27 janvier 2023
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AccueilMise en avantPedro Sanchez est revenu les mains vides du Maroc  

Pedro Sanchez est revenu les mains vides du Maroc  

Pedro Sanchez au Maroc  

C’est ce que rapporte la presse espagnole au lendemain de la visite du premier ministre espagnol fortement encadrée par la Maison Royale du Maroc. Cette visite se veut le prolongement de la conversation téléphonique qui a eu entre Pedro Sanchez et le roi Mohammed VI autour des thématiques choisies par le Makhzen lui-même.

Dans le communiqué publié du côté marocain, aucun accord sur ce que le chef de gouvernement espagnol a promis à l’opposition.  Cette dernière lui demande de corriger la position espagnole sur le Sahara occidental en le portant à la connaissance ouvertement du roi Mohamed VI sans détour. Cette même opposition considère cette position comme une ligne rouge à ne pas marchander.

Il est clair que le premier ministre s’attendait à un geste marocain sur Ceuta, Melilla, et les Îles Canaries sous la souveraineté espagnole mais revendiqués par le Maroc comme la première depuis 1956.

Mais au-delà des îles Canaries, le Maroc revendique plusieurs autres territoires sous contrôle espagnol et qui les utilise comme un tremplin migratoire pour faire pression sur l’Espagne : Alboran, Ilot Leyla, Ile de Nikkor, Ile Chafarinas et Ile Badis. Aucun mot non plus dans la déclaration finale sur cette question qui aurait pu fortifier le premier ministre espagnol face à la décision hâtive qu’il a prise sans consultation au préalable.

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La déclaration du Makhzen résume tout cela par du politiquement correct « bateau » que «cette rencontre ouvre une étape sans précédent dans les relations entre les deux pays». A la lecture de cette déclaration, les médias espagnols se demandent si Pedro Sanchez n’aurait pas tout donné au roi sans rien de retour.

Toute porte à croire que le chef du gouvernement espagnol s’est pris dans son propre piège pour que les discussions entre lui et le roi du Maroc dans une entrevue qui a duré un peu moins d’une heure se limiterait aux points contenus dans la fameuse lettre que lui a envoyée le premier ministre espagnol le 14 mars dernier et dans laquelle il lui réaffirme le changement de la position espagnole sur la question du Sahara occidental.

Le premier ministre, au nom de l’Espagne, considère que l’initiative marocaine d’autonomie comme une « une base sérieuse, réaliste et crédible pour résoudre le différend ». Pedro Sanchez avait confirmé aux parlementaires que cette position est efficace, pragmatique (realpolitik) et elle est similaire à celle en cours d’être adoptée par les pays de l’Union européenne dont l’Allemagne auquel se sont joints les Etats-Unis « mais avec en sus un plus qu’aucun autres Etats n’assume ».

Il se trouve qu’à son passage à Alger fin mars dernier, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken abordant la question de la normalisation israélo-arabe, le diplomate américain a confirmé que son pays soutient  cette initiative et encourage d’autres pays à s’y joindre.

Mais en ce qui concerne la question du Sahara Occidental il réaffirme la position de Washington de soutenir les efforts de l’Organisation des nations unies (ONU) et de leur envoyé spécial et personnel de son secrétaire général, Staffan de Mistura. C’est ainsi qu’en plus des nombreuses contradictions des uns et des autres, il n’y a eu à lire les déclarations aucun accord substantiel sauf les effets d’annonce comme « mettre en place des actions concrètes dans le cadre d’une feuille de route qui ratisse large tous les domaines : politique, économique, sécuritaire et culturel.

En dépit de la présence très marquée du ministre des Affaires étrangères et de la coopération de l’Union européenne José Manuel Albares parmi la délégation espagnole, aucun accord concret formalisé n’est ressorti de cette courte audience à l’exception du trafic maritime de passagers entre les deux pays suspendu depuis mars 2020 qui a fait la principale manchette de la presse marocaine.                                                   

Rabah Reghis

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