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Après le renversement de Maduro, l’administration Trump menace d’autres dirigeants

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Donald Trump
Trump se conduit en roi du monde.

Les États-Unis ont ‍enlevé samedi 3 janvier le président vénézuélien Nicolas ​Maduro qu’ils accusent depuis des mois de se maintenir illégalement au pouvoir et de favoriser le trafic de drogue. Cette opération a eu lieu au mépris de toutes les lois internationales.

Lors d’une conférence de presse, Donald Trump a laissé entendre que le même sort pourrait attendre d’autres dirigeants dans le monde.

Washington n’avait pas recouru à une intervention aussi directe en Amérique latine depuis l’invasion du Panama en 1989 pour destituer le chef militaire Manuel Noriega. Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, les forces spéciales américaines sont intervenues, au milieu de détonations, dans la capitale Caracas et ont enlevé le couple présidentiel. 

Nicolas Maduro et son épouse feront désormais face à la justice américaine, des poursuites pour « narcoterrorisme » et importation de cocaïne aux États-Unis ayant été engagées.

Lors d’une conférence de presse tenue avec le secrétaire d’État Marco Rubio, celui à la Défense, Pete Hegseth et le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, Donald Trump ne s’est pas contenté de décrire avec enthousiasme le « succès » de cette intervention. Il a aussi menacé d’autres dirigeants, notamment son homologue colombien Gustavo Petro : « Il possède des usines où il fabrique de la cocaïne. […] Il fabrique de la cocaïne et l’expédie aux États-Unis, donc il doit vraiment faire gaffe à ses fesses », a-t-il notamment déclaré.

Cuba est aussi dans la ligne de mire de l’administration Trump. « Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais au moins un peu inquiet », a déclaré de son côté Marco Rubio, ajoutant que le pays était une « catastrophe » et « dirigé par des hommes incompétents et séniles ».

« Marco Rubio a construit sa carrière politique sur une volonté de changement de régime à La Havane et à Caracas, rappelle Thomas Posado, maître de conférences en civilisation latino-américaine contemporaine à l’Université de Rouen, sur nos antennes. Son implantation électorale est en Floride où il a été élu grâce aux communautés latino-américaines – surtout cubaine et vénézuélienne – anti-communistes. Ce type de politique va favoriser sa popularité dans ces communautés. »

Lors de ce même point presse, le président américain a également réitéré ses menaces contre le régime iranien si celui-ci était responsable de la mort de manifestants, alors que le pays est secoué par une importante vague de contestation.

Ces dirigeants devraient-ils redouter d’être les « prochains sur la liste » ? Si le pouvoir iranien a déjà été ébranlé par une action américaine d’ampleur – le bombardement de ses sites nucléaires en juin dernier – Bogota n’aurait pas à s’inquiéter outre mesure, selon l’ancien officier Guillaume Ancel, auteur du blog Ne pas subir.

Et ce pour deux raisons : « La première, c’est que le succès de l’opération menée par les Américains reposait sur la surprise. Tout le monde a été sidéré et est en train de se dire : « Comment sont-ils allés kidnapper un couple présidentiel dans un grand pays ? » Parce que le Venezuela est un grand pays avec une forte armée et qui s’attendait malgré tout à un acte de force – mais pas de ce type-là -, de la part des États-Unis. Par conséquent, reproduire une action du même type serait impossible contre la Colombie. »

« D’autre part, poursuit l’expert, le pouvoir américain ne doit pas négliger le sujet de la politique interne. Il n’avait pas prévenu le Congrès, il est obligé de le faire maintenant. Si jamais il voulait lancer une intervention plus longue, il lui faudrait l’autorisation [des parlementaires]. On se rappelle que l’une des bases électorales de Donald Trump était de dire : « Je serai le président qui ne nous emmènera plus dans des aventures guerrières. Je suis contre la guerre ». Or là, ce qu’il vient de faire, c’est de déclencher une opération militaire, une opération de guerre contre le Venezuela. »

Concernant Cuba, Thomas Posado ne voit pas non plus de menace imminente. « S’il arrivait à renverser Miguel Diaz-Canel à Cuba, ce serait un trophée de guerre de plus pour Marco Rubio. Maintenant, c’est déjà presque un miracle du point de vue militaire d’avoir réussi cette opération au Venezuela, et on peut imaginer que les miracles ne vont pas se reproduire. D’autant plus que les États latino-américains sont désormais informés des méthodes de l’administration Trump. Cela va donc être beaucoup plus compliqué de gérer différents fronts. »

Avec RFI

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Mali – Tunisie : un scénario de folie et un qualifié contre toute attente

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Tunisie Mali

Le Mali s’est qualifié pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 aux tirs aux buts dans une rencontre qui restera gravée dans les mémoires.

Opposés à la Tunisie au Stade Mohammed V, les Braqueurs maliens ont su renverser la situation face à des Aigles de Carthage supérieurs en possession et en occasions, pour s’imposer finalement aux tirs au but (1‑1, 3‑2 t.a.b).

La Tunisie semblait avoir le contrôle du match. Dominant la possession et profitant d’une supériorité numérique après l’expulsion de Woyo Coulibaly, les Tunisiens ont multiplié les offensives. Mais la solidité défensive malienne, combinée à un mental d’acier, a maintenu le score vierge jusqu’à la fin du temps réglementaire. Les Aigles maliens ont résisté à plusieurs situations critiques, refusant de céder malgré la pression constante.

L’ouverture du score tunisienne est survenue à la 88ᵉ minute grâce à Firas Chaouat, qui a propulsé le ballon de la tête au fond des filets, donnant l’impression que la Tunisie allait emporter la victoire. Mais le Mali ne s’est pas laissé abattre. Dans les derniers instants du temps additionnel, une main dans la surface tunisienne a offert un penalty décisif à Lassine Sinayoko, qui ne tremble pas et égalise à la 90’+6. Le stade explose : la rencontre se dirige vers les prolongations.

Pendant les prolongations, la Tunisie continue de pousser, mais le gardien malien Djigui Diarra multiplie les interventions, et le score ne bouge plus. La confrontation se décide aux tirs au but. Là encore, la résilience malienne fait la différence. Avec sang-froid, les joueurs transforment leurs tentatives et Diarra devient le héros de la séance en repoussant plusieurs tirs adverses. Finalement, El Bilal Touré offre la victoire au Mali, 3‑2 aux tirs au but.

Ce succès permet au Mali d’affronter le Sénégal en quart de finale, jeudi prochain, dans ce qui promet d’être un duel de titans. Pour la Tunisie, cette élimination est un coup dur, surtout après avoir dominé en supériorité numérique et avoir cru tenir sa qualification jusqu’à la dernière minute. Le match illustre parfaitement l’imprévisibilité du football africain : supériorité, expulsions, penalties et tirs au but peuvent bouleverser n’importe quel scénario.

Au‑delà du résultat, cette rencontre restera dans les mémoires pour son intensité et son suspense. Le Mali a démontré qu’au-delà de la technique et de la possession, la détermination et le courage peuvent suffire à créer l’exploit. Dans un tournoi où chaque match est une bataille, cette victoire montre que les joueurs maliens sont prêts à tout pour aller loin et continuer à surprendre.

Djamal Guettala

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CAN 2025 : le Sénégal se qualifie pour les quarts après un match renversant face au Soudan

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Le Sénégal qualifié
Le Sénégal qualifié aux quarts de finale de la CAN.

Le Sénégal a tremblé, douté, avant de s’imposer face au Soudan (3-1) et de décrocher son billet pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Menés dès la sixième minute par Aamir Abdallah, les Lions de la Teranga ont été secoués d’entrée.

Le Soudan, invité surprise de ces huitièmes de finale, a rappelé que dans le football africain, aucun favori ne peut se permettre de baisser la garde.

Pape Gueye a été l’homme du match. À la 29ᵉ minute, il égalise et relance les siens, puis juste avant la pause, il double la mise et installe le Sénégal en tête. Son talent, sa justesse dans les passes et sa capacité à se projeter vers l’avant ont donné le rythme à son équipe. Chaque action de Gueye transformait la tension en espoir pour les supporters, qui retenaient leur souffle à chaque contre soudanais.

Mais rien n’était joué. Le Soudan, courageux et déterminé, ne cesse de menacer, obligeant les Lions à rester concentrés et à défendre chaque ballon avec vigilance. Les secondes s’étirent, les frappes lointaines se multiplient, et le match gagne en intensité dramatique. Le Sénégal reste fragile, mais ne lâche rien.

L’entrée de I. Mbaye à la 77ᵉ minute change le cours de la rencontre. Son but, précis et opportun, offre la sécurité au score et soulage l’équipe et les supporters. La victoire est enfin assurée, mais elle n’a été arrachée qu’après avoir surmonté une peur réelle et des Soudanais dangereux à chaque accélération.

Avec ce succès, le Sénégal confirme sa stature de favori et le sérieux de sa candidature au titre. Les quarts de finale se dessinent désormais, et Gueye et Mbaye apparaissent comme des armes décisives pour Pape Thiaw. 

Le Soudan, malgré l’élimination, quitte le tournoi la tête haute, ayant démontré que courage et détermination peuvent créer la surprise.

Pour les Lions, le chemin continue. Chaque match sera un combat, chaque victoire une leçon. Mais ce succès, arraché dans la difficulté, pourrait bien marquer le tournant d’un parcours où le Sénégal entend jouer sa carte jusqu’au bout.

Djamal Guettala 

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Brahim Izri, de la traditionnelle zaouïa de son grand-père à la chanson engagée

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Izri Brahim
Izri Brahim, l'immortel chanteur.

Cela fait vingt ans qu’Izri Brahim, l’enfant d’At-Yani, s’en est allé, trop jeune, trop tôt. Cependant, il nous a légué un répertoire musical et poétique de premier choix.

Enfant, il avait fait ses classes dans la troupe de la zaouïa de Lhadj Velkacem, son grand-père, en  »dépannant » au violon au tout début puis, en s’essayant avec succès à tous les autres instruments. Du bendir à la guitare puis au mandole à douze cordes, son instrument fétiche en privé, il s’était affirmé très vite comme un élément incontournable des soirées hebdomadaires animées par son père Dda Ammar Lhadj.

Dès son entrée au lycée de Fort National, à l’aube des années 70, il s’est laissé emporter par la vague de la musique  »moderne Kabyle » naissante dans le sillage de futurs grands noms en la matière, Idir et Djamal Allam, pour ne citer que ces deux-là. 

C’est à cette époque qu’avec quatre de ces camarades de promotion, il fonda le groupe Igoudhar. Leur premier titre,  »Aarous vou vernous », rencontra immédiatement un grand succès et fût retenu pour faire partie d’une oeuvre collective de ce genre moderniste, dans un excellent vynil intitulé  »Tachemlit ». Les composantes de cette oeuvre (Idir, Issoulas, Imazighen Imoula, Igoudhar, Sid-Ali Naīt-Kaci, Meziane Rachid) furent proclamés  »Les maquisards de la chanson  » par Kateb Yacine dans sa préface, au égard de leur combat pour la défense de leur identité amazigh.

Au début des années 1980, Brahim s’était lancé dans une carrière solo durant laquelle il a enrichi, pendant un quart de siècle, notre patrimoine avec des dizaines de titres à succès. 

Moderniste et engagé, il n’a pas hésité à bousculer les usages, autant en introduisant des instruments et des sonorités nouvelles dans ses compositions, qu’en abordant des thèmes jusque-là tabous dans une société à fortes traditions. C’est ainsi qu’il a, à maintes reprises, clamé haut et fort les droits de la Femme ou mis en exergue ceux des minorités.

L’un de ses titres les plus emblématiques fût  »Tizi-Ouzou », une adaptation de  »San Francisco  » de Maxime Le Forestier. Une merveille de texte aux accents identitaires affirmés. Cette adaptation, reprise plus tard en trio par Idir, Brahim et Maxime, en hommage à Matoub Lounes, autre chanteur engagé s’il en est, a une histoire qui vaut son pesant d’or. Nous vous invitons à la découvrir dans cette excellente vidéo courte de Nassima Chilaoui, une artiste qui fut très proche de Brahim de son vivant  et qui active au quotidien pour enrichir notre précieux patrimoine : https://www.facebook.com/reel/796489366742450

Repose en paix Brahim et sois assuré que « La maison Berbère, mazalits* debout ! »

Mouloud Cherfi

(*) Mazalits : terme kabyle signifiant ‘’est encore’’ ou ‘’tient toujours’’. 

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Décès de Jamil Azar, cofondateur d’Al Jazeera et créateur du slogan « L’opinion et l’autre opinion »

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Jamil Azar, cofondateur d’Al Jazeera
Jamil Azar, cofondateur d’Al Jazeera. Crédit photo : DR

Jamil Azar, journaliste emblématique et l’un des pères fondateurs de la chaîne Al Jazeera, est décédé à Londres à l’âge de 89 ans. Il restera dans l’histoire des médias arabes comme celui qui a formulé le slogan devenu emblématique de la chaîne : « الرأي والرأي الآخر » – « L’opinion et l’autre opinion ».

La carrière de Jamil Azar est marquée par près de trente ans de journalisme, a profondément façonné l’identité et la crédibilité d’Al Jazeera.

Originaire de Jordanie, Jamil Azar a débuté sa carrière au BBC World Service, où il s’est distingué par son professionnalisme et son impartialité. Il rejoint ensuite le projet Al Jazeera dans les années 1990, contribuant à construire une chaîne capable de refléter toutes les voix dans le monde arabe, dans un environnement médiatique souvent uniforme et contrôlé.

Le slogan qu’il a instauré traduit sa vision du journalisme : offrir à chaque point de vue la possibilité de s’exprimer. Pour Azar, informer n’était pas seulement relater des faits : c’était créer un espace où le débat et la pluralité de perspectives pouvaient exister.

Au-delà de son rôle institutionnel, Jamil Azar a été un mentor pour de nombreux journalistes. Sa rigueur, sa capacité à transmettre ses valeurs et son éthique professionnelle font de lui une référence dans la profession. Ses collègues soulignent sa pédagogie et son engagement constant pour un journalisme responsable et indépendant.

Sa disparition survient à un moment où la presse arabe fait face à de fortes pressions politiques et économiques. L’héritage de Jamil Azar rappelle que la liberté d’informer et la pluralité des voix sont des piliers essentiels de la crédibilité médiatique.

Les hommages se multiplient dans le monde arabe. On retient de Jamil Azar non seulement sa contribution à la fondation d’une chaîne majeure, mais surtout sa vision d’un journalisme courageux, intègre et pluraliste, capable de transformer le paysage médiatique et d’inspirer les générations futures.

 Avec lui disparaît un pionnier de l’information arabe. Sa trajectoire reste un modèle pour tous ceux qui croient que le journalisme est avant tout une mission au service de la vérité et du public.

Djamal Guettala 

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Tunisie : un ancien candidat à la présidence tunisienne appelle Tebboune à ne pas s’immiscer dans les affaires de son pays

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Tebboune
Tebboune

Sami Jalouli, ancien candidat à la présidence tunisienne a adressé une lettre à Abdelmadjid Tebboune, l’exhortant à s’abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures de son pays et de toute forme de tutelle. M. Tebboune avait évoqué, lors d’un discours devant le Parlement algérien, les tentatives de semer la discorde entre l’Algérie et la Tunisie en instrumentalisant des « individus étroits d’esprit ».

L’ancien candidat Jalouli ajoute : « Nous ne nous sommes jamais ingérés dans les affaires intérieures de notre nation sœur, la Tunisie. L’Algérie s’abstient de toute ingérence dans les affaires intérieures de la Tunisie, et notre armée n’a jamais mis les pieds sur le sol tunisien. »

L’avocat et ancien candidat à la présidence, Sami Jallouli, a écrit à M. Tebboune : « J’ai suivi avec intérêt une partie de votre récent discours, et plus particulièrement le passage consacré à la Tunisie. Si nous estimons que s’adresser au peuple algérien relève de la souveraineté nationale, l’inclusion d’affaires tunisiennes et de leurs détails internes et externes soulève des questions légitimes quant au contexte et aux justifications de cette ingérence. »

Il a mis en garde contre l’exploitation des conflits internes.

Il a expliqué : « Affirmer que “la sécurité de la Tunisie est la sécurité de l’Algérie” décrit une réalité géopolitique et historique qui va de soi et ne nécessite aucun ajout rhétorique. La stabilité des pays voisins est un pilier fondamental de la sécurité nationale partagée. À cet égard, nous rappelons le soutien indéfectible de la Tunisie à l’Algérie durant ses périodes les plus difficiles dans les années 1990, lorsque nos frontières et nos services de sécurité et de renseignement formaient un rempart infranchissable protégeant la sécurité commune de nos deux pays. »

Jalouli a considéré l’afflux de migrants en provenance des pays subsahariens « non pas comme un phénomène passager, mais plutôt comme le résultat de passages terrestres à travers vos frontières communes (celles de l’Algérie) avec ces pays, gérés par des réseaux transnationaux. La véritable préoccupation pour la sécurité des deux pays réside dans une coordination stricte sur le terrain afin d’enrayer cet afflux à la source, et non dans la recherche de coupables. Nous espérons une coopération renforcée pour lutter contre ce fléau. »

S’adressant ensuite à Tebboune, il a ajouté : « Vous avez évoqué des acteurs qui cherchent à isoler la Tunisie pour la piller. » Permettez-moi, en tant que citoyen tunisien, de préciser que la Tunisie n’est pas une cible facile et ne saurait être menacée, encore moins « prisonnée ». Notre histoire, ancienne et moderne, prouve que la Tunisie est inébranlable. (…) Héritière de Carthage, c’est un pays qui ne se soumettra jamais. Nous sommes un peuple aguerri à la confrontation et à la victoire, et nous n’attendons la tutelle de personne. »

Jalouli a poursuivi : « Nous comprenons pleinement la valeur de l’unité nationale et nous soutenons l’unité de l’Algérie et l’intégrité de son territoire, tout comme nous soutenons l’unité de la Libye et le droit du peuple marocain à préserver l’unité de son territoire et sa souveraineté sur le Sahara, loin de toute incitation à des conflits ethniques ou séparatistes qui ne servent que des agendas de fragmentation. »

Il a également mis en garde contre le risque d’« instrumentaliser les conflits internes », y voyant « une pente glissante et dangereuse, car si cette porte était ouverte à l’échelle régionale, les plus grands pays européens seraient déchirés en mini-États sectaires et ethniques. »

Avec Al Quds el Arabi

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Code de la route et hausse des carburants :  les symptômes d’un « bricolage institutionnel », pour le FFS

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Youcef Aouchiche

Le Front des forces socialistes (FFS) a inauguré l’année politique 2026 par une réunion élargie de sa direction nationale, tenue vendredi 2 janvier au siège national du parti, sous la présidence de son Premier Secrétaire national, Youcef Aouchiche.

Cette rencontre, marquée par une lecture critique de la situation nationale, a permis au plus ancien parti d’opposition de dresser un diagnostic sévère de la gouvernance actuelle, tout en réaffirmant ses priorités politiques à l’approche d’échéances jugées « nombreuses et stratégiques ».

Les travaux ont débuté par une minute de silence à la mémoire du moudjahid et historien Mohammed Harbi, décédé le 1er janvier, figure intellectuelle majeure du mouvement national. 

Le  FFS a ensuite abordé plusieurs dossiers qu’il considère comme révélateurs d’un déficit structurel de vision et d’anticipation des pouvoirs publics.

Au premier rang des préoccupations figure la hausse des prix des carburants, entrée en vigueur dès le 1er janvier. Le parti dénonce une décision « brutale », prise sans préavis ni débat public, et en contradiction avec les engagements officiels de protection du pouvoir d’achat. Pour le FFS, cette augmentation, socialement injuste, risque d’alimenter durablement l’inflation et d’annihiler les effets des récentes revalorisations salariales et sociales. Elle traduirait, selon lui, une gestion improvisée de l’économie et une persistance de « l’illusion monétaire » au détriment de la stabilité sociale.

Le nouveau code de la route constitue un autre exemple, aux yeux du FFS, de cette gouvernance qualifiée de « bricolage institutionnel». 

Adopté dans la précipitation par l’Assemblée populaire nationale, sans concertation avec les acteurs concernés, le texte a provoqué un mouvement de grève d’ampleur, rapidement suivi d’un recul des autorités. Cette séquence, marquée par des décisions et contre-décisions successives, est analysée comme le symptôme d’un affaiblissement des institutions : un exécutif agissant seul et un Parlement réduit à entériner des choix qu’il ne contrôle plus réellement.

Sur le terrain des libertés, le FFS renouvelle son appel à l’ouverture immédiate des champs politique et médiatique, à la libération des détenus d’opinion et à l’abrogation des lois jugées liberticides. Le parti inscrit cette exigence dans une logique d’apaisement et de restauration de la confiance entre l’État et la société.

Concernant la loi sur la nationalité, le FFS rejette fermement toute disposition introduisant la déchéance de la nationalité d’origine, qu’il estime contraire aux principes universels des droits humains et porteuse de risques sérieux d’apatridie. Dans un contexte de judiciarisation accrue de l’action politique, une telle mesure est perçue comme une source potentielle de dérives graves.

Sur la question mémorielle, le FFS réaffirme son attachement à une loi criminalisant la colonisation, tout en émettant des réserves sur le contenu du texte récemment adopté par l’APN. Ces remarques, précise-t-il, seront défendues au niveau du Conseil de la Nation par ses représentants.

Au-delà des critiques, le parti insiste sur la nécessité d’un dialogue national inclusif, sincère et transparent, impliquant l’ensemble des forces politiques et des institutions. Pour le FFS, une telle démarche constitue un levier essentiel pour prévenir les dérives autoritaires, renforcer la cohésion nationale et refonder la gouvernance sur des bases démocratiques et sociales solides.

Enfin, la réunion a permis d’aborder les réformes encadrant la vie politique et les préparatifs des élections de 2026. Le Premier Secrétaire national a présenté le dispositif chargé de préparer ces échéances, tandis que le parti appelle à une révision en profondeur du code électoral afin de garantir une représentation crédible et de lutter contre l’abstention.

La direction nationale a également finalisé les préparatifs du colloque international consacré à Hocine Aït Ahmed, fondateur et président historique du FFS.

La rédaction

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Ruben Gallego dénonce la guerre contre le Venezuela : « Illégale et honteuse »

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Ruben Gallego
Ruben Gallego

Les frappes américaines contre le Venezuela provoquent une vague de critiques au sein même du Congrès. Un sénateur démocrate n’a pas mâché ses mots.

Le sénateur Ruben Gallego (Arizona) a publié sur X : « Second unjustified war in my life time. This war is illegal, it’s embarrassing that we went from the world cop to the world bully in less than one year. There is no reason for us to be at war with Venezuela. »

Traduction : « Deuxième guerre injustifiée de ma vie. Cette guerre est illégale. Il est embarrassant que nous soyons passés de policier du monde à brute du monde en moins d’un an. Il n’existe aucune raison pour que nous soyons en guerre avec le Venezuela. »

Vétéran des Marines, Gallego met en perspective l’opération actuelle et la compare à l’Irak. Aucun mandat légal. Aucun vote du Congrès. Aucun fondement constitutionnel clair.

Même du côté républicain, des voix s’élèvent. Le sénateur Mike Lee (Utah) s’interroge sur la légalité d’une action militaire sans autorisation explicite du Congrès. Washington se retrouve seule face à un débat juridique et politique intense.

Pour Gallego, le problème dépasse la loi : il touche à l’image des États-Unis. Le pays, autrefois « policier du monde », devient une puissance intimidante et agressive. La transition est rapide, moins d’un an.

Les conséquences sont multiples : isolement diplomatique, fractures internes, tension accrue en Amérique latine. Le Venezuela devient un terrain stratégique où se croisent les intérêts internationaux, de la Russie à la Chine.

Le Congrès réfléchit déjà à restreindre le pouvoir présidentiel en matière militaire. Le débat n’est plus procédural : il questionne la légitimité même de l’intervention américaine.

Pour Ruben Gallego, la conclusion est nette : aucune justification n’existe. Sa dénonciation publique illustre un refus de voir les États-Unis s’engager dans des « guerres de bullying » qui sapent le droit international et la crédibilité du pays.

L’enjeu est désormais clair : continuer sur la voie de l’interventionnisme militaire ou réaffirmer les limites imposées par la Constitution et la prudence diplomatique. Le Congrès pourrait bien imposer un virage stratégique, dont les effets sur la politique étrangère américaine seront lourds de conséquences.

Mourad Benyahia 

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Donald Trump annonce l’arrestation de Nicolas Maduro

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Nicolas Maduro
Nicolas Maduro arrêté.

Donald Trump, le président américain a confirmé, samedi, l’opération menée par l’armée à Caracas et dans d’autres villes du pays. « Nicolas Maduro et sa femme ont été capturés et exfiltrés » en dehors du Venezuela, a-t-il écrit dans un message sur son réseau social.

L’armée américaine a attaqué le Venezuela et déployé ses forces dans plusieurs villes selon des médias américains. Le ministre de la défense vénézuélien, le général Vladimir Padrino López, a dénoncé, lors d’une allocution à la Nation, ce qu’il a qualifié d’attaque américaine. « Cette invasion représente l’outrage le plus flagrant jamais subi par le pays », a-t-il déclaré. Il a accusé les Etats-Unis d’avoir « frappé (…) des zones résidentielles » et a annoncé un « déploiement massif » de tous ses moyens militaires. Il s’agit de la première apparition publique d’un haut responsable vénézuélien depuis le début des explosions.

Donald Trump qui se piquait de vouloir le prix Nobel de la paix se conduit en homme de guerre. Il annonce que le président vénézuélien Nicolas Maduro, et son épouse, ont été « capturés et exfiltrés » du pays sud-américain, dans un message posté sur son réseau Truth Social, samedi 3 janvier. Il a également précisé que les Etats-Unis avaient mené une « attaque à grande échelle » contre le pays sud-américain. Le dirigeant américain a annoncé une conférence de presse à 17 heures (heure française). Auparavant, de fortes explosions avec des bruits ressemblant à des survols de missiles ou d’aéronefs avaient été entendus dans la capitale vénézuélienne, selon plusieurs médias et les habitants.

Donc l’armée américaine envahit un pays souverain en toute impunité, en violation de toutes les lois internationales, y compris l’ONU. Donald Trump se conduit en cow-boy, dictant sa loi mondiale au reste de la terre. Cette agression suivie de l’enlèvement du président Maduro est un précédent gravissime. Il montre, encore une fois, que les Etats-Unis que le droit international n’est qu’un simple texte violable à souhait.

Quelle sera la position de l’Algérie qui s’est toujours montré au côté du Venezuela ? Va-t-elle condamner cette invasion de Caracas et l’enlèvement de son président au mépris de toutes les lois internationales ou se taire ? Voire pondre un communiqué tiède pour ménager les uns et les autres…

La rédaction

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Au rythme des silences de Sadrina Aissani, un appel courageux à la vie

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Comment peut-on vivre dans un monde bruyant qui nous tourne le dos ? Comment espérer de la quiétude quand tout autour de nous rappelle l’absurdité d’une vie dénuée de toute âme ? La réponse vient par bribes dans le nouveau recueil de poésie de Sadrina Aissani paru cette année à compte d’auteur aux éditions El-Amir.

Autant les virgules sont, dit-on, la respiration de la phrase, les silences sont l’esprit de la vie. Ils sont quelquefois autant d’escales nécessaires pour reprendre le souffle et regarder vers le haut, vers l’horizon des espérances. Combien de fois où ceux qui se sentent seuls, écartés ou rejetés par les vicissitudes de la vie, ont-ils besoin du silence pour se reconstruire, partir sur de nouvelles bases et espérer aller de l’avant, vers le salut ?

Cette interrogation n’est pas du tout anodine et appelle à être regardée avec sérieux. Parler avec soi dans le silence du cœur n’est-il pas la meilleure catharsis spirituelle ? Souvent, on minimise la valeur du silence et de la méditation dans notre vie de tous les jours. Or, rien ne vaille que le silence quand survient l’irréparable. A vrai dire, dans ce modeste recueil de poésie, les mots résonnent en échos furtifs et nous transportent vers des lointains horizons où l’on apprend à suivre les vagues des émotions.

Sadrina Aissani prend soin de choisir ses rimes comme dans une partition musicale, de jouer avec des mots, de sortir des sentiers battus pour nous offrir un texte authentique, le plus proche de la réalité possible : la réalité des gens qui souffrent dans le silence, des personnes aux besoins spécifiques, des malades, des solitaires, etc. Sadrina donne une place aux invisibles, à ceux que l’on tente d’effacer du décor, les sans-voix, les « moins-que-rien », les rejetés, les marginaux, etc.

Quand on lit ce recueil, on prend acte de l’audace de l’auteure, de sa détermination à sortir de sa petite « zone de confort » pour relater avec une fascinante densité la vie de ceux d’en bas, de ses efforts pour donner quelque chose d’utile à la société, de sa volonté de porter à bras le corps les préoccupations de ceux qui souffrent. Et si, certes, la poésie comme art majeur de la brièveté et de la concision ne suffit pas à faire le tour de la question avec exhaustivité, elle n’en reste pas moins d’une profondeur sémantique et verbale dans le cas de la poétesse d’Ath Waghliss.

C’est un langage du cœur, verbalisé avec des vers. Des vers qui se parlent et qui nous parlent, dans une intimité contenue dans une sorte de maison de verre. La poésie n’est pas, après tout, d’après elle, un privilège ou un luxe pour les nantis du verbe, ces « intellos » qui se cachent derrière leur aura élitiste pour nous décrire un monde aussi impénétrable qu’indéchiffrable mais un souffle, une ode, un appel vital à surmonter le mur de l’indifférence.

En réalité, le présent recueil fait suite au premier déjà présenté dans les colonnes du site du Matin d’Algérie : « Plume Vacillante », paru aux éditions de La Pensée où il était question d’une sensibilité à fleur de peau autour de l’art de l’écriture et de la création.

La poétesse de Sidi Aich compte d’ailleurs diversifier l’éventail des thèmes de ses futurs écrits pour toucher un large public, notamment les enfants. Bref, il est un juste rappel concernant «Au rythme des silences» : la poésie est un art à ne pas ignorer ni à sous-estimer. C’est une manière des plus belles et des plus utiles pour dire l’indicible, pour toucher à la fibre sensible de l’humain, dans ses coins et recoins les plus sombres, pour guérir et soigner, pour se comprendre soi-même et comprendre ce qui nous entoure. La poésie, c’est la voix des marges qui se déploie dans le spectre lumineux du verbe pour parvenir au centre des émotions les plus indescriptibles.

Si Aissani avait réussi un quelconque défi, ce serait celui de porter sa fragilité d’artiste et de femme comme un étendard de sa force. Une force « puissante » qui, à travers la douceur de ses silences, nous plonge dans un espoir sans limites, une sorte d’appel courageux à la vie…

Kamal Guerroua

Sadrina Aissani, Au rythme des silences, édition El-Amir, 2025, Alger, 136 pages.

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