18 août 2022
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Raffinerie Augusta : lobbying pour influencer un dossier en instruction

Augusta

Le dossier de la raffinerie Augusta est entre les mains de la justice suite à une arnaque d’un achat de cette raffinerie qui date de la Seconde Guerre mondiale au prix de 1,5 milliard de dollars, sans compter un endettement pour sa réhabilitation technique et environnementale.

Le comble ! Cette raffinerie a été annoncée dés son acquisition pour traiter le brut algérien mais elle s’est avérée conçue  pour un brut plus dense qu’il fallait acheter de l’Arabie saoudite au prix spot.

En été 2020, en pleine  crise sanitaire, le pôle économique du  tribunal de Bir-Mourad-Raïs d’Alger avait décidé d’engager une enquête pour situer les responsabilités des uns et des autres dans cette acquisition fortement décriée par les experts et spécialistes en la matière.

Une année plus tard un mandat d’arrêt international a été lancé à l’encontre du principal responsable de cet achat en tant que PDG du groupe Sonatrach Abdelmoumen Ould Kaddour, lequel mandat devait donner ses fruits le 4 août de la même année par l’extradition du concerné des Emirats arabies unis (EAU).

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Il est avec son vice-président Mezighi placé sous mandat dépôt. D’autres personnes concernées par ce dossier sont sous contrôle judiciaire jusqu’à la fin de cette enquête. Il se trouve que Sonatrach, normalement partie prenante dans ce dossier, a commencé dès 2021 avec des déclarations surprenantes pour selon toute vraissemblance un objectif inavoué.

La raffinerie d’Augusta redevenue rentable mais pas pour l’Algérie  

Ainsi, dans sa déclaration à la chaîne 3, Rachid Zerdani, vice-président responsable de la Stratégie de la Planification et économie à Sonatrach (01) insinue que cette raffinerie répond aux objectifs du simple fait qu’elle réalise un chiffre d’affaires qui lui permet de rembourser ses dettes.

Censé de part ses responsabilités élaborer et contrôler les business models de Sonatrach, ce responsable a limité les objectifs de cette acquisition uniquement pour rembourser les dettes alors qu’elle a été acquise pour soulager l’Algérie de la consommation interne des carburants en croissance annuelle effrénée.

Il s’agissait selon les acheteurs de raffiner le brut algérien sur place à Augusta et ramener des carburants pour la consommation locale afin de diminuer la facture payée en devise forte. Après près de 4 ans, Sonatrach semble satisfaite du simple fait que cette « aventure » la soulage de la prise en charge de ses dettes. S’agit-il d’une dérive communicative grave de la part de son propriétaire qui, d’une part minimise ses objectifs et porte atteinte au système judiciaire algérien qui a jugé la recevabilité de ce dossier, actuellement en cours d’instruction ?

Normalement, Sonatrach, étant partie prenante sur ce dossier, ne devrait pas le commenter, surtout par des faux arguments. En février dernier, le vice-président de l’activité raffinage et pétrochimie du mastodonte Babouche Boutouba, emboite le pas à son collègue pour chiffrer le bilan 2019, 2020, 2021 qu’il considère très satisfaisants en justifiant les difficultés de l’année 2019/2020 car impactées par la récession de l’économie mondiale.

Pour 2021, dira-t-il, la raffinerie a réalisé un résultat positif mais le vice-président ne dit pas si elle a versé un dividende au groupe que le trésor public a subventionné pour obtenir un résultat positif.

Enfin, le magazine Jeune Afrique citant une source très proche du dossier nous affirme que la raffinerie d’Augusta a fait un bénéfice de 450 millions de dollars durant le premier trimestre de l’année 2022 et conclut que  Sonatrach pourrait engranger plus de 800 millions de dollars de bénéfices cette année. Ce magazine soutient que l’achat d’Augusta est loin d’être une arnaque insinuant qu’il s’agit là d’une bonne affaire. Voire !

Le détail de l’utilisation de ces résultats « satisfaisants »

Après la rumeur qui se confirme de jour en jour sur un transfert d’argent de Sonatrach Petroleum Corporation (SPC), la filiale du mastodonte à Londres pour compléter le prix de son achat, évalué en définitive à plus de 2,2 milliards de dollars, « L’Economiste Maghrébin dans sa livraison du 23 décembre nous apprenait (02) que l’entreprise a été obligée de contracter des prêts pour faire fonctionner la filiale et, partant continuer à alimenter les frais d’Augusta, devenue un vrai gouffre financier.

L’article cite Arab Petroleum Investments Corporation (ARICORP) qui a octroyé un prêt de 250 millions de dollars à Sonatrach Petroleum Investment Corporation  (SPIC). Cette institution financière précise que cette filiale de géant pétrolier algérien utilisera cet emprunt pour financer la maintenance de la raffinerie sicilienne d’Augusta qu’elle vient d’acquérir et de payer au même temps l’achat du brut à Saudi Aramco comme matière première pour la faire fonctionner. Aricorp interprète son action comme un encouragement de Sonatrach pour « diversifier » sa base industrielle et « assurer un approvisionnement régulier de la raffinerie en pétrole Saoudien brut ». Il s’agit pour cet organisme financier « d’étendre sa présence géographique.»

Or, Ceci est à l’opposé des objectifs cités plus haut. Le détail tel qu’il est livré par ce bailleur de fonds consiste en un préfinancement bilatéral de 100 millions de dollars pour l’entretien « immédiat » du complexe Sonatrach dit Raffinerie Italiana en Sicile Italie.

Quant à la deuxième partie elle est sous la forme d’une lettre de crédit « syndiquée » de 150 millions de dollars réservée à l’approvisionnement de ce complexe en matière première lorsqu’il sera fonctionnel, peut-être d’ici quelques années. Le directeur de cet organisme financier n’a pas caché l’objectif de ce financement qui est celui de voir Sonatrach poursuivre sa diversification et surtout son « expansion géographique par d’autres acquisitions à l’étranger ».

De l’autre côté, le directeur général de la SPIC confirme en déclarant que «la stratégie de Sonatrach » en recherchant les opportunités dans le « raffinage à l’international » le liant curieusement pour « pallier au déséquilibre dans les réserves pétrolières ».

Est-ce réellement ce que vise la stratégie de l’aval pétrolier dont le trésor à mis toutes ses trippes pour réhabiliter les raffineries en Algérie Cela ne s’arrête pas là….

Ainsi lit-on dans un rapport rédigé par les quatre responsables de cette raffinerie dont trois Algériens et un Italien sous l’intitulé «  présentation du rapport de développement durable de Sonatrach  Italiana » (03) que le chiffre d’affaires de l’année 2019 avant l’événement de la crise pandémique se situe autour de 4,6 milliards d’euros. Elle a payé les impôts et taxes de 1,8 milliards d’euros. Elle a fait travailler plus de 170 entreprises locales et plus grave procéder à 60 millions d‘investissements dans la fiabilité, la sécurité, l’environnement durable mais aucun euro pour son acquisiteur qui n’a fait que débourser de l’argent pour sa sécurité, son environnement et surtout sa maintenance.

Pour couronner le tout, elle offre une salle omnisport à la municipalité d’Augusta 

Après toutes ces dettes de son propriétaire pour la faire fonctionner sans recevoir un centime, voilà la dernière gifle contenue dans le registre du prétoire de la municipalité d’Augusta  telle qu’elle est écrite (04) « Probation du schéma d’accord en vertu de l’article 11 de la loi 241/90 et SMI entre la municipalité d’Augusta et la société Sonatrach raffineria italiana SRL, régissant les modalités de création d’une installation sportive avec services annexes sur le territoire de la municipalité d’Augusta, dont l’instance pour construire la protection. N. 3845 du 17/02/2022 pour expulser la contribution de construction».

Rabah Reghis

Renvois

(01)-https://youtu.be/PI-tzJh5RUw

(02)-https://www.leconomistemaghrebin.com/2019/12/23/onatrach-petroleum-investment-corporation-obtient-deux-prets-250m/

(03-https://sonatrachitalia.it/wp-content/uploads/2020/12/Bilancio-Sostenibilit%C3%A0-SRI.pdf%20page%209/52     page 9/52

(04)-https://augusta.trasparenza-valutazione-merito.it/web/trasparenza/albo-pretorio?p_auth=RRVl18ff&p_p_id=jcitygovalbopubblicazioni_WAR_jcitygovalbiportlet&p_p_lifecycle=1&p_p_state=normal&p_p_mode=view&p_p_col_id=column-1&p_p_col_count=1&_jcitygovalbopubblicazioni_WAR_jcitygovalbiportlet_action=eseguiFiltro&_jcitygovalbopubblicazioni_WAR_jcitygovalbiportlet_categoriaId=7921

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1 COMMENTAIRE

  1. De quelle justice on parle?
    De celle qui envoie de simples citoyens innocents pour deux ans de taule pour un simple avis sur un réseau social ou de celle qui innocente un coupable de détournement de milliards, sur un coup de téléphone.
    Il ne faut pas leurrer les lecteurs sur l’existence d’une soit disant justice.

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