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Route migratoire algérienne vers l’Espagne : une traversée plus mortelle en 2025

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Migrants
L'immigration clandestine vers l'Espagne reste le dernier espoir de vie meilleure pour les Algériens. Crédit photo : DR.

 Malgré le recul relatif du nombre de tentatives de traversée vers l’Espagne, l’année 2025 s’impose comme l’une des plus meurtrières sur le plan humain. Le dernier rapport de l’ONG Caminando Fronteras, Monitoreo Derecho a la Vida 2025, met en lumière une réalité implacable : la baisse des flux ne s’est pas traduite par une réduction des décès. Bien au contraire, la dangerosité des routes migratoires s’est intensifiée, en particulier sur l’axe maritime reliant l’Algérie aux côtes espagnoles.

Au 15 décembre 2025, 3 090 personnes ont été déclarées mortes ou disparues sur les routes d’accès à l’Espagne. Derrière ce chiffre global se cache une mutation inquiétante des drames migratoires : moins de grandes embarcations interceptées, mais davantage de traversées fragmentées, menées sur des barques de fortune, souvent invisibles aux radars institutionnels.

La route algérienne, épicentre de la mortalité

Parmi l’ensemble des itinéraires recensés, la route algérienne apparaît comme la plus létale. Selon le rapport, elle concentre à elle seule 70 % des naufrages enregistrés en 2025. Sur les 70 embarcations portées disparues, 47 ont sombré sur cet axe, faisant de cette traversée l’une des plus dangereuses de l’espace euro-méditerranéen.

Cette surmortalité s’explique par une combinaison de facteurs : recours accru à des embarcations petites et instables, départs nocturnes ou hivernaux, conditions météorologiques défavorables, mais surtout faible probabilité d’intervention des secours. La proximité géographique avec l’Espagne, souvent perçue comme un avantage, devient paradoxalement un piège mortel, incitant à des traversées rapides et sous-équipées.

Des victimes de plus en plus vulnérables

Le profil des victimes souligne une précarisation croissante des candidats à l’exil. En 2025, 192 femmes et 79 enfants et adolescents ont perdu la vie ou disparu en mer. Les mois de janvier et février se sont révélés particulièrement meurtriers, totalisant à eux seuls plus de 1 400 victimes, une période correspondant à des conditions de navigation particulièrement périlleuses.

Ces chiffres traduisent non seulement la persistance du phénomène migratoire, mais aussi son enracinement dans des trajectoires de détresse sociale, économique et politique, où la mer devient l’ultime horizon.

Malgré le recul relatif du nombre de tentatives de traversée vers l’Espagne, l’année 2025 s’impose comme l’une des plus meurtrières sur le plan humain. Le dernier rapport ee l’ONG Caminando Fronteras, Monitoreo Derecho a la Vida 2025, met en lumière une réalité implacable : la baisse des flux ne s’est pas traduite par une réduction des décès. Bien au contraire, la dangerosité des routes migratoires s’est intensifiée, en particulier sur l’axe maritime reliant l’Algérie aux côtes espagnoles.

Au-delà des statistiques, le rapport pointe des manquements structurels dans les dispositifs de recherche et de sauvetage. Dans 41 % des cas documentés, aucun moyen de secours n’a été activé. Dans 31 %, l’intervention a été retardée, réduisant considérablement les chances de survie. Plus grave encore, 10 % des décès sont survenus alors que la position exacte des embarcations était connue des autorités.

Pour Caminando Fronteras, ces données illustrent une logique de gestion des frontières où la protection de la vie humaine devient secondaire. La route algérienne, peu médiatisée et largement externalisée, s’inscrit pleinement dans ce schéma.

Une frontière transformée en espace de mort

L’ONG inscrit cette situation dans un cadre plus large : celui de l’externalisation des politiques migratoires européennes. Les accords sécuritaires conclus avec des pays tiers, combinés à la militarisation des frontières, déplacent les routes sans jamais en réduire la létalité. Ils contribuent à créer des zones grises, où les responsabilités se diluent et où les naufrages restent souvent sans enquête.

En 2025, la frontière maritime entre l’Algérie et l’Espagne ne se résume plus à une ligne de séparation géographique. Elle est devenue, selon les termes du rapport, un espace de production de morts invisibles, où des centaines de vies s’éteignent loin des regards et sans reconnaissance officielle.

Une tragédie appelée à durer

À l’heure où les chiffres s’accumulent, le constat demeure inchangé : tant que les politiques migratoires privilégieront la dissuasion à la protection, la route algérienne continuera d’être l’une des plus meurtrières de la Méditerranée occidentale. En 2025, elle s’impose comme le symbole d’un échec collectif, où la mer sépare non seulement des territoires, mais aussi des principes fondamentaux de respect du droit à la vie.

Samia Naït Iqbal

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Décès de l’illustre Jamel Zender : Batna perd une légende du football

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Jamel Zenden

C’est avec une profonde tristesse que la ville de Batna et l’ensemble de la communauté sportive annoncent le décès de Jamel Zender, ancien joueur emblématique de la Mouloudia Batna et du Chabab Batna. Sa disparition laisse un vide immense, tant pour sa famille que pour tous ceux qui ont admiré sa carrière et son engagement sur les terrains.

Jamel Zender n’était pas seulement un joueur : il était un symbole de talent, de discipline et de dévouement. Au fil des années 1970 et 1980, il a marqué de son empreinte le football batni et algérien, inspirant générations de jeunes footballeurs par son jeu élégant et son esprit d’équipe exemplaire. Avec ses frères — Abdelhafid, Saad, Youssef, Suleiman et El Hashmi Zender — il a contribué à forger un héritage familial indélébile dans le sport local.

Sa grandeur réside autant dans ses performances sur le terrain que dans l’humilité et la générosité avec lesquelles il partageait sa passion. Aujourd’hui, Batna pleure l’un de ses fils les plus illustres, et le souvenir de Jamel Zender continuera de briller dans les stades et les cœurs.

Djamal Guettala 

Nous présentons à toute la famille plus sincères condoléances en cette triste circonstance

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Relations franco-algériennes : Laurent Nuñez évoque un dialogue freiné mais non rompu

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Drapeaux franco-algériens

Invité de la Matinale de France Inter ce mardi, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, est revenu sur plusieurs dossiers d’actualité, dont l’état des relations entre la France et l’Algérie, marquées ces dernières semaines par un nouveau durcissement.

Interrogé sur l’adoption par l’Assemblée populaire nationale algérienne d’une loi criminalisant la colonisation française de l’Algérie, le ministre a reconnu un impact sur les échanges bilatéraux, tout en écartant l’idée d’une rupture. Selon lui, ce texte n’a pas constitué « un coup d’arrêt », mais « un frein aux discussions avec la partie algérienne », lesquelles se poursuivent toutefois « à un niveau technique ». Une formulation qui traduit la volonté de Paris de maintenir des canaux de dialogue, malgré un contexte politique plus tendu.

Concernant sa visite annoncée en Algérie, Laurent Nuñez a tenu à dissiper toute idée d’annulation définitive, tout en laissant entendre qu’elle n’était pas imminente. « Ma visite n’est pas programmée à date », a-t-il déclaré, suggérant que les conditions politiques actuelles ne permettent pas encore d’en fixer l’agenda.

Le ministre a également été interrogé sur la situation du journaliste français Christophe Gleizes, toujours détenu à la prison de Tizi Ouzou après la confirmation, par la Cour locale, de la peine de sept ans de prison prononcée en première instance. Alors que la famille du journaliste a sollicité la grâce présidentielle auprès des autorités algériennes, Laurent Nuñez s’est voulu rassurant, affirmant que « tout est mis en œuvre par le président de la République pour obtenir sa libération ».

Ces déclarations illustrent la ligne prudente adoptée par l’exécutif français : reconnaître les tensions, sans les dramatiser, et privilégier une approche discrète et diplomatique sur les dossiers sensibles. Dans un contexte où la mémoire coloniale reste un facteur structurant des relations franco-algériennes, Paris semble chercher à contenir les crispations tout en préservant les mécanismes de coopération existants.

La rédaction

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« Le Coran des Lumières », de Jacqueline Chabbi

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Le Coran des lumières de Jacqueline Chabbi
Le Coran des lumières de Jacqueline Chabbi, éditions Grasset. Crédit photo: Le Matin d’Algérie.

Le Coran des Lumières. L’histoire, les concepts, le divin et le Prophète est un essai dans lequel JacquelineChabbi, historienne, arabiste et professeur honoraire, propose une lecture renouvelée du texte coranique. Elle y décortique des mots et concepts, les contextualise et leur donne leur sens historique.

« Etudier historiquement un texte ou un discours c’est chercher à comprendre ce qu’il signifie ou a signifié pour les hommes d’une société donnée, en un temps donné. Une telle recherche doit nécessairement être circonscrite. Il ne serait ainsi pas possible de traiter la question de savoir ce que signifie le Coran pour les musulmans : les musulmans certes mais de quel pays, de quelle société et de quelle époque ?  (…) », analyse Jacqueline Chabbi.

 L’auteure, reconnue pour ses travaux sur l’islam et ses origines, invite le lecteur à dépasser les idées reçues pour comprendre le Coran dans son contexte historique et culturel plutôt que de l’aborder uniquement comme un texte religieux figé. Elle propose une plongée éclairante au cœur du texte coranique, loin des lectures figées ou purement religieuses

Contrairement à d’autres écrits sacrés, le Coran ne se présente pas comme une narration linéaire : il est constitué de fragments variés qui se répètent, se reformulent et parfois se contredisent. Chabbi montre que pour en saisir le sens profond, il est essentiel de replacer ces fragments dans la grande Histoire, celle de la fin du VIIᵉ siècle, alors que l’empire arabe naissant cherche à affirmer sa place face à l’empire byzantin chrétien.

e Coran apparaît ici comme un ensemble de fragments, de répétitions et de reformulations, façonnés par le contexte de la fin du VIIᵉ siècle. Jacqueline Chabbi montre que ces paroles s’inscrivent dans un moment clé : celui de l’émergence du pouvoir arabe, face notamment au christianisme byzantin dominant. Comprendre le Coran, selon elle, suppose donc de le replacer dans ce paysage politique, religieux et culturel en pleine transformation.

L’auteure souligne notamment le rôle symbolique du Dôme du Rocher à Jérusalem, où des versets coraniques furent gravés très tôt. Ces inscriptions traduisent la volonté d’affirmer une nouvelle vision du divin et du message prophétique, dans laquelle Muhammad est présenté comme le continuateur de Jésus, tout en rejetant la Trinité chrétienne. Ce qui illustre selon Chabbi la dimension politique et symbolique de l’écriture coranique

Le Coran devient alors à la fois un texte spirituel et un instrument d’affirmation collective. Des sourates furent inscrites comme des samizdats sur ses murs, illustrant la volonté de faire du Coran un texte public, politique et religieux à la fois. Muhammad y est présenté comme successeur de Jésus, rejetant  toutefois la trinité chrétienne

Jacqueline Chabbi ne se limite pas à une analyse historique : elle éclaire aussi les principaux concepts du Coran, comme les noms du divin, la figure du Prophète, ou encore des notions souvent mal interprétées dans les débats contemporains, comme le djihadisme ou des allusions à des phénomènes comme le Big Bang. Ce faisant, elle vise à déconstruire les contresens et les lectures idéologiques qui entourent trop souvent le texte. « Dans une société non-étatique, comme celle des tribus d’Arabie, la notion de djihad renvoyait au fait d’accepter de prendre un engagement ou de « faire effort » (le sens premier de ce mot » pour mener une action ou adopter un comportement. Ce dernier se retrouve d’ailleurs dans le djihad intérieur des  mystiques qui font effort contre eux-mêmes pour vivre une foi intérieure plus intense », écrit l’auteure.

Accessible aux spécialistes comme aux lecteurs non habitués à l’histoire de l’Islam, Le Coran des Lumières se veut à la fois savante et vivante, offrant une approche critique fondée sur l’anthropologie historique et invitant à repenser ce que le Coran peut révéler lorsqu’on l’étudie en relation avec son époque et sa culture d’émergence.

Rabah Aït Abache

« Le Coran des lumières » de Jacqueline Chabbi. Éditions Grasset.

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CAN – Groupe B : l’Afrique du Sud force le passage, l’Égypte avance à pas comptés

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CAN

La dernière journée du groupe B de la Coupe d’Afrique des nations a mis en lumière deux visages du football africain : celui de la lutte et de l’urgence, incarné par l’Afrique du Sud, et celui d’une gestion prudente, presque minimaliste, assumée par l’Égypte. À l’arrivée, les deux sélections se qualifient pour les huitièmes de finale, mais par des chemins et des intentions radicalement différents.

Face au Zimbabwe, les Bafana Bafana n’avaient pas le droit à l’erreur. Ils ont répondu présents dans un match spectaculaire, tendu et souvent désordonné, mais traversé par une réelle volonté de vaincre. La victoire (3-2), arrachée au terme d’un bras de fer haletant, reflète autant les qualités offensives sud-africaines que leurs fragilités défensives. Menacée jusqu’aux dernières minutes, l’Afrique du Sud a pourtant su faire la différence quand il le fallait, portée par un engagement total et l’énergie du désespoir. Une qualification conquise dans la douleur, mais aussi dans la vérité du terrain.

À l’opposé, la rencontre entre l’Égypte et l’Angola a offert un spectacle bien plus terne. Déjà assurés de leur qualification, les Pharaons ont livré une prestation sans relief, se contentant d’un match nul (0-0) qui leur suffit pour terminer en tête du groupe. Peu de prises de risques, peu d’audace, et une impression persistante de calcul. L’Égypte avance, certes, mais sans convaincre pleinement, laissant planer des interrogations sur sa capacité à hausser le ton face à des adversaires plus entreprenants.

Pour l’Angola, ce nul est synonyme de frustration. Solides, disciplinés et bien organisés, les Palancas Negras n’ont jamais semblé inférieurs, mais repartent avec une troisième place aux allures de sentence presque définitive. Leur sort dépend désormais des combinaisons du classement des meilleurs troisièmes, cruel rappel d’un format qui ne pardonne pas toujours l’absence de réalisme.

Ce groupe B aura finalement opposé deux logiques : celle de la survie par le combat, illustrée par l’Afrique du Sud, et celle de la gestion froide, assumée par l’Égypte. Reste à savoir laquelle de ces deux approches résistera à l’épreuve des matches à élimination directe, là où l’histoire de la CAN se montre rarement indulgente envers les demi-mesures.

Djamal Guettala 

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CAN 2025 : le Maroc confirme sa puissance collective, le Mali se qualifie sans briller

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Le Maroc

Le Maroc poursuit son parcours sans faute à la Coupe d’Afrique des nations 2025. Lundi soir, les Lions de l’Atlas ont dominé la Zambie (3-0) lors de la troisième et dernière journée de la phase de groupes, validant ainsi leur qualification pour les huitièmes de finale en terminant en tête de leur poule. Une victoire nette, construite sur la maîtrise collective, l’efficacité offensive et le retour d’Achraf Hakimi.

Dans un stade largement acquis à leur cause, les hommes de Walid Regragui ont rapidement imposé leur tempo. Face à une équipe zambienne courageuse mais limitée techniquement, le Maroc a opté pour une approche pragmatique : contrôle du ballon, pressing mesuré et accélérations ciblées. La différence s’est faite par la qualité individuelle, mais surtout par la cohérence d’un collectif désormais rodé.

Ayoub El Kaabi a une nouvelle fois confirmé son statut d’arme offensive principale. Opportuniste et précis, l’attaquant marocain a ouvert le score avant de s’offrir un doublé, dont un but spectaculaire validé après intervention de la VAR. À ses côtés, Brahim Diaz a apporté sa touche technique et sa créativité, inscrivant le deuxième but et confirmant son rôle central dans l’animation offensive.

Mais au-delà des buteurs, c’est l’équilibre de l’équipe qui frappe. Le milieu de terrain a assuré la transition entre récupération et projection, tandis que la défense, rarement mise en danger, a su contenir les rares velléités zambiennes. Le retour d’Achraf Hakimi, absent lors des précédentes rencontres en raison d’une blessure, a constitué l’un des faits marquants de la soirée. Entré en seconde période, le latéral du Paris Saint-Germain a immédiatement apporté de la profondeur et de la sécurité sur son couloir, rappelant son importance dans le dispositif marocain.

Dans le même groupe A, le Mali a également validé son billet pour les huitièmes de finale, mais avec un parcours beaucoup moins flamboyant. Tenus en échec par les Comores (0-0), les Aigles ont enregistré leur troisième match nul consécutif. Ce bilan insuffisant sur le plan offensif leur permet toutefois d’arracher la deuxième place, grâce à leur solidité défensive et à la faiblesse relative du groupe. Une qualification obtenue sans convaincre, laissant planer des interrogations sur leur capacité à rivaliser face à des adversaires plus exigeants lors des phases à élimination directe.

Pour la Zambie, l’élimination est logique. Malgré une combativité certaine, les Chipolopolo ont payé leur manque de rigueur défensive et d’efficacité offensive. Face à un adversaire mieux structuré et plus expérimenté, ils n’ont jamais réellement semblé en mesure d’inverser le cours de la rencontre.

La suite du tournoi s’annonce plus exigeante pour le Maroc et le Mali. Les huitièmes de finale mettront à l’épreuve la solidité mentale et la profondeur de banc des deux équipes. Mais à ce stade de la compétition, un constat s’impose : le Maroc avance avec méthode, sans céder à l’euphorie, tandis que le Mali devra impérativement élever son niveau pour espérer prolonger son aventure.

Mourad Benyahia 

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Importation massive de maïs : le gouvernement tente de stabiliser le marché des aliments pour bétail

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Importation massive de maïs par l'Algérie
Pour endiguer la crise, importation massive de maïs par l'Algérie. Crédit photo : DR

Face à un déficit de disponibilité du maïs sur le marché national, le ministère de l’Agriculture annonce un programme d’importation de plus d’un million de tonnes afin de répondre à la forte demande, notamment dans la filière avicole, et prévenir toute tension durable sur les prix.

Le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a annoncé, ce week-end, le lancement d’un vaste programme d’importation de maïs destiné à assurer un approvisionnement régulier du marché national en aliments pour bétail. Cette décision intervient après la constatation d’un déficit de disponibilité de cette matière première stratégique et à l’issue d’une rencontre entre le ministre du secteur et les représentants de la filière avicole.

Selon le communiqué officiel, l’Office national de l’aliment de bétail et de l’élevage avicole (ONAB SPA) procédera à l’importation de 1,15 million de tonnes de maïs entre le 28 décembre 2025 et février 2026. Une première cargaison de 250 000 tonnes est attendue entre le 28 décembre et le 1er janvier via les ports d’Oran, Alger, Skikda et Béjaïa. Elle sera suivie de 500 000 tonnes en janvier et de 400 000 tonnes supplémentaires en février.

Les autorités assurent que ces volumes, combinés aux quantités déjà importées ou en cours d’acheminement, permettent de couvrir les besoins nationaux à court et moyen terme. Le ministère se veut ainsi rassurant à l’égard des éleveurs et des transformateurs, affirmant que le maïs est actuellement disponible « en quantités suffisantes » sur le marché national.

Au-delà de la réponse conjoncturelle, le communiqué reconnaît le caractère récurrent de ces tensions, observées quasiment chaque année. Pour y remédier, la décision a été prise de constituer un stock stratégique de maïs, afin d’anticiper les pics de demande et de limiter les fluctuations dans l’approvisionnement.

Le ministère appelle, par ailleurs, les acteurs de la filière à adopter des pratiques de stockage et de distribution plus régulières, insistant sur la nécessité d’une responsabilité collective pour préserver l’équilibre du marché. Une attention particulière est portée à la filière avicole, pour laquelle le maïs représente près de 80 % de la composition des aliments.

Si cette opération d’importation massive vise à apaiser les tensions immédiates, elle relance néanmoins le débat sur la dépendance structurelle de l’Algérie aux marchés extérieurs pour l’alimentation animale, et sur la nécessité de solutions durables intégrant la production locale et une meilleure planification des besoins.

Décidément, n’en déplaise aux laudateurs patentés, on est malheureusement bien loin de quelque autosuffisance que ce soit.

La rédaction

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La démocratie, c’est la solution…

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Drapeaux amazigh et algérien

Ce n’est pas parce que je suis « Kabyle », ou que j’habite la Kabylie que je dois me montrer aux yeux des autres plus royaliste que le roi, plus Algérien que le reste des Algériens, plus nationaliste que les nationalistes eux-mêmes. C’est du n’importe quoi ! D’une part, cette tendance à me justifier pour prouver aux autres que je ne suis pas comme les autres est d’une attristante débilité. Elle est même, peut-être exagérai-je un peu ici, un syndrome maladif qui relève purement de la psychiatrie.

Personne n’a le droit de me demander qui je suis ni à me faire un chantage sur mon appartenance ni sur mon identité, du moment que je vis sur ma terre : la terre de mes parents et de mes ancêtres. De l’autre, outre qu’ils sont arrosés par les vannes de la rente, cet exclusivisme putride, ce courant rancunier qui pousse au repli identitaire, cette machine-laminoir d’ostracisme silencieux parmi la grande masse de la médiasphère et des faiseurs d’opinion en Algérie qui doute à chaque fois de l’algérianité de certains Algériens (ici les Kabyles), par rapport aux autres (l’autre composante arabophone du pays), dénote d’un véritable problème de conscience. C’est presque même, dirais-je, du cynisme.

Je n’ai pas besoin, par exemple, de brandir l’emblème national en Kabylie ou de mettre ma propre photo sur les réseaux sociaux en train de l’embrasser pour dire aux reste des Algériens que je suis « moi aussi » Algérien ! Cela participe du populisme à haut décibel, car mon identité ou ma nationalité c’est mon bien privé : c’est ce qui fait que je suis moi et pas un autre quelconque. C’est ce populisme d’un côté comme de l’autre qui a poussé aux extrémismes de tous bords. Et on se retrouve aujourd’hui à la croisée des chemins en train de chercher des fausses solutions à des faux problèmes créés par nous-mêmes qui peinons à nous comprendre.

Regardons un peu du côté des Bretons en France lesquels, bien qu’ils manifestent un particularisme culturel et linguistique très prononcé, encore beaucoup plus poussé que celui de la Kabylie, n’ont jamais été poussés par la France pourtant combien jacobine à se revendiquer Français en brandissant à chaque occasion des drapeaux tricolores. La question ici est pourquoi ? Tout simplement parce que les Français n’ont pas joué sur la fibre de l’idéologie mais sur celle de la démocratie ! Et je dis et je répète avec mon confrère égyptien Alâa Aswany : « la seule solution, c’est la démocratie ».

L’Algérianité ne se construit pas, à mon sens, par les slogans creux, le populisme outrancier, les discours de la haine, l’ostracisme silencieux qui frise l’anti-kabylisme du type « zéro kabyle », mis en place et instauré comme un « mot de passe » dans les grands circuits de la rente, mais par le travail constant, la solidarité, la participation politique de la jeunesse aux défis de la nation, les pensées et les réflexions inclusives et positives.

S’il y a colère et mécontentement de « fanatiques » de côté comme de l’autre, c’est qu’on n’a pas su canaliser et nourrir nos valeurs communes de façon saine. On ne fait que tourner en rond, sans que nous n’osions affronter nos challenges par le dialogue. On a comme une obsession quasi maladive à pointer du doigt l’autre et les autres sans qu’on ne se remette en question nous-mêmes. Or, le problème, c’est nous-mêmes et non pas les autres…

Kamal Guerroua

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L’enjeux et mutations dans la société algérienne

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Abdelaali Hassani, président du MSP islamiste algérien et Abdelkader Bengrina, président d'El Bina
Abdelaali Hassani, président du MSP et Abdelkader Bengrina, président d'El Bina.

Le courant « islamo-arabo-nationaliste » enchaîne les victoires sur le plan politique en Algérie. Chaque avancée de ce courant accentue la rupture entre les démocrates et la société, creusant un vide de plus en plus profond. Après avoir imposé l’anglais au détriment du français dans l’enseignement supérieur, instauré des codes religieux dans la législation familiale, réglementé les écoles privées, c’est désormais l’histoire qui est prise pour cible.

Leur objectif : réécrire l’histoire à leur avantage, derrière une communication habile et une mise en scène spectaculaire. Cette stratégie s’appuie sur une idéologie fanatique visant à imposer un modèle de société qui, selon l’islamologue Mohamed Arkoun, conduit à une « ignorance institutionnalisée ».

L’apparence affichée n’est qu’un écran de fumée : leur but réel est d’inscrire l’identité algérienne dans un processus conforme à leur propre idéologie. Mais qui sont les instigateurs de cette démarche ? Pourquoi ce courant politique agit-il principalement pour « remettre la société dans le droit chemin » ?

Lorsque l’école tombe entre leurs mains, le contenu des manuels scolaires, soigneusement filtré et institutionnalisé, devient une vérité incontestable. Sur les réseaux sociaux circulent des images d’enseignants affichant fièrement des pratiques religieuses à l’école, alors même que l’humanité a mis des siècles à séparer le religieux du scientifique. Comment développer un esprit scientifique lorsque la référence religieuse prime sur la pensée rationnelle ? Pourtant, la véritable fierté devrait résider dans la qualité des soins, le bon fonctionnement des institutions, et la préservation du dialogue. Aujourd’hui, on assiste impuissant à la disparition de la culture du dialogue et, plus largement, de notre culture. Cette mutation anthropologique annonce un avenir sombre, éloignant la société de l’État de droit et d’institutions durables, pourtant garantes de stabilité.

Les démocrates, quant à eux, voient leur nombre diminuer et leur présence politique s’effriter, parfois par choix, par crédulité, ou par absence de stratégie claire. Leur retrait volontaire du champ politique, associé à une incapacité à proposer un projet politique et sociétal cohérent, réduit considérablement leur influence. Se limiter à l’analyse et à la résistance ne suffit plus : les symptômes de l’échec sont déjà bien identifiés. Il ne reste qu’à trouver des femmes et des hommes capables d’insuffler un renouveau à la culture démocratique. Cependant, à ce rythme, on risque l’oubli.

Yazid Haddar,auteur 

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Yémen : l’Algérie alerte contre une entreprise de décomposition de l’État

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Ministère des Affaires étrangères.

L’Algérie ne se contente plus d’exprimer une inquiétude de principe. Face à l’escalade militaire dans les provinces yéménites de Hadramout et d’Al-Mahra, Alger met en garde contre ce qu’elle considère comme une dérive grave menaçant l’existence même de l’État yéménite. Dans un communiqué publié le 27 décembre, le ministère des Affaires étrangères évoque des « développements graves » qui compromettent directement la sécurité, la stabilité et l’unité nationale du Yémen.

Le ton est sans ambiguïté. L’Algérie voit dans les récents événements bien plus qu’un épisode militaire : une dynamique de fragmentation territoriale nourrie par des agendas extérieurs et des logiques de force. En appelant les parties yéménites à la « responsabilité » et à la « retenue », Alger rappelle une ligne constante de sa diplomatie : aucun règlement durable ne peut naître de l’imposition militaire ni de la création de faits accomplis sur le terrain.

Depuis début décembre, le Conseil de transition du Sud (CTS), mouvement séparatiste ouvertement soutenu par les Émirats arabes unis, a lancé une offensive éclair dans l’est du Yémen. Hadramout et Al-Mahra, provinces stratégiques aux frontières de l’Arabie saoudite et d’Oman, concentrent des ressources énergétiques et des infrastructures clés. Leur prise de contrôle rapide par le CTS, souvent sans combats majeurs, interroge sur la nature et les objectifs réels de cette opération.

La réaction de Riyad, dénonçant une « escalade injustifiée » et exigeant le retrait immédiat des forces séparatistes, révèle l’ampleur des fractures au sein même de la coalition prétendument unie contre les Houthis. Les frappes aériennes signalées fin décembre dans la vallée de Hadramout marquent une nouvelle étape dans la confrontation indirecte entre alliés d’hier.

Pour Alger, ce scénario rappelle les précédents tragiques de la région : des États affaiblis, morcelés, livrés à des zones d’influence rivales. La diplomatie algérienne, fidèle à son rejet de toute ingérence et à sa défense de l’intégrité territoriale des États, refuse de normaliser ce qu’elle perçoit comme une balkanisation progressive du Yémen, sous couvert de « stabilisation ».

L’Algérie réaffirme son soutien clair à l’unité, à la souveraineté et à l’indépendance du Yémen, et appelle à la relance d’un processus politique global, loin des calculs militaires et des tutelles régionales. Un message qui s’adresse autant aux acteurs yéménites qu’aux puissances impliquées, sommées de mesurer les conséquences à long terme de leurs interventions.

À l’heure où le Yémen est au bord d’une fragmentation irréversible, Alger lance un avertissement politique : la multiplication des fronts et des autorités de fait ne produira ni paix ni sécurité, mais un chaos durable dont l’ensemble de la région paiera le prix.

Mourad Benyahia 

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