6.9 C
Alger
Accueil Blog Page 3

L’Algérie de Tebboune en mode réussite activé

6
Tebboune
Tebboune a brassé beaucoup de vent devant le Parlement. Crédit photo : APS

Tout va bien, les chiffres l’affirment, les institutions confirment. Reste à savoir ce qu’il advient d’un pays quand le réel n’est plus invité à la séance.

Il faut reconnaître une chose à Abdelmadjid Tebboune : il sait dresser des bilans qui ne rencontrent jamais d’obstacle. Devant le Sénat et l’APN, le pays devient un couloir interminable, propre, ciré. Chaque phrase avance sans jamais croiser le réel. Tout est réussite, tout est dynamique, tout est sous contrôle. Un discours prononcé devant des institutions qui ont perfectionné l’art rare de ne pas déranger.

La méthode est presque élégante : d’abord bénir un Parlement “revitalisé”, comme si la souveraineté naissait d’un vote bien rangé. Ensuite, dérouler les chiffres comme on déroule un tapis rouge sur une rue pleine de nids-de-poule et de dos d’âne. Investissements inédits, inflation en recul, industrie renaissante, logements par millions. Le pouvoir parle en quantités pour éviter de parler en responsabilités. Le nombre sert de rideau : derrière, il n’y a ni fond ni forme, ni emploi réel, ni dignité du quotidien. Le mirage suffit. La feuille Excel fait le reste.

Car ce discours n’est pas un échange. C’est une cérémonie. Le chef de l’Etat parle, les bancs acquiescent, et le peuple, convoqué comme figurant, écoute une réussite à laquelle il n’a jamais été invité autrement que par procuration. Six pour cent au premier mandat. Quinze ou vingt au second. Mais une légitimité gonflée à l’intonation, comme un ballon qu’on remplit à la tribune militaire. On sait d’où vient l’air, qui tient la pompe, et combien de temps ça tient : jusqu’au journal de vingt heures.

Les annonces tombent en rafale : 309 projets étrangers, 13 000 start-up, 1,7 million de logements, 80 % de médicaments, 15 000 exploitations agricoles.

À ce rythme, l’Algérie ressemble moins à un pays qu’à un tableau de bord qui a pris le pouvoir. Or un chiffre n’est pas une politique. C’est un paravent. Derrière les logements, encore des millions sur la paille. Derrière l’industrie, aucune chaîne de valeur lisible. Derrière les start-up, un désert réglementaire et bancaire si vaste qu’on pourrait y organiser un sommet… à condition d’avoir des invités. Quant aux gagnants, eux, connaissent déjà la prise. Ils savent où se brancher.

Et quand la question insiste, elle passe directement au tribunal de la morale : qui ne reconnaît pas est jaloux ou ingrat. Voilà la démocratie version brochure. Le désaccord devient un vice, le doute une trahison, la critique un défaut de patriotisme. On ne répond plus. On classe. On ne débat plus. On diagnostique.

Moment “humain”, minute de théâtre, l’aveu d’échec sur la viande. Unique fissure dans la fresque triomphale. Mais l’échec est livré sans auteur, sans système, sans architecture de responsabilités. Juste une interpellation morale aux acteurs du secteur, comme si l’économie obéissait à la pudeur et à la bonne intention. La crise devient un sermon : “soyez jaloux de votre pays”. Traduction : l’État a échoué, mais c’est votre faute de ne pas être assez vertueux. Un classique.

Le passé, lui, sert de paratonnerre permanent. Tout ce qui résiste aujourd’hui viendrait d’hier. L’ère précédente devient l’alibi universel : elle explique, absout, justifie. Pratique pour un pouvoir qui entame son deuxième mandat et continue de parler comme s’il était encore en train de découvrir le pays. À ce compte-là, demain, on expliquera les embouteillages par l’histoire, et les coupures d’eau par une météo d’archive.

À l’extérieur, le récit a moins de maquillage et plus de murs. On proclame l’intégration dans la “dynamique mondiale”, et le monde répond par des portes restées fermées. BRICS : refus. G20 : pas d’invitation, pas de table, pas même un verre d’eau à l’entrée. Sahara occidental : posture droite, effet qui s’émousse. Libye : “solution entre frères” pendant que le terrain se découpe sans nous. Tunisie : perfusion et grands mots. Sahel : fâcheries, incertitudes, voisins nerveux. Et les relations franco-algériennes, elles, suivent un calendrier plus intime que diplomatique : douleurs cycliques, crispations récurrentes, fièvre, trêve… jusqu’au prochain épisode. Un contentieux qui se renouvelle comme une ordonnance, avec deux capitales qui grimacent en même temps et font semblant d’être surprises.

Et là, surprise, presque au détour du réveillon, comme on glisse une facture sous une porte : on annonce qu’on va retoucher la Constitution. Déjà ! Pourquoi ? Comment ? Avec quel mandat populaire ? Silence. On laisse entendre que les deux chambres, supposées acquises, feront le reste. Le désir de l’enfant gâté, version institutionnelle : on change la règle parce qu’on tient le stylo.

Et comme si cela ne suffisait pas, on ressort la déchéance de nationalité : solution miracle, version tampon. Avec un seul passeport vert, on ne règle rien. On appelle ça gouverner. En réalité, on fabrique des apatrides et on mesure jusqu’où un peuple peut encaisser.

Le décor, lui, est prêt : opposition muselée, presse bâillonnée, et justice passée en mode réseau mobile. Une justice à la puce, au “passe-moi le numéro”. Ici, l’indépendance se mesure parfois en barres de réseau.

Ce discours ne cherche pas à convaincre. Il cherche à fermer la conversation, à dire que tout est déjà jugé, validé, applaudi. Pourtant, plus un pouvoir répète qu’il réussit, plus il révèle sa peur centrale. Celle qu’on lui demande enfin des comptes. Pas en slogans. Pas en chiffres. En légitimité.

Fin d’année terrible. Début 2026 imprévisible. Et au milieu, une certitude : tant qu’on gouverne par listes, le réel finira toujours par raturer la page.

Zaim Gharnati

- Publicité -

CAN 2025 : le Nigeria poursuit sa route parfaite, la Tunisie et la Tanzanie en huitièmes

1
CAN 2025

Le Nigeria poursuit son parcours parfait à la Coupe d’Afrique des nations 2025. Après avoir battu la Tanzanie (2‑1) puis la Tunisie (3‑2) plus tôt dans la compétition, les Super Eagles ont une nouvelle fois confirmé leur supériorité en s’imposant (3‑1) face à l’Ouganda, lanterne rouge du groupe C, au Complexe Sportif de Fès. Avec trois victoires en trois matchs, le Nigeria termine en tête de sa poule et s’avance vers les huitièmes de finale avec confiance.

Derrière eux, aucun vainqueur dans le duel entre la Tunisie et la Tanzanie, mais deux équipes s’en sortent grandes. Les Aigles de Carthage et les Taifa Stars ont conclu leur match sur un score de parité (1‑1), assurant ainsi respectivement la deuxième et la troisième place du groupe C. Pour la Tanzanie, il s’agit d’une qualification historique, la première à ce stade de la compétition.

Les prochaines rencontres

Tunisie – Mali : Les Aigles de Carthage tenteront de poursuivre leur parcours face à un adversaire solide.

Tanzanie – Maroc : les Taifa Stars défieront le pays hôte, dans un match très attendu, symbole de leur ascension dans le football africain.

Nigeria – adversaire à confirmer : Les Super Eagles, leaders incontestés, attendent leur rival pour les huitièmes, forts de leur bilan parfait.

Avec ces qualifications, la phase à élimination directe s’annonce riche en émotions, entre la régularité exemplaire du Nigeria et les exploits historiques de la Tunisie et de la Tanzanie, promettant des matchs spectaculaires et intenses.

Djamal Guettala 

- Publicité -

La zaouïa Shabia profanée : quand l’obscurantisme s’attaque à la mémoire d’Annaba

6
La zaouïa Shabia saccagée.
La zaouïa Shabia saccagée. Crédit photo : DR

La zaouïa Shabia, située à une trentaine de kilomètres d’Annaba, a été profanée. Tombes saccagées, sépultures brisées, pierres arrachées : les images diffusées ces derniers jours révèlent un acte d’une brutalité symbolique assumée. Ce qui a été visé n’est pas un simple site, mais un pan entier de la mémoire historique et spirituelle de la région.

Cette agression n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une logique idéologique portée par des courants influencés par le wahhabisme, connus pour leur rejet des pratiques soufies et de tout ce qui relève d’un islam enraciné dans l’histoire et la culture locales. Derrière un discours prétendument religieux, c’est une vision rigide, intolérante et profondément ignorante qui cherche à effacer ce qu’elle ne comprend pas.

La zaouïa Shabia n’est pourtant ni une anomalie ni un vestige marginal. Elle est l’un des témoins anciens de la présence soufie dans la région d’Annaba. Pendant des générations, elle a été un lieu d’enseignement, de transmission et de médiation sociale. Comme tant d’autres zaouïas en Algérie, elle a contribué à structurer la vie locale, à diffuser le savoir et à préserver un héritage fondé sur la tolérance, la sagesse et le lien social.

Il ne s’agit pas ici de défendre le soufisme en tant que doctrine religieuse, ni d’imposer une lecture spirituelle particulière. La question est ailleurs. Ce qui est attaqué, c’est le droit d’une société à conserver sa mémoire, à protéger ses repères historiques et à refuser qu’une idéologie importée se substitue à des siècles d’histoire vécue. Le soufisme, qu’on y adhère ou non, fait partie intégrante du paysage religieux et culturel algérien. Le combattre par la destruction est une violence faite à l’histoire elle-même.

Le plus inquiétant demeure le silence qui entoure cet acte ignoble. L’absence de réaction ferme des autorités locales et des institutions chargées de la protection du patrimoine interroge. L’État, qui affirme dans ses discours le respect de la liberté de culte et la protection des traditions religieuses, est aujourd’hui directement interpellé. Identifier les auteurs, les poursuivre en justice et restaurer le site ne relèvent pas du symbolique, mais d’une responsabilité politique et morale.

Ce qui s’est produit aux portes d’Annaba n’est pas un fait divers. C’est un signal d’alarme. Lorsque des lieux de mémoire ou de piété sont détruits dans l’indifférence, c’est l’ensemble du patrimoine national qui se trouve fragilisé. La zaouïa Shabia, aujourd’hui meurtrie, rappelle avec force que la défense de la mémoire est aussi un combat contre l’obscurantisme, l’effacement et la falsification de l’histoire.

Mourad Benyahia 

- Publicité -

Situation internationale : recul des droits démocratiques sur fond d’instabilité et d’incertitudes

0
Cologne.
Image par WikiImages de Pixabay

A l’occasion de la tenue de la dernière session du Conseil national du RCD, j’ai abordé très succinctement les caractéristiques de la situation du monde. Je pense qu’il est utile de revenir sur le totalitarisme qui règne dans les relations inter-états, les conséquences sur chaque pays et le notre notamment.

Deux traits dominants peuvent synthétiser la situation internationale : l’instabilité et l’incertitude. La persistance des conflits et les tensions géopolitiques couplées au protectionnisme et à la montée des nationalismes les plus chauvins, en particulier, dans des pays en crise, est une réalité visible, j’allai écrire palpable pour tous. Cet environnement mondial est tellement volatile que les entreprises, les acteurs économiques et les populations sont, sans visibilité, plongés dans un océan d’incertitudes.

Déjà malmené, le droit international est assujetti à la force brute sous l’impulsion (le diktat ?) des États Unis de Donald Trump qui ont délivré le blanc-seing à Israel pour exterminer les populations palestiniennes, enfants et bébés compris. La députée israélienne Michal Waldiger ne déclarait-elle pas avec aplomb « Personne n’est innocent à Gaza. Oui les enfants doivent aussi être tués. Il n’y a pas d’autre solution». Si ce n’est pas un génocide il faudra réhabiliter de nombreux bourreaux condamnés à travers l’histoire.

Ce droit international foulé aux pieds au Proche Orient ne trouve pas grâce dans les autres conflits. En Ukraine le couple Trump-Poutine ne négocie pas la paix mais le partage des territoires utiles de l’Ukraine. Dans la foulée, le 05 décembre dernier, l’Administration américaine annonce retirer son parapluie de défense en Europe occidentale dans le même temps les USA se dotent d’un budget de défense record de prés de 1000 milliards de dollars (997). A titre indicatif la chine est a 314 milliards et la Russie 149 milliards. Le tournant vers la sphère l’indo-pacifique annoncé déjà par Obama se confirme avec une autre priorité, l’Amérique latine et la défense des intérêts économiques stratégiques américains à tous prix . Dans le dernier sommet sur la bonne gouvernance, la Chine et la Russie auront à gérer leurs zones d’influence respectives. Cela appelle à des bouleversements inédits que certains n’hésitent pas à nommer comme un moment de bascule .

Devant la décision des USA, l’Europe, à son tour, ne jure que par le réarmement. Ce cours «nationaliste » et protectionniste a des conséquences partout ,en particuliers, dans les pays démocratiques en crise, c’est la montée de l’extrême droite et la gestion des flux migratoires par le biais de la répression et la promulgation de lois et décrets qui dépouillent des millions de personnes de tout droit.

Disons un mot tout de même sur cette course aux armements. De tous les temps, la régénérescence du système capitaliste dans les moments de crise a été assuré par le couple destructions (guerres) et réarmement-reconstructions pour relancer la machine économique. Ce qui change c’est cette accélération brutale.

Pour notre malheur cette orientation mondiale n’est pas de nature à bousculer le confort de nos gouvernants installés depuis longtemps dans un autoritarisme aggravé par une politique liberticide depuis la mise au pas du Hirak. Au contraire, la pratique des concessions pour etre dans les bonnes grâces des puissants est une politique déjà bien huilée par le régime de Bouteflika. Par contre ce bouleversement dans le monde porte de véritables dangers pour notre pays car, présentement les seuls atouts dont nous disposons sont les richesses naturelles, objet de cette offensive des plus puissants et l’étendue de notre territoire ainsi que sa position, c’est aussi un motif de potentiels accros à l’avenir.

La dernière réunion qui a regroupé lundi 22 décembre dernier, le PDG de la Société nationale de recherche et d’exploitation minière (SONAREM) Réda Belhadj et le responsable du département commercial de l’ambassade des États Unis Debra K Martin sur l’exploitation les terres rares en Algérie n’est pas passé inaperçue pour ceux qui savent que les Américain courent pour rattraper leur retard sur la Chine dans le contrôle de telles ressources. Quatorze (14) ressources minières font parties des sujets de discussion, selon le communiqué final (lithium, or, soufre, plomb, zinc…..). Selon les experts japonais notre pays disposerait de 20% des réserves mondiales prouvées (100 milliards de tonnes). La disparition dans l’agenda américain de l’ouverture de discutions entre l’Algérie et le Maroc sous soixante jours (c’était au mois de septembre) d’ouvrir des discussions directes avant deux mois n’est pas fortuite surtout que la sur-communication marocaine pour en faire un sujet interne n’était pas du goût des dirigeants américains qui ont d’autre visées.

Il est peu probable que l’assainissement indispensable pour ouvrir un débat sur l’avenir du pays ait lieu. Au mieux nous assisterons, une fois encore, à des annonces sans lendemains car ce sont elles mêmes qui sont destinées à la consommation interne et externe.

Pour le reste la révision « technique » de la constitution peut attendre D’ici là, il y aura peut être d’autres dispositions « techniques » à introduire.

Bonne année et meilleurs vœux

Alger le 29 décembre 2025

Ouamar Saoudi
Ancien député d’Alger
Secrétaire National aux relations internationales du RCD

- Publicité -

Yémen : état d’urgence décrété après des frappes saoudiennes  

0
Frappe saoudienne
Frappes saoudiennes au Yémen. Capture d'écran.

Le Yémen a décrété mardi 30 décembre l’état d’urgence sur l’ensemble de son territoire, après des frappes aériennes menées par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. Riyad accuse son allié et voisin, les Émirats arabes unis, d’agir de manière « extrêmement dangereuse » en soutenant les séparatistes du sud du pays. Car ces derniers s’étaient alliés jusqu’ici au gouvernement central dans la lutte contre les séparatistes houthis. Une coalition qui a volé en éclats après la prise de pans du territoire par les Sudistes.

Dans un communiqué mardi après-midi, les Émirats arabes unis ont annoncé le retrait de leurs forces restantes au Yémen.  

Aux premières heures de mardi, la coalition dirigée par Riyad a annoncé avoir mené une « opération militaire limitée » contre des cargaisons d’armes débarquées dans le port d’al-Mukalla. Selon l’agence officielle saoudienne SPA, ces armes et véhicules de combat provenaient de deux navires arrivés du port émirati de Fujairah, aux Émirats arabes unis, et étaient destinés aux forces séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC), ex-allié du gouvernement dans la lutte contre les Houthis. 

Cette alliance a vacillé quand le mouvement STC s’est emparé, début décembre, de vastes portions de territoire. Son but aujourd’hui : rétablir l’ancien État du Yémen du Sud avec le soutien des Émirats arabes unis.

« En raison des risques et de l’escalade que représentent ces armes, qui menacent la sécurité et la stabilité, les forces aériennes de la coalition ont mené ce matin une opération militaire limitée », précise le communiqué saoudien.

Un responsable local du port, s’exprimant sous couvert d’anonymat, affirme avoir reçu un appel à l’évacuation vers 4 heures du matin, « un quart d’heure avant la frappe ». « L’évacuation s’est terminée et la frappe a eu lieu peu après. Il y a toujours des flammes, et nous n’avons pas pu faire intervenir les pompiers par crainte d’explosions », témoigne-t-il.

Les autorités ont depuis fermé les routes menant au port. Selon la même source, l’opération n’a fait aucune victime.

Riyad accuse Abou Dhabi, Sanaa décrète l’état d’urgence

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a regretté que les Émirats arabes unis aient, selon lui, « poussé » les séparatistes à mener des opérations militaires près de la frontière sud du royaume, qualifiant ces actions de « menace pour la sécurité » de l’Arabie saoudite et de la région. Le royaume ajoute encore que « les mesures prises par l’État frère des Émirats arabes unis [étaient] extrêmement dangereuses » et qu’il « n’hésitera pas à prendre toutes les mesures pour (…) neutraliser » cette menace.

« Le ministère de la Défense annonce la fin des équipes antiterroristes encore présentes au Yémen », a-t-il indiqué dans un communiqué, ajoutant qu’Abou Dhabi avait pris cette décision « de sa propre initiative, en veillant à la sécurité de son personnel et en coordination avec les partenaires concernés ».

Washington évite de prendre parti

Soutenu par les Émirats arabes unis, le mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud s’est emparé lors des dernières semaines de vastes portions de territoire, notamment dans l’Hadramaout, sans rencontrer de grande résistance. Ses partisans l’appellent à rétablir un État dans le sud du Yémen, où une République démocratique et populaire a été indépendante entre 1967 et 1990.

Le gouvernement yéménite, reconnu par la communauté internationale, a demandé vendredi à la coalition militaire de prendre des « mesures » pour le soutenir. Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait appelé vendredi à la « retenue », tout en évitant de prendre parti entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, deux partenaires-clés de Washington.

Ces nouvelles tensions risquent toutefois d’aggraver encore la situation dans un pays déjà exsangue. Depuis 2014, le conflit opposant le gouvernement yéménite et ses alliés aux rebelles houthis pro-iraniens a fait des centaines de milliers de morts, déplacé des millions de personnes et provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde. Une trêve conclue en 2022 est globalement respectée.

Dans la foulée, le Conseil présidentiel yéménite, soutenu par Riyad, a annoncé l’annulation d’un pacte de défense avec Abou Dhabi et a décrété l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire.

Les Émirats annoncent le retrait de leurs troupes

Les Emirats arabes unis ont annoncé mardi après-midi le retrait de leurs forces restantes au Yémen, après que l’Arabie saoudite a fixé un délai de 24 heures pour leur départ. 

RFI

- Publicité -

Route migratoire algérienne vers l’Espagne : une traversée plus mortelle en 2025

1
Migrants
L'immigration clandestine vers l'Espagne reste le dernier espoir de vie meilleure pour les Algériens. Crédit photo : DR.

 Malgré le recul relatif du nombre de tentatives de traversée vers l’Espagne, l’année 2025 s’impose comme l’une des plus meurtrières sur le plan humain. Le dernier rapport de l’ONG Caminando Fronteras, Monitoreo Derecho a la Vida 2025, met en lumière une réalité implacable : la baisse des flux ne s’est pas traduite par une réduction des décès. Bien au contraire, la dangerosité des routes migratoires s’est intensifiée, en particulier sur l’axe maritime reliant l’Algérie aux côtes espagnoles.

Au 15 décembre 2025, 3 090 personnes ont été déclarées mortes ou disparues sur les routes d’accès à l’Espagne. Derrière ce chiffre global se cache une mutation inquiétante des drames migratoires : moins de grandes embarcations interceptées, mais davantage de traversées fragmentées, menées sur des barques de fortune, souvent invisibles aux radars institutionnels.

La route algérienne, épicentre de la mortalité

Parmi l’ensemble des itinéraires recensés, la route algérienne apparaît comme la plus létale. Selon le rapport, elle concentre à elle seule 70 % des naufrages enregistrés en 2025. Sur les 70 embarcations portées disparues, 47 ont sombré sur cet axe, faisant de cette traversée l’une des plus dangereuses de l’espace euro-méditerranéen.

Cette surmortalité s’explique par une combinaison de facteurs : recours accru à des embarcations petites et instables, départs nocturnes ou hivernaux, conditions météorologiques défavorables, mais surtout faible probabilité d’intervention des secours. La proximité géographique avec l’Espagne, souvent perçue comme un avantage, devient paradoxalement un piège mortel, incitant à des traversées rapides et sous-équipées.

Des victimes de plus en plus vulnérables

Le profil des victimes souligne une précarisation croissante des candidats à l’exil. En 2025, 192 femmes et 79 enfants et adolescents ont perdu la vie ou disparu en mer. Les mois de janvier et février se sont révélés particulièrement meurtriers, totalisant à eux seuls plus de 1 400 victimes, une période correspondant à des conditions de navigation particulièrement périlleuses.

Ces chiffres traduisent non seulement la persistance du phénomène migratoire, mais aussi son enracinement dans des trajectoires de détresse sociale, économique et politique, où la mer devient l’ultime horizon.

Malgré le recul relatif du nombre de tentatives de traversée vers l’Espagne, l’année 2025 s’impose comme l’une des plus meurtrières sur le plan humain. Le dernier rapport ee l’ONG Caminando Fronteras, Monitoreo Derecho a la Vida 2025, met en lumière une réalité implacable : la baisse des flux ne s’est pas traduite par une réduction des décès. Bien au contraire, la dangerosité des routes migratoires s’est intensifiée, en particulier sur l’axe maritime reliant l’Algérie aux côtes espagnoles.

Au-delà des statistiques, le rapport pointe des manquements structurels dans les dispositifs de recherche et de sauvetage. Dans 41 % des cas documentés, aucun moyen de secours n’a été activé. Dans 31 %, l’intervention a été retardée, réduisant considérablement les chances de survie. Plus grave encore, 10 % des décès sont survenus alors que la position exacte des embarcations était connue des autorités.

Pour Caminando Fronteras, ces données illustrent une logique de gestion des frontières où la protection de la vie humaine devient secondaire. La route algérienne, peu médiatisée et largement externalisée, s’inscrit pleinement dans ce schéma.

Une frontière transformée en espace de mort

L’ONG inscrit cette situation dans un cadre plus large : celui de l’externalisation des politiques migratoires européennes. Les accords sécuritaires conclus avec des pays tiers, combinés à la militarisation des frontières, déplacent les routes sans jamais en réduire la létalité. Ils contribuent à créer des zones grises, où les responsabilités se diluent et où les naufrages restent souvent sans enquête.

En 2025, la frontière maritime entre l’Algérie et l’Espagne ne se résume plus à une ligne de séparation géographique. Elle est devenue, selon les termes du rapport, un espace de production de morts invisibles, où des centaines de vies s’éteignent loin des regards et sans reconnaissance officielle.

Une tragédie appelée à durer

À l’heure où les chiffres s’accumulent, le constat demeure inchangé : tant que les politiques migratoires privilégieront la dissuasion à la protection, la route algérienne continuera d’être l’une des plus meurtrières de la Méditerranée occidentale. En 2025, elle s’impose comme le symbole d’un échec collectif, où la mer sépare non seulement des territoires, mais aussi des principes fondamentaux de respect du droit à la vie.

Samia Naït Iqbal

- Publicité -

Décès de l’illustre Jamel Zender : Batna perd une légende du football

0
Jamel Zenden

C’est avec une profonde tristesse que la ville de Batna et l’ensemble de la communauté sportive annoncent le décès de Jamel Zender, ancien joueur emblématique de la Mouloudia Batna et du Chabab Batna. Sa disparition laisse un vide immense, tant pour sa famille que pour tous ceux qui ont admiré sa carrière et son engagement sur les terrains.

Jamel Zender n’était pas seulement un joueur : il était un symbole de talent, de discipline et de dévouement. Au fil des années 1970 et 1980, il a marqué de son empreinte le football batni et algérien, inspirant générations de jeunes footballeurs par son jeu élégant et son esprit d’équipe exemplaire. Avec ses frères — Abdelhafid, Saad, Youssef, Suleiman et El Hashmi Zender — il a contribué à forger un héritage familial indélébile dans le sport local.

Sa grandeur réside autant dans ses performances sur le terrain que dans l’humilité et la générosité avec lesquelles il partageait sa passion. Aujourd’hui, Batna pleure l’un de ses fils les plus illustres, et le souvenir de Jamel Zender continuera de briller dans les stades et les cœurs.

Djamal Guettala 

Nous présentons à toute la famille plus sincères condoléances en cette triste circonstance

- Publicité -

Relations franco-algériennes : Laurent Nuñez évoque un dialogue freiné mais non rompu

0
Drapeaux franco-algériens

Invité de la Matinale de France Inter ce mardi, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, est revenu sur plusieurs dossiers d’actualité, dont l’état des relations entre la France et l’Algérie, marquées ces dernières semaines par un nouveau durcissement.

Interrogé sur l’adoption par l’Assemblée populaire nationale algérienne d’une loi criminalisant la colonisation française de l’Algérie, le ministre a reconnu un impact sur les échanges bilatéraux, tout en écartant l’idée d’une rupture. Selon lui, ce texte n’a pas constitué « un coup d’arrêt », mais « un frein aux discussions avec la partie algérienne », lesquelles se poursuivent toutefois « à un niveau technique ». Une formulation qui traduit la volonté de Paris de maintenir des canaux de dialogue, malgré un contexte politique plus tendu.

Concernant sa visite annoncée en Algérie, Laurent Nuñez a tenu à dissiper toute idée d’annulation définitive, tout en laissant entendre qu’elle n’était pas imminente. « Ma visite n’est pas programmée à date », a-t-il déclaré, suggérant que les conditions politiques actuelles ne permettent pas encore d’en fixer l’agenda.

Le ministre a également été interrogé sur la situation du journaliste français Christophe Gleizes, toujours détenu à la prison de Tizi Ouzou après la confirmation, par la Cour locale, de la peine de sept ans de prison prononcée en première instance. Alors que la famille du journaliste a sollicité la grâce présidentielle auprès des autorités algériennes, Laurent Nuñez s’est voulu rassurant, affirmant que « tout est mis en œuvre par le président de la République pour obtenir sa libération ».

Ces déclarations illustrent la ligne prudente adoptée par l’exécutif français : reconnaître les tensions, sans les dramatiser, et privilégier une approche discrète et diplomatique sur les dossiers sensibles. Dans un contexte où la mémoire coloniale reste un facteur structurant des relations franco-algériennes, Paris semble chercher à contenir les crispations tout en préservant les mécanismes de coopération existants.

La rédaction

- Publicité -

« Le Coran des Lumières », de Jacqueline Chabbi

3
Le Coran des lumières de Jacqueline Chabbi
Le Coran des lumières de Jacqueline Chabbi, éditions Grasset. Crédit photo: Le Matin d’Algérie.

Le Coran des Lumières. L’histoire, les concepts, le divin et le Prophète est un essai dans lequel JacquelineChabbi, historienne, arabiste et professeur honoraire, propose une lecture renouvelée du texte coranique. Elle y décortique des mots et concepts, les contextualise et leur donne leur sens historique.

« Etudier historiquement un texte ou un discours c’est chercher à comprendre ce qu’il signifie ou a signifié pour les hommes d’une société donnée, en un temps donné. Une telle recherche doit nécessairement être circonscrite. Il ne serait ainsi pas possible de traiter la question de savoir ce que signifie le Coran pour les musulmans : les musulmans certes mais de quel pays, de quelle société et de quelle époque ?  (…) », analyse Jacqueline Chabbi.

 L’auteure, reconnue pour ses travaux sur l’islam et ses origines, invite le lecteur à dépasser les idées reçues pour comprendre le Coran dans son contexte historique et culturel plutôt que de l’aborder uniquement comme un texte religieux figé. Elle propose une plongée éclairante au cœur du texte coranique, loin des lectures figées ou purement religieuses

Contrairement à d’autres écrits sacrés, le Coran ne se présente pas comme une narration linéaire : il est constitué de fragments variés qui se répètent, se reformulent et parfois se contredisent. Chabbi montre que pour en saisir le sens profond, il est essentiel de replacer ces fragments dans la grande Histoire, celle de la fin du VIIᵉ siècle, alors que l’empire arabe naissant cherche à affirmer sa place face à l’empire byzantin chrétien.

e Coran apparaît ici comme un ensemble de fragments, de répétitions et de reformulations, façonnés par le contexte de la fin du VIIᵉ siècle. Jacqueline Chabbi montre que ces paroles s’inscrivent dans un moment clé : celui de l’émergence du pouvoir arabe, face notamment au christianisme byzantin dominant. Comprendre le Coran, selon elle, suppose donc de le replacer dans ce paysage politique, religieux et culturel en pleine transformation.

L’auteure souligne notamment le rôle symbolique du Dôme du Rocher à Jérusalem, où des versets coraniques furent gravés très tôt. Ces inscriptions traduisent la volonté d’affirmer une nouvelle vision du divin et du message prophétique, dans laquelle Muhammad est présenté comme le continuateur de Jésus, tout en rejetant la Trinité chrétienne. Ce qui illustre selon Chabbi la dimension politique et symbolique de l’écriture coranique

Le Coran devient alors à la fois un texte spirituel et un instrument d’affirmation collective. Des sourates furent inscrites comme des samizdats sur ses murs, illustrant la volonté de faire du Coran un texte public, politique et religieux à la fois. Muhammad y est présenté comme successeur de Jésus, rejetant  toutefois la trinité chrétienne

Jacqueline Chabbi ne se limite pas à une analyse historique : elle éclaire aussi les principaux concepts du Coran, comme les noms du divin, la figure du Prophète, ou encore des notions souvent mal interprétées dans les débats contemporains, comme le djihadisme ou des allusions à des phénomènes comme le Big Bang. Ce faisant, elle vise à déconstruire les contresens et les lectures idéologiques qui entourent trop souvent le texte. « Dans une société non-étatique, comme celle des tribus d’Arabie, la notion de djihad renvoyait au fait d’accepter de prendre un engagement ou de « faire effort » (le sens premier de ce mot » pour mener une action ou adopter un comportement. Ce dernier se retrouve d’ailleurs dans le djihad intérieur des  mystiques qui font effort contre eux-mêmes pour vivre une foi intérieure plus intense », écrit l’auteure.

Accessible aux spécialistes comme aux lecteurs non habitués à l’histoire de l’Islam, Le Coran des Lumières se veut à la fois savante et vivante, offrant une approche critique fondée sur l’anthropologie historique et invitant à repenser ce que le Coran peut révéler lorsqu’on l’étudie en relation avec son époque et sa culture d’émergence.

Rabah Aït Abache

« Le Coran des lumières » de Jacqueline Chabbi. Éditions Grasset.

- Publicité -

CAN – Groupe B : l’Afrique du Sud force le passage, l’Égypte avance à pas comptés

0
CAN

La dernière journée du groupe B de la Coupe d’Afrique des nations a mis en lumière deux visages du football africain : celui de la lutte et de l’urgence, incarné par l’Afrique du Sud, et celui d’une gestion prudente, presque minimaliste, assumée par l’Égypte. À l’arrivée, les deux sélections se qualifient pour les huitièmes de finale, mais par des chemins et des intentions radicalement différents.

Face au Zimbabwe, les Bafana Bafana n’avaient pas le droit à l’erreur. Ils ont répondu présents dans un match spectaculaire, tendu et souvent désordonné, mais traversé par une réelle volonté de vaincre. La victoire (3-2), arrachée au terme d’un bras de fer haletant, reflète autant les qualités offensives sud-africaines que leurs fragilités défensives. Menacée jusqu’aux dernières minutes, l’Afrique du Sud a pourtant su faire la différence quand il le fallait, portée par un engagement total et l’énergie du désespoir. Une qualification conquise dans la douleur, mais aussi dans la vérité du terrain.

À l’opposé, la rencontre entre l’Égypte et l’Angola a offert un spectacle bien plus terne. Déjà assurés de leur qualification, les Pharaons ont livré une prestation sans relief, se contentant d’un match nul (0-0) qui leur suffit pour terminer en tête du groupe. Peu de prises de risques, peu d’audace, et une impression persistante de calcul. L’Égypte avance, certes, mais sans convaincre pleinement, laissant planer des interrogations sur sa capacité à hausser le ton face à des adversaires plus entreprenants.

Pour l’Angola, ce nul est synonyme de frustration. Solides, disciplinés et bien organisés, les Palancas Negras n’ont jamais semblé inférieurs, mais repartent avec une troisième place aux allures de sentence presque définitive. Leur sort dépend désormais des combinaisons du classement des meilleurs troisièmes, cruel rappel d’un format qui ne pardonne pas toujours l’absence de réalisme.

Ce groupe B aura finalement opposé deux logiques : celle de la survie par le combat, illustrée par l’Afrique du Sud, et celle de la gestion froide, assumée par l’Égypte. Reste à savoir laquelle de ces deux approches résistera à l’épreuve des matches à élimination directe, là où l’histoire de la CAN se montre rarement indulgente envers les demi-mesures.

Djamal Guettala 

- Publicité -

DERNIERS ARTICLES

Protection civile

Protection civile : plus de 1,2 million d’interventions en 2025

0
L’année 2025 s’est achevée sur un bilan opérationnel particulièrement dense pour la Direction générale de la protection civile (DGPC). À l’échelle nationale, 1 206...

LES PLUS LUS (48H)

Protection civile

Protection civile : plus de 1,2 million d’interventions en 2025

0
L’année 2025 s’est achevée sur un bilan opérationnel particulièrement dense pour la Direction générale de la protection civile (DGPC). À l’échelle nationale, 1 206...