Comment peut-on vivre dans un monde bruyant qui nous tourne le dos ? Comment espérer de la quiétude quand tout autour de nous rappelle l’absurdité d’une vie dénuée de toute âme ? La réponse vient par bribes dans le nouveau recueil de poésie de Sadrina Aissani paru cette année à compte d’auteur aux éditions El-Amir.
Autant les virgules sont, dit-on, la respiration de la phrase, les silences sont l’esprit de la vie. Ils sont quelquefois autant d’escales nécessaires pour reprendre le souffle et regarder vers le haut, vers l’horizon des espérances. Combien de fois où ceux qui se sentent seuls, écartés ou rejetés par les vicissitudes de la vie, ont-ils besoin du silence pour se reconstruire, partir sur de nouvelles bases et espérer aller de l’avant, vers le salut ?
Cette interrogation n’est pas du tout anodine et appelle à être regardée avec sérieux. Parler avec soi dans le silence du cœur n’est-il pas la meilleure catharsis spirituelle ? Souvent, on minimise la valeur du silence et de la méditation dans notre vie de tous les jours. Or, rien ne vaille que le silence quand survient l’irréparable. A vrai dire, dans ce modeste recueil de poésie, les mots résonnent en échos furtifs et nous transportent vers des lointains horizons où l’on apprend à suivre les vagues des émotions.
Sadrina Aissani prend soin de choisir ses rimes comme dans une partition musicale, de jouer avec des mots, de sortir des sentiers battus pour nous offrir un texte authentique, le plus proche de la réalité possible : la réalité des gens qui souffrent dans le silence, des personnes aux besoins spécifiques, des malades, des solitaires, etc. Sadrina donne une place aux invisibles, à ceux que l’on tente d’effacer du décor, les sans-voix, les « moins-que-rien », les rejetés, les marginaux, etc.
Quand on lit ce recueil, on prend acte de l’audace de l’auteure, de sa détermination à sortir de sa petite « zone de confort » pour relater avec une fascinante densité la vie de ceux d’en bas, de ses efforts pour donner quelque chose d’utile à la société, de sa volonté de porter à bras le corps les préoccupations de ceux qui souffrent. Et si, certes, la poésie comme art majeur de la brièveté et de la concision ne suffit pas à faire le tour de la question avec exhaustivité, elle n’en reste pas moins d’une profondeur sémantique et verbale dans le cas de la poétesse d’Ath Waghliss.
C’est un langage du cœur, verbalisé avec des vers. Des vers qui se parlent et qui nous parlent, dans une intimité contenue dans une sorte de maison de verre. La poésie n’est pas, après tout, d’après elle, un privilège ou un luxe pour les nantis du verbe, ces « intellos » qui se cachent derrière leur aura élitiste pour nous décrire un monde aussi impénétrable qu’indéchiffrable mais un souffle, une ode, un appel vital à surmonter le mur de l’indifférence.
En réalité, le présent recueil fait suite au premier déjà présenté dans les colonnes du site du Matin d’Algérie : « Plume Vacillante », paru aux éditions de La Pensée où il était question d’une sensibilité à fleur de peau autour de l’art de l’écriture et de la création.
La poétesse de Sidi Aich compte d’ailleurs diversifier l’éventail des thèmes de ses futurs écrits pour toucher un large public, notamment les enfants. Bref, il est un juste rappel concernant «Au rythme des silences» : la poésie est un art à ne pas ignorer ni à sous-estimer. C’est une manière des plus belles et des plus utiles pour dire l’indicible, pour toucher à la fibre sensible de l’humain, dans ses coins et recoins les plus sombres, pour guérir et soigner, pour se comprendre soi-même et comprendre ce qui nous entoure. La poésie, c’est la voix des marges qui se déploie dans le spectre lumineux du verbe pour parvenir au centre des émotions les plus indescriptibles.
Si Aissani avait réussi un quelconque défi, ce serait celui de porter sa fragilité d’artiste et de femme comme un étendard de sa force. Une force « puissante » qui, à travers la douceur de ses silences, nous plonge dans un espoir sans limites, une sorte d’appel courageux à la vie…
Kamal Guerroua
Sadrina Aissani, Au rythme des silences, édition El-Amir, 2025, Alger, 136 pages.
Caracas bombardée par l'armée américaine cette nuit.
De fortes explosions avec des bruits ressemblant à des survols d’avions ont été entendus vers 2h (6h TU) samedi à Caracas, la capitale du Venezuela, a constaté un journaliste de l’AFP. Le président Maduro décrète l’état d’exception et appelle à la « mobilisation ».
Caracas sous les bombes américaines
Donald Trump est donc passé à l’action après ses nombreuses menaces contre le Venezuela et Nicolas Maduro. De fortes explosions avec des bruits ressemblant à des survols d’avions ont été entendus vers 02H00 (06H00 GMT) samedi à Caracas, a constaté un journaliste de l’AFP. Des bruits d’explosion continuaient à être entendus vers 02H15 (06H15 GMT).
Le Venezuela a dénoncé samedi une « très grave agression militaire » après les explosions qui ont secoué la capitale dans la nuit, et le président Nicolas Maduro a décrété l’état d’exception.
Ces déflagrations surviennent alors que le président américain, Donald Trump, a évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président vénézuélien, Nicolas Maduro, étaient « comptés », après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes.
Les habitants témoins des explosions.Certaines ont secoué les fenêtres des kilomètres à la ronde sans qu’il soit possible de les localiser précisément dans l’immédiat. Elle semblent avoir eu lieu dans le sud et l’est de la capitale vénézuélienne, et possiblement à Fuerte Tiuna, l’énorme enclave militaire dans la ville.
Le président colombien Gustavo Petro condamne l’attaque aux « missiles » contre Caracas. Le dirigeant a réclamé une réunion « immédiate » de l’Organisation des Etats américains et de l’ONU.
La Bourse du Travail de Saint-Denis (île de France) s’apprête à vibrer au rythme de la mémoire et de la poésie berbère.
À l’occasion de la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante, proclamée par l’UNESCO et célébrée chaque 24 janvier depuis 2019, la ville rend hommage à Lounès Matoub, chanteur et poète kabyle engagé, assassiné en 1998, dont la voix reste un symbole universel de liberté et de résistance.
L’événement, organisé par les associations Apulivre et Maison Amazigh de Saint-Denis (AMABSD), avec le soutien de la municipalité, sera parrainé par Nadia Matoub, veuve de l’artiste. Cette journée se veut à la fois un moment de célébration et de réflexion, un espace où la culture devient vecteur de mémoire et d’émancipation.
Parmi les temps forts, l’exposition et les lectures poétiques d’Arwa Ben Dhia, poétesse franco-tunisienne et ingénieure, membre d’Apulivre, permettront de découvrir des voix contemporaines en dialogue avec l’héritage de Matoub.
Les participants pourront également assister à des conférences et des moments d’échange autour de l’œuvre et de l’engagement de l’artiste, qui a marqué l’histoire de la Kabylie et inspiré des générations au-delà des frontières.
La programmation inclut un salon du livre, offrant un espace de rencontres entre auteurs, lecteurs et passionnés de culture africaine et afro-descendante. Ces initiatives rappellent que la culture est plus qu’un patrimoine : elle est un outil de résistance, de dialogue et de transmission.
Pour les organisateurs, cette journée est aussi un moyen de rappeler l’importance de célébrer des figures comme Lounès Matoub, dont la trajectoire artistique et politique continue de résonner face aux défis contemporains de liberté et d’expression. Saint-Denis, ville pluriculturelle, devient pour quelques heures le lieu d’un hommage collectif et d’une rencontre avec l’histoire vivante de la culture africaine et afro-descendante.
Djamal Guettala
le samedi 24 janvier 2026, de 13h à 19h, à la Bourse du Travail de Saint-Denis (9-11 rue Génin, 93200 Saint-Denis, France).
Saïd Saayoud lève le pied sur le champignon pour calmer la route qui gronde. Crédit photo : DR
Dans un climat marqué par une grogne sociale latente, les pouvoirs publics ont multiplié ces derniers jours les signaux d’apaisement autour du projet de loi portant code de la route. Une réunion de concertation, présidée par le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales, de l’Aménagement du territoire et des transports, s’est tenue avec les principaux partenaires sociaux et syndicats de transporteurs.
L’ombrageux Saïd Saayoud s’en même pour éteindre l’incendie qui commence à prendre suite à l’annonce du projet de loi sur le code de la route. Une initiative présentée comme une ouverture au dialogue, mais qui soulève des interrogations de fond sur la cohérence du processus législatif en cours.
Selon le communiqué officiel ayant sanctionné cette rencontre, les autorités ont tenu à préciser que le projet de loi est « toujours en cours d’étude dans le cadre du circuit législatif en vigueur » et demeure « ouvert à l’enrichissement ». Un message destiné à rassurer, notamment sur les dispositions sensibles liées à la tarification des transports et aux sanctions prévues.
Toutefois, cette démarche intervient dans un contexte particulier : le texte a déjà été adopté à une large majorité par l’Assemblée populaire nationale. Ce décalage entre la validation par la chambre basse et la relance de la concertation sociale alimente les critiques sur la temporalité du dialogue et la portée réelle du vote parlementaire.
C’est dans ce cadre que le département du ministère dirigé par Saïd Saayoud est appelé à jouer un rôle central. Selon les engagements pris lors des discussions avec les syndicats, ce département ministériel entend prendre en charge les préoccupations exprimées par les professionnels du secteur et les intégrer lors de la prochaine étape du processus, à savoir la soumission du texte au Conseil de la nation. Les amendements envisagés devraient ainsi être portés dans le débat sénatorial, offrant une marge de réajustement institutionnelle au projet de loi.
Cette situation met en lumière une forme de déconnexion entre le vote des députés, censés représenter la voix populaire, et l’accueil réservé au texte sur le terrain. Alors que la loi a été validée dans l’hémicycle, une partie significative de l’opinion publique et des acteurs du transport continue d’exprimer ses réserves, voire son rejet, notamment face au caractère jugé coercitif de certaines dispositions.
Sur le plan strictement législatif, la question demeure : à quoi sert le vote parlementaire si l’exécutif annonce, dans la foulée, son intention de revoir le contenu du texte ? En principe, une loi adoptée par l’Assemblée constitue un acte quasi achevé, appelé à être examiné par les sénateurs avant sa promulgation et sa publication au Journal officiel.
La logique institutionnelle voudrait que les phases d’écoute, de concertation et d’enrichissement se déroulent en amont du vote. En ouvrant la voie à des ajustements après l’adoption par la chambre basse, les autorités semblent tenter un exercice d’équilibrisme entre le respect des procédures et la nécessité de désamorcer une tension sociale persistante.
Pour de nombreux observateurs, cette séquence révèle surtout les limites des mécanismes de consultation préalable. La promesse d’amendements au stade du Conseil de la nation apparaît désormais comme un test de crédibilité pour l’exécutif, et en particulier pour le ministère des Transports, chargé de traduire politiquement les revendications des syndicats.
La suite du processus législatif sera donc déterminante. C’est à travers le débat sénatorial et, in fine, la version publiée au Journal officiel que se mesurera la capacité des institutions à concilier impératif parlementaire et prise en compte effective des réalités sociales. Seule cette issue permettra de trancher entre un simple ajustement de forme et une réelle inflexion du contenu de la loi.
Les automobilistes algériens devront payer plus cher le carburant. Crédit photo : DR
L’Algérie a une manière élégante de commencer l’année. Elle souhaite le bonheur, puis elle le facture. La hausse du carburant n’est pas une mesure, c’est un signal. Un coup de klaxon au réveil pour rappeler que la caisse existe encore et que nous aussi, nous sommes toujours là pour régler.
Ce n’est pas l’essence qui augmente, c’est le quotidien qui se resserre. Le carburant reste le robinet principal. On tourne la poignée et tout suit. Transport, pain, tomate, pièces détachées, services, prix, humeur. Une hausse à la pompe et, par un mécanisme parfaitement rodé, la vie devient plus courte, plus chère, plus étroite. On appelle cela un ajustement. Pour nous, c’est simplement encore.
La gifle est toujours accompagnée d’une phrase censée calmer. Elle annonce surtout qu’il faut s’habituer. Qu’il vaut mieux encaisser sans trop regarder. Elle sert à anesthésier l’addition.
Les premiers à encaisser sont connus d’avance. Les chauffeurs.
Visibles, utiles, faciles à viser. Ils tiennent la ville par le volant pendant que d’autres tiennent le pays par la parole. Et comme la hausse ne suffit jamais, on ajoute la morale. Une loi, quelques comportements isolés, et c’est toute une profession qui passe à la caisse. PV distribués à l’humeur, contrôles au hasard, sermons en prime. Officiellement, il s’agit d’ordre et de sécurité. Dans la rue, cela ressemble surtout à une collecte.
Dans la foulée, on s’en prend aux taxis clandestins.
Personne ne choisit la clandestinité par goût. On y glisse par nécessité, quand le transport public manque et que la fin de mois serre. Ce n’est ni une vertu ni un modèle, c’est une béquille. Le symptôme d’un service absent. Mais il est plus simple de fabriquer des coupables que de réparer un système. Une arrestation fait une image. Une politique demande du temps.
Puis la scène devient plus intime. La poche.
Personne ne sacralise le liquide. On s’y accroche quand la confiance disparaît. Le billet n’est pas une idéologie, c’est un réflexe de survie dans un système bancaire qui rassure moins qu’un tiroir. Et au lieu de réparer l’outil, on serre l’utilisateur. Nous ne sommes plus des clients. Nous devenons des tirelires qu’on secoue quand la caisse tousse.
Dans la vitrine, le dinar suit.
Il ne baisse plus, il s’effrite. Et cet effritement n’a rien d’abstrait. Il se lit dans le panier qui maigrit, le salaire qui rapetisse, les projets qui parlent à voix basse, presque gênés d’exister.
Pendant ce temps, la gouvernance continue à la décoration.
Des ministres choisis non pour la compétence, mais pour la docilité. L’expérience se mesure à la capacité de répéter, d’inaugurer, de rassurer. La phrase compte plus que la structure. Le béton peut fissurer, l’excuse, elle, arrive toujours à l’heure.
Tout cela obéit à une logique simple. La realpolitik version nif.
La tête haute remplace la tête pleine. La posture tient lieu de pensée. La phrase gonflée tient lieu de vision. Et à force de gouverner le nez en l’air, ce n’est pas de la grandeur qui tombe. C’est une bêtise bien habillée.
Nous connaissons la suite.
Patience. Sacrifice. Conjoncture. Complot.
Tout est prêt, sauf l’essentiel. Reconnaître l’échec et en assumer le prix.
Alors oui, bonne année, citoyens. Et bon courage au réel. Celui qu’on ne lit jamais au Parlement.
En Algérie, la fatalité a un calendrier. Tous les dix ans, le boomerang revient.
Les mirages se dissipent, la boue remonte, les caisses sonnent creux.
Le reste relève de la responsabilité de la chaîne de commandement.
Mohamed Arkab, ministre de l'Energie et des mines. Crédit photo : DR
La hausse des prix des carburants, entrée en vigueur en Algérie dans la nuit du 1ᵉʳ janvier 2026, continue de susciter interrogations et réactions dans l’opinion publique. Appliquée sans communication officielle préalable, la mesure a d’abord été constatée directement par les automobilistes dans les stations-service, avant d’être expliquée, a posteriori, par le ministère des hydrocarbures et des Mines.
Dans un communiqué rendu public ultérieurement, le département ministériel de M. Arkab précise que cette révision tarifaire s’inscrit dans une démarche visant à assurer un approvisionnement régulier et durable du marché national, dans un contexte marqué par la hausse des coûts de production, de transport et de distribution des produits pétroliers.
Le ministère souligne que, malgré cette augmentation, l’État continue d’assumer la majeure partie de l’écart entre le coût réel du carburant et les prix appliqués à la pompe. Une politique de soutien qui, selon les autorités, vise à préserver le pouvoir d’achat des ménages et à amortir l’impact des fluctuations économiques sur les consommateurs.
Dans le détail, les nouveaux tarifs concernent plusieurs types de carburants. Le prix du litre d’essence est passé de 45,62 dinars à 47 dinars, soit une augmentation de 1,38 dinar. Le gasoil (mazout) est désormais fixé à 31 dinars le litre, contre 29,01 dinars auparavant (+1,99 dinar). Quant au GPL/C, son prix a été réajusté de 9 à 12 dinars le litre, enregistrant la hausse la plus significative.
Le ministère assure que cette révision a été opérée conformément aux textes législatifs et réglementaires en vigueur, et qu’elle vise à trouver un équilibre entre la pérennité du service public énergétique et la protection du consommateur. Il rappelle également que les prix des carburants en Algérie n’avaient pas été modifiés depuis 2020 et demeurent, selon les autorités, parmi les plus bas au niveau international.
Reste que la méthode d’application de cette hausse, sans annonce officielle préalable, a alimenté un sentiment de malaise et de défiance. La diffusion rapide de l’information sur les réseaux sociaux, bien avant toute communication institutionnelle, a renforcé les critiques sur le manque de transparence et de pédagogie autour d’une décision aux répercussions directes sur le coût du transport et, plus largement, sur les prix à la consommation.
Si le gouvernement met en avant des impératifs économiques et budgétaires, cette séquence révèle une nouvelle fois l’importance de la communication publique dans la gestion de mesures sensibles, dont l’impact dépasse largement le seul secteur de l’énergie.
En l’espace de deux jours, le Syndicat national des transporteurs par taxi (SNTT), affilié à l’UGTA, a opéré un infléchissement notable de sa ligne.
Après un premier communiqué alarmiste publié au lendemain de l’entrée en vigueur de nouvelles mesures économiques et réglementaires, l’organisation syndicale a opté, dès le 2 janvier, pour une stratégie d’apaisement et de dialogue. Un repositionnement qui intervient à la veille d’un moment socialement sensible : la rentrée scolaire.
Le 1er janvier 2026 a marqué une accumulation de contraintes pour les professionnels du transport individuel. Dans son communiqué n°01/2026, le bureau exécutif national du SNTT dressait un constat sévère de la situation du secteur, évoquant un climat de « tension » au sein de la base syndicale.
Deux facteurs majeurs étaient mis en avant. D’une part, l’application stricte du nouveau code de la route, perçue comme une pression supplémentaire sur des exploitants déjà fragilisés. D’autre part, la hausse des prix des carburants, entrée en vigueur à la même date, qui pèse directement sur les marges et la viabilité économique de l’activité. Le syndicat mettait alors en garde contre les risques de déstabilisation du secteur en l’absence de mesures d’accompagnement claires.
Un changement de cap dicté par le contexte social
Moins de vingt-quatre heures plus tard, le discours syndical s’est sensiblement modéré. Dans un second communiqué (n°02/2026), le SNTT a appelé ses adhérents à la retenue, invoquant la nécessité de préserver la continuité du service public à l’approche de la reprise des cours, prévue pour le dimanche 4 janvier.
Le syndicat a ainsi exhorté les chauffeurs de taxi à faire preuve de « discipline » et de « conscience professionnelle », soulignant l’impact qu’un éventuel mouvement de protestation pourrait avoir sur la mobilité des citoyens, notamment des élèves et de leurs familles. Ce revirement traduit une prise en compte explicite de l’enjeu social et de la responsabilité du secteur dans le fonctionnement quotidien des villes.
Le rôle central de l’UGTA dans la désescalade
Cette stratégie d’apaisement s’appuie sur l’intervention directe de la centrale syndicale. Le SNTT a fait état de l’engagement du secrétaire général de l’UGTA, Amar Takdjout, à porter les revendications des chauffeurs auprès des autorités concernées.
L’organisation syndicale justifie ce choix par plusieurs arguments : la nécessité de préserver l’unité des rangs face aux appels à la contestation venant de d’horizons divers, la volonté de privilégier un cadre légal et structuré, ainsi que l’existence de signaux jugés « positifs » dans les échanges avec les ministères de tutelle. Le maintien de la paix sociale apparaît ainsi comme une priorité affichée, dans un contexte économique déjà marqué par de fortes tensions.
Une réunion nationale décisive
L’accalmie observée n’efface toutefois pas les revendications de fond. La réunion nationale prévue le lundi 5 janvier 2026 au siège de la centrale syndicale reste maintenue et s’annonce déterminante. Elle constituera un test pour la direction du SNTT, appelée à démontrer à sa base que le choix du dialogue peut déboucher sur des avancées concrètes.
Au cœur des attentes figurent notamment la révision des tarifs du transport par taxi et la mise en place de mécanismes de compensation face à la hausse des coûts énergétiques. Autant de dossiers qui conditionneront, dans les semaines à venir, l’équilibre fragile entre grogne sociale et impératif de service public.
Depuis la fin décembre, Téhéran et plusieurs villes iraniennes vivent au rythme de la colère populaire. Les rideaux des boutiques baissés, les amphithéâtres désertés, les cris étouffés qui se transforment en hurlements : la République islamique fait face à ce qui pourrait être la plus vaste mobilisation depuis trois ans.
Dans les bazars de la capitale, les échoppes désertes deviennent autant de symboles de rébellion silencieuse. Le rial chute, les prix s’emballent, et chaque jour est une lutte pour survivre. Les commerçants scandent à voix haute : « Assez de mensonges ! Assez de promesses ! » Dans les rues, étudiants et jeunes travailleurs marchent côte à côte, frappant le pavé avec détermination, brandissant leur colère comme un étendard.
À Lordegan, Kouhdasht et Azna, les scènes se répètent : les forces anti-émeutes avancent sous un nuage de gaz lacrymogène, des tirs retentissent sporadiquement, les habitants se barricadent. Certains jettent des pierres, d’autres filment avec leurs téléphones pour que le monde voie. La peur se mêle à la détermination. Un étudiant de Téhéran confie, la voix brisée : « Nous avons faim, nous avons peur, mais nous ne nous tairons plus ».
Les victimes sont déjà comptées. Des morts et de nombreux blessés dans plusieurs provinces, des familles en deuil, des hôpitaux saturés : la répression nourrit la rage. Chaque arrestation, chaque coup porté renforce la conviction que le régime ne pourra plus contenir l’aspiration du peuple à une vie digne.
Les autorités tentent des gestes symboliques : un nouveau gouverneur à la banque centrale, quelques promesses de réformes, mais la rue semble sourde à ces signaux. Les manifestants réclament plus qu’un correctif économique : justice et dignité. Ce qui se joue aujourd’hui dépasse le pouvoir d’achat : c’est une fracture profonde entre un régime incapable et une population consciente de ses droits.
Les slogans ne se limitent plus à l’économie. Ils s’attaquent au cœur du pouvoir, à l’autorité du guide suprême. Le mouvement traverse les générations et les classes sociales, hommes et femmes marchant ensemble. Chaque pancarte, chaque rideau baissé est un message clair : la patience a des limites.
Facteurs principaux aujourd’hui
L’inflation galopante, la chute du rial et le coût de la vie écrasent les familles. Mais la colère dépasse les chiffres : les manifestants dénoncent l’incapacité du régime à répondre aux besoins sociaux et à offrir des perspectives. Ce mélange de revendications économiques et de colère politique transforme la contestation en un véritable tremblement social et humain, traversant villes et villages, bazars et campus.
Dans les rues de Téhéran, les visages des manifestants racontent tout : l’inquiétude, la peur, mais aussi une détermination farouche. Chacun sait que les risques sont élevés : arrestations, blessures, parfois mort. Et pourtant, personne ne recule. Chaque pas dans le pavé est un cri, chaque rassemblement une affirmation : ce peuple ne veut plus être ignoré.
Aujourd’hui, la rue parle plus fort que les haut-parleurs officiels. Même sous la pression et la répression, la société iranienne entame une phase où le silence n’est plus possible. Les prochaines semaines diront si ce mouvement restera un cri économique ou s’il se transformera en un mouvement politique capable de redessiner le rapport entre le peuple et le pouvoir.
Au fil de cette œuvre, Jean-Yves Clément explore les méandres de la création chopinienne, là où la virtuosité technique, pourtant transcendante, s’efface devant une quête spirituelle et métaphysique absolue.
L’auteur ne se contente pas de retracer une vie ; il sonde l’intimité d’une œuvre pour y déceler le dialogue constant entre l’exil polonais, source d’une mélancolie indépassable, et l’effervescence parisienne, théâtre d’une vie sociale mondaine mais souvent superficielle. Jean-Yves Clément déchiffre ainsi la dualité d’un génie qui, refusant les concessions du spectacle, a fait du piano son unique patrie, son confident et le miroir fidèle de ses tourments les plus profonds.
Une exégèse au cœur du romantisme musical
L’ouvrage intitulé Les deux âmes de Frédéric Chopin, publié par les éditions Le Passeur, dans sa version revue et augmentée, constitue une pièce maîtresse, sinon l’épicentre, de la bibliographie de Jean-Yves Clément. Écrivain, éditeur et homme de musique total, il est notamment le fondateur des Lisztomanias, l’auteur s’est imposé au fil des décennies comme l’un des exégètes les plus sensibles et les plus pénétrants du romantisme musical. Son œuvre se définit par une exploration sans relâche des passerelles invisibles entre la psyché tourmentée des créateurs et la substance même de leur langage sonore. On lui doit notamment des essais de référence sur Franz Liszt, Alexandre Scriabine ou encore Glenn Gould, autant de figures habitées par une forme de radicalité artistique et de mystique du clavier.
Au-delà du mythe : une phénoménologie du génie
Dans cette étude magistrale sur Chopin, Jean-Yves Clément délaisse volontairement les sentiers battus de la biographie conventionnelle pour embrasser la complexité abyssale d’une personnalité scindée, prise en étau entre deux patries géographiques et deux mondes esthétiques. En s’éloignant de la simple chronologie linéaire des faits, il offre un regard renouvelé, presque phénoménologique, sur un compositeur trop souvent prisonnier de ses propres clichés sentimentaux et des imageries d’Épinal du XIXe siècle qui le figent en une figure éthérée et maladive. Clément préfère ici l’exégèse des forces motrices de l’esprit, révélant comment la structure même de la musique de Chopin, avec ses tensions harmoniques inouïes et ses ruptures de ton, est le reflet fidèle d’une lutte acharnée, presque désespérée, pour l’unité du moi.
La partition comme rempart et citadelle du moi
Cette analyse met en lumière un homme dont le déchirement intérieur, loin d’être un frein, devient le moteur paradoxal d’une rigueur formelle absolue, où chaque note est une tentative de suturer une faille identitaire profonde. Jean-Yves Clément démontre avec force que l’œuvre de Chopin n’est pas une simple émanation passive de la souffrance, ni une complaisance dans l’épanchement lyrique, mais bien une volonté de fer de dompter le chaos psychologique par une architecture sonore d’une précision millimétrée. Dans ce processus de création, la partition devient l’ultime rempart contre la désagrégation du moi ; elle est le seul lieu, l’unique espace souverain, où le compositeur parvient enfin à restaurer son intégrité et à réconcilier ses deux âmes. Clément souligne que derrière la fluidité apparente et le « rubato » se cache une discipline quasi mathématique, un ordre implacable imposé au désordre des sentiments. C’est précisément cette tension entre l’instabilité de la psyché et l’exigence de la forme qui confère à sa musique cette densité organique exceptionnelle, transformant le cri intérieur en une construction intellectuelle et sensible d’une pérennité universelle.
Le « roman musical » d’une vie consubstantielle au clavier
À travers cet essai biographique qu’il qualifie de « roman musical », Jean-Yves Clément s’écarte d’une approche strictement linéaire et chronologique pour explorer le mystère créateur de Chopin dans toute sa verticalité métaphysique. L’auteur délaisse volontairement l’énumération factuelle et la sécheresse documentaire au profit d’une immersion psychologique totale, cherchant à saisir l’ontologie même du génie plutôt que les contingences de son existence terrestre. Il dépeint un musicien dont la vie est consubstantiellement indissociable de son instrument, affirmant que pour Chopin, le piano constitue un écosystème clos et autosuffisant, agissant comme le berceau d’une imagination sans bornes mais aussi comme le tombeau d’une solitude irrémédiable.
Dans cette perspective, le clavier transcende sa fonction d’outil d’expression ou de simple médium de virtuosité pour devenir un véritable espace vital, une extension à la fois physique et spirituelle du corps du compositeur. C’est dans ce périmètre sacré que Chopin s’enferme pour opérer une alchimie sonore, transformant le plomb de ses souffrances, de ses exils et de ses silences en une architecture musicale d’une précision cristalline. Cette approche phénoménologique permet de comprendre comment Chopin a pu bâtir une œuvre d’une telle densité organique et d’une telle universalité tout en demeurant, sa vie durant, dans le confinement monacal d’un instrument unique. En sublimant cette clôture, il parvient à transformer chaque touche en un nerf à vif et chaque résonance en un souffle métaphysique, faisant de la vibration de la corde l’écho direct des battements de son cœur.
Les 24 Préludes : une cartographie de l’âme déchirée
Le cœur battant de cet ouvrage réside dans l’analyse de la dualité intrinsèque du compositeur, cette « deuxième âme » évoquée par Pascal, qui se manifeste par un jeu constant de contrastes irréconciliables : Chopin est à la fois français par l’élégance de son trait et polonais par la profondeur de sa nostalgie, classique par la rigueur de sa forme et romantique par l’ardeur de son sentiment, profondément sociable dans les salons parisiens mais farouchement renfermé dans sa vie intérieure. Cette complexité est particulièrement mise en lumière à travers l’étude magistrale des 24 Préludes op. 28, que Jean-Yves Clément décrit comme les véritables « stations de l’âme » du musicien. Dans ces pièces brèves mais d’une intensité foudroyante, chaque prélude devient le réceptacle d’un état psychologique extrême, faisant osciller le lecteur et l’auditeur entre des sommets d’exaltation lumineuse et les gouffres d’un désespoir absolu. L’auteur démontre ainsi que Chopin ne compose pas de la musique de circonstance, mais qu’il cartographie, à travers la structure cyclique de ses préludes, les fragments d’une conscience déchirée entre la vie et le néant.
Une modernité prophétique : de la Sonate funèbre au XXe siècle
L’impact de l’œuvre de Chopin, tel qu’analysé par Jean-Yves Clément, dépasse largement les frontières chronologiques du XIXe siècle pour s’inscrire dans une perspective d’une stupéfiante actualité. L’auteur souligne une modernité inouïe dans l’écriture chopinienne, laquelle ne se contente pas de perfectionner les modèles hérités du passé, mais les pulvérise de l’intérieur par une force de déconstruction visionnaire pour inventer des formes radicalement neuves et prophétiques. C’est notamment le cas de la Deuxième Sonate, dite « funèbre », que Clément décrit comme un véritable chaos créateur, une rupture formelle brute où la cohérence classique s’effondre au profit d’une logique émotionnelle fragmentée.
Cette œuvre, loin d’être un simple monument funéraire aux accents prévisibles, s’impose comme une matrice de modernité absolue. Elle constitue un séisme esthétique dont l’audace harmonique, frôlant parfois l’atonalité, et la structure éclatée préfigurent les grands bouleversements musicaux du XXe siècle. Jean-Yves Clément démontre comment cette pièce a agi comme un catalyseur pour des génies de l’orchestre tels que Tchaïkovski, Mahler ou Chostakovitch. Ces derniers sont les héritiers directs de cette capacité chopinienne à traduire l’angoisse existentielle la plus nue en une structure sonore implacable, où le silence et le chaos font partie intégrante de l’architecture. En libérant la musique de la narration linéaire pour la plonger dans l’instantanéité de la conscience, Chopin n’a pas seulement ouvert la voie au post-romantisme, il a jeté les bases d’une modernité où l’œuvre devient le miroir des déchirements de l’homme moderne face au néant.
L’archange du clavier : vers une syntaxe inédite
L’apport de Chopin, tel que le dépeint Jean-Yves Clément, est celui d’un « archange du clavier » dont la mission fut de définir une syntaxe musicale inédite, totalement affranchie des carcans académiques et des développements thématiques laborieux qui encombraient la tradition classique. Sous sa plume, le piano subit une véritable métamorphose ontologique : il s’extrait de sa condition de simple instrument de démonstration ou de bravoure pyrotechnique pour devenir le véhicule d’une pensée pure, d’une abstraction sonore où l’esprit dialogue directement avec la matière.
Clément démontre avec acuité comment, chez Chopin, la technique la plus redoutable, celle qui exige une indépendance totale des doigts et une maîtrise absolue du souffle, s’efface systématiquement devant une poésie constante et une économie de moyens radicale. Cette ascèse créatrice ne cherche jamais l’effet pour l’effet ; elle privilégie la fulgurance du trait, l’audace de l’ellipse et une ambiguïté harmonique qui fragilise les piliers de la tonalité traditionnelle. En ce sens, l’écriture chopinienne préfigure les grandes révolutions musicales du XXe siècle : on y décèle les prémices de l’impressionnisme de Debussy dans le traitement des couleurs sonores, ainsi que les racines de l’atonalisme de l’école de Vienne dans ses chromatismes les plus audacieux. En isolant le piano pour en faire son unique laboratoire de l’absolu, Chopin a ouvert une brèche métaphysique par laquelle toute la musique moderne s’est engouffrée. Cette perspective renverse la lecture historique habituelle : elle fait de lui non pas le dernier représentant d’un romantisme finissant, mais bien le premier des modernes, celui qui a compris que l’instrument pouvait être le miroir d’une conscience fragmentée et le sismographe des secousses de l’âme.
L’architecte de l’invisible
Cet ouvrage démontre que si Chopin restait souvent hermétique au monde extérieur et étranger aux courants artistiques, littéraires ou aux débats esthétiques de son temps, il a paradoxalement puisé dans la solitude métaphysique de son exil et dans le creuset incandescent de ses souffrances intérieures pour forger un langage d’une portée universelle. Jean-Yves Clément met en lumière ce retrait volontaire et quasi monacal du monde : Chopin ne cherchait nullement à décrire le réel, mais à exprimer l’ineffable et l’absolu. Sa musique ne figure rien de direct ; elle refuse le pittoresque et ne s’encombre d’aucune anecdote narrative ni d’aucun programme descriptif. Elle se veut le réceptacle pur d’un monde intérieur infini, une exploration abyssale des zones d’ombre et de lumière de la conscience humaine où le silence lui-même devient une note.
Comme le souligne l’auteur en s’appuyant sur le témoignage intime et pénétrant de George Sand, la pensée de Chopin était d’une nature telle qu’elle ne pouvait se traduire qu’en musique, les mots s’avérant trop étroits, trop grossiers, pour contenir l’immensité et la subtilité de son paysage psychologique. Cette analyse finale consacre Chopin non pas comme un simple virtuose ou un compositeur de salon du XIXe siècle, mais comme un véritable architecte de l’invisible et un pionnier de la psychologie sonore. Son œuvre, ainsi dépouillée de son apparat romantique, continue de résonner par-delà les époques et les frontières, s’imposant comme une langue éternelle de l’âme humaine. En se faisant l’exégète de cette pensée non verbale, Jean-Yves Clément rend à Chopin sa véritable dimension : celle d’un prophète de la modernité qui a su transformer son isolement en une communion universelle.
Brahim Saci
Jean-Yves Clément, Les Deux Âmes de Frédéric Chopin, Paris, Le Passeur éditeur
En ces premiers jours de l’année, une des réflexions d’Albert Camus est venue à mon esprit. Pour lui, sans être capable de reproduire mot à mot la citation, « ce qui compte n’est pas la réalisation d’un vœu mais la capacité d’en refaire ».
Les vœux réciproques de bonheur et de chance pour la nouvelle année ne se sont pas taris, avant et après minuit de la fin d’année et se poursuivront pendant quelques jours. Dès le premier de l’an, je me suis rendu compte qu’il y avait une personne à laquelle je ne les avais pas souhaités, c’est à moi-même.
Car pour le début d’une année de chance, je pouvais espérer mieux. Il n’y a pas plus parlant que des exemples de la vie courante, ceux que je vais présenter se sont réellement passés avec la nouvelle année qui m’accueillait. J’ai tenu à vous en faire part, l’écriture modère les humeurs.
Plus de lait dans le frigidaire et les magasins ont cette curieuse habitude de fermer ce jour-là. Vous rendez-vous compte, être obligé de me passer du café au lait pour me retourner vers le café noir (j’ai l’excentricité de le boire uniquement à l’extérieur, dans les cafés). Je n’ai rien fait de mal dans ma vie pour être soumis à cette condamnation.
Puis ensuite, comme tous les matins, direction l’ordinateur pour rédiger une chronique lorsque l’inspiration est immédiate. Et voilà que mon ordinateur se bloque au démarrage. J’ai dit à la nouvelle année que c’était bien suffisant comme cela, j’avais entendu ses vœux mais qu’il fallait maintenant arrêter de me souhaiter toutes les chances. Il était 9 h du matin, j’en avais déjà fait le plein.
Mais le bonheur qui tape à votre porte est insistant. Une rapide lecture du relevé bancaire numérique m’apporte une autre carte de vœu, un plaisantin avait retiré en Hongrie 19 euros avec les références de ma carte bancaire. Pour lui, les souhaits de chance pour la nouvelle année ont bien été exaucés. Et si l’information m’en avait été transmise sur la nature de sa dépense et que ce soit pour acheter du lait, je l’aurais poursuivi jusqu’au bout du monde pour l’étrangler.
Et cela ne s’est pas arrêté de toute la journée. Il parait évident qu’Albert Camus n’a jamais goûté au café au lait, ne connaissait ni le prix d’un ordinateur neuf, ni la valeur des fichiers perdus et encore moins ce qu’est un compte bancaire piraté. Et je lui fais grâce de toutes les déconvenues de la journée, il est bien connu que le grand écrivain avait un esprit déjà assez torturé pour que je lui en rajoute.
Comme pour la météo, Henri Bergson fait la distinction entre le temps mesurable, dont celui de la fin de l’année, et le temps ressenti. Bergson nous dit que la nouvelle année permet de mettre des limites artificielles de la durée du temps afin d’avoir l’illusion de maitriser nos vies.
L’affirmation d’une illusion persiste chez Spinoza (si pour les deux premiers exemples, c’est de connaissance que je les cite, il m’a fallu une rapide recherche sur l’illusion pour en trouver un autre). « Les résolutions sont souvent une illusion de liberté. Nous sommes déterminés par nos désirs, pas par un changement de date ».
Camus m’avait donc raconté des balivernes puisque, selon lui, ce qui compte est la capacité de réitérer les vœux plus que leur réalisation.
Je me rends compte finalement que j’avais oublié de me souhaiter une bonne chance pour la nouvelle année car je n’avais pas besoin de les renouveler. Ma chance est tous les matins des nouvelles années.
Cette chance est qu’elle se réveille à mes côtés et la certitude que nous parcourions une nouvelle année, ensemble. Pas besoin d’en évoquer d’autres en souhaits. Pas de lait dans le frigo, un ordinateur qui bloque ou un piratage du compte bancaire, est-ce plus important que cette chance qui dure depuis 39 ans ?
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