite Caminat, sa barque. Malgré des rencontres fructueuses (Breton, Picasso, Braque etc…), elle hypothéqua très vite toutes les opportunités du moment et réalisera plus tard que « J’ai connu des gens d’une telle qualité et je n’ai pas su en profiter ».

Les ayants droit la réhabiliteront-ils en séparant le bon grain de l’ivraie ? en sachant la catégoriser sur le plan artistique pour ne plus la présenter comme l’électron libre sans attaches iconographiques prononcées alors que, précisera également Baya, « À la maison, ma mère avait des Braques, des Matisses. Ce sont des peintres que j’aime qui me touchent profondément, mais je ne sais pas si je peux dire que j’ai été influencée par eux ».

İl y a là un doute flagrant sur lequel repose la seconde énigme (la première relève de la possible agression physique ou sexuelle). Beaucoup ne veulent pas creuser l’affaire, préfèrent nourrir les contingences du don magique. C’est ce que préconiseront à l’institut du monde arabe (İMA) les instigateurs de Baya, icône de la peinture algérienne. Femmes en leur Jardin. Du 08 novembre 2022 au 26 mars 2023, quarante dessins de 1944-45 accompagnaient les gouaches des Contes de 1947 ainsi que les peintures et sculptures (1945 à 1998) de « l’artiste algérienne la plus singulière du XXe siècle ».

İnsistant sur son génie et parcours de femme algérienne émancipée (de qui ou de quoi ?), les curateurs promettaient un éclairage inédit qui nous laissa sur notre faim. Qu’en sera-t-il du parrainage de la galerie Mennour disposant aujourd’hui du sceau religieux gracieusement délivré par la Grande Mosquée de Paris ?

Saâdi-Leray Farid, sociologue de l’Art et de la Culture

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Venezuela : quand la solidarité affirmée du PT tranche avec la prudence d’Alger

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Louisa Hanoune signant le cahier de doléances à l'ambassade du Venezuela à Alger.
Louisa Hanoune signant le cahier de doléances à l'ambassade du Venezuela à Alger. Crédit photo : PT

La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louiza Hanoune, s’est rendue, ce jeudi 15 janvier, à l’ambassade du Venezuela à Alger où elle a signé le cahier de doléances ouvert par la représentation diplomatique vénézuélienne.

Ce geste symbolique, rapporté par le PT sur sa page Facebook, intervient dans un contexte de fortes tensions internationales à la suite de l’opération militaire américaine menée au Venezuela au début du mois de janvier 2026, marquée notamment par l’enlèvement du président Nicolás Maduro.

Selon le communiqué du parti, la signature du registre est dédiée à la mémoire de plus d’une centaine de ressortissants vénézuéliens et cubains, civils et militaires, que le PT affirme avoir été tués lors de cette intervention. Le même texte évoque également l’arrestation du chef de l’État vénézuélien et de son épouse par les américains. Lors de cette visite, Mme Hanoune a eu un échange qualifié de fraternel et solidaire avec l’ambassadeur du Venezuela en Algérie, Imad Saab Saab, réaffirmant la solidarité « active » de son parti avec le peuple et les autorités vénézuéliennes face à ce qu’il considère comme une atteinte grave à la souveraineté nationale.

Cette prise de position publique et assumée du PT contraste nettement avec la réserve observée au niveau institutionnel en Algérie. Depuis l’intervention américaine, ni la présidence de la République ni le ministère des Affaires étrangères n’ont publié de communiqué officiel condamnant explicitement l’opération, une attitude qui tranche avec les positions historiquement très affirmées d’Alger sur les questions de souveraineté et de non-ingérence.

À l’inverse de pays alliés de Caracas, tels que la Russie, la Chine ou l’Iran, qui ont rapidement dénoncé une « agression illégale », l’Algérie a opté pour une diplomatie du silence. Selon plusieurs analystes, cette attitude s’expliquerait par des considérations pragmatiques. D’une part, Alger cherche à préserver ses relations avec les États-Unis, devenus ces dernières années un partenaire sécuritaire et énergétique de plus en plus important. D’autre part, l’incertitude entourant l’avenir des réserves pétrolières vénézuéliennes alimente des inquiétudes au sein de l’OPEP, l’Algérie redoutant qu’un bouleversement du marché n’affecte les prix du baril, dont dépend largement son économie.

En l’absence de position officielle, des réactions indirectes ont néanmoins émergé dans d’autres sphères. La presse nationale indépendante, notamment El Watan et Le Quotidien d’Oran, a évoqué une « violation de la souveraineté » vénézuélienne, soulignant le précédent que pourrait constituer une telle intervention armée. Sur le plan politique, le Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) figure parmi les rares formations à avoir condamné ouvertement ce qu’il a qualifié d’« agression impérialiste », rejoignant sur ce point la lecture défendue par le PT.

Les médias publics, pour leur part, se sont limités à une couverture factuelle des événements, à travers la télévision et la radio nationales, sans relayer de déclaration diplomatique formelle.

Cette séquence intervient alors que l’Algérie et le Venezuela entretiennent des relations historiques fondées sur des principes communs, notamment le refus de l’ingérence étrangère. En mai 2025 encore, les deux pays réaffirmaient leur coopération bilatérale à l’occasion d’échanges entre leurs ministres des Affaires étrangères. 

Samia Naït Iqbal

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Arbitraire en Algérie : procès en appel, arrestations et détention

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Prisons algériennes
Le terrorisme est celui pratiqué contre les esprits libres jetés en prison arbitrairement.

Cette semaine, comme toutes les précédentes a été émaillée de procès de citoyens activistes, ou d’ex-détenus d’opinion, mais aussi d’arrestations arbitraires. Dans la « nouvelle Algérie » chère à ammou Tebboune, l’Etat de droit est une chimère.

Le Tribunal criminel d’appel d’Alger a entériné, sans surprise, le verdict prononcé le 18 octobre 2022 par le tribunal criminel de Dar El Beïda, refermant ainsi une affaire emblématique de l’usage politique de la justice contre des citoyens déjà lourdement éprouvés par la détention.

Oulhadj Arezki, Boudjema Malek et Ould Mohand Hanafi ont vu leur condamnation confirmée à deux ans de prison, dont un an ferme, assortie d’une amende de 100 000 dinars, sur la base d’accusations vagues et régulièrement instrumentalisées telles que « l’atteinte à l’intégrité du territoire national » et la « propagation de fausses informations ». Messaoudène Zohir, Djemaï Zohir et Mouloudj Mohamed ont écopé de la même peine pour la seule infraction d’atteinte à l’intégrité du territoire, un chef d’accusation fourre-tout devenu un outil commode pour criminaliser l’expression politique et l’engagement citoyen. Seul Mimoun Ali a été acquitté, sans que cela ne suffise à masquer l’acharnement judiciaire global. Si les charges criminelles ont été abandonnées après requalification en délits, cette manœuvre n’efface en rien la logique répressive à l’œuvre. L’ensemble des accusés ont bénéficié d’un acquittement pour les faits à caractère criminel, les poursuites ayant été requalifiées en délits.

Les arguments de la défense, pourtant étayés d’arguments imparables, soulignant le contexte exclusivement politique des poursuites et les conditions de détention, ont été purement et simplement ignorés. La juridiction d’appel a choisi de s’aligner mécaniquement sur la décision de première instance, illustrant une justice plus soucieuse de satisfaire les injonctions du pouvoir que de garantir les droits fondamentaux des justiciables. Même la demande de réparation civile introduite par l’Agent Judiciaire du Trésor, révélatrice d’une volonté de punition supplémentaire, a été rejetée, sans pour autant réhabiliter les accusés.

Le procès s’est tenu dans un climat politique lourd de sens. Une délégation du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), conduite par son président Atmane Mazouz était présente. Ce soutien assumé aux ex-détenus d’opinion a mis en lumière ce que beaucoup dénoncent depuis des années : une justice instrumentalisée pour étouffer la dissidence et intimider toute voix critique. Cette décision judiciaire, loin de clore le débat, ravive une fois de plus les interrogations sur l’indépendance réelle de la justice algérienne et sur l’état alarmant des libertés publiques dans le pays.

A Annaba, le cas Salah Zarfa

Le parquet d’Annaba s’acharne à demander la confirmation de la condamnation de l’ex-détenu d’opinion Salah Zarfa à trois mois de prison ferme et à une amende, illustrant la persistance d’une justice punitive à l’encontre des voix critiques. Le délibéré, fixé au 18 janvier 2026, s’inscrit dans une série de procédures visant d’anciens détenus d’opinion, maintenus sous pression judiciaire même après leur libération. Suivie de près par les proches de Zarfa et les défenseurs des droits humains, cette affaire, comme toutes les autres, met une nouvelle fois en lumière les graves atteintes aux libertés fondamentales et les doutes récurrents sur le respect du droit à un procès équitable.

Le poète Hamoud Tchekrabi placé en garde à vue

Le poète et ancien détenu d’opinion Hamoud Tchekrabi a été arrêté à son domicile familial à Baghlia, dans la wilaya de Boumerdès, dans une opération qui s’inscrit une fois de plus dans la logique de répression systématique des voix critiques. L’interpellation, menée par des éléments de la sécurité intérieure, s’est soldée par son placement en garde à vue, avant qu’il ne soit soumis à un contrôle judiciaire dans l’attente de sa comparution devant le procureur de la République — une procédure devenue familière pour les artistes et militants dérangeants pour le pouvoir. En Algérie, la dissidence est interdite et punie par l’arbitraire.

Cette nouvelle arrestation est une énième preuve que le pouvoir n’entend pas desserrer le corset répressif sur le pays. Hamoud Tchekrabi est reconnu pour ses prises de position critiques et son engagement artistique et politique, précisément ce qui semble aujourd’hui lui valoir d’être à nouveau ciblé. À travers ce cas, – un énième – c’est la liberté d’expression et de création artistique qui se trouve une fois encore bafouée, suscitant de nombreux appels à mettre fin à la criminalisation de la pensée critique et au harcèlement judiciaire des artistes en Algérie.

L’ingénieur Youssef Belourghi condamné

L’ingénieur et militant Youssef Belourghi a eu droit à la version expresse de la justice à Batna : comparution immédiate, verdict tout aussi immédiat, et un an de prison ferme servi sans délai. Dans cette justice à flux tendu, nul besoin de temps pour la défense ni de réflexion approfondie : le mandat de dépôt est tombé aussitôt, garantissant une incarcération rapide et efficace, comme il se doit lorsque l’accusé a le tort de militer.

Sans surprise, cette démonstration de célérité judiciaire suscite l’indignation. Personne toutefois ne s’étonne plus qu’un procès expéditif et arbitraire puisse encore être qualifié de procès tout court. L’Etat de droit a vécu. Les défenseurs des droits humains dénoncent une parodie de justice où les garanties d’un procès équitable semblent être optionnelles. Pendant ce temps, organisations et militants réclament la libération de Youssef Belourghi, rappelant — visiblement en vain — que les libertés fondamentales ne devraient pas être traitées comme des délits à juger en urgence.

Zohir Kedam, toujours en détention provisoire

Zohir Kedam est détenu à Alger depuis près de deux mois dans une affaire aux contours encore flous. Aucune communication officielle détaillée n’a précisé les faits reprochés ni le déroulement de la procédure judiciaire. Des informations non confirmées évoquent une condamnation à deux ans de prison ferme. Il serait poursuivi pour outrage au président de la République et atteinte à l’intérêt national via des publications, rapporte Riposte Internationale. Rien que ça ! Ce manque de transparence alimente les inquiétudes de ses proches et des défenseurs des libertés publiques. L’affaire relance le débat sur la liberté d’expression et la judiciarisation des opinions en Algérie.

Synthèse de Rabah Aït Abache à partir de la lettre hebdomadaire de l’ONG Riposte Internationale

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Coupe d’Algérie : le CS Constantine et le MC Saïda passent en quarts

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Coupe d'Algérie

Le CS Constantine et le MC Saïda sont qualifiés pour les quarts de finale de la Coupe d’Algérie. Les deux formations ont validé leurs tickets après avoir écarté, respectivement, l’ES Sétif (2-1) et l’ASO Chlef lors de la suite des 8es de finale de Dame Coupe disputée ce vendredi.

Dans un beau duel entre deux sociétaires de la Ligue 1 Mobilis, les Sanafir ont eu le dernier mot, non sans se faire quelque peu peur. En effet, les Sétifiens ont été les premiers à trouver le chemin des filets, et ce, à la 19e minute par l’entremise de Hamidi.

Cependant, les Vert et Noir ont réussi à revenir dans la partie au moment opportun après avoir égalisé juste avant la pause grâce à leur capitaine Dib qui a transformé un penalty dans le temps additionnel dans la première mi-temps (45’+7).

De nouveau à égalité, aucun des deux protagonistes n’a réussi à reprendre l’avantage durant la seconde période. Ainsi, le CSC et l’ESS ont dû recourir aux prolongations pour se départager.

Et la délivrance côté constantinois est venue à la 111e minute à la suite d’un petit bijou signé Bouzekri. Avant de libérer les siens, le porteur du numéro 7 a gratifié le public d’un joli geste technique, en crochetant son vis-à-vis, avant d’adresser un véritable coup de canon dès 30 mètres. Même s’il était sur la trajectoire du ballon, le portier sétifien n’a rien pu faire pour parer ce tir surpuissant.

À Chlef, la hiérarchie n’a pas été respectée entre l’hôte, pensionnaire de la Ligue 1 Mobilis, et l’équipe visiteuse, activant en Ligue 2 amateur. Grâce à Benouis, auteur de l’unique réalisation de cette partie (61′), les Saïdis ont créé la surprise et poursuivent l’aventure dans l’épreuve populaire.

Le tableau des quarts de la Coupe d’Algérie se complètera ce samedi après le déroulement du dernier 8e de finale prévu au stade de l’Unité Maghrébine de Béjaïa entre la JSM Béjaïa, dernier représentant de l’Inter-régions (D3) et le NA Husseïn Dey, formation de Ligue 2.

En attendant de connaître l’identité du dernier qualifié pour la suite de la compétition, on connaît déjà trois des quatre affiches des quarts de finale. En effet, il y aura un derby algérois explosif entre le MC Alger et le CR Belouizdad. De son côté, l’USM Alger, tenante du trophée, croisera le fer avec la JS Saoura, dans une autre confrontation entre deux équipes de l’élite.

Pour sa part, le CA Batna en découdra avec le MC Saïda, dans un duel 100 % Ligue 2, alors que le CS Constantine aura pour adversaire le vainqueur du match JSM Béjaïa – NA Husseïn Dey.

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Trump nomme Tony Blair et Marco Rubio à son Conseil de la paix pour Gaza

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Gaza bombardée par l'armée israélienne
Le peuple gazaoui écrasé par deux ans d'une guerre effroyable.

Donald Trump a dévoilé vendredi la composition du Conseil de la paix pour Gaza, une instance appelée à piloter la sortie de guerre d’un territoire palestinien dévasté par plus d’un an de combats. Evidemment, ici manifestement il n’y a nulle place ni à l’OLP, ni à un quelconque mouvement palestinien. Le contrôle est américain.

Le président américain, qui présidera lui-même ce conseil, a convié autour de la table le secrétaire d’État Marco Rubio, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, ainsi qu’un aréopage de diplomates, d’hommes d’affaires et de proches politiques.

L’annonce intervient alors que la bande de Gaza porte encore les stigmates d’une guerre d’une ampleur inédite. Lancé après l’attaque du Hamas contre Israël, le conflit a provoqué la mort de dizaines de milliers de Palestiniens (plus de 70 000 morts palestiniens) rasé des quartiers entiers, détruit hôpitaux, écoles et réseaux essentiels, et plongé plus de deux millions d’habitants dans une crise humanitaire extrême. Un cessez-le-feu fragile, obtenu le 10 octobre sous la pression de Washington, a mis fin aux combats ouverts sans pour autant faire disparaître les tensions. Plus de 100 enfants sont tués ces derniers jours dans des attaques israéliennes.

Deux jours avant la présentation du Conseil, Steve Witkoff, émissaire spécial de Donald Trump, avait annoncé le lancement de la deuxième phase du plan Trump pour Gaza. Celle-ci prévoit le désarmement du Hamas, le retrait progressif des troupes israéliennes et le déploiement d’une Force internationale de stabilisation, conformément à une résolution entérinée par le Conseil de sécurité de l’ONU en novembre.

Le Conseil de la paix devra superviser cette transition ainsi que l’action d’un comité palestinien temporaire et technocratique de quinze membres, chargé d’administrer le territoire dans l’attente d’une solution politique durable.

Outre Marco Rubio et Tony Blair, sa composition inclut Steve Witkoff, Jared Kushner – gendre de Donald Trump et médiateur officieux –, le président de la Banque mondiale Ajay Banga, ainsi que le financier Marc Rowan et le conseiller Robert Gabriel. Cinq des sept membres sont Américains. C’est dire la mainmise américaine sur Gaza, ce qui n’est pas loin du plan initial de Trump quand il parlait de la riviera de Gaza alors que celle-ci était à feu et à sang..

Selon la Maison Blanche, chacun sera responsable d’un secteur clé : gouvernance, sécurité, reconstruction, investissements et financement international. Donald Trump, fidèle à sa rhétorique, a salué « le conseil le plus prestigieux jamais assemblé ».

Revoilà Blair !!!

La composante de ce conseil dit de paix pose beaucoup de questions. La nomination de Tony Blair, annoncée dès octobre, continue toutefois de susciter de vives réticences dans le monde arabe, en raison de son rôle dans l’invasion de l’Irak en 2003. Le diplomate bulgare Nickolay Mladenov a par ailleurs été désigné Haut représentant pour Gaza, tandis que le général américain Jasper Jeffers commandera la force internationale chargée de sécuriser le territoire et de former une police palestinienne.

La reconstruction devrait s’appuyer largement sur le plan égyptien arabo-islamique adopté en mars 2025 avec le soutien européen, en réponse à une précédente proposition de Donald Trump visant à placer Gaza sous contrôle américain.

Sur le terrain, la réalité reste loin des annonces. De nouvelles frappes israéliennes ont été menées cette semaine, dénoncées par le Hamas comme une « violation » du cessez-le-feu. Le mouvement de résistance palestinienne, qui avait rejeté dès octobre la création du Conseil de la paix, y voit une résurgence d’une logique de tutelle internationale rappelant « l’ère des mandats et du colonialisme ».

Avec agences

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Marseille : Marine Le Pen transforme les vœux de Franck Allisio en meeting

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Des manifestants opposés à la présence de Marine Le Pen à Marseille.
Des manifestants opposés à la présence de Marine Le Pen à Marseille.

En pleine séquence judiciaire, Marine Le Pen était présente au Parc Chanot à Marseille ce vendredi 16 janvier pour soutenir Franck Allisio, tête de liste RN aux prochaines élections municipales. Une présence symbolique a priori mais destinée à afficher la confiance de la direction nationale dans son candidat et à donner à la soirée l’allure d’un véritable meeting de campagne.

La campagne pour les municipales s’emballe à Marseille. Il est environ 18 h30 lorsque les portes du Parc Chanot s’ouvrent. L’air est chargé d’attente. À l’intérieur, plus de 1 200 personnes se pressent pour assister aux vœux de Franck Allisio, mais tous les regards sont tournés vers Marine Le Pen, l’invitée d’honneur. La salle, déjà pleine, vibre d’une énergie mêlant excitation et impatience.

Ce n’est pas sa première venue à Marseille : en 2014 et 2020, elle était venue soutenir Stéphane Ravier lors des municipales. Mais cette fois, le contexte est différent : Marine Le Pen s’expose dans une ville où le Rassemblement national cherche à consolider sa présence, et où la population d’origine maghrébine représente un électorat sensible à ses positions sur l’immigration et l’histoire coloniale.

Marine Le Pen. Crédit : RN

À l’extérieur, environ 200 manifestants antifascistes scandent des slogans : « Marseille, Marseille, antifas » ou « La jeunesse emmerde le Front national ». Encadrés par quelques CRS, ils rappellent la polarisation politique de la ville et créent un contrepoint sonore à l’effervescence du Parc Chanot.

À l’intérieur, le début du discours est interrompu par un incident qui marque la soirée. Après les mots de Franck Allisio, un homme se lève et lance un chant antifasciste : « samio tutti antifasciti ». Quelques sifflets percent dans l’assemblée, un silence surpris s’installe. Marine Le Pen, avec son habituelle ironie, réplique : « C’est quoi ? Une Femen ? Une boule puante ?» Les murmures se mêlent aux rires et aux applaudissements, et elle reprend aussitôt son fil, naviguant entre enjeux municipaux et débats nationaux, tout en gardant en arrière-plan le procès en appel qui la concerne dans l’affaire des assistants parlementaires européens.

Franck Allisio, crédité de 30 % d’intentions de vote, observe la scène. Cette mobilisation dépasse largement une simple réunion de vœux : elle constitue un signal politique fort, destiné à galvaniser militants et électeurs. Marseille, longtemps considérée comme un bastion difficile pour le RN, devient le temps d’une soirée le théâtre d’une démonstration de force, où acclamations et protestations se croisent sous les yeux des journalistes et observateurs.

La soirée s’achève sur une ambiance double, entre tension palpable et ferveur des militants. Le Parc Chanot, saturé de monde, a servi de scène à la polarisation politique marseillaise, offrant un moment où le national et le local se télescopent, dans une ville dont le passé et la composition démographique rendent chaque visite de Marine Le Pen particulièrement chargée de symboles.

Mourad Benyahia 

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