27 mai 2022
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Pourquoi le gouvernement Sanchez tente de provoquer l’Algérie ?           

Gaz

La presse française alimentée par l’AFP (01)(02) suivi de suite par Jeune Afrique (03) n’ont pas attendu les détails des aspects techniques et juridiques du contrat qui lie les entreprises  espagnoles au  géant algérien  Sonatrach pour spéculer sur le communiqué du ministère de l’Energie algérien.

 Cette sortie du ministre de l’Energie était une réponse à un email envoyé par son homologue espagnole Mme Teresa Ribera pour considérer cette réponse comme « une menace » de couper le gaz à l’Espagne et verser de l’huile sur le feu en mettant en épingle la brouille entre les deux pays suite au revirement de la position espagnole sur le Sahara occidental en s’alliant sur la position marocaine. 

Pourtant quelques jours auparavant, Abdelmadjid Tebboune a longuement insisté sur la séparation indéniable entre le contrat commercial qui lie des entreprises des deux pays et la position politique de chacun d’eux dans le dossier du Sahara occidental. Il a même réitéré son engagement ferme quelle que  soit l’issue de cette brouille de garantir l’approvisionnement des Espagnols sous entendu dans le cadre d’un respect mutuel des clauses contractuelles. 

On sait aussi qu’au début de février 2022, le gouvernement Pedro Sanchez a pris la décision d’aider le Royaume du Maroc « à garantir sa sécurité énergétique. » Il s’agit, selon le communiqué espagnol rapporté par plusieurs journaux et sites électroniques surtout marocains, de lui permettre «d‘acheminer du gaz dans le sens inverse par le biais du Gazoduc Maghreb Europe (GME). 

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Madrid a justifié ce geste par « le bon voisinage ». On lit  dans le communiqué du ministère de la transition énergétique : «Le Maroc a demandé un soutien pour garantir sa sécurité énergétique sur la base de [nos] relations commerciales, et l’Espagne y a répondu favorablement comme elle l’aurait fait pour tout partenaire ou tout voisin. » 

Le Maroc, précise ce communiqué, pourra acquérir du Gaz naturel liquéfié (GNL) sur les marchés internationaux, le faire livrer dans une station de regazéification de « l’Espagne péninsulaire et utiliser le gazoduc GME». 

Probablement, l’Algérie, d’ailleurs, bien avant le revirement du gouvernement Pedro Chavez sur le dossier du Sahara occidental, ne se voyant pas concernée par cette affaire n’a pris aucune position officielle et l’approvisionnement de Medgaz se fait normalement à ce jour avec un complément en GNL algérien.

Pourquoi Mme Teresa Ribera informe-t-elle son homologue algérien ? 

Le tronçon entre l’Espagne et le Maroc ne concerne pas l’Algérie, ensuite elle n’a pas réagi à la décision de l’Espagne d’aider son voisin, alors pourquoi Teresa Ribera qui a choisi la voie électronique cela veut dire écrite pour saisir son homologue algérien du calendrier de l’approvisionnement du Maroc s’il n’y avait pas anguille sous roche pour dire en cas de contrôle  « je vous ai informé qu’il s’agit bien de votre gaz». 

Il est probable que le GNL regazéifié reviendrait plus cher au Maroc, l’Espagne s’est rabattue sur le gaz algérien qu’elle a stocké à un prix « bon marché » au moment où dans le marché « spot » ils ont atteint la fourchette de 40 -60 dollars le million de British Thermic Unit.(BTU) Donc la réponse du ministère de l’Energie est toute à fait appropriée pour rappeler à son homologue espagnole à toute fin utile que dans le cas où elle viserait le gaz algérien, elle est  tenue par une clause contractuelle de destination qui stipule que « tout acheminement de gaz naturel algérien livré à l’Espagne, dont la destination n’est autre que celle prévue dans les contrats, sera considérée comme un manquement aux engagements contractuels, et par conséquent, pourrait aboutir à la rupture du contrat liant la Sonatrach à ses clients espagnols ».

Il n’y a apparemment ni menace et encore moins un mélange entre le politique et le commercial comme tentent de l’insinuer ces médias. Il s’agit bien aussi du Maroc puisque l’email de Teresa Ribera le mentionne ouvertement. Les réseaux sociaux marocains ont fait circuler un article du 14 juillet 2007 faisant état d’un accord entre Alger et l’Union européenne (UE) relatif aux restrictions territoriales  dit communément « clause destination » pour permettre à l’Italie et l’Espagne de faire circuler le gaz à l’intérieur de la communauté européenne. Quand bien même cet accord serait encore en vigueur, le Maroc ne fait pas partie de l’UE.   

Rabah  Reghis

Renvois

(01)-https://www.france24.com/fr/afrique/20220428-l-alg%C3%A9rie-menace-de-rompre-son-contrat-de-fourniture-de-gaz-%C3%A0-l-espagne

(02)-https://www.lefigaro.fr/economie/gaz-l-algerie-menace-de-rompre-son-contrat-avec-l-espagne-20220427

(03)-https://www.jeuneafrique.com/1342952/politique/algerie-pourquoi-alger-veut-couper-le-gaz-a-lespagne/?fbclid=IwAR0iHiNLo1O0BAY-jBJRXXCyRPEvjC9UBNH_D-4ZVr4ZWTti4QFBMl5eyDU

(04)https://www.djazairess.com/fr/lemaghreb/4596?fbclid=IwAR2S_LWFMgYgoDxmHY5_Uq_2ZVK6MOzZkR0zBZcysc-MtMBrEaScqowHB_

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